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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 10:24
Déjà l’auteur des Lettres sur J.-J. Rousseau  et De l’influence des passions jouissait d’une renommée presque universelle ; mais elle était célèbre comme femme du monde plus que comme écrivain. Le livre De la littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales, bien qu’encore hasardeux dans l’établissement des faits et chimérique en sa doctrine inspiratrice, commence à fonder la gloire de Mme de Staël sur des assises solides, est le premier de ses titres à l’estime que les lettrés impartiaux ne lui refusent pas. Mais une classification des littératures, une philosophie de leurs rapports avec le progrès des sociétés humaines, ne suscitent pas l’intérêt du grand public comme une fiction romanesque, échauffée par la passion, assaisonnée d’allusions à la société contemporaine et aux sentiments personnels de l’auteur. De Coppet, où elle retrouvait chaque été le calme extérieur qu’elle redoutait mais dont elle avait besoin, Mme de Staël écrivait, en 1801 : « Je suis ici dans la plus parfaite solitude, car ceux qui la troublent m’importunent et je les écarte volontiers. Je m’occupe de mon père, de l’éducation de mes enfants et de mon roman… »
Ce roman, c’était Delphine. Ses quatre volumes, qui parurent à Genève à la fin de 1802, eurent l’effet, dès l’année suivante, d’accroître considérablement l’affluence des visiteurs de Coppet. Pourtant il y avait longtemps déjà que Rosalie de Constant, la cousine de Benjamin, appelait Mme de Staël la trop célèbre ! Celle-ci commençait d’éprouver que, pour une femme, la gloire ne soit que le deuil éclatant du bonheur. Mais elle n’était pas prête encore – le fut-elle jamais ? – à porter le deuil de son bonheur. Son père la jugeait parfaitement quand il écrivait à Mme Necker-de Saussure : « Elle apercevra par degrés qu’il est dans l’essence de la vie de n’atteindre à rien de parfait, et jusqu’à présent elle a cru qu’il y avait méprise dans la destinée lorsque les beaux jours ne se succédaient pas ». Telle fut bien l’attitude morale de Mme de Staël, avant l’évolution religieuse de ses dernières années.
Parmi les hôtes de M. Necker et de sa fille, nous rencontrons à Coppet, en 1801, la poétesse danoise Frédérique Brun. Elle avait trente-cinq ans. Elle n’était pas jolie, mais s santé délicate lui prêtait un charme langoureux. Intelligente, elle avait encore plus de sensibilité. Elle s’enthousiasmait, pleurait. Elle trouva une société nombreuse au château. M. Necker lui parut courtois et empressé envers ses hôtes, simple et gai avec sa fille, et majestueux comme le Mont Blanc !
Charles-Victor de Bonstetten ne se loua pas tout d’abord d’avoir introduit son intime amie Mme Brun chez la fille de ses vieux amis Necker. « Dans sa première visite à Mme Brun, écrivait-il plus tard, elle a tout fait pour la séparer de moi et mettre le diable entre nous deux ». Patricien de Berne mais libéral, ancien bailli de Nyon et d’autres lieux, Bonstetten, qui avait vingt ans de plus que ces deux femmes, connaissait assez bien la vie et le cœur humain pour n’être pas surpris de ces jeux de l’amour-propre. Mais son expérience était plus variée que profonde. Cet homme mûr, qui survécut longtemps à Mme de Staël et mérita finalement d’être considéré comme le type du vieillard rajeuni, ne consumait pas son esprit et son cœur dans la recherche ardue ni dans la passion.
Le nez droit, les lèvres minces et finement dessinées, ses yeux noirs brillant comme des feux mobiles, il était vif, ardent mais léger ; affectueux mais égoïste ; bon ami, mais amant et mari médiocre : une sorte de bonhomme La Fontaine, pour le caractère sinon pour la force du talent ou la nuance de l’esprit. Ce Suisse cosmopolite, né sur la frontière des langues dans une cité germanique pénétrée d’influence française, précéda Mme de Staël sur les grands chemins de l’Europe et connut avant elle le Nord et le Midi, l’Angleterre, l’Allemagne, le Danemark, l’Italie ; il put avant elle comparer « la Scandinavie et les Alpes » ; avant Corinne, il rédigea son Voyage sur la scène des dix derniers livres de l’Enéide, - mais il le fit en français, Mme de Staël lui ayant conseillé de ne plus composer en allemand. La femme de lettres put à son tour lui écrire d’Italie, en 1805, au sujet de cet ouvrage fait sous sa direction : « Mon Dieu ! que ce livre est vrai ! La campagne de Rome m’a frappée par le souvenir de votre livre ; c’est de la description à l’objet que mon intérêt a procédé. » Ce qui caractérise bien le talent, du moins une certaine faiblesse du talent de Mme de Staël.
