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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 15:49

Jean-Baptiste Bremond, ce nom déjà cité dans un article du blog, comme étant l’un des instigateurs de l’émigration de nombreux Suisses qui créèrent la colonie brésilienne de Nova Friburgo (1819). Dans cette affaire, il est connu pour avoir outrepassé le cota des migrants, pour s’enrichir. Le malheur voulu que trop de morts au cours du voyage a pénalisé l’enthousiasme de l’idée généreuse et pourtant politique du roi Jean VI du Brésil.

Pour éclairage, je reprends un passage d’un récit intitulé : « Jean-Baptiste Bremond et l’affaire Naundorff », par Gaston Bourgoin, Fribourg Imprimerie Fragnière Frères 1947.

« Qu’on nous permette de rappeler brièvement le rôle joué par Bremond lors de l’émigration des Suisses au Brésil, en 1819. Avec Nicolas-Sébastien Gachet, de Gruyère, à qui revient l’honneur de l’initiative de ce projet accepté par le gouvernement de plusieurs cantons, il se consacra tout entier à cette œuvre de colonisation. Le roi Jean VI du Portugal et du Brésil lui avait conféré le titre de consul général du Portugal, des Algarves et du Brésil en Suisse. Le nouveau consul, qui ne recevra jamais l’exequatur, a charge de contrôler le choix des émigrants et de délivrer les passeports. Après de multiples tergiversations, deux mille deux cents personnes quittent leur pays pour l’Amérique du Sud, en juillet 1819. Chacun sait le lourd tribut que les colons durent payer à la mort tout au long de ce triste voyage, puisque plus de six cents d’entre eux, dont 284 Fribourgeois, périrent en cours de route.

On a reproché à Bremond et à Gachet d’avoir eu certaines vues trop intéressées sur ce voyage, d’avoir accepté comme colons beaucoup plus de monde que ne le prévoyait la convention passée avec Jean VI, qui attendait cent familles, soit huit cents individus, et cela parce que le transport des émigrés leur était payé par tête au départ. On a reproché à Bremond en particulier, d’avoir, aux dépens de la place réservée aux voyageurs, surchargé des chalands « d’une quantité de marchandise sortant de sa fabrique de verrerie de Semsales, sous la fausse qualification de bagages des colons… ». N’a-t-on pas déchargé à Bâle, le 12 juillet, alors qu’une émeute grondait contre lui, « environ cent trente colis, dont une caisse de verrerie totalement brisée, deux crics et un instrument d’agriculture… » ?

La Commission de l’émigration de la ville et République de Berne juge ainsi la conduite de Bremond dans cette affaire : « Avec une franchise apparente, son intérêt particulier est le grand mobile de ses actions et de ses belles phrases… » Aux dires de cette Commission, le délégué bernois lui ayant reproché de s’être « réservé une partie des bénéfices des transports », le Consul « allégua qu’il n’avait fait cette réserve qu’en faveur des colons qui auraient besoin de secours ». De fait, « ces colons n’ont obtenu, à Bâle, que des secours équivalant à des aumônes et alors c’était toujours de sa bourse qu’il les donnait, doutant s’ils lui seraient remboursé ».

Nicolas Gachet, sur qui les responsabilités pèsent aussi lourdement, dépeint ainsi le caractère de Bremond : « Ce qui me dépasse en lui, c’est le sang-froid avec lequel il s’est entendu journellement maltraité, répondant à tous les titres dont on le gratifiait, en appelant les uns « mon ami », tendant la main aux autres et embrassant tout le monde à tort et à travers ».

Le Consul du Portugal eut fort à faire à se défendre contre les griefs dont on l’accusait. Il fut actionné par le sieur Frey, l’entrepreneur des transports de Soleure à la mer. Le procès traîna jusqu’en décembre 1826, et les recourant furent condamnés à payer leur liste de frais. Entre temps, Bremond avait obtenu une satisfaction. En 1824, Sa Majesté Très Fidèle avait daigné « l’honorer de l’Ordre du Christ en récompense de ses services ».

