Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Rechercher Un Mot

Articles Récents

Liens

16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 17:45

Les arbitres

.

Pour ce qui est des arbitres, le Traité de Washington avait prévu qu’ils seraient au nombre de cinq : trois neutres et deux représentants des parties, nommés de la manière suivante : un par le président des Etats-Unis, un par la reine d’Angleterre, un par le roi d’Italie, un par le président de la Confédération suisse et un par l’empereur du Brésil. La désignation d’un arbitre suisse s’imposait par courtoisie envers le pays hôte. Le choix des neutres correspondait aussi à un dosage. Dans la mesure où les préférences nationales pouvaient avoir une influence sur l’esprit des juges, elles devaient se compenser : l’Helvétie républicaine sympathisait avec la grande république d’outre-Atlantique tandis que l’empire du Brésil paraissait mieux enclin à comprendre le point de vue du Royaume-Uni ; l’Italie, quant à elle, semble avoir été désignée, en quelque sorte, comme surarbitre.

.

Les chefs d’Etats susnommés portèrent leur choix sur des personnalités politiques ayant d’excellentes capacités juridiques mais sans être de purs savants.

.

Le président des Etats-Unis envoya à Genève le diplomate C.F. Adams, celui-là même qui avait été en poste à Londres pendant la guerre de Sécession. Il connaissait parfaitement le dossier, puisqu’il se trouvait désigné comme juge en une cause qu’il avait été chargé précédemment de soutenir contre l’Angleterre. C’était d’ailleurs un personnage éminent, membre d’une dynastie de hauts politiciens comme en produit parfois l’Amérique : il était fils de John Quincy Adams, le sixième président des Etats-Unis, et petits-fils de John Adams, le successeur de George Washington à la Maison-Blanche. Leader antiesclavagiste, C.F. Adams avait été lui-même candidat malchanceux à la vice-présidence, en 1848. En été 1872, de Genève où il siégeait comme arbitre, il accepta d’entrer en lice comme candidat à l’investiture pour la course à la Maison-Blanche, mais ne fut pas nommé.

.

Le président de la Confédération suisse désigna Jacob Staempfli, alors directeur de la Banque nationale. D’abord député bernois au Conseil national, et membre du Tribunal fédéral, il avait été élu, en 1854, au poste de conseiller fédéral ; président de la Confédération en 1856, 1859 et 1862, il avait dirigé successivement les départements de justice et police, des finances et le département militaire. Pendant la guerre de Sécession, il fut l’un des principaux leaders de l’agitation nationale en faveur de la cause nordiste. Bien qu’étant le plus jeune membre du tribunal arbitral, il y joua un rôle remarquable tant par sa forte personnalité que par sa parfaite connaissance du dossier. Avant de venir délibérer à Genève, Staempfli s’isola dans un chalet de montagne avec les pièces du procès et en redescendit avec des notes et un plan qui servirent de fil conducteur au tribunal. Pas de doute que, pour le Suisse Staempfli, la neutralité s’entendait au sens strict ; d’autre part, la guerre de Sécession ne pouvait manquer d’éveiller en lui les souvenirs douloureux de la guerre du Sonderbund. D’où sa sévérité relative envers l’Angleterre dans la question de l’Alabama, ce qui le fit parfois entrer en conflit avec le juge anglais.

.

Sa Majesté britannique envoya à Genève son Lord Chief Justice, c’est-à-dire le plus haut juge du royaume, Alexander Cockburn. Paradoxalement, cet arbitre – le seul magistrat de profession du tribunal – allait se comporter en avocat véhément de la cause britannique et se montrer parfois « plus royaliste que le roi ».

.

L’arbitre brésilien était un diplomate en poste à Paris. Marcos Antonio d’Araujao, baron d’Itajuba, avait commencé sa carrière comme professeur de droit à l’université de Pernambouc. Il avait ensuite servi son pays comme consul général à Hambourg, puis comme ministre plénipotentiaire à Hanovre, Copenhague, Berlin et finalement Paris. Son rôle à Genève fut assez effacé.

.

Le comte Sclopis présida les travaux du tribunal. Cet honneur lui revenait à plusieurs titres : il était le doyen d’âge des arbitres et le plus distingué d’entre eux au point de vue de la science juridique ; en outre, le Traité de Washington nommait son pays avant les deux autres neutres. Le comte Sclopis tint à Genève le fléau de la balance : sur les points où la responsabilité de l’Angleterre était la plus sujette à caution, c’est lui qui fit pencher la décision.

Les arbitres

Les arbitres

L'Hôtel de Ville de Genève

L'Hôtel de Ville de Genève

Le tribunal de Genève se dota d’un secrétaire : Alexandre Favrot, de Porrentruy, professeur de langues à Berne, recruté par Staempfli. Il n’y avait pas d’interprète. Certes, l’Italien Sclopis et ses collègues suisse-alémanique, brésiliens, anglais et américains pouvaient communiquer entre eux par le truchement du français, qu’ils parlaient tous. Malheureusement, les neutres entendaient mal la langue de Shakespeare, utilisée lors des quelques exposés oraux faits devant eux. Le représentant de l’Angleterre pensa un moment en tirer argument pour demander le remplacement de Sclopis, Staempfli et d’Araujao. En réalité, l’inconvénient linguistique n’était pas trop sérieux, l’essentiel de la procédure s’effectuant par le dépôt de mémoires écrits, rédigés en anglais et traduits en français par les plaideurs. Plus critiquable était, par contre, le fait que les neutres n’étaient pas spécialement familiers avec le système juridique anglo-saxon.

Les deux parties au procès étaient officiellement représentées à Genève par des « agents ». Lord Tenterden, sous-secrétaire d’Etat au Foreign Office, remplissait ce rôle pour le Royaume-Uni ; Bancroft Davis, secrétaire d’Etat adjoint au State Department était son homologue américain. Ils avaient tous deux participé à la négociation du Traité de Washington, qui avait fixé les modalités de l’arbitrage de Genève.

 

Des bords du Léman, les « agents » restèrent en étroit contact avec leurs gouvernements respectifs.

.

Le Traité de Washington n’avait pas prévu expressément la présence de « conseils », c’est-à-dire de juristes chargés de la procédure. Leur nécessité fut considérée comme allant de soi. Ils furent recrutés parmi les sommités de l’art. Pour l’Amérique : Caleb Cushing, W. M. Evarts, choisis également en fonction de leurs liens étroits avec le grand négoce new-yorkais – le principal intéressé à une compensation pécuniaire – et M. R. Waite, de l’Ohio. Les Etats-Unis se trouvaient, au moment de l’arbitrage, en période pré-électorale. Le pacifique président Grant, qui avait accepté de soumettre l’épineuse question de l’Alabama é un règlement judiciaire, possédait en eux et en le personne de C. F. Adams d’utiles répondants au cas où cette affaire deviendrait l’objet d’une polémique partisane.

.

L’Angleterre choisit comme « conseils » deux personnages semi-publics : Sir Roundell Palmer, jurisconsulte de la Couronne, et le professeur Montague Bernard, d’Oxford.

