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24 novembre 2013 7 24 /11 /novembre /2013 16:13

 

Souvenirs

Dédiés aux membres de l’Amicale

Des Diables-Verts

Fondée le 21 octobre 1945

Colonel EMG Henri Noël

 

Quelques mots sur le capitaine Paul WOLF.

 

Incorporé à la cp. Mitr. Mont. IV/15, c’est à l’occasion du cours de répétition d’août 1931 que j’eus l’honneur de servir pour la première fois comme chef de section au Rgt. inf. mont. 7 que l’on appelait alors le « Régiment de Fribourg ». Devenu, cette année-là, troupe de montagne, il commençait son rude apprentissage de la vie alpine. Indépendamment des moments pittoresques et inoubliables de cet entraînement en montagne de 1931 à 1939, je garde plus spécialement de cette période le souvenir de commandants de compagnie qui se distinguaient par leur originalité, leur franc-parler, la manière d’exercer leur commandement et que l’on citait en exemples. Je pense en particulier, à un capitaine Francis JAEGER à la I/14 ; à un capitaine Hans MUHEIM à la III/15 et, surtout, à un capitaine Paul WOLF à la cp. Mitr. Mont. IV/16. À ces unités incombait presque toujours l’accomplissement de missions plus difficiles dans certains combats en montagne au cours de nos manœuvres d’avant-guerre.

  Aussi, ce n’est pas sans quelque appréhension que le 1er janvier 1939 je reprenais du capitaine WOLF, promu à l’Etat-Major Général, le commandement de la compagnie. C’était une unité profondément marquée par le chef qui la quittait et qui lui avait inculqué un esprit bien particulier pour en faire un instrument de combat de première force, prêt à exécuter les missions les plus difficiles.

  Devant ce chef compétent, possédant la maîtrise de soi, qui était tout à ses subordonnés qu’il avait charge de conduire et de guider, chacun était hypnotisé par son regard, fasciné par les muscles de son visage, imprégné d’un sentiment de sécurité qui se dégageait de toute sa personne. Et, chacun de poursuivre un but commun : consacrer à sa tâche le meilleur de lui-même.

 

Diables-Verts, Cap. Paul WOLF

 

De tout ce qu’il donnait à sa IV/16, Paul WOLF ne recherchait qu’une seule récompense : le regard de ses hommes.

 

L’effectif de la cp. Était de 247 hommes, se décomposant en 7 officiers, 27 sous-officiers et 213 soldats. L’effectif des chevaux était de 2 ch. De selle et 90 ch. De trait.

 

Je fais l’impasse sur la mobilisation générale du 1er septembre 1939, avec les élans patriotiques et religieux, pour mettre en évidence les premiers mouvements de la compagnie, qui semble divaguer sur le Plateau et le pied du Jura, un paradoxe pour une compagnie de montagne. Le capitaine dispose d’une voiture, celle du soldat mitrailleur Louis MAURON qui servira beaucoup dans un premier temps, sinon la compagnie fait les déplacements d’un stationnement à un autre, à pied et occasionnellement en train.

Je mets en évidence ces déplacements qui sont souvent fait dans de mauvaises conditions météo. Cependant, je relève l’anecdote suivante lors du premier stationnement à la Robellaz-Esertines.


Je laisse la parole au Capitaine.


« L’état de préparation de la IV/16 fit ainsi de très rapides progrès. Mais on constata aussi que la compagnie s’était mis une grosse servitude sur le dos : celle du transport d’un wagon de plaques de chocolat ! Cela mérite une explication. Avant notre départ de Fribourg, le capitaine de BREMOND, cdt. De la I/16, m’aborda et me tint à peu près ce langage : « On ne sait pas où l’on va et ce qui nous arriver. Il faut nous assurer un ravitaillement de secours pour nos deux compagnies. J’achète un wagon de bouteilles de vin et tu achètes un wagon de plaques de chocolat. On se répartira ces marchandises au fur et à mesure des besoins ». Et, un wagon de la fabrique de chocolat VILLARS était le 6 septembre en gare d’Yverdon à l’adresse de la IV/16 ! Si le vin allait s’écouler assez rapidement dans les stationnements où il n’y avait pas de pinte, il en alla tout autrement pour épuiser le stock de chocolat. Pendant deux ans, le fourrier s’arrachait les cheveux à chaque changement de stationnement. »

 

GTell, Colonel EMG Henri Noël

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