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9 octobre 2018 2 09 /10 /octobre /2018 18:59

Je reprends un article du  livre célébrant la vie des Vaudois au travers du journal 24heures.

 

Quelques scandales politiques d’aujourd’hui sont à la une de vos journaux. Nous laissons faire ou nous nous scandalisons. Voici un scandale de la fin du XIXe siècle en Terre Vaudoise qui a marqué les esprits.

Radical est le scandale

Vallorbe brûle, la caisse incendie a été vidée

Justin Favrod

             Une cheminée défectueuse fait trembler le tout-puissant Parti radical vaudois. Mais commençons par le commencement. Nous sommes le 7 avril 1883, il est 8 h 45. A Vallorbe, la maison Bosshardt, à côté de l’Hôtel de la Croix-Blanche, a pris feu. Les pompiers s’activent. Ils maîtrisent l’incendie. Lorsqu’ils se retournent, ils découvrent que des bardeaux enflammés du toit ont été projetés par la bise. La Grande-Rue flambe. Puis les rues adjacentes. A 13 heures, 98 bâtiments sont détruits.

             Entre 700 et 900 Vallorbiers sur les 2000 que compte la commune ne possèdent plus que les habits qu’ils portent. Le télégraphe de la gare crépite, mais les pompiers de Pontarlier et de Lausanne n’arrivent plus que pour déblayer les ruines. Un élan de sympathie gagne le pays. Couvertures et nourriture affluent. Les villages voisins recueillent femmes et enfants. Une souscription réunit 190 000 francs.

Vallorbe le 7 avril 1883

Vallorbe le 7 avril 1883

Les caisses sont vides

             Après la solidarité, le scandale. Lorsqu’il faut rembourser les biens meubles détruits, on découvre que le gouvernement vaudois a illégalement vidé la caisse de l’Etablissement cantonal d’assurance pour boucher les trous du budget. L’Etat doit emprunter 800 000 francs.

             Or les libéraux sont justement en train de dénoncer la gestion des radicaux : le receveur des impôts de Nyon, radical, est devant la justice pour détournement de fonds. En mai, c’est le receveur d’Oron, tout aussi radical, qui disparaît avec 30 000 francs. La très libéral Gazette de Lausanne se déchaîne : « L’association démocratique (les radicaux) est au pouvoir, elle détient toutes les ressources du budget, elle dispose de toutes les influences, elle fait la loi, elle l’exécute, elle nomme tous les emplois, son personnel est partout, elle occupe tout, depuis les places de gardes champêtres jusqu’à la présidence du Grand Conseil. » Pour les libéraux, le Parti radical est responsable des scandales, comme de la situation délicate des finances cantonales.

             En novembre, la Gazette lance avec succès une pétition pour changer la Constitution. Une assemblée constituante. Ils instaurent l’impôt progressif. Le diable pour les libéraux. L’ambiance est si tendue que les constituants s’invectivent. Un jour de 1884, le radical Eugène Ruffy lance des accusations contre un parent d’Edouard Secretan, rédacteur en chef de la Gazette de Lausanne. Secretan provoque Ruffy en duel aux pistolets. La rencontre a lieu à Troinex, dans le canton de Genève. Le témoin de Ruffy a prévenu la police et l’affaire se termine pitoyablement à l’Hôtel de Ville. Tout cela à cause de la cheminée de M. Bosshardt.

Sources :

Histoire de la Gazette de Lausanne, 1874-1917, Alain Clavien, Lausanne, 1997.

Histoire des Incendies mémorables à Vallorbe, Vallorbe 1983.

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