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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 12:21

Oui, oublié de préciser que l’ami Jacques Martin était Suisse, né à Aubonne.

 

LE RENDEZ-VOUS AMÉRICAIN, Correspondance et journal inédits de Jacques Martin 1853-1868 rassemblés et présentés par le Docteur Paul MARTIN.

 

Un mot sur le Docteur Paul Martin (1901-1987), célèbre médecin, champion olympique médaillé d’argent du 800 m. aux jeux de Paris 1924 qui préconisât toute sa vie la pratique du sport.

 

Autant Jacques que Paul, sont issus d’une famille de renom. Voilà ce que dit Paul Martin en Avant-propos.

 

Extrait : « Les Martin de Montélimar sont une grande famille et une vaste tribu. Et notre tribu se transmet, de génération en génération, les chants et les armes, les lois et les rites, les pennons et les parchemins, les bibles et les mots de passe de la saga familiale.

Cette saga fut à ses premiers âges une geste suivie d’une diaspora si j’ose allier deux vocables si profondément séparés par l’espace et le temps.

Le combat désespéré des calvinistes contre les persécutions religieuses les contraignirent finalement à l’abandon de la terre natale et à l’éparpillement à travers l’Europe.

Notre migration fut d’abord transhumance. Nous changions de frontière, mais nous demeurions riverains du même fleuve et des mêmes monts : médecins, diplomates, notaires, ingénieurs, mercenaires, les enfants de l’exil gardaient intacts l’image et l’amour des dieux tutélaires : le Rhône et les Alpes, et revenaient finir leur jours au bord des crues saisonnières, au pied des neiges éternels.

Un seul allait déroger à l’antique loi du retour aux sources : Jacques Martin, un des quatre frères de mon grand-père. »

 

GTell, Internet et Le rendez-vous américain

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 18:55

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Le fameux bretzel américain que l’on voit très souvent dans les films et séries américaines a été introduit par un Suisse, précisément un Argovien du nom Gloor et l’un des membres fondateur de Tell City dans l’Indiana. Ville fondée par des alémaniques avec l’idée de faire de cette ville un point important pour l’industrie et le commerce, pour cela il fallait être près d’une voie de chemin de fer, d’une voie fluviale et avoir des terres fertiles. Une fois trouvé le point idéale ils aménagèrent le terrain avant de bâtir la ville (1858). De vrais pionniers aux idées modernes, ils firent des rues très larges en prévision d’un trafic important et donnèrent des noms de rues avec des personnages célèbres. Il y a une rue Tell, Mozart, Gutenberg, etc.

La plus vieille manifestation populaire de l’Indiana est la « Schweizer Fest » qui fût créée en 1958 lors du centième anniversaire de la fondation de Tell City. Regardez le logo de la manifestation ci-dessus, nous voyons Guillaume Tell et son fils, une représentation libre de la célèbre statue qui est à Altdorf. Le paysage typique du coin, vallonné et traversé par l’Ohio ou une autre rivière. À gauche du nom de la fête, une pomme stylisée formant un bretzel.

Jolie petite ville avec un passé qui a des racines profondément implantées en Suisse.  http://tellcityindiana.com/

 

Pourquoi je vous parle de Tell City ? Parce que je suis tombé sur un livre que je possède depuis fort longtemps et que je relis : Le Rendez-Vous Américain, Correspondance et Journal inédits de Jacques Martin 1853-1868, préface de F.G. Slaughter, Editions Plon, 1975.