Repost 0
15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 17:35

Commençons par l’extraordinaire réclamation des Américains aux Anglais après la guerre de Sécession. C’est la somme de deux milliards de dollars or ou la cession du Canada.

.

Pourquoi donc les Américains demandent-ils cela ?

.

Lors de la guerre civile, le Nord subit de grands dommages de sa flotte civile, les navires marchands sont arraisonnés, coulés par les corsaires sudistes. Et quels sont ces corsaires qui ravagent ainsi et minent la force Yankee à mal ?

.

Lorsque la guerre civile éclatait, certaines puissances se déclarèrent neutres, ce qui était un bien du point de vue de l’Union, mais pas forcément des Confédérés qui au contraire du Nord, n’était pas très industrialisé mais plutôt agricole. L’Angleterre « Neutre » se trouva à donner son aide, secrètement, au Sudistes. C’est là le différend qui s’éleva entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne à la fin du conflit.

.

Habituellement un tel contentieux entre deux pays aboutissait à un conflit armé, à la guerre. Pas cette fois-ci, puisque l’on préféra l’arbitrage.

Arbitrage (droit)

.

Corsaires

Extrait du texte tiré du livre : Arbitrage de l’Alabama Genève 1872, édité par Ernest Bollinger Service de l’information, Genève, août 1991

.

« L’Angleterre accusée

.

« Si la guerre civile a tellement durée, la faute en incombe à l’Angleterre ; voilà ce que l’on pense trop facilement aux Etats-Unis, la paix une fois rétablie. La « Confédération » rebelle aurait été matée plus vite et à moindre frais si elle avait été privée de l’aide britannique, si elle n’avait pu, surtout, se procurer une vingtaine de navires de guerre anglais – dont le fameux Alabama. L’Angleterre est tenue pour responsable du prolongement des hostilités ; tôt ou tard, il faudra qu’elle expie ! Le vieux ressentiment contre l’ancienne puissance coloniale s’est exacerbé chez les vainqueurs de la guerre civile, qui l’accusent d’avoir sciemment porté un mauvais coup à la grande République du Nouveau-Monde.

.

« En fait, lorsque le conflit américain s’est allumé, l’opinion britannique a pris fait et cause pour le Nord. Le réflexe antiesclavagiste a joué à plein.

.

« La Grande-Bretagne est, en effet, depuis plusieurs décennies à l’avant-garde de l’agitation « abolitionniste ». La cause des planteurs du Sud qui, non contents de pratiquer l’esclavage chez eux, voudraient de surcroît étendre leur répugnant système aux territoires libres de l’Ouest, choque profondément la conscience britannique. »

Alors pourquoi les Anglais ont-ils ainsi aidé les rebelles ?

« Guerre civile et droit de la mer

.

« Dès le début, la guerre civile américaine a pris une extension maritime. Le 13 avril 1861 (un samedi), les Sécessionnistes bombardaient Fort Sumter – dans le port de Charleston – gardé par les troupes fédérales. Quelques jours après cette ouverture des hostilités, le président de la Confédération rebelle, Jefferson Davis, recrutait des corsaires pour attaquer les navires marchands de l’Union. Le président Lincoln ripostait aussitôt en décrétant le blocus maritime des ports sudistes. Or, le 13 mai déjà, le Cabinet britannique reconnaissait aux Sécessionnistes la qualité juridique de belligérants et affirmait en même temps sa neutralité dans le conflit en cours. Ce faisant, il prenait soin de rappeler leurs obligations aux sujets de Sa Majesté. Comme neutres, il leur était juridiquement interdit de s’enrôler sous les drapeaux de l’un ou de l’autre camp, ou d’armer des navires de guerre pour le compte d’aucun belligérant. En retour de cette neutralité, l’Angleterre pouvait escompter mettre son commerce transatlantique à l’abri des incidences directes de la guerre. En effet, suivant les règles du droit des gens, ne pouvaient être saisis (sauf s’il s’agissait de contrebande), les biens neutres transportés sous pavillon ennemi, ou les biens ennemis transportés sous pavillon neutre. En d’autres termes, si la marine de guerre américaine ne réussissait pas à tisser un étroit réseau de surveillance autour des ports insurgés, les « Etats confédérés » pourraient continuer à exporter leur précieux coton, et recevoir en retour des armes, des munitions et d’autres produits stratégiques. En haute mer, le pavillon neutre de l’Union Jack protégerait les cargaisons sudistes ; en dehors de la mince zone du blocus, strictement limité en droit international et soumis à des conditions sévères, elles seraient inviolables. »

.

 

Les conditions pour les trahisons, les faux-semblants, les secrets de polichinelle, sont établis. L’Angleterre y voit les bénéfices qu’ils peuvent en retirer et l’ont étouffent les scrupules.

 Pourquoi Genève ?

 

A quoi faut-il attribuer le choix de Genève comme siège de cet important arbitrage ? Ne cherchons pas trop loin l’explication et évitons les anachronismes flatteurs. Lors de la négociation du Traité de Washington, l’Europe était troublée par un grave conflit armé dont on ne pouvait tout à fait prévoir l’extension. La Suisse offrait un asile propice à une réunion internationale. Et Genève fut essentiellement élue comme étant alors la plus grande ville de Suisse et la mieux dotée au point de vue des liaisons internationales. Ce choix a naturellement contribué, par la suite, au rayonnement de cette cité au dehors, mais il a résulté davantage du caractère helvétique que du caractère international de la ville.

Portraits des capitaines Semmes (en bas) et Winslow (en haut), commandant les navires Alabama et Kearsage (Salle de l'Alabama)

Portraits des capitaines Semmes (en bas) et Winslow (en haut), commandant les navires Alabama et Kearsage (Salle de l'Alabama)

Reproduction du tableau d'Edouard Manet, (Musée des Beaux-Arts à Philadelphie)

Reproduction du tableau d'Edouard Manet, (Musée des Beaux-Arts à Philadelphie)

Combat naval entre la frégate USS "Kearsage" et le navire Confédéré "Alabama", le 18 juin 1864, au large de Cherbourg.

A suivre

Repost 0
7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 16:54

Commentaires et fin :

.

En ces jours, nous nous souvenons qu’il y a 60 ans, la Suisse a ouvert ses portes aux Hongrois en grand nombre. Pourquoi donc la Suisse a-t-elle ainsi ouverte ses frontières ? La question posée, la réponse vient presque automatiquement, les Hongrois étaient persécutés par les Communistes, par les Russes. La Suisse étant anti-communiste, elle ne pouvait qu’être ouverte aux persécutés. Et puis, les Hongrois ne sont pas, comme en 40 des Juifs orientaux indésirables, ce qui change beaucoup aux yeux de la Suisse et des Suisses.

.

Aujourd’hui, ce sont des Musulmans qui frappent aux portent de l’Europe et des Africains eux aussi Musulmans, ce qui change là aussi le regarde de la Suisse qui reste frileuse face à ces vagues d’émigrants qui se répandent sur l’Europe. Un million d’émigrants en Allemagne, au final ont démontré que c’était peut-être une erreur. La Jungle de Calais est démantelée, moins de 10'000 migrants sur le territoire français font polémique, pourtant ce n’est pas beaucoup pour un si grand pays.

