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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 17:21

 

 

Les transports

 


 

   Avant 1840, les transports révèlent des survivances amusantes : il existe encore un porteur d’eau et des porteurs de chaise, qui se recommandent pour la ville. Jean Herren avec ses chars et ses corbeilles conduit les lessives au lac. Signe des temps nouveaux, Pasche et Déverin organisent en 1849 un service d’omnibus entre Ouchy et Lausanne : prix, 2 batz par personne, 4 batz, soit douze sols de France pour un voyageur et sa malle.

 

   Les transports à plus longue distance se font partiellement par l’intermédiaire des postes et messageries. En 1801, la diligence de Berne à Genève passe quatre fois par semaine dans les deux sens, le courrier d’Italie deux fois. En 1807, la Régie des postes, dont les annonces régulières permettraient d’écrire l’histoire, abaisse le prix des places jusqu’à Vevey à 16 batz, soit pour les stations intermédiaires 4 batz par lieue. D’année en année, elle s’efforce d’améliorer son service. A partie de 1819 les messageries partent le lundi, le mercredi et le samedi matin de Genève, atteignent Lausanne dans l’après-midi, regagnent Genève le lendemain (départ à 11 heures du matin, arrivée à Genève le soir). Trois courses hebdomadaires régulières existent ainsi entre Genève et Neuchâtel. Entre Lausanne et Berne, les deux courses hebdomadaires acceptent dorénavant des colis. Départ de Lausanne le lundi et le jeudi à 4 heures du matin, déjeuner à Payerne, coucher à Morat ; arrivée à Berne le lendemain entre 9 et 10 heures. Une voiture part en sens inverse les mêmes jours ; les voyageurs déjeunent eux aussi à Payerne et couchent à Moudon. Prix de la course, dix francs.

 

   Chargée d’organiser aussi la poste aux chevaux, la Régie met au concours en 1819 les relais et les places de maître de poste à Orbe, Cossonay, Coppet, Saint-Cergue, Nyon, Morges, Lausanne, Vevey, Aigle et Bex.

 

   En 1821, une nouvelle réglementation des payements en argent interdit les paquets contenant plus de quatre mille francs suisses d’argent monnayé. Quatre mille francs pèsent en effet en 60 livres de marc, soit plus de 29 kg. Des sommes plus élevées forment des colis encombrants, difficilement maniables, dangereux pour les voitures – et fragiles par-dessus le marché ! Toutefois l’expéditeur de plusieurs paquets de 4000 francs ne payera pas une taxe supérieure à celle d’un seul gros paquet. Le service des mandats ne sera organisé qu’en 1861 par la poste fédérale, celui des chèques et virements en 1906.

 

   Le transport des lettres s’accélère ; en 1826, le courrier qui part pour Vienne le lundi, le mercredi ou le samedi y parvient le dixième jour. Le trajet pour l’Italie est abrégé de 24 heures. Dès 1830, les lettres ne mettent plus qu’une journée depuis le poste-frontière de Ferney jusqu’à Lyon.

 

   En 1830, la Régie des postes organise des services journaliers, aller et retour dans les deux sens, entre Vevey et Lausanne, et Bex et Villeneuve. La voiture qui quitte Bex chaque matin repart de Villeneuve après l’arrivée du bateau à vapeur… Des courses journalières doubles relient aussi Ballaigues et Pontarlier. Pour plus de célérité, le parcours de la diligence est divisé en quatre tronçons entre Lausanne et Neuchâtel : Lausanne-Echallens, Echallens-Yverdon, Yverdon-Saint-Aubin, Saint-Aubin-Neuchâtel, exploités chacun par un maître de poste différent.

 

   Le voiturage postal des colis ou des voyageurs ne suffit toutefois pas aux besoins du commerce et du tourisme. Commissionnaires, voituriers ou aubergistes organisent leurs propres transports.

 

   Le commissionnaire Francillon-Johannot charge des marchandises pour l’Allemagne, l’Italie ou toute autre destination ; et deux fois par semaine pour Genève et pour la France. J. Zuli charge trois fois par semaine pour Genève et la France et tous les lundis pour Neuchâtel. Floquet, maître voiturier à Yverdon, fait partir le mardi et le vendredi une voiture pour Lausanne. Le retour se fait les mercredis et samedis. Le citoyen Reymond, de Lausanne, loue chevaux et véhicules pour voiturer du vin, du bois ou des personnes. Dès 1801, il fait le voyage de Morges deux fois par semaine, tout comme son concurrent S. Chapuis. Pour les passagers, un « bon » char à banc couvert, ou corbeille ; suffit sur une si courte distance. Delajoux, tenancier de l’Hôtel de la Ville de Londres, à Vevey, s’assure des clients par un service journalier de voitures entre Lausanne et son hôtel. Il n’est pas le seul aubergiste à le faire.

 

   Les vingt voituriers et loueurs que nous recensons en 1832 et les charrons proposent des chars très divers :

 

-          Berline,

-          Britchka, soit fourgon à la polonaise,

-          Cabriolet,

-          Calèche,

-          Calèche à glaces,

-          Calèche à soufflet,

-          Char à banc,

-          Char à échelles,

-          Char à l’allemande (Stuhlwagen),

-          Char de côté,

-          Char de roulage,

-          Char en face,

-          Corbeille*,

-          Coupé pour voyages,

-          Coupé anglais,

-          Korb*,

-          Landau,

-          Landaulet,

-          Patache,

-          Phaéton à 2 places,

-          Phaéton à 4 places,

-          Tilbury, soit cabriolet à deux places (1826)**

 

   Les Vaudois et les étrangers en séjour assurent une clientèle pour des courses plus lointaines. Le citoyen Pache-Weibel, en 1800, fait partir chaque mois, puis chaque quinzaine, une voiture bien suspendue pour Paris : prix, trois louis et quart, soit 78 livres de France par personne, avec 60 livres de bagages. Il recommande de réserver les places à l’avance. En 1830, J. Pache conduit ses clients jusqu’à Calais ; à Dresde et Berlin ; à Hambourg et Lubeck ; à Milan, Florence et Rome. Conrad Schlegel, de Berne, annonce une voiture le 15 mars, une seconde au début d’avril pour Munich, Vienne et Varsovie, où l’on trouve encore quelques places disponibles. Un voiturier qui passe régulièrement par Lausanne, Gottfried Giesinger, de Saint-Gall, avise le 22 octobre 1822, « qu’il est arrivé heureusement à Odessa avec tous ses voyageurs, le 4 septembre dernier ».

 

*corbeille et Korb, semble désigner un même véhicule. L’un en français et l’autre en allemand.

** certaines désignations de voitures nous sont familières et d’autres sont des mystères.

 

GTell,

Deux cents ans de vie et d’Histoire Vaudoises

 

 

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