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9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 22:21

La pagaille monétaire en Suisse avant 1850

 

 

 

 

 

 

 

Voulant démontrer la complexité de la Suisse à ceux qui pensent encore que notre pays a toujours été tel qu’il est aujourd’hui, j’ai trouvé un texte expliquant très bien la situation à laquelle nos autorités furent confrontées dès 1848 avec la monnaie.

 

 

 

Le texte ci-dessous est tiré de L’histoire illustrée des papiers et monnaies suisses écrit par Franz Schmieder, ancien Directeur de la Monnaie Fédérale , éditions Benjamin Laederer.

 

 

 

 

 

 

 

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Notre génération ne peut guère se représenter le désarroi monétaire qui régnait en Suisse avant 1850. il y avait alors quelque 115 millions de francs en circulation, dont 100 millions de monnaies étrangères et 15 millions seulement de pièces suisses.

 

 

 

La monnaie indigène ne représentait pas moins de 860 espèces de valeur nominale et de frappe différentes, et plus de 8 000 espèces d’effigies diverses. Les pouvoirs et seigneurs nantis du droit de frappe étaient au nombre de 79, dont 23 cantons et demi-cantons, 16 villes, 15 princes laïques et 21 princes d’Eglise. Qui donc, en palpant chaque jour quelques pièces de monnaie, songe à ces fidèles serviteurs de la vie quotidienne ? Bien peu se rendent compte que les pièces qui ont cours de nos jours, dans tout le pays, sont une conquête de la Suisse de 1848. La Constitution fédérale de 1848 retira le droit de frappe aux cantons pour le remettre exclusivement à la Confédération , en lui conférant tous les droits prévus dans la régale des monnaies. Il appartenait dès lors à la législation fédérale de fixer la parité monétaire. La première loi sur les monnaies fédérales, du 7 mai 1850, dispose à l’article premier : « Cinq grammes d’argent, au titre de neuf dixième (9/10) de fin, constituent l’unité monétaire suisse sous le nom de franc. » Aux termes de l’article 2, le franc se divise en cent centimes. L’article 3 énumère les espèces de monnaie ; la plupart de celles-ci ont encore cours légal.

Selon ladite loi, le poids, le titre et le diamètre des espèces d’argent devaient être les mêmes que ceux des pièces françaises correspondantes, et les monnaies étrangères frappées en exacte concordance avec le système monétaire suisse avaient cours légal. Il en était ainsi des pièces françaises, belges et italiennes.

L’or extrait des gisements californiens et australiens découverts en 1850 afflua vers l’Europe, et particulièrement à la Monnaie de Paris, où étaient frappées les pièces d’or françaises. Ainsi naquirent les « napoléons », très appréciés des Suisses comme moyen de paiement.

 

 

 

En 1865, fut fondée l’Union monétaire latine. Elle groupait la France , la Belgique , l’Italie et la Suisse , auxquelles se joignit la Grèce en 1868. Les pays contractants réussirent à harmoniser les monnaies d’or et d’argent et à fixer le titre des monnaies d’argent à 385/1000. Cette réglementation obligea la Suisse à retirer de la circulation ses pièces d’argent frappées au titre de 0,900 et 0,800 et à les remplacer par des pièces au titre de 0,835.

 

 

On allait saisir l’occasion pour apporter quelques réformes au système.

La nouvelle loi introduisit l’étalon-or. Il s’agit alors de décider si l’on allait réduire le volume de la pièce de cinq francs et frapper les pièces de deux francs, d’un franc et d’un demi-franc en nickel pur ou en cupronickel plutôt qu’en argent.

Une enquête menée auprès des banques, l’Union suisse du commerce et de l’industrie et de l’Office central suisse du tourisme révéla de fortes divergences d’opinion. La majorité préconisait la réduction de la pièce de cinq francs. En revanche, la proposition de frapper en nickel les pièces de deux francs, d’un franc et d’un demi-franc fut rejetée.

L’Assemblée fédérale, vu la Constitution , arrêta, le 3 juin 1931, une loi sur la monnaie dont l’article premier statue : « L’unité monétaire est le franc, équivalant à 9/31 de gramme (soit à 0,29032 gramme) d’or fin. Un kilogramme d’or fin correspond en conséquence à 3444 4/9 francs. »

 

1850

1888

1922

1931

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’Union monétaire latine fut dissoute en décembre 1926 après 61 ans d’existence. En Suisse, une nouvelle loi monétaire s’imposait.

La loi fédérale du 31 janvier 1860 donna cours légal aux pièces d’or françaises aussi longtemps qu’elles avaient, en France, un cours légal à la valeur nominale. Il en allait de même des pièces d’or d’autres Etats frappées en parfaite concordance avec les pièces françaises correspondantes. A l’époque, le prix de l’argent était très élevé. Afin d’empêcher l’exode des monnaies d’argent ou leur fusion, la même loi réduisit de neuf dixièmes à huit dixièmes de fin le titre des pièces de deux francs,d’un franc et d’un demi-franc.

 

  http://www.snb.ch/fr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by G.Tell - dans La modernité
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