.

La politique migratoire de la Suisse est régie par notre volonté, fini le temps d’exception où seul le Département de justice et police et son administration faisait les lois en accord avec le Conseil fédéral qui ne demandait pas l’avis du peuple.

.

Le 9 février 2014, le peuple a dit STOP à l’émigration de masse, point de vue de l’UDC qui gagnait ainsi une force politique que n’auraient pas renié certains hommes du temps de la Seconde guerre mondiale.

.

La continuité, de 1914 à nos jours, sur une politique de restriction face à l’émigration, sauf notoirement en 1956 pour les Hongrois.

.

L’espérance d’une vie meilleurs ou simplement une protection provisoire en attente d’une fin de conflit là ou ailleurs, qui permettra un retour au pays en paix. Les pays occidentaux peuvent jouer ce rôle protecteur, mais que chacun joue le jeu avec des règles similaires et claires, pour que finalement on n’ait pas des préjugés négatif envers les réfugiés eux-mêmes ou envers nos gouvernements.

Arrivée de migrants à Lampedusa

Arrivée de migrants à Lampedusa

Repost 0
6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 17:50

1942

.

Jetzler, chef du Bureau des réfugiés, énonce, s’agissant des demandes d’entrées motivées par les nouvelles mesures antisémites allemandes : « Nous avons régulièrement ordonné leur refus. »

.

Cette situation se modifiera quelque peu en été 1942, où le même Jetzler précisera ce qui suit : « Ces derniers temps, nous ne pûmes cependant plus nous décider à de tels refus. Les rapports convergents et fiables sur la façon dont sont menées les déportations et sur la situation dans les districts juifs de l’Est sont tellement effroyables que l’on doit comprendre les tentatives désespérées des fugitifs d’échapper à un tel destin et qu’on n’ose presque plus assumer la responsabilité de les refouler. »

.

Ce même Jetzler adresse au CF, à la fin du mois de juillet 1942, un rapport sur la politique menée depuis 1939. Ce document n’occulte pas la vérité. Il précise notamment que :

.

« La situation des Juifs paraît aujourd’hui particulièrement grave en Europe occupée par l’Allemagne, dans le Protectorat (la Bohême-Moravie), la Hollande, la Belgique et la France septentrionale. Les Juifs qui y vivent ignorent à chaque instant si, dans l’heure suivante, ils ne seront pas déportés, emprisonnés comme otages ou même exécutés, sous un prétexte quelconque … Dans les territoires occupés, au moindre incident, les autorités d’occupation dirigent leurs soupçons et leurs premières mesures contre les Juifs d’abord. En tant que tel, le Juif est déjà suspect. S’il est en outre attrapé en France occupée, alors qu’il fuit de Hollande ou de Belgique vers la Suisse, il risque la pire présomption d’activité dangereuse pour l’Etat (entent avec l’ennemi) et devra subir les sanctions correspondantes. »

.

Rothmund transmit le rapport au CF sans le récuser. Il reconnaissait la situation, à savoir le risque vital que couraient tous les Juifs vivant dans des pays occupés ou alliés de l’Axe. Il énonça cependant : repousser les Juifs seulement ? La solution s’impose presque, d’autant plus que, pour les Belges et les Hollandais, leurs légations plaident en leur faveur et leurs gouvernement les reprendront sans doute après la guerre.

Pour limiter les afflux de réfugiés à la frontière, on trierait les cas les plus graves de ceux qui ne seraient pas considérés comme tels. Rothmund recommandait également de constituer une force mobile de quelques 60 à 100 hommes destinée à renforcer les contrôles sur les passeurs. Cette force armée devrait être assez rapidement habilitée à tirer.

.

Comme le relève A. Lasserre dans « Frontières et camps » page 161, Rothmund ne s’oppose à ce moment-là nulle part aux mesures d’exception prises à l’encontre des Juifs telles qu’elles sont relatées par son adjoint Jetzler. Pour lui, la lecture du rapport établi par ce dernier devait inciter le CF à ne pas désavouer la politique menée à l’encontre des Juifs.

.

Sur proposition du DFJP, le CF constatera le laxisme de la police et la mise en désuétude des mesures préconisées par l’art. 9 de l’ACF du 17 octobre 1939. Il obligera les cantons à refouler les étrangers entrés illégalement sur le territoire helvétique et se prononça comme suit :

« Cela signifie qu’il faudra refouler plus souvent les étrangers civils, même s’il peut en résulter pour eux des inconvénients sérieux (mise en péril de la vie ou de l’intégrité corporelle. »

 

[Commentaire : Le CF ne tient pas vraiment compte du rapport très claire de Jetzler, qui dit qu’un refus, un refoulement c’est condamner à la mort le Juif. On ne peut être plus clair de ce qui se passe partout dans les pays occupés.]

Passons maintenant au 30 août 1942.

.

La Jeune Eglise, organisa une assemblée générale à Zurich-Oerlikon. L’après-midi le conseiller fédéral von Steiger prit la parole devant quelque 8000 jeunes Suisses et Suissesses. C’est alors qu’il fut question d’une « petite embarcation de sauvetage ».Le conférencier dit notamment : « Dans certaines circonstances, il faut savoir donner l’impression d’être dur et intransigeant, il faut supporter les reproches, les injures, les calomnies et savoir quand même résister et ne pas fléchir. A quoi sert-il d’avoir une bonne conscience et de savoir que nous le faisons non pas pour nous mais pour les autres ? Lorsqu’il y a conflit entre le cœur et la raison, lorsque le cœur voudrait dire « oui » et que la raison ordonne de dire « non », c’est alors qu’on apprend ce que signifie la résistance. Nul n’est à l’abri. Plus important est le rôle qu’on joue, plus il oblige à prendre de telles décisions. Lorsqu’on a le commandement d’une petite embarcation de sauvetage déjà lourdement chargée, ayant une faible capacité et pourvue d’une quantité limitée de vivres et que des milliers de victimes d’une catastrophe maritime appellent à l’aide, il faut savoir se donner l’air d’être dur si l’on ne peut pas prendre tout le monde à bord. Mais c’est encore se montrer humain que de mettre en garde à temps contre les espérances trompeuses et d’essayer de sauver au moins ceux que l’on a déjà accueillis ».

Le 31 août 1942,

.

Journaliste de gauche et antifasciste, Peter Hirsch-Surava est responsable de « Die Nation » durant la Seconde Guerre mondiale : « Qui donc, s’il vous plaît, serait plus digne de notre intérêt que les hommes, les femmes et les enfants que nous arracherions à une mort certaine ? » demandait-il au conseiller fédéral von Steiger, qui examinait le 31 août 1942 « la possibilité que le développement des circonstances nous amène une couche d’immigrants plus digne de notre conception du droit d’asile ».

.

Son engagement lui sera reproché, et Peter Hirsch fera l’objet de poursuites pénales après la fin de la Seconde Guerre mondiale.

.

