Concours

Derniers Commentaires

Colonies

Suisses sur l’Ohio.

Les nouveaux venus ont racheté le climat par quelques accès de fièvres intermittentes : en 1805, ils furent tous attaqués d’une épidémie bilieuse : les Suisses se rétablirent, mais quelques Américains y succombèrent. Depuis sa traversée, la colonie n’a perdu que cinq individus ; un homme mort de la fièvre jaune en passant à Philadelphie ; un colon de Blonay tué d’un coup de pied de cheval ; une femme âgée et un enfant, morts de maladies ordinaires ; et un jeune homme emporté par le Heimvé, ou le mal du pays. Ce dernier, né aux environs de Cossonay, avait été d’abord maître d’école ; dégoûté de ce genre de vie, il passa dans les Etats-Unis, et entra dans la verrerie de la Nouvelle Genève, colonie située sur le Monongala, à l’Ouest de la Pennsylvanie. De là il se rendit dans le Suisserland, et y tomba malade du regret de sa patrie : avant de mourir, il exprima ses regrets dans une chanson originale et mélancolique, qui peignait l’état de son âme sur ces rivages lointains. Sorti de Cossonay avec 15 louis pour faire sa route, il a laissé au bout de 3 ans 600 livres de Suisse, qu’on a soigneusement remis à ses frères, qui, s’il eût vécu, avaient dessein de le joindre dans le Suisserland.

On cultive beaucoup d’arbre à fruits dans les vergers ; entre autres la pêche, dont les Américains font une excellente eau-de-vie, qu’ils appellent Peachbrandy. Les principaux arbres indigènes sont sur le plateau, le hêtre, le frêne noir et blanc, le noyer noir dont le brou tient à la noix, le marronnier d’Inde, le cerisier à grappes, l’acacia épineux et le noir ; le hacheri des Américains, qui a la feuille de l’ormeau, le fruit du cerisier et le bois blanc ; l’érable à sucre, qu’on multiplie avec soin autour de la colonie Suisse : les mêmes arbres croissent aussi sur les collines, et l’on y voit de plus le chêne, le sumac et le noyer Hicory, dont la noix quitte le brou. Les botanistes y remarquent une grande variété de plantes graminées et légumineuses très propres à la nourriture du bétail. L’herbe dominante est une espèce de pois bisannuelle, qui ne fleurit qu’en septembre, et dont les Sauvages recueillent les grains, pour les manger en hiver.

Pour aller du Suisserland à la mer par eau, on descend par l’Ohio et par le Mississipi ; c’est un voyage d’environ 500 lieues : la navigation est sans danger et praticable en toute saison : l’endroit de la mer le plus voisin, en y allant par terre, est à 160 lieues dans la Caroline Nord, par un chemin assez praticable, mais peu fréquenté.

S’il fallait arroser les prés, il n’y aurait aucun moyen d’irrigation que de pomper les eaux de l’Ohio : les petites rivières qui traversent la contrée sont toutes trop profondément encaissées, pour qu’on puisse en tirer parti. On ne peut avoir de fontaines jaillissantes qu’à grands frais ; mais chaque colon tire une eau excellente de puits creusés à 50 pieds, dans un beau gravier calcaire, qui repose sur un roc de même nature. Les petites rivières ne peuvent porter bateau, que quand l’Ohio qui les reçoit, y fait refluer ses eaux grossies à certaines époques : les principales sont le Plombkreeck, le Loglickreeck et la Venoge ; le fondateur de la colonie a donné ce nom à cette dernière, en souvenir de la jolie rivière qui traverse le Canton de Vaud : pour qu’il lui reste, il l’a fait consigner sur les plans du Bureau de terres concédées

A 160 lieues du Suisserland, dans le district de Beaufort, Caroline-Sud, est la petite ville de Purisbourg, située sur la rive gauche de la Savannah, à 37 milles de son embouchure dans l’Océan : elle ne compte encore qu’une soixantaine de maisons avec une église ; elle a pris son nom de son fondateur Jean-Pierre Pury de Neuchâtel, qui y conduisit en 1735 une colonie tirée de divers Cantons Suisses, dans le but principal d’y établir la culture de la soie ; mais comme d’après le préjugé dont il a été parlé précédemment, on détruisit les murier indigènes pour leur substituer les muriers d’Europe, les colons, en attendant qu’ils eussent pris l’accroissement nécessaire, se mirent à cultiver le tabac, l’indigo et le riz, et trouvant ensuite ce travail assez lucratif, ils abandonnèrent l’entreprise de la soie, quoiqu’ils eussent fait quelques essais assez heureux : on dit qu’ils y reviennent depuis quelque temps.

A 50 lieues de Suisserland, se trouve une autre colonie Suisse, composée en grande partie de huitante familles du Canton de Bâle, qui après avoir vendu tous leurs biens, partirent de Bâle sur deux grandes barques le 5 mai 1803, et quittèrent leur patrie en chantant en chœur des cantiques sacrés : elle s’est établie dans l’état d’Ohio sur une des branches Occidentales du Muskingum : comme elle était bien fournie d’argent, elle a acquis à son arrivée une partie des terres données par le congrès au général Kosciusko, en récompense des services qu’il avait rendus comme adjudant de Washington, pendant la guerre de l’indépendance : elle est dans le voisinage de la ville de Salem, habitée par les frères unis (Moraves). Cette colonie cultive une contrée assez fertile, mais moins sèche à cause de ses marais, et plus froide que le Suisserland : elle laboure des champs ; elle opère de grands défrichements pour se procurer des pâturages ; elle essaye tout récemment de cultiver la vigne : elle fait des fromages à la manière Suisse ; mais ils n’ont pas encore un débit assuré, parce que les Américains donnent la préférence au fromage de Chester. Les seuls fromages Suisses qui se soient vendus 7 batz la livre en gros, ont été fabriqués par un vacher de Château-d’Oex dans l’état de New-Yorck, sur des fonds appartenant à M. le docteur Cart de Morges : ils valaient, dit-on, ceux de Gruyères.

A suivre...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Comt%C3%A9_de_Switzerland 


Voir les commentaires - Ecrire un commentaire - Publié dans : rayonnement helvète
Samedi 10 janvier 2009 6 10 01 2009 12:20
Retour à l'accueil

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés