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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 15:06

…La société nouvelle remet les bâtiments à neuf. Elle augmente le nombre des chambres de bains, y joint une « chambre pour douches descendantes et ascendantes », puis en août des « bains de fumigation ». L’année suivante, les propriétaires disposent d’un char « de côté » couvert qui s’en va chercher les clients à leur domicile. Le transport est gratuit. Seule dépense : le pourboire du cocher. Dès 1824, les bains sont ouverts toute l’année. Dans la saison froide, les chambres de bains sont chauffées. « On y trouve également de bonnes chambres chaudes et des chambres proprement meublées pour les pensionnaires ». Les propriétaires portent en outre les bains chauds à domicile, selon une mode allemande que Paris a adoptée en 1819. Pour attirer plus sûrement la clientèle, un vivier est installé, qui assure des poissons toujours frais. En 1830, on y propose en été des bains froids, à moitié prix. Mais il semble que dès cette date, ils aient de la peine à subsister. Racheté en 1832 par Charles Delévant, ils se retrouvent en vente en 1833. Le bâtiment des bains, nous apprend l’offre de vente, comprend six chambres au rez-de-chaussée pour l’usage des baigneurs, une cave et un caveau ; au premier étage, cinq chambres et une cuisine, avec une chaudière pour deux mille pots (environ trois mille litres). A l’étage supérieur, sept chambres indépendantes et deux cuisines, pour les pensionnaires. Ces bains sont, dit l’annonce, « avantageusement connus et extrêmement fréquentés ; …leurs eaux, appréciées par les hommes de l’art, se recommandent par une qualité légèrement minérale. Chaque chambre de bains est pourvue d’une baignoire doublée en zinc, de tuyaux de plomb en bon état et de tout le mobilier nécessaire. Deux sources permanentes versent leurs eaux dans des réservoirs taillés dans du roc, et servent soit à alimenter la fontaine, soit à fournir l’eau nécessaire pour le service des bains ». en 1834, l’entreprise promet de l’eau chaude à toute heure, et coule des lessives, opération qui dure six heures, grâce à la vapeur. Pour lutter contre la concurrence, elle organise un service de « ventouseurs ». les douches sont données avec « différentes eaux minérales ». Mais à la fin de l’année, l’établissement est de nouveau à louer. Il est ouvert encore en 1849.

   Le Vallon de la Louve possède aussi ses bains, au Boverat, sous l’actuel palais de Rumine. En 1800, ils sont tenus par Siméon Doy, maître de musique, et par son épouse ; en 1801 par sa veuve. Ils s’ouvrent chaque printemps jusqu’en 1837.

   La maison comprend deux étages divisés en plusieurs appartements, et un rez-de-chaussée avec les bains, une traiterie* et un billard. Elle est entourée d’une cour avec fontaine, d’un jardin, d’une terrasse et d’autres dépendances. En 1835, lorsque l’hoirie de Louis Bocion la met en vente, elle déclare « le tout très achalandé ».

   Hors de la ville, mais encore sur le territoire communal, d’autres établissements se créent, celui de l’Hôtel de l’Ancre à Ouchy, en 1830, celui que Louis Delédevant installe en 1833 sur sa campagne du Dévin à Chailly.

   A partir de 1834, la Maison de Santé offre elle aussi ses bains au public : prix, trois batz pour le bain simple, huit à douze batz « pour la ventouse. Les hommes sont soignés et ventousés par le directeur des bains (Louis Odoz) et les femmes par son épouse. Les deux déjà connus et expérimentés dans les soins à donner aux malades ». le 30 septembre de la même année, la découverte d’une seconde source assure une eau abondante, un débit toujours suffisant ; les bains sont ouverts toute l’année. Même l’Hôtel du Lyon d’Or à la rue de Bourg met ses bains chauds à la disposition du public, offre de les porter à domicile, et en 1834, les fournit à l’abonnement.

   Si les bains du Vallon insistent sur la qualité minérale de leurs eaux, les autres établissements apparaissent de plus en plus comme des institutions assurant l’hygiène et la propreté des habitants. Ainsi ces nouveaux bains de la Riponne, construits en 1836, composés d’un salon d’attente, d’un vestibule d’entrée, d’une loge et de dix chambrettes contenant onze baignoires, ouverts de 6 heures du matin à 10 heures du soir.


*traiterie. Si vous savez ce que sait… pour mes recherches sur Internet, j’ai trouvé dans un vieux dictionnaire de français : le Van Daele la signification suivante du mot : Traitier (tractare), va. Orth. traictier ; va. : traiter, s’occuper de – manier, soigner, traiter (= parler de) [un sujet] – gouverner, conduire, traîner, traduire en justice – tirer, susciter – un. : tr. de = traiter de.

D’autre part, dans Rapport au Grand-Conseil du canton de Vaud par la Commission chargée de l’examen du projet de loi sur l’établissement des auberges, cabarets, cafés, traiteries et pintes. SESSION DE MAI 1840. Aucun hôtel ou auberge, cabaret ou auberge à traiterie ou restaurant, café, pinte ou autre établissement analogue, destiné à la vente en détail des boissons, ne peut exister qu’en vertu d’une concession accordée par le Conseil d’Etat.

J’en déduis qu’une TRAITERIE est une maison de soins où il y a aussi un débit de boissons.

 

GTell, Deux cents ans de vie et d’Histoire Vaudoises

 

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