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19 janvier 2009 1 19 /01 /janvier /2009 13:09

Compte rendu

Sur

L’administration

Pendant l’année 1919

 

Département de justice et police

 

Ecole de réforme des Croisettes

 

§ 1. Renseignements généraux.

 

a) Personnel.

 

Le personnel de direction et de surveillance se compose comme pour 1918 d’un directeur, d’un instituteur, d’un surveillant-chef, de quatre surveillants, dont deux maîtres de métier, d’un domestique de campagne, d’un vacher, d’un porcher, d’une cuisinière, d’une lingère et d’une aide-lingère. Un pasteur remplit les fonctions d’aumônier et un professeur donne des leçons de gymnastique.

M. Auguste Reymond a cessé le 1er octobre 1919 ses fonctions de directeur, ensuite de démission, après 26 ans d’une féconde et laborieuse activité. Le Conseil d’Etat lui a fait exprimer, ainsi qu’à Madame Reymond et à leur famille, toute sa reconnaissance pour le dévouement et la conscience avec lesquels ils ont rempli leur lourde tâche et pour les résultats obtenus. M. Reymond a été remplacé par M. Paul Diserens, agriculteur et conseiller communal à La Sallaz.

Le surveillant démissionnaire, M. Cauderay, a été remplacé par M. Henri Delisle ; le domestique de campagne, M. Henri Rod a pris les fonctions du surveillant de campagne et M. Henri Groux a été nommé domestique de campagne.

Mlle Marie Reymond, aide-lingère, démissionnaire pour le 1er octobre 1919, a été remplacée par Mlle Germaine Corbaz.

 

b) Instruction.

 

1. Ecole. Les élèves suivent généralement les leçons avec plaisir et les succès de quelques-uns sont vraiment encourageants. Plusieurs d’entre eux témoignent cependant beaucoup d’indifférence pour l’instruction ; un petit nombre d’anormaux sont réfractaires à tout progrès. La discipline à l’école est généralement bonne, malgré la diversité d’âge et le grand nombre d’élèves. Le zèle et l’application sont les qualités qui font le plus souvent défaut. La direction voue aussi toute sa sollicitude à l’éducation morale.

 

2. Travaux agricoles et industriels. Les travaux agricoles et les soins à donner au bétail sont assez goûtés de nos jeunes gens dont l’intérêt est éveillé par l’ordre apporté à l’exploitation. Les élèves bien disposés ont toutes les facilités pour se mettre au courant des différentes opérations d’un domaine de rapport.

La culture des légumes occupe un certain nombre d’élèves disposés à se vouer à cette branche.

L’atelier de menuiserie, dirigé par un surveillant expert dans le métier, donne aussi de bons résultats. Chaque année 2 ou 3 élèves passent l’examen officiel d’apprentis d’une façon très convenables. Dans le courant de cette année, tout particulièrement, de beaux meubles ont été confectionnés dans l’atelier de l’Ecole de réforme.

Les leçons de petite menuiserie, données par l’instituteur, ont été reprises cette année ; ces petits travaux intéressent les élèves et contribuent à éveiller chez eux l’intelligence et le savoir-faire.

 

3. Exercices physiques. Ils consistent en deux leçons de gymnastique par semaine complétées par des cours de natation pendant la belle saison.

 

c) Instruction religieuse.

 

L’instruction religieuse est donnée avec beaucoup de sollicitude par l’aumônier. 10 élèves ont été admis à la Sainte-Cène.

L’instruction religieuse catholique est enseignée aux élèves de cette confession, une fois par semaine, par l’un des vicaires de la paroisse de Lausanne.

Le 28 décembre, à 3 heures de l’après-midi, a eu lieu la fête de Noël. Les élèves, les plus méritants ont reçu, à titre d’encouragement, un beau livre et cette récompense contribuera certainement à stimuler le zèle et la bonne conduite de ceux qui ont à cœur de vouloir se corriger.

 

d) Evasions.

 

Malgré toute l’attention et le zèle mis par le personnel à la surveillance des élèves, nous avons eu cette année 5 évasions. Un des fuyards a réintégré l’Ecole peu de jours après ; un autre, qui avait été arrêté, a été conduit dans un autre établissement pour y terminer sa peine ; 3 n’ont pas encore été repris et auront sans doute passé la frontière.

 

e) Conduite et divers.

 

D’une façon générale, la conduite a été bonne. Quelques élèves se sont montrés cependant anormaux, réfractaires à l’éducation, ou encore pervers et anormaux. Les punitions ont la plupart du temps pour origine le manque de zèle et d’application, la désobéissance, le mensonge et la dissimulation. Quelques élèves sont absolument indifférents aux corrections et laissent peu d’espoir d’amendement.

Par suite du manque de place aux Croisettes, 5 garçons étaient internés à la Colonie de Serix au 31 décembre 1919.

Ensuite des démarches de la direction et du bienveillant concours du Comité de patronage des détenus libérés, un certain nombre de nos jeunes gens ont été placés très avantageusement à la campagne comme aides, dans des familles ou encore chez des maîtres d’état. Le résultat, d’une façon générale, est bon et nous avons pu constater que plusieurs de nos anciens élèves avaient suivi la bonne voie. D’autre part et, comme ombre au tableau, nous avons à signaler les réintégrations à l’Ecole, de quelques incorrigibles qui n’ont pas voulu faire honneur à leur libération conditionnelle.

 

f) Renseignements sanitaires.

 

L’état de santé de nos élèves a été très satisfaisant toute l’année ; un seul, atteint de scarlatine a été évacué sur l’Hôpital cantonal, d’où il est sorti guéri et a été remis à ses parents.

 

§ 2. Renseignements statistiques.

 

a) Effectif.

 

Au 31 décembre 1918, le nombre des élèves était de  …... 52

Augmentation pendant l’année 1919…………………….....46

Diminution pendant l’année 1919………………………..….50

                                                                                       ------------

                                     Reste au 31 décembre 1919………..48

 

b) Libérations.

 

La classification des 50 élèves sortis pendant l’année 1919 est la suivante :

 

1. Rentrés dans leur famille………………………………..30

2. Placés à la campagne……………………………………. 8

3. Placés en qualité d’ouvrier……………………………….1

4. Transféré à la Colonie de l’Orbe…………………………1

5. Transféré dans un établissement similaire………..…….1

6. Expulsés ou renvoyés au canton d’origine……….……6

7. Evadés non-réintégrés……………………………………3

                                                                                          -------

                                                                                                  50

Sur le nombre total des libérations, 19 sont conditionnelles.

 

c) Classement des élèves.

 

a) D’après la durée de l’internement ordonné : Admis provisoirement 6, préventivement 1, jusqu’à amendement et nouvelle décision de la Justice de Paix 9, pour un temps indéterminé, soit nouvelle décision du Conseil d’Etat 17, en vertu de l’article 33 ter de la loi du 22 mai 1901, sur l’organisation des établissements de détention 3, à la demande des autorités du canton de Genève 6. = 46 élèves.

 

b) D’après leur nationalité : Vaudois 29, Bernois 4, Neuchâtelois 4, Genevois 1, Lucernois 1 Fribourgeois 1, Italie 2, France 2, Roumanie 1, République Argentine 1 = 46 élèves.

 

c) D’après leur âge : 19 ans 1, 18 ans 6, 17 ans 11, 16 ans 10, 15 ans 8, 14 ans 3, 12 ans 2, 11 ans 1, 10 ans 1, 9 ans 1, 8 ans 2 = 46 élèves.

 

d) D’après leur confession : Protestants 39, catholiques 5, autres religions 2. = 46 élèves.

 

e) D’après leur profession : Agriculteurs 7, apprenti menuisier 1, garçon boucher 1, horloger 1, étudiant 1, nettoyeur 1, porteur de pain 1, sans profession 33. = 46 élèves.

 

f) D’après la nature du délit : Sur la demande des parents ou tuteurs 12, vols avec ou sans effraction 20, mauvais traitements envers les animaux 1, refus d’obéissance 1, mauvaise conduite persistante 4, tentative d’assassinat et d’extorsion 1, escroquerie 1, outrage aux mœurs 1, abus de confiance 1, vol et brigandage 1, vagabondage 1, réintégrations 2 = 46 élèves.

 

Suit les comptes d’exploitation de l’Ecole des Croisettes, dépenses et entrées pour tous les postes couvrant l’administration et l’exploitation agricole pour 1919 en regard de l’année 1918.

 

Si cela vous intéresse, je peux toujours vous recopier les sept pages de chiffres et d’informations certes intéressantes sur l’exploitation du domaine des Croisettes et qui donne un cliché d’une époque, de quel genre de travaux les élèves avaient en charges et les bénéfices que cela rapportaient à l’Etat.

 

http://images.google.ch/imgres?imgurl=http://www.musees-vd.ch/fileadmin/groups/19/Image/expo2005/Expo2005_12.jpg&imgrefurl=http://www.musees-vd.ch/fr/acv/expositions/anterieures/2005/&usg=__cCGZsdk9P7GlevoXzeIbSzD6QTg=&h=530&w=800&sz=71&hl=fr&start=1&tbnid=ZEoK6nsoNJ0gFM:&tbnh=95&tbnw=143&prev=/

Exposition 2005 crime et châtiment

 
département de justice et police du canton de vaud 1919, internet, gtell

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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 18:07
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13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 19:35

Trouvé aux puces un livret fort bien élaboré pour un certificat d’assurance.

