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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 17:20

9 septembre 1938,

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Dans un rapport adressé par la légation de Suisse à Berlin à la division des Affaires étrangères, une lettre dont il ressort notamment :

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« (…) L’introduction du visa allemand pour les Juifs suisses ne serait, semble-t-il, pas difficile à justifier devant l’opinion publique suisse, puisque l’introduction du visa suisse pour les Juifs allemands, bien qu’ayant provoqué la réciprocité de la part de l’Allemagne, était commandée par l’intérêt majeur du pays (…) »

15 septembre 1938,

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Rothmund précise dans un rapport détaillé à l’intention du chargé d’affaires de Suisse à Berlin :

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« Conclure avec un Etat étranger un arrangement selon lequel les Juifs suisses seraient traités autrement que les autres ressortissants suisses me paraît chose inadmissible. Je ne crois pas non plus qu’on puisse recourir à une construction juridique selon laquelle la Suisse instituerait à titre autonome l’obligation du visa pour les Juifs suisses. Ces mesures seraient, quoi qu’il en soit, le résultat de négociations entre deux Etats. De plus, il faudrait modifier l’arrangement germano-suisse concernant la suppression de l’obligation du visa. Je pense aussi que, partout où nous le pouvons, nous devrions nous opposer à ce qu’on traite les Juifs suisses autrement que nos autres ressortissants. C’est bien assez de devoir accepter que les Juifs suisses en Allemagne soient l’objet d’un traitement spécial. Aussi la proposition allemande doit-elle, à mon avis, être rejetée dans la mesure où elle prévoit la réciprocité. »

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[Commentaire : A bien lire cette lettre on comprend que Rothmund est plutôt pour considérer les Juifs suisses comme tous autres citoyens, alors qu’il s’oppose aux réfugiés Juifs allemands.]

15 septembre 1938,

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En page 224 de son Rapport, le professeur Ludwig cite Rothmund :

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« Mentionnons ici, en passant, un passage du rapport de M. Rothmund qui éclaire d’une façon particulièrement nette l’attitude du chef de la division de la police dans la question juive. M. Rothmund écrit qu’un repas pris avec les Allemands lui avait donné l’occasion de parler librement de la question juive. « J’essayai de faire comprendre à mes interlocuteurs qu’en Suisse le peuple et les autorités avaient depuis longtemps conscience du danger juif et – à l’inverse de l’Allemagne – n’avaient pas voulu admettre que les inconvénients dus à la présence d’une population juive étaient compensées par des avantages. Le danger ne peut être conjuré que si le peuple combat et empêche dès l’abord toute ségrégation quelconque. Les Juif est en effet un membre utile de la communauté nationale et peut s’adapter avec le temps. J’ajoutai que j’avais rencontré des hommes remarquables parmi les Juifs qui avaient fui l’Allemagne et trouvé abri en Suisse. La race juive a été trempée par les vicissitudes de son histoire, elle est tenace et forte dans les persécutions ; elle a résisté jusqu’ici à toutes les mesures d’oppression et en est toujours sortie raffermie. Pour ces raisons – c’est ainsi que je concluais – je crois que la méthode allemande est mauvaise et dangereuse pour nous tous, car elle nous met les Juifs sur les bras. Si mes paroles ne rencontrèrent pas l’approbation de mes auditeurs, elles les firent cependant fortement réfléchir. Mon seul propos était de faire savoir aux personnes qui s’occupaient de la question juive dans le domaine policier que la Suisse savait se défendre – et se défendrait – contre les Juifs, mais qu’elle entendait le faire sans l’aide ni l’immixtion d’un pays étranger dont elle répudiait les méthodes. »

21 septembre 1938,

Interpellation de M. Trümpy, conseiller national à Glaris. Il demande au CF de donner des renseignements sur les mesures prises à l’égard des fugitifs à nos frontières et sur la façon dont il envisageait de résoudre la question des réfugiés pour l’avenir.

[Un canton qui n’a pas de frontière avec « l’étranger » ! La peur est partout.]

29-30 septembre 1938,

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La Conférence de Munich admet les exigences allemandes, les territoires où la population germanique est majoritaire sont annexés au Reich. La Slovaquie accède à l’autonomie. La satisfaction des revendications hongroise achève la dislocation de l’Etat tchécoslovaque (proclamée le 28 octobre 1918 à Prague).

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Un protocole relatif aux résultats des négociations entre les autorités allemandes et suisses est établi le 29 septembre 1938. Ce protocole est signé par tous les participants, à savoir : du côté allemand, le Dr. Best (haut fonctionnaire de la Gestapo), M. Krause (spécialiste du Ministère des affaires étrangères en matière de passeports), M. Kröniger et le Geheimrat Roediger, du côté suisse figurait notamment H. Rothmund.

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« Le gouvernement allemand se réserve le droit d’obliger les Juifs de nationalité suisse, lorsqu’il le jugera nécessaire et qu’il aura pris contact avec le gouvernement suisse, à produire une garantie d’autorisation de séjour sur le territoire du Reich, ou de transit à travers ce territoire. »

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Notons encore que cette discrimination entre Suisses juifs et non juifs apparut à une autre occasion encore : lors du pillage des biens des Juifs français et suisses en France, sous Vichy (1941), le Conseil fédéral n’intervint pas, en prétextant que les Juifs suisses ne pouvaient prétendre à être traités différemment des autres ressortissants juifs du pays où ils résidaient, les mesures de Vichy ayant un caractère d’ordre public !

1er octobre 1938,

Le chef de la Division de police et Kappeler rédigèrent un rapport très détaillé à l’intention du chef du DFJP. Dans celui-ci, le premier cité, expose la nécessité de pouvoir contrôler rigoureusement les Allemands non aryens avant leur entrée en Suisse. Il rappelle en outre la lutte que la Police fédérale des étrangers menait depuis bientôt vingt ans contre l’infiltration étrangère (Uberfremdung) sous la forme d’un afflux de nouveau-venus, juifs surtout, difficilement assimilables ou même non assimilables (Rapport Ludwig, page 112).

À suivre

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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 17:21

10 août 1938,

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S’agissant de l’expulsion des illégaux, Rothmund avait noté dans son Rapport ce qui suit : « Nous ne pouvons pas nous y hasarder, parce que nous partagerions alors le scandale qui frappe le peuple allemand tout entier. » Dans un communiqué annexe, la Conférence des chefs de police précisait que les organisations juives prendraient la subsistance des Juifs étrangers vivant provisoirement en Suisse totalement en charge et que les cantons ne toléreraient la présence de ces étrangers que temporairement.

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L’autorité précisait que, si l’afflux de réfugiés venait à augmenter, il conviendrait de prendre d’autres mesures, à savoir de refouler ces personnes. Le Conseil fédéral entérina cette décision.

En Allemagne

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10 août 1938,

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Notice du chef de la Division politique du Ministère des affaires étrangères du IIIe Reich, Woerman :

« Document N° 642, Notice du chef de la Division politique

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Berlin, le 10 août 1938

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Ad R 170034

Le ministre de Suisse m’a dit aujourd’hui qu’il désirait m’informer, à titre provisoire seulement, qu’il était sérieusement question en Suisse d’enrayer le flot des Juifs venant d’Allemagne. Le gouvernement suisse, dit-il, est résolument opposé à un « enjuivement » du pays, ce que nous devrions comprendre. Il se pourrait que le Conseil fédéral fit appel à la collaboration de l’Allemagne pour l’application des mesures à prendre. On envisage notamment en Suisse la nécessité d’établir l’obligation de visa pour les Allemands du Reich. Actuellement, cette obligation n’existe que pour le territoire de l’ancienne Autriche. (…). Signé Woerman, Berlin, le 10 août 1938. »

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(La suite de la lettre fait état de l’entrée illégale de 47 Juifs en Suisse par Bâle, conclut la notice allemande.)