Il est vrai que Bremond lui-même s’estimait être la victime de flagrantes injustices de la part de tous les ennemis et calomniateurs de « l’œuvre sublime » de la colonisation du Brésil. Il pourrait facilement se venger de ses ennemis personnels, au nombre desquels se trouvait M. Endryon de la Corbière, d’Estavayer, l’organisateur du transport d’Estavayer à Soleure. Mais, écrivait-il à Mgr Yenny, le 10 décembre 1820 : « Le jour où j’ai le bonheur de déposer entre les mains de Votre Grandeur l’acte religieux de ma reconnaissance envers Dieu doit être aussi celui de l’oubli et du pardon de toutes les injustices que j’ai éprouvées, moyennant que de son côté, M. de la Corbière sache reconnaître ses torts… ». L’acte religieux de sa reconnaissance était une fondation de messes en l’honneur de Notre-Dame de Bon-Secours, résultant d’un vœu fait à Bâle le 12 juillet 1819. »

[Aujourd’hui on dirait que Bremond est une « Grande gueule », beau parleur endormant ses interlocuteurs, et si au passage il peut augmenter quelque peu sa fortune, il ne se gênait pas.]

Que nous dit le Dictionnaire historique de la Suisse ?

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Brémond, Jean Baptiste Jérôme

naissance 8.2.1760 à Brignoles (Provence), décès 10.11.1839 à La Tour-de-Peilz, cath., Français, de Progens (1829). Fils de Jean-François, marchand de drap, et d'Elisabeth Saurin. ∞ 1804 Salomé Lugeon, fille de Jacques-Salomon. B., négociant en peaux, monte à Paris peu avant 1789 pour défendre les intérêts de sa corporation provençale. Happé par la Révolution, il publie plusieurs brochures sur les finances publiques, se compromet avec les milieux proches de la cour et émigre en 1792. Etabli à La Neuveville en 1795, il y fait le commerce de diamants, puis achète les mines et la verrerie de Semsales, où il s'installe en 1796. L'entreprise, fondée en 1776 et peu prospère jusque-là, connaît dès lors un essor réjouissant pour devenir, sous la République helvétique, la principale verrerie de Suisse, grâce notamment à l'appui du Directoire helvétique et de l'administration centrale des mines (1800-1803). Consul du Portugal en Suisse, il s'intéresse en 1817 à la fondation de Nova Friburgo (Brésil), où il espère implanter une verrerie et une vacherie; en effet, B. est aussi un agronome distingué, propriétaire d'un vaste domaine attenant à son entreprise. Dans les années 1830, il soutient financièrement le faux dauphin Naundorff.

[Il est suggéré lors de sa mission à Paris qu’il devait se confronter au roi Louis XVI pour défendre les intérêts de sa corporation. L’a-t-il rencontré ? Impossible de le savoir et pourtant Bremond va jusqu’à dire qu’il était devenu le secrétaire particulier du roi. Fervent catholique il est aussi un royaliste reconnu, ce qui est dans ce temps de Révolution, plutôt mal vu. Lorsqu’il est réfugié en Suisse, sa grande gueule l’a certainement servi et son succès à la verrerie de Samsales était bien vu des petits Suisses.]

[Il n’a pas cru à la mort du Dauphin et toutes les histoires colportées à ce sujet le persuadaient de détenir la vérité, sa vérité. C’est pourquoi on le retrouve dans l’affaire Naundorff.]

Qui est Naundorff ?

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Je ne vais pas vous le dire, mais Wikipédia oui.

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Ce que ne dit pas Wikipédia, ou si peu…

[Il se rend en Suisse puis à Paris, où il arrive le 26 mai 1833 « sans souliers, sans chemise et sans bas ». Il y regroupe bientôt des partisans légitimistes qui forment autour de lui un semblant de cour]

Son séjour en Suisse il le doit à Bremond.

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[Vu que le personnage Bremond, depuis sa montée à Paris et qu’il prétend avoir été le secrétaire intime de Louis XVI, qu’il élève les martyres à la sainteté, qu’il affirme et réaffirme toujours le même discours, on finit par savoir qui il est. Le prétendu dauphin, cherchant partout du soutient ne pouvait ignorer le personnage Bremond. ]

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[C’est donc dans un premier temps une reconnaissance que cherchera Naundorff, puis le soutient surtout matériel pour lui et sa famille nombreuse.]