 

Le manuscrit de Jacques Martin, retrouvé cent ans après sa mort dans un coffret de la maison des ancêtres, nous parvient aujourd’hui comme un très précieux patrimoine. Si précieux que le grand romancier américain, Frank Slaughter, qui parle de « fascination » peut écrire : « Il a su capter l’ambiance qui régnait en Amérique dans cette période tragique de son histoire avec infiniment plus de profondeur et de vérité que n’eût pu le faire un écrivain américain. »

Jacques Martin, après un drame passionnel, quitte l’Europe, ses troubles, ses menaces et ses révolutions, pour les Etats-Unis où il veut refaire sa vie et tenter sa fortune. L’homme qui s’embarque pour conquérir l’Amérique est bientôt subjugué par l’infini des espaces vierges, et l’héritage paysan le ramène à la vocation de ses ancêtres : Martin ingénieur devient Martin fermier. La guerre de Sécession le surprend dans son ranch de l’Indiana : Martin fermier devient Martin soldat. Et pendant quinze années il va tenir le journal de son aventure. Il se trouve que ce pionnier est un écrivain-né et qu’il sait restituer un climat, un voyage, une bataille avec un tel parfum de vérité, une telle justesse de ton, un tel pouvoir d’observation que l’agenda du combattant se hausse à la dimension de l’histoire.

L’histoire d’un homme, c’est celle de ses affrontements. Martin a tout affronté : le climat, les fièvres, les bêtes sauvages, les indiens et les Sudistes, avec une conscience de Samaritain et un enthousiasme de soldat de l’an II. Pour lui, la guerre de Sécession c’est la croisade pour le droit à la justice et la liberté. Pour nous, c’est l’histoire gorgée de sève, l’histoire vivante et vibrante, prise au jour le jour, l’Histoire écrite par ceux qui la font. C’est une grande page d’amour et un acte de foi. C’est surtout, selon le mot de Slaughter, « un témoignage irremplaçable ».

 

GTell, Internet

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 17:01

La leçon de 1985 quand la Romandie était paralysée de partout pour avoir été pris dans un couloir météorologique venant du Nord-Ouest qui précipita un mètre de neige partout en bloquant aiguillages et immobilisant trains et le réseau routier ; ça n’a pas suffi aux CFF de comprendre qu’en Suisse l’hiver peut être perturbant et que neige et glace sont à craindre et qu’il est nécessaire d’envisager que chaque hiver il peut y avoir neige et glace sur le réseau.

 

Il est inadmissible que cela soit à nouveau survenu, hier, en imaginant que c’était le bon moment pour un changement d’horaire et l’introduction d’une augmentation des tarifs. Pensait-il  (le patron) que personne n’allait s’apercevoir que les CFF ont perdu depuis longtemps la bonne image qu’elle avait ?

 

Retard dû à la glace selon le porte-parole des CFF, et son blablabla devant les caméras et devant la presse écrite, est de la langue de bois. À croire qu’elle ne connait pas le réseau, ni la météo hivernale en Suisse. Avec le nom qu’elle porte elle devrait savoir ce qu’il en est des retards des CFF pour le canton du Valais par exemple. Ici en Valais on a trente ans de retard en parlant du réseau et du matériel roulant, alors je comprends que l’on veuille rouler sur le réseau déjà saturé du reste de la Romandie et profiter des nouvelles voitures qui ne rouleront en Valais que lorsqu’elles seront dépassées et usagées, c’est-à-dire, dans vingt ans.

 

Et pas un merci, ni un remboursement, ni une excuse pour la pagaille ainsi créée par eux-mêmes. Il est loin le temps où les trains arrivaient à l’heure et où il y avait de la place pour tout le monde. Un jour où j’ai eu le malheur de demander à un contrôleur, dans un train bondé, pourquoi au prix du billet je devais voyager debout, la réponse est venue directe et très fonctionnaire : « Vous payez pour être transporté et non pour être assis ! ». C’est là une réalité des CFF, on est du bétail, rien de plus. Ah, quelle belle image que l’on donne à nos touristes.

 

Mais pourquoi ne bougeons-nous pas ?

Pourquoi n’interpellons-nous pas nos hommes politiques ?

Pourquoi sommes-nous tellement mouton ?