16 août 1938,

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Rothmund reçoit Saly Mayer, président de la FSCI, et Sylvain Guggenheim, président du VISA. Il obtient l’accord des deux pour que leur organisations prennent en charge financièrement les réfugiés juifs susceptibles d’entrer en Suisse et que, faute de fond, les frontières seraient fermées. Le procès-verbal de la séance ultérieure de la FSCI précise que : +L’instruction comporte de communiquer expressément (au comité) que la conséquence ultime d’un refus éventuel des Juifs suisses serait de faire reconduire à la frontière la totalité des réfugiés présents illégalement. »

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17 et 18 août 1938,

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La Conférence des directeurs cantonaux de police exprime l’avis qu’il faille enrayer un nouvel afflux après avoir appris l’entrée illégale de nombreux étrangers pendant la nuit du 17 au 18 août 1938. Le DFJP décida dès lors d’intervenir contre les entrées illégales.

17 et 18 août 1938,

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Un arrêté du CF ainsi que deux circulaires du DFJP précisent qu’il faut être drastique et refouler tous les clandestins. L’afflux de réfugiés, juifs pour la plupart, motive ces dispositions.

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Cet arrêté précisait notamment que le contrôle de la frontière devait être drastique, en particulier près de Diepoldsau car : « Nous espérons que ces mesures, que nous n’avons pas prises d’un cœur léger, auront pour effet de mettre un terme à la pression que ces réfugiés exercent sur la Suisse. » Il faut rappeler ici que le camp de Diepoldsau était dans la juridiction du commandant de police Paul Grüninger de Saint-Gall.

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19 août 1938,

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Une lettre datée du DFJP soulignait à l’intention des légations de Suisse à l’étranger que les représentants des Juifs habitant la Suisse « n’avaient pu que reconnaître la nécessité des mesures adoptées ».

En Allemagne

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26 août 1938,

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Le Reichskommissar Bürckel, responsable de la « réunification de l’Autriche avec le Reich », crée l’Office central d’émigration des Juifs (Zentralstelle für die jüdische Auswanderung).

Josef Bürckel

Josef Bürckel

19 août 1938,

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G. Favre visite Dachau pour le compte du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

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29 août 1938,

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Note allemande du 29 août 1938 : (…) A la demande du gouvernement suisse, le gouvernement allemand avait ordonné à un certain nombre d’offices des passeports que la Suisse avait elle-même désignés – en particulier celui de Vienne – de ne plus délivrer, jusqu’à nouvel avis, des passeports allemands à des Juifs, toutes les fois qu’on n’avait pas la preuve irréfutable que le passeport ne servirait pas à entrer en Suisse. »

2 septembre 1938,

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Télégramme du ministre d’Allemagne à Berne :

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« N° 60 du 2 septembre. Me référant à la pièce du 29 août 1938 R 18068 ainsi qu’au télégramme du 1er septembre n° 87 R 18590 : M. Rothmund déclare introduction de l’obligation du visa pour les Juifs seulement est techniquement praticable si tous les passeports sont établis de telle manière que les fonctionnaires du service frontière peuvent constater du premier coup d’œil que ce détenteur est juif. Si nous ne pouvons donner assurances à cet égard, le Conseil fédéral, qui ne s’est pas encore occupé de ce problème, devra être amené avec le concours du département politique à prendre une décision. Institution du visa pour Juifs d’autre nationalité n’est pas envisagée. Affirmation d’après laquelle gouvernement allemand considérerait rétablissement obligation visa comme inamical énergiquement repoussée car mesures proposées ne garantissent pas à la Suisse suspension entrée Juifs.

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Signé Koecher »

7 septembre 1938,

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De la délégation de Suisse à Berlin à la division des Affaires étrangères :

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« Parlant de cette conversation, le Geheimrat Roediger du Ministère des affaires étrangères m’a dit que les autorités allemandes avaient à nouveau examiné comment il serait possible d’éviter le rétablissement général de l’obligation du visa. Pour tenir compte autant que possible des vœux de la Suisse, elles sont en principe disposées à apposer un signe sur les passeports délivrés à des Juifs dans l’ancien Reich, en Autriche ou encore à l’étranger. Le gouvernement allemand accepterait en même temps que la Suisse rétablisse l’obligation du visa pour les passeports munis du signe distinctif. Il ne pourrait cependant pas renoncer à une certaine réciprocité. A cet égard, j’ai réussi à convaincre le représentant du Ministère des affaires étrangères qu’il ne serait pas possible, pour des raisons pratiques et constitutionnelles, de munir du signe distinctif les passeports des Juifs suisses. En revanche, les autorités allemandes voudraient que fût au moins prescrite l’obligation du visa pour les Juifs suisses, sans que les autorités suisses soient appelées à collaborer à l’exécution.

 »Pour la mention de l’origine juive dans les passeports, on m’a fait deux propositions, dont la seconde paraît seule réalisable, de l’avis même du Ministère des affaires étrangères. La première tend à ce que les prénoms habituellement soulignés à l’encre noire le soient à l’encre rouge pour les Juifs. Mais il faut craindre que le porteur du passeport ne couvre le trait rouge à l’encre noire. La seconde proposition tend à ce qu’un sceau soit apposé sur la première page du passeport à gauche en haut ; le sceau constituerait en une lettre entourée d’un cercle de quelque 2 cm de diamètre ou en un autre signe au sujet duquel nous pourrions encore émettre des vœux.

« J’ai l’impression que l’apposition de ce signe suffirait entièrement à vos besoins. Le signe serait apposé immédiatement sur les passeports nouvellement délivrés et le serait sur les anciens dès que l’autorité les aurait de nouveau entre les mains. Pour ce qui est des formes à observer, il conviendrait, semble-t-il, de conclure, au moyen d’un échange de notes, un arrangement modifiant et complétant celui de 1926 sur la suppression du visa obligatoire. On s’entendrait sur sa teneur dès qu’on aurait constaté l’accord de principe des deux gouvernements. Je suis d’avis que la proposition allemande tient largement compte de nos désirs et que nous pouvons l’accepter. La solution proposée permet de contrôler sans lacune à la frontière où l’on pourra se borner à constater l’existence du sceau à la première page et, le cas échéant, du visa.

« La réciprocité partielle que le gouvernement allemand désire, pour des raisons compréhensibles, paraît aussi chose acceptable. Les Juifs suisses qui éprouvent, dans les circonstances présentes, le besoin de se rendre en Allemagne sont probablement très peu nombreux. On m’a affirmé que le rétablissement du visa ne tendait aucunement à les empêcher de pénétrer en Allemagne et que les autorités allemandes se borneraient à considérer comme indésirable l’établissement durable de nouveaux Juifs étrangers. Or ces autorités ont la possibilité de s’y opposer par d’autres moyens.

