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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 17:21

 

Pas si facile...

 

   Dans le district de Canta Gallo, les Suisses éprouvent de telles difficultés qu’une association philanthropique se constitue en leur faveur en 1821. Pierre Schmidtmeyer, qui en est la cheville ouvrière, décrit, dans un rapport daté de Rio de Janeiro, 29 juin 1821, les malheurs qu’éprouvent ses compatriotes. (Selon les termes du capitulaire, ils ne sont plus citoyens suisses.)

 

   La quantité, la qualité, et la situation du terrain destiné aux colons, étaient les objets les plus intéressants pour eux : c’était là la base de toutes leurs espérances pour exercer avec fruit leur travail et leur industrie et pouvoir ensuite au bien-être au moins d’une première génération : il arrive maintenant que la quantité donnée n’est pas équivalente à l’entreprise, et à ce qu’ils pouvaient attendre ; que la qualité est d’un résultat encore douteux, et que la situation est défavorable à la culture des principales production de ces contrées, et au transport du superflu de leurs récoltes. L’on m’a informé qu’il y avait beaucoup de terrain de Sa Majesté attenant à celui des colons, et il faut espérer que les propriétés seront dans la suite augmentées, et rendues plus égales en valeur. Le Gouvernement voudra bien sans doute faire mesurer incessamment et borner les possessions de chacun d’eux, ce qui n’a point encore été fait.

   Quoique les colons fussent déjà arrivés à la colonie depuis novembre 1819, jusque en février 1820, ce ne fut cependant que le 23 avril suivant que les portions furent tirées au sort, et en juin, que l’on commença les chemins qui ne furent achevés qu’en décembre ou janvier suivant ; et les Suisses furent donc obligés de rester dans leurs villes et villages jusqu’à ce qu’ils puissent aller se fixer sur leurs fermes, usant leurs outils, leurs vêtements et leur temps à faire ces chemins, d’abord dans la vallée, et de là à leurs fermes ; ils furent aussi employés à construire des ponts, et on ne leur délivra que quelques pioches qui leur furent ensuite reprises.

   Quelques-uns purent connaître exactement l’endroit où leur petit domaine est situé, mais la plupart n’en savent encore rien, les subdivisions n’étant point faites, et à travers des bois aussi touffus, dans une situation qui ne consiste que de collines et de ravins, elles seront un ouvrage considérable : les propriétaires ne pouvant point connaître encore la situation réelle de leurs terres, il en résulte un surcroît d’inconvénient et de découragement ; car il est déjà arrivé qu’après avoir bâti leurs maisons, et défriché là où ils jugeaient avoir droit de le faire, ils ont été obligés de céder à leurs voisins leur défrichement et leur habitation. On dit maintenant aux colons de faire subdiviser les propriétés à leurs frais ; mais comment des gens réduits à une extrême indigence, et à la nécessité d’un travail pénible et sans relâche, peuvent-ils le quitter pour un ouvrage considérable, qu’ils ne sauraient entreprendre sans l’aide de gens expérimentés, qu’ils ne sont point en état de payer, et dont le résultat sera peut-être que plusieurs devront abandonner leurs défrichements et demeures actuelles, et leurs dernières ressources. On voit par ce qui précède qu’un grand nombre de colons ont dû consumer leurs subsides dans les villes et les villages sans pouvoir se transporter sur leurs fermes ; les uns pendant près d’un an, et les autres plus ou moins selon l’époque de leur arrivée au Brésil ; pendant ce temps-là, il s’ouvrit, fort malheureusement pour eux, un grand nombre de boutiques et de cabarets ; et, au lieu de conseiller aux Suisses d’économiser une partie de leurs subsides, on les invita et les encouragea à les boire et manger. Je dois dire ici que des informations, que je crois exactes, me persuadent que les autorités supérieures se sont opposées à des représentations faites et des mesures proposées par plusieurs Suisses de la colonie, afin de prévenir et empêcher ce qui pouvait nuire à l’industrie et aux bonnes mœurs des colons, et qu’ils ont été exposés, surtout depuis l’époque de leur indigence, à des humiliations, qui ne s’accordent pas avec l’hospitalité et la bienveillance qui leur ont été promise, et à plusieurs égards témoignées.

 

 

*Aujourd’hui, Cantagalo

 

800px-Flag_of_Nova_Friburgo.pngdrapeau Nova Friburgo

 

GTell, Internet, Documents d'Histoire Suisse.

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