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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 17:11

 

OKH, EMG de l’A. Sect. Op. Ire notice concernant attaque de la Suisse, 25.6.1940, signé von Menges.

 

Sect. Op. (I) 25.6.1940

 

Commandement, secret. Seulement à l’échelon supérieur ! Par officiers uniquement !


1)      Nature du mandat


Il s’agit d’examiner rapidement les possibilités d’une occupation surprise de la Suisse par des troupes allemandes intervenant depuis la France et l’Allemagne en postulant que des troupes italiennes venues du sud attaquent la Suisse simultanément.

 

2)      Exécution :


Grâce à une rapide attaque surprise à partir de plusieurs directions, il s’agit d’obtenir :

1)      La destruction de l’armée ennemie pour empêcher l’unité de commandement, l’établissement de nouvelles lignes de résistances sur un front unique et une retraite en bon ordre dans les régions montagneuses impraticables (ce qui retarderait le succès militaire).

2)      Pour des raisons politiques et psychologiques l’occupation rapide, et sans destructions, de la capitale et de la région autour de Soleure où se trouve l’industrie d’armement.

3)      Le contrôle, sans destructions, des nœuds ferroviaires et routiers ainsi que des nombreux ponts pour pouvoir utiliser dans les plus brefs délais le pays pour tous les transports vers le sud de la France.

La Suisse possède, abstraction faite de 9 brigades frontières (environ 100 bat.), 6 div. Inf., 3 div. Mont., 3 brig. Mont. et, comme troupes de Corps d’Armée, 3 brig. Légères. A cela s’ajoutent 75 bat. De « troupes territoriales ». Il n’existe pas de troupe blindée. L’aviation est faible, une petite partie seulement moderne et la DCA se trouve dans le stade initial de son organisation.

   Selon les informations dont nous disposons, 6-7 div. ont pris position sur la frontière du nord et du nord-est. I ½ div. seulement se trouve sur la frontière française (si d’autres forces n’y sont pas transférées en ce moment), le reste au sud et au sud-est.

   L’ennemi, qui doit couvrir ses frontières étendues, ne peut songer à une attaque. Il défendra ses positions préparées proches de la frontière. Le point faible de son dispositif actuel se trouve à la frontière française. Un regroupement éventuel  dans cette région ne peut s’effectuer qu’au détriment de la protection de la frontière allemande.

   Après la perte de ses positions proches de la frontière, l’ennemi tentera de s’établir sur une ligne Léman-lac de Neuchâtel-lac de Bienne-Olten-Zurich-Sargans.

 

3)      Les fortifications de la Suisse.


a)      Effort principal de l’aménagement dans le secteur Bâle-Constance-Sargans. Ouvrages légers, seulement sur quelques points ouvrages moyens. Aménagement solide des piliers d’angle Rheineck et Sargans, entre eux pentes montagneuses escarpées. Rive méridionale du Bodan faiblement protégée.

13 ponts sur le Rhin dans le secteur Constance-Bâle. Points plus faibles au sud-ouest de Bâle, à l’est Waldshut et près d’Eglisau.

Positions dans le secteur arrière : pour le moment en apparence seulement des barrages dans le resserrement des vallées. Aménagement prévu sur la ligne Olten-Aarau-Zurich-Sargans.

b)      Frontière avec la France : Aménagement seulement à partir du début 1940, d’abord barrages sur quelques points et bunkers de campagne avec embrasures de tir.

Faiblesses de la position : autour et à l’ouest de Nyon, à l’est de Pontarlier, au nord de la Chaux-de-Fonds ; routes de col au nord et au sud de Saint-Maurice non-fortifiées.

Positions dans le secteur arrière entre les lacs, pas encore aménagées.

c)       Précisions : les bunkers 6-8 m au-dessus du sol, constituent donc une bonne cible ; pas d’informations en ce qui concerne les fossés antichars. Il faut compter partout avec des barrages routiers (blocs de bétons préparés, peuvent être détruits à l’explosif ou franchis à l’aide de passerelles préparées à l’avance). Postes de douane dépourvus de valeur défensive.