« Au cours de la conversation, j’ai fait valoir une objection, à savoir que des organes allemands par trop zélés pourraient, faute de visa, être tentés de faire des difficultés à des ressortissants suisses en raison de leur aspect extérieur. Le Ministère des affaires étrangères est cependant tout à fait disposé à donner des instructions pour éviter des faits de ce genre, hautement contraires aux intérêts des deux pays. On m’a dit que les choses se passeraient pratiquement de cette façon : si une autorité allemande a l’impression que celui qui tente d’entrer en Allemagne sans visa est un Juif suisse, elle prendra des informations sur sa personne auprès d’une représentation allemande en Suisse et prononcera une interdiction d’entrée dans le cas où il serait établi que l’intéressé n’est pas d’origine aryenne. »

A suivre

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 17:21

1937

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Septembre 1937,

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Une circulaire du DFJP informe les cantons qu’il faut refouler toutes personnes dépourvues du visa provenant d’Allemagne, mais originaires de Pologne ou des pays de l’Est.

29 septembre 1937,

Entrée en vigueur pour la Suisse de l’arrangement provisoire de la SDN du 4 juillet 1936, par lequel était reconnue comme réfugiée d’Allemagne « toute personne ayant été établie dans ce pays qui ne possède pas une autre nationalité que la nationalité allemande et à l’égard de laquelle il est établi qu’en droit ou en fait elle ne jouit pas de la protection du Gouvernement du Reich ».

En Allemagne

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1937

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La SS est chargée de la gestion et de l’organisation de l’univers concentrationnaire. Les SS s’occupent dans un premier temps de « rééduquer » les opposants qui se trouvent dans les camps de Dachau, Buchenwald et Sachsenhausen.

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5 novembre 1937, Hitler dévoile ses plans d’invasion et d’annexion à ses principaux collaborateurs.

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[Commentaire. Hitler est presque prêt, il attend que l’industrie soit elle aussi prête, que l’armée soit également dans le même esprit et que l’ensemble avec la population lui donne le feu vert. L’année suivante sera l’Anschluss et si cela se passe sans anicroche, il pourra aller plus loin.]

1938

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12 mars 1938,

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Une circulaire de la Division de police est adressée aux postes frontières pour les informer qu’il convient de refouler tous les étrangers soumis à visa, si leur passeport en était démuni. La circulaire ajoutait qu’un visa de transit pouvait leur être octroyé s’ils étaient titulaires d’un billet de train et des titres les autorisant à entrer dans un autre pays.

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[Commentaire : Autant dire que le Juif d’Allemagne ou d’éventuels pays de l’Est, en majorité, se trouvait prisonnier de l’Allemagne.]

En Allemagne

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1938

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12 mars 1938,

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L’annexion de l’Autriche (Anschluss) provoque un afflux massif de réfugiés juifs. Goering avait notamment déclaré que la communauté des Juifs viennois serait décimée en cinq ans.

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Les lois raciales édictées en 1935 à Nuremberg entraient ipso facto ipso jure en vigueur.

26 mars 1938,

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Proposition présentée au Conseil fédéral par le DFJP.

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Les autorités ajoutaient que l’état du marché du travail et le degré d’infiltration étrangère commandaient déjà à la Suisse de ne se considérer que comme un pays de transit, tout comme pour les réfugiés allemands.

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Le propos du CF fut le suivant :

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« Si nous ne voulons pas créer des conditions favorables à un mouvement antisémitique qui serait indigne de notre pays, nous devons nous défendre de toutes nos forces et, s’il le faut, sans pitié contre l’immigration des Juifs étrangers, tout particulièrement des Juifs de l’Est. »

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[Commentaire : Au vue de la situation de l’Europe et de ce que la guerre va engendrer comme difficultés en déplacements, on peut se demander pourquoi les réfugiés de l’Est, veulent se déplacer du nord-est au sud-ouest, alors que l’Espagne est déjà fermé aux réfugiés et pour aller en Suisse ou au Portugal, il faut déjà franchir l’obstacle de l’Allemagne ?]

28 et 29 mars 1938,

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Le CF se range à l’avis du DFJP. Il décide de rétablir le visa d’entrée en Suisse pour les détenteurs de passeports autrichiens.

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Durant cette phase, la Suisse se montra le moins disposé des pays occidentaux à accueillir les réfugiés juifs. En mars 1938, déjà, les autorités suisses avaient engagé celles du Reich à marquer d’un tampon bien visible les passeports des Juifs allemands afin de pouvoir distinguer les voyageurs juifs et non juifs d’un seul coup d’œil lors du passage à la frontière. La peur de voir un trop grand nombre d’étrangers entrer dans le pays et l’antisémitisme étaient à l’origine de cette politique de rejet.

Passeport allemand

Passeport allemand

En France, carte d'identité frappé "Juif" en toutes lettres.

En France, carte d'identité frappé "Juif" en toutes lettres.

1er avril 1938,

Entrée en vigueur de l’obligation pour les détenteurs d’un passeport autrichien d’obtenir un visa d’entrée en Suisse auprès d’une représentation consulaire suisse. Dès ce moment, les fonctionnaires commencèrent à ramener les Juifs allemands et autrichiens directement à la frontière allemande. Entre l’Anschluss et le 1er avril, 3000 à 4000 fugitifs autrichiens ont voulu entrer en Suisse. Depuis lors les demandes d’entrée faites par des émigrants sont soumises à la Police fédérale des étrangers, qui statue d’entente avec le canton prévu pour le séjour. La Police des étrangers ne s’était tout d’abord pas opposée aux entrées illégales.

23 avril 1938,

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Le ministre Dinichert précise que l’idéal eût été de « limiter l’obligation du visa aux ressortissants allemands non aryens » (Bourgeois, 1988, page 198).

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24 juin 1938,

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H. Rothmund proteste auprès de la légation allemande à Berne contre ce qu’il appelle l’inondation (Ueberflutung) de son pays par les Juifs viennois suite à l’Anschluss. Il précise que la Suisse n’en a pas plus besoin que l’Allemagne.

22 juillet 1938,

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Adoption d’une ordonnance allemande qui incita les autorités à prendre des mesures protectionnistes. En été 1938, quelque 2500 réfugiés juifs sans ressources furent admis à venir en Suisse, à la charge de la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) et des organes d’assistance juifs suisses. Selon le Rapport Ludwig (pp. 138-139), environ 700 personnes furent placées dans des camps ou des homes, 137 d’entre elles se trouvaient à Diepoldsau, 179 à Bâle, d’autres dans le canton d’Appenzell, de Schaffhouse, de Zurich et d’Argovie. Les autres furent logées chez des particuliers. L’Alliance israélite a dû financer le camp de Diepoldsau, créé en août 1938 par les autorités saint-galloises, dont s’occupa la Croix-Rouge suisse.

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D’une manière générale l’assistance financière des Juifs admis à venir en Suisse fut exclusivement financée par leurs coreligionnaires. Rothmund en fit une condition sine qua non de 1933 à 1943,

En Allemagne

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Juillet 1938,

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La Conférence d’Evian sur les réfugiés juifs d’Allemagne se terminait sur un complet échec ; les 32 Etats qu’elle réunissait ont refusé d’accueillir les Juifs.

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22 juillet 1938,

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Une ordonnance allemande prescrit le remplacement des passeports autrichiens par des passeports allemands. Les passeports autrichiens déjà délivrés perdaient leur validité au 1er janvier 1939.

A suivre

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 16:48

1934

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1er janvier 1934, entrée en vigueur de la Loi fédérale sur le séjour et l’établissement des étrangers (LSEE).

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Dès janvier 1934 (jusqu’en décembre 1936)

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Activisme de la Ligue des patries romandes, dont la naissance officielle sera fêtée à l’occasion d’une grande manifestation publique le 10 juin 1934.

En Allemagne

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1934

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Février 1934, dissolution du Reichsrat, qui représentait les Länder allemand.