Bonstetten, très sociable, parfait homme du monde, ami délicat et fidèle en dépit de son égoïsme et de la mobilité de son imagination, s’établit à Genève dès 1802 et devint un des hôtes les plus familiers du château de Coppet. Mme de Staël, disait-il, le comprenait mieux que personne, était douce avec lui comme une sœur, mais souvent l’ébranlait par le mouvement de son esprit ou l’éclat de ses passions. « Je reviens de Coppet, écrit-il en 1804, et je suis maintenant tout abêti, arraché à mon doux repos et fatigué d’une débauche d’intelligence. Il se dépense plus d’esprit à Coppet en un jour que dans maint pays en un an. J’en suis si fatigué que je gis à demi-mort et ma chambre me paraît un tombeau. » Quand vint la séparation suprême, il s’écria, en regardant le tombeau de Mme de Staël : « Elle me manque comme un membre perdu. Je suis manchot de pensée ! »
Coppet accueillit en 1801 une femme singulière par son mérite et ses prétentions, mais qui n’avait pas encore la réputation que son roman de Valérie, puis sa vocation religieuse bruyamment affirmée lui valurent plus tard. Mme de Krüdener était une mondaine errent de pays en pays et d’intrigues en aventure. « Je la trouve distinguée » - écrivait alors Mme de Staël à son ami lyonnais Camille Jordan – « mais elle raconte une si grande quantité d’histoires de gens qui se sont tués pour elle que sa conversation a l’air d’une gageure. » Un jour que la belle Livonienne énumérait ses victimes, on lui fit observer qu’un de ces malheureux n’était pas mort, qu’on venait de le rencontrer à Lausanne. Et la future prophétesse et inspiratrice de la Sainte-Alliance de répondre sans trouble : « S’il n’est pas mort, il n’en vaut guère mieux ! » En attendant de prêcher les misérables et les rois, Mme de Krüdener dansait dans les salons une « danse du shall » que Mme de Staël admira fort et qu’elle imita dans la « polonaise » où brillera bientôt la ravissante Delphine, l’héroïne de son roman.
Quand la politique du Premier Consul le leur permettait, les Anglais voyageaient sur le continent. Coppet accueillit, en 1803, trois jeunes Ecossais. L’un d’eux, Mac Culloch, s’éprit aussitôt de l’auteur de Delphine, avec une violence extraordinaire dont elle s’effraya. Un autre, le médecin Robertson, lui voua un sentiment moins extravaguant mais plus tendre. Le troisième, lord John Campbell, qui fut duc d’Argyll, se montra moins sensible aux charmes de l’enchanteresse. Mais ce fut elle qui se prit à aimer ce jeune lord au gracieux visage, et lui manifesta une de ces amitiés exaltée qui sont si peu rares dans sa vie et sa correspondance. Plus tard, l’insensible se reconnut dans lord Nelvil, le héros de Corinne. Mais ce personnage eut aussi d’autres modèles.
M. Necker suivait son illustre fille en pensée, avec sollicitude, dans ses voyages, ses séjours à Paris. Quand elle annonçait son retour, elle demandait des chevaux. Le petit Auguste de Staël et son précepteur allaient l’attendre, avec le carrosse, au sommet du Jura. M. Necker mandait sa nièce Albertine pour accueillir l’enfant prodigue, et il organisait en son honneur une petite fête où les bons bourgeois de Coppet dansaient, au son de deux violons, sous la direction de Morand, maître de danse à Genève. Puis la vie au château reprenait son cours. Frédéric Lullin de Chateauvieux, qui fut un esprit ingénieux, élevé et sensible sous une apparence réservée, nous décrit ainsi cette vie du château :
 
« Cet intérieur avait des formes graves ; on y voyait de la solennité, peu de mouvement et d’abord. Le mérite en était dans les prodigieux développements de l’esprit auxquels donnait lieu la présence de M. Necker, de Mme de Staël, de M. Benjamin Constant, qui séjournait dans ce temps à Coppet.
« On se réunissait pour déjeuner dans la chambre de Mme de Staël (on n’y buvait alors du café). Ce dernier durait souvent deux heures : car, à peine réunis, Mme de Staël soulevait une question prise plus souvent dans le champ de la littérature ou de dans la philosophie que dans celui de la politique, et cela par ménagement pour son père dont le rôle sur ce théâtre avait si malheureusement pris fin. Mais quel que fût le sujet du débat, il était abordé avec une mobilité d’imagination et une profondeur qui a été l’école de Benjamin Constant, et d’où jaillissait tout ce que l’esprit humain peut concevoir et créer.
