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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 20:05
 
Le Milieu du Monde…
 
Si vous passez par cet endroit, à la fin du printemps début de l’été, vous aurez la surprise de trouver là un lieu très agréable et beau ; avec une particularité, Le Milieu du Monde. La Sarraz et Pompaples lieux historique du Pays de Vaud mérite une visite pour le château et son musée, ses restaurants et ses paysages.
 
A la Réformation, l'Hospice de Bornu, appartenant au couvent du Grand-Saint-Bernard devient propriété des barons de La Sarraz. Ils en font un moulin, créent un bief au Nozon pour faire mouvoir ses rouages, conduisent ces eaux dans le vallon qui longe la ville à l'occident pour y alimenter d'autres forges ou moulins avant d'aboutir à la Venoge. C'est ainsi qu'en partageant le Nozon entre le bassin du Rhin et le bassin du Rhône, le nord et le sud, les barons de La Sarraz créèrent ce Milieu du Monde dont peut s'enorgueillir notre commune voisine de Pompaples.
Tiré d’un site parlant de La Sarraz, là aussi avec un château : http://www.lasarraz.ch/
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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 11:20
Actrices et acteurs d’origines suisses.
 
Ursula Andress
Marthe Keller
Renée Zellweger
 
Jean-luc Bideau
Bernard Haller
Pierre Dudan
Michel Simon
François Simon
Vincent Perez
Maurice Aufer
Jean-François Balmer
Jean-Philippe Ecoffey
Bruno Ganz
José Giovanni, français naturalisé suisse
 
Liste non complète, le côté alémanique et tessinois n’a pas été fouillé.
 
http://www.cinematheque.ch/
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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 11:09
 Alexandre Yersin
 
Bactériologiste français d’origine suisse, né à Morges 1863, mort à Nha Trang, Annam, (ViêtNam) 1943. Ce descendant d’une vieille famille huguenote est venu faire à Paris ses études de médecine. En 1886, il est interne à l’hôtel-dieu. Toute son admiration est pour Pasteur, qui, l’an précédent, a sauvé de la mort un enfant mordu par un chien enragé. Il rêve de se faire, lui aussi, spécialiste en microbiologie. Voici qu’un jour arrivent de Russie quelques moujiks et leur pope, portant d’affreuses blessures. Une bande de loups les a attaqués dans un village, dont la salive, examinée, s’est révélée infectée du virus rabique. Ils ont fait le voyage de Paris, n’attendant plus leur salut que de Pasteur. Cinq sont hospitalisés, les autres devront se présenter chaque jour au laboratoire de la rue d’Ulm. Pasteur viendra quotidiennement, pendant dix jours, injecter lui-même son vaccin aux grands blessés. Ainsi, Yersin voit apparaître l’homme sans doute le plus populaire de France, et qu’on nomme déjà « bienfaiteur de l’humanité ».
Lorsque Yersin se rendra au laboratoire de la rue d’Ulm, ce ne sera pas en tant que médecin, mais en tant que patient. En disséquant le cadavre d’un homme mort de la rage, il s’est blessé, et son patron lui a donné l’ordre de se faire immédiatement vacciner. Pasteur recevait les malades à 11 heures du matin. Il fallait se présenter dès 10 heures, donner son nom à un employé avec le motif de la visite. Pasteur appelait lui-même, par sa porte entrebâillée, les visiteurs inscrits. C’est ainsi que Yersin entendit son nom, prononcé par cette voix célèbre. Tandis que Pasteur lui injectait la culture atténuée, faite de moelle de lapin, il remarqua, se tenant un peu en retrait, un personnage en blouse blanche, à barbe pointue, au regard d’un bleu enfantin bizarrement enfoncé sous les arcades sourcilières excessives. C’était Emile Roux, son aîné de dix ans. Une très forte amitié naîtra entre Roux et Yersin, plus fidèle sans doute chez le premier que chez le second, auquel on a reproché, à l’égard de ses amis, une attitude parfois fuyante, conséquence peut-être de son extrême timidité et d’un goût inné pour la solitude.
 
Yersin est bientôt embrigadé dans l’équipe pastorienne. C’est une chance, car jusqu’alors Pasteur avait trouvé sans peine, à l’Ecole normale même, tout ce qu’il lui fallait en fait de jeunes collaborateurs. Mais Roux, qui l’a choisi, a tout de suite été séduit par le sérieux du nouveau venu, un sérieux calviniste. On le loge rue Vauquelin, où désormais les malades seront reçus et soignés.
 
Trois ans plus tard, le premier Institut Pasteur est inauguré, dans le quartier de Vaugirard. Emile Roux en est le chef. Pasteur, glorieux et vieilli, n’y paraîtra que rarement. Yersin, au titre de préparateur en microbiologie, sera le bras droit de Roux, comme celui-ci l’a été si longtemps de Pasteur, et ce sera ensemble que les deux savants découvriront la toxine de la diphtérie, ainsi que les propriétés, jusqu’alors mal connues, du microbe de cette maladie redoutable, bientôt jugulée.
 
1890… A la stupéfaction de tous, Yersin, dont on pouvait croire que la carrière se déroulerait entièrement à l’Institut Pasteur, annonce son prochain départ pour l’Indochine. Il passe au service des Messageries maritimes, comme médecin navigant. Il lui faut un remplaçant. Ce sera Haffkine, microbiologiste russe, natif d’Odessa.
 
Voici donc, deux mois plus tard, YERSIN à bord de L’Eridan, vapeur qui assure la ligne de Saigon à Manille, puis d’un courrier qui fait la navette de Saigon à Haiphong. L’aventure l’a emporté sur la recherche austère. Aventure d’ailleurs plus imaginaire que réelle, comme celle que Rimbaud a été chercher à Aden et en Ethiopie. Bientôt fatigué de ce métier de « toubib » à casquette de cuir bouilli, assoiffé d’aventure vraie, il demande un congé, se fait explorateur. L’Indochine est encore un pays plein de mystère. Les taches blanches énigmatiques n’ont pas été toutes effacées de la carte dressée, année après année, par la mission Pavie. Débarqué à Nha Trang, cette baie magnifique qui abritait alors une petite ville pareille à toutes celles que l’administration française a laissées là-bas (une combinaison de Castelnaudary et du village indigène), il s’est enfoncé vers l’intérieur des terres, à travers les montagnes de l’Annam, avec trois coolies. Bientôt, il a dû rebrousser chemin, sans poursuivre vers le but qu’il s’était fixé : Saigon. C’est par mer qu’il se rendra, après son échec, au grand port, pour s’y faire soigner par Calmette de son paludisme. Deux ans plus tard, ce sera une seconde exploration parfaitement réussie celle-là, dont le point de départ est encore Nha Trang, mais en direction du Mékong, dont il découvrira quelques affluents inconnus.
 