21 mars 1934

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Les membres d’Ordre et Tradition sont invités à Zurich pour le lancement de l’initiative intitulée « Pour la protection de l’armée et contre les espions étrangers ou agents provocateurs ». La Ligue des parties romandes se veut le promoteur romand de cette initiative.

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1er mai 1934,

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Ordre et Tradition prend un nouveau nom : l’Ordre national vaudois (future Ligue vaudoise).

En Allemagne

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29-30 juin, Nuit des Longs Couteaux.

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2 août 1934, Hindenburg meurt. Hitler devient président du Reich. Les membres de la Reichswehr prêtent serment d’allégeance personnelle au Führer.

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19 août 1934, coup d’Etat. L’établissement de la dictature est plébiscité par 90 % de oui.

25 août 1934,

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Les radicaux vaudois prennent position en faveur de l’initiative visant à la révision de la Constitution fédérale lancée en Suisse alémanique, notamment par le Front national.

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9 octobre 1934,

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Le colonel Fonjallaz (professeur à l’Ecole polytechnique de Zurich), fervent admirateur du Duce Benito Mussolini, crée le Mouvement fasciste suisse.

Décembre 1934, le Congrès international de Montreux réunit les têtes du fascisme européen.

[Commentaire]

[L’ambiance était vraiment à l’autoritarisme en Europe, entre les monarchies et les Républiques, tous gouvernent d’une poigne de fer. La Suisse n’échappe pas à cette vague et promulgue les lois qu’elle pense être juste, puisque les autres le font ainsi. Seule peut-être la France qui semble naviguer sur un nuage en vainqueur de 18 en se berçant d’illusions. Tous oublient à qui ils avaient à faire lors de la Première guerre mondiale et comme la France la Suisse ne modernise pas son armée, probablement en tant que Neutre, ils estiment ne craindre aucun danger, sauf les émigrés.]

1935

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En Allemagne

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Janvier 1935

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Wolfgang Langhoff, alors à Zurich, publie en français et en allemand « Les soldats du marais. Sous la schlague des nazis » (Librairie Plon, Paris), « die Moorsoldaten » (Spiegel Verlag).

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Déclaration autographe de l’auteur placée en tête de l’édition allemande : « Je suis né le 6 octobre 1901 à Berlin. Mon père est Mecklembourgeois, ma mère est originaire de Thuringe. Je suis aryen. A dix-huit j’embrassai la carrière d’acteur. J’ai joué les rôles de jeune premier à Königsberg, Hambourg, Berlin, Wiesbaden et Düsseldorf. Je joue actuellement au théâtre de Zurich. Entre Düsseldorf et Zurich se placent treize mois que j’ai passés en prison puis dans deux camps de concentration (Börgermoor et Lichtenburg, ndlr). C’est le récit de ces treize mois que je fais ici. Je jure de ne dire que la vérité. »

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Ce livre est un exemple de ces témoignages dénonçant la barbarie nazie qui mobilisaient à l’époque de larges secteurs de l’opinion publique.

15 septembre 1935,

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Adoption des Lois racistes par le Reichstag siégeant à Nuremberg. Ces lois ont constitué l’élément juridique central et principal de la législation antijuive. Ces dispositions ont lourdement aggravé la situation des Juifs en Allemagne. Il s’agit de la loi sur « la nationalité allemande » et de – la loi sur « la protection du sang et de l’honneur allemand ».

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En vertu de la première, seules les personnes de sang allemand était donc raciale et non uniquement religieuse. En conséquence, un Juif, même converti, demeurait un Juif si son ascendance l’était. En vertu de cette loi, les mariages et les rapports sexuels extraconjugaux entre aryens et non aryens étaient prohibés et les femmes aryennes ne pouvaient travailler dans des ménages juifs que si elles étaient âgées de 45 ans au moins. Il était aussi interdit aux Juifs d’arborer le drapeau allemand.

19 au 27 octobre 1935,

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Le CICR, représenté par Carl J. Burckhardt, visite les camps de Lichtenburg, Esterwegen et Dachau.

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Dès septembre 1935,

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Après l’adoption des Lois de Nuremberg, la légation de Suisse à Berlin informe la division des Affaires étrangères de traiter les demandes de réfugiés qui veulent s’établir ou même séjourner en Suisse avec la plus grande prudence à cause du fort chômage qui règne alors dans notre pays.

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S’adressant aux magistrats cantonaux responsables de la police, Rothmund explique que ceux qu’il définit comme des non-politiques venaient en Suisse « parce qu’ils trouvaient insupportable la vie dans leur pays de séjour, sans être cependant directement menacés ». À cette époque, les tristement célèbres Lois de Nuremberg, qui interdisaient aux Juifs bon nombre d’activités et imposaient de nombreux actes de ségrégation, étaient déjà en vigueur. À ce propos, Rothmund avait signalé au conseiller fédéral Baumann qu’il trouvait que la dénaturalisation qui faisait partie du paquet législatif de Nuremberg était « une honte pour un Etat civilisé ».

15 octobre 1935,

La Ligue vaudoise adresse au CF un message par lequel elle s’inscrit en faux contre les sanctions prises à l’encontre de l’Italie, à la suite de l’invasion de l’Ethiopie par cette dernière.

1936

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9 au 15 mai 1936, visite officielle de Carl J. Burckhardt en Allemagne.

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4 juillet 1936,

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Conclusion à Genève de l’ »Arrangement provisoire concernant le statut des réfugiés provenant d’Allemagne ». Cet arrangement provisoire de la Société des Nations (SDN) est entré en vigueur pour la Suisse le 29 septembre 1937.

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Il détermine qui est considéré comme un réfugié d’Allemagne, à savoir « toute personne ayant été établie dans ce pays, qui ne possède pas une autre nationalité que la nationalité allemande et à l’égard de laquelle il est établi qu’en droit ou en fait elle ne jouit pas de la protection du Gouvernement du Reich ».

En Allemagne

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1936

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Juin 1936, le Reichsführer SS Himmler devient chef de la police. L’Etat SS se met en place.

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Juillet 1936, Jeux olympiques à Berlin. Problème des athlètes noirs. Mise en avant du nationalisme allemand.

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Septembre 1936, Hitler proclame son « Plan en 4 ans » au Congrès de Nuremberg.

16 juillet 1936, La Ligue vaudoise tente de mettre sur pied un Comité pour le rétablissement de la neutralité et la défense du territoire.

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Octobre 1936,

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Rupture définitive de la Ligue vaudoise d’avec le mouvement genevois de Georges Oltramare au moment de la création de l’Union nationale du Pays de Vaud.

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 17:56

En Allemagne,

7 avril 1933,

Promulgation de la Loi sur la restauration du service public. Cette loi avait pour but d’éliminer les « Blutsfremde », excluant les Juifs de l’ensemble du corps des fonctionnaires. Cette loi provoque un exil massif des intellectuels.

En parallèle, on observe une éviction des Juifs de la vie économique dès le début du régime hitlérien.

Une autre loi datée du même jour concerne l’exercice du barreau. Elle prévoit que les personnes qui ne sont pas d’origine aryenne pourront se voir interdire la pratique du barreau.

20 avril 1933,

Une circulaire du DFJP explique aux cantons que la sécurité du pays exigeait des restrictions au principe toujours respecté de l’asile : elle autorise le Ministère public à expulser et à accorder de brefs délais de départ.

