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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 16:50

 

   Les archives officielles nous renseignent sur leurs œuvres les plus coûteuses et les plus rares, telles que les cloches et les canons. La Feuille d’Avis nous apporte un certain nombre de précisions inespérées ; elle redonne vie à des artisans dont nous ne connaissions plus que le nom ; elle nous révèle leurs activités annexes, dues parfois à la difficulté de fondre en hiver ; elle nous prouve aussi que la fonte du fer était pratiquée par un plus grand nombre d’artisans que nous ne l’avions supposé. Avant 1818, Jonas Develey offre des poids de fonte aussi bien que de laiton. Entre 1801 et 1831 apparaissent même à plusieurs reprises des cloches en fonte, qui sont pourtant considérées comme très rares avant 1870. Seule en effet une masse perlitique d’une qualité exceptionnelle résiste aux chocs des battants. Certes M. Oscar Stücheli en a découvert une qui fut coulée par un bourgeois d’Orbe, Guillaume Echaufourne, vers 1430 déjà. Une seule autre cloche, in datée, a été recueillie à La Sarraz. Elles étaient moins exceptionnelles que nous le croyons.

   Les maîtres fondeurs du reste du canton n’apparaissent que tout à fait incidemment : ainsi, lors de l’incendie de la cathédrale dans la nuit du 23 au 24 mai 1825, on admire la pompe de Préverenges, construite à Morges par Louis Golay (sur le modèle des pompes Schenk de Berne), et qui, placée au bord du Flon, alimente les seize autres pompes en action.

   Grâce à leur publicité, nous pouvons dresser une liste plus complète des fondeurs lausannois et un tableau de leur activité plus précise. Ils sont fondeurs et ont une autre activité annexe.

Heysé, Frédéric 1784, fourbisseur. (Qui nettoie et polit les armes blanches)

Duperret, Daniel 1795, † 1801 cloches, pompes, robinets, tournebroches, mortier ; aussi pendulier.

Muard, Jean-Baptiste 1803, Grand-Saint-Jean 45, vend du blé noir.

Develey, Jonas 1803-1818 Grand-Saint-Jean 6, balances romaines, poids de fonte et laiton.

Chapuis, Marc-Elie 1818, nouvellement établit, 1824, sous curatelle – fourbisseur et doreur, garnitures de bureau et de pendules, etc. ; achète le vieux laiton.

Develey, frères (Ferdinand) 1820-1832 Grand-Saint-Jean 7 – mécanique, balances, poids laiton, poids de fonte, chaînes d’arpentage ; instruments de physique et mathématiques.

Blanc, Jean-Louis, allié Noir 1812-1830 Grand-Saint-Jean 34 dès 1828, N° 31. Pompes, poids laiton, poids de fonte, plombier ; pierres à eau ; tuyaux de plomb ; « lieux » à l’anglaise.

Marquis, Charles 1822-1872 Escaliers du Marché 9, 1825, Grand-Saint-Jean 9 – bains et douches de vapeur, achète vieux métaux, antiquités, ferraille, plombier ; appareils de chasse.

Habegger, Pierre 1829-1830 Rue du Pré 11 – pompes à feu type Schenk, mécanique, plombier ; instruments de chirurgie et de mathématiques, paratonnerres.

Joseph, Auguste 1830-1849 Petit-Sain-Jean 15 – plombier ; ancien contremaître chez Blanc.

Ravessoud 1830 Rue du Pré – cloches de 20 livres.

Pache, Louis 1832 Grand-Saint-Jean 16 – plombier ; ancien contremaître chez Blanc.

Ney, Louis 1820-1853 – serrurier.

Ney, Isaac-Louis 1853-1858 – serrurier.

 

Les potiers ou fondeurs d’étain se satisfont de feux plus modestes, puisque l’étain fond à 232 degrés. Le rachat des pièces détériorées joue un grand rôle dans leur ravitaillement en matière première. Ils moulent des pots, des channes, des plats et des bassins. En 1800, Frédéric Reuchlin vante tout spécialement ses nouveaux chauffe-pieds utilisables en chambre, en voiture et au lit, ainsi que ses réchauds pour la table. Antoine Zanoni, qui semble vouloir regagner l’Italie en 1828, se spécialise par la suite dans la ferblanterie de ménage et la pose de vitres, tandis que son associé Domenighetti continue à couler des cuillers et à étamer des casseroles. La dynastie des Lacombe semble plus industrieuse. Dans son atelier et magasin du Grand-Saint-Jean, Louis Lacombe, outre les articles traditionnels, offre des jouets, qui ne sont pas tous de sa confection : les soldats d’étain sont importés. En 1822, il confectionne en série des pots, demi-pots, et quarts de pots à la nouvelle mesure. Philippe Lacombe, qui, de retour de l’étranger, reprend l’entreprise de son oncle en 1828, ajoute à sa production des « bouteilles de lit ». Associé à l’un de ses frères, il agrandit atelier et magasin, vend aussi la ferblanterie, achète tous vieux métaux, y compris la fonte. Les frères Lacombe possèdent un second atelier, à Genève, rue de la Monnaie. Ils se lancent dans la fabrication de robinet de tonneaux en métal blanc (alliage d’étain et d’antimoine), les perfectionnent d’année en année, les rendent capable de résister à la pression des vins mousseux. Un autre Lacombe, Louis (II), s’est installé à la Madeleine ; il s’intéresse aussi au métal anglais. Mais leurs efforts d’adaptation au monde nouveau n’empêchent pas le déclin de leur art, que concurrence toujours plus dangereusement la production massive et bon marché des bouteilles de verre.

 

GTell,

Deux cents ans de vie et d’Histoire Vaudoises,

 

 

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