L’année 1894 est celle où Yersin retourne à la microbiologie. Une calamité le lui a ordonné : la peste, ce fléau séculaire, qui a éclaté en Chine, ravage surtout la Chine du Sud, fait d’innombrables victimes à Canton et à Hongkong. Nommé depuis quelque temps médecin colonial, Yersin reçoit la mission de se rendre à Hongkong pour rechercher sur place le virus, encore inconnu, de la peste comme son mode de propagation, dont l’Indochine est menacée.
 
La ville où débarque Yersin, dans l’accablante chaleur de l’été, paraît surgir de ces époques où le « mal noir » régnait sans partage sur ses nouvelles possessions. Les rues sont vides. La population chinoise survivante a fui. Sur quelques portes, c’est un grand cercle rouge, sinistre, annonçant que la peste habite cette maison. Partout des rats morts, sur les quais par centaines, et flottant autour des rares navires. Des murs ont été dressés pour enfermer certains quartiers dans leur infection. Sur les terrains vagues brûlent des meubles, des grabats contaminés.
 
Les autorités anglaises ont fait à Yersin un accueil plutôt froid. Ce n’est pas un Anglais qui lui servira de guide, mais un religieux italien, le P. Vigano, qui s’est battu à Solferino dans les rangs français. Grâce à l’entregent de l’ecclésiastique, Yersin pourra s’aménager un laboratoire dans un hôpital. Déjà quelques chercheurs japonais y travaillent, et, parmi eux, le célèbre Kitasato. Entre ces japonais et Yersin les contacts seront rares, distants. On se dispute les cadavres. Ceux-ci sont enlevés, très vite, par les matelots anglais, jetés dans des fosses qu’on recouvre de chaux. Apprenant qu’il existe, au sous-sol de l’hôpital, une sorte de morgue où les morts sont descendus et aussitôt recouverts de chaux dans leur cercueil, Yersin va corrompre les matelots anglais chargés de ce travail. pour quelques yens, on lui permettra de découper au rasoir quelques bubons gorgés de pus. C’est ce pus, selon lui, qu’il faut examiner, et non le sang, comme le font actuellement les japonais. « Je monte à mon laboratoire, a-t-il écrit dans son premier rapport, je fais rapidement une préparation et je la mets sous le microscope. Au premier regard, je reconnais une véritable purée de microbes, tous semblables. Ce sont de très petits bâtonnets trapus, aux extrémités arrondies, assez mal colorés par du bleu de Löffler. »
 
Bientôt, vingt et un tubes de verre, représentant vingt et un cas de peste, sont expédiés à Paris et font l’objet d’une communication à l’Académie de médecine.
 
Cependant, les Japonais ont prétendu avoir trouvé, en même temps que Yersin, le microbe de la peste, auquel ils ont donné le nom de bacille de Kitasato-Yersin. Kitasato sera le premier à reconnaître son erreur. Ce qu’il avait pris pour le microbe de la peste n’était qu’une sorte de pneumocoque, agent de septicémie, compagnon inséparable du premier.
 
En 1897, c’est une nouvelle épidémie de peste, mais dont Bombay est le théâtre. Des savants de diverses nationalités s’y retrouvent : Kitasato pour le Japon, Georg Sticker pour l’Allemagne, Yersin pour la France. Il est venu de Nha Trang avec dans ses bagages le vaccin préparé par Calmette, Borel et lui-même. Les effets en seront décevants chez les Indiens, meilleurs pour les Chinois, meilleurs encore pour les Européens, qui ne seront victimes de la peste que par accident. Georg Sticker a été lui-même frappé : « J’ai compris le mécanisme de l’infection quand, à l’entrée d’une maison la porte était marquée du terrible signe d’avertissement, nous avons été assaillis, dès le vestibule, par des essaims de puces. J’ai ressenti une piqûre sur le dos du pouce droit et n’y ai d’abord attaché aucune importance. Vingt-quatre heures plus tard, il y avait à cette place une pustule brûlante. La nuit suivante, je grelottais de fièvre, et les ganglions des aisselles grossissaient… La pustule contenait des bacilles de la peste… »
 
Georg Sticker guérit, mais non deux médecins portugais et une infirmière allemande qui avaient été, en même temps que lui, piqués par des puces infectées.
 
Ces accidents avaient fait ressortir aux yeux de tous les savants présents à Bombay le mode de propagation des bacilles. Du rat ils passaient à la puce, et de la puce à l’homme. Les Indiens le savaient bien qui, dès les premiers assauts du mal, travaillaient à l’extermination des rats et, si leur lutte paraissait impuissante, s’éloignaient vers les montagnes, où il n’y a pas de rats, et demeuraient indemnes, alors que les musulmans, qu s’enfermaient dans leur maison, périssaient par milliers.
 
Yersin, jusqu’en 1943, est demeuré à Nha Trang, où il s’était installé un laboratoire. Il avait élu domicile dans un blockhaus désaffecté, qu’à peine une cinquantaine de mètres de dunes séparaient de la mer. Il voyait peu d’Européen, réservant son intérêt aux indigènes les moins fortunés, et spécialement aux pêcheurs des environs et aux enfants annamites. Il leur montrait des films, leur prêtait des livres d’images, dont il avait une pleine bibliothèque, les faisait monter à sa « coupole astronomique », comme il disait, pour fouiller, par l’œil du télescope, les astres, et contempler surtout la lune, cette lune chère à tous les Orientaux. En le voyant passer, seul, sur sa bicyclette, barbe au vent, casque colonial sur la tête, tout vêtu de toile kaki, appelé par un malade de la petite ville ou des faubourgs, on s’exclamait : « Ne dirait-on pas Hao Ti (le dieu de la médecine) en personne ? »
 
Il a voulu être inhumé dans la solitude de la plantation de Suôi Giao, par lui-même conquise sur la forêt d’Annam. De son tombeau, on découvre toute la baie de Nha Trang, c’est-à-dire l’un des plus beaux paysages du monde.


http://www.pasteur.fr/infosci/archives/yer0.html
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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 11:04
Jean-Paul Marat
 
Homme politique d’origine suisse par son lieu de naissance et sarde par son père (Boudry, Suisse, 1743 – Paris 1793). Il a étudié la médecine en France et en Angleterre. Établi à Paris, il fut quelque temps médecin des gardes du comte d’Artois et publia quelques mémoires où l’on trouve plus de passion que de rigueur scientifique.
Dès la Révolution, il délaissera la médecine pour l’action politique et deviendra l’un des grands pourvoyeurs de la guillotine, jusqu’au jour où il tombera lui-même sous le poignard de Charlotte Corday.
Marat, fort infatué, se jugeait un grand médecin. Cependant, ses remèdes nous paraissent inexistants. Ainsi croit-il guérir la phtisie avec une eau « antipulmonique » qui n’était que de l’eau de chaux ; il pratique l’électrothérapie à la façon de son temps, c’est-à-dire en pure perte. Toutefois, certains ont vu dans son ouvrage : De l’homme, ou Des principes et des lois de l’influence de l’âme sur le corps et du corps sur l’âme, l’un des premiers vagissements de la psychosomatique.