 

La Société Vaudoise de Secours Mutuels, délivrait à ses sociétaires ce livret dans lequel on pouvait y trouver, sur la page de couverture (photo 1) le nom de l’assurance et pour qui il a été réalisé ; au haut de la première page (photo 2) une devise entourant une ruche à l’ancienne, Humanité, Egalité, Travail, puis le nom de la société et plus bas les données personnelles du contractant. La page suivante (photo 3) le système d’assurance choisi par le sociétaire ; dans le cas présent, le « A » pour maladie et accidents, pour une indemnité journalière de 2 francs pour une cotisation mensuelle de 2.40 francs. Page 3 titrée : Changements de la combinaison d’assurance ou de l’indemnité journalière, (photo 4) qui permettait au sociétaire de modifier son assurance au besoin ; les deux pages suivantes permettaient d’inscrire les changements de domicile, de canton ; en page 6 les Renseignements Généraux, (photo 5) Aux comités de sections, Aux commissaires et Aux sociétaires, avec en bas de page, sous Recommandation, les devoirs de tous pour faire la promotion des avantages que procure la Société et ainsi recruter de nouveaux adhérents.

Suivent les Statuts de la Société Vaudoise de Secours Mutuels, (photo 6) pour l’année 1914, avec 139 articles, comme tous les contrats d’assurances, les statuts sont écrits et donnés à lire à ses sociétaires.

La dernière page de ce livret est déchirée et manque.

Puis un feuillet plié en deux et prisonnière d’une ficelle qui la rattache au livret ; là sont les preuves de payement du sociétaire. (photos 7, 8 et 9)

 

Pour qui a-t-il été délivré ?

 

Monsieur Alexis Chamorel, agriculteur à St. Triphon, né en 1858, a été reçu membre de la Société le 1 mars 1884.

Le feuillet restant (il est probable qu’il y avait d’autres feuillets « preuve de paiement ») est complété pour l’année 1920, puis 1922 et la moitié de 1923. (Où est l’année 1921 ?).

Depuis l’âge de 39 ans jusqu’à juin 1923, 26 années de cotisations ne pouvaient être gardées ici retenues par une ficelle…seule la page avec l’année en court de paiement et pouvant montrer quatre années de cotisation devait être présente dans le livret. Cette page restante montre donc que les cotisations ont été payées jusqu’en juin 23 quand notre agriculteur avait 65 ans.

Plus de timbre pour juillet 1923, cela veut-il dire que la faucheuse est passée par-là ?

Délivré du paiement à cause d’une maladie ou d’un accident, M. Chamorel a-t-il bénéficié d’une indemnisation depuis juillet 1923 ?

Quand cela s’est-il arrêté ?

Rien ne dit plus que ce qui est visible dans ce livret.

 

En lisant les statuts, on apprend que le paiement des cotisations devait se faire au chef de section, pour St. Triphon à Ollon section N° 26, que celle-ci devait chaque trimestre rendre des compte au siège de la Société, que les commissaires sont chargés de la surveillance des sociétaires malades et en tiennent le contrôle, s’assurent que le sociétaire a bien payé ses cotisations, qu’il est bien soigné, lui remettent le formulaire de déclaration de maladie, prennent note de leur première visites et suivantes, ainsi que des observations qu’ils peuvent faire sur le malade. (Véritable travail de police !)

 

Avantage de cette époque, beaucoup moins de papier entre l’assurance et l’assuré, pas comme aujourd’hui où l’on croule sous le papier.

Photo n° 1
photo n° 2
photo n° 3
photo n° 4
photo n° 5
photo n° 6

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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 13:45

 

Colonies

Suisses sur l’Ohio.

Une autre émigration de paysans de l’évêché et du Canton de Bâle et de la partie réformée d’Appenzell, forte de deux cents personnes de tout âge et de tout sexe, qui s’embarqua aussi à Bâle en 1789, devait habiter un pays montagneux près des sources du Kentucky. Quelques-uns y sont effectivement établis et y mènent la vie pastorale, uniquement occupés du soin des troupeaux : mais des mésintelligences entre les chefs, des promesses hasardées, des divisions intestines ont rompu le premier lien qui les associait en quittant leurs montagnes, et la plus grande partie de ces colons se sont dispersés sur la vaste surface du Kentucky : on en trouve plusieurs dans le comté de Lancastre. Une personne qui les vit partir de Bâle sur une barque portant le mot América dans son pavillon, décrit ainsi leur départ : « C’était une scène bien touchante, de voir ces émigrants, embrasser pour la dernière fois leurs parents accourus sur les bords du fleuves, et regarder avec une émotion inexprimable ces montagnes natales qu’ils ne reverront plus : d’entendre les vœux et les bénédictions qui les accompagnaient ; d’être témoin des signes de souvenir, par lesquels prêts à disparaître, ils correspondaient encore de loin aux regrets de la foule qui les suivait des yeux. Puissent-ils dans cette terre de liberté ne pas regretter celle qu’ils ont quittée, et retrouver au pied des Appalaches ou des montagnes bleues une image des lieux où ils ont pris naissance ! puissent-ils, près de leur nouvelle habitation, avoir une colline, un torrent, un bois, un rocher, auxquels ils transportent le souvenir et les noms chéris des collines, des torrents, des bois et des rochers de la Suisse ! Peut-être un jour un de nos neveux voyageant en Amérique, entendra chanter dans quelque vallée solitaire des chansons Suisses, reconnaîtra la simple architecture des chalets des Alpes et du Jura, et pourra tendre une main helvétique à des concitoyens, qui sans avoir vu leur ancienne patrie, en conserveront encore l’amour, le langage et les vertus. Peut-être même nos descendants se retireront vers eux à travers les mers, élèveront leurs enfants dans le travail, l’égalité et les mœurs simples de leurs ancêtres, et les rendront dignes de conserver et de porter le nom de Suisse dans le nouveau monde, etc. » (Course de Bâle à Bienne, édition de 1789, pages 152 et suivantes)

