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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 17:23

 

   Le même jour il mesure au pas les moraines laissées par le glacier du Rhône. Il résume ainsi ses observations :

   « L’extrémité inférieure du glacier était à 1408 pieds de la première moraine reconnaissable près des chalets de la montagne. A cette époque il y avait 9 moraines très distinctes. Plusieurs ont été formées à différentes reprises, c’est-à-dire qu’après avoir diminué pendant quelque temps, le glacier est revenu augmenter celles qu’il avait formées auparavant. Les distances entre une moraine et la suivante sont inégales, ainsi que leur grandeur respective, preuve que les époques de leur formation furent inégales, de même que le degré du refroidissement ».

 

   Dans le vallon d’Eginenthal, Venetz observe des moraines sur la rive droite, au couchant du village de Zumloch.

 

   On le voit, Venetz multiplie l’observation des moraines anciennes dans le voisinage des glaciers. Sa grande préoccupation est de répondre à la question posée par la SHSN.

 

   Voici les conclusions de ce Mémoire :

 

1.      1. Les moraines qui se trouvent à une distance considérable des glaciers, datent d’une époque qui se perd dans la nuit des temps.

 

2.   2. Les faits que nous avons cités pour prouver un abaissement de la température, sont plus récents que les dites moraines.

 

3.      3. Celles qui se trouvent près des glaciers peuvent être des deux derniers siècles.

 

4.       4. La température s’élève et s’abaisse périodiquement, mais d’une manière irrégulière.

 

5.       5. Selon les apparences, le refroidissement de cette époque est arrivé à son terme.

 

6.    6. Les glaciers parviendront difficilement à la hauteur gigantesque dont nous trouvons tant de vestiges, et que nous pouvons nous tranquilliser sur l’extension présumée de la région des glaces en général.

 

   En 1821 déjà, Venetz avait rédigé son Mémoire. Il le présente à la session de Berne de la SHSN. La commission nommée pour juger comprenait de Charpentier, Ebel, Escher, Horner, Pictet. C’était le seul mémoire reçu, on lui attribue le prix (fr. 300.-). Stimulé par ce succès, Venetz continue ses observations apportant des adjonctions à son mémoire qui ne sera publié qu’en 1833. Il les avait concentrées près des glaciers, sans les poursuivre plus loin ; puis il se demande jusqu’où ils se sont étendus. Il constate que le grand glacier d’Aletsch est venu jusqu’à Brigue, il découvre les belles moraines de Ravoire, du plateau de Plex sur Outre-Rhône, de Mex-Vérossaz-Monthey avec les blocs de granite du massif du Mont-Blanc. Il retrouve les mêmes preuves dans le canton de Vaud à Bex, St-Triphon, Aigle, Lausanne, à travers le Plateau suisse jusqu’au Jura. Pas à pas, il arrive à la persuasion que tous ces blocs ont été transportés par le glacier du Rhône. Au printemps 1829, il vint dire à de Charpentier que ses observations le portaient à croire que tout le Valais avait été occupé jadis par un glacier qui s’était étendu jusqu’au Jura, entre Genève et Soleure. De Charpentier trouva « réellement folle et extravagante » l’idée d’un tel glacier. Cette hypothèse lui parut en opposition manifeste avec tous les principes de physique et de géologie. Pour convaincre son ami Venetz de l’erreur dans laquelle il lui semblait être tombé, il se mit à étudier les terrains erratiques. Il le pria de le conduire sur place pour lui montrer les preuves sur lesquelles il se fondait. Loin de lui fournir des arguments contre cette hypothèse, cette étude lui montra qu’elle expliquait très bien les terrains erratiques et tous les phénomènes qui s’y rattachent. Il devint dès lors un partisan convaincu de la théorie de Venetz, et s’appliqua à la faire connaître.

 

3. exposé de la théorie de la grande extension des glaciers

 

   A la session de 1829 de la SHSN au Gd St-Bernard, Venetz présente son mémoire rédigé en 1821, il le complète par ses observations faites depuis. Voici un extrait du protocole de la séance : « I. Venetz fait lecture d’un mémoire sur l’extension qu’il présume que les glaciers avaient autrefois, et sur leur retraite dans leurs limites actuelles. Il attribue les amas de roches alpines, qui sont répandues sur divers points des Alpes et du Jura, ainsi que dans plusieurs contrées du nord de l’Europe, à l’existence d’immenses glaciers qui ont disparu dès lors, et dont ces blocs formaient les moraines. Il appuie cette hypothèse par la citation de plusieurs faits qu’il a observé dans les Alpes du Valais, aux environs des glaciers ». (Protocole de la séance du 22 juillet 1829, Acte de la SHSN, Lausanne 1830). La grande idée était lancée, accueillie avec scepticisme.

...

 

GTell, La vie et l'oeuvre de l'ingénieur Ignace Venetz

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