http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article237
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19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 21:43
 
Au tir de Saint-Gall. « On les a eus ! »
 
La Suisse a reconquis la première place au match de tir international. Et pourtant ces excellents Américains, en d’impressionnantes interviews, nous accordaient généreusement la seconde place. Leurs mathématiques prévisions les autorisaient à s’octroyer trente points d’avance. Le résultat a prouvé qu’on peut-être citoyens américains, tireurs prééminents et se tromper dans ses pronostics comme un simple Européen.
Une équitable loi d’équilibre veut que chaque peuple ait une sorte de droit à revendiquer, avec supériorité indiscutable, dans tel ou tel domaine. L’Angleterre possède la royauté des mers, le flegme britannique ; l’Espagne garde jalousement le souvenir d’un passé glorieux, la morgue castillane, les toréadors et les corridas ; l’Italie a le fascisme, Machiavel, le Vésuve et les macaronis ; la Russie des boyards, des serfs, des moujiks et des popes ivrognes a sombré dans la pétaudière soviétique ; l’Autriche, c’est les valses viennoises, Strauss et les chansons d’opérettes, avec quelques sombres pages historiques par-dessus ; les Portugais sont toujours gais, c’est entendu, mais ils ont l’amour des complots, la manie des conspirations ; la France, c’est le pays des beaux-arts, de la fine cuisine, des grands vins et des catastrophes de chemins de fer ; l’Allemagne s’enorgueillit à juste titre de l’ermite scieur de bois à Doorn, de la poudre sèche et des plus colossales entreprises.
On pourrait multiplier les exemples : le nom de chaque nation évoque automatiquement dans l’esprit une particularité, une supériorité, un record, une chose enfin lui appartenant en propre et à laquelle ses voisins ne peuvent prétendre.
Parler de la Suisse, c’est dire : Plus vieille démocratie, Alpes immenses, Guillaume Tell, les rois du tir. Sous ce rapport notre priorité était acquise et admise : personne ne songeait à récriminer, et le championnat du tir faisait partie du patriotisme national au même titre que les montagnes, les lacs et le fédéralisme. Mais voilà, les Américains sont venus. En cinq sec, ils nous ont soufflé notre royauté démocratique. Sur le moment, on a été un peu « éberlué », puis on s’est ressaisi et l’éclipse n’a pas été longue. Les fils de Guillaume Tell ont prouvé, à Saint-Gall, qu’ils étaient toujours les premiers tireurs du monde.
Quelle idée bizarre aussi, de la part de la grande république d’outre-mer, de vouloir nous ravir notre modeste supériorité ! Les Américains, eux, ont des fleuves géants dans leur immense pays, des lacs grands comme des mers, des villes formidables. Ils ont tant de choses que nous n’avons pas, des nègres qu’ils méprisent et des jaunes insinuants dont ils voudraient bien se débarrasser. Messieurs les Américains, ce n’était pas gentil de nous avoir ravi notre royauté de tir et ce n’est pas parce que vous avez, grâce à la guerre, absorbé à peu près tout l’or de l’Europe, que vous étiez en droit d’enlever à la petite Suisse un titre que les traditions nous permettaient de considérer comme définitivement acquis.
Et c’est bien et juste que tout soit rentré dans l’ordre.
D’après J. de Cossonay. 1925
Le Jeune Citoyen, publication destinée aux jeunes gens de la Suisse romande.
 
Que voilà un texte très étrange dans la bouche d’un suisse, probablement amoureux de tir, qui d’un côté tient des propos limites sur les pays nommés et glorifie une Suisse militaire, championne au tir sur cibles. « Y en a point des comme nous ! » Bon c’était en 1925 et c’est possible qu’à cette époque l’on pensait et écrivait sans arrières pensés à faire mal et peut-être que personne ne pouvait lire ce texte, autres que des élèves, futurs citoyens. >Gtell

http://www.yrub.com/histoire/hf9.htm
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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 20:52
L’éclairage électrique
 
Inventé à la fin des années 1870 par Joseph Swan, en Angleterre, et par Thomas Edison, aux Etats-Unis.
 
Malgré les grands avantages qu’il présentait sur l’éclairage au gaz, l’éclairage électrique s’est répandu plus lentement qu’on aurait pu l’espérer. Il fallait en effet installer des fils électriques dans les maisons, et aussi construire des centrales électriques et des réseaux complexes de distribution.
En Angleterre, dès 1880, sir William Armstrong faisait installer l’électricité dans son manoir de Cragside. Quarante et un ans plus tard, en 1921, 12% seulement des maisons anglaises étaient éclairées à l’électricité.
 
En Suisse, l’avancée de l’éclairage électrique fut plus rapide que pour d’autre pays. L’énergie hydro-électrique ressource « presque » naturelle en Suisse.
 
Les forces motrices bernoises.
 