En Allemagne,

21 avril 1933,

L’abattage rituel (cheritah) est interdit. Ceci fait dire à Daniel Jonah Goldhagen, (page 146 de son ouvrage « Les bourreaux volontaires d’Hitler », traduction française parue en janvier 1997, au Seuil) que la cheritah constituant un des rouages essentiels du Judaïsme religieux, son interdiction signifiait clairement que le judaïsme en lui-même constituait une violation des normes morales de la société civile. La cheritah est toujours interdit en Suisse pour cruauté envers les animaux.

22 avril 1933,

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Nouvelle circulaire du DFJP invitant les cantons à user de prudence dans l’admission d’étudiants étrangers, qui ne pourraient en aucun cas être naturalisés ni obtenir de permis de travail pendant ou après leurs études.

[Au début du régime nazi, l’autorité ne définit pas clairement qui était digne du refuge politique. Elle reste attachée à la définition héritée du XIXe siècle selon laquelle le réfugié est un révolutionnaire victime de la répression consécutive à  des soulèvements politiques ou sociaux, persécuté pour ses convictions ou menacé de poursuites. Après coup, l’un des adjoints de Rothmund définira plus pertinemment comme politiques « ceux seulement qui ont été expressément reconnus comme tels par une disposition interne du Ministère public de la Confédération sur la base de l’arrêté du 7 avril 1933 ». elle exprime la haine des communistes. En juillet 1933, Motta invitera Frölicher, alors chargé d’affaires à Berlin, à ne pas protéger ses concitoyens incarcérés par les Allemands s’ils étaient poursuivis pour des activités communistes avérées et confirmées par la police allemande. Documents diplomatiques suisses, tome 10, page 762.]

En Allemagne,

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22 avril 1933,

Une nouvelle loi donne la possibilité de radier jusqu’au 30 septembre 1933 les avocats-conseils en matière de brevet.

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Le même jour, une ordonnance sur les professions médicales dans les caisses-maladie déclare que les médecins non aryens ne pouvaient plus exercer leur activité dans les caisses ni être engagés au service de celle-ci.

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En outre, la littérature et les arts furent « épurés » de ce qui n’était pas aryen.

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Enfin, le pouvoir institua un « numerus clausus » pour contingenter les Juifs dans les universités.

18 mai 1933,

Discussion au CICR sur les violences politiques en Allemagne.

31 mai 1933,

Vaud : première rencontre entre Ordre et Tradition et l’Union nationale de Genève pour fonder un front commun romand.

Juillet 1933,

Création d’un groupe lausannois du Front national. Un début de section vaudoise se crée.

En Allemagne,

Juillet 1933, instauration du parti unique. Signature du Concordat avec le futur Pape Pie XII, alors Cardinal Pacelli.

14 juillet 1933,

Le Reich édicte la loi suivante, intitulée « Loi du 14 juillet 1933 concernant le retrait des naturalisations et de la déchéance de la nationalité allemande »

Extraits :

« Les ressortissants du Reich qui séjournent à l’étranger peuvent être déclarés déchus de la nationalité allemande si, par une attitude contraire aux devoirs de fidélité envers le Reich et le peuple, ils ont lésé les intérêts allemands. Il en est de même des ressortissants du Reich qui ne donneraient pas suite à un ordre de rentrer en Allemagne que le Ministre de l’Intérieur du Reich leur aurait fait parvenir en se référant à la présente prescription.

« Au moment de l’introduction de la procédure de retrait ou au moment de l’ordre donné de rentrer en Allemagne, leurs biens pourront être saisis, ils pourront être confisqués au profit du Reich. La saisie des biens prendra fin à l’échéance d’un délai de deux ans au plus tard, au cas où ils n’auront pas été confisqués entre temps au profit du Reich.

« Les mêmes mesures pourront être prises également contre des ressortissants allemands séjournant dans le territoire de la Sarre et qui s’y seront installé dans la période postérieure au 30 janvier 1933.

« La décision sera prise par le Ministre de l’Intérieur du Reich d’accord avec le Ministre des Affaires étrangères du Reich, et après consultation, dans la règle, des gouvernements des pays intéressés ; est à considérer comme intéressé le pays auquel appartient le ressortissant du Reich, ainsi que le pays où il aura été domicilié au cours des dernières années.

« Le Ministre de l’Intérieur du Reich, d’accord avec le Ministre des Affaires étrangères du Reich, décide dans chaque cas particulier dans quelle mesure la déchéance de la nationalité allemande devra s’étendre au conjoint, aux enfants légitimes ou adoptifs, et en ce qui concerne les femmes, aux enfants nés hors mariage.

« La déchéance de la nationalité prend effet à dater de la publication de la décision dans le Reichsanzeiger. »

Cette traduction a été citée dans la « documentation internationale », brochure sur la persécution des Juifs en Allemagne, publiée à Genève en 1933.

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [4]

[Ministre de l’Intérieur du Reich 1933-1943, Wilhelm Frick]

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [4]

[Ministre des Affaires étrangères du Reich 1932-1938, Konstantin Freiherr von Neurath]

Dans sa thèse éditée à Lausanne en 1935, intitulée « Le Heimatlosat », Pierre Ferid Nafilyan relève ce qui suit à propos de la loi et de la période précitée :

« (…) alors que toutes les législations, comme les assemblées internationales, cherchent à éviter et à supprimer autant que possible les causes de heimatlosat, le programme antisémite hitlérien a amené les législateurs allemands à édicter une loi qui ne peut qu’en accroître encore le nombre ; nous voulons parler de la loi du 14 juillet 1933. (…)

Ainsi que nul ne l’ignore, le programme du gouvernement hitlérien est essentiellement basé sur des principes du racisme, aussi la loi est-elle, surtout dirigée contre les ressortissants allemands de race juive. Sans parler des retraits de naturalisation sur lesquels nous reviendrons, il est stipulé dans la loi que les Allemands de naissance perdront leur nationalité au cas où ils se seraient livrés à une propagande antiallemande ou qu’ils auraient tenté de porter atteinte à la dignité ou aux mesures du gouvernement allemand. Leurs biens seront confisqués. (…)

A propos de la loi précitée, Pierre Ferid Nafilyan ajoute que « la disposition du 1er alinéa mentionnant comme cause de dénationalisation le refus de rentrer en Allemagne malgré un ordre exprès du gouvernement, se retrouve également dans d’autres législations ; elle est nette, précise. Elle est regrettable, en principe, car elle crée de très nombreux cas de heimatlosat, principalement parmi les israélites qui ne peuvent rentrer en Allemagne car l’accès de plusieurs professions leur est interdit. »

Il est intéressant de comparer le texte de la loi allemande du 14 juillet 1933 avec celui de l’arrêté du CF du 11 novembre 1941 modifiant les dispositions sur l’acquisition et la perte de la nationalité suisse, paru au ROLF 1941 (57), pp. 98 ss, qui précise notamment à son art. 2 que :

« Le département de justice et police peut, dans les dix ans qui suivent l’acquisition de la nationalité suisse, annuler la naturalisation ou la réintégration si l’étranger l’a obtenue en donnant des renseignements qu’il savait être faux ou s’il a une mentalité contraire à l’esprit suisse. Sauf décision contraire, l’annulation fait également perdre la nationalité suisse aux membres de la famille qui l’ont acquise en vertu de l’acte annulé. »

En Allemagne,

25 août 1933,

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Le Ministre de l’Intérieur du Reich publie une liste de personnes ayant par leur conduite, porté atteinte aux intérêts allemands et étant, de ce fait, dénationalisées.

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Novembre 1933,

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Accord entre le CICR et la Deutsches rotes Kreuz (DRK) sur l’acheminement des enquêtes individuelles à propos de personnes détenues dans des camps de concentration.

