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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 17:09

Cul-des-Roches.jpg

Carte de la Souveraineté de Neuchâtel et Valangin exécutée par De Merveilleux en 1694

 

Remarquez le nom du col, à l’époque : Cul de Roches.

 

En août-septembre 1833, le célèbre conteur danois Hans Christian ANDERSEN visite les moulins qu’il décrira d’une façon admirable dans l’un de ses romans :

 

« Juste au pied du rocher, il y a une petite maison. Oh ! je la vois si bien : toute blanche, peinte à la chaux, les cadres des fenêtres bleus…

Nous descendons un escalier, jusque dans les caves. Ici on trouve des sacs des coffres pleins de blé. Sous nos pieds nous entendons un grondement bizarre. Encore quelques marches et nous devons allumer la lampe, tant il fait sombre. Nous nous trouvons maintenant dans un moulin à eau, un moulin souterrain. Bien au-dessous du sol mugit un torrent ; personne, là-haut ne s’en doute ; l’eau tombe de plusieurs toises sur les roues bruissantes, qui tournent et menacent d’accrocher nos habits et de nous faire tourner avec elles. Les marches sur lesquelles nous nous trouvons, sont usées et humides ; des murs de pierre l’eau ruisselle, et, tout près, s’ouvre l’abime. Oh ! tu aimerais ce moulin comme moi je l’aime ! »

 

En 1836, Jean-Pierre Comtesse et le propriétaire des moulins où des transformations ont été effectuées. « L’ALBUM DE LA SUISSE PITTORESQUE » leur consacre une page entière. « Deux moulins ont été transportés depuis quelques années dans les bâtiments et il n’y a plus de battoir » (moulin à pilon) ; par contre, l’énergie du dernier puits est utilisée pour actionner en surface une scierie. Il a fallu creuser obliquement une galerie semi-naturelle qui fait communiquer la surface et le haut du puits ; le meunier y a ensuite fixé un arbre de transmission composé de 2 pièces de bois d’une longueur totale de 50 mètres !

 

En 1938, F. Caumont nous apprend, dans son « VOYAGE D’UN INSTITUTEUR AVEC SES ELEVES » qu’une fenêtre donne du jour à la première cavité, mais qu’il faut absolument des lampes pour aller voir les rouages. Il est impressionné par le mugissement de l’eau, par le bruit des roues et surtout par « les figures de spectres des garçons meuniers poudrés de farine de la tête aux pieds ».

 

En 1842, un maître-meunier loclois, Jean-Georges Eberlé, rachète les moulins et scieries et reconstruit à neuf le grand bâtiment, ainsi que la scierie. Cet homme énergique s’est adapté aux méthodes de son époque puisque le moulin Eberlé a trois étages sur rez-de-chaussée, ainsi que quatre logements. L’élévation du bâtiment permet l’installation de tout un système de bluterie pour tamiser la farine « sur le modèle des Grands Moulins de Serrières », système ingénieux qui fonctionne pendant plus de 40 ans. En 1870, Jean-Georges Eberlé étant décédé, la famille Eberlé conserve « l’usine du Col-des-Roches » comme on l’appelle dans de nombreux actes.

 

En 1851, le Messager Boiteux nous informe que « le fond de la vallée à l’extrémité de laquelle sont les moulins bien connus du Col-des-Roches, se couvre de jour en jour de nouvelles maisons. La route vient d’être ouverte, passant à travers les rochers par un tunnel de 100 mètres ».

 

En 1860, Andersen revient passer 15 jours au Locle ; il n’a pas oublié les moulins qu’il visite à nouveau.

 

En 1872, dans le « RAMEAU DE SAPIN », l’instituteur Clerc apporte d’intéressantes précisions : c’est en 1854 que la deuxième roue a été remplacée par une turbine. Le meunier a simplifié et modifié le mécanisme des rouages que font mouvoir 3 roues de 15 à 20 pieds de haut (5 à 6 m.) et de 4 à 4,5 pieds de large (environ 1,20 m.) ; les meules de silex provenant de la Ferté-sous-Jouarre (près de Paris) ont 1,30 m. de diamètre, et le fer a remplacé le bois dans tous les rouages. M. Clerc précise que « les 2 premières roues font mouvoir les moulins et la dernière la scierie ».

Cette même année, le meunier Matthey-Doret envisage de remplacer sa turbine qui dispose d’une chute de 12 m. L’année suivante, il est en pourparlers pour changer la grande roue du puits E4, qui donne environ 12 chevaux.

 

GTell, la Confrérie des Meuniers du Col-des-Roches

 

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Published by G.Tell - dans curiosités
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