Lorsqu’une œuvre humaine est le fruit de la persévérance, de l’énergie, de l’esprit d’initiative et qu’en outre elle est d’utilité publique, qu’à ce titre elle rend service à une grande contrée, il vaut la peine de jeter un coup d’œil sur son développement et le rôle qu’elle est appelée à jouer.
Les Forces motrices bernoises n’existent que depuis un peu plus de 25 ans et offrent le spectacle d’un accroissement ininterrompu. Elles furent fondées à Bienne, avec le concours de quelques communes du Seeland, le 19 décembre 1898, sous le nom de Société anonyme de l’usine de Hagneck. En 1903 s’opéra la fusion avec l’usine de Spiez sous le nom de « Forces réunies de la Kander et de Hagneck ».
La demande d’énergie augmentant dans des proportions considérables et malgré plusieurs agrandissements des installations existantes, il fallut penser à trouver de nouvelles sources de courant. C’est alors que l’on songea à la construction d’autres usines et à l’extension du réseau sur la base des derniers perfectionnements techniques. Le capital nécessaire fut trouvé avec la collaboration de l’Etat et aujourd’hui ce dernier détient la grande majorité des actions. La société changea encore une fois son nom en celui qu’elle porte actuellement.
Aux usines de Hagneck et de Spiez vinrent s’ajouter successivement :
En 1911, Kandergrund, construite spécialement pour alimenter le chemin de fer du Loetschberg, première grande voie ferrée transalpine marchant à l’électricité.
En 1912, Bellefontaine, près de St-Ursanne, acquise des Forces motrices du Doubs.
En 1913, Kallnach, usine très moderne, utilisant par un tunnel de 2100 m. et un canal à ciel ouvert de 3 km la différence de niveau entre le confluent de la Sarine et la canal de Hagneck. Grâce au grand barrage de Niederried, elle dispose d’un bassin d’accumulation long de 4 km. et large de 100 à 400 m, avec un volume d’eau utilisable de 1 ½ million de mètres cubes.
En 1916, Wangen, dont le capital actions fut racheté d’une société allemande.
En 1918, les deux petites centrales de Dittingen et Zwingen, sur la Birse, près de Laufon, acquise également par voie de rachat.
En 1921, enfin, c’est la grande usine de Mühleberg, en aval de Berne, qui entre en service. Elle constitue un des plus beaux travaux du genre et témoigne éloquemment de l’esprit d’initiative hardie et de la largeur de vue de l’entreprise. Un mur de barrage de 245 m, haut de 35 m, retient les eaux de l’Aar, créant un lac charmant, aux rives poétique, à proximité de la capitale. Sa surface atteint presque 4 km2. La halle aux machines contient des génératrices capables de déployer une force de 48 600 HP*.
L’énergie produite est entièrement absorbée et, pour parer à une disette de courant prochaine, les Forces motrices bernoises viennent de commencer la réalisation d’un projet grandiose ; il s’agit de mettre en valeur le cours de l’Aar dans la vallée de l’Oberhasli. La chute utilisable, du Grimsel à Innertkirchen, est de 1210 m et doit être exploitée en trois paliers, sur une distance de 19 km environ. Tout en haut, un lac de 5 ½ km de longueur sera formé au moyen de deux barrages dont l’un n’aura pas moins de 100 m de hauteur. Ce lac transformera le paysage, mais heureusement sans le gâter, ce qui est assez rare quand l’homme se met à tourmenter la nature. Il adoucira les lignes d’un site un peu rude et ne recouvrira que des terrains arides, plains de galets et pâturages encombrés d’éboulis. Le lac engloutira, il est vrai, l’hospice du Grimsel et une partie de la route qui devront être reconstruits dans le voisinage.
A 5 km environ se trouvera un nouveau bassin d’accumulation, le lac de Gelmer, à 1852 m d’altitude. Les deux lacs seront réunis par un tunnel. L’on ne verra d’ailleurs aucun canal à ciel ouvert. Le transport de l’eau d’une usine à l’autre se fera par des galeries situées à 100 m au moins dans l’intérieur de la montagne.
La centrale de la Handeck, d’une puissance de 100 000 HP, sera construite en premier lieu. Du château d’eau taillé en plein granit jusqu’aux machines, la différence de niveau sera de 545 m. L’on se représente la pression considérable exercée sur les parois des conduites !
Puis viendront successivement les centrales de Boden (88 000 HP, 417 m de chute) et d’Innertkirchen (56 000 HP, 248 m de chute). On prévoit que les trois usines réunies pourront produire annuellement 540 millions de kWh d’énergie constante. Les travaux dureront 7 à 8 années.
Ces quelques indications très sommaires montrent toute l’envergure du projet dont la réalisation vient de commencer.
Comme une immense toile d’araignée, le réseau des Forces motrices bernoises s’étend sur le canton de Berne tout entier, une partie des cantons de Neuchâtel et de Soleure, envoie de l’énergie jusqu’à Bâle-Campagne et en Alsace, apportant dans les hameaux les plus reculés la lumière, la force motrice et la chaleur. Merveilleux instrument de confort, le courant électrique se trouve presque partout. Dans la famille, il sert à l’éclairage, à la cuisson es aliments, au chauffage ; à la fabrique, à l’atelier du simple artisan, à la ferme, là où il faut faire marcher une machine, le moteur électrique, commode et docile, apporte une aide précieuse au travailleur.
A la fin de 1923, le réseau alimentait 601 033 lampes à incandescence, 11 113 moteurs permanents et de fabrique, 2153 moteurs de jour, 33 758 fers à repasser, 17 039 appareils de chauffage et de cuisine et 2924 appareils divers. Le réseau de distribution primaire dont la longueur atteint 1 920 km dessert 660 localités. Des lignes à haute tension de 45 000 et 80 000 volts permettent le transport de l’énergie sans que la perte soit trop élevée. Les usines de l’Oberhasli disposeront d’une ligne de 150 000 volts.
Le développement si réjouissant des Forces motrices bernoises au cours de ce quart de siècle montre les progrès réalisés dans l’utilisation des forces naturelles et de l’électrification du pays. La « houille blanche », en nous permettant de nous passer de plus en plus de l’aide étrangère, est devenue un facteur d’indépendance très précieux. Toujours davantage l’intelligence humaine domine la matière et en tire des services plus grands. Puisse le progrès moral marcher de pair avec le progrès technique, pur qu’unis, ils ne servent qu’à des œuvres de paix et de fraternité.
Jeune Citoyen, Lausanne - 1925
 
*Il y a deux unités différentes dans l’utilisation du horse power (HP). La première unité (HP = 745,7 watt) utilisée au USA/UK est basée sur l’énergie équivalente pour soulever un poids de 550 livres (pound) au travers 1 pied (foot) en une seconde.
La seconde unité (HP = 736 watt) utilisée en Europe continentale est basée sur l’énergie équivalente en énergie à soulever un poids de 75 kilogrammes sur 1 mètre en une seconde.
1 cv, HP = 735,499 W – cheval-vapeur (horse-power)
1 HP = 746 W – horse-power (électrique)
1 HP = 735, 499 W – horse-power (metric)
1 HP = 746,043 W – horse-power (eau)

http://www.bkw-fmb.ch/fr/unternehmen/unternehmen/facts_figures/Geschichte.html
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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 20:46
Theodor Emil kocher
 
Chirurgien suisse né à Berne 1841 – 1917. Professeur de clinique chirurgicale à l’université de Berne, il fut un précurseur dans l’étude de la physiologie et des fonctions de la glande thyroïde. Il montra le rôle qu’y joue l’iode, dont le manque, dans certaines régions de la Suisse, particulièrement dans le Valais, provoque cette hypertrophie nommée goitre, et dont il a pratiqué – non sans dommages pour l’état général – l’ablation totale. Cette méthode a fait place aux ablations subtotales de la glande thyroïde.
On lui doit les pinces hémostatiques à griffes, dites « pinces de Kocher », et une méthode de réduction des luxations de l’épaule. Il a reçu en 1909 le prix Nobel de médecine.


http://www.switzerland.com/fr.cfm/science/innovation/offer-Science-Innovation-201346.html

suivez ce lien... très utile de connaître quelques prix nobel suisse
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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 20:07

