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25 juillet 2007 3 25 /07 /juillet /2007 15:56
Arnold Kübler (1890-1983), écrivain et journaliste suisse alémanique, a dirigé deux des meilleurs publications européennes : le Zürcher Illustrierte, pépinière d’auteurs et de photographes, ainsi que la revue Du. Ses romans et ses chroniques, parfois accompagnés de dessins (ainsi Paris-Bâle à pied) ne sont pas traduits en français.
Arnold Kübler est le père d’Ursula Kübler, danseuse, qui deviendra l’épouse de Boris Vian. Vian lui dédicace ainsi l’un de ses livres : « Pour mon cher confrère Arnold Kübler, l’auteur du plus beau de tous les oursons, avec mon affection et mon respect ». Ourson ? C’était l’un des gentils surnoms d’Ursula, note Arnold Kübler, qui se souvient aussi d’avoir montré à Vian, au buffet de la gare de Zurich, des clients assis là depuis longtemps : « Oui, je vois, dit-il brièvement, les Suisses vont à la gare mais ne partent pas. »
 
Mon gendre, Boris Vian
 
Comment fit-il apparition à Saint-Germain-des-Prés ? « Comme une asperge, très vite ! » En trois jours il devint un prince du petit royaume dont trois cafés et une église marquent les frontières. A qui l’engageait comme trompettiste, il disait être journaliste, à qui lui demandait un article, il répondait qu’il n’était guère fait que pour écrire des chansons. « Toujours réfugié derrière ses masques, il glissait, il fuyait, il jouait… On allait boire un verre avec Vian, discuter avec Vian… »
En ces temps-là un livre paru : J’irai cracher sur vos tombes (1946). L’auteur : Vernon Sullivan, un noir. Traduit de l’américain par Boris Vian. Préface de Boris Vian. Le héros : un noir américain « qui avait passé la frontière » et qui, ainsi, pouvait bien passer pour un blanc. L’éditeur aussi était nouveau. Le sujet : persécution raciale, whisky, sexualité déchaînée, violence, brutalité, sang et meurtre. Ce fut un livre scandaleux, un succès de librairie à grande vente, provoquant des réprobations et des enthousiasmes également violents. L’ouvrage recelait une attaque acerbe contre les préjugés raciaux américains : mais nombre de lecteurs ne surent pas l’apercevoir derrière l’intrigue. On pouvait se demander pourquoi le livre n’avait pas d’abord paru en Amérique : c’est évident, répond le traducteur dans son introduction, il aurait aussitôt été interdit. Cette introduction renferme déjà les éléments d’une critique littéraire et donne bien l’impression de la froide objectivité du traducteur. Il prévoit l’incongruité de l’ouvrage et va méthodiquement au-devant des objections attendues : « …Ici nos moralistes bien connus reprocheront à certaines pages leur… réalisme un peu poussé. Il nous paraît intéressant de souligner la différence foncière qu’il y a entre celles-ci et les récits de Miller ; ce dernier n’hésite en aucun cas à faire appel au vocabulaire le plus vif, il semble au contraire que Sullivan songe plus à suggérer par des tournures et des constructions que par l’emploi du terme cru ; à cet égard il se rapprocherait d’une tradition érotique plus latine. »
Quel jeu ! Quelle occasion d’implications dérisoires ! Quels débordements d’inventions ! Mais l’éditeur enivré par le succès, ne put tenir sa langue : il n’y avait pas de Vernon Sullivan, il n’y avait qu’un auteur : Boris Vian. Comment avait-il eu l’idée d’un livre pareil ? A la suite d’un pari. L’éditeur cherchait un roman américain dont le genre pourrait convenir à cette époque, mais en vain : « S’il ne se présente rien d’autre, dit Boris Vian, j’écrirai ce que vous ne trouvez pas ». En trois semaines ce fut chose faite. Le Paris des lettres fut berné, provoqué et diversement malmené. Il n’en manqua pas non plus pour se réjouir du scandale. On découvrit un exemplaire du roman au chevet d’un assassin. Hasard ? L’interdiction ne se fit guère attendre. Ceux qui ne pouvaient pénétrer les mobiles profonds de l’auteur s’en firent un portrait d’après ce qu’ils avaient pu comprendre du roman. Une plainte fut déposée, suivie d’un long procès. L’un des meilleurs avocats de la capitale défendit l’auteur à la perfection. Pourtant beaucoup ne devaient jamais lui pardonner de les avoir ainsi mystifiés, et la critique accueillit les livres suivants avec une froideur caractéristique.
« On est toujours déguisé » disait-il, « alors autant se déguiser. De cette façon on n’est pas déguisé. »
Il devint silencieux, et de longtemps n’écrivit plus rien. Il divorça (1952). Se souvenant qu’il était ingénieur, il acheta une automobile de modèle antique et complètement inutilisable, aux phares et aux ornements de cuivres et de laiton. Les leviers de frein de changement de vitesse se trouvaient à l’extérieur, et on avait glissé un pot de chambre sous la banquette arrière. De longs mois durant, aidé d’un ami mécanicien, il s’employa à remettre la machine en état de rouler et lui donna un nouvel éclat. C’est lors d’un thé à la Maison Gallimard qu’il rencontra notre fille Ursula : elle était danseuse à Paris et ignorait tout de l’écrivain Boris Vian et du scandale qui entourait son nom. Ursula se consacrait en un effort honnête et quotidien à son métier, art d’une forme stricte, qui touche à la musique et à la précision mécanique. Elle lui apparut belle, sérieuse et pleine de confiance. Elle savait l’écouter, avec elle il pouvait tout recommencer : ce fut l’entente et l’amour vint. On disait qu’elle était « une danseuse noble ». il l’épousa et, coiffé d’un vaste chapeau de soleil, l’emmena dans sa grande voiture à travers toute la France, tournée humoristique et triomphale, sous les joyeux applaudissements des badauds, des passants et des conducteurs, jusqu’à la Côte d’Azur.
Ils habitèrent d’abord boulevard de Clichy dans un minuscule appartement haut perché. Boris imaginait toute l’organisation dans ses moindres détails ; il fabriqua de ses propres mains des lits superposés pour gagner de l’espace. Ce fut le début d’une phase nouvelle de son activité d’écrivain. De nouvelles traductions (et cette fois véritablement de l’américain) : Les Mémoires du Général Bradley ; une critique de jazz, des commentaires de disques ; il collabora à la revue Constellation et occasionnellement à la revue Du que je dirigeais alors, et qui constituait à ses yeux sa première participation à une revue sérieuse. Il venait aussi chez nous, grave et méditatif, souvent très silencieux. J’ai des amis zurichois qui se souviennent plus de son silence que de toute autre chose.
Pour Constellation il écrivit des articles sur commande. « Travailler sur commande * » cela lui allait bien. Il poursuivait également une enquête sur les devoirs personnels et les exigences concrètes qui se posent aux chauffeurs d’autobus parisiens et, pour acquérir toute la compétence désirable, il se soumit lui-même à cette épreuve. Il était vraiment fait pour extraire des livres trop gros une quintessence concise, un condensé dont il s’entendait à mettre en valeur la signification essentielle. Il étonnait les gens par la rapidité de son travail, par la vitesse et la dextérité avec laquelle il conduisait sa voiture. « Ou bien la machine tient, ou bien elle lâche : si elle lâche c’est qu’elle ne vaut rien ! » On reconnaît bien tout l’esprit de Boris Vian dans ce raccourci. Le trait d’esprit est prestesse et concision. C’est dans de brève reparties, spirituelles et audacieuses, que brillaient sa compétence et son goût de la déduction logique ; ce qui n’empêche pas son œuvre d’être en même temps une lutte contre les cadres étroits de la logique. Un jour, à Paris, nous voulions descendre à quatre dans un ascenseur qui, selon les règlements, ne devait recevoir que trois personnes. Au moment d’entrer, l’un de nous tenta de nous rassurer avec de bonnes paroles, Boris Vian acquiesça, ajoutant pour conclure : « Et puis, à quatre, ça ira plus vite ! »
Le rédacteur en chef de Constellation écrivit à propos de son collaborateur qu’ « il n’était jamais prit au dépourvu. Et l’on disait dans notre rédaction : Pour cela, il faut demander à Vian, il aura une idée. – On téléphonait, et aussitôt on voyait ce grand garçon blond au sourire mélancolique et qui vous écoutait comme un ingénieur et qui d’une voix sans éclat, comme s’il avait parlé d’équations, disait : « J’ai ma petite idée là-dessus ». Et c’était toujours une bonne idée. »
Ursula et Boris habitèrent alors (1953) dans un deux-pièces aménagé dans les coulisses et dépendances en partie délabrées de l’ancien Moulin Rouge, et on montait chez eux en longeant une salle immense et sombre par un escalier qui faisait autrefois partie du théâtre. Ursula suivait sa voie sur scène. Son art plaisait à Boris ; il admirait son talent. Il respectait son indépendance, ne se mêlant guère de lui donner des conseils.
Comme son nouvel appartement avait plus de hauteur, il entreprenait des constructions plus élevées et repoussait vers les plafonds tout ce qui s’y prêtait pour gagner du terrain. Fabriquant tout de ses propres mains, il s’était procuré un vieil établi de menuisier : les soirs de réception, on le débarrassait de ses outils pour le couvrir de fleurs et de boissons. A ces réceptions venaient écrivains ou artistes parisiens ; ils bavardaient assis par terre. En retour on aimait à les inviter tous deux, rien que pour le plaisir de les voir ensemble.
Boris travaillait avec un succès croissant, on le recherchait. Les outils aussi se multipliaient et se renouvelèrent. Jacques Prévert venait de s’installer sur le même palier, et les ouvriers qui procédaient chez lui à diverses installations montaient parfois chez le poète Vian pour emprunter la chignole dernier cri qui leur manquait. Un jour il m’exposa, à l’aide de croquis en coupe, son invention d’un pneu de camion qui devait économiser au moins 20% du caoutchouc. Il transmit son invention aux administrations compétentes qui délivrèrent ce brevet mais l’invention dormit dans les tiroirs de l’inventeur et dans ceux de l’administration. Pressé de nouvelles découvertes, il ne poursuivit pas le succès plus avant.
En lui science et technique ne s’opposaient pas à la création artistique : « science-fiction », le mot revenait souvent. Il accueillait volontiers tout ce qu’offre le siècle de la technique : appareils ménagers, voitures, outils, magnétophones, matériaux nouveaux ; il se sentait assez de force pour les utiliser sans en devenir l’esclave. En réponse à une revue qui demandait aux écrivains ce qu’ils pensaient d’une éventuelle machine électronique à fabriquer de la poésie, il déclara : « Pourquoi pas ? n’y a-t-il pas déjà eu Victor Hugo ? »
Trompé par une activité sans cesse accrue, son entourage oubliait la maladie de cœur, mais elle était toujours présente. « Je n’atteindrai pas les 40 ans, disait-il à Ursula, ne t’accroche pas trop à moi. »
*en français dans le texte
 
