Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rechercher Un Mot

Articles Récents

Liens

20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 14:59

 

Le cuir

   Les bouchers vendent souvent des peaux en quantités impressionnantes : Jacob Stroub, à Lausanne, offre d’un coup 190 cuirs de bœufs et vaches et 600 peaux de veaux. Des annonces analogues paraissent de temps à autres.

   Mise en vente, la tannerie Borgeaud à la rue du Pré, à Lausanne, comprend en 1801 trois belles « couches » dans une cour, deux autres dans le bâtiment, deux appartements et un grand galetas bien aéré. Celle de Lutry reçoit l’eau en abondance dans ses cuves et ses douze fosses, creusées dans un grand jardin attenant à la maison. La tannerie et corroyerie H. Chambaud, rue du Pré, S’accompagne d’un pilon à écorce au bas du Grand-Saint-Jean. Rachetée en 1830 par Bernard Mercier de Morges, elle ne se fond pas dans l’entreprise Jean-Jacques Mercier, Bernard n’est pas leur parent. La plus importante tannerie, celle de la dynastie des quatre Jean-Jacques Mercier*, l’usine la plus vaste, la plus puissante de Lausanne vers 1850, qui possède une succursale à Bologne et exporte ses cuirs à Londres et en Amérique, ne met pas d’annonces dans la Feuille d’Avis – si ce n’est pour prévenir le public qu’il ne sera plus fait de distribution gratuite de vieille écorce, que cet excellant engrais sera vendu un batz la hotte, pour enrayer la cupidité sans borne de quelques amateurs.

 

   Les petits métiers du cuir, plus proches du public, apparaissent plus souvent, sans que nous puissions en tirer beaucoup de renseignements originaux.

 

   En 1795, les maîtres cordonniers de la ville se voient obligés d’exiger des payements comptants, vu « la grande disette et cherté des marchandises qu’ils sont obligés d’essuyer par les accaparements qui se font, et le désagrément d’acheter des marchandises chez les tanneurs, à moitié sèches, et que pour argent comptant… ».

 

   Dans un pays où chacun porte des souliers, il n’est pas étonnant de rencontrer un grand nombre de cordonniers, soixante-huit à Lausanne, seize à Aigle en 1832. A Lausanne, les écoles de charité enseignent la cordonnerie à leurs élèves. La veuve du régent Laurent liquide les paires ainsi cousues.

 

   Les fabricants de babouches, de baraquettes (pantoufles), de socques ou de bottes ne manquent pas non plus. A Rolle, Jean Baudin cherche à remettre son établissement avec ses stocks et son « grand assortiment de formes modernes ». Il emploie cinq ou six ouvriers, chiffre considérable pour l’époque (1837).

 

   Certains ateliers de ganterie de la capitale vaudoise sont célèbres ; le plus connu, celui de Lubach, ne fait malheureusement aucune publicité !

 

   La ganterie offre des possibilités de travail si intéressantes, si régulières, qu’une société philanthropique fonde en 1832 une Ecole gratuite de ganterie. Mme Secetan-Bournet, femme du syndic de Lausanne et Mme de Molin-Dutoit prennent les inscriptions. Pour y être admises, les jeunes filles ou jeunes femmes doivent présenter de bonnes recommandations et avoir quelques notions de couture ; de préférence, on inscrira celles qui auront déjà passé leur première communion (16 ans). Dans les ateliers de quelques importances, la couture ne se fait pas entièrement à la main : en 1835, le traiteur Montet vend une « mécanique à coudre les gants ».

 

   Au début du siècle, les culottiers sont eux aussi des artisans du cuir. Ils confectionnent des culottes de peau à l’anglaise ou autres, des guêtres, des bonnets de maroquin, au besoin des gants, comme Jean-Jacques Brügger. Schopffer propose en outre des caleçons de peau, des bretelles, des havresacs, des carnassières de chasse, des bas de peau.

 

   Au port de Pully, la manufacture de maroquins et chamois, imprimés en couleurs unies et façonnées, propres pour pantalon, gilets et souliers de femme ». Masmejean en fait des « carlettes », soit bonnets brodés.

 

   A Nyon, P. Baup fabrique des cuirs élastiques « qu’on peut tendre à volonté » pour aiguiser les rasoirs. En 1836 la manufacture Cherpilloud de Rolle met les siens en dépôt au Bazar Vaudois. « Ces célèbres cuirs à rasoirs, si avantageusement connus en Europe, doivent être essayés par comparaison avec d’autres cuirs. Ils font parfaitement couper les rasoirs qui ont besoin d’être aiguisés et sur lesquels d’autres cuirs ne feraient aucun effet… » Ils sont offerts avec un rasoir Lecoultre (Le Sentier) pour la somme de 10 francs de France. Le grand cuir, creux, sans rasoir, coûte 5 francs de France dans sa boîte. Le cuir plus petit, 2 fr. 50. Les aiguisoirs pour canifs 1 franc seulement. La boîte à pâte supplémentaire double se vend 1 fr. 50, la simple 75 centimes.

 

   Il nous faudrait citer encore à Cossonay la fabrique de cols en cuir noir ciré à 15 batz la pièce, de Louis Bovey ; et MM. Lacombe et Cie, fournisseurs et fabricants d’équipement militaires, tel que havresacs en peau de veau avec courroie en buffle, les courroies seules à 25 batz.

 

*Jean-Jacques Mercier, regardez sur Internet quelle était cette dynastie.

 

GTell,

Deux cents ans de vie et d’Histoire Vaudoises

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires