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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 17:32

 

 

   C’est dans la théorie du marxisme que Lénine trouva réponse aux questions qui le préoccupaient. En méditant sur le contenu du Capital dans son application aux conditions sociales et économiques de la Russie et aux tâches de son mouvement ouvrier, il aperçut clairement l’immense force latente de la classe ouvrière. Lénine était dès lors convaincu que ni l’autocratie tsariste ni le pouvoir des capitalistes ne tiendraient devant cette force. En août 1893, Lénine se rendit à Pétersbourg. L’action qu’il y poursuivit joua un rôle décisif dans sa formation comme chef du prolétariat révolutionnaire. C’est encore à Pétersbourg qu’il passe brillamment en 1891 ses examens à la Faculté de droit de l’Université.

   La venue de Lénine à Genève en 1895 et sa rencontre avec Plekhanov symbolisaient la continuité historique des idées sociales d’avant-garde. Les premiers sociaux-démocrates russes prenaient encore le relais des tenants de la démocratie révolutionnaire des années 60-70 et 80. Grâce à Lénine, le groupe « Libération du Travail », longtemps isolé du mouvement social-démocrate russe, établit des liens étroits avec la Russie.

   Vladimir Ilitch revint à Genève pour la seconde fois en 1900 et y passa, avec des intervalles, près de quatre ans. Là où se trouvait Lénine était aussi la base du parti à l’étranger. Il en fut ainsi depuis la création du journal marxiste panrusse Iskra (l’Etincelle) et jusqu’au début d’avril 1917. « Un parti, écrivait Lénine en 1910, qui travaille dans les conditions qui sont les nôtres a forcément, nécessairement besoin d’avoir une base à l’étranger. »

   Les années passées par Lénine à Genève se situent dans le cadre de son action de créateur et de guide du Parti communiste, de chef du mouvement ouvrier de Russie, dans le cadre de son combat intransigeant et de principe contre le révisionnisme et l’opportunisme, du développement de la théorie marxiste. C’est en Suisse que Lénine publia Les tâches des sociaux-démocrates russes, Un pas en avant, deux pas en arrière, Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique, qui posèrent les bases idéologiques, organisationnelles et tactiques du parti d’un type nouveau, assumant un lien indestructible entre la théorie et la pratique, réunissant le plus grand esprit de principe à la souplesse, d’un parti intransigeant envers l’opportunisme sous toutes ses formes. C’est là aussi que Lénine rédigea son principal ouvrage philosophique Matérialisme et empiriocriticisme. Ce fut une période caractérisée par la victoire du marxisme en tant qu’idéologie du mouvement ouvrier international et par la transformation de la Russie en centre de l’action révolutionnaire mondiale.

   Lénine passa à Berne et Zurich les années de la Première Guerre mondiale. Les bolcheviks russes conduits par Lénine accomplirent alors un exploit impérissable. Dans les conditions terriblement difficiles de la guerre, du délire chauvin et de la trahison des leaders de la IIe Internationale, ils entraînèrent des millions d’ouvriers et de paysans dans un combat héroïque contre l’impérialisme et les responsables de la guerre criminelle. L’activité bouillonnante de Lénine à cette époque est caractérisée par l’organisation des forces du parti, l’application de nouveaux mots d’ordre tactiques du parti et le ralliement du mouvement ouvrier autour de ces mots d’ordre, la lutte pour la cohésion internationale du prolétariat de tous les pays.

   En Suisse, Lénine a écrit L’impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916), La faillite de la IIe Internationale (mai-juin 1915), Le socialisme et la guerre (juillet-août 1915), De la défaite de son propre gouvernement dans la guerre impérialiste (juillet 1915), A propos du mot d’ordre des Etats-Unis d’Europe (août 1915), etc.

   Les dernières deux années et demie que Lénine passa à l’étranger furent particulièrement pénibles. La guerre avait rompu bien des liaisons. L’atmosphère de l’émigration et l’éloignement de la Russie étaient ressentis de façon particulièrement douloureuse. A la différence des années vécues autrefois à l’étranger, Lénine n’avait plus en temps de guerre, comme émigré politique, la liberté de se déplacer, il était dans la plus grande gêne, éprouvait de grandes difficultés à publier ses œuvres à cause de la censure et de la perte de ses contacts avec les éditeurs. La vie difficile de cette époque était aggravée par les filatures policières. Il fallait se cacher tout le temps. L’énergie, le courage et la persévérance immense permirent à Lénine de triompher de toutes les difficultés de l’exil et de continuer à travailler avec succès pour assurer la victoire de la révolution en Russie, tâche de toute sa vie.

   Plus d’un demi-siècle s’est écoulé depuis que Lénine et ses compagnons quittèrent la Suisse (1971). Mais ce pays ne l’a pas oublié. On y trouve encore aujourd’hui des hommes qui ont personnellement connu Lénine et les souvenirs qui le concernent passent de génération en génération.

   Le sculpteur Paul Beau a évoqué dans un bas-relief qui se trouve sur la tour du Molard l’hospitalité de la ville qui accueillit les émigrés de nombreux pays. Ce bas-relief qui porte en légende « Genève, ville des exilés » représente la cité helvétique sous les traits d’une femme qui tend les bras vers les exilés.

   Des Suisses ont écrit les premiers livres sur la vie et l’action de Lénine dans leur pays. On ressent une profonde gratitude pour les plaques commémoratives fixées sur les maisons où a vécu Lénine à Zurich et à Genève.

   Un progressiste, quel que soit le pays d’où il vient, cherche, en arrivant en Suisse, à visiter les lieux qui évoquent le séjour de ce grand homme, penseur et homme d’Etat génial. Les auteurs de cette publication visitèrent tous les lieux historiques, parcoururent les rues des villes et les rues des villages suisses qui évoquent le nom de Lénine. Les villes et les rues que Lénine a connus se sont modernisées depuis, parfois certaines rues ont changé de nom, les numéros des immeubles ont été modifiés, beaucoup de vieilles maisons ont été rasées pour faire place à de nouveaux édifices. Mais beaucoup d’endroits qui évoquent le souvenir de Lénine sont restés tels quels, il s’agit de faubourgs et de quartiers ouvriers qui ont peu changé. Les appartements où Lénine a vécu, travaillé, s’est reposé en Suisse avec sa famille, les maisons où se trouvaient les éditions et les rédactions de la presse bolchévique, les bibliothèques où Lénine travaillait, les endroits où il a pris la parole ou rencontré des représentants de la social-démocratie internationale, des ouvriers ou des amis intimes, enrichissent l’image que l’on se fait de la vie de Lénine, de ses rapports humains, de ses goûts et de ses habitudes, des traits de son caractère, et témoignent des liens indestructibles de sa vie personnelle et de son action révolutionnaire.

   Notre travail est consacré aux principaux endroits où Lénine a vécu en Suisse et relate ce que nous avons vu de nos propres yeux, découvert dans les archives ou puisé dans les entretiens avec ceux qui ont personnellement connu Vladimir Ilitch Lénine.

 

GTell, « Séjours de Lénine en Suisse » publié par les Editions Novosti, à Moscou

 

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