[Commentaires : Voilà, les mots sont lâchés, « La barque est pleine », pour l’administration, pour les politiques et probablement pour une partie de la population qui globalement, comme bien d’autres dans cette Europe, étaient antisémites. Mais sur quel nombre de réfugiés sommes-nous confronté ?

Dans  son  rapport,  Carl  Ludwig  reprend  les  chiffre  du  DFJP.  D’après  ses  calculs,  la  Suisse aurait  admis  pendant  la  Seconde  Guerre  mondiale  103  869 militaires,  55 018  réfugiés  civils, 9909 émigrants et 251 réfugiés politiques. Elle a encore offert un refuge pour un court laps de temps à 66 549 frontaliers et a accueilli 59 785 enfants pris en charge pour se refaire une santé pendant  quelques  mois  ou  qui  avaient  fui  une  région  où  sévissait  la  guerre. (Source : Commission Indépendante d’Experts Suisse – Seconde Guerre Mondiale. La Suisse et les réfugiés à l’époque du national-socialisme.)

.

[Rapports et écrits en tous genres se contredisent sur les chiffres, sur les méthodes, etc. on polémique depuis cette période trouble jusqu’à nos jours. Ce qui finit par embrouiller ou au minimum à se désintéresser du sujet. Pourtant, actuellement l’Europe, donc aussi la Suisse est confronté aux réfugiés en nombre. Avons-nous le même regard sur eux qu’avaient nos anciens en cette période qui couvre 1933 à 1945 et plus ?]

.

[N’oubliez jamais que les Juifs réfugiés en Suisse devaient être entretenus par la communauté juive de Suisse. Pas question que la Confédération ou les Cantons payent pour eux. C’est à ces conditions qu’ils pouvaient entrer en Suisse. On peut même penser qu’à la fin du conflit, on aura la satisfaction de les voir rentrer dans leur pays respectif, cette pensée transpire des lois et décrets que le Conseil fédéral a publié depuis 1933 jusqu’à la fin de la guerre.]

Le 27 septembre 1942, dans une allocution prononcée à la radio et diffusée par l’émetteur de Londres, l’écrivain Thomas Mann fait état de l’existence d’un rapport précis et authentique selon le fait que la mise à mort des Juifs par gazage et en nombre n’a rien d’exceptionnel.

 

[Thomas Mann, écrivain Allemand, vient se réfugié en Suisse, là, les politiques, les intellectuels et probablement le peuple, accueille l’écrivain nobélisé. Le fait qu’il soit homosexuel n’a pas d’importance semble-t-il. Est-ce pour lui et ses amis que la Suisse modifie en 1942 le Code pénal et légalise l’homosexualité ? ]

Encore quelques dates pour s’indigner encore un peu plus.

29 décembre 1942, instructions de la Division de police.

.

À cette époque la « solution finale » était en marche, ce que confirmait également des témoins oculaires.

.

Ne sont pas refoulés :

.

1. Déserteurs, prisonniers de guerre, évadés, militaires ;

2. Réfugiés politiques.

Ne sont pas considérés comme réfugiés politiques, les réfugiés qui ont pris la fuite à cause de leur race. Ils doivent donc être refoulés. Sauf :

.

a) malades, grossesse avancée ;

b) gens de plus de 65 ans ;

c) enfants seuls de moins de 16 ans (et, dès le 26 juillet 1943, les jeunes filles de moins de 18 ans) ;

d) parents avec enfants de moins de 6 ans.

2 juin 1943,

.

Nouvelle interdiction de publier des renseignements sur les exécutions massives de Juifs à l’Est.

.

[Le gouvernement sait ! Pour que le peuple ne sache rien, on applique la censure et ainsi celui-ci reste avec les préjugés et le racisme ordinaire, comme avec l’antisémitisme. Ce qui facilite de nouvelles lois et décrets en tous genres, relatif aux Juifs.]

Fin novembre 1943

.

Rothmund précise que les quelque 1500 enfants juifs qui attendent à la frontière près de Genève ne seront admis à entrer en Suisse qu’après que les organisations juives se seront engagées à garantir leur entretien, alors que celle-ci arguaient qu’il appartenait à la collectivité publique d’y subvenir.

.

1944

.

12 juillet 1944, Dès cette date, tous les réfugiés juifs seront admis en Suisse. A cette époque aussi sera levée l’interdiction faite à la presse de publier des nouvelles de l’Est.

.

[On sent la fin de la guerre et la défaite de l’Allemagne, il est temps de montrer la sauvagerie allemande pour que l’esprit se focalise sur eux et non sur la dureté des lois qui furent appliquées en Suisse contre les émigrants, les réfugiés juifs ?]

1945

.

A la fin de la guerre, il y avait 21'588 Juifs parmi les 55'018 réfugiés civils.

.

Nombre de victimes juives du nazisme (Hilberg)

.

Par pays :

Pologne : jusqu’à 3'000'000 personnes

URSS : plus de 700’000

Roumanie : 270’000

Tchécoslovaquie : 260’000

Hongrie : plus de 180’000

Lituanie jusqu’à 130’000

Allemagne : plus de 120’000

Pays-Bas : plus de 100’000

France : 75’000

Lettonie : 70’000

Yougoslavie : 60’000

Grèce : 60’000

Autriche : plus de 50’000

Belgique : 24’000

Italie (Rhodes comprises) : 9000

Estonie : 2000

Norvège : moins de 1000

Luxemburg : moins de 1000

Soit un total de 5'100’000

.

Par causes de décès :

Ghettoïsation et privations : 800’000

Fusillades à ciel ouvert : plus de 1'300’000

Camps : jusqu’à 3'000’000

Camps de la mort :

Auschwitz : 1'000’000

Treblinka : 750’000

Belzec : 550’000

Sobibor: 200‘000

Kulmhof: 150‘000

Lublin: 50‘000

Soit un total de 2‘700‘000

.

Camps de concentration :

Bergen-Belsen, Mauthausen, Buchenwald, Dachau, Stutthof, et autres : 150’000

.

Camps de travail et camps de transit avec opération de tuerie :

Roumanie, Complexe de Golta et camps de transit de Bessarabie : 100’000

Croatie et autres : environ 50’000

Repost 0
4 novembre 2016 5 04 /11 /novembre /2016 17:18

[Commentaire : La Suisse fait beaucoup de difficultés pour accueillir les réfugiés, un tri sélectif à la frontière est toujours dans l’habitude des fonctionnaires ; les riches Juifs intellectuels, écrivains, artistes et affairistes, ayant longtemps habité dans un pays occidentalisé, sont préférés aux Juifs orientaux, jugé non assimilable. Les évadés militaires sont bien accueillis.]

10 août 1941

.

Monsieur Rothmund s’exprima sur la question juive dans une longue lettre adressée à « Armée et foyers ». Il énonçait notamment ce qui suit :

.

« Avant d’emprunter une idée au national-socialisme, la Suisse doit examiner si cette idée apporte quelque chose de nécessaire ou d’utile. (…)

.