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De 1933 à 1938, le Reich va prendre de très nombreux décrets privatifs envers les Juifs. Il y en avait 520'000 en janvier 1933, près de la moitié d’entre eux ont émigré entre 1933 et 1938.

 

[Commentaire. Voilà déjà une grande quantité de faits troublants de cette marche commune, presque « main dans la main », entre la Suisse et l’Allemagne.]

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[Ceci met fin à la série de faits qui couvrent la période 1919 à la fin de la première année de pouvoir d’Hitler, en 1933]

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À suivre

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 18:00

1er mars 1933,

Motta propose à son collègue Häberlin (chef du DFJP) d’interdire à tout prix l’asile à des adversaires du régime de leur patrie, même modérés. Il les accuse de semer le trouble avec leurs concepts politiques étrangers à ceux des Suisses. La situation en Allemagne lui semble suffisamment grave pour qu’il envisageât la réintroduction du visa avec d’autres moyens de prévention contre de nouveaux réfugiés.

Motta est clairement renseigné sur les troubles qui secouent l’Allemagne et anticipe une énorme vague de réfugiés ou a-t-il peur de la suite des événements qui commencent chez nos voisins du nord ? Mais pourquoi alors s’aligner avec anticipation sur ce que va faire l’Allemagne ?

Giuseppe Motta

Giuseppe Motta

En Allemagne,

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5 mars 1933, grand succès électoral du NSDAP qui remporte 44% des voix (288 députés).

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21 mars 1933, Journée du redressement national. Inauguration du nouveau Reichstag.

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23 mars 1933, le Reichstag donne à Hitler les pleins pouvoirs pour 4 ans.

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24 mars 1933, le Reichstag vote une loi de salut public supprimant différents droits constitutionnels et attribuant au gouvernement le pouvoir de légiférer sans respecter les limites tracées par la Constitution. Cette loi marque la fin du régime parlementaire en Allemagne.

24 mars 1933, Hitler se fait attribuer les pleins pouvoirs. Dinichert, ministre de Suisse à Berlin, communique que les Juifs apatrides ou allemands affluent dans ses bureaux pour s’informer sur les conditions d’établissement en Suisse.

29 mars 1933, Häberlin reçoit une délégation d’un Comité socialiste d’aide aux réfugiés dirigé par le conseiller national Reinhard qui cherchait un modus vivendi avec le gouvernement et l’obtint. Häberlin demande à sélectionner les candidats. Le comité acquiesce en raison de ses faibles moyens d’accueil,  mais il demande que les refoulements ne se fassent pas à la frontière. Il accepte, selon Lasserre, les interdictions de travail et de toute activité politique.

En Allemagne,

29 mars 1933, Abolition des libertés fondamentales. Création des premiers camps de concentration.

31 mars 1933, le DFJP rappelle aux cantons et aux représentations suisses en Europe leurs obligations devant les demandes d’asile.

En Allemagne

1er avril 1933, Hitler ouvre la voie à la persécution raciale et à l’exode en décrétant une journée de boycott antisémite.

4 avril 1933,

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Ce 4 avril, onze jours après qu’Hitler a été doté des pleins pouvoirs, Rothmund tente de prévoir les événements dans un mémoire à son chef Häberlin. Il y écrit que « Les réfugiés politiques appartiendront aux milieux de l’administration, des partis de gauche, des écrivains. Certes, le Reich menace en plus les Juifs, mais au plan économique avant tout, au moins pour le moment ; s’ils fuient, ils n’entrent donc pas dans la catégorie des politiques. » Rothmund considérait que les Juifs avaient des « mœurs différentes des nôtres ».

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C’est ainsi qu’il va exclure les Juifs et les réfugiés économiques des réfugiés politiques pour plus de douze ans.

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[N’oublions jamais que Rothmund, en brave fonctionnaire, appliquait la politique du Conseil fédéral.]

Heinrich Häberlin

Heinrich Häberlin

Dans une disposition interne du DFJP, un des adjoints de Rothmund définira le réfugié politique comme il suit : « Ce sont ceux qui ont été expressément reconnus comme tels par une disposition interne de la politique d’asile : « (…) les Israélites ne doivent être considérés comme réfugiés politiques (…) que s’ils ont dû fuir pour des motifs d’ordre politique ; le boycottage n’est pas considéré comme un motif de ce genre ».

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Le mémoire de Rothmund apparaît aujourd’hui comme le programme d’action des douze années à venir. Il vise à réduire les trois obstacles d’une politique efficace : l’imprécision dans la définition des indésirables, la souveraineté cantonale, l’insuffisance de la loi de 1931.

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1) Limiter l’accueil aux seuls « réfugiés réellement menacés ». Il prévoit des consignes fédérales excluant les Juifs, les économiques et les communistes.

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2) Diminuer la marge de manœuvre des cantons : centraliser la réglementation de l’asile et amener les polices à transmettre les dossiers au Ministère public qui émettrait des prescriptions sévères. En collaboration étroite avec la Police fédérale, il aurait la compétence de traiter les dossiers des requérants.

7 avril 1933,

Le Conseil fédéral émet un arrêté sur le traitement des réfugiés politiques. Sans suivre entièrement Rothmund, le Conseil fédéral (CF) retient dans l’ensemble ses propositions. Plus autoritaire que lui, il s’appuie sur les articles 102, chiffres 8-10 de la Constitution (Cst) qui réservent au Conseil fédéral la sûreté intérieure et extérieure et les relations avec l’étranger. Ces références situent le plan sur lequel le CF plaçait le refuge. L’arrêté obligeait les candidats à s’annoncer dans les 48 heures à la police qui devait en avertir sans délai le Ministère public. Celui-ci interdirait toute activité politique, interviendrait dans l’octroi de permis de travail et surveillerait les réfugiés avec les polices cantonales. Concernant les étrangers reconnus comme réfugiés politiques par le Ministère public fédéral conformément à l’arrêté du Conseil fédéral du 7 avril 1933.

À suivre

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 16:39

En Allemagne 1925

Hitler est libéré le 25 février 1925. Il reconstitue le parti nazi grâce à la complicité des autorités bavaroises. Fondation des SS (Schutzstaffeln, détachement de protection).

1925

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25 octobre 1925,

Inaugurée sous le régime des pleins pouvoirs, la législation suisse en matière de droit des étrangers reçoit un fondement constitutionnel. La Confédération obtient la compétence pour légiférer en matière d’entrée, de sortie et de séjour des étrangers, c’est-à-dire en matière de police des étrangers. Les cantons conservent le pouvoir (administratif) de prendre les décisions.

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L’article 69ter de la Constitution statue en dernier ressort, en particulier dans les cas de refus d’asile.

1926

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10 juin 1926, conférence de Léon Daudet à Lausanne.

En Allemagne : 1926

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Congrès national-socialiste à Weimar. Deuxième tome de « Mein Kampf ».

11-12 juin 1926, polémique sur la démocratie dans la « Gazette de Lausanne ».

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Octobre 1926, dans le canton de Vaud, le groupe de Marcel Regamey prend le nom d’ « Ordre et Tradition ».

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Novembre 1926,

Vaud : parution du premier « Cahier d’Ordre et Tradition. Entretiens politiques, philosophiques et littéraires ». Ce cahier contient un texte de M. Regamey intitulé « L’ordre dans l’Etat ».

En Allemagne

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Octobre 1926, Hitler nomme Goebbels Gauleiter de Berlin.

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1928

Heinrich Himmler prend la direction des SS.