 

GTell

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 16:45

Arthur-Rimbaud-1854-1891.jpg

Arthur Rimbaud 1854-1891

 

En premier, qu’il écrit très bien. Et le fait d’écrire à sa famille ne le freine pas dans la beauté du texte. Ensuite qu’il se lance dans le Gothard tardivement dans la saison avec déjà de la neige partout et que la diligence ne fait plus le service et « la tourmente annoncée ». Au passage il voit le percement du tunnel, 1872-1881, exploit d’époque mais il ne s’attarde pas, juste qu’il louange l’industrieux pays.  A cette altitude, 1151 m. commence la « vraie » montée selon lui vers « l’hospital » au lieu d’hospice, confusion de l’homme des Ardennes. Sur une route de moins de six mètres de large, la neige est partout avec deux mètres sur l’un des côtés. C’est donc péniblement qu’il brasse la neige en compagnie du groupe d’individus qu’il ne décrit pas. À un moment sur la montée, une cantonnière où l’eau chaude salée coûte 1,50, preuve encore une fois que le suisse a toujours profité d’une façon ou d’une autre des voyageurs. Puis c’est l’hospice avec son accueil semblant frustre mais généreux aux voyageurs.  

La descente est plus rapide et joyeuse et vite décrites les étapes tessinoises pour dire après le lac de Côme : « Ensuite, trajet connu. »

 

Le saviez-vous ?

L’enfant Rimbaud à l’école, avec le français apprit le latin, plus tard le grec, lors de ses pérégrinations pour « affaires » il apprit l’allemand, puis l’anglais et l’italien, une fois en Afrique, l’arabe et divers dialectes… on disait qu’il parlait toutes les langues. Non seulement il les parlait mais écrivait dans ces langues.

 

Véritable homme du XIXe siècle.

 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 18:28

Voilà un jeune homme de 24 ans qui a laissé derrière lui son œuvre, sa gloire, et qui va par le monde à la recherche de la Liberté. Ce que ne savent pas encore ses plus proches supporters, c’est qu’il ne fera jamais marche arrière. Là, il écrit à ses proches après avoir passé le Gothard en novembre 1878.

 

Gênes, le dimanche 17 novembre 78

Chers amis,

J'arrive ce matin à Gênes, et reçois vos lettres. Un passage pour l'Egypte se paie en or, de sorte qu'il n'y a aucun bénéfice. Je pars lundi 19 à neuf heures du soir. On arrive à la fin du mois.

Quant à la façon dont je suis arrivé ici, elle a été accidentée et rafraîchie de temps en temps par la saison. Sur la ligne droite des Ardennes en Suisse, voulant rejoindre, de Remiremont, la corresp. Allemande à Wesserling, il m'a fallu passer les Vosges ; d'abord en diligence, puis à pied, aucune diligence ne pouvant plus circuler, dans cinquante centimètres de neige en moyenne et par une tourmente signalée. Mais l'exploit prévu était le passage du Gothard, qu'on ne monte plus en voiture à cette saison, et que je ne pouvais passer en voiture.

A Altdorf, à la pointe méridionale du lac des Quatre Cantons qu'on a côtoyé en vapeur, commence la route du Gothard. A Amsteg, à une quinzaine de kilomètres d'Altdorf, la route commence à grimper et à tourner selon le caractère alpestre. Plus de vallées, on ne fait plus que dominer des précipices, par dessus les bornes décamétriques de la route. Avant d'arriver à Andermatt, on passe un endroit d'une horreur remarquable, dit le pont du Diable, - moins beau pourtant que la Via Mala du Splügen, que vous avez en gravure. A Göschenen, un village devenant bourg par l'affluence des ouvriers, [on voit au fond de la gorge l'ouverture du fameux tunnel, les ateliers et les cantines de l'entreprise. D'ailleurs, tout ce pays d'aspect si féroce est fort travaillé et travaillant. Si l'on ne voit pas de batteuses à vapeur dans la gorge, on entend un peu partout la scie et la pioche sur la hauteur invisible. Il va sans dire que l'industrie du pays se montre surtout en morceaux de bois. Il y a beaucoup de fouilles minières. Les aubergistes vous offrent des spécimens minéraux plus ou moins curieux, que le diable, dit-on, vient acheter au sommet des collines et va revendre en ville.

