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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 16:05

 

L’accoutrement du touriste d’il y a deux siècles différait sensiblement de la tenue extra-légère de ceux qui escaladent aujourd’hui nos montagnes à torse nu, en culottes courtes, sans bas et sans chapeau. Pour le voyageur à pied du temps de Louis XVIII, le problème consistait à combiner un équipage qui lui permît de parcourir monts et vaux tout en se trouvant en état de voir partout la bonne compagnie. A cet effet, Ebel donnait le conseil suivant :  prendre des culottes d’une étoffe assez souple pour ne faire, étant pliées, qu’un très petit volume, une paire de bas de soie, deux chemises très fines, trois cravates et trois mouchoirs de poche, une paire d’escarpins dans lesquels on loge un rasoir, du fil, des aiguilles et des ciseaux ; de tous ces objets, faire trois paquets au moyen de deux bas de soie dont on a coupé les pieds pour s’en servir en guise de sac et d’un troisième où sont les souliers ; l’habit, d’un drap fin, est muni de six poches qui renferment tout l’attirail, de manière à n’en laisser rien voir quand on entre dans une maison pour y faire une visite. Pendant la marche, on enveloppe les trois paquets dans un mouchoir de poche que l’on porte au bout de la canne du parapluie.

 

Ebel se garde d’ajouter qu’il a emprunté sans façon cette théorie du parfait paquetage à un livre fort peu connu qui parut à la fin du XVIIIe siècle, sous le titre : Promenade autour de la Grande-Bretagne, dont l’auteur n’est autre que le précurseur du tourisme pédestre, le chevalier de la Tocnaye, émigré breton qui, pendant la Révolution, occupa ses loisirs forcés en se promenant à pied dans les pays du nord de l’Europe.

 

Le médecin hanovrien (Ebel) a repris à peu près textuellement la description de l’équipement succinct et compressible imaginé par le gentilhomme français. Il s’est borné à en supprimer « un sac à poudre fait avec un gant de femme » comme décidément un peu trop Ancien Régime pour un touriste parcourant les montagnes de l’Helvétie.

 

GTell, Internet, La Suisse des diligences.

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