Boris Vian au fil du souvenir,
Les Cahiers du Collège de Pataphysique, dossier 12, 1960.
(Traduit de l’allemand par Henri Bouché.)  
Texte tiré de : le Paris des Suisses
La Différence
Centre Culturel Suisse
Paris 1995
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8 juillet 2007 7 08 /07 /juillet /2007 22:46
Relisons ce chapitre des Misérables :
 
Courfeyrac tout à coup aperçu quelqu’un au bas de la barricade, dehors, dans la rue, sous les balles.
Gavroche avait pris un panier à bouteilles, dans le cabaret, était sorti par la coupure, et était paisiblement occupé à vider dans son panier les gibernes pleines de cartouches des gardes nationaux tués sur le talus de la redoute.
- Qu’est-ce que tu fais là ? dit Courfeyrac.
Gavroche leva le nez :
- Citoyen, j’emplis mon panier.
- Tu ne vois donc pas la mitraille ?
Gavroche répondit :
- Eh bien, il pleut. Après ?
Courfeyrac cria :
- Rentre !
- Tout à l’heure, fit Gavroche.
Et, d’un bond, il s’enfonça dans la rue.
Une balle pourtant, mieux ajustée ou plus traître que les autres, finit par atteindre l’enfant feu follet. On vit Gavroche chanceler, puis il s’affaissa. Toute la barricade poussa un cri : mais il y avait de l’Antée dans ce pygmée ; pour le gamin toucher le pavé, c’est comme pour le géant toucher la terre : Gavroche n’était tombé que pour se redresser ; il resta assis sur son séant, un long filet de sang rayait son visage, il éleva ses deux bras en l’air, regarda du côté d’où était venu le coup, et se mit à chanter :
Je suis tombé par terre,
C’est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C’est la faute à…
Il n’acheva point. Une seconde balle du même tireur l’arrêta court. Cette fois il s’abattit la face contre le pavé, et ne remua plus. Cette petite grande âme venait de s’envoler.
 
Consultons à ce propos une note de l’édition de la Pléiade (page 1742)
 
Il y a un précédent à cette chanson de Gavroche et Victor Hugo le connaissait sans doute. En 1817 le poète suisse Jean-François Chaponnière composait ces couplets :
 
Si le diable, adroit et fin,
A notre première mère
Insinua son venin,
C’est la faute de Voltaire,
Si le genre humain dans l’eau
Pour expier son offense
Termina son existence,
C’est la faute de Rousseau.
 
Si Borgia, ce bon humain,
Pour arrondir son affaire,
Fut sacrilège, assassin,
C’est la faute de Voltaire,
Si l’on vit ce Loth nouveau
S’enflammer pour sa famille
Et faire un fils à sa fille,
C’est la faute de Rousseau.
 
Jean-François Chaponnière
 
Jean-François Chaponnière (1769-1856) fait partie du Caveau genevois, joyeux cercle de poètes et de chansonniers qui cherchent à égayer la Genève puritaine. C’est ce petit groupe d’amis qui fonde le Journal de Genève en 1826. Dans Genève et ses poètes, Marc Monnier dit de Chaponnière qu’il « avait de l’à-propos, du naturel, des refrains heureux… Il ne manquait à chacune de ses petites pièces qu’une demi-heure de travail (…) Ses chansons manuscrites, qu’il laissait courir le monde, étaient sur toutes les bouches : mais son nom n’était connu que de quelques lettrés. » Quant à Marc Monnier (1827-1885), poète, essayiste et auteur dramatique genevois, mentionnons au passage le succès parisien de quelques-unes de ses pièces jouées à l’Odéon et au Vaudeville.
 