La population des Etats-Unis s’accroît par une progression toujours plus rapide : on compte que depuis leur indépendance, l’Europe y verse annuellement 40'000 émigrants. Voici une nouvelle preuve des progrès étonnants de leur population. « En 1798, dit J.-J. Dufour, je traversais le pays d’Ohio, de Wheeline à Limestown. Sur cet espace d’environ 100 lieues, on comptait alors tout au plus quinze maisons : en 1801 que je fis le même chemin, je trouvais une ville naissante à Chillicotha et toute la route qui se peuplait. Aussi ce pays fut érigé en Etat en 1802 : y repassant pour la troisième fois en 1806, il y avait autant de villes et de villages, qu’il y avait de maisons 8 ans auparavant. »

On croit généralement en Europe que les colons du Suisserland ont beaucoup à craindre des Sauvages qui habitent au Nord Ouest de l’Ohio. Mais c’est vraiment une terreur panique : leur nombre est si petit, qu’on n’a absolument rien à en redouter, et qu’ils sont plutôt des objets de pitié que de frayeur : le gouvernement travaille à civiliser ces faibles restes de tribus autrefois nombreuses ; mais que l’abus des liqueurs fortes, la petite vérole et leurs propres divisions ont presque anéanties : dans ce but louable, il achète leurs pelleteries à haut prix ; il leur donne en échange des marchandises dont ils ont besoin en dessous de leur valeur ; il leur fournit gratuitement des instruments d’agriculture ; il empêche par tous les moyens possibles qu’on ne leur porte de l’eau-de-vie, qui est un véritable poison pour eux. Ces Sauvages (dit M. James Smith, qui a été plusieurs années prisonniers parmi eux, et qu’ils ont fini par adopter) sont généralement paisibles, patients, doux et hospitaliers envers les étrangers, avec lesquels ils partagent volontiers leurs petites provisions. Ils ont beaucoup de respect pour les vieillards, qu’ils appellent par honneur père ou oncle, et sont soumis à des chefs qui n’ont de titres pour commander que l’âge et l’expérience. Ils ne manquent dans leurs petites guerres ni de ruse ni de courage : mais ils sont malpropres dans leur nourriture et dans leurs vêtements ; ils ont la passion de l’eau-de-vie, dont l’ivresse les rend furieux : ils montrent beaucoup de répugnance pour les travaux de l’agriculture, auxquels ils préfèrent la chasse et la pêche, qui les rendent plus indépendants. Ils fument habituellement du tabac mêlé de feuilles de Sumac et d’écorce de saule rouge. Le Calumet est aussi chez eux le signe de l’amitié et l’emblème de l’amour. Ils continuent à se peindre une partie du corps, et ils n’ont rien changé à leur ancienne manière de se vêtir. Quand ils se rencontrent, ils se saluent en disant : vous êtes mon ami ! la réponse d’usage, votre ami, je le suis… ou bien, cousin ! êtes-vous encore en vie ? et on répond, certainement que je vis encore ! L’éducation qu’ils donnent à leurs enfants n’est pas sévère : ils ne les battent jamais ; le châtiment le plus rude qu’ils leur infligent, consiste à les plonger dans l’eau froide. Aussi remarque-t-on que leurs enfants sont plus soumis en hiver qu’en été. Ils fréquentent peu les colonies, et il est très rare d’en voir dans le Suisserland, où l’on est en parfaite sécurité du côté de ces tribus indigènes.

(Extrait des notes manuscrites de J.-J. Dufour de Montreux)

 

 1815

 

 

http://venoge.org/workshop-2008.htm les amis de la Venoge US

http://www.vevayin.com/ site de Vevay Switzerland

http://fr.wikipedia.org/wiki/Comt%C3%A9_de_Switzerland

http://home.insightbb.com/~geneo.sales/switzerland.html si vous avez un ancêtre aux US

 

Curiosité http://www.swisswinefestival.org/

gtell, conservateur suisse, internet.

