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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 17:45

 

 

Salaires et prix

 


D’un journal d’annonces, il semble qu’on peut tirer une étude fouillée sur les salaires et les prix. Illusion ! Les employeurs détaillent les qualités qu’ils exigent de leurs valets ou de leurs ouvriers ; les gages sont toujours bons, justes ou satisfaisants.

 

   Les marchands vendent « au juste prix » ; leur modicité et la qualité de l’ouvrage retiendront la clientèle… Ils articulent des chiffres surtout pour les occasions particulièrement alléchantes, ou lors d’arrivages nouveaux. S’il s’agit du vin, un nombre si considérable de facteurs entre en jeu que toute comparaison en devient impossible. Le vin se vend en gros par char (18 setiers) ou par setier (32 pots). Il se détaille en pots, ou en bouteilles de ¾ si ce n’est de ½ pot. Tantôt il s’agit du pot de Berne (1670 cm3), tantôt de celui de Lausanne (1160 cm3). Le prix est fixé verre perdu ou verre rendu. Le Lavaux ou La Côte vendangé la même année, offert en mêmes quantités, ne se vend pas au même prix : la qualité du parchet intervient. Si l’on ajoute : les fluctuations dues à la qualité variable de la vendange ; celles que l’on doit aux qualités récoltées ; celles qui proviennent de l’intervalle qui s’écoule entre la vinification et la vente, on se trouve en face d’équations à tant d’inconnues, en face de problèmes où tant de facteurs interviennent, qu’il est impossible d’en extraire la solution. Il faudrait des milliers de données pour parvenir à fixer des normes, des moyennes. Nous nous bornerons à citer une annonce en exemple : en 1800, du vin de Lavaux de 1796 se vend en bouteilles bouchées de ¾ de pot de Berne, avec le verre, à 6 ½ batz et en pot de Lausanne à 6 batz ; du Lavaux 1797 et 1798 vaut 7 ½ batz le pot de Berne, vendu par setier ou par char ; des Lavaux 1797, 1798 et 1799 coûtent par char ou par setier, de 6 à 7 batz le pot de Berne. Du vin de Lausanne 1799 mêlé à du Lavaux 1798 tombe à 4 ½ batz, mais il s’agit du pot de Lausanne, beaucoup plus léger…

 

   Les annonces nous révèlent les prix de quelques marchandises importées :

 

En 1763, le café « des Isles » se vend 9 batz la livre, par cinq livres.

En 1785, le café Moka vaut 16 batz la livre ; du Levant, 15 batz la livre ; de la Martinique, 7 ½ et 7 batz la livre,

En 1800-1801, le Moka véritable vaut 20 batz la livre de 18 onces, 18 batz la livre de 16 onces ; du café de « parfaite qualité », 15 batz ¾.

En décembre 1800, le thé coûte de 40 à 81 batz la livre, selon sa provenance et sa qualité. Le Souchong* vaut de 42 à 50 batz, le Haissan vert 60 batz, le Ton Kay de 41 à 50 batz.

Le tabac à fumer varie de 8 à 17 batz. Le plus cher provient de la maison Becker & Zoon.

Le sucre de Hollande se vend en 1785, 10 batz la livre ; en 1800, 14 batz la livre, en 1801, en pain 13 batz la livre, candi 13 batz la livre, pilé 11 batz la livre.

Les épices en décembre 1800 : poivre blanc, 24 batz la livre ; poivre noir, 17 batz la livre ; piment, 12 batz la livre ; clou de girofle, 51 batz la livre.

 

Setier - http://fr.wikipedia.org/wiki/Setier

 

*Le souchong est le thé le plus vendu et le moins cher.

 

GTell, Deux cents ans de vie et d’Histoire Vaudoises

 

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