Le Paris des Suisses, textes présentés par Daniel Jeannet
 
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6 juillet 2007 5 06 /07 /juillet /2007 15:29
Maurice Koechlin (1856 – 1946) établit, le 6 juin 1884, le croquis d’un pylône métallique de 300 mètres de hauteur qui préfigure ce que sera la Tour Eiffel, prévue comme porte monumentale pour l’Exposition universel de 1889. Cet ingénieur des Chemins de fer de l’Est, d’origine suisse, a été l’un des meilleurs élèves de Karl Culmann, directeur du Polytechnicum de Zurich. Il est le auteur d’un livre sur la statique graphique dont les principes n’ont pas encore été étudiés par Gustave Eiffel, lequel, d’ailleurs, a refusé de concourir au projet et a transmis le dossier à Koechlin et à Emile Nouguier, tous deux ingénieurs de sa société. Puis, quelques mois plus tard, Eiffel se ravise. « Le 12 décembre, il signe un contrat avec ses deux ingénieurs aux termes duquel il reprend tous les droits du projet qu’ils ont élaboré, s’engage à associer leur nom à l’ouvrage et à leur verser 1% sur le montant du devis estimatif de la construction de la Tour. Si Gustave Eiffel rendra un vibrant hommage à ses collaborateurs dans son livre La Tour de trois cents mètres, son nom seul passera à la postérité. » Interrogé cinquante ans après sur les origines de la Tour, Koechlin reconnaîtra qu’Eiffel « en demeure néanmoins le grand réalisateur et l’homme d’assez de prestige et d’audace qui a pu secouer les pouvoirs publics et imposer son projet ». Aussi modeste que brillant, l’ingénieur suisse deviendra dès 1930 président du Conseil d’administration de la Société de construction Eiffel, puis président de la Société de la Tour Eiffel.
D’après La Tour Eiffel de Jean des Cars et Jean-Paul Caracalla, Denoël, 1989
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4 juillet 2007 3 04 /07 /juillet /2007 17:44
Voilà une nouvelle qui surprendra ; et pourtant, c’est bien le professeur Marc-Auguste Pictet (1752 – 1825) qui, le 3 mars 1806, à la suite d’un discours d’une rare éloquence, entraîne ses collègues du Tribunat à soutenir le projet de construction d’un arc de triomphe de grande dimension au carrefour de l’Etoile. Deux mois plus tard, conquis par la proposition du tribun, Champagny, ministre de l’intérieur, convainc à son tour Napoléon qui abandonne son choix initial du faubourg Saint-Antoine au profit des Champs-Élysées.
Issu d’une ancienne famille genevoise ayant acquis la bourgeoisie de la ville en 1474, Marc-Auguste Pictet est le frère aîné de Charles Pictet-de-Rochemont qui obtint au Congrès de Vienne la garantie de la neutralité helvétique. Physicien renommé pour ses recherches sur le rayonnement de la chaleur et pour ses talents d’enseignant, journaliste apprécié de l’Europe entière pour son impartialité et sa dextérité à faire connaître toutes les découvertes, Marc-Auguste jouit du respect, voire de l’amitié des grands de l’époque : Jefferson, Metternich, Alexandre Ier, George III, mais aussi Napoléon Bonaparte qui l’appelle d’abord au Tribunat pour remplacer Benjamin Constant, puis à l’inspection générale de l’université impériale. Pendant les 15 ans du Consulat et de l’Empire, Marc-Auguste est une figure omniprésente de la scène parisienne. Partout où il y a un combat à mener en faveur du progrès des sciences et du bien public, il est sur la brèche ; à l’Institut dont il est membre ; au Corps législatif où il rapporte en faveur des familles nombreuses, de la paix avec l’Angleterre, ou pour doter la capitale de trottoirs ; au sein de l’Eglise Réformée de Paris dont il compose le premier Consistoire. Son charme séduit tour à tour Mme Lavoisier, Mme Récamier, Mme Suard, Dorothée duchesse de Courlande, Mme de Staël, l’impératrice Joséphine, et surtout Julie Charles, la jeune épouse de son collègue physicien, qu’il parviendra à conduire dans les Alpes où elle rencontrera Lamartine.
L’exemple de la vie trépidante de ce Genevois auquel Paris et l’Europe doivent tant, est à l’image de cette eau effervescente inventée sur les bords du Léman par un de ses protégés, un certain M. Schweppes : tonique et salutaire !
 
Jean Cassaigneau et Jean Rillier, Marc-Auguste Pictet ou le rendez-vous de l’Europe universelle, Editions Slatkine, Genève, 1995.
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29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 16:56
Séjours de Lénine en Suisse. Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine.
 
A la lecture de ce livre, « Séjours de Lénine en Suisse », il m’est apparu que Lénine c’est pas mal plût dans notre pays. Il y trouvât le terreau nécessaire pour enrichir ses idées et la facilité qu’il n’aurait pas eut dans d’autres pays plus regardant sur l’activité d’exilé tel que Lénine. D’autre part il rencontra beaucoup de patriotes russes exilés en Suisse et pouvait aussi rencontrer ceux des pays environnants qui ne pouvaient pas s’exprimer dans leur pays d’accueil respectif et ainsi ils purent faire imprimer un journal et avoir toutes commodités pour l’édition d’imprimés qu’ils ne trouvaient pas ailleurs.
Plus de sept années en Suisse
Il n’a pas été le seul russe à se réfugier dans l’Helvétie bucolique de cette fin du XIXe siècle et début du XXe. Avant lui, Bakounine (lire plus bas) à Saint-Imier, au cœur du Jura ouvrier, prônait la révolution, l’anarchie et parlait avec son adversaire Carl Marx de l’avenir du prolétariat. Association internationale des travailleurs, plus connu sous le nom de la « Première Internationale » eut plus d’une fois l’occasion d’organiser des congrès en Suisse ; Bâle, Genève, Lausanne et pour divers congrès international d’associations ouvrières à Clarens, Saint-Imier, Neuchâtel ou autres lieux dans nos montagnes. Les dernières années de Bakounine furent celles de Lugano et sa mort survenue à Berne, le 1er juillet 1876 où il fut enseveli deux jours plus tard. L’anarchiste était mort mais ses idées continuèrent à progresser partout en Europe.
Lénine n’est que l’un des exilés russes qui foisonnaient dans toute l’Europe à ce moment-là. La Suisse occupe une place importante dans l’action révolutionnaire de Lénine. Il vécut à Genève, à Berne, à Zurich, à Lausanne, visita Bâle, la Chaux de Fonds et beaucoup d’autres endroits. Vladimir Ilitch n’y vécut pas seulement en émigré préoccupé des intérêts de son peuple, mais fut aussi étroitement lié au mouvement social-démocrate européen et suisse. Son épouse et camarade, la grande militante du Parti communiste, Nadejda Constantinovna Kroupskaïa, se trouvait à tout moment à ses côtés.
Lénine se rendit pour la première fois à l’étranger en mai 1895. Il vint alors en Suisse, chargé par les marxistes de Pétersbourg d’établir la liaison avec le groupe « Libération du Travail » et pour étudier le mouvement ouvrier ouest-européen.
Il était donc en mission !
« Un parti, écrivait Lénine en 1910, qui travaille dans les conditions qui sont les nôtres a forcément, nécessairement besoin d’avoir une base à l’étranger. »
Les années passées par Lénine à Genève se situent dans le cadre de son action de créateur et de guide du Parti communiste, de chef du mouvement ouvrier de Russie, dans le cadre de son combat intransigeant et de principe contre le révisionnisme et l’opportunisme, du développement de la théorie marxiste. C’est en Suisse que Lénine publia Les tâches des sociaux-démocrates russes, Un pas en avant, deux pas en arrière, Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique, qui posèrent les bases idéologiques, organisationnelles et tactiques du parti d’un type nouveau, assumant un lien indestructible entre la théorie et la pratique, réunissant le plus grand esprit de principe à la souplesse, d’un parti intransigeant envers l’opportunisme sous toutes ses formes. C’est là aussi que Lénine rédigea son principal ouvrage philosophique Matérialisme et empiriocriticisme. Ce fut une période caractérisée par la victoire du marxisme en tant qu’idéologie du mouvement ouvrier international et par la transformation de la Russie en centre de l’action révolutionnaire mondiale.
En Suisse, Lénine a écrit L’impérialisme, stade suprême du capitalisme (1916), La faillite de la IIe Internationale (mai-juin 1915), Le socialisme et la guerre (juillet-août 1915),  De la défaite de son propre gouvernement dans la guerre impérialiste (juillet 1915), A propos du mot d’ordre des Etats-Unis d’Europe (août 1915), etc.
 