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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 12:53

Fondée en 1814


La Venoge...
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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 12:20

Colonies

Suisses sur l’Ohio.

Les nouveaux venus ont racheté le climat par quelques accès de fièvres intermittentes : en 1805, ils furent tous attaqués d’une épidémie bilieuse : les Suisses se rétablirent, mais quelques Américains y succombèrent. Depuis sa traversée, la colonie n’a perdu que cinq individus ; un homme mort de la fièvre jaune en passant à Philadelphie ; un colon de Blonay tué d’un coup de pied de cheval ; une femme âgée et un enfant, morts de maladies ordinaires ; et un jeune homme emporté par le Heimvé, ou le mal du pays. Ce dernier, né aux environs de Cossonay, avait été d’abord maître d’école ; dégoûté de ce genre de vie, il passa dans les Etats-Unis, et entra dans la verrerie de la Nouvelle Genève, colonie située sur le Monongala, à l’Ouest de la Pennsylvanie. De là il se rendit dans le Suisserland, et y tomba malade du regret de sa patrie : avant de mourir, il exprima ses regrets dans une chanson originale et mélancolique, qui peignait l’état de son âme sur ces rivages lointains. Sorti de Cossonay avec 15 louis pour faire sa route, il a laissé au bout de 3 ans 600 livres de Suisse, qu’on a soigneusement remis à ses frères, qui, s’il eût vécu, avaient dessein de le joindre dans le Suisserland.

On cultive beaucoup d’arbre à fruits dans les vergers ; entre autres la pêche, dont les Américains font une excellente eau-de-vie, qu’ils appellent Peachbrandy. Les principaux arbres indigènes sont sur le plateau, le hêtre, le frêne noir et blanc, le noyer noir dont le brou tient à la noix, le marronnier d’Inde, le cerisier à grappes, l’acacia épineux et le noir ; le hacheri des Américains, qui a la feuille de l’ormeau, le fruit du cerisier et le bois blanc ; l’érable à sucre, qu’on multiplie avec soin autour de la colonie Suisse : les mêmes arbres croissent aussi sur les collines, et l’on y voit de plus le chêne, le sumac et le noyer Hicory, dont la noix quitte le brou. Les botanistes y remarquent une grande variété de plantes graminées et légumineuses très propres à la nourriture du bétail. L’herbe dominante est une espèce de pois bisannuelle, qui ne fleurit qu’en septembre, et dont les Sauvages recueillent les grains, pour les manger en hiver.

Pour aller du Suisserland à la mer par eau, on descend par l’Ohio et par le Mississipi ; c’est un voyage d’environ 500 lieues : la navigation est sans danger et praticable en toute saison : l’endroit de la mer le plus voisin, en y allant par terre, est à 160 lieues dans la Caroline Nord, par un chemin assez praticable, mais peu fréquenté.

S’il fallait arroser les prés, il n’y aurait aucun moyen d’irrigation que de pomper les eaux de l’Ohio : les petites rivières qui traversent la contrée sont toutes trop profondément encaissées, pour qu’on puisse en tirer parti. On ne peut avoir de fontaines jaillissantes qu’à grands frais ; mais chaque colon tire une eau excellente de puits creusés à 50 pieds, dans un beau gravier calcaire, qui repose sur un roc de même nature. Les petites rivières ne peuvent porter bateau, que quand l’Ohio qui les reçoit, y fait refluer ses eaux grossies à certaines époques : les principales sont le Plombkreeck, le Loglickreeck et la Venoge ; le fondateur de la colonie a donné ce nom à cette dernière, en souvenir de la jolie rivière qui traverse le Canton de Vaud : pour qu’il lui reste, il l’a fait consigner sur les plans du Bureau de terres concédées

A 160 lieues du Suisserland, dans le district de Beaufort, Caroline-Sud, est la petite ville de Purisbourg, située sur la rive gauche de la Savannah, à 37 milles de son embouchure dans l’Océan : elle ne compte encore qu’une soixantaine de maisons avec une église ; elle a pris son nom de son fondateur Jean-Pierre Pury de Neuchâtel, qui y conduisit en 1735 une colonie tirée de divers Cantons Suisses, dans le but principal d’y établir la culture de la soie ; mais comme d’après le préjugé dont il a été parlé précédemment, on détruisit les murier indigènes pour leur substituer les muriers d’Europe, les colons, en attendant qu’ils eussent pris l’accroissement nécessaire, se mirent à cultiver le tabac, l’indigo et le riz, et trouvant ensuite ce travail assez lucratif, ils abandonnèrent l’entreprise de la soie, quoiqu’ils eussent fait quelques essais assez heureux : on dit qu’ils y reviennent depuis quelque temps.