Puis commence la vraie montée, à Hospital, je crois : d'abord presque une escalade, par les traverses, puis des plateaux ou simplement la route des voitures. Car il faut bien se figurer que l'on ne peut suivre tout le temps celle-ci, qui ne monte qu'en zig-zags ou terrasses fort douces, ce qui mettrait un temps infini, quand il n'y a à pic que 4900 d'élévation, pour chaque face, et même moins de 4900, vu l'élévation du voisinage. On ne monte non plus à pic, on suit des montées habituelles, sinon frayées. Les gens non habitués au spectacle des montagnes apprennent aussi qu'une montagne peut avoir des pics, mais qu'un pic n'est pas la montagne. Le sommet du Gothard a donc plusieurs kilomètres de superficie.

La route, qui n'a guère que six mètres de largeur, est comblée tout le long à droite par une chute de neige de près de deux mètres de hauteur, qui, à chaque instant, allonge sur la route une barre d'un mètre de haut qu'il faut fendre sous une atroce tourmente de grésil. Voici ! plus une ombre dessus, dessous ni autour, quoique nous soyons entourés d'objets énormes ; plus de route, de précipices, de gorge ni de ciel : rien que du blanc à songer, à toucher, à voir, ou ne pas voir, car impossible de lever les yeux de l'embêtement blanc qu'on croit être le milieu du sentier. Impossible de lever le nez à une bise aussi carabinante, les cils et la moustache en stalactites, l'oreille déchirée, le cou gonflé. Sans l'ombre qu'on est soi-même, et sans les poteaux du télégraphe, qui suivent la route supposée, on serait aussi embarrassé qu'un pierrot dans un four.

Voici à fendre plus d'un mètre de haut, sur un kilomètre de long. On ne voit plus ses genoux de longtemps. C'est échauffant. Haletants, car en une demi heure la tourmente peut nous ensevelir sans trop d'efforts, on s'encourage par des cris, (on ne monte jamais tout seul, mais par bandes). Enfin voici une cantonnière : on y paie le bol d'eau salée 1,50. En route. Mais le vent s'enrage, la route se comble visiblement. Voici un convoi de traîneaux, un cheval tombé moitié enseveli. Mais la route se perd. De quel côté des poteaux est-ce ? (II n'y a de poteaux que d'un côté.) On dévie, on plonge jusqu'aux côtes, jusque sous les bras... Une ombre pâle derrière une tranchée : c'est l'hospice du Gothard, établissement civil et hospitalier, vilaine bâtisse de sapin et pierres ; un clocheton. A la sonnette un jeune homme louche vous reçoit ; on monte dans une salle basse et malpropre où on vous régale de droit de pain et fromage, soupe et goutte. On voit les beaux gros chiens jaunes à l'histoire connue. Bientôt arrivent à moitié morts les retardataires de la montagne. Le soir on est une trentaine, qu'on distribue, après la soupe, sur des paillasses dures et sous des couvertures insuffisantes. La nuit, on entend les hôtes exhaler en cantiques sacrés leur plaisir de voler un jour de plus les gouvernements qui subventionnent leur cahute.

Au matin, après le pain-fromage-goutte, raffermis par cette hospitalité gratuite qu'on peut prolonger aussi longtemps que la tempête le permet, on sort : ce matin, au soleil, la montagne est merveilleuse : plus de vent, toute descente, par les traverses, avec des sauts, des dégringolades kilométriques, qui vous font arriver à Airolo, l'autre côté du tunnel, où la route reprend le caractère alpestre, circulaire et engorgé, mais descendant. C'est le Tessin.

