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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 16:40

 

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L'opération Tannenbaum


En gros l’histoire commence à la fin de la campagne de France, à l’approche de la signature de l’Armistice. Les projets d’Hitler avec l’aide de Mussolini étaient d’encercler la Suisse. Le 18 juin à Munich, les deux dictateurs se rencontrent.

 

Pour commencer, les deux dictateurs s’entretinrent en tête à tête. Puis, après que les ministres des Affaires étrangères Ribbentrop et Ciano, ainsi que les généraux Keitel et Roatta, se furent joints à eux, Hitler, en utilisant une carte, commenta entre autres les conditions d’armistice, déclarant, selon les notes confidentielles du traducteur, publiées par Andreas Hilgruber que « la Suisse aussi sera complètement coupée de la France par une ceinture de territoires occupés ; elle se montrera alors collaborante dans la question du transit et, en général, dans son comportement politique et dans sa presse. » Et la note se rapportant à cette conversation ajoute : « Il fut également question du territoire à occuper par l’Italie de la frontière italienne au Rhône, en incluant Toulon et Marseille. »

 

Mais dans les faits, la résistance de l’Armée français des Alpes en Dauphiné et en Savoie par les troupes du général Cartier a contribué à l’échec du projet d’encerclement de la Suisse. D’autant plus que les italiens n’ont pas fait la part du contrat qui leurs étaient attribuée.

 

-          Dans la perspective d’ensemble des événements, l’action destinée à étrangler la Suisse comme ultime but stratégique n’avait été qu’une entreprise annexe, improvisée durant la phase finale de l’offensive à l’Ouest. Cependant l’échec qu’il avait subi irrita Hitler à un point tel qu’il était prêt à violer sans hésiter l’armistice conclu, uniquement pour colmater la dernière « brèche » dont disposait la Suisse. A-t-il envisagé dans sa réaction presque hystérique une attaque de la Confédération comme ultime alternative ? Ce qui s’est passé le 24 juin dans le cercle restreint du FHQ (Führerhauptquartiere) est demeuré dans l’obscurité jusqu’à nos jours. Comme le démontrent les développements ultérieurs, il s’est agi pour la Suisse des heures les plus dangereuses qu’elle a connues – même si elle ne s’est doutée de rien – durant la Deuxième Guerre mondiale.

 

Une fois compris ce que désirait « le Politicien », le chef de l’Etat-Major général de l’Armée, Halder, écrit dans son journal : « Le politicien aimerait que la Suisse soit privée de communications directes avec la France. Cet objectif politique doit être camouflé sous un manteau militaire. Il en résultera encore quelques désagréments. » En son for intérieur, Halder désapprouvait l’offensive d’Hitler organisé à la hâte et il ne l’appuya, si l’on en croit son Journal, que mollement.

 

Le politicien, désignait Hitler dans la bouche de Halder. Vous pouvez sur Internet lire le parcours du général Halder.


Après la signature de la Convention d’armistice germano-française à Rethondes, le 22 juin à 18 h 50, la Commission française d’armistice, dirigée par le général Huntziger, prit l’avion pour Rome, tôt le lendemain. Le ministre des Affaires étrangères Ciano ouvrit la brève séance le 23 juin à 19 h 30 à la villa Incisa, en-dehors de la capitale. Mais les négociations proprement dites furent conduites le 24 juin par le maréchal Badoglio, en symétrie avec le rôle joué auparavant par Keitel du côté allemand.

 

   Lorsqu’Hitler apprit que son allié ne l’avait pas soutenu, même à la table des négociations, dans la réalisation de son plan d’encerclement, il tenta encore à la toute dernière minute de rectifier le tir. L’attaché militaire allemand à Rome, Enno von Rintelen a relaté ainsi cette intervention : «Lorsque les négociations de Rome furent terminées, je reçus le 24 juin à 19 h 30 l’instruction téléphonique de l’OKW d’inciter Badoglio à exiger l’occupation de la Savoie jusqu’à la pointe sud-ouest de la Suisse afin d’établir une communication avec la zone d’occupation allemande et d’isoler complètement la Suisse. Mais il était déjà trop tard, la Convention ayant déjà été signée à 19 h 15 sans aucune cérémonie. »

 

   Hitler avait enlevé trop tard le masque de l’ami désintéressé pour exiger de Mussolini, sans détour, qu’il tienne la promesse faite à Munich : l’objectif assigné à l’occupation de la Savoie et de la Haute-Savoie était l’étranglement de la Suisse ! Jusqu’à nos jours, les intentions réelles du Führer n’ont pas été entièrement élucidées. 

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

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