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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 18:13

 

 

Le commerce de l’argent et Assurances

 


   Les renseignements que nous donnent les annonces de la Feuille d’Avis sur le commerce de l’argent ne suffisent pas à une présentation cohérente de la banque et des assurances. Nous parlerions pas s’il existait à leur sujet autre chose que des aperçus fort incomplets, et parfois erronés.

 

   Prêteurs et emprunteurs recourent aux petites annonces. Les ventes de fonds et les placements hypothécaires représentent trois pour cent de toute la publicité.

 

   Le 26 janvier 1830 par exemple, on offre de prêter quelque mille francs sur bonnes hypothèques en premier rang. – Deux frères cherchent à emprunter dix-sept mille francs garantis par des fonds taxés vingt-six mille deux cent francs. – Un autre emprunteur cherche seize à dix-sept mille francs. – Une quatrième annonce demande des sommes de deux cents et cent francs « sous bonnes cautions ». Les banques existantes s’occupent essentiellement de la gérance des fortunes, principalement immobilières.

 

   Quant à la Caisse d’épargne fondée à Lausanne en 1817, après celles de Vevey et du Chenit, elle est une entreprise philanthropique. Ses fondateurs l’ont dotée d’un capital de roulement à fond perdus ; ils l’administrent gratuitement. La Caisse doit permettre aux petites gens de s’assurer des ressources pour leur vieillesse. Elle reçoit des épargnes de 1 fr. à 200 fr. portant intérêts pour les sommes au-dessus de vingt francs. « Elle fournit des reconnoissances pour des termes éloignés, où tous intérêts se trouvent compris d’avance, ce qui peut faciliter les dons que des personnes aisées voudroient faire pour des apprentissages à payer, ou telle autre dépense indispensable à l’âge de 15 à 20 ans ».

 

   En 1820, le troisième bilan indique un actif de 43 664 fr. et un passif de 42 983 fr., dû à 247 prêteurs recevant un intérêt et à 8 qui n’en touchent aucun. Les dépenses administratives s’élèvent à 79 fr. 75. L’année suivante, l’actif se monte à 64 956 fr., le bénéfice atteint 650 fr., non compris une réserve de 134 fr. Les progrès sont si rapides, qu’en 1830 la société éprouve quelque difficulté à placer ses fonds. Elle limite les dépôts à cent francs par personne et par an.

 

   Beaucoup plus tôt qu’on ne le pense généralement, des assurances sont offertes ; en 1826 déjà, la Société royale d’assurances contre l’incendie et l’Azienda assicuratrice de Trieste font une vive publicité et choisissent des agents dans le canton. La même année est fondée la Société d’assurance suisse contre l’incendie du mobilier, au taux de deux pour mille. Elle s’engage à ne pas prélever de bénéfice. Elle est patronnée par le lieutenant du Conseil d’Etat Justin Audra, par l’intendant des péages Sigismond de La Harpe, par le banquier Charles Bugnion, par des industriels tels que Jean-Jacques Mercier fils, Amédée Kohler, etc. Ce genre d’assurance et antérieur de vingt-trois ans pour le moins aux dates avancées précédemment. En 1830, la Société d’assurance contre la grêle ouvre à son tour une agence à Lausanne, chez le commissaire Valier.

 

  C’est sous la Restauration que germe notre organisation financière actuelle.

 

GTell, Deux cents ans de vie et d’Histoire Vaudoises

 

 

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