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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 15:45

 

 

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Le petit livre trouvé sur le marché de l’occasion, édité par « 24 Heures à Lausanne en 1980, nous parle du parler et surtout du vocabulaire utilisé par le Vaudois. À la lecture, je me rends compte que ces mots, pour beaucoup sont connus des fribourgeois, des genevois, bref des voisins des vaudois. C’est normal que cela soit ainsi, une frontière ne peut être imperméable aux mots.

À tel point qu’à distance, on utilise aussi nos mots, si ce sont bien les nôtres. Pour exemple je relève un chapitre du livre :

 

On dit « cayon » à Lyon et « appondre » dans le Dauphiné


   Il convient de remarquer que nos vaudoisismes se retrouvent souvent en Bourgogne, en Savoie ou en Franche-Comté. Et plus loin aussi. À Lyon on dit cayon et clédar, verchères pour domaines donnés en dot à des filles. Dans le Dauphiné vous entendez appondre et dépondre. Les Bourguignons appellent brâme une vache qui n’a pas encore eu de veau ; chez nous, une brâme est femme gémissante, qui soupire et laisse deviner ses désirs. Des histoires genre sornettes ou fariboles sont aussi chez nos voisins des gandoises. Des deux côtés du Jura on s’égrafigne pour s’égratigne.


   Mais en avoir une puissante est bien vaudois, comme les trois manières de dire oui, selon Paul Burdry : oui, oué, ouais, et le ouais signifie non ! On connait l’histoire de Gilles. Une paroisse de la Côte avait perdu son pasteur. Le syndic se dévoue pour aller entendre un jeune ministre. Le conseil de paroisse l’attend au Major-Davel. « Alors, syndic, ce pasteur, votre impression ? » Le magistrat hésite, puis répond seulement : « Ouais. » Puis il se tortille, se frotte la nuque, lève les yeux au ciel, et conclut : « J’en ai déjà trop dit. »


   Enfin si nous cherchons des similitudes en Belgique, on y numérote par septante et nonante, et non à la celtique par vingt, on y appelle régent un enseignant, on y dine à midi, on y soupe le soir, et le déjeuner se prend au lever, comme son nom l’indique, puisque « disjunare » c’est rompre le jeûne.


   Ce vaudois, héritier du patois, est riche aussi en germanismes. Nos pièces, petits gâteaux, sont des Stöckeli, nos bonbons acidulés des tablettes (Taeffeli). Nous avons comme nos Confédérés des chambres à manger (Esszimmer) et des chambres de bains (Badzimmer), des soutasses (Untertasse). Nos jours de semaines (Wochentag) sont plus juste que les jours d’œuvre, aujourd’hui que les jours de travail diminuent.


   Bien entendu les vaudoisismes sont souvent des romandismes, des suissismes, des helvétismes. Nous subissons l’influence de nos voisins et des échanges s’effectuent. À Nyon, les locutions genevoises se remarquent ; à Faoug les tournures bernoises, et à Cudrefin on dit qué et on va faire un clopet, comme à Neuchâtel. Mais nous gardons la drâche, le taillé aux greubons. Nos gratte-à-cul ont plus de vitamines que tous les cynorrhodons du monde. Nos pives sont plus à nous que des cônes de sapin, nos biscômes que des pains d’épices et nos rebibes valent des copeaux. Les dictionnaires de Paris ont adopté chalet et armailli, sinon le résiné, les tommes ou les bricelets.

 

Voilà pour un début. Suivra un glossaire de mots utilisés autrefois et encore de nos jours pour certains.

 

GTell, Le Langage des Vaudois.

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Published by G.Tell - dans curiosités
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