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Pour le moment, ces nominations ne sont pas « officielles », c’est-à-dire qu’elles sont réelles au sein du parti mais non dans la République de Weimar. Le parti nazi n’est pas encore au pouvoir.

1929

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Rothmund est nommé à la tête de la Division de police où il succède à Ernest Delaquis, il restera encore de très nombreuses années chef de la Police des étrangers, secondé par son adjoint Baechtold.

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« La réduction du nombre des étrangers entre 1920 et 1930 doit beaucoup à son efficacité. Dans cette mission de salut public, ainsi que la définit son collaborateur Ruth, Rothmund acquit une technique puissante et marqua ses collaborateurs d’une empreinte évidente. »

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Parution du projet gouvernemental de la Loi fédérale sur le séjour et l’établissement des étrangers (LFSEE).

1930

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Les Juifs constituaient 0,44% de la population suisse, soit 17'993 personnes, dont 9803 Suisses et 8170 étrangers (23% de la population étrangère) : tel était le nombre dans lequel les frontistes prétendaient déceler la menace d’un « enjuivement ».

En Allemagne, 1930

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Alfred Hungenberg, fondateur de la Ligue pangermaniste et ancien président de la société Krupp rassemble 500'000 militants dans la puissante formation paramilitaire du Casque d’acier.

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Septembre 1930, le Nazionalsozialistische deutsche Arbeiter Partei (NSDAP) avec plus de 18% des suffrages et 107 sièges aux élections devient la deuxième formation politique du Reich. Il compte 200'000 adhérents.

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En ayant presque réussi, les Nazis deviennent plus audacieux, plus visibles et plus cruels.

1931

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Le 26 mars 1931, la LFSEE est adoptée. Elle entrera en vigueur en 1934. Diverses catégories d’étrangers traitées, ne l’oublions pas, par le même service fédéral sur la base de la même loi qui régira leur séjour à tous dès 1931.

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1932

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De 24'208 en 1931, le nombre des chômeurs passe à 54'366 en 1932

En Allemagne

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1932

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26 janvier 1932, Hitler obtient le soutien d’un important nombre d’industriels à la suite de la rencontre de Düsseldorf organisée par le banquier von Schröder, mécène du NSDAP.

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Avril 1932, Hindenburg remporte les présidentielles avec 19 millions de voix, contre 13,4 millions à Hitler.

1933

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4 janvier 1933, Hitler et von Papen décident de former un gouvernement de coalition d’extrème droite.

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30 janvier 1933, Hitler devient chancelier du Reich à la demande de Hindenburg.

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1er février 1933, dissolution du Reichstag.

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4 février 1933, restriction de la liberté d’expression.

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27 février 1933, incendie du Reichstag.

L'incendie du Reichstag

L'incendie du Reichstag

28 février 1933,

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1. Promulgation du décret « pour la protection du peuple et de l’Etat ». Cette ordonnance présidentielle lève la garantie constitutionnelle des libertés fondamentales. Interdiction du parti communiste.

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2. Ouverture du camp de concentration de Dachau.

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Ils sont au pouvoir, c’est le début…

1933

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Printemps 1933,

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Les Juifs suisses avaient donné l’assurance qu’ils financeraient eux-mêmes, sans recourir à l’aide de l’Etat, et avec l’aide des Juifs étrangers, notamment américains, l’œuvre de secours aux réfugiés. Ils réussirent à tenir parole pendant toute la période d’avant-guerre et même au-delà, durant trois ans, jusqu’au moment où se déclencha la grande poussée des réfugiés venant de l’Ouest. Dans son rapport, le professeur Ludwig précise en outre : « Il est certain que l’esprit de sacrifice des Juifs suisses a sauvé des milliers de ces réfugiés qui, sans cela, n’auraient guère pu trouver asile en Suisse. » Une partie de ce financement provint de l’American Joint Distribution Committee.

En 1939, les dépenses de l’Union suisse des comités d’assistance israélites se sont élevées à 3'688'185 francs suisses.

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L’Office central suisse d’aide aux réfugiés (créé le 17 juin 1936) alloua en automne 1938, lors d’une première collecte, quelque 240'000 francs suisses aux réfugiés juifs.

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Le « printemps des Fronts » commence, il durera jusqu’en 1936. Il comporte deux mouvements différents, à savoir :

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1. Ceux qui revendiquent des traditions nationalistes et qui s’apparentent au conservatisme radical, tels que la Ligue pour le peuple et la patrie (Bund für Volk und Heimat).

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2. Ceux qui sont proches des fascistes italiens ou allemands, tels que l’Union nationale de Genève et le National Front.

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Dans ce cadre, le 1er avril 1933, le Vaudois Alphonse Morel représente Ordre et Tradition à la séance constitutive du Front fédéral.

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 17:44

A propos du débat sur l’histoire.

Des faits. Des noms. Des dates

Par : Anne Weill, Karl Grünberg

Association romande contre le racisme (ACOR) Manifeste du 21 janvier 1997. 21 mars 1997

C’est dans cette publication que je vais puiser des textes qui seront des éclairages sur la profonde « nature » de la pensée de nos politiques à l’époque la plus trouble de l’histoire de notre pays, de 1917 à 1954.

Je ne vais pas prendre tout le texte, ça serait trop long et volumineux, mais quelques-uns pour que l’on comprenne bien d’où vient le ressenti d’aujourd’hui face aux étrangers.

Comme le texte de l’Association romande contre le racisme met en parallèle les textes de lois et de l’activité du Conseil fédéral face aux mêmes démarches Allemandes, aux mêmes moments, on a ainsi une vision globale d’une situation qui demande la réflexion : Est-ce que la Suisse réagit à ce que fait l’Allemagne ou anticipe-t-elle par peur aux devenir du pays, face au grand voisin ?

Commençons depuis le début.

Suisse, de 1917 à 1954

1917

21 novembre, ordonnance établie sous le régime des pleins pouvoirs au sujet de la police à la frontière et du contrôle des étrangers. Elle institue le visa obligatoire pour certaines catégories d’étrangers. Elle crée un Office central de police des étrangers et admet, en pratique, que le séjour durable et l’établissement étaient subordonnés à une approbation des autorités fédérales.

1919

17 novembre 1919,

Nouvelle ordonnance établie sous le régime des pleins pouvoirs. Elle remplace la précédente. Elle institue le veto fédéral et le contrôle sur les décisions prises par les cantons en matière de Police des étrangers. Le séjour durable et l'établissement sont clairement attribués aux autorités fédérales.

Un Office central de police des étrangers est créé par ordonnance auprès du Département fédéral de justice et police (DFJP), afin de :

- coordonner les pratiques cantonales ;

- réunir et exploiter les informations sur les étrangers suspects et indésirables.

- Berne ne limitait plus seulement ses compétences à la surveillance des frontières, ou à la délivrance des visas, dont l’Office avait obtenu la compétence en novembre 1918, mais intervenait dans les cantons eux-mêmes. Sa politique visait à lutter contre la « surpopulation étrangère », notion imprécise de la capacité d’accueil. Rothmund entre à la tête de l’Office central de la police des étrangers.

L’instrument de cette politique sera la Police des étrangers.

Trois courants animaient alors le législateur :

- les optimistes, qui proposaient les naturalisations facilitées ;

- les pessimistes, qui voulaient freiner l’immigration (inaltérabilité des caractères ethniques, un certain racisme, préserver les concitoyens de contacts pernicieux) ;

- un courant mineur, qui voulait la réduction de l’émigration des Suisses.

24 mars 1919, dans le canton de Vaud, Marcel Regamey, Richard Paquier et quatre de leurs camarades fondent l’Association monarchique internationale.