La route est en neige jusqu'à plus de trente kilomètres du Gothard. A trente K seulement, à Giornico, la vallée s'élargit un peu. Quelques berceaux de vignes et quelques bouts de prés, qu'on fume soigneusement avec des feuilles et autres détritus de sapin qui ont dû servir de litière. Sur la route défilent chèvres, bœufs et vaches gris, cochons noirs. A Bellinzona, il y a un fort marché de ces bestiaux. A Lugano, à vingt lieues du Gothard, on prend le train, et on va de l'agréable lac de Lugano à l'agréable lac de Como. Ensuite, trajet connu.

Je suis tout à vous, je vous remercie et dans une vingtaine de jours vous aurez une lettre.

Votre ami.

 

Ce jeune homme était Arthur Rimbaud.

Lettre tirée du livre « Vie d’Arthur Rimbaud » par Henri Matarasso et Pierre Petitfils, préface de Jean Cocteau. Editions Hachette, Le Cercle du Livre de France, Paris 1963

 

GTell

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 17:37

 

Pour illustrer LA ROUTE DE DEMAIN

 

Lausanne Genève 1964

Lausanne-Genève 1964 et aujourd'hui

l’automobiliste étranger se sent plus enclin à flâner

 

Pour tirer la route à fond...

BMW-Isetta-300-Cabriolet-1956-67

BMW-Isetta-300-Cabriolet-1956

 

Traverser des villages idylliques

Village suisse idyllique

 

GTell, photos Internet

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 17:19

Texte de : DES CHEMINS D’AUTREFOIS AUX ROUTES D’AUJOURD’HUI, édité par la General Motors Suisse S.A. Bienne, 1956

 

C’est huit ans avant la première autoroute, inaugurée en avril 1964 pour l’Exposition Nationale 64. Une promotion pour de nouvelles routes pour automobilistes nouveaux et pour soulager nos anciennes routes, afin de retrouver toutes les libertés d’autrefois partout dans le pays. Promesses de jours idylliques sur nos autoroutes et dans nos villages retrouvés, selon l’auteur inconnu du texte ci-dessous.


Prédictions, horoscopes, visions d’avenir et romans de science-fiction sont actuellement à l’ordre du jour ; ouvrez un journal, un livre ou une revue illustrée, partout l’humanité vous fait part de son espoir, de ses aspirations, de sa soif d’inconnu, de sa curiosité du lendemain…

Pourtant l’homme de 1956, qui sait réfléchir sans vaine passion, n’a pas besoin d’être « extra-lucide » pour se faire une idée claire de l’avenir des routes suisses : quotidiennement la presse lui offre en pâture des statistiques, des rapports sur le trafic, des prévisions sur son accroissement futur. Il n’ignore pas les nécessités de notre économie et ne peut qu’être douloureusement impressionné par la courbe montante des accidents de la circulation.

Aujourd’hui, au bord de la route, il se tourne vers l’avenir et devine ce qu’il va lui apporter. Il voit déjà le large ruban de l’autoroute de demain qui dessine d’harmonieux méandres sur les collines et dans les vallons du Plateau suisse. Plus de virages masqués, plus de croisements meurtriers, mais à leur place des accès rationnellement établis. Il voit, séparées deux par deux par une bande de verdure quatre pistes larges, sur lesquelles les véhicules les plus rapides dépassent sans risque ceux qui circulent plus lentement et où, la nuit, aucun phare n’éblouit de son dangereux faisceau ni piéton ni cycliste. Il voit l’autoroute qui dirige et distribue le trafic à longue distance ou celui des marchandises dans tout le pays, comme les artères saines et vigoureuses qui irriguent tout l’organisme d’un sang généreux.

