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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 16:31

Parmi les nombreuses questions que le ministère de Jules Bastide avait à traité avec la Suisse, nous n'avons relevé que les plus importantes de la politique internationale: celle des capitulations napolitaines et celle de l'assistance française promise à la Suisse en cas de rupture avec l'Autriche ou avec la Confédération germanique.

 

   Depuis l'avènement de la République, la France s'était abstenue de toute intervention dans le développement constitu-

tionnel de la Confédération. Personne n'a porté un jugement plus sévère sur la politique de Guizot que Lamartine, dans ses instructions à Thiard. Les puissances craignaient trop qu'une guerre ne résultât de la Révolution de Février pour ne pas prendre au sérieux la menace contenue dans le Manifeste. Ni l'Autriche, ni la Prusse ne soulevèrent de difficultés à l'endroit de la nouvelle constitution. Seul l'agent anglais demanda par deux fois, que la Suisse soumit son nouveau pacte à l'acceptation de son cabinet. Funk finit par lui dire que "lorsque la Grande-Bretagne aurait soumis à la Suisse son pacte constitutionnel, la Suisse examinerait la question de savoir si elle accorderait la réciprocité".

   La correspondance politique de la légation française contient des rapports réguliers sur les délibérations et des votes de la nouvelle constitution. La France avait gardé à ce sujet une rigoureuse neutralité, mais ne marchandait pas ses félicitations après le vote du 12 septembre.

   Thiard explique dans une lettre à Bastide le respect qu'aura la France pour la nouvelle constitution:

   "Quand même ce pacte n'aurait pour seul mérite que d'être le symbole vivant de l'affranchissement de la Suisse de toute influence étrangère, ce seul mérite suffirait pour qu'on le jugeât digne d'être accepté".

   Il déterminait ainsi la ligne de conduite qu'adoptait la nouvelle France à l'égard de la nouvelle Suisse; ces mots résument parfaitement l'attitude française avant l'élection de Louis-Napoléon.

   Tandis qu'en 1847 il suffisait de parler de modification du pacte pour soulever des complications internationales, et alors que les puissances avaient menacé de réprimer tout mouvement de réforme, le nouvel ordre fut introduit sans le moindre obstacle. (L'envoyé de la Prusse, Sydow, exprima même devant Thiard le contentement des milieux allemands, surtout de la Diète germanique, au sujet du changement survenu en Suisse. Il adresse des paroles fort bienveillantes au Conseil fédéral.)

   Le 12 décembre, 101 coups de canon annoncèrent la fin de l'existence de la Diète qui avait régi la Suisse depuis des siècles. Elle proclama sa propre dissolution et l'adoption de la nouvelle constitution "sans protestations, sans récrlminations, et à la grande satisfaction de la majorité". Le soir, des feux furent allumés sur les montagnes, et Berne, l'illumination fut "aussi brillante qu'elle pouvait l'être dans une ville où les lampions ne sont pas encore connus..."

   Le choix de Berne, comme ville fédérale "aura les résultats les plus heureux, non seulement pour nous, mais même pour notre pays". (Thiard à Bastide. "Nous" le corps diplomatique, "notre pays", La France.

   De tous les agents diplomatiques, seul Peel répondit par un simple accusé de réception à la note du Conseil fédéral annonçant que la nouvelle autorité avait pris le pouvoir.

   Reconnu par presque tous les gouvernements signataires des traités de Vienne, (France, Autriche, Angleterre, Confédération germanique.), le Conseil fédéral débuta fort heureusement par des mesures contre les réfugiés allemands.

   L'horizon politique était assez sombre pour la Confédération, au nord, é l'est et au sud. Mais le Conseil fédéral put entrer en fonctions sous les auspices des meilleurs rapports avec la République Française. Aucune différence de vues n'existait entre le cabinet français et le nouveau pouvoir exécutif de la Suisse au moment où Drouyn de Lhuys prit la place de Bastide et où Louis-Napoléon devint Président de la République.

 

   Du 24 février au 20 décembre 1848, c'est la collaboration complète des deux gouvernements.

   La mission d'Hubert-Saladin avait rassuré la Suisse. Thiard pratiqua une "diplomatie républicaine, mais antidémagogique". Bien que les propositions d'alliance de Lamartine n'eussent pas abouti, les relations des deux pays restèrent excellentes. L'empressement que mit le gouvernement français à soutenir la Suisse à Naples, contre l'Autriche et contre l'Allemagne, rapprocha les deux pays, si bien que toutes les petites questions de voisinage se réglèrent aisément.

   Les relations franco-suisses dans ces dix mois se résument en deux mots: ce fut une entente cordiale.

 

Nous trouvons confirmée la formule d'"entente cordiale" dans une lettre que Thiard a adressée au vice-amiral Charles Baudin. Thiard introduit, auprès de l'amiral, les commissaires fédéraux Franscini et Collin; il ajoute, en terminant sa lettre:

   "Les deux commissaires ont désiré que je les introduise auprès de vous, Monsieur l'Amiral, et je le fais avaec d'autant plus d'empressement que cette démarche de leur part est une preuve de l'entente, vraiment cordiale, qui règne maintenant entre les deux Républiques, voulant marcher de concert avec les représentants de la France à Naples puisque ils ont le même sentiment et le même but".

 

GTell, La France et la Suisse de 1848 à 1852.

 

Les noms et mots seront expliqués plus tard. Mais vous pouvez aussi par vous-même chercher sur Internet.

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