« Lorsqu’il quitta Crossen pour gagner la France, le duc de Normandie y avait laissé sa famille qui souffrit bientôt du plus grand dénuement. En septembre 1833, il put enfin soutenir les siens plus efficacement, grâce aux secours que lui octroyaient ses amis. Dresde, capitale de la Saxe, avait été ensuite le lieu de résidence des Naundorff. Mais, à plus d’une reprise, ils avaient été sur le point d’être expulsés. Cependant, une dernière fois, on avait prolongé leur séjour jusqu’en mars 1838. Que fit Jean-Baptiste Bremond quand il fut au courant de la nouvelle infortune, qui frappait la famille de son prince bien-aimé ? A celui-ci, il avait donné sa confiance la plus entière, il ouvrit son cœur et sa bourse pour soulager la misère de la femme et des enfants. Il fit plus encore. Sans attendre que le permis de séjour en Saxe fut périmé, il les invita à venir en Suisse et leur offrit la plus large hospitalité, non pas à la Verrière, dans sa maison, mais dans une demeure plus digne de leur rang. La Verrerie, c’est déjà un peu la montagne, et la fabrique n’est qu’à deux pas, car, en 1837, la Châtelaine n’est pas encore construite. Enfin, la famille du prétendant compte en plus de la mère et des six enfants vivant, un aumônier, le bon curé Appert, qui a quitté sa paroisse de Saint-Arnoult au diocèse de Versailles pour suivre le duc de Normandie dans sa destinée ; le gouverneur des fils, l’abbé Jean-Baptiste Laprade, qui, à Paris, avait été aumônier des Dames de la Foi ; Mme Forêt, amie de la famille et gouvernante des filles aînées et Mlle Eglantine Pégot, gouvernante des cadettes. Pour recevoir tout ce monde, le bâtiment de la Verrerie eut été par trop exigu. M. Bremond loua le château de Grand-Clos, au-dessus de Villeneuve, à l’intention de ses protégés. (Le château est sur la commune de Rennaz)

Le 31 octobre 1837, la famille Naundorff, qui, depuis un certain temps, se faisait appeler la famille de Bourbon, quitte sa résidence de Dresde et, passant par Schaffhouse, atteint Berne, où elle se repose un jour chez le colonel de Lentullus. Reprenant la route en compagnie d’Antoine Bremond venu à sa rencontre, elle traverse Fribourg, puis, après une station à la Verrerie, arrive enfin à Grand-Clos, vers la mi-novembre. Dans un site agréable et bien meilleur que la Haute-Veveyse pour raffermir la santé de ses membres, elle pense vivre en paix à l’abri des persécutions.

Le généreux Bremond, qui, en hiver, réside à la Tour-de-Peilz, ne ménage pas ses visites. Quelquefois, il a le plaisir de dîner avec la princesse et ses six anges, qu’il aime plus que s’ils étaient tous ses propres enfants. Il prend sur lui tous les frais du ménage et veille à ce que les provisions soient suffisantes. « A cet effet, raconte Amélie à son père, il nous a déjà envoyé une vache qu’il a baptisée Rambouillet, deux chèvres, qui s’appellent Thibet et Kaschmir, et puis deux moutons qu’il a appelés Ségovie et Castille. » un âne nommé Nicone complète ce troupeau.

Jean-Baptiste Bremond et l’affaire Naundorff
Jean-Baptiste Bremond et l’affaire Naundorff
Jean-Baptiste Bremond et l’affaire Naundorff

Antoine Bremond s’ingénie lui aussi à faire plaisir aux protégés de son père. C’est ainsi qu’il prête à la jeune fille « un piano à buffet et seulement à deux cordes » qui rend un son faible mais très doux. (Dans un piano d’aujourd’hui, il y a des notes formées par une corde, deux cordes et trois cordes.)

Tout en pourvoyant aux besoins des habitants de Grand-Clos, J.-B. Bremond ne se désintéresse pas pour autant de son royal ami. Cinq mois après son expulsion, que ses partisans jugeaient arbitraire et illégale, le prince avait été inculpé d’escroquerie. Au cours de la procédure, « improvisée par le gouvernement », Madame de Génerès, personne toute dévouée à Naundorff, avait répondu au juge d’instruction, qu’elle pensait pouvoir l’assurer de la bonne volonté de Bremond à déposer les motifs de sa conviction. Le 12 août, le juge Tangiacomi envoyait au tribunal de Vevey une commission rogatoire. C’est ainsi que M. Bremond, en date des 1ers et 4 novembre 1837, eut l’occasion de déposer, sur la foi du serment, qu’il avait reconnu le prince « en particulier en ce qu’il connaissait la cachette faite par son père, dans le palais des Tuileries ». C’est là, le point principal de la déposition du vieillard faite « en commission d’information ». Quant à quelques faits mentionnés par le témoin, nous avons déjà montré qu’ils ne s’étaient pas passés, comme il les présentait. Le résultat de cette enquête fut concluant, puisque dès ce moment, cessa la procédure en escroquerie. »

[Le fait que Naundorff connaisse la « cachette du trésor secret de Louis XVI », confirme aux yeux de Bremond que celui-ci est bien le Dauphin. Le fameux trésor n’a probablement jamais existé, comme Bremond prétend avoir été le secrétaire particulier du roi, il se devait de « connaître » lui aussi l’emplacement du trésor. Les deux personnages pouvaient dire n’importe quel emplacement, le résultat confirmait à chacun d’eux la « vérité ». Les deux mensonges de l’un et de l’autre, devenaient vérité.]

