Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rechercher Un Mot

Articles Récents

Liens

14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 16:43

 

   Agassiz, naturaliste neuchâtelois, n’admettait pas l’hypothèse de Venetz. Dans le but de se documenter sur les faits indiqués, il vint passer 6 semaines dans le voisinage de Charpentier en 1836, pour être à la portée des lieux où on peut le mieux étudier les glaciers et le terrain erratique. Ayant été appelé à la présidence de la SHSN réunie à Neuchâtel en 1837. Il traita ce sujet dans son discours d’ouverture. Il faut croire qu’il n’avait pas été convaincu par les faits observés dans la vallée du Rhône, car il admet que les glaciers s’étaient déjà développés avant la formation des Alpes, et il suppose un plan incliné de glace sur lequel les blocs erratiques auraient glissé des Alpes au Jura.

 

   En 1839, Agassiz avec Desor, Studer et d’autres firent à Zermatt une excursion de cinq jours. Le glacier du Gorner était alors en crue, il bouleversait les prairies d’Arolit à environ 2 km du village. Tout cet ensemble grandiose de glaciers fit une profonde impression sur ces savants venus pour les interroger sur leur nature intime, et sur le rôle qu’ils ont joué dans l’histoire de la terre. Agassiz et Studer furent convertis aux idées nouvelles de Venetz, c’était la fin d’une controverse.

 

   À la session de Lucerne de la SHSN, de Charpentier lut une notice montrant l’identité qui existe entre les roches polies, striées, moutonnées, couvertes de débris erratiques, et les roches qu’on voit près des glaciers actuels. Il attribuait au soulèvement des Alpes le refroidissement du climat qui avait permis aux glaciers d’envahir la Suisse. En 1841 il publia son « Essai sur les glaciers et le terrain erratique du bassin du Rhône », ouvrage capital, qui fit connaître la théorie glaciaire de Venetz et en assura le succès.

 

   Sans doute ce triomphe ne fut pas paisiblement assuré, certains diluvianistes restaient toujours disposés à la lutte, d’autres imaginèrent des théories mixtes en combinant l’action de l’eau et de la glace. Mais l’élan était donné, de nombreux géologues se livrèrent à des remarquables études. Agassiz organisa plusieurs campagnes au glacier de l’Aar inférieur avec Desor, Vogt, Nicolet, Coulon, Portalès, Dollfus-Ausset, de 1840 à 1846. Afin d’observer avec plus de suite toutes les modifications de sa surface et de se porter facilement dans toutes les directions, ils aménagèrent un gîte sur le glacier même, sous un gros bloc de la moraine médiane auquel ils donnèrent le nom d’Hôtel des Neuchâtelois. Quel joyeux enthousiasme scientifique ces hommes ont vécu là-haut !

 

   Venetz et Charpentier avaient concentré leurs efforts sur la théorie glaciaire proprement dite, mais s’étaient assez peu occupés de la structure et du mécanisme des glaciers. Il leur avait manqué des observations prolongées et suivies dans la haute montagne. Agassiz et son équipe poursuivent leurs études pendant des campagnes de plusieurs semaines échelonnées sur plusieurs années consécutives. M. Henri Onde, Directeur de l’Institut de Géographie de l’Université de Lausanne insiste sur « la qualité exceptionnelle des hommes qui ont occupé ces abris de fortune. Ils ont fait preuve d’une résistance physique peu commune, menant de front observations et grandes courses de montagne, telle l’ascension de la Jungfrau en 1841, du Wetterhorn en 1844. Ils ont dépensé des trésors d’ingéniosité dans l’invention et la réalisation des expériences que leur ont suggéré une familiarité de tous les instants avec le glacier ». Forage jusqu’à 140 pieds permettant de mesurer la température et l’ablation, établissement d’une carte au 1 : 10 000.  Agassiz se fait descendre à 121 pieds (Convertisseur pieds/mètre http://www.le-convertisseur.com/convertisseur-distances.html ) dans une crevasse pour examiner la structure lamellaire de la glace. Expériences de coloration de la glace pour étudier l’infiltration de l’eau ; ils entreprennent même une course d’hiver à Unteraar et à Rosenlaui pour constater que les torrents sous-glaciaires ne sont alimentés que par des sources, et pour réfuter la théorie de la fusion sous l’action de la chaleur terrestre. Venetz avait déjà constaté ce phénomène. Etude d’une tourbière au Grimsel. Il y eut cependant des lacunes dans leurs observations comme l’explication de la marche des glaciers par l’effet de l’infiltration de l’eau et de sa congélation : théorie soutenue par Charpentier.

 

...

 

GTell, La vie et l'oeuvre de l'ingénieur Ignace Venetz 1788-1859

Partager cet article

Repost 0

commentaires