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27 décembre 2014 6 27 /12 /décembre /2014 17:02

 

   À l’instigation de La Harpe, le Directoire fit alors occuper militairement les vallées de Moûtier et de St-Imier, Bienne et la montagne de Diesse. Berne se contenta de lever quelques troupes, promptement licenciées ; ses Confédérés, s’en tenant à la lettre des traités, ergotaient sur les mesures à prendre pour lui venir en aide. En outre, et toujours à la demande de La Harpe, le Directoire promit sa protection aux Vaudois qui venaient de lui adresser une requête.

 

   Toutes ces menées étaient tenues aussi secrètes que possible. Il ne manquait toutefois pas d’hommes qui se méfiaient des intentions de la France et qui avertirent les Suisses ; c’étaient, entre autres, le publiciste silésien Ebel et notre grand historien Jean de Müller. Mais la Diète, qui venait de se réunir à Aarau (26 déc. 1797-31 janv. 1798), présentait l’image de la torpeur et de l’irrésolution, Bâle et Glaris proposèrent de renouveler l’alliance avec la France ; on y renonça parce qu’on craignit que le Directoire ne posât, comme condition préalable, l’adoption du système représentatif. La Diète se contenta donc de procéder, en grande pompe, et avec force beaux discours, au renouvellement des anciennes alliances fédérales (25 janvier). L’égoïsme et l’impuissance éclataient au grand jour.


   La ville, les « patriotes » vaudois avaient proclamé la «République lémanique » et consommé leur rupture avec Berne. Peu avant et peu après, l’ancien régime prit fin à Bâle, à Lucerne, à Fribourg, à Zurich, en Thurgovie, en Argovie, à Soleure, à Schaffhouse, dans le Toggenbourg, dans le Bas-Valais. Ici, les gouvernements avaient pris l’initiative de réformes totales ; là, des révolutionnaires avaient imposé un nouvel ordre de choses ; les pays sujets étaient affranchis et, tout au moins, le principe de la souveraineté avait été reconnu.


   C’est au Pays de Vaud que les événements avaient pris le tour le plus tragique. Le général français Ménard, posté à la frontière vaudoise avec sa division, ne devait agir que si Berne s’opposait par la force à la libération des Vaudois. Le 25 janvier, il fit sommer le colonel de Weiss, commandant du corps d’occupation bernois, d’évacuer sans délai le territoire vaudois. L’adjudant, porteur du message de Ménard, arriva tard dans la soirée au village de Thierrens (près de Moudon), qui était resté en majorité fidèle à Leurs Excellences. Une patrouille du village, qui cherchait à prévenir une surprise des « patriotes », se heurta à l’escorte de l’adjudant. Un hussard ayant frappé un vaudois d’un coup de sabre, la patrouille fit feu et tua deux hussards. Ménard y vit une provocation de Berne, n’accepta ni explications, ni réparations, et entra le 28 janvier à Lausanne. Pour le récompenser de son intervention, les Vaudois durent consentir à un emprunt forcé de 700.000 francs et lever un corps auxiliaire de 4000 hommes.


   L’incident de Thierrens eut pour la Suisse les pires conséquences. Bien que le Directoire eût remplacé Ménard par Brune en lui donnant les mêmes instructions, il se décida finalement au mois de février, en raison de la situation internationale, à intervenir directement contre Berne et à régler au plus vite les affaires de Suisse.


Le début de la fin… 

 

Guillaume_Marie-Anne_Brune.jpgGuillaume Marie-Anne Brune

 

derniers-jours-de-l-ancienne-Berne--representation-de-la-b.jpgderniers jours de l'ancienne Berne, représentation de la bataille Grauholz par Walthard

 

GTell, Histoire de la Suisse, L. Suter et G. Castella

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