[Naundorff, comme vous l’aurez lu sur Wikipédia, parti à Paris puis à Londres, comme toujours, une fois reconstitué sa cour, il fait venir sa famille.]

Le 17 juin 1838, le Prétendant ordonne à ses deux aînés d’abord, Amélie et Edouard, de le rejoindre à Londres, car ses moyens « sans le secours de Messieurs Bremond, fils et père, ne sont pas du tout suffisants pour la subsistance de (toute) sa famille en Angleterre ».

Des obstacles dus, paraît-il, à « la désobéissance » de l’abbé Laprade empêchèrent la réalisation de ce projet. Le 21 août, le Prince, impatient de revoir les siens, lui envoyait un avis sévère par l’entremise du curé Appert. L’abbé Laprade, à ce moment, semble bien avoir déjà quitté la Suisse en compagnie d’Edouard et d’Amélie. Une lettre de Londres, datée du 30 août, annonçait aux habitants de Grand-Clos l’arrivée très heureuse des trois voyageurs. Ce n’est qu’à la fin octobre que toute la famille du prétendant put enfin rejoindre son chef en Angleterre.

Il est difficile de dire dans quels sentiments M. Bremond laissa partir « la duchesse de Normandie et ses six anges ». Il leur avait consacré beaucoup de temps, il avait dépensé pour eux une partie de sa fortune, soit, aux dire de son fils Antoine, environ 60 000 francs. Mon père « se serait dépouillé de tout, ajoute ce dernier, il aurait laissé sa famille dans le besoin pour soutenir la cause du Dauphin ».

Or, une grave dissension s’accentuait de jour en jour entre M. Bremond et le prince. Louis XVII en effet prétendait avoir des visions. Un ange lui parlait, à lui, comme à Martin de Gallardon, le paysan visionnaire, qui, le 28 septembre 1833, à Paris, avait sans aucune hésitation identifié Naundorff avec l’Orphelin du Temple. L’esprit céleste qui apparaissait au duc de Normandie lui révéla une « croix de grâce » qu’il devait remettre au Pape. Le souverain pontife, ayant fait la sourde oreille, on le comprend, Charles-Louis, au nom de l’ange qui l’inspire, fonde, en octobre 1838, « l’Eglise catholique-évangélique », se sépare du Siège de Rome définitivement condamné par Dieu. Pour faire connaître sa nouvelle religion, Naundorff, toujours sous la dictée de l’ange, écrit un livre intitulé : La Doctrine céleste de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Jean-Baptiste Bremond et l’affaire Naundorff

Quand M. Bremond, fervent catholique, vit son ami prendre le chemin du schisme, il se fit sans doute un devoir de le retenir. Le 17 juin, le duc de Normandie mandait à sa fille Amélie : « J’aurais beaucoup à te répondre au sujet des idées de notre loyal de Brémont. Je lui dirais moi-même quel malheur menace la Suisse ; mais on pourrait croire que c’est un moyen de persuasion ». Malgré les objurgations de ses amis, le Prince publia La Doctrine céleste et consomma sa séparation d’avec Rome. Alors, « le loyale de Brémont » se révolta : il ne pouvait supporter cette attaque contre sa foi. Il cessa ses largesses et toute démarche personnelle. On pourrait croire que cette aventure finissant dans l’hérésie aurait dessillé les yeux de l’honorable vieillard. Il n’en fut rien. Son fils Antoine devait écrire plus tard : « Il n’en demeura pas moins le défenseur de ce qu’il croyait une vérité : Naundorff, fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Jamais, au grand jamais, il ne reconnut d’autre prétendant ».