« En Suisse, la question juive se présente comme suit : tant que le Juif n’est pas assimilé, le reste de la population le considère comme un allogène. Pour une partie des Juifs, l’assimilation est lente ; le temps nécessaire varie suivant qu’il s’agit de Juifs orientaux ou de Juifs qui ont vécu très longtemps dans un pays de l’Ouest européen.

.

« Le Juif non assimilé, qui conserve son caractère étranger, ses mœurs et ses usages, notamment dans la vie des affaires, s’isole à tel point dans notre communauté nationale qu’il se sent un jour obligé de s’établir dans un autre pays. C’est pourquoi la plupart des Juifs non assimilés ont quitté la Suisse. La possibilité de passer d’un pays à l’autre n’existant presque plus, ce mouvement naturel est arrêté. Aussi l’Etat doit-il intervenir d’une manière beaucoup plus énergique qu’autrefois. C’est la raison pour laquelle le Conseil fédéral a inséré dans son arrêté du 17 octobre 1939 des dispositions d’une telle sévérité pour les émigrants, lesquels étaient presque tous de race juive. Les Juifs suisses comprennent ces mesures et sont aussi prêts à expliquer aux milieux étrangers l’aspect particulier que le problème des émigrants, présente pour la Suisse. Dans ces conditions, l’implantation en Suisse, sous une forme ou sous une autre, de l’antisémitisme allemand ne répondrait certainement à aucun intérêt national. Notre pays a, au contraire, tout intérêt à traiter le problème juif dans la ligne suivie jusqu’à présent. »

.

[Commentaire : On peut presque penser que c’est le gouvernement de Vichy qui parle.]

En Allemagne

.

1941

.

2 janvier 1941,

Les camps de concentration et les déportés sont répartis en 3 classes selon la gravité du délit qui leur est reproché.

.

Hitler décide de mettre sa prophétie d’extermination du peuple juif en pratique.

.

Fin janvier 1941, il charge Heydrich de mettre un plan approprié. Heydrich s’exécute et lui présente son projet de « solution finale » à l’échelle européenne (Endlösungprojekt).

.

30 janvier 1941,

.

Huit ans jour pour jour après son accession à la Chancellerie et deux ans jour pour jour après sa première intervention au sujet de la mise à mort du peuple juif en Europe, il précise que :

« (…) si l’autre monde (sic) était plongé dans la guerre par la juiverie, c’en serait fini du rôle de la juiverie en Europe. Ils (les Juifs) peuvent encore rire aujourd’hui comme ils ont ri de mes prophéties antérieures. Mais les mois et les années qui viennent prouveront que j’ai eu raison ».

29 mars 1941,

.

Le gouvernement de Vichy crée le Commissariat aux questions juives.

.

22 juin 1941,

.

L’Allemagne attaque l’URSS. Les Einsatzkommandos ou Einsatzgruppen destinés à massacrer des Juifs entrent en action.

.

Heydrich précise aux troupes qu’il convient « d’anéantir la juiverie de l’Est, pépinière (Keimzelle) de la juiverie internationale. Tous les Juifs devront être éliminé sans égard pour leur sexe ou leur âge ».

16 juillet 1941,

.

Dans le wartheland, un mouvement populaire réclamant l’élimination des Juifs s’affirme. Le Sturmbannführer SS Rolf-Heinz Höppner écrit à ce propos à Eichmann que le projet d’y parquer des Juifs en vue de les exterminer lui paraissait possible (die Dinge klingen teilweise phantastisch, wären aber meiner Ansicht nach durchaus durchzuführen) (R. Hilberg, « La destruction des Juifs d’Europe », tome 2, p. 343)

.

31 juillet 1941,

Heydrich ordonne à son expert des affaires juives, Adolf Eichmann, de rédiger un texte l’autorisant à agir contre les Juifs à l’échelle européenne. La directive émise dans ce sens, signée par Goering précise ce qui suit :

.

« Complétant les dispositions de l’arrêté du 24 janvier 1939 vous chargeant d’apporter à la question juive la solution la plus favorable selon les circonstances, par l’émigration ou l’évacuation, je vous donne mission par la présente de prendre toutes les mesures préparatoires nécessaires, qu’il s’agisse de l’organisation, de la mise en œuvre, des moyens matériels, pour obtenir une solution totale de la question juive dans la zone d’influence allemande en Europe.

.

« Tous les autres organes gouvernementaux doivent collaborer avec vous à cet effet.

« Je vous charge, en outre, de m’adresser sous peu un plan d’ensemble sur les mesures préparatoires à prendre concernant l’organisation, la mise en œuvre et les moyens matériels nécessaires pour réaliser la solution finale désirée. »

Fin de l’été 1941,

.

Heydrich à Eichmann :

.

« Je sors de chez le Reichsführer ; le Führer a maintenant ordonné l’extermination physique des Juifs. »

.

Août 1941, massacre des Juifs galiciens établis en Hongrie.

.

27 août 1941, communistes et résistants des pays de l’Est sont déportés dans des camps de concentration.

.

Septembre 1941,

.

Premier gazage au zyklon B de prisonniers de guerre soviétiques et de malades à Auschwitz.

.

Mi-octobre 1941, déportation des Juifs allemands sur Lodz.

.

22-24 octobre 1941, exécution de 98 otages en France.

.

23 octobre 1941, le RSHA (Office central de sécurité du Reich) interdit l’émigration juive hors d’Europe.

.

Automne 1941, Déportation et massacre des Juifs roumains en Transnistrie.

.

7 décembre 1941, Hitler promulgue le décret Nuit et Brouillard (Nacht und Nebel Erlass), destiné aux populations de l’Europe occidentale sous domination allemande.

.

En vertu de ce décret, toute personne coupable de crimes contre le Reich ou contre les troupes d’occupation devait soit être exécutée immédiatement, soit être déportée clandestinement en Allemagne où elle devait disparaître sans laisser de trace « dans la nuit et le brouillard ». Aucune information sur son sort n’était donnée. Ce décret était destiné à décourager les actes de résistance contre l’occupant. Il fut complété par la directive Keitel en février 1942.

 

12 décembre 1941, troisième rafle de Juifs à Paris.

Repost 0
3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 16:28

Dans un journal gratuit, vous devinez lequel, un entrefilet qui nous dit : «  6568 expatriés. Il s’agit du nombre de Français vivant en Suisse qui se sont inscrits pour voter à la primaire de la droite et du centre, qui démarre le 19 novembre, selon « Le Figaro ». Seuls les Etats-Unis fournissent un plus gros contingent avec… un seul inscrit supplémentaire. »

Voilà ce que l’on pouvait apprendre. C’est-à-dire, 6568 Français de droite ont payé chacun deux Euros en s’inscrivant, soit au total, 13'136 € et 13'138 €, soit 26'274 €

Entrefilet

La Suisse et les Etats-Unis, sont deux pays qui plaisent aux gens de droites. Les politiques vont pouvoir se faire plaisir avec l’argent ainsi récolté au travers la France et du reste du monde, juste pour savoir qui sera le candidat officiel de la droite.

Pour les socialistes, 1 € suffit pour s’inscrire.

Repost 0
Published by G.Tell
commenter cet article
2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 17:58

.