La mère de Nadejda Constantinovna, Elizavéta Vassilievna Kroupskaïa passa de longues années aux côtés de sa fille et de Lénine.  Elizavéta Vassilievna mourut à Berne au printemps 1915 et fut enterrée au cimetière de Bremgarten où un arbre fut planté là où les cendres furent ensevelies. En été 1969, les cendres d’ Elizavéta Vassilievna Kroupskaïa furent ramenées en URSS et ensevelies à Leningrad.
Nadejda Constantinovna fut longtemps malade dans l’émigration. La maladie de Basedow sous une forme aiguë ne reculait même pas devant une intervention chirurgicale effectuée en 1913, à Berne, par le célèbre Kocher.
A partir de février 1916, Vladimir Ilitch et sa femme habitent Zurich. Vladimir aime d’emblée les bibliothèques de cette ville et écrit à sa famille : « Nadia et moi sommes très contents de Zurich ; les bibliothèques sont bonnes ici… » C’est dans les bibliothèques de Zurich que furent préparés les ouvrages tels que L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, A propos de la brochure de Junius, Une caricature du marxisme et à propos de l’ « économisme impérialiste », Le programme militaire et la révolution prolétarienne et beaucoup d’autres. En automne de 1916 et au début de 1917, Lénine prend des notes, fait des résumés et des ébauches pour son ouvrage L’Etat et la révolution. Le livre fut écrit plus tard, mais le travail préparatoire se fit à Zurich.
Être révolutionnaire, être continuellement dans les écrits et la pensée qui le préoccupait, la révolution prolétaire, laissait peu de temps aux loisirs et même dans des moments dits de libertés il travaillait.
Lénine cherchait à se réserver le temps pour se familiariser avec une nouvelle contrée et sa nature. Il apprécia les lacs profonds de la Suisse, ses vertes vallées, ses torrents glacés et rapides, les sentiers des Hautes Alpes. « La nature est splendide ici », écrit-il en 1895 à sa mère. En Suisse, Lénine se reposait à chaque occasion dans les montagnes.
Kroupskaïa écrit dans ses mémoires : « A la fin de juin 1904, Vladimir Ilitch et moi partîmes sac au dos pour un mois, dans les montagnes, à l’aventure. Nous vécûmes une semaine à Lausanne, où nous reprîmes quelques forces, puis nous escaladâmes une hauteur au-dessus de Montreux, nous nous enfonçâmes dans des coins sauvages et perdus, où nous trouvâmes des bûcherons, qui nous indiquèrent comment rejoindre la route et où passer la nuit. Par Aigle, nous descendîmes dans la vallée du Rhône, nous passâmes à Bex-les-Bains, chez une de mes camarades d’école de cours, puis nous cheminâmes longtemps en longeant le Rhône, nous fîmes près de 70 verstes : ce fut la partie la plus fatigante du voyage. Enfin, par le Gemmipass nous parvîmes dans l’Oberland, nous fûmes au pied de la Jungfrau, puis, les jambes rompues et à bout de forces, nous nous installâmes à Iseltwald sur le Brienzersee, où nous demeurâmes près d’une semaine, avant de nous remettre en route et de regagner le Genevois par Interlaken et Simmental. »
 
A Zimmerwald.
Parce que Lénine et sa femme surtout, devaient se reposer, le nom d’un petit village de l’Oberland est connu dans le monde entier, Zimmerwald.
La Conférence socialiste de Zimmerwald fut convoquée sur l’initiative des socialistes italiens et suisses du 5 au 8 septembre 1915.
Le Manifeste proclamait que la guerre était une guerre impérialiste et accusait les leaders de la IIe Internationale qui avaient voté les crédits militaires. Le Manifeste de Zimmerwald appelait les ouvriers d’Europe à engager le combat contre la guerre, pour la paix sans annexions ni contributions. La Conférence de Zimmerwald marqua la renaissance de l’union internationale des forces du prolétariat mondial sur des bases révolutionnaires de classe, de rupture idéologique et pratique avec l’opportunisme et le social-chauvinisme.
 
Comme tous les bolcheviks, Lénine était membre du Parti social-démocrate suisse. Sa femme, Kroupskaïa disait de Lénine, « Ilitch s’est enfoncé jusqu’au cou dans les affaires suisses ».
Il demandait aux ouvriers suisses de soutenir et de continuer le ralliement international des sociaux-démocrates révolutionnaires qui a débuté à Zimmerwald.
Comme l’exploitation des ouvriers étrangers, spoliés de tous droits, s’intensifiait en Suisse, Lénine attirait leur attention sur la menace qu’il y avait de voir s’opposer « deux catégories d’ouvriers ».
1917. Avant de quitter son exile, Lénine fit deux conférences publiques : le 18 mars à La Chaux-de-Fonds et le 27 mars à Zurich.
Sa conférence, en français, La révolution russe suivra-t-elle le chemin de la Commune de Paris ? faite le 18 mars à La Chaux-de-Fonds, impressionna beaucoup son auditoire. Lénine y fit l’analyse de l’expérience de la dictature du prolétariat, développa ses pensées sur l’Etat et la révolution. La conférence du 27 mars, en allemand, à la Maison du peuple de Zurich sur La révolution russe, son importance et ses tâches découvrait toute la complexité de la situation en Russie, toute l’originalité du moment historique, les forces motrices de la révolution et les rapports des forces de classe. Elle développait l’idée de la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile, expliquait la tactique révolutionnaire du prolétariat.
Le 9 avril 1917, à 15 heures 10, le train s’ébranle… Lénine va à la rencontre de son destin.
 
Citations et textes tirés de « Séjours de Lénine en Suisse » Agence de presse Novosti – Moscou
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le congrès de Saint-lmier.
 
 
Décidé au lendemain du congrès de La Haye (2-7 septembre 1872, au cours duquel une majorité marxiste fictive de l'AIT avait expulsé Bakounine et Guillaume, le congrès de Saint-Imier (15-16 septembre 1872) regroupa les fédérations de l'Internationale qui refusaient de reconnaître la politique autoritaire menée par Marx et le Conseil général de Londres.
 
Ce congrès n'était pas spécifiquement anarchiste et visait surtout à maintenir l'unité du mouvement ouvrier et de l'Internationale, compromise par les agissements de Marx.
Les résolutions adoptées n'en résument pas moins les points essentiels des principes au nom desquels Bakounine et ses amis s'étaient réunis contre les "autoritaires".
Véritable charte de " l'anarchisme ouvrier ", ces considérants voient dans l'organisation et la résistance de la classe ouvrière, produit de l'antagonisme entre travail et capital, le terrain d'action privilégié pour préparer l'émancipation du prolétariat.
 