Conclusion

Malgré tout, Naundorff et ses descendants qui se parent du nom patronymique de Bourbon conservent leurs partisans. Ceux-ci continuent et continueront à se réclamer du témoignage des anciens serviteurs de Louis XVI, de Jean-Baptiste Bremond en particulier. On a vu comment celui-ci a reconnu le prétendu prétendant. On sait l’état d’esprit, mystiquement entretenu par de vagues prophéties, dans lequel il se trouvait durant les dernières années de sa vie, en attendant le fils de son roi, qui bientôt allait paraître avec éclat. On se rappelle que M. Bremond a basé sa reconnaissance sur la ressemblance du visage de Naundorff avec ceux de Louis XVI et de Marie-Antoinette et sur les détails du fameux secret des Tuileries, secret connu de tout le monde.

Que conclure ?

D’abord, la parfaite bonne foi de Bremond dans cette affaire ne fait absolument aucun doute. Mais, n’a-t-il pas admis avec beaucoup trop de naïveté tout ce que son visiteur de la Fête-Dieu 1836 lui racontait ? Il a cru sans examen et sans preuves formelles toutes les assertions de l’aventurier. Sa persuasion de retrouver l’Orphelin du Temple, les souvenirs de sa gloire passée, les malheurs dans lesquels il voyait son pays plongé (la France), tout a concouru à lui faire admettre comme une vérité intangible que Naundorff était le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, le malheureux Orphelin du Temple, le roi Louis XVII.

Crédits photographiques : journal 24 Heures, www.swisscastels.ch, Jean-Bapttiste Bremond et l’Affaire Naundorff.

gaston Bourgoin, Jean-Baptiste Bremond et l'Affaire Naundorff, Fribourg, 1947

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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 17:16

29 septembre 1977

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Temps Présent

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81 minutes « Le crime de Payerne » Journaliste, Jacques Pilet, réalisateur, Yvan Dalain.

Je reviens sur cette histoire qui est bien oubliée aujourd’hui. Si j’en parle ici, c’est pour la raison suivante : aujourd’hui 3 août, s’ouvre le Festival du Film de Locarno, et dans le programme de ce jour, plusieurs films dont certains hors programme officiel.

Le réalisateur Jacob Berger présente son film, « Un juif pour l’exemple », qui sortira la semaine prochaine sur nos écrans.

Déjà en 2009 le livre de Jacques Chessex, dont le récit a donné le film, avait suscité la polémique avec des propos violents. Il ne fallait pas réveiller le passer.

2016 le film va-t-il lui aussi bouleverser la région ?

Crime oublié de Payerne

Compte rendu à propos du film, site : THE TIMES OF ISRAEL

Sans polémique, le sujet est thème d’étude pour les jeunes, à l’exemple de ce que prévoit le Service Enseignement Obligatoire Neuchâtel. ICI

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 09:37

Le premier août officiellement a été choisi pour commémorer la Pacte fédéral, les Trois suisses, la solidarité, etc. Le patriotisme, pas le nationalisme, jour férié qui se manifeste en quelques modestes drapeaux par-ci par-là, une place de fête bien organisée, selon le programme bien établi, le feu sera allumé à la tombée de la nuit, suivront discours, etc. La présence de quelques militaires montrera notre fédéralisme, les orchestres joueront n’importe quoi, grillades et boissons seront en vente sous tentes, tous attendent le feu d’artifice avec espoir qu’il sera long avec un beau final qui donnera pour beaucoup, le signal de rentrée à la maison se coucher en pensant au 2 août. C’est alors que les adolescents démontrent généralement qu’ils n’ont pas envie d’arrêter la fête, la boisson continue de couler, les voix puissantes crient et chantent des bribes d’une chanson dans le silence et surtout, surtout c’est à ce moment qu’ils se retrouvent entre eux qu’il font exploser tous genres de pétards et feux d’artifices les plus bruyants, il faut bien que jeunesse se passe.

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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 15:48

Question de reconnaissance, les Français sont plutôt avares envers nous la Suisse. À les suivre dans les journaux télévisé ou électronique, on a guère de visibilité à leurs yeux. La Suisse existe-elle, on peut se poser la question.

Bref, nos voisins immédiats, les Savoyards, ceux qui sont les plus proches de nous par leurs habitats et leur environnement de montagnes, devraient nous connaître et nous reconnaître un peu plus que les Parisiens. Ce n’est pas le cas.

Dernièrement dans l’almanach Savoyard, une publicité m’a interrogée. Les affirmations contenues dans les textes, sont-elles exactes ?

J’ai vérifié les dires de la publicité en question. [Regardez la photo, et suivez la flèche.]