En 1925


Dans notre pays, tout le monde connaît le téléphone; chacun est à même de l'utiliser "peu ou prou", et d'en apprécier les réels services.
Est-ce à dire que chacun soit content de son fonctionnement?
Ecoutez plutôt ce qu'en disent les commerçants et les industriels qui doivent l'utiliser à tout instant pour leurs affaires. de combien de reproches n'accablent-ils pas, - souvent à tort, - les employées de la station centrale. Ces demoiselles, disent-ils, ne connaissent pas leur métier; elles ne sont jamais à leur affaire; elles sont indiscrètes, elles coupent le courant au milieu d'une conversation; elles vous mettent en relation avec le bottier alors que vous appelez le médecin! Quel désordre doit régner dans les centrales téléphoniques! De grâce, supprimez donc les services des demoisellesdu téléphone!
Ah! si ces mécontents se donnaient la peine de visiter, même à l'improviste, la centrale téléphonique de leur ville, ils reconnaîtraient bien vite, s'ils sont droits et sincères, qu'ils ont jugé sans connaître. en effet, ils seraient frappés, en entrant à la centrale, de l'ordre et du silence qui y règnent. ils trouveraient les employées attentives, installées devant une table des multiples qui contient 4000, 5000 ou 6000 jacks selon l'importance de la ville; ces jacks sont le point d'arrivée de trois fils correspondant à chacun des abonnés. Sur la table, devant l'opératrice, 100, 200 ou 300 lampes électriques minuscules s'allument tour à tour, au hasard des appels. Enfoncer la fiche du cordon de communication dans le jack de l'abonné qui demande un numéro; enfoncer une seconde fiche dans le jack portant le numéro demandé, faire fonctionner le signal d'appel du correspondant désiré et actionner le compteur de conversations, telles sont les manipulations nécessaires à la mise en communication de deux personnes seulement.
Que 10 à 12 appels lumineux brillent à la fois, qu'un correspondant tarde à répondre au signal souvent plusieurs fois répété, et les réclamations de pleuvoir à nouveau: "Supprimez! mais supprimez donc! et donnez-nous le téléphone automatique."

On pourrait peut-être calmer assez facilement ces grincheux; il suffirait de leur offrir les services du téléphone sans fil dont on dit tant de bien!
"Le téléphone sans fil! allons-donc, répondent-ils, mais, vous n'y pensez pas; c'est un bavard! il crie les secrets sur tous les toits, il trahit à journée faite, il met vos concurrents au courant de vos affaires et de vos prix! Ah! merci, le remède est pire que le mal. Le téléphone automatique, voilà ce qu'il nous faut, et pas autre chose!"

La question n'est pas nouvelle; il y a longtemps qu'on cherche à la résoudre et qu'on y travaille activement; le téléphone automatique existe en Suisse, à l'heure actuelle, pour le service intérieur de certaines grandes villes: Genève, par exemple, le possède depuis le 20 avril 1924, bientôt, l'expérience aidant, tous les bureaux principaux seront pourvus de cette merveille de mécanique de précision.
Dans cette courte notice, il ne nous sera pas possible de décrire les nombreuses combinaisons qu'il a fallu trouver pour que l'abonné appelant puisse, sans le secours d'employés, se mettre en relation avec tel ou tel correspondant.
Nous nous bornerons à exposer le principe, laissant à ceux que la question intéresse le soin de lire les publications spéciales - peu nombreuses, il est vrai - qui traitent cette question.

L'organe essentiel de l'automatisme est l'électro-aimant qui est chargé d'exécuter les fonctions les plus diverses et les mouvements les plus inattendus.
Dans une sonnette électrique, l'électro-aimant, muni d'un interrupteur automatique très simple, fait fonctionner le marteau trembleur dont le bruit est familier à nos oreilles.
Si nous supprimons l'interrupteur, nous aurons une sonnette qui ne frappera qu'un seul coup à chaque pression du bouton commutateur.
Demandons à un tel électro-aimant ce simple service, à savoir: attirer à lui et maintenir en place une armature, pendant un temps déterminé; par ce moyen, nous fermerons un relais à la centrale téléphonique; ce travail exécuté, nous obligerons, au moyen d'un deuxième électro-aimant, l'axe d'un appareil appelé sélecteur à s'élever verticalement à une hauteur convenable et enfin, au moyen d'un troisième électro-aimant, nous obligerons l'axe à tourner ensuite sur lui-même pour s'arrêter sur un contact cherché.
Tout cela semble presque impossible et pourtant un tel appareil existe. Nous allons chercher à en faire comprendre le fonctionnement au moyen du cliché ci-dessous.

sch--mat-t--l--phone-01.jpgLa fig. 3 représente le poste téléphonique automatique installé chez l'abonné, que nous appellerons "maître Jacques" pour plus de clarté. La fig. 4 fait pénétrer le lecteur dans le local mystérieux de la centrale.

Nous avons, à dessein, réduit à sa plus simple expression l'ensemble des organes principaux: le poste n'est prévu que pour six abonnés, et le compteur de conversations, qui n'intéresse que l'administration, a été supprimé.
Dès que maître Jacques décrochera son cornet téléphonique, le relai de la fig. 4 désigné par la lettre a, fermera le contact b et mettra à disposition l'électro-aimant c ; ce dernier est l'âme de tout le système; il est chargé d'exécuter une besogne très importante et très intéressante: c'est le sélecteur.
Nous supposons que maître Jacques désire correspondre avec un client dont le numéro d'appel est 3. Devant son appareil se trouve un disque numéroté; il introduira l'index dans l'ouverture numéro 3 de ce disque et le fera tourner sur lui-même dans le sens des aiguilles d'une montre, jusqu'à un arrêt très visible sur la fig. 3. Le disque, quand on le laissera libre, reviendra en arrière, lentement, à son point de départ, et, tout en tournant, fermera trois fois le circuit qui relie l'abonné à la centrale.
L'électro-aimant c (fig. 4) dont nous avons parlé, commencera alors son travail: à chaque fermeture du courant, il attirera à lui l'armature d et fera monter d'un degré l'axe du sélecteur. Pour empêcher cet axe de redescendre, le cliquet e s'introduira de lui-même dans l'encoche et maintiendra l'axe à la hauteur voulue; quand les trois contacts auront eu lieu, chez maître Jacques, l'arbre du sélecteur f sera monté de trois dents et les deux lamelles l et m, qu'on voit au bas de la fig. 4, seront en face des deux plots numéro 3, auxquels viennent aboutir les deux fils du client désiré. Il s'agit maintem$nant d'obliger les lamelles à toucher ces deux plots pour assurer le contact. Au moment où le disque de maître Jacques sera rentré à sa position de repos, un courant différent du premier - par son intensité - actionnera le relai g sans déranger les autres relais; il fermera le contact h et mettra à disposition l'électro-aimant i ; ce dernier est chargé de faire tourner l'axe f du sélecteur sur lui-même; alors les lamelles l et m, solidaires de l'axe viendront toucher les plots et établiront la communication.
Immédiatement, chez le correspondant N° 3, un signal retentira jusqu'à ce que le cornet téléphonique soit décroché. Ce signal est assez semblable à la sirène, - peu agréable et très connue - employé sur la rue par les automobiles pour avertir les piétons.
Si l'abonné N° 3 est, à ce moment-là, en conversation avec un autre correspondant, l'appareil de maître Jacques fera entendre à son tour, une sirène spéciale, d'un son différent, qui signifie: "ligne occupée".
Voilà le principe du téléphone automatique; c'est simple, à la vérité, mais il en est de ceci comme de l'oeuf de Christophe Colomb, il fallait y penser!
Quant à la réalité, elle est, cela va de soi, bien différente. Dans les stations où le téléphone automatique doit permettre la mise en communication de 5 ou 6000 abonnés, le "décrochage" du cornet fait fonctionner d'abord un présélecteur qui choisit une ligne donnant accès aux appareils des abonnés dont le premier chiffre du numéro de téléphone est 1000, 2000, 3000, etc. A l'extrémité de cette ligne auxiliaire un autre sélecteur met en circuit les lignes des centaines, puis un autre, celles des dizaines, et enfin, un dernier, celles des unités. A chaque ordre d'unités, le disque de l'appareil de maître Jacques doit êtretourné jusqu'à l'arrêt puis abandonné à lui-même.
Dans un tel système, lorsque maître Jacques voudra correspondre avec le client dont le numéro est 2675, par exemple, il devra introduire son index dans l'ouverture N° 2 et tourner jusqu'à l'arrêt, puis abandonner le disque qui reviendra en arrière; cela fait, il introduira de nouveau son doigt dans l'ouverture N° 6 et tournera jusqu'à l'arrêt, et ainsi de suite pour 7 et pour 5. Quand enfin ce dernier chiffre sera donné, tous les chercheurs de lignes, présélecteurs, sélecteurs, etc., seront en place à la station centrale et l'appelé N° 2675 entendra retentir la sirène de son téléphone.
Mais, comment donc maître Jacques procédera-t-il si, faisant partie des 5 ou 6000 abonnés d'une centrale, il veut correspondre avec le client N° 3 ? - C'est très simple: il existe une ligne spéciale pour les abonnés dont le numéro est compris entre 1 et 999;c'est la ligne que nous nommerons la ligne 0 mille; il y a également une ligne 0 centaine, et une 0 dizaine. Maître Jacques voulant appeler le N° 3, introduira l'index dans le 0 de son disque tournant et l'amènera au crochet d'arrêt; ce mouvement le mettra en relation avec la ligne spéciale 0 mille; il répétera ce mouvement pour les centaines, 0 centaine et pour les dizaines, 0 dizaine, et enfin, en tirant au cran d'arrêtle N° 3 des unités, son client sera averti par la sirène.
Lorsque la conversation sera terminée et que les deux cornets seront recrochés, tous les appareils, présélecteurs, sélecteurs et relais rentreront immédiatement à la position de repos et seront prêts à recommencer leur besogne.
Théoriquement, il faut un sélecteur pour chaque abonné, et en face de ce sélecteur, les plots des 4, 5 ou 6000 autres abonnés. 