 
 
Première résolution :
 
Attitude des Fédérations réunies en Congrès à Saint-lmier, en présence des résolutions du congrès de La Haye et du Conseil général :
Considérant que l'autonomie et l'indépendance des fédérations et sections ouvrières sont la première condition à l'émancipation des travailleurs ; que tout pouvoir législatif et réglementaire accordé aux Congrès serait une négation flagrante de cette autonomie et de cette liberté, le congrès dénie en principe le droit législatif à tous les congrès, mit généraux mit régionaux, ne leur reconnaissant d'autre mission que celle de mettre en présence les aspirations, besoins et idées du prolétariat des différentes localités ou pays, afin que leur harmonisation et leur unification s'y opèrent autant que possible.
Mais dans aucun cas la majorité d'un congrès quelconque ne pourra imposer ses résolutions à la minorité.
Considérant d'autre part que l'institution du Conseil général dans l'Internationale est, par sa nature même et fatalement, poussée à devenir une violation permanente de cette liberté qui doit être la base fondamentale de notre grande Association ; considérant que les actes du Conseil général de Londres qui vient d'être dissous, pendant. Ces trois dernières années, sont la preuve vivante du vice inhérent à cette institution ; que pour augmenter sa puissance d'abord très minime, il a eu recours aux intrigues, aux mensonges, aux calomnies les plus infâmes pour tenter de salir tous ceux qui ont osé le combattre ; que pour arriver à l'accomplissement final de ses vues, il a préparé de longue main le congrès de La Haye, dont la majorité, artificiellement organisée, n'a évidemment eu d'autre but que de faire triompher dans l'Internationale la domination d'un parti autoritaire, et que, pour atteindre ce but, elle n'a pas craint de fouler aux pieds toute décence et toute justice ; qu'un tel congrès ne peut pas être l'expression du prolétariat des pays qui s'y sont fait représenter : le congrès des délégués des fédérations espagnole, italienne, jurassienne, américaine et française, réuni à Saint-Imier, déclare repousser absolument toutes les résolutions du congrès de La Haye, et pour sauver et fortifier davantage l'unité de l'Internationale, les délégués ont jeté les bases d'un projet de pacte de solidarité entre ces fédérations.
 
Deuxième résolution
 
Pacte d'amitié, de solidarité et de défense mutuelle entre les fédérations libres :
" Considérant que la grande unité de l'Internationale est fondée non sur l'organisation artificielle, mais sur l'identité réelle des intérêts et des aspirations du prolétariat de tous les pays, les délégués réunis à ce congrès sont conclu, au nom de ces fédérations et section, et sauf leur acceptation et confirmation définitives, un pacte d'amitié, de solidarité et de défense mutuelle.
Ils proclament hautement que la conclusion de ce pacte a pour but principal le salut de cette grande unité de l'Internationale, que l'ambition du parti autoritaire a mis en danger.
 
Troisième résolution
 
Nature de l'action politique du prolétariat :
Considérant que vouloir imposer au prolétariat une ligne de conduite ou un programme politique uniforme, comme la voie unique qui puisse le conduire à son émancipation sociale, est une prétention aussi absurde que réactionnaire; que nul n'a le droit de priver les fédérations et sections autonomes du droit incontestable de déterminer elles-mêmes et suivre la ligne de conduite politique qu'elles croiront la meilleure, et que toute tentative semblable nous conduirait fatalement au plus révoltant dogmatisme ; que les aspirations du prolétariat ne peuvent avoir d'autre objet que l'établissement d'une organisation et d'une fédération économiques absolument libres, fondées sur le travail et l'égalité de tous et absolument indépendantes, de tout gouvernement politique, et que cette organisation et cette fédération ne peuvent être que le résultat de l'action spontanée du prolétariat lui-même, des corps de métier et des communes autonomes ;considérant que toute organisation de la domination au profit d'une classe et au détriment des masses, et que le prolétariat, s'il voulait s'emparer du pouvoir, deviendrait lui-même une classe dominante et exploiteuse : le congrès réuni à Saint-lmier déclare :
- 1) que la destruction de tout pouvoir politique est le premier devoir du prolétariat ;
- 2) que toute organisation d'un pouvoir politique soi-disant provisoire et révolutionnaire pour amener cette destruction ne peut être qu'une tromperie de plus et serait aussi dangereuse pour le prolétariat que tous les gouvernements existant aujourd'hui ;
- 3) que, repoussant tout compromis pour arriver à l'accomplissement de la révolution sociale, les prolétaires de tous les pays doivent établir, en dehors de toute politique bourgeoise, la solidarité de l'action révolutionnaire.
 
Quatrième résolution
 
Organisation de la résistance du travail
- Statistiques : La liberté et le travail sont la base de la morale, de la force, de la vie et de la richesse de l'avenir. Mais le travail, s'il n'est pas librement organisé, devient oppressif et improductif pour le travailleur ; et c'est pour cela que l'organisation du travail est la condition indispensable de la véritable et complète émancipation de l'ouvrier.
Cependant, le travail ne peut s'exercer librement sans la possession des matières premières et de tout le capital social, et ne peut s'organiser si l'ouvrier, s'émancipant de la tyrannie politique et économique, ne conquiert le droit de se développer complètement dans toutes ses facultés.
Tout Etat, c'est-à-dire tout gouvernement et toute administration des masses populaires, de haut en bas, étant nécessairement fondé sur la bureaucratie, sur les armées, sur l'espionnage, sur le clergé, ne pourra jamais établir la société organisée sur le travail et sur la justice, puisque par la nature même de son organisme, il est poussé fatalement à opprimer celui-là et à nier celle-ci. Suivant nous, l'ouvrier ne pourra jamais s'émanciper de l'oppression séculaire, si à ce corps absorbant et démoralisateur, il ne substitue la libre fédération de tous les groupes producteurs fondés sur la solidarité et sur l'égalité.
En effet, en plusieurs endroits déjà on a tenté d'organiser le travail pour améliorer la condition du prolétariat, mais la moindre amélioration a bientôt été absorbée par la classe privilégiée qui tente continuellement sans frein et sans limite, d'exploiter la classe ouvrière. Cependant, l'avantage de cette organisation est tel que, même dans l'état actuel des choses, on ne saurait y renoncer.
Elle fait fraterniser toujours davantage le prolétariat dans la communauté des intérêts, elle l'exerce à la vie collective, elle le prépare pour la lutte suprême.
Bien plus, l'organisation libre et spontanée du travail étant celle qui doit se substituer à l'organisme privilégié et autoritaire de l'Etat politique, sera, une fois établie, la garantie permanente du maintien de l'organisme économique contre l'organisme politique.
Par conséquent, laissant à la pratique de la révolution sociale les détails de l'organisation positive, nous entendons organiser et solidariser la résistance sur une large échelle. La grève est pour nous un moyen précieux de lutte, mais nous ne nous faisons aucune illusion sur ses résultats économiques. Nous l'acceptons comme un produit de l'antagonisme entre le travail et le capital, ayant nécessairement pour conséquence de rendre les ouvriers de plus en plus conscients de l'abîme qui existe entre la bourgeoisie et le prolétariat, de fortifier l'organisation des travailleurs, et de préparer, par le fait des simples lunes économiques, le prolétariat à la grande lutte révolutionnaire et définitive qui, détruisant tout privilège et toute distinction de classe, donnera à l'ouvrier le droit de jouir du produit intégral de son travail, et par là les moyens de développer dans la collectivité toute sa force intellectuelle, matérielle et morale.
La Commission propose au congrès de nommer une commission qui devra présenter au prochain congrès un projet d'organisation universelle de la résistance, et des tableaux complets de la statistique du travail dans lequel cette lutte puisera de la lumière. Elle recommande l'organisation espagnole comme la meilleure jusqu'à ce jour.
GTell
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15 juin 2007 5 15 /06 /juin /2007 21:00
Une petite digression qui a peu avoir avec l’essentiel du contenu de mon BLOG, sur ma volonté de ne parler que de la Suisse, des suisses ou ce qui est directement lié à ce pays. Pour parler d’autre chose, …j’ai donc utilisé des éléments helvétiques comme point de comparaison, pour parler de la Palestine qui fait l’actualité ce printemps. Avec la question qui me trotte dans la tête depuis très longtemps : « Pourquoi parle-t-on autant d’Israël et de la Palestine dans nos médias suisses ?
Enfant, adolescent et enfin adulte, j’ai toujours entendu parler de guerre dans cette région du monde. Des discussions parfois animées avec des personnes qui encensaient les israéliens et leur puissance militaire, je me retrouvais à chaque fois le défendeur des palestiniens. Sans pour autant être un admirateur ou un défenseur à la cause palestinienne. Je prenais comme toujours le contre-pied de ce que tous affirmaient.
Les débats entre amis s’estompèrent avec le temps, défenseur de la liberté, haïssant les conflits, j’avais toujours cette région du monde sous les yeux par l’actualité.
Les journalistes sont caméra aux poings dans les rues où ce passe l’action, ils nous inondent d’images et de commentaires et de suppositions quand ils ne peuvent trop approcher le conflit, où seul les civiles paient le prix fort des actes d’agressions ou des luttes d’influences entre les divers partis et acteurs de cette guerre civile qui est plus vieille que moi.  
Je ne suis pas journaliste, ni stratège militaire, ni politique, juste un observateur devant sa télévision.
 