Reconnaissance

La pente la plus forte d’Europe pour un funiculaire français !!! Je pensais que la Suisse devait avoir ce record, vu le nombre de montagnes pentues et de chemins de fer que nous avons construits partout sur notre territoire.

Mais voilà, le peu de connaissance que les Français affichent sur la Suisse, sont relativement restreintes. Forcément la Suisse romande est mieux connue d’eux, alors la Sarine reste infranchissable pour eux, du moins en théorie, car ils savent reconnaitre les grandes villes du pays, Zurich, Bâle et Berne ave une hésitation sur laquelle est la capitale.

Comment peuvent-ils savoir qu’un funiculaire suisse est plus fort que le leur ? Bien sûr j’ai moi-même cherché l’information, car le doute était possible.

Voici le résultat de mes recherches :

En premier le site de Suisse tourisme avec le français fédéral et axé sur la randonnée. ICI

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Ensuite, Berne tourisme où l’on apprend déjà quelques informations sur le dit funiculaire. ICI

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Et vu par Wikipédia. ICI

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Puis un site qui répertorie les six records d’altitudes européens que détient la Suisse. ICI

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Une vidéo sans son : ICI

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Enfin un site savoyard qui rétabli certaines affirmations que produit le nationalisme local. GrenobleCmieux, le lien vous envoi directement sur le sujet du funiculaire, si vous êtes curieux, vous pouvez suivre les liens sur la page : Tout faux, erreurs, bof. C’est ICI.

Et bien sûr, je vous dois de signaler le plus pentu du MONDE, c’est ICI

J’espère que les voisins ont appris quelque chose aujourd’hui.

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 18:36

Ces jours, les journalistes nous ont affirmé qu’il y a une augmentation de demandes d’achats d’armes dans le pays.

Armes à la maison

Face à la montée de la peur chez certaines personnes, face au terrorisme présent sur nos écrans et journaux, ils se précipitent pour acheter des armes.

Pourquoi une telle démarche ?

Une autre information distribuée en même temps que celle citée ci-dessus, nous apprend qu’il n’y a pas de hausse des demandes de port d’armes en Suisse.

Alors à quoi cela servira-t-il de courir chez l’armurier du coin et acheter une arme que l’on ne pourra pas utiliser, sinon à ses risques et périls. Le « terroriste » devra être chez vous et de très mauvaise humeur pour utiliser la nouvelle arme. Sinon, les problèmes seront pour vous et la confiscation de l’arme immédiate.

Fass 90

Fass 90

Et d’abord, pourquoi acheter une arme, alors que chaque citoyen en possède déjà une depuis son service militaire.

Armes à la maison

Savez-vous que la Suisse est le pays européen le plus armé !

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 16:24

Nous savons que depuis Crans Montana (Valais) on monte au glacier pour skier, principalement en hiver. Quand on est à Crans, certain oublie de dire que le glacier est bernois et non valaisan. Bien compréhensible, puisque pendant très longtemps le canton du Valais revendiquait le glacier. Il fallut l’arbitrage du Tribunal fédéral pour attribuer le glacier à la commune de la Lenk.

Le glacier en été.

Le glacier en été.

Donc nous avons là un grand glacier qui obligatoirement alimente un cours d’eau, celui-ci, le principal, est la Simme. Un autre cours d’eau s’échappe du glacier, pour ainsi dire à l’opposer de l’autre, la Raspille, qui va finir sa course de façon à délimiter la frontière linguistique entre Salquenen et Sierre.

Les sept fontaines de la Simme sont une curiosité. Une paroi rocheuse laisse passer l’eau claire comme s’il s’agissait d’une passoire en fin d’un parcoure mystérieux. L’on sait aujourd’hui que cette eau nous arrive du glacier de la Plaine Morte. La paroi calcaire laisse donc passer sept sources, sur une largeur de trente mètres et en cascades vertigineuses, bouillonnantes pour bien bas calmement finir dans le lac de Thoune. La vallée ainsi connue, Simmental, dans le monde entier par son fromage à gros trous.

Les 7 fontaines de la Simme.

Les 7 fontaines de la Simme.

Le fromage Emmental voulait-il imiter la paroi rocheuse par ses trous multiple ?

Le fromage Emmental.

Le fromage Emmental.

