Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rechercher Un Mot

Articles Récents

Liens

11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 17:49

   À Lausanne séjournent non seulement les étudiants réformés que leurs parents envoient dans une ville académique vertueuse, mais aussi de nombreux étrangers qui viennent passer quelques mois dans un pays paisible et salubre. La ville ne manque ni d’auberges, ni d’hôtels. Ainsi l’Auberge du Guillaume Tell, en Martheray, sur la grande route de Berne, avec douze chambres à coucher, deux salles, une bonne fontaine dans la cuisine ; une écurie pour quarante chevaux avec fontaine ; un fenil capable de contenir trente chars de foin.

   Les hôtels, ceux du Faucon ou du Lyon d’Or, ont plus noble allure. Les étrangers qui séjournent longuement préfèrent prendre pension dans une famille bourgeoise, ou louer un appartement en ville, les plus fortunés, une maison de campagne. Des traiteurs préparent au besoin leurs repas ou leurs réceptions ; des cafés et des billards les attendent. Celui de la rue Saint-Pierre (au N° 21) « est établi dans une belle salle à cheminée, ayant une vue superbe ». Le billard, neuf, est éclairé par deux lampes « à l’Argand ». La partie ne coûte que trois kreutzer de nuit et deux de jour. « On y trouvera à contentement les vins et les liqueurs que l’on peut désirer… ».

   Les hôtes qui s’arrêtent plusieurs mois, sinon plusieurs années, se mêlent intimement à la vie locale. Le souci de leur ménage les met en contact avec les marchands et les artisans. Pour acquitter leurs dettes, ils annoncent leur départ dans la Feuille d’Avis : « Mesdames Dunsford, maison Grenier-de Loys, étant dans l’intention de quitter Lausanne sous peu, préviennent les personnes auxquelles elles pourroient devoir, à quel titre que ce soit, de fournir leurs comptes avant le 20 de ce mois ; passé ce terme, elles se prévaudront de leur avis ». « Les personnes qui ont des comptes à régler avec la princesse Dolgorouki, sont priées de se présenter chez elle, campagne Emery, ou à Montolivet, dans le courant du mois ».

   Les artisans et commerçants de la place soignent une clientèle qu’ils espèrent généreuse. Les loueurs d’appartements, les vendeurs de chevaux, les voituriers insèrent de temps à autre des annonces en anglais. Le traiteur-confiseur Jeantellet le fait aussi pour attirer l’attention sur ses pâtés froids et sur ses pâtés de Noël à la mode anglaise est tout indiquée : « Mrs Demartines, a widow, mantua (mantes) and stays (corsets) maker having had the honour of working for many English families at their full satisfaction. Apply N. 21 St. Peter, near the Falcon Hotel ».

   Une partie des visiteurs étrangers vient passer l’hiver à l’abri des frimas des plaines allemandes ou russes ou loin des brouillards des îles Britanniques. Ce sont ceux que nous voyons demander leur compte au début du printemps.

   D’autres désirent au contraire jouir du charme de l’été et des bains du lac. Cet attrait des plages d’Ouchy ou de Vidy n’a pas été relevé à notre connaissance. En 1793, on offre à louer une maison « neuve, très agréablement située pour prendre les bains du lac, près de la grande route, et à demi-lieue de Lausanne » ; en 1801, à Ouchy, « un appartement pour les bains, par mois ou par année » ; en 1818, « un appartement de quatre pièces, meublé ou non, et une petite maison dans le lac pour bains de Dames ». En juin 1835, le sieur Ruchonnet, à Cour, ouvre même une pinte temporaire » sur le chemin des bains des femmes », sans doute pour calmer l’impatience des messieurs…

 

GTell, Deux cents ans de vie et d’Histoire Vaudoises

Partager cet article

Repost 0

commentaires