A 50 lieues de Suisserland, se trouve une autre colonie Suisse, composée en grande partie de huitante familles du Canton de Bâle, qui après avoir vendu tous leurs biens, partirent de Bâle sur deux grandes barques le 5 mai 1803, et quittèrent leur patrie en chantant en chœur des cantiques sacrés : elle s’est établie dans l’état d’Ohio sur une des branches Occidentales du Muskingum : comme elle était bien fournie d’argent, elle a acquis à son arrivée une partie des terres données par le congrès au général Kosciusko, en récompense des services qu’il avait rendus comme adjudant de Washington, pendant la guerre de l’indépendance : elle est dans le voisinage de la ville de Salem, habitée par les frères unis (Moraves). Cette colonie cultive une contrée assez fertile, mais moins sèche à cause de ses marais, et plus froide que le Suisserland : elle laboure des champs ; elle opère de grands défrichements pour se procurer des pâturages ; elle essaye tout récemment de cultiver la vigne : elle fait des fromages à la manière Suisse ; mais ils n’ont pas encore un débit assuré, parce que les Américains donnent la préférence au fromage de Chester. Les seuls fromages Suisses qui se soient vendus 7 batz la livre en gros, ont été fabriqués par un vacher de Château-d’Oex dans l’état de New-Yorck, sur des fonds appartenant à M. le docteur Cart de Morges : ils valaient, dit-on, ceux de Gruyères.

A suivre...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Comt%C3%A9_de_Switzerland 

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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 10:56

Colonies

Suisses sur l’Ohio.



« Il est donc hors de doute, que la vigne s’établira dans les Etats-Unis, et que les Européens perdront cette importante branche de commerce : personne n’est plus en état de réussir dans cette entreprise que les citoyens Dufour : ils sont partis de Montreux convaincus que la Providence les avait destinés à introduire la vigne dans le Nouveau monde ; ils aiment à s’appeler les Noé modernes : avec une telle conviction on est presque assuré du succès : car à moins d’impossibilité physique, l’homme peut tout ce qu’il veut fortement. » Ainsi s’exprime l’auteur de l’avis à ceux qui se proposent de passer dans les Etats—Unis (page 87). Dans ce nouveau vignoble, les ceps sont plantés à six pieds de distance ; l’intervalle vide est labouré avec la charrue ; on essaye aussi la méthode des utins, c’est-à-dire d’appuyer et de faire monter les ceps sur des pieux de huit pieds de haut : mais ce mode de calcule a besoin d’être perfectionné ; pour cela il faut de l’expérience et des observations suivies pendant quelques années.

 

La colonie se propose aussi de fabriquer des fromages ; elle en a déjà fait quelques petites pièces, qu’on a prises pour du Chester : mais elle est encore trop peu fournie de bestiaux, pour essayer ces grands fromages, qui exigent le lait d’une cinquantaine de vache au moins. Comme les pâturages du Suisserland sont excellents et d’une vaste étendue, on y introduit des moutons à laine fine, qui augmenteront les produits de cette contrée. Il en sera de même de la soie, dont un préjugé funeste a longtemps retardé la culture : on s’imaginait que le murier noir d’Amérique ne valait rien, et qu’il fallait y substituer le murier blanc d’Europe ; maintenant il est avéré que le murier indigène n’est ni le noir ni le blanc, mais une espèce intermédiaire, qui convient parfaitement aux vers à soie des Etats-Unis. En 1802, Jean-Jacques Dufour en fit éclore dans le Suisserland ; il les nourrit uniquement avec les feuilles du murier Américain : ils réussirent à souhait, firent de très beaux cocons, dont un seul donnait jusqu’à mille pieds anglais, d’un fil reconnu plus fort que le fil de la soie commune d’Europe. Il a de plus prouvé, qu’on peut très aisément y faire deux récoltes de soie par an, puisque le murier dépouillé de ses feuilles fait une seconde pousse pour une seconde couvée : ce murier d’Amérique vaut donc mieux que celui d’Europe, parce qu’il a les feuilles beaucoup plus grandes, qu’il les reproduit jusqu’à trois fois d’une année, qu’il se multiplie aisément et croît assez vite. Ainsi la récolte de soie peut devenir conséquente dans quelques années, lorsqu’il y aura plus de bras pour s’en occuper qu’il n’y en a à présent.

L’air du Suisserland est généralement sec et sain : les saisons correspondent assez bien à celles du Pays-de-Vaud. Les pêchers fleurissent au commencement d’avril ; les fraises y sont mûres dès les premiers jours de mai ; on épampre la vigne au milieu du même mois : la moisson commence avec juillet ; les pommes, les poires, les pêches et les raisins ont atteint leur maturité à la fin de septembre. L’hiver y est à peu près comme à Berne et l’été comme à Vevey : il est rare que le thermomètre de Réaumur descende en hiver à 20 degrés sous zéro, et qu’il monte en été au-dessus de 28 degrés. Une bise assez forte remonte l’Ohio tous les jours de la belle saison pendant quelques heures ; et souvent au milieu de la nuit, un brouillard humide, mais sans mauvaise odeur, s’élève du lit de la rivière et ne se dissipe qu’une heure après le lever du soleil : il préserve la vallée des gels tardifs du printemps, ce qui est très avantageux aux cultivateurs.