http://www.audiorama.ch/fr/fr_histoire_radio.htm
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Published by G.Tell - dans La modernité
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14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 10:12
Physiologiste suisse Berne 1708 – 1777
Ce fils de famille patricienne était né délicat, et de bonne heure il fut passionné de lecture. Il avait en lui, comme innée, la curiosité encyclopédique. Enfant, il rédigeait des grammaires, des lexiques, et travaillait à un recueil qui devait renfermer deux mille biographies.
À seize ans, alors que son père le poussait vers la théologie, il choisit la médecine, et prit la route de Tübingen. Les études y étaient faibles, la vie joyeuse et même dissipée. On partait certains jours à la recherche de plantes rares, on revenait son panier vide, mais de jolies filles au bras.
Haller, déçu, ne résista pas alors à l’attraction de la Hollande, de Leyde, où enseignait le grand Boerhaave. C’était là-bas une atmosphère de travail et d’une gravité presque religieuse.
De fort bonne heure le matin, le maître emmenait ses élèves à travers les jardins botaniques. Il convenait qu’avant d’en arriver à l’anatomie de l’homme on commençât par celle de ces créatures inférieures, mais bien vivantes elles aussi, et où les grandes fonctions de la vie se montraient dans leur simplicité : la circulation, la respiration, la croissance, le reproduction.
On passait ensuite dans les salles de l’hôpital, d’une propreté exemplaire, aux parquets luisants, aux draps et rideaux changés chaque jour. Assis auprès des malades, Boerhaave parlait de telle ou telle maladie avec une simplicité admirable, d’où n’était cependant pas exclus certains partis pris théorique : le maître de Leyde partageait avec Descartes la doctrine iatromécaniste, qui s’opposait aussi bien à la chimiatrie de Paracelse qu’au vitalisme de l’école de Montpellier.
 
Reçu docteur en 1727, il achève ses études à Paris, puis à Londres, à Bâle enfin, et retourne dans sa ville natale. Il y végétera sept ans, dans le désert intellectuel que Berne offrait alors. Mais, de même que Rousseau, à peu près à la même époque, s’enfuyait parfois – et bientôt pour toujours – de l’ennuyeuse Genève vers les montagnes proches, Haller allait vers les Alpes et sentait, tandis qu’il gravissait les chemins, passait les torrents, s’élever du fond de son cœur un monde d’images et de rythmes. En ce médecin il y avait un poète, l’un des plus grands que compte la Suisse. Son Essai de poésies suisses, dont on peut négliger les vers moralisateurs ou de circonstances, possède, en ses meilleures parties, des accents qui font penser à Goethe.
Ce fut à l’université de Göttingen, qui venait de se fonder, qu’il reprit contact avec la science médicale. Là, il n’était plus étudiant, mais professeur, enseignant, comme Boerhaave à Leyde, à la fois la botanique et l’anatomie. Il aménagea un jardin botanique sur le modèle de celui de Leyde. Avec son beau visage distingué, au regard déjà romantique, il apparaissait à ses élèves comme un modèle, et peu de maîtres ont su tel que lui susciter les dévouements et les enthousiasmes.
En anatomie, Haller s’est attaché particulièrement à l’étude des vaisseaux sanguins. Ses Icones anatomicae sont un extraordinaire atlas, d’une exactitude sans exemple à l’époque*, de l’ensemble de notre système circulatoire. On y trouve enfin élucidées les relations, extrêmement complexes, des veines qui conduisent au foie et des capillaires dont le réseau très fin pénètre les poumons.
Une querelle s’était engagée à propos du mécanisme de la respiration. L’espace compris entre les deux feuillets de la plèvre était-il vide, ou plein d’air ? Haller résolut le problème par un moyen d’une ingénieuse simplicité. Il ouvrit, sous l’eau, le thorax d’un animal. Aucune bulle d’air ne monta à la surface. Il fallait donc en conclure que l’espace était vide.
Dans le cas présent, il s’agissait d’un problème physiologique qui pouvait aisément se résoudre par la physique. Mais d’autres problèmes offraient de beaucoup plus grosses difficultés. Ainsi, comment ressentons-nous les excitations du monde extérieur ? Comment se contractent les muscles ? On ne pouvait résoudre ces problèmes par la mécanique. Haller, après de nombreuses expériences et cogitations, fit entrer en jeu deux notions qui, fort discutées jusqu’aux premières années du XIXe siècle, trouveront grande faveur en Angleterre et en France : les notions de contractilité ; qui appartient au seul tissu musculaire, et de sensibilité, qui appartient au système nerveux. Il rejoignait ainsi ce qu’avait déjà formulé l’Anglais Francis Glisson en 1654, auteur du concept d’irritabilité.
*Sauf peut-être les dessins de Léonard de Vinci méconnus et remit au grand jour seulement au XIXe siècle et qui sont admirables. gtell
http://fr.wikipedia.org/wiki/Albrecht_von_Haller
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13 mai 2007 7 13 /05 /mai /2007 18:23
Paracelse
Aureolus Philippus Theophrastus Bombastus von Hohenheim, dit
 