La vache Simmental est bonne à tout. Avec ou sans cornes (hélas), elle est avec le pâturage bernois, à l’origine du fromage. (Ou vice versa) Bon, vous me direz que ce n’est pas là le lieu d’origine du fromage et vous aurez raison, puisqu’il nous arrive de la vallée de l’Emme. Mais le territoire de production de l’Emmental est très vaste aujourd’hui. (Il est même produit en France.)

La bonne Simmental.

La bonne Simmental.

Douce et curieuse.

Douce et curieuse.

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 16:24

C’est l’été, le « Monde » est en vacances. Enfin, en cette saison les programmes de nos médias tournent au ralenti, particulièrement la télévision.

Si l’on n’est pas sorti le soir venu, pour siroter un thé glacé à la terrasse d’un établissement public avec des amis, vous aurez peut-être l’envie d’allumer votre télévision. Là, en ce moment sur les chaînes habituelles, vous aurez droit à des rediffusions de programmes déjà vu et aussi les « grands classiques » du cinéma. Les nouveautés sortiront sur nos écrans à la rentrée.

Alors dans ce contexte, j’ai dernièrement revu un film du début des années 80, qui m’a rappelé des souvenirs, Dressé pour tuer. Le film est inspiré du roman de Romain Gary, Chien blanc.

Chien blanc

Le fameux récit de Romain Gary, publié en 1970, roman qui dénonce tous les racismes. Sulfureux, l’auteur dénonce le racisme blanc envers les noirs américains et de l’usage des chiens dressés pour tuer, ce qui engendre, du coup, le racisme noir envers les blancs. Bien sûr le contexte de cette époque, l’assassinat de Martin Luther King, le Vietnam et la lutte des noirs Américains pour leurs droits civiques, font que le livre peut être considéré comme un brûlot. [Extrait de Chien blanc]

Chien blanc

Le film de Samuel Fuller raconte le sauvetage par une jeune fille d’un Berger blanc suisse accidenté. La jeune fille s’attache à l’animal et très vite s’aperçoit que le chien en question est dressé pour tuer. Le déshabituer de son vice est un gros labeur et surtout non garanti. A la fin, le chien attaque un blanc et l’on doit abattre l’animal.

Alors, mis à part ces histoires de chiens tueurs, qui ont étés exploités par les forces de l’ordre dans les Etats du sud contre les noirs et que l’on peut imaginer aujourd’hui encore de tels dressages des deux côtés, je me suis penché sur la race du chien utilisé dans le film, le Berger blanc suisse.

Berger blanc suisse

Berger blanc suisse

Le chien en question à ses origines en Allemagne, la Suisse à ses bergers Bouvier bernois et les Saint-Bernard, ce qui est pas mal pour notre petit pays.

Pour vous informer et comprendre pourquoi ce chien s’appelle Berger blanc suisse, je vous conseille de suivre le lien ici.

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11 juillet 2016 1 11 /07 /juillet /2016 17:26

Je vais passer au système d’exploitation Windows 10 et voir si je m’y retrouve avec mes habitude et si la nouvelle version est pratique ou pas.

Windows 10

Je vais donc devoir délaisser un peu mon BLOG pendant ce temps d’apprentissage. Je sais déjà que je vais perdre un programme qui ne fera pas le transit du Seven au 10. Pourtant Media Center est un programme de Windows (télévision TNT), ce qui voudrait peut-être dire que ce qui était gratuit ne doit pas se retrouver sur la version la plus « mercantile » que l’on nous offre gratuitement.

L’appât est toujours gratuit, pour après payer pour tous les services qui nous seraient utiles.

GTell

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10 juillet 2016 7 10 /07 /juillet /2016 17:16

Succès du cinéma suisse

Évoquer la Suisse du début des années septante c’est aussi parler de sa culture et plus particulièrement de son cinéma. C’est l’époque où les Français découvrent les films de Claude Goretta, d’Alain Tanner et de Michel Soutter, pour ne citer qu’eux. Grâce à la Télévision suisse romande et au « Groupe des Cinq » - ce n’est en effet qu’à partir de 1970 que la Confédération accordera une aide financière à des films de fiction -, de jeunes réalisateurs tournent des films à petit budget. Charles mort ou vif, d’Alain Tanner, exprime un ton nouveau et révèle une image différente de la Suisse. Une Suisse qui s’interroge sur elle-même, sur ses valeurs, sur son attitude face au monde et à une société en profonde mutation, comme l’avait déjà montré Henry Brandt dans le film qu’il avait réalisé en 1964 pour l’Exposition nationale.