Au décès de G. Motta est organisée une élection le 22 février 1940, élu au Département des Postes et des Chemins de fer.

.

Enrico Celio

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [13]

 1940 une année de bouleversements en Suisse.

24 juin 1940,

.

Hitler planifiait d’encercler complètement la Suisse avec l’aide de l’armée italienne. Ce fut un échec, car un « trou fatal » s’ouvrait près de Genève. Relisez mes articles : « Il faut encore avaler la Suisse ! »

.

Ce fut, semble-t-il, la seule fois qu’Hitler s’intéressa de si près à la Suisse sur le plan militaire. En fait, à l’époque, les autorités helvétiques ignoraient tout de ce projet d’action militaire.

.

Par la suite, Hitler a déclaré avec un grand geste de la main que « soit durant la campagne à l’Ouest, soit après, l’occupation de la Suisse serait chose aisée ». Il ajouta, en présence du SS-Gruppenfüher Dietrich, qui commandait la Leibstandarte de la SS : « Dietrich va me régler ça avec sa Leibstandarte. »

.

A cet égard il faut souligner que, jusqu’à l’offensive allemande de mai 1940, la Suisse n’a connu aucun problème d’approvisionnement.

.

Après l’occupation des ports du nord (Anvers, Rotterdam, etc.), le ravitaillement alimentaire essentiel a transité par l’Italie (Gênes). Enfin, après la mainmise de l’Allemane sur l’Italie, le ravitaillement à destination de la Suisse a été acheminé par le Portugal (en particulier par Lisbonne), l’Espagne et la France en camions et en trains.

.

Dès le 24 juin 1940, la ligne Annemasse – Saint-Gingolph, appelée la « ligne du Tonkin », a constitué une voie de ravitaillement très importante jusqu’à l’occupation de la zone sud française.

.

Deux semaines après l’Armistice, signé le 22 juin 1940, les marchandises purent à nouveau arriver depuis les ports de Marseille et de Sète. La marchandise était transportée depuis ces ports jusqu’en Suisse par camions ou trains. La ligne directe était celle qui passait via Grenoble-Albertville-Annecy-Annemasse à Saint-Gingolph ou à Saint-Maurice ou par la gare de Genève Eaux-Vives. Suivant leur destination en Suisse, les marchandises arrivaient également depuis Gênes ou Port-Bou. Le trafic provenant de Gênes prit un essor important en 1941-1942.

.

La ligne Genève-Bellegarde fut rouverte le 1er août 1941.

.

Jusqu’au 11 novembre 1942, date de l’occupation de la zone libre, ces voies de circulation demeurent toutes ouvertes.

De fait, s’il est vrai que l’on pratiqua un rationnement durant la Seconde Guerre mondiale, il n’y a pas eu de problème d’importation, en particulier en ce qui concerne les produits alimentaires (café, thé, oléagineux, etc.).

6 juillet 1940,

.

A l’inverse de ce qui se passait ailleurs, la Suisse démobilise 450'000 hommes, ne conservant que 150'000 hommes environ sous les drapeaux. (Il fallait des bras pour l’agriculture.)

12 juillet 1940,

.

Le général Henri Guisan, autre Vaudois, était d’un avis différent de celui de Pilet-Golaz au sujet du déroulement des hostilités. Il n’y voyait pas le rétablissement de la paix. Dans une note secrète du 12 juillet 1940, il s’oppose à une nouvelle démobilisation et communique sa décision au chef du Département militaire fédéral.

La note secrète.

« Si d’une part, l’Allemagne et l’Italie n’ont pas intérêt à provoquer de nouveaux conflits aussi longtemps qu’elles ne sont pas venues à bout de la résistance anglaise, d’autre part, les voies de communication directes qui traversent nos Alpes présentent, pour la première de ces puissances en tout cas, un intérêt indiscutable. Celle-ci pourrait donc être amenée à exercer sur la Suisse une pression économique, politique et même militaire, pour obtenir libre usage de ces voies de communication.

.

« Ainsi, les exigences allemandes pourraient tôt ou tard, devenir telles qu’elles seraient inconciliables avec notre indépendance et notre honneur national. La Suisse ne parviendra à échapper à la menace d’une attaque allemande directe que si le Haut commandement allemand, dans ses calculs, considère qu’une guerre contre nous serait longue et coûteuse, qu’elle ranimerait, inutilement ou dangereusement, un foyer de lutte au centre de l’Europe et gênerait l’exécution de ses plans.

.

« Dès lors, l’objet et le principe de notre défense nationale sont de démontrer à nos voisins que cette guerre serait une entreprise longue et coûteuse. Si nous devons être entraînés dans la lutte, il s’agira de vendre notre peau aussi chère que possible. »

[Commentaire : Guisan voit clairement la réalité géopolitique de son environnement, mais après le discours de Pilet-Golaz, le peuple est dans le doute, des voix s’élèvent pour critiquer le Conseil fédéral. Comment le Général va gérer cette situation qui voit le CF plus à droite qu’il devrait et rester fort contre tous agresseurs potentiels sans aller dans le sens qu’entrevoit celui-ci. Probablement que l’idée du Réduit national le conforte dans cette résistance.]

Repost 0
1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 16:13

Le Conseil fédéral en 1940

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [12]

Président, Marcel Pilet-Golaz, Département des postes et des chemins de fer

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [12]

Vice-président, Ernest Wetter, Département des Finances et des Douanes

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [12]

Philipp Etter, Département de l’intérieur

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [12]

Giuseppe Motta, Département politique (Affaires étrangères)

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [12]

Hermann Obrecht, Département de l’Economie Publique

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [12]

Rudolf Minger, Département militaire

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [12]

Johannes Baumann, Département Justice et Police

Voilà nos dirigeants en 1940. Mais à la mort de Giuseppe Motta en cours d’année, un remaniement intervint. Voyez dans les liens donnés.

Repost 0
31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 17:38

Mobilisation

.

5 septembre 1939,

.

Arrêté du CF concernant l’entrée et la déclaration d’arrivée des étrangers, se fondant sur les articles 2, 3e alinéa, et 25, 1er alinéa, de la LSEE (Loi sur le Séjour et l’Etablissement des Etrangers) du 26 mars 1931, ainsi que sur l’article 3 de l’arrêté fédéral du 30 août 1939, obligation du visa pour tous les étrangers désirant entrer en Suisse ou traverser son territoire. Tous les étrangers étaient tenus, dans les 24 heures dès l’entrée en vigueur de l’arrêté, ou dès le moment où ils avaient franchi la frontière, de déclarer personnellement leur arrivée à la police locale, à moins qu’ils ne fussent déjà en possession d’une autorisation de séjour ou d’établissement ou d’une tolérance, ou que leur demande d’autorisation ne fût à l’examen.

.

A cette occasion, le conseiller d’Etat zurichois, responsable du Département de police, qui était également le président de l’OSAR (Organisation Suisse d’Aide aux Réfugiés), Briner, protesta auprès de Rothmund au sujet du contenu d’une circulaire envoyée aux polices cantonales. Cette circulaire accompagnait l’arrêté du Conseil Fédéral (CF) du 5 septembre 1939. Elle enjoignait de se débarrasser au plus vite des émigrants, alors même que les départs légaux étaient impossibles.