Médecin, chimiste et philosophe suisse (Einsiedeln, canton de Schwyz, 1493 – Salzbourg 1541). Originaire de Souabe par son père, il tenait de sa mère, native d’ Einsiedeln, une chevelure d’un blond roux qui lui valut son prénom d’Aureolus. Il a grandi dans les montagnes, auprès du vieux monastère qu’occupent encore, de nos jours, les moines bénédictins. Mais les hôtels de luxe ont remplacé les auberges de pèlerins. Ceux-ci viennent encore chaque année vénérer la Vierge noire offerte à leur culte.
« Pendant dix ans, a-t-il écrit, je n’ai lu qu’un seul livre, celui de la nature. » Son père, médecin, l’a initié à son art, tel qu’il était alors pratiqué dans les montagnes, fait de recettes immémoriales où les superstitions se mêlent aux remèdes naturels. La tradition livresque ne montait pas jusqu’en ces altitudes, peut-être chez les moines, mais non dans le peuple.
Un fait dramatique, mystérieux, compte dans sa vie. Tout jeune encore, il aurait été émasculé par un soldat ivre. On a attribué à cette infirmité les singularités de son caractère : inconstance, irritabilité maladive, penchant invétéré au nomadisme. Sa vie n’est faite que de départs, de démissions, d’amitiés rompues.
Il a commencé, adolescent, un voyage qui ne devait s’achever qu’avec sa vie. Le voici dans le Tyrol, puis dans la région minière de Carinthie, auprès des Fugger, cette famille allemande célèbre par ses richesses et ses libéralités. Là, il visite les mines souterraines, à la recherche de métaux bénéfiques. Les plantes l’intéressent moins que les pierres, et les pierres moins que les métaux. L’originalité de sa pharmacopée sera dans ces éléments, que jusqu’alors peu de médecins osaient prescrire : le fer, l’or, l’antimoine.
A Villach, il s’adonne à l’occultisme, riche des leçons reçues d’un prieur bénédictin de Würzburg. Il est étudiant à l’université de Vienne, puis à celle de Ferrare, où il coiffe le bonnet de docteur. « Un médecin, a-t-il écrit, doit voyager. Il apprend bien plus sur les routes que dans les livres. » On le verra à Salerne, à Lisbonne, à Montpellier. Il suit volontiers les armées en marche, se fait nourrir par elles en échange de soins. Le soir, auprès des feux de camp, il parle, délivre des lambeaux de sa science qui déborde la médecine pour s’étendre à tout l’univers, et jusqu’aux étoiles, dont chacune commande notre destin. Il ne soigne pas un malade sans s’être d’abord informé du jour de sa naissance et avoir tiré son horoscope, qui commande sa thérapeutique, attendu qu’on ne traite pas un « taureau » comme un « gémeau » ou un « poisson ».
Ses théories, qui sentent le fagot, mais aussi sa jactance, son orgueil (n’a-t-il pas osé choisir ce pseudonyme de Paracelse, c’est-à-dire « l’égal de Celse » ?) indisposent ses paires. On le chasse de Salzbourg. Il trouve meilleur accueil à Strasbourg, et y serait peut-être resté s’il n’avait été appelé à Bâle, grâce à la protection d’Erasme, qui y résidait alors. Prenant possession de la chaire de physiologie et de médecine, il déplaît à ses auditoires. On le trouve laid, grossier, un vrai Suisse des montagnes, mal tenu, mal lavé, trop souvent ivre. Son enseignement paraît bizarre, aventuré. Péché plus grave, il ne sait pas le latin et ne s’exprime qu’en allemand. Et les doctes, s’arrêtant à ce manquement aux usages, négligent le trésor de ses observations : « Les poussières ne sont pas pour rien dans la suppuration des plaies ; tenez-les propres et préservez-les des ennemis extérieurs : elles guériront toutes… » C’est, presque dans les mêmes termes, ce que répétera Pasteur aux chirurgiens des hôpitaux !
 
Avec son goût des choses souterraines, il se montre un laboratoire dans une cave, et là, tel le docteur Faust, fait bouillir, distille, provoque d’étranges rencontres chimiques.
 
Après un séjour de onze mois, il quitte Bâle, à la suite d’un procès perdu. Ce n’est là, semble-t-il, qu’un prétexte. Ce qui le pousse de nouveau sur les routes, c’est la rancœur de l’incompris, l’insatiable besoin, aussi, de changer de lieux. Où ira-t-il ? A Colmar, à Strasbourg ? Qu’importe ! A travers la pluie et le vent, il marche, pliant sous le poids de son havresac plein de livres. Le soir, et tard dans la nuit, à la lueur d’une lampe d’auberge, il médite, il écrit. Un système s’élabore dans cette tête chaotique. Au centre de l’univers, voici l’homme, qui en est le microcosme, lié aux astres, soumis aux quatre éléments fondamentaux, qui ne sont pas ceux, tout arbitraires, de Galien, mais le liquide, le gazeux, le solide, le feu radiant. Une force mène toutes choses, qui est l’archée – un peu ce que l’école de Montpellier nommera la force vitale. L’archée, telle une influence magnétique, entretient la vie, suffit à tout. C’est elle qui « sépare les parties malfaisantes des aliments de celles qui servent à la nutrition, qui fait les aliments assimilables, qui change le pain en sang ». Et, subordonnées à cette archée majeure, voici les archées secondaires, occupées à réparer les dégâts causés à l’organisme par les blessures, les maladies, les poisons. « Ne pas nuire ! » ordonnait Hippocrate aux médecins, certes, mais, ajoute Paracelse, surtout ne pas empêcher les archées d’agir, et, au contraire, les aider. Car là, dans la nature même, est la guérison…
 