De son côté, la télévision s’intéresse de plus en plus aux questions nationales. Cela est particulièrement vrai en Suisse romande. Nombreux sont les reportages consacrés à la Suisse, à ses problèmes, à ses ombres. Une nouvelle génération de journalistes apparaît. Moins respectueuse des tabous et des institutions, plus critique à l’égard des autorités, elle pratique un journalisme d’investigation qui agace les milieux conservateurs, suscite des crispations et crée des tensions. Mais l’appui des téléspectateurs et les taux d’écoute élevés des magazines d’information montrent que cette forme de journalisme correspond aux vœux des citoyens, à une évolution des mentalités et, surtout, au rôle que doit jouer la presse dans une démocratie.

[Aujourd’hui, le temps a passé et effacé, gommé cet élan qu’avait montré la vigueur journalistique de Suisse romande. Même si le magazine d’information « Temps présent » existe toujours, celui-ci n’a plus rien à voir avec celui des années septante. Tout a été nivelé, plus rien d’aussi aiguisé que les débats de « Table ouverte » le dimanche matin. Aujourd’hui on en a exclu le citoyen et les débats d’Infrarouge sont loin d’être le reflet démocratique qu’il devrait.]

(Les archives pour Table ouverte sont celles d’une époque assez ressente et non celles en noir et blanc d’avant la télévision couleur. Dommage.)

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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 15:56

La Suisse ne peut pas s’isoler

Ces événements dramatiques font prendre conscience à l’opinion publique que la Suisse ne peut pas s’isoler dans le monde en profonde mutation et qu’il n’est plus possible de séparer politique étrangère et politique commerciale. Le développement des échanges internationaux rend illusoire l’idée d’une Suisse autonome, échappant aux crises internationales. À sa manière le détournement de l’avion de Swissair renforce le point de vue de ceux qui affirment que la Suisse doit redéfinir la conception de ses rapports avec le monde et adopter une politique étrangère plus active, plus solidaire, particulièrement au moment où les nouveaux Etats indépendants d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, entendent jouer un rôle accru sur la scène internationale.

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[Ce qui est tout à fait normal.]

Cette évolution – à laquelle est favorable un homme comme Pierre Graber, le chef du Département fédéral des affaires étrangères – ne va pas sans se heurter à l’opposition d’une partie de l’opinion publique. Celle-ci est particulièrement forte au sein des mouvements xénophobes et de certains milieux conservateurs alémaniques. À leurs yeux, la Suisse doit adopter une politique prudente et une attitude de repli. Ce courant isolationniste s’exprimera avec succès à plusieurs occasions, notamment en obtenant le rejet d’un prêt destiné à l’Agence internationale pour le développement et en incitant le Conseil fédéral à repousser l’idée de soumettre au peuple la question d’une adhésion de la Suisse à l’ONU.

Lueur d’espoir au Jura

Un autre dossier domine également la vie politique fédérale : celui du Jura. Certes, la crise jurassienne n’est pas comparable avec ce qui se passe au même moment sous d’autres cieux. Mais elle est de plus en plus présente dans l’actualité helvétique. Elle empoisonne les rapports entre la Suisse alémanique et la Suisse romande et plus particulièrement entre le canton de Berne et les Romands.

L’échec, en 1959, de l’initiative lancée par le Rassemblement jurassien demandant que les Jurassiens puissent se prononcer sur le principe d’une séparation du canton de Berne, n’avait pas mis fin aux revendications autonomistes. Bien au contraire. Multipliant les manifestations et les gestes provocateurs, exprimant en permanence la volonté séparatiste des habitants de la partie nord (et catholique) du Jura, le Rassemblement jurassien va progressivement amener les autorités fédérales à intervenir par le truchement d’une « Commission des sages ».

De son côté, le canton de Berne fait des concessions et envisage une procédure de séparation par étapes, préservant les droits des uns et des autres. Cela alors que se constitue en décembre 1969 un « Mouvement pour l’unité du Jura », sorte de « troisième force » qui réunit des modérés qui rejettent les positions du Rassemblement jurassien et celles de ses adversaires.

L’adoption en mars 1970 de dispositions constitutionnelles reconnaissant au peuple jurassien le droit à l’autodétermination constitue une étape essentielle vers la solution du conflit. Le processus de séparation est dorénavant en marche. Cela en dépit des récriminations des anti-séparatistes qui , comme de bien entendu, accusent la presse, et plus particulièrement la télévision, de désinformer l’opinion publique…

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