Là, je m’adresse à mes compatriotes, je leur pose la question suivante : « Avez-vous une fois prit le temps d’ouvrir un Atlas de géographie et de comparer et comprendre ce qui est en jeu ? »
 
Israël d’une superficie de 20'770 km2 est moitié moins grand que la Suisse qui a 41'290 km2.
La Palestine a environ 6'520 km2 un peu plus de la moitié de la Suisse romande qui a 12'029 km2.
La bande de Gaza a 360 km2 juste un peu plus grand que Zoug.
Le Liban qui est encore une fois à feu et à sang, représente avec ses 10'452 km2 la moitié d’Israël ou deux fois le canton du Valais.
 
La Suisse est à la 132ème place des nations en superficie.
Israël est à la 148ème place.
Le Liban est à la 160ème place.
Le Vatican est à la dernière place.
 
 GTell
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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 19:37
L’asile des aveugles de Lausanne fut créé en 1843. Voici les personnes qui contribuèrent à sa création.
 
Frédéric Recordon, Elizabeth-Jane de Cerjat, William Haldimand, le premier Comité provisoire était composé des: pasteurs Espérandieu et Monneron et du docteur Recordon.
Le 10 juin 1843, le Grand Conseil, par un décret, accorde la reconnaissance de l’existence légale de l’Asile, ratifié par le Conseil d’Etat le 21 juillet suivant. Le Comité est constitué du baron Crud, président, le pasteur Espérandieu, secrétaire, et le pasteur Paul Monneron. W. Haldimand et le docteur Recordon membres consultants. Premier Directeur, Henri Hirzel.
Hirzel fit la connaissance d’Alexandre Vinet et de sa femme, qui le recommandèrent chaudement et le mirent en rapport avec W. Haldimand.
 
Monsieur et très honoré frère,
 
J’apprends que vous prendrez part, et probablement dans fort peu de temps, à la nomination du directeur de l’institution pour les aveugles que nous devons aux efforts réunis de la charité et du zèle chrétien. Je ne connais qu’un seul des individus qui se présentent pour remplir cette place ; mais comme j’ai pour lui une estime toute particulière et que je le connais personnellement depuis assez longtemps, je me sens poussé à vous écrire quelques mots à son sujet, ne pouvant, à cause du mauvais état de ma santé, me présenter chez vous. M. Hirzel, du Canton de Zurich, que vous aurez déjà vu, est entré en relation avec moi dans des circonstances qui m’ont fait connaître son ardent amour pour la vérité, l’élévation de son âme et la bonté de son caractère. Seul et sans appui, ou plutôt en dépit des influences les plus contraires, il a cherché la vérité jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée, il a heurté jusqu’à ce qu’on lui ait ouvert, et s’il était, déjà avant sa conversion au christianisme, un jeune homme très recommandable par sa moralité, son application au travail, son zèle pour le bien, il est devenu bien plus intéressant depuis que l’Evangile a ouvert devant lui un nouvel horizon. Je puis dire que son influence a été salutaire à plusieurs personnes, et je me félicite en particulier des relations d’amitié qu’il a formées avec mon fils. Il s’est beaucoup demandé dans ces derniers temps s’il ne ferait pas des études pour devenir ministre ; mais des raisons qui font honneur à son jugement et à ses sentiments l’ont déterminé à ne point renoncer à la profession d’instituteur en vue de laquelle il étudie à Lausanne depuis plusieurs années, et qu’il a déjà exercée. Je crois qu’il aurait été un ministre peu ordinaire, je pense qu’il sera un excellent instituteur, par la solidité de ses connaissances, qui sont même assez étendues, la vivacité de son esprit, son éloquence naturelle, et son amour pour les enfants. La pensée de le voir à la tête d’une école d’aveugles ne peut que me sourire beaucoup, car je crois qu’il versera généreusement dans une œuvre de ce genre tous ses talents et toute son âme. J’espère bien, Monsieur et très honoré frère, avoir l’avantage de vous voir bientôt et de vous parler de lui plus en détail ; mais j’ai voulu en attendant vous dire d’une manière générale ce que je pense de lui. Plusieurs personnes à Lausanne connaissent M. Hirzel, et ont la même opinion que moi ; tous ceux qui l’ont connu se sont attachés à lui. Vous sentez bien que je ne réclame point pour lui la préférence sur ses concurrents, dont je ne connais aucun en aucune manière ; sans le mettre au-dessus ni au-dessous de tel autre, je prends seulement la liberté de vous parler de ce jeune homme, non dans son intérêt seulement, mais dans l’intérêt d’une œuvre pour laquelle tous ceux qui aiment le bien doivent faire des vœux.
Agréez, Monsieur et très honoré frère, avec l’hommage de mon respect, l’assurance de mon dévouement très affectueux.
Vinet.
Lausanne, 14 février 1843.
 
C’est de mon propre mouvement et à l’insu de M. Hirzel que j’ai l’honneur de vous écrire.
 
 
Dans les prémices de l’histoire de l’Asile des aveugles, il y eut Elizabeth Jeane de Cerjat qui eut l’idée et en suite William Haldimand qui avait les moyens et le praticien Dr. Frédéric Recordon.
 
Quelques noms liés à l’Asile des aveugles de Lausanne et qui ont contribués au rayonnement de celui-ci, qu’ils soient directeur, médecin chef ou professeur.
 
