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11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 17:18

 

Documents qui retracent l’ensemble des événements de juin 1940 à nos frontières. Les traductions sont tirées du livre « Il faut encore avaler la Suisse », je reprends l’essentiel.

 

Hitler s’occupe personnellement des incidents aériens.

 

Concerne : Violation de la neutralité en Suisse

 

Selon communication du capitaine Gregor de l’Etat-Major de la Conduite des Opérations de la Luftwaffe, le Führer a décidé de s’occuper désormais lui-même de cette affaire. Toutes les informations provenant de l’Etat-Major de la Conduite des opérations de la Luftwaffe concernant les combats aériens avec des pilotes suisses doivent être immédiatement transmises au Führer. Le Führer a convoqué au rapport le général commandant le 5e Corps aérien, principalement concerné.

 La présente information a été communiquée par téléphone à M. Sonnleithner, train spécial.

 

Berlin, le 9 juin 1940

      Kramarz

Copie à :

S.E. (Secrétaire d’Etat)

Bureau MAER. (Ministère des Affaires étrangères du Reich)

S.S.E. Pol. (Sous-secrétaire d’Etat, section politique)

Dir. Pol. (Direction Politique)

Sect. Pol. II. (Section politique)

 

 

Rencontre Hitler/Mussolini à Munich, 18 juin 1940 : Extrait des souvenirs du Generalfeldmarschall Wilhelm Keitel (1946)

« …Le jour suivant déjà, le Führer, Ribbentrop et moi-même nous rencontrâmes Mussolini, le comte Ciano et le chef de l’Etat-Major italien, le général Roatta, en Allemagne du sud, probablement à Munich. A côté d’informations communiquées aux Italiens à propos de notre armistice et des raisons déterminantes pour la ligne de démarcation et pour les territoires français (zones) devant être évacués militairement, le Führer voulait décider Mussolini, en raison des exigences italiennes à propos des territoires devant être occupés par l’Italie, de couper, en liaison avec nous, la Suisse de toute communication avec la France. Mais dans les faits, en dépit de la parole donnée par Mussolini, cet objectif n’a jamais été atteint ; les Italiens ne sont jamais parvenus à concrétiser ces exigences et ils en auraient été bien incapables après leurs échecs militaires. Un armistice entra bientôt en vigueur, mais les conditions étaient modestes et culminèrent dans l’occupation d’une étroite zone sur le front des Alpes, ce qui, il est vrai, permit aux Italiens de s’emparer des fortifications de frontière des Français ; mais ils n’étaient pas parvenus à les vaincre. »

 

[La rencontre avait eu lieu le 18 juin 1940 à Munich. Par erreur Keitel la situe le jour après la conclusion des négociations d’armistice germano-françaises, par conséquent le 23 juin 1940]

 

Remarque – c’est compréhensible qu’il se trompe parfois dans ses souvenirs, il ne faut pas oublier qu’il avait la corde au cou lorsqu’il écrits.

 

 

Extrait des notices du chef de l’Etat-Major de l’Armée 19/24 juin 1940, Generaloberst Halder.

 

19.6.40 [Mercredi]

… Malgré ces succès qui se poursuivent à un rythme inhabituel, il semble que le commandant en chef de l’Armée [Generaloberst Walther von Brauchitsch] ait été mal reçu par le Haut Seigneur [Hitler] de retour de la conférence de Munich car il y a toujours quelques Français qui résistent dans la zone NE… [L’Armée Française des Alpes résiste jusqu’au 3 juillet 1940]

   Dans la soirée une « instruction OKW » arrive désignant une frontière qui, par rapport aux Français, ne doit pas être dépassée (en général le Cher) et une ligne à l’est de la Côte de l’Atlantique et demande que, d’une part, nous utilisions des éléments de Kleist [Général Ewald von Kleist, commandant en chef du groupe blindé I] auprès du Groupe d’Armée B au-delà de la Loire pour le contrôle de la côte de l’Atlantique et, d’autre part, que nous poussions sur Lyon des éléments de Kleist pour partir de là, nous diriger sur les arrières [du front Français] devant le front italien…