 

4)      Nos propres dispositions : voir carte


a) utilisation des forces

 

Il convient d’utiliser des divisions mot. et blindées afin d’atteindre rapidement Berne, Lucerne et Zurich et pour les diriger sur les lignes de retraite ennemies vers le sud, les rares div. mont. seulement si absolument nécessaire, div. inf. pour la percée de lignes défensives et pour atteinte d’objectifs proches.

Utilisation d’une div. mot., au lieu d’une div. mont. dans les Alpes de Savoie (= la colonne la plus méridionale dans la vallée du Rhône) doit être envisagée malgré les mauvaises conditions routières dans la deuxième partie.

Il faut renoncer à une attaque depuis l’est en raison du terrain montagneux difficile et des puissantes fortifications ennemies.

Pour la div. inf. utilisée depuis Constance, on envisage pour forcer le dispositif fortifié du sud l’utilisation du bac à voitures Friedrichshafen-Romanshorn pour débarquement surprise d’éléments, avec utilisation simultanée de canots d’assaut.

Si les dispositions défensives de l’ennemi le permettent encore des débarquements aéroportés doivent être exécutés autour de Berne et pour ouvrir les passages alpestres vers le sud ainsi que parachutages autour d’Olten et Soleure, plus tard peut-être aussi pour verrouiller les voies de retraite en Suisse du sud-est.

La conquête de la pointe autour de Coire-Davos doit, pour des raisons de terrain, être laissée aux Italiens.

 

b) forces nécessaires


1 Commandement d’Armée, 4 Corps d’Armée (ce nombre élevé en raison du terrain), 3 div. inf. 3 div. mot. 1 div. blindée., 2 div. mont. = 9 div.

 

d)      c) Déploiement :


En Allemagne du sud, sous prétexte d’instruction ; en France en partie disloquées, la motorisation permettant une rapide concentration.

 

e)      d) Durée de l’opération : contrôle de Zurich, Lucerne et Berne doit être possible au plus tard dans le courant du second jour.

 

5)      5) Conduite tactique


Tenir compte des expériences norvégiennes : attribution de chars, canons et éléments d’unités mot. À la tête ; utilisation de l’équipement de montagne de la 7e Armée ; renforcement des groupes de marche par des comp. Mitr. (mot.) ; utilisation renforcée de canons d’infanterie et de lance-mines ; formation de puissantes avant-gardes en utilisant les véhicules des unités de chasseurs de chars, qui ne sont pas nécessaires ici pour la lutte contre les chars.

 

6)        6) Détails


a)      a) Maintien du secret et feinte :

Fermeture discrète et renforcée de la frontière suisse. Informations correspondantes à la presse. Communications radio destinées à tromper l’ennemi et silence radio pour certains secteurs.

b)     b)  Utilisation d’agents secrets pour reconnaître dans le détail les fortifications. Qu’est-ce qui a été édifié dans les secteurs de l’arrière ? Des regroupements ont-ils lieu à la frontière française ?

c)      c)  Amélioration des cartes particulièrement mauvaises. Etablissement de cartes au 1 :100 000. Acquisition de cartes routières, si possible dans le commerce en Suisse. Elaboration d’une description géo-militaire du pays.

d)      d) Prendre l’avis du chef des transports à propos de ses besoins pour le déploiement et en ce qui concerne les axes de communication particulièrement importants qui doivent donc être rapidement occupés.

e)     e)  Le déploiement des forces à l’ouest et au sud du Léman exige rapidement la déploiement de la ligne de démarcation, afin de ne pas attirer juste auparavant l’attention de la Suisse sur nos intentions.

f)       f) Etant donné la situation politique actuelle en Suisse, il est possible que celle-ci accepte pacifiquement un ultimatum, si bien qu’après une entrée en force, il faut s’attendre à passer rapidement à l’invasion pacifique.

von Menges

Capitaine à l’E.M.

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

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