1920

Motta défend la thèse modérément optimiste.

29 novembre 1921,

La troisième ordonnance restitue certaines attributions aux cantons mais conserve la même réglementation que celle de 1919. Le veto fédéral continue de constituer l’élément primordial de toute la législation concernant la police des étrangers. « L’on cherchait en premier lieu par ce moyen à parer à un afflux excessif d’étrangers. »

Pendant ce temps, en Allemagne aucune loi n’est sortie de l’administration. La préoccupation de l’Allemagne est de terminer la guerre et de subir la défaite.

Si la Suisse édite des lois sur l’immigration des étrangers, nous devons nous souvenir que de nombreux étrangers voulaient se réfugier dans le pays pour diverses raisons. L’une d’elle, était, pour les déserteurs, fuir la guerre en cours, pour d’autres c’était planquer son argent et bénéficier de la sécurité, d’autres encore cherchait un refuge suite aux persécutions en tous genres qu’ils subissaient ailleurs. La Suisse accueillait volontiers ceux qui avaient de l’argent, ceux qui avaient un statut élevé à contrario de ceux qui étaient miséreux, loqueteux d’une religion douteuse et d’une ethnie indéfinie.

Avant l’introduction de la Police des étrangers, les cantons avaient déjà ce même comportement face à l’immigré, était-il riche et honorable ou pauvre et suspect. Il y avait donc une population qui faisait peur aux autorités et qu’il fallait réguler à défaut de les refouler.

Suivez les liens hypertextes pour en savoir plus sur ces hommes.

1921

Rothmund met son chef, Häberlin, en garde contre l’immigration des Ostjuden (Juifs orientaux) qui, plus que les autres Juifs, auraient incarné l’incapacité de s’assimiler.

1922

En juin 1922, une initiative populaire visant à rendre plus difficiles les naturalisations est refusée à une forte majorité.

1923

Dans le canton de Vaud ont lieu, au cours de l’été 1923, les premières réunions sérieuses de ce qui deviendra le mouvement « Ordre et Tradition ».

1924

Dans la perspective des « pessimistes », la révision constitutionnelle du droit à l’établissement est entreprise.

Les adversaires de l’immigration ont alors notamment précisé : « Jamais les immigrés : Juifs galiciens, Allemands, Italiens, Slaves ne vaudront pour nous les paysans tenaces, économes et laborieux que nous laissons partir sans faire aucun effort pour les retenir. »

Pendant ce temps en Allemagne, la jeune république de Weimar, fragile et tourmentée par les putschs à répétition, lutte pour se maintenir au plan économique et structurel pour redevenir une puissance politique. Agitation politique et crise monétaire vont être les préoccupations de la République pour un moment encore.

En Allemagne : 1923

8 novembre, échec du « putsch de la brasserie » à Munich. Dissolution du parti nazi.

1924

2 juin 1924, un Message du Conseil fédéral écarte la politique libérale pratiquée par les cantons avant-guerre. Il propose une politique ferme destinée à bloquer une fois pour toutes l’accroissement du nombre des étrangers. Dans cette optique, le Conseil fédéral dénonce les immigrés les plus inquiétants, regroupés parmi ceux qui demandaient le séjour en visant l’établissement. Habiles ensuite à se créer des liens dans le pays, ils gagnent vite des appuis et se révèlent inexpugnables. Pour empêcher la formation de telles attaches, une réaction rapide s’impose qui doit être animée d’une ténacité égale.

Remplaçons « immigrés » par « réfugiés » et se dessine l’un des fondements de la politique de l’asile.

En Allemagne : 1924

Hitler est en détention à la forteresse de Landsberg de novembre 1923 au 24 décembre 1924. Il y rédige le premier tome de « Mein Kampf ».

Il est difficile à la lecture seule des textes proposé par ACOR, de sentir la véritable ambiance générale qui régnait en Europe et spécialement sur l’Allemagne qui joue une grande influence sur notre pays.

A suivre

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 15:42

Une avancée technique

Vous roulez dans votre voiture, confortablement installée derrière le volant et vous profitez de la vitesse quand c’est possible.

Autrefois, juste une centaine d’années, la voiture poussive n’allait pas bien vite, limitée qu’elle était par la conception même du moteur. Pour aller très vite dans ces débuts, l’automobile devait avoir une cylindrée monstrueuse, envisageable seulement pour les voitures de courses. C’est en 1912 qu’une grande avancée technique et révolutionnaire imaginée par un Suisse, l’ingénieur Ernest Henry, qui travaillait pour Peugeot, dessine un moteur qui allait être LE MOTEUR qu’il fallait et qui est celui que vous avez, que vos voisins ont, que nous avons tous.

Photo Par Agence de presse Meurisse — Bibliothèque nationale de France, Domaine public.

Photo Par Agence de presse Meurisse — Bibliothèque nationale de France, Domaine public.

Une biographie sur Wikipédia vous en dit plus et suffisamment pour rendre honneur à notre personnage oublié, sans qui il aurait fallu plusieurs années encore pour qu’un autre arrive avec cette idée qui révolutionna l’industrie automobile dans le monde. Il est le premier à assembler 4 soupapes par cylindre avec le double arbre à cames en tête. Révolutionnaire !

Vous apprendrez aussi que Peugeot était pionnier et avant-gardiste et performant avec leurs voitures.

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 16:46
Mauvaise nouvelle

Oui, mauvaise nouvelle que l’annonce faite jeudi que la chaîne alémanique de restauration végétarienne « tibits » s’installera en 2018 à la place de l’ancien Buffet de la gare à Lausanne.

Il a fallu batailler pour conserver les fresques des murs du Buffet de la gare et voilà que le lieu sera « américanisé » pour être à la mode du moment avec le végétarisme. Je ne suis pas contre l’idée de rester en bonne santé en privilégiant la nourriture saine et diminuant la viande, un juste équilibre qui n’enlève rien au plaisir de manger.

Là, c’est un sacrilège que de voir arriver la chaîne tibits en plein cœur de la ville, où la tradition était la cuisine de brasserie, classique et goûteuse, qui avait sa renommée, bien que trop riche, mais qui cadrait bien avec le décor du lieu. Le végétalisme demande un autre cadre, une autre ambiance, plus moderne plus froid qui colle avec la fraîcheur des aliments qui seront proposés. L’anglais sera privilégié pour être à la page, pour que la nouvelle clientèle s’y retrouve. Le Buffet ne sera plus !

Souvenez-vous qu’en face de la gare de Lausanne un bon établissement portant le nom « Les deux gares » fut remplacé par un Mac Donald, alors pourquoi pas un tibits pour accentuer le désastre de la gare qui perd de son charme à chaque modification, à chaque implantation de commerces nouveaux.

Il ne faut pas être nostalgique d’un temps passé, mais le patrimoine que nous mettons tant bien que mal en valeur pour sauvegarder des pierres et des paysages, on disperse le patrimoine alimentaire traditionnel du Pays de Vaud dans leurs lieux de production, bien protégés qu’ils sont par des IGP et nous ne savons plus où les trouver réuni pour en profiter. Auparavant, le Buffet de la gare de Lausanne était le restaurant où l’on avait ce privilège de trouver les produits du lac et ceux de la terre, réuni dans la tradition et dans un cadre unique qui convenait au bien-être.

Avec le futur restaurant végétarien, nous gagnerons peut-être en santé, mais nous perdons de notre identité.

Annexe : article de Bilan

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Published by G.Tell - dans Actualité
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