   Nous apprenons que les Italiens veulent attaquer dans 2-3 jours sur le front des Alpes. Jusque-là nous devrions nous trouver sur les arrières français dans la vallée du Rhône. Ce qui ne va guère être réalisable au point de vue temps. La rédaction des ordres découlant de ces « instructions » sera achevée vers minuit…

 

20.6.40

… Les évènements importants que nous apportent les informations du matin concernent l’occupation de Nantes à l’embouchure de la Loire (avec ponts intacts) et de Lyon. Je ne comprends pas ce qu’exige encore de nous la haute direction politique, et quels sont ceux de ses vœux qui n’ont pas été réalisés, mais en tant que subordonné il faut subir les nerfs de ses supérieurs.

 

   Après la conférence du matin au cdmt en chef de l’A, [Commandant en chef de l’Armée] les ordres sont donnés pour la constitution d’un groupe Lyon sous le C.C. 12 [Commandant en chef de la 12e Armée, Generaloberst Wilhelm List] pour mission spéciale dans la région Chambéry et Grenoble. A côté du XVIe Corps d’Armée toutes les unités motorisées doivent être provisoirement regroupées dans des groupes de combat et pris sur le Groupe d’Armée A, avec en plus provenant du Groupe d’Armée B des éléments aussi puissants que possible des Div. Mont. Sur camions.

   Selon mes calculs, on pourra intervenir à partir de la zone Lyon avec des détachements avancés le 21.6. dans la soirée mais pas avant le 25. 6. avec l’infanterie. Le corps Hoepner [Général Erich Hoepner, cdmt. Du XVIe Corps d’Armée.] peut évidemment partir aussitôt, si cela paraît souhaitable…

 

[Après 17.00 h.] … Le colonel von Greiffenberg [Colonel à l’E.M. Hans von Greiffenberg, chef de la Section des opérations de l’Etat-Major de l’Armée.] et la planification détaillée pour la répartition des forces destinées à la défense des côtes et des régions de l’intérieur…

 

21.6.1940

… Les Italiens prétendaient commencer aujourd’hui leur attaque sur le petit Saint-Bernard et plus au sud. Le temps est si mauvais que l’aviation ne peut collaborer. On peut donc admettre que cette attaque va se limiter à quelques patrouilles. Pour nous, il ne sera question de quitter la zone de Lyon que si les Italiens ont sérieusement attaqué, donc pas avant le 22.6. On ne pourra décider si l’on intervient qu’après la fixation des conditions d’armistice. Pratiquement, seul le 23.6. entre en question.

   [Soir] … Les Italiens exigent que nous intervenions le 22.6., afin d’aider la progression de leur attaque sur le petit Saint-Bernard. Nous ne le faisons pas. Le groupe List ne pourra se mettre en marche qu’à partir du 23.6. En outre il faut attendre pour voir si cette soi-disant attaque des Italiens est autre chose qu’un simple combat de patrouilles. » …

 

22.6.1940

… 18.50 h. la Convention est signée à Compiègne. Toute la journée échange de télégrammes avec l’Etat-Major italien qui nous presse de nous diriger depuis Lyon sur Chambéry, pour ouvrir aux Italiens la route des Alpes. Etant donné que notre groupe List ne sera prêt que le 23.6., nous fournissons des réponses dilatoires. En outre, le Führer s’est réservé le droit de donner la permission d’intervenir. Nous rédigeons les ordres nécessaires pour List…

… Dans la soirée la décision est prise que List doit attaquer le 23.6., mais ne doit pas dépasser Grenoble – Chambéry…

 

23.6.1940 [Dimanche]