 
Théodore Secretan
Maurice Constançon
Marc Dufour
Edouard Subilia
Auguste Dufour
Jules Gonin
Othmar Dufour
Marc Amsler
 
 
Bienfaiteurs
Madame de Rumine
Monsieur Ruchonnet
Et bien d’autres… 
 
http://www.asile-aveugles.ch/site/site/page1.aspx?id=28
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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 10:24
Déjà l’auteur des Lettres sur J.-J. Rousseau  et De l’influence des passions jouissait d’une renommée presque universelle ; mais elle était célèbre comme femme du monde plus que comme écrivain. Le livre De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales, bien qu’encore hasardeux dans l’établissement des faits et chimérique en sa doctrine inspiratrice, commence à fonder la gloire de Mme de Staël sur des assises solides, est le premier de ses titres à l’estime que les lettrés impartiaux ne lui refusent pas. Mais une classification des littératures, une philosophie de leurs rapports avec le progrès des sociétés humaines, ne suscitent pas l’intérêt du grand public comme une fiction romanesque, échauffée par la passion, assaisonnée d’allusions à la société contemporaine et aux sentiments personnels de l’auteur. De Coppet, où elle retrouvait chaque été le calme extérieur qu’elle redoutait mais dont elle avait besoin, Mme de Staël écrivait, en 1801 : « Je suis ici dans la plus parfaite solitude, car ceux qui la troublent m’importunent et je les écarte volontiers. Je m’occupe de mon père, de l’éducation de mes enfants et de mon roman… »
Ce roman, c’était Delphine. Ses quatre volumes, qui parurent à Genève à la fin de 1802, eurent l’effet, dès l’année suivante, d’accroître considérablement l’affluence des visiteurs de Coppet. Pourtant il y avait longtemps déjà que Rosalie de Constant, la cousine de Benjamin, appelait Mme de Staël la trop célèbre ! Celle-ci commençait d’éprouver que, pour une femme, la gloire ne soit que le deuil éclatant du bonheur. Mais elle n’était pas prête encore – le fut-elle jamais ? – à porter le deuil de son bonheur. Son père la jugeait parfaitement quand il écrivait à Mme Necker-de Saussure : « Elle apercevra par degrés qu’il est dans l’essence de la vie de n’atteindre à rien de parfait, et jusqu’à présent elle a cru qu’il y avait méprise dans la destinée lorsque les beaux jours ne se succédaient pas ». Telle fut bien l’attitude morale de Mme de Staël, avant l’évolution religieuse de ses dernières années.
Parmi les hôtes de M. Necker et de sa fille, nous rencontrons à Coppet, en 1801, la poétesse danoise Frédérique Brun. Elle avait trente-cinq ans. Elle n’était pas jolie, mais s santé délicate lui prêtait un charme langoureux. Intelligente, elle avait encore plus de sensibilité. Elle s’enthousiasmait, pleurait. Elle trouva une société nombreuse au château. M. Necker lui parut courtois et empressé envers ses hôtes, simple et gai avec sa fille, et majestueux comme le Mont Blanc !
Charles-Victor de Bonstetten ne se loua pas tout d’abord d’avoir introduit son intime amie Mme Brun chez la fille de ses vieux amis Necker. « Dans sa première visite à Mme Brun, écrivait-il plus tard, elle a tout fait pour la séparer de moi et mettre le diable entre nous deux ». Patricien de Berne mais libéral, ancien bailli de Nyon et d’autres lieux, Bonstetten, qui avait vingt ans de plus que ces deux femmes, connaissait assez bien la vie et le cœur humain pour n’être pas surpris de ces jeux de l’amour-propre. Mais son expérience était plus variée que profonde. Cet homme mûr, qui survécut longtemps à Mme de Staël et mérita finalement d’être considéré comme le type du vieillard rajeuni, ne consumait pas son esprit et son cœur dans la recherche ardue ni dans la passion.
Le nez droit, les lèvres minces et finement dessinées, ses yeux noirs brillant comme des feux mobiles, il était vif, ardent mais léger ; affectueux mais égoïste ; bon ami, mais amant et mari médiocre : une sorte de bonhomme La Fontaine, pour le caractère sinon pour la force du talent ou la nuance de l’esprit. Ce Suisse cosmopolite, né sur la frontière des langues dans une cité germanique pénétrée d’influence française, précéda Mme de Staël sur les grands chemins de l’Europe et connut avant elle le Nord et le Midi, l’Angleterre, l’Allemagne, le Danemark, l’Italie ; il put avant elle comparer « la Scandinavie et les Alpes » ; avant Corinne, il rédigea son Voyage sur la scène des dix derniers livres de l’Enéide, - mais il le fit en français, Mme de Staël lui ayant conseillé de ne plus composer en allemand. La femme de lettres put à son tour lui écrire d’Italie, en 1805, au sujet de cet ouvrage fait sous sa direction : « Mon Dieu ! que ce livre est vrai ! La campagne de Rome m’a frappée par le souvenir de votre livre ; c’est de la description à l’objet que mon intérêt a procédé. » Ce qui caractérise bien le talent, du moins une certaine faiblesse du talent de Mme de Staël.
Bonstetten, très sociable, parfait homme du monde, ami délicat et fidèle en dépit de son égoïsme et de la mobilité de son imagination, s’établit à Genève dès 1802 et devint un des hôtes les plus familiers du château de Coppet. Mme de Staël, disait-il, le comprenait mieux que personne, était douce avec lui comme une sœur, mais souvent l’ébranlait par le mouvement de son esprit ou l’éclat de ses passions. « Je reviens de Coppet, écrit-il en 1804, et je suis maintenant tout abêti, arraché à mon doux repos et fatigué d’une débauche d’intelligence. Il se dépense plus d’esprit à Coppet en un jour que dans maint pays en un an. J’en suis si fatigué que je gis à demi-mort et ma chambre me paraît un tombeau. » Quand vint la séparation suprême, il s’écria, en regardant le tombeau de Mme de Staël : « Elle me manque comme un membre perdu. Je suis manchot de pensée ! »
Coppet accueillit en 1801 une femme singulière par son mérite et ses prétentions, mais qui n’avait pas encore la réputation que son roman de Valérie, puis sa vocation religieuse bruyamment affirmée lui valurent plus tard. Mme de Krüdener était une mondaine errent de pays en pays et d’intrigues en aventure. « Je la trouve distinguée » - écrivait alors Mme de Staël à son ami lyonnais Camille Jordan – « mais elle raconte une si grande quantité d’histoires de gens qui se sont tués pour elle que sa conversation a l’air d’une gageure. » Un jour que la belle Livonienne énumérait ses victimes, on lui fit observer qu’un de ces malheureux n’était pas mort, qu’on venait de le rencontrer à Lausanne. Et la future prophétesse et inspiratrice de la Sainte-Alliance de répondre sans trouble : « S’il n’est pas mort, il n’en vaut guère mieux ! » En attendant de prêcher les misérables et les rois, Mme de Krüdener dansait dans les salons une « danse du shall » que Mme de Staël admira fort et qu’elle imita dans la « polonaise » où brillera bientôt la ravissante Delphine, l’héroïne de son roman.
Quand la politique du Premier Consul le leur permettait, les Anglais voyageaient sur le continent. Coppet accueillit, en 1803, trois jeunes Ecossais. L’un d’eux, Mac Culloch, s’éprit aussitôt de l’auteur de Delphine, avec une violence extraordinaire dont elle s’effraya. Un autre, le médecin Robertson, lui voua un sentiment moins extravaguant mais plus tendre. Le troisième, lord John Campbell, qui fut duc d’Argyll, se montra moins sensible aux charmes de l’enchanteresse. Mais ce fut elle qui se prit à aimer ce jeune lord au gracieux visage, et lui manifesta une de ces amitiés exaltée qui sont si peu rares dans sa vie et sa correspondance. Plus tard, l’insensible se reconnut dans lord Nelvil, le héros de Corinne. Mais ce personnage eut aussi d’autres modèles.
M. Necker suivait son illustre fille en pensée, avec sollicitude, dans ses voyages, ses séjours à Paris. Quand elle annonçait son retour, elle demandait des chevaux. Le petit Auguste de Staël et son précepteur allaient l’attendre, avec le carrosse, au sommet du Jura. M. Necker mandait sa nièce Albertine pour accueillir l’enfant prodigue, et il organisait en son honneur une petite fête où les bons bourgeois de Coppet dansaient, au son de deux violons, sous la direction de Morand, maître de danse à Genève. Puis la vie au château reprenait son cours. Frédéric Lullin de Chateauvieux, qui fut un esprit ingénieux, élevé et sensible sous une apparence réservée, nous décrit ainsi cette vie du château :
 