27 septembre 1939,

 

Le DFJP informe les directeurs cantonales de police que les réfugiés entrés en Suisse avant le 5 septembre sans observer les prescriptions en la matière et qui s’étaient régulièrement annoncés à la police locale ne devaient plus être refoulés, à moins qu’on n’ait à leur reprocher quelque faute commise depuis leur arrivée en Suisse. Les cas des réfugiés qui ne s’étaient pas annoncés avant l’entrée en vigueur de l’arrêté du CF du 5 septembre devaient être examinés.

Juin 1940

 

Le conseiller fédéral vaudois Pilet-Golaz, alors président de la Confédération, prononce, le 25 juin 1940, son célèbre discours.

« Confédérés,

« Vous vous êtes demandés sans doute pourquoi pendant des semaines – sept bientôt – j’avais gardé le silence. Le Conseil fédéral n’avait-il rien à dire en présence des événements qui se déroulaient comme un film tragique sur l’écran du monde ?

.

« Le Conseil fédéral devait penser, prévoir, décider, agir, non pas discourir – on n’a que trop tendance à parler chez nous, ce qui ne fait pas dévier d’une ligne le cours des choses.

.

« Si, de nouveau, il s’adresse au peuple suisse, aujourd’hui, c’est qu’un événement considérable, gros de conséquences, en partie imprévisibles, s’est produit :

.

« La France vient de conclure une suspension d’armes avec l’Allemagne et l’Italie.

.

« Quelle que soit la tristesse qu’éprouve tout chrétien devant les ruines et les deuils accumulés, c’est pour nous , Suisses, un profond soulagement de savoir que nos trois grands voisins s’acheminent vers la paix ; ces voisins avec lesquels nous entretenons des relations intellectuelles et économiques si serrées, ces voisins qui se rejoignent en esprit au sommet de nos Alpes – près du ciel – et dont les civilisations nous ont séculairement enrichis, comme les fleuves descendus du Gothard ont fécondé leurs plaines.

.

« Cet apaisement – n’est-ce pas le mot ? – est naturel, humain, surtout chez de modestes neutres épargnés jusqu’ici à tous égards. Il ne doit pas nous leurrer, toutefois. Nous laisser aller à des illusions d’insouciant bonheur serait dangereux ; le présent que nous venons de vivre est trop lourd d’avenir pour que nous retombions mollement dans le passé.

.

« Qui dit armistice, ne dit pas encore paix et notre continent reste en état d’alerte.

.

« Certes, puisque la guerre ne sévira plus à nos frontières, pourrons-nous envisager sans retard une démobilisation partielle et graduelle de notre armée. Mais cette démobilisation, elle-même, va poser des problèmes délicats à notre économie nationale profondément modifiée. La collaboration internationale, si nécessaire à la prospérité des peuples, est loin d’être rétablie. L’Empire britannique proclame sa résolution de poursuivre la lutte sur terre, sur mer et dans les airs. L’Europe doit trouver, avant de reprendre essor, son nouvel équilibre, très différent de l’ancien à n’en pas douter et qui se fondera sur d’autres bases que celles que, malgré ses vaines tentatives, la Ligue des nations ne réussit pas à jeter.

« Partout, dans tous les domaines – spirituel et matériel, économique et politique -, le redressement indispensable exigera de puissants efforts, qui s’exerceront, pour être efficaces, en dehors des formules périmées. Cela ne se fera pas sans douloureux renoncements et sans durs sacrifices.

.

« Pensez à notre commerce, à notre industrie, à notre agriculture, pour prendre un exemple concret. Quelle adaptation difficile que la leur aux circonstances nouvelles ! Il en faudra surmonter des obstacles, qu’on aurait tenus pour infranchissables il y a moins d’un an, si l’on veut assurer à chacun – et c’est un devoir primordial – le pain qui nourrit le corps, le travail qui réconforte l’âme.

.

« Afin d'obtenir ce résultat - maigre peut-être aux yeux des blasés, mais capital pour le salut du pays - il en faudra des décisions majeures. Et non pas des décisions longuement débattues, discutées, soupesées. A quoi serviraient-elles devant le flot puissant et rapide des faits à endiguer ? Des décisions, à la fois réfléchies et promptes, prises d'autorité.

.

« Oui, je le dis bien, prises d'autorité. Oh ! Ne nous y trompons pas, les temps que nous vivons nous arracheront à nombre d'habitudes anciennes, confortables, indolentes - je n'ose employer l'expression pépères, qui répondrait exactement à ma pensée. Qu'importe ! N'allons pas confondre routine, ornière desséchée, avec tradition, sève vivifiante qui monte du tréfonds de l'histoire. La tradition, au contraire, exige des renouvellements parce qu'elle n'entend pas piétiner sur place mais marcher intelligemment du passé vers l'avenir. Le moment n'est pas de regarder mélancoliquement en arrière mais avec résolution en avant, pour contribuer de toutes nos forces, modestes et utiles à la fois, à la restauration du monde disloqué.

.

« Le Conseil fédéral vous a promis la vérité. Il vous la dira, sans la farder et sans trembler.

« Le temps est venu de la renaissance intérieure. Chacun de nous doit dépouiller le vieil homme.

.

« Cela signifie :

.

Ne pas palabrer, concevoir;

ne pas disserter, œuvrer;

ne pas jouir, produire;

ne pas demander, donner.

.

« Certes, cela n'ira pas sans déchirements, psychologiques autant que matériels.

« Ne nous le dissimulons pas : nous devrons nous restreindre. Il faudra, avant de penser à soi, à soi seulement, penser aux autres - au-dehors et au-dedans - aux déshérités, aux faibles, aux misérables. Il ne s'agira pas de faire l'aumône d'une parcelle de son superflu; nous serons appelés certainement à partager ce que nous avons cru jusqu'à maintenant être notre nécessaire. Ce ne sera plus l'obole du riche, mais la pite de la veuve. L'Evangile ressaisit toujours les res dans l'adversité.

.

« Nous abandonnerons - nul doute - de multiples convenances ou commodités, auxquelles nous tenons parce qu'elles sont une manifestation inconsciente de notre égoïsme. Loin de nous appauvrir, cela nous enrichira.

.

« Nous reprendrons l'habitude salutaire de peiner beaucoup pour un modeste résultat, alors que nous nous étions bercés de l'espoir d'obtenir un gros résultat sans grand-peine. Comme si l'effort seul n'était pas générateur de joie ! Demandez-le aux sportifs : il y a longtemps qu'ils le savent.

.

« Plutôt que de penser à nous et à nos aises, nous penserons aux autres et à leurs besoins élémentaires. C'est ça la vraie solidarité, celle des actes, non des paroles et des cortèges, celle qui bétonne la communauté nationale dans la confiance et l'union, par le travail et par l'ordre, ces deux grandes forces créatrices.

.

« Le travail, le Conseil fédéral en fournira au peuple suisse, coûte que coûte.

.