Les actions militaires de la journée se limitent à la continuation de l’avance de l’aile droite (4e et 18e Armée) et à l’action du groupe List. Ce dernier est intervenu comme prévu et a atteint vers midi la région au nord-est de Valence, au nord-ouest de Grenoble et Chambéry et au nord-est d’Aix-les-Bains. Il a devant lui des barrages avec canons antichars et chasseurs alpins. Sur la demande, dans la soirée, du Groupe d’Armée A je réponds qu’une pression plus forte, qui entraînerait côté allemand des pertes accrues, n’est pas dans les intentions du commandement…

… Lors de la conférence ayant eu lieu l’après-midi on a traité…

… d) Réfléchir aux missions de la 12e Armée. List : personnel Kuebler, Bergmann, Fahrmbacher, Schörner.

[A l’exception de la 27e division d’infanterie sous le général Friedrich Bergmann (1883-1941) toutes les troupes avec leurs commandants avaient été déployées début juillet 1940 comme éléments de la 12e Armée sur le glacis suisse. Le Generalmajor Ludwig Kübler (fusillé en Yougoslavie en 1947) commandait la Ire division de montagne qui fut déplacée dans le secteur Salins-Morez ; le Generalleutnant Wilhelm Fahrmbacher (né en 1888, après la guerre conseiller militaire en Egypte) prit position à l’est de Dijon avec sa 5e division, tandis que la 6e division de montagne sous les ordres du colonel Ferdinand Schörner (encore promu le 5 avril 1945 Generalfeldmarschall) fut attribuée par la suite spécialement à la 12e Armée afin d’être déployée dans le secteur de Pontarlier, à proximité de la frontière suisse.]

 

24.6.1940

Le matin nous apporte une nuance intéressante. Les Italiens sont restés accrochés aux fortifications françaises et ne progressent pas. Mais les négociations d’armistice ils veulent faire valoir un territoire français aussi étendu que possible occupé par eux et ont par conséquent proposé d’acheminer des bataillons italiens par voie aérienne, en partie via Munich, en partie directement à Lyon et de les mener derrière le front List sur les points jusqu’où l’Italie entend étendre ses revendications territoriales. Le tout se révèle être une proposition de Roatta que le maréchal Badoglio refuse d’accepter. C’est l’affaire de l’OKW s’il se laisse avoir par les propositions d’un organisme subalterne que le maréchal italien responsable, apparemment le seul soldat correct parmi ces négociateurs, repousse comme indigne.

Le commandant en chef de l’Armée se rend en avion à la 7e Armée. Son inquiétude le pousse à prendre des mesures préventives pour le cas où les négociations d’armistice avec l’Italie échoueraient, nous obligeant d’exécuter une attaque sérieuse sur les arrières des fortifications françaises des Alpes et en même temps une poussée vers les côtes de la Méditerranée.

 

   Une telle action ne peut être montée que systématiquement avec l’utilisation de troupes de montagne. Là, on ne peut improviser avec des bataillons alpins motorisés rapidement rameutés.

 

   C’est de nouveau le même jeu harcelant que lors de la prise de contact avec les Russes durant la campagne de Pologne. Le politicien [Par le terme « politicien », ou « direction politique », Halder entend toujours Hitler, prenant ainsi ses distances avec les ambitions de chef militaire de ce dernier.] aimerait que la Suisse perde sa communication directe avec la France. Cette exigence politique doit être enveloppée dans un manteau militaire. Il en résultera encore nombre de conséquences déplaisantes.

 

10 h 20 conversation avec Tresckow Groupe d’Armée A : [Lieutenant-colonel à l’E.M. Nenning von Tresckow, premier officier d’Etat-Major de la Section des opérations du Groupe D’Armée A.] Introduction dans le paysage politique et dans les oscillations résultant des exigences militaires. Groupe d’Armée A doit réfléchir au temps nécessaire pour la préparation de mesures de combat plus sérieuses comme le front savoyard et pour la continuation des opérations contre l’armée française avec une forte aile gauche.

 

À suivre : la suite des documents relatifs à notre affaire.

 

GTell.

 

 

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