Et devant cette image intérieure, le spectateur contemple aussi le réseau des routes locales enfin déchargées, parcourues par un trafic normal, revenues à leur destination première. La population des petites agglomérations respire : dans les villages la rue est rendue à ceux qui y habitent ; les gens et les animaux n’y vivent plus sous une menace perpétuelle : insouciant, le bambin peut retourner seul à la boulangerie ; les vieux peuvent de nouveau prendre place au soleil sur le banc vermoulu et discuter longuement ; la grand-mère, dure d’oreille, les enfants à la sortie de l’école, les véhicules qui vont aux champs ou en reviennent, les troupeaux qu’on abreuve, ne rencontreront plus que les quelques voitures de l’endroit roulant à une allure normale, réglée par les besoins locaux : finies les traversées en trombe des bourgs, les croisements difficiles, les cris, les menaces et la peur…

Le commerçant de Suisse allemande qui doit se rendre d’urgence à l’autre bout du pays emprunte l’autoroute, grâce à laquelle il évite les paisibles villages : sans avoir jamais à craindre la catastrophe, il est libre de rouler à cent kilomètres à l’heure, certain d’arriver à temps à son rendez-vous. Parallèlement à sa route chemine, sans gêne personne, le long cortège des camions et leurs lourdes remorques. Les touristes peuvent librement contempler la beauté des paysages que traverse l’autoroute, admirer les villages et les bourgades enfouis dans les vallons à l’ombre de deux clochers ou de leurs châteaux ; l’automobiliste étranger se sent plus enclin à flâner et à visiter des lieux qu’il devine idylliques que s’il doit constamment rouler sur des routes encombrées, surveiller un trafic désordonné et se faufiler dans d’étroits passages, pour ensuite ne trouver aucun emplacement pour garer sa voiture.

La situation actuelle ne peut plus durer : personne n’est plus sûr de sa vie sur nos routes trop étroites ; et malgré l’indéniable beauté de ses sites, notre pays se voit de plus en plus négligé au profit de ceux qui offrent de meilleures possibilités de circuler.

Nos aïeux, qui disposaient de moins d’argent, de crédits moins importants, de subventions plus faibles, ne se faisaient pourtant pas faute de réaliser de vastes projets : ils ont percé des montagnes, régularisé des cours d’eau, asséché des lacs et des marais, construit des canaux et des routes qui franchissent les cols des Alpes. Ils ne manquaient ni de courage ni d’esprit de sacrifice. Mais nous, quelle attitude sera la nôtre en face de nos héritiers ?

Il faut que prennent fin les luttes mesquines, que les intérêts particuliers s’effacent : le seul bur à atteindre, c’est le bien-être de la communauté. Les moyens financiers existent et avec de la bonne volonté de part et d’autre, le problème de la distribution du terrain et des indemnisations doit certainement pouvoir être résolu.

Il est grand temps que la Suisse adopte à son tour les autoroutes, qu’elle mette en chantier le grand projet, soigneusement étudié et préparé, de la croix routière Genève-Kreuzlingen, Bâle-Chiasso ; nous le devons à nos successeurs, à nos contemporains, mais encore plus à nous-même !

 

Lorsque les Hollandais eurent achevé leur gigantesque digue du Zuydersee, ils gravèrent dans la pierre couronnant le parapet la devise suivante : « Un peuple qui vit édifie son avenir ! » A notre tour, nous autres Suisses, consacrons-nous avec énergie é la construction de routes nouvelles et meilleures, avec une devise analogue :

« Un peuple qui bâtit vit pour son avenir ! »

 

GTell

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 18:41

Petites annonces.

 

Cherche hommes politique pour passer l’hiver.

Comment ???

Pour brûler langues de bois dans la cheminée.

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 17:40

Bien, voilà fini les vues aériennes du canton de fribourg dans son entier.

 

On doit ces vues à M. Otto Wyrsch, à Belp (Berne) qui faisait une spécialité de la prise de vue aérienne. Dommage de ne pas connaître le modèle d’avion utilisé pour cela.

 

GTell

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 18:04

-41--Chatel-St-Denis.jpg

photo. 41. CHATEL-ST-DENIS, chef-lieu du district de la Veveyse, Région à sol imperméable, nombreux marécages, 1. route de Vevey, 2. Route de Blonay, 3. Hameau de Fruence, 4. Veveyse de Châtel ou de Lys, 5. Hameau de Prayoud, 6. Route de Bulle, 7. Route de Palétieux, 8. Niremont.

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