« Cet intérieur avait des formes graves ; on y voyait de la solennité, peu de mouvement et d’abord. Le mérite en était dans les prodigieux développements de l’esprit auxquels donnait lieu la présence de M. Necker, de Mme de Staël, de M. Benjamin Constant, qui séjournait dans ce temps à Coppet.
« On se réunissait pour déjeuner dans la chambre de Mme de Staël (on n’y buvait alors du café). Ce dernier durait souvent deux heures : car, à peine réunis, Mme de Staël soulevait une question prise plus souvent dans le champ de la littérature ou de dans la philosophie que dans celui de la politique, et cela par ménagement pour son père dont le rôle sur ce théâtre avait si malheureusement pris fin. Mais quel que fût le sujet du débat, il était abordé avec une mobilité d’imagination et une profondeur qui a été l’école de Benjamin Constant, et d’où jaillissait tout ce que l’esprit humain peut concevoir et créer.
« Mme de Staël avait dans ces luttes littéraires et philosophiques une grande supériorité sur son père, en promptitude, en facilité, en éloquence. Mais, prête à atteindre le but, une pudeur filiale la saisissait, et, comme effrayée du succès qu’elle allait obtenir elle se fourvoyait elle-même avec une grâce d’esprit inimitable, pour laisser à son concurrent la gloire de la vaincre. Mais ce concurrent était son père, et il a été le seul auquel elle ait jamais accordé un tel avantage.
« Chacun se retirait alors jusqu’au dîner, qui se passait au milieu d’une querelle permanente entre M. Necker et de vieux maîtres d’hôtel sourds et grondeurs, débris du régime que M. Necker avait enseveli, et qui avaient suivi sa fortune à Coppet avec leurs habits brodés. L’après-midi était encore consacrée au travail jusqu’à sept heures, où commençait le wisk (sic) de M. Necker. Ce wisk* était orageux ; M. Necker et sa fille s’accusaient, se fâchaient, se quittaient en jurant de ne plus jouer ensemble, et recommençaient le lendemain. Le reste de la soirée rendait tout son prix à la conversation. »
*probablement partie de whist. Ancêtre du bridge. Gtell
 
A Paris, sous le Consulat, Mme de Staël était déjà l’ambassadrice de l’esprit de Coppet, fait d’idéalisme, de morale, de curiosité politique et cosmopolite. Mais elle plaidait avec trop d’éloquence la cause de la liberté. Les Dernière vues de politique et de finance de M. Necker, parues intempestivement en 1802, irritèrent Bonaparte contre la fille plus encore que contre le père. Car elle avait une puissance personnelle agissante, qui manquait au vieux financier. On sait comment Mme de Staël fut exilée de France en automne 1805 et que, au lieu de rejoindre son père, elle se résolut à entreprendre en Allemagne, à Weimar, à Berlin, ce voyage de découverte qui satisfaisait la plus pressante curiosité de son esprit.
La mort de M. de Staël, en 1802, n’avait pas été pour sa femme une perte irréparable. Elle ramenait à Coppet ce malheureux, ruiné, à bout de forces, pour le soigner. Il mourut en route. Triste mais non désespérée, elle acheva ce retour en accompagnant un cercueil. Un tout autre malheur l’atteignit en Allemagne. Au milieu d’avril 1804, elle apprit que M. Necker venait de mourir à Genève. Ce coup altéra sa santé, marqua sa sensibilité, son imagination, sa conception de la vie et de la mort. Ce fut une de ces épreuves dont on ne peut dire sûrement si l’âme en reçoit une fissure intime ou une trempe salutaire.
Rosalie de Constant écrivait, le 15 mai 1804, de Lausanne :
 
« Mme de Staël doit passer tous les jours, retournant à Coppet. Je ne sais si Benjamin la suivra jusque-là ; je le crois ; Mme Necker est allée au-devant jusqu’à Zurich, et Mme Rilliet-Huber était venue l’attendre ici. Mais après nous avoir conté tous les détails de la mort et du tombeau de M. Necker, qu’elle a écrits, elle s’en est retournée sans remplir son objet. Il n’a cessé de justifier sa fille de ce qu’elle l’avait quitté, de la bénir ainsi que ses enfants et de prier Dieu avec ferveur et élévation. Son agonie a été très pénible. Le tombeau qu’il avait érigé à Mme Necker et où il avait marqué sa place, est formé d’abord d’une assez grande enceinte de murs, au milieu de laquelle est planté un bosquet ; au centre de ce bosquet est un petit bâtiment en marbre noir où est placée une très grande cuve de marbre partagée d’un cercueil de plomb où elle nageait dans l’esprit-de-vin ; on l’a placée dans un des côtés de la cuve, M. Necker dans l’autre. On les a recouverts tous deux d’esprit-de-vin, puis on a refermé la porte de fer du monument et on l’a murée. Il y a eu environ soixante personnes de Genève à l’enterrement, et tout Coppet était dans les larmes. »
 
Au moment d’arriver auprès du tombeau qui allait désormais l’attacher à Coppet par un lien plus puissant que toutes ses répugnances, Mme de Staël fut prise d’une sorte de vertige. Elle imagina que sa fortune se perdrait, que ses enfants ne seraient pas élevés, que rien autour d’elle ne marcherait. Mais elle se ressaisit. Maîtresse de la maison et de la baronnie, chef de famille, elle fit effort pour s’acquitter de tant d’obligations. Bientôt, tandis qu’elle écrit des lettres d’affaires, qu’elle rédige un petit volume à la louange de son père, le château se remplit de visiteurs, et la douleur sincère se dissimule sous l’apparence des divertissements.
 
bêa
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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 20:12
Qui a inventé le velcro?
Le Velcro est une invention suisse. Sa découverte remonte à 1948. Un ingénieur, Georges de Mestral, constatait souvent en rentrant de la chasse, que des bardanes restaient accrochées à ses vêtements. Il s'aperçut, en les observant au microscope, que les poils du fruit de la bardane ont la forme de crochets minuscules qui lui permettent de s'agripper aux tissus. Il eut alors l'idée de fixer des crochets analogues sur des bandes de tissu, qui s'accrocheraient entre elles et feraient office de fixation.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_de_Mestral
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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 20:05
 
Le Milieu du Monde…
 
Si vous passez par cet endroit, à la fin du printemps début de l’été, vous aurez la surprise de trouver là un lieu très agréable et beau ; avec une particularité, Le Milieu du Monde. La Sarraz et Pompaples lieux historique du Pays de Vaud mérite une visite pour le château et son musée, ses restaurants et ses paysages.
 
A la Réformation, l'Hospice de Bornu, appartenant au couvent du Grand-Saint-Bernard devient propriété des barons de La Sarraz. Ils en font un moulin, créent un bief au Nozon pour faire mouvoir ses rouages, conduisent ces eaux dans le vallon qui longe la ville à l'occident pour y alimenter d'autres forges ou moulins avant d'aboutir à la Venoge. C'est ainsi qu'en partageant le Nozon entre le bassin du Rhin et le bassin du Rhône, le nord et le sud, les barons de La Sarraz créèrent ce Milieu du Monde dont peut s'enorgueillir notre commune voisine de Pompaples.
Tiré d’un site parlant de La Sarraz, là aussi avec un château : http://www.lasarraz.ch/
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