 A suivre...

 

Venoge creek

 

La Venoge
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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 12:11

Phoenix Hotel, Vevay, 1888


Musée historique, Vevay

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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 11:57

Colonies

Suisses sur l’Ohio.


En arrivant, ils trouvèrent que quelques pauvres Américains s’étaient établis sans permission sur leur terrain. Ils auraient pu à toute rigueur les renvoyer, sans les indemniser ; mais ils crurent équitable de les dédommager des travaux du défrichement commencé par eux : ils les traitèrent donc comme s’ils eussent été leurs fermiers pour le terme de 6 ans, et en gardèrent même comme domestiques quelques-uns, qui savaient manier la hache.

La colonie naissante se hâta de planter des boutures tirées des premières vignes, et de semer du maïs pour sa nourriture : puis elle s’occupa à construire des habitations plus commodes que les grossiers hangars faits par les Américains qui l’avaient précédée, et elle activa les défrichements et les éclaircis préparatoires aux divers espèces de cultures. Leurs fermes sont et seront, autant que possible, distribuées sur le même plan d’économie rurale, vignes, vergers, prairies, champs de blés et de maïs ;  quand la population sera plus forte, le flanc des coteaux qui s’élèvent au Sud-est sera converti en vignoble, leur sommet en pâturages. Chaque colon vit du produit de son domaine : quelques-uns aiment mieux acheter les farines nécessaires des bateaux qui descendent l’Ohio, que de cultiver eux-mêmes le froment. Leur principale nourriture est le pain de maïs, qu’on cuit tous les jours pour l’avoir plus frais ; les salaisons de porcs, qu’ils élèvent en grand nombre ; les patates douces et les divers laitages. La chasse les occupe rarement ; cependant quelquefois ils montent sur leurs bateaux, pour aller tuer les cerfs qui tentent de passer l’Ohio à la nage, et pour ramasser les coqs d’inde sauvages, (dindons ?) qui s’étant engraissés pendant l’hiver, tombent dans la rivière, en volant par-dessus. Les chasseurs du voisinage leur fournissent le gibier à bon marché : un coq d’inde, de 20 à 25 livres, se vend une dizaine de batz ; et un cerf de 80 livres ne coûte guères qu’une piastre : quand les colons les achètent, ils les payent le plus souvent en patates de leur cru, dont les chasseurs ont besoin surtout au printemps. Jusqu’à présent le Suisserland n’a eu à vendre que du beurre, des salaisons de porcs, des patates et quelques volailles, que les passagers qui descendent l’Ohio payent argent comptant : comme chaque famille fait annuellement un quintal et plus de sucre d’érable pour son usage, elle en a quelquefois à vendre ou à échanger. Les femmes de Montreux ont commencé à fabriquer de jolis chapeaux de paille à la vaudoise, qu’elles débitent avantageusement dans l’intérieur du Kentucky. La colonie relève de la cour de justice du comté, composée d’un juge de paix et de quelques assesseurs, nommés par le gouvernement.

Ce n’est pas sans peine que la vigne s’est introduite et acclimatée dans le Suisserland. On avait d’abord essayé des plans tirés de Bordeaux et du Pays-de-Vaud, qui n’ont pas réussi, parce qu’on ne connaissait pas encore le climat : sur 20'000 pieds de 30 espèces différentes de raisins, à peine 200 ont repris ; mais les recoupe de ces 200 pieds ont été ensuite plantées et cultivées avec le plus grand soin ; et quoiqu’on n’ait commencé ce petit vignoble qu’en 1799, il y a maintenant plus de 40'000 ceps vigoureux tant sur l’Ohio qu’à Firtsvinegard. C’est seulement en 1803 qu’on s’est assuré qu’il n’y avait que deux sortes de plans propres à ce climat, savoir le Madère et le Cap. Les colons ayant depuis observé, que l’été est plus nuisible à leurs nouveaux plans que l’hiver, se bornent maintenant à ces deux espèces, tirées des vignobles les plus chauds qu’on connaisse. Jean-Jacques Dufour a déjà fait sur l’Ohio quatre petites récoltes d’un vin qui ressemble aux vins d’Europe crus dans les mêmes parallèles ; s’il n’a pas encore été satisfait de la quantité, il l’a été de la qualité : au commencement les oiseaux faisaient beaucoup de mal au raisin ; mais à mesure que les défrichements s’étendent, les oiseaux s’éloignent et leurs déprédations diminuent. Quand ce vignoble sera bien établi et plus étendu, il y aura beaucoup à gagner pour le vigneron, parce que dans l’intérieur des Etats-Unis, le vin sera longtemps à un très haut prix, tant à cause des droits d’entrée, que des frais de transport. Les bords de l’Ohio offrent une contrée très favorable à ce genre de culture, et les nouvelles vignes ne tarderont pas à y avoir une valeur considérable, vu la certitude de l’écoulement dans le pays où le vin est rare et par conséquent très cher.

