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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 17:05

Historique

 

Il faut remonter jusqu’au milieu du dix-septième siècle pour trouver l’origine des Moulins du Col-des-Roches, qui resteront en activité pendant plus de deux cents ans.

 

Vers 1650, un citoyen loclois entreprenant, le lieutenant JONAS SANDOZ, receveur des Montagnes du comté de Valangin, obtient du Prince de Neuchâtel l’autorisation d’établir 6 rouages en ces lieux, ainsi qu’une concession perpétuelle. Son idée, autant ingénieuse qu’audacieuse, consiste à transformer la grotte-perte en une succession de moulins souterrains superposés.

 

Jonas Sandoz aménage les failles, seule issue dans laquelle s’engouffre le Bied qui draine toutes les eaux de surface de la vallée du Locle :

 

-          Il perce dans le roc un canal d’accès afin de mieux profiter de la puissance des eaux qu’il dirigera sur ses rouages.

-          Il agrandit les excavations naturelles pour y fixer roues et meules.

 

-          Il taille, entre les 3 puits ainsi formés, 3 aqueducs afin que les mêmes eaux fassent tourner successivement tous les rouages placés les uns au-dessous des autres.

 

-          Il ouvre 3 galeries de contrôle et d’accès aux paliers inférieurs, dont les marches de pierre nous permettent encore aujourd’hui de descendre jusqu’à plus de 30 mètres sous terre.

 

-          Enfin, il bâtit une maison adossée aux rochers et qui masque la grotte.

 

En 1663, le gouverneur de la Principauté de Neuchâtel est satisfait au point de lui accorder « l’autorisation de construire tel harnais et engins qu’il trouvera à propos, vu le grand travail et les grands frais qu’il a fait pour la construction des rouages ».

Cette même année, la « Description de la frontière des Montagnes de Valangin » par Abraham Robert et Benoît de la Tour, cite « au Cul-des-Roches, les moulins du sieur moderne receveur Sandoz ».

 

En 1682,comme il a découvert une mine de fer au Mont Sassel (Fleurier), Jonas Sandoz fait bâtir des forges à Noiraigue pour exploiter ce minerai …

 

En 1692,son fils, Daniel Sandoz, doit vendre ses moulins du Col-des-Roches, car d’importants créanciers de Genève et même de Lyon réclament leur dû pour travaux effectués dans ces grottes … déjà célèbres, puisque la « Description de la Principauté » … d’Amiest, paraissant la même année, affirme qu’ « au midi du Locle, il y a des moulins au pied d’un rocher qui passent pour une merveille de la nature et de l’art ».

C’est Josué Claudot Billon, orfèvre à Genève, mais originaire des Brenets, qui rachète les bâtiments et rouages construits « dans la roche aussi et tournant avec un cours d’eau ».

 

En 1694, paraît la carte de la Souveraineté de Neuchâtel et Valangin de Merveilleux. L’auteur signale la présence de ces moulins souterrains tout en exagérant leur profondeur.

 

En 1706, Josué Claudot Billon revend ses moulins au Justicier Abram du Bois du Locle. C’est à cette époque que l’historien Jonas Boyre décrit les moulins bâtis dans le rocher au Locle, « lieu très obscurs… il n’y a que les meuniers qui y sachent facilement descendre les grains et en remonter les farines. C’est une curiosité pour les étrangers de visiter ces moulins ».

 

En 1763, les moulins du Col-des-Roches sont amodiés (loués) à Jacques Grojean.

 

En 1765, une DESCRIPTION DES MONTAGNES parle du « moulin aux trois rouages qui tournent les uns sur les autres », tandis que « l’eau se perd ensuite dans le fond d’un abîme ; les meuniers sont les frères Robert ».

 

En 1766, le Banneret Osterwald décrira, dans son célèbre « VOYAGE EN PAYS NEUCHÂTELOIS », ces « profondes demeures » dans lesquelles viennent des « étrangers curieux d’examiner une merveille de la nature et de l’art » ; il parle de 4 moulins et d’un battoir (ou rabate ; servant à écraser les fruits, le chanvre et le lin).

Entre 1782 et 1790, les moulins souterrains du Col-des-Roches sont si célèbres que, pratiquement chaque année, un visiteur de marque a laissé, dans une relation de voyage, quelques-unes de ses imoressions :

 

-          Meiners parle de 3 rouages affermis dans le roc et précise (en 1782 déjà) que le ruisseau « se précipite avec une vitesse effroyable dans l’abîme insondable, pourvu d’une grille ».

 

-          Mr. De Mayer est descendu dans ce gouffre en 1784 « affublé d’une jaquette, tenant une chandelle à la main ».

 

-          En 1785, Hentzi nomme le gouffre « la chaudière », qu’il dit « recouvert d’une forte grille en fer destinée à arrêter les corps étrangers ». il poursuit : « Si on a la tête bonne, on peut, par un escalier étroit et glissant, parcourir ces divers étages… en un voyage souterrain qui a quelque chose d’effrayant pour ceux qui l’entreprennent ».

 

-          Le pasteur Frêne parle en 1786 « d’un grand bâtiment, logis et moulins, ceux-ci placés l’un sous l’autre » et précise que « le meunier est un allemand qui tient bouchon » (aubergiste).

 

-          En 1788, c’est au tour du général espagnol Miranda de descendre en ces lieux où « il y a 3 moulins, chacun sur un plan différent ». il dut « se mouiller beaucoup pour voir le tout à l’intérieur ».

 

-          En 1789, Mr. Robert dans son « VOYAGE DANS LES XIII CANTONS SUISSES » exagère en disant que « le dernier rouage est à près de trois cents pieds de profondeur » ; cependant, il nous apprend que les rouages sont « employés tant à la mouture des grains qu’au sciage du bois ».

 

-          En 1790, le « VOYAGE D’UNE FRANCAISE EN SUISSE » parle bien « de 3 roues placées dans différents enfoncements de cet antre, dont l’aspect est majestueux. Des escaliers taillés dans le roc rendent ce voyage souterrain facile ; il ne s’y rencontre d’ailleurs aucune espèce de danger. Deux Moulins servent à la mouture des blés, le troisième au sciage des planches ».

 

GTGTell, la Confrérie des Moulins du Col-des-Roches

 

 

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Published by G.Tell - dans curiosités
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