« L'ordre, il est inné chez nous et je suis persuadé qu'il sera maintenu sans difficulté avec l'appui de tous les bons citoyens.

.

« Ceux-ci comprendront que le gouvernement doit agir. Conscient de ses responsabilités, il les assumera pleinement; en dehors, au-dessus des partis, au service de tous les Suisses, fils de la même terre, épis du même champ. A vous, Confédérés, de le suivre, comme un guide sûr et dévoué, qui ne pourra pas toujours expliquer, commenter, justifier ses décisions. Les événements marchent vite : il faut adopter leur rythme. C'est ainsi, ainsi seulement que nous sauvegarderons l'avenir.

.

« Les divergences particulières, régionales ou partisanes, vont se fondre dans le creuset de l'intérêt national, loi suprême.

.

« Serrez les rangs derrière le Conseil fédéral. Restez calmes, comme il est calme. Demeurez fermes, comme il est ferme. Ayez confiance, comme il a confiance. Le Ciel nous maintiendra sa protection, si nous savons la mériter.

.

« Courage et résolution, esprit de sacrifice, don de soi, voilà les vertus salvatrices. Par elles, notre Patrie libre, humaine, compréhensive, accueillante, poursuivra sa mission fraternelle, qu'inspirent les grandes civilisations européennes.

.

« Suisses, mes frères, dignes du passé, en avant hardiment vers l'avenir.

.

« Que Dieu veille sur vous. »

Repost 0
28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 17:09

9 novembre 1938,

 

M. Guido Müller, conseiller national, de Bienne, déposa le 9 novembre 1938 une interpellation demandant au CF quels étaient les motifs qui l’avaient décidé à prendre son arrêté du 4 octobre 1938.

7 décembre 1938,

.

Le CF répond aux interpellations Guido Müller et Trümpy. « M. Müller se référait à l’occasion de ce débat aux effroyables persécutions dont les Juifs avaient été récemment l’objet (pogroms de novembre). Il ajoutait que si tous les Juifs devaient être exterminés en Allemagne, comme ils en avaient été menacés, le problème de l’entrée en Suisse des non-aryens allemands se réglerait de lui-même, ce qui délivrerait le CF d’un gros souci. Il faut, disait-il, se garder d’augmenter par des mesures officielles l’antisémitisme qui règne déjà dans une partie de la population. Nous voulons nous souvenir que les races et les nations appartiennent à une humanité plus générale qui a ses droits inaliénables et qui fait, pour nous Suisses, la valeur de la vie. »

.

M. Baumann, président de la Confédération et chef du DFJP, répondit aux deux interpellations. Il  énonça notamment que, dans un premier temps, les autorités ne s’étaient pas opposées aux entrées illégales, les organismes juifs d’assistance ayant déclaré qu’ils s’occuperaient des réfugiés.

.

Cette politique avait changé parce que la Conférence des chefs des polices cantonales avait observé le 17 août 1938 un afflux d’entrées illégales. Partant, le DFJP décida de fermer les frontières et de refouler les personnes entrées illégalement sur le territoire suisse.

9 décembre 1938,

 

Un Message du Conseil fédéral inaugure la « défense spirituelle ». en 1931, la Suisse comporte 24'208 chômeurs, en 1932 54'366. « Cette situation économiquement angoissante renforçait naturellement la crise identitaire. C’est alors, en 1936, que Rothmund donnait sa définition de l’Überfremdung citée précédemment. Si l’on admet la pertinence de la priorité qu’il donne à la motivation psychologique, il était normal que l’étranger fût jaugé sur ses facultés d’adaptation et d’assimilation et que son origine ethnique devînt un critère de décision. Les Juifs passant pour particulièrement réfractaires formaient un groupe hautement suspect, qu’il s’agît de permis de travail ou, par extension, de droit d’asile. »

En Allemagne

.

1939

.

9 janvier 1939,

.

La DRK (croix rouge allemande) refuse de renseigner le CICR sur la situation des Juifs.

17 janvier 1939,

.

Message du CF à l’Assemblée fédérale concernant la création d’un Office central du tourisme.

.

On y lit notamment ce qui suit :

.

« Les efforts déployés pour créer un organisme chargé de la propagande méthodique en faveur des régions touristiques suisses, de leurs services de transports et de leurs hôtels remontent à la fin du siècle dernier. (…) Les accords de 1933 ont eu le mérite de centraliser, au profit du tourisme suisse, auprès de la « communauté de propagande » (ndlr : soit Office du tourisme, Chemins de fer fédéraux et Administration des postes et télégraphes en vertu d’un accord intervenu le 18.9.1933) ou de l’office du tourisme des ressources considérables, soit nouvelles, soit précédemment éparpillées dans des actions de détail. »

.

Le budget de 1938 des services centraux de propagande touristique présenté à cette occasion affiche un montant de 4'060'000 francs, dont 500'000 francs de crédit extraordinaire.

En Allemagne

.

24 janvier 1939,

.

Goering ordonne la création d’un Centre d’émigration juive (Reichszentrale für die jüdische Auswanderung).

20 janvier 1939,

.

Décision du Conseil fédéral de rétablir l’obligation de visa pour tous les émigrants étrangers.

.

« Les émigrants étrangers ne sont autorisés à pénétrer en Suisse soit pour y séjourner ou s’y fixer, soit pour transiter par son territoire, que s’ils possèdent une pièce d’identité munie d’un visa suisse. Est considéré comme émigrant tout étranger qui, sous la pression des événements politiques ou économiques, a quitté ou doit quitter son domicile à l’étranger et ne peut ou ne veut pas y retourner. » La plus large publicité était donnée à cet arrêté. Les émigrants entrés en Suisse sans visa après la publication de la décision du CF devaient être refoulés dans le pays d’où ils étaient venus.

22 février 1939,

.

Une conférence des directeurs cantonaux de justice et police du 22 février 1939 s’occupa de la question d’un contrôle à exercer aussitôt que possible sur tous les étrangers entrés en Suisse.

.

Lors de cette conférence, le chef de la Division de police déclara que sur un total de 10'000 à 12'000 personnes réfugiées en Suisse, il y avait environ 3000 Juifs sans ressources. Il précisa que l’entretien de ces Juifs incombait totalement aux communautés israélites de Suisse, qui devaient verser près de 350'000 francs par mois.

.

Au moment où la guerre éclata, le total des réfugiés en Suisse était d’environ 7000 à 8000 personnes, dont quelque 5000 Juifs (Rapport Ludwig, page 150).

Mars 1939,

.

Rothmund explique aux délégués de la FSCI que l’antisémitisme allemand « vise ouvertement à l’anéantissement des Juifs » et les contraint à émigrer au moment où le chômage empêche de les accueillir ailleurs. Il reprendra ce thème en 1941.

.

15 mars 1939,

.

Etablissement de l’obligation de visa pour les détenteurs de passeports tchécoslovaques (création du protectorat allemand et début des persécutions contre les Juifs).

.

8 mai 1939,

Séance de la Commission de gestion. M. Bringolf, conseiller national, rapporteur pour le DFJP.

1er septembre 1939, début de la Seconde Guerre mondiale.

Repost 0