Il est des erreurs stériles comme il en est de fécondes. Les erreurs de Paracelse ot été fécondes. En ce temps d’effroyables épidémies de peste et de syphilis, il obtenait des cures excellentes, comme celle des vérolés par le mercure. Qu’un médecin moderne scrute l’œuvre de Paracelse, et spécialement ce Paramirum,  synthèse de sa pathologie, il y trouvera toutes sortes d’observations et de thérapeutiques dont la science a confirmé la valeur : eau de chaux recommandée au chirurgien pour la désinfection ; connaissance de l’anesthésie par un mélange d’acide sulfurique et d’alcool, c’est-à-dire par l’éther. Paracelse a noté que ce « produit possède un goût agréable », que « les poulets qui le boivent tombent dans un sommeil profond dont ils s’éveillent au bout d’un certain temps sans en subir aucun dommage », « que son emploi est recommandé pour le traitement des maladies douloureuses », ce qui n’empêche que dans tous les dictionnaires la découverte de l’éther soit exclusivement attribuée au chimiste américain Jackson, et datée de 1846… Il a élaboré les bases scientifiques des cures thermales, reconnu, le premier, la cause des rhumatismes et de la goutte : « des dépôts de tartre ». En affirmant que « l’homme est un composé chimique », que les maladies ont pour cause un déséquilibre de ce composé, qu’il faut donc des produits chimiques pour combattre les maladies, il a contrebalancé les méfaits de la saignée, de la purge à tous propos, il a inventé la chimiothérapie, qui pourrait porter à son fronton cette parole de l’illuminé d’Einsiedeln : « Hors de la chimie, vous tâtonnerez dans les ténèbres. »
L’idée qu’il se fait du médecin tranche sur celle de son temps, érudite et pédante. « Parlez-moi des médecins spagiriques, disait-il (spagiriques, c’est-à-dire adonnés à l’alchimie, laquelle se distinguait alors très peu de la simple chimie…) ; ils ne sont pas habillés en beau velours, en soie ou en taffetas ; ils ne portent pas de bagues d’or ni de gants blancs. Les médecins spagiriques attendent avec patience, jour et nuit, les résultats de leurs travaux ; ils ne fréquentent pas les lieux publics, ils passent leurs temps dans leur laboratoire. Ils portent une culotte de peau, avec un tablier de peau pour s’essuyer les mains ; ils mettent leurs doigts dans les charbons et les ordures ; ils sont noirs et enfumés comme des forgerons et des charbonniers ; ils parlent peu et ne vantent pas leurs médicaments, sachant que c’est à l’œuvre qu’on reconnaît l’ouvrier… »
 
En dépit de la suspicion de l’Eglise, il proclamait l’alchimie comme la plus élevée des connaissances médicales : « Je déclare l’alchimie indispensable, et sans elle il n’est pas de savoir médical. La nature est mystérieuse dans ses opérations et il faut savoir lui arracher son secret. L’alchimie est semblable au boulanger qui convertit la farine en un pain substantiel, au vigneron qui du raisin le vin généreux ; il extrait de chaque chose la quintessence et tire de la nature ce qui peut être utile à l’homme. Arrière donc tous ces faux disciples qui prétendent que cette science divine n’a qu’un but, celui de faire de l’or ou de l’argent. L’alchimie, qu’ils déshonorent et prostituent, n’a qu’un objet, celui d’extraire la quintessence des choses et de préparer les arcanes, les teintures et les élixirs qui peuvent rendre à l’homme sa santé perdue. »
 
On a parfois nommé Paracelse « le Luther de la médecine », et il est vrai qu’il ressemble, par bien des points, au réformateur. Il a de Luther le langage direct, populaire, moins fait pour les académies que pour les auberges de village, le cœur large et humain, le courage de narguer les institutions, la liberté d’un esprit qui pense avant de croire : tendances nobles mais dangereuses, qui l’ont fait parfois errer ; que penser de son astrologie appliquée à la médecine, de sa foi en ces « correspondances », en ces associations que l’on aime chez les poètes, mais non chez un médecin ? Ainsi soutient-il que tout médicament est désigné à l’avance, par son nom, sa structure, sa ressemblance avec une partie de l’organisme, au rôle qu’il est appelé à jouer. La tête du pavot guérira les maux de tête. La sanguinaire est appelée à enrichir le sang. L’euphraise, dont la corolle a une tache jaune pareille à un œil, guérira des ophtalmies, etc.
 
Paracelse, après son séjour à Bâle, s’installa quelque temps à Colmar, puis, reprenant sa vie errante, parcourut une seconde fois l’Allemagne, la Moravie, la Carinthie, de nouveau l’Alsace, soulevant contre lui des tempêtes et les excitant par ses violences. Il accusait tous les médecins de n’être que les « perroquets de Galien » et des « ânes bâtés », tandis que ceux-ci le représentaient comme un athée ayant fait un pacte avec le Diable…
 
Il professa à Nuremberg (1529), à Saint-Gall (1531), à Pfeffer (1535), à Villach (1538) ; enfin, après avoir séjourné quelques mois à Mindelheim (1540), il vint mourir à Salzbourg dans un dénuement presque complet.
Deux hommes se sont acharnés contre sa mémoire : Th. Eraste, son ennemi juré, qui le représente comme un bateleur, explique ses voyages en disant qu’ « il suivait une troupe de bohémiens et de vagabonds », et son secrétaire Oporinus, qui, après l’avoir servi, l’a diffamé, le présentant comme un « dégoûtant ivrogne, couvert de vermine, étourdissant son public illettré par un jargon incompréhensible d’allemand et de mauvais latin ».
 
Les livres de Paracelse sont cependant là pour réfuter les calomniateurs, notamment le Paramirum et le Paragranum, qui pourraient porter en exergue cette déclaration digne des esprits les plus éclairés de l’époque : « Bien peu des médecins ont une connaissance exacte des maladies et de leurs causes ; mes livres ne sont pas écrits comme ceux des autres médecins, qui se sont bornés à copier Hippocrate et Galien ; je les ai composés en me fondant sur l’expérience, qui est la plus grande maîtresse de toutes choses… »
C’est à Jung, son compatriote, que Paracelse doit les plus justes éloges adressés à ses talents :
 
Paracelse, qui était en premier lieu un médecin génial, souligne que personne n’est médecin qui ne pratique l’art de « théoriciser ». Il entendait par là que le médecin non seulement doit acquérir par lui-même, mais aussi doit enseigner à son malade une conception, voire une vision de sa maladie qui permette au médecin de soigner et au malade de guérir, ou au moins lui permette de supporter sa maladie… »
 
Quand nous poursuivons avec persévérance et conséquence la voie du développement naturel, nous arrivons à l’expérience du soi et de l’existence telle quelle, toute naturelle. C’est ce qu’exprimait,mais sous forme d’exigence éthique, la devise de Paracelse, qui est aussi authentiquement suisse qu’authentiquement alchimiste : Alterius non sit, qui suus esse potest, « Qu’il ne soit pas un autre, celui qui peut être soi ».
 
L’ère scientifique qui, en fait, débuta avec le XVIIe siècle a enterré sans discernement non seulement ce qui, dans la médecine de Paracelse, était un fatras, mais aussi ce qui constituait des perles précieuses. Ce n’est que deux siècles plus tard que ses idées revécurent partiellement, grâce à un nouvel empirisme, je veux dire grâce à la doctrine de Mesmer, celle du magnétisme vital…
 
http://jm.saliege.com/paracelse1.htm
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