A suivre

http://venoge.org/workshop-2008.htm les amis de la Venoge US

http://www.vevayin.com/ site de Vevay Switzerland


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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 13:05

 

Colonies

Suisses sur l’Ohio.

 

Jean-Jacques Dufour, né dans la paroisse de Montreux au canton de Vaud, ayant formé le dessein d’introduire la vigne dans les Etats-Unis, quitta la Suisse en 1796, et passa en Amérique. Il employa près de deux ans à parcourir le pays pour chercher un local propre à son entreprise. En 1798, il acquit et défricha un terrain boisé sur les bords du Kentucky, à 22 milles anglais de Lexingstown (en réalité Lexington). Cet endroit prit et conserve le nom de Firstvinegard, premières vignes. L’année suivante, un jeune Lausannois acheta une ferme à un mille en dessous. En 1801, dix sept personnes tant de Montreux que de Blonay vinrent fonder la colonie et travailler au nouveau vignoble. De ce nombre étaient six frères et sœurs de Jean-Jacques Dufour. En 1803, la colonie Vaudoise se partagea : une partie resta à Firstvinegard ; l’autre se transporta dans le comté de Dearburn( ?) sur les bords de l’Ohio, à 30 lieues des premières vignes, et appela son établissement Suisserland, (Switzerland), le pays Suisse. Ce nom, inscrit officiellement dans les contrats de vente, restera à la contrée, et deviendra sous peu celui d’une des subdivisions du vaste comté de Dearburn, quand sa population sera plus nombreuse. En 1804, deux familles des environs de Cossonay, une de Vevey et une de la Vallée du Lac-de-Joux, arrivèrent dans le Suisserland ; et l’année suivante, quatre autres individus Vaudois. Outre une vingtaine de familles Américaines, il y a maintenant dans le Suisserland trente-cinq colons Suisses ; douze à Firstvinegard, et une dizaine disséminés dans le Kentucky ; en tout cinquante-sept.

L’Ohio, large d’environ 1000 pas, divise la comté en deux : sur sa gauche est le Kentucky, qui forme un Etat de la Confédération. Sur la droite est l’Indiana, qui restera un gouvernement, jusqu’à ce que sa population toujours croissante lui permette de former un Etat distinct. Dans l’Indiana est le Suisserland, situé à 38° 45 mn. de latitude, et 10° 45 mn. de longitude Ouest de Philadelphie. Il se trouve à 20 lieues au-dessous de Cincinnati ; à 20 lieues au-dessus de Louisville ; à égale distance de Francfort, chef-lieu du comté de Kentucky ; à 15 lieues de Georgetown, capitale du comté de Scott ; et à trois lieues seulement de Porstwilliams, ( ?) chef-lieu du comté Gallatin, près du confluent du Kentucky et de l’Ohio. Une grande route arrive de l’intérieur du Kentucky au bord opposé de l’Ohio, et une autre communique de Cincinnati à Porstwilliams, à travers le Suisserland. Les premiers Suisses qui y arrivèrent achetèrent 1800 acres de terrain, à deux piastres l’acre de 1135 toises, mesure de Paris : ceux qui les suivirent en 1801, en acquirent 2500 au même prix, mais à la condition favorable de n’acquitter le prix d’achat qu’en 1814, et de n’en payer aucun intérêt jusqu’à ce terme. C’est le seul encouragement qui ait été donné à cette colonie, et qui lui vaudra environ 6000 francs. Le terrain acheté a été divisé en portions d’environ 200 acres, qui toutes aboutissent à l’Ohio par un front de 300 pas : les colons sont convenus de bâtir chacun son habitation sur sa propriété, le long d’une route large de 100 pas, parallèle à la rivière et plantée de 4 lignes d’arbres. On a réservé au centre un espace d’environ 12 arpents, pour y bâtir un temple qui servira aussi d’école, pour y faire un cimetière et y préparer un jardin destiné au Ministre, (pasteur), qui sera en même temps maître d’école. En attendant que ce plan de culte et d’éducation se réalise, la colonie fréquente les assemblées religieuses des Américains du voisinage, où le service se fait en Anglais ; et les enfants encore en petit nombre profitent des écoles qui sont à leur proximité. Les colons commencent à savoir l’Anglais, mais cependant ils conservent l’usage de la langue française. Il arriva il y a quelques années une époque orageuse, où ils convinrent, par mesure de sureté, de n’employer entres-eux que le patois du Pays-de-Vaud.
à suivre...


Indiana et en rouge, le comté Switzerland, chef-lieu Vevay

Ohio River

 

 

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