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4 décembre 2017 1 04 /12 /décembre /2017 16:46

Sainte-Hélène, mai 1820

L’Empereur a dit devant moi au Grand Maréchal qu’il devrait être flatté par la mobilisation des forces de terre et de mer à Sainte-Hélène : c’est insensé ! C’est démesuré ! Il y a pour me maintenir prisonnier, un bataillon d’infanterie et de l’artillerie de la Compagnie des Indes, plus deux régiments de l’infanterie royale anglaise, plus un détachement de mineurs-sapeurs, plus un escadron de dragons, plus une compagnie d’artillerie royale. Nous ne pouvons faire un pas sans voir un uniforme rouge, et autour de l’île, je sais que rôdent onze navires de guerre pourvus de leurs effectifs complets. Combien de temps le Trésor anglais pourra-t-il entretenir ces folles dépenses ? C’est ce qui m’inquiète, Bertrand, quelle économie et quel débarras pour la Grande-Bretagne de trouver un moyen discret de se débarrasser de moi. Mon Ami, ils tentent de me laisser mourir d’ennui, mais peut-être ce moyen n’est-il pas assez rapide…

Octobre 1820

Nous avons trouvé l’Empereur évanoui dans son bain. J’ai aidé Marchand à le transporter sur son lit et nous avons appelé le Docteur O’Meara. Le capitaine Luytens a fait parvenir un rapport au gouverneur.

Sainte-Hélène, juin 1820

« Connais-tu, Noverraz, le nom de mon fils aîné ?

  • Le Roi de Rome, Sire ?
  • Tu n’y es pas…
  • L’Aiglon ?
  • Tu ne peux pas deviner, mon fils aîné s’appelle Léon. Il est né en 1806, et pour moi, cela a été une merveilleuse surprise, parce que ce bon Corvisart, mon médecin, m’avait assuré que je ne serais jamais père.
  • Tu veux savoir qui était l’élue ?
  • Sans doute ne suis-je pas digne de cette confidence…
  • Tu l’es ! Tu me sers sur cet îlot, tu me tiens compagnie et j’ai plus confiance en toi qu’en la plupart des autres…
  • Elle s’appelait Eléonore, un joli nom, Eléonore Denuelle de la Plagne, assez tristement mariée avec un coquin du nom de Revel. Je l’ai connue chez ma sœur Caroline, avec qui elle avait été élevée au pensionnat de Mme Campan.
  • Pourquoi ne me demandes-tu pas comment elle était ?
  • J’ai confiance en votre goût, Sire.
  • Une belle plante, des seins magnifiques, une petite bouche et des grands yeux noirs ; dix-neuf ans ! Elle venait me voir discrètement aux Tuileries. Je l’ai installée dans son hôtel particulier, rue de la Victoire, et le 13 décembre, elle a accouché d’un garçon. J’ai appris cette naissance pendant la campagne de Russie. A l’époque, pourtant, j’aimais encore Joséphine, mais il me fallait à tout prix un héritier. C’est probablement à ce moment-là que j’ai commencé à penser au divorce. A Eléonore, j’ai fait une rente de 14'000 francs, puis 300'000 pour acheter une terre et un château, ce qui lui permit d’épouser le comte de Luxburg… Quant à mon fils, je lui ai donné un tuteur, le baron de Mauvière. Tout le monde me dit qu’il me ressemble beaucoup, et dans mon testament, je recommande mon fils à Madame Mère, souhaitant que le petit Léon entrât dans la magistrature et je lui lègue 300'000 francs. »
Comte Charles Léon Denuelle, fils de Napoléon.

Comte Charles Léon Denuelle, fils de Napoléon.

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