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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 17:21

 

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   L’illustre écrivain a fait dans sa jeunesse deux voyages en Suisse. En 1775, il visita la Suisse centrale et la région du Gothard. Il serait monté jusqu’au col de la Furka, par la vallée d’Urseren, mais nous n’avons que deux lignes sur cette première rencontre avec notre canton, et le paysage entrevu du haut du col. Il note simplement « que ces scènes sublimes, incomparables de la nature, seront toujours présentes » à son esprit.

   Quatre ans plus tard, en automne de 1779, il devait entreprendre un vrai voyage d’exploration au Valais, en compagnie du duc Charles-Auguste de Weimar, qui venait de l’élever, à trente ans à peine, à la dignité de Conseiller intime. Le ministre de Wedel, grand maître des eaux et forêts, était également de la partie. En outre, trois laquais les accompagnaient, pour le service et les bagages. La relation précise et fidèle de ce voyage a paru sous forme de lettres à Mme de Stein. C’était alors la mode d’écrire sous forme de lettres, les récits de voyage ; les écrivains anglais du XVIIIe siècle qui visitent notre pays : John Moore, Coxe ; les Français Cambry, l’abbé de la Borde, etc., adoptent cette forme familière.

   Goethe arriva à Lausanne vers la fin d’octobre. Il excursionna dans la vallée de Joux et fit l’ascension de la dent de Vaulion le 25 octobre. Le 27, il descendait avec ses amis à l’Hôtel de la Balance à Genève. Le groupe forma le projet d’aller en Valais par Chamonix. Dans sa jeunesse, Goethe fut un passionné de Rousseau. La fameuse Lettre sur le Valais, dans la Nouvelle Héloïse, le détermina à visiter notre pays, rendu tout à coup célèbre par l’extraordinaire succès du roman et la génie de l’écrivain.

   Diodati, et quelques patriciens genevois consultés, déconseillèrent cette course, la saison leur paraissant trop avancée. C’était du reste, à cette époque, une assez grosse affaire que de traverser le Valais d’un bout à l’autre. Goethe s’en ouvrit à Horace-Bénédicte de Saussure, alors dans toute sa gloire de géologue et d’alpiniste. Le savant lui conseilla d’y aller sans tarder, la neige n’ayant pas encore fait son apparition sur les cols. La décision est prise, et Goethe écrit à Mme de Stein : « Nous sommes prêts à souffrir quelque chose, et puisqu’il est possible de monter au Brocken en décembre, il faudra bien qu’au début de novembre, ces portes de l’épouvante nous livrent passage ».

   Goethe avait la réputation d’un bon alpiniste, avant la lettre, on peut presque le dire, puisque nous sommes à l’aube des excursions en haute montagne. L’année précédente, il avait fait le Brocken, dans le Hartz, en plein hiver, malgré l’avis de gens qui déclaraient la chose impossible. Ce génie universel a ainsi une première hivernale à son actif, tout comme Dante, qui fut le premier à gravir le Prato al Saglio, dans l’Apennin, un sommet de 1500 mètres.

 

 

GTell, Chateaubriand et Goethe en Valais.

 

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