« Mme de Staël avait dans ces luttes littéraires et philosophiques une grande supériorité sur son père, en promptitude, en facilité, en éloquence. Mais, prête à atteindre le but, une pudeur filiale la saisissait, et, comme effrayée du succès qu’elle allait obtenir elle se fourvoyait elle-même avec une grâce d’esprit inimitable, pour laisser à son concurrent la gloire de la vaincre. Mais ce concurrent était son père, et il a été le seul auquel elle ait jamais accordé un tel avantage.
« Chacun se retirait alors jusqu’au dîner, qui se passait au milieu d’une querelle permanente entre M. Necker et de vieux maîtres d’hôtel sourds et grondeurs, débris du régime que M. Necker avait enseveli, et qui avaient suivi sa fortune à Coppet avec leurs habits brodés. L’après-midi était encore consacrée au travail jusqu’à sept heures, où commençait le wisk (sic) de M. Necker. Ce wisk* était orageux ; M. Necker et sa fille s’accusaient, se fâchaient, se quittaient en jurant de ne plus jouer ensemble, et recommençaient le lendemain. Le reste de la soirée rendait tout son prix à la conversation. »
*probablement partie de whist. Ancêtre du bridge. Gtell
 
A Paris, sous le Consulat, Mme de Staël était déjà l’ambassadrice de l’esprit de Coppet, fait d’idéalisme, de morale, de curiosité politique et cosmopolite. Mais elle plaidait avec trop d’éloquence la cause de la liberté. Les Dernière vues de politique et de finance de M. Necker, parues intempestivement en 1802, irritèrent Bonaparte contre la fille plus encore que contre le père. Car elle avait une puissance personnelle agissante, qui manquait au vieux financier. On sait comment Mme de Staël fut exilée de France en automne 1805 et que, au lieu de rejoindre son père, elle se résolut à entreprendre en Allemagne, à Weimar, à Berlin, ce voyage de découverte qui satisfaisait la plus pressante curiosité de son esprit.
La mort de M. de Staël, en 1802, n’avait pas été pour sa femme une perte irréparable. Elle ramenait à Coppet ce malheureux, ruiné, à bout de forces, pour le soigner. Il mourut en route. Triste mais non désespérée, elle acheva ce retour en accompagnant un cercueil. Un tout autre malheur l’atteignit en Allemagne. Au milieu d’avril 1804, elle apprit que M. Necker venait de mourir à Genève. Ce coup altéra sa santé, marqua sa sensibilité, son imagination, sa conception de la vie et de la mort. Ce fut une de ces épreuves dont on ne peut dire sûrement si l’âme en reçoit une fissure intime ou une trempe salutaire.
Rosalie de Constant écrivait, le 15 mai 1804, de Lausanne :
 
« Mme de Staël doit passer tous les jours, retournant à Coppet. Je ne sais si Benjamin la suivra jusque-là ; je le crois ; Mme Necker est allée au-devant jusqu’à Zurich, et Mme Rilliet-Huber était venue l’attendre ici. Mais après nous avoir conté tous les détails de la mort et du tombeau de M. Necker, qu’elle a écrits, elle s’en est retournée sans remplir son objet. Il n’a cessé de justifier sa fille de ce qu’elle l’avait quitté, de la bénir ainsi que ses enfants et de prier Dieu avec ferveur et élévation. Son agonie a été très pénible. Le tombeau qu’il avait érigé à Mme Necker et où il avait marqué sa place, est formé d’abord d’une assez grande enceinte de murs, au milieu de laquelle est planté un bosquet ; au centre de ce bosquet est un petit bâtiment en marbre noir où est placée une très grande cuve de marbre partagée d’un cercueil de plomb où elle nageait dans l’esprit-de-vin ; on l’a placée dans un des côtés de la cuve, M. Necker dans l’autre. On les a recouverts tous deux d’esprit-de-vin, puis on a refermé la porte de fer du monument et on l’a murée. Il y a eu environ soixante personnes de Genève à l’enterrement, et tout Coppet était dans les larmes. »
 
Au moment d’arriver auprès du tombeau qui allait désormais l’attacher à Coppet par un lien plus puissant que toutes ses répugnances, Mme de Staël fut prise d’une sorte de vertige. Elle imagina que sa fortune se perdrait, que ses enfants ne seraient pas élevés, que rien autour d’elle ne marcherait. Mais elle se ressaisit. Maîtresse de la maison et de la baronnie, chef de famille, elle fit effort pour s’acquitter de tant d’obligations. Bientôt, tandis qu’elle écrit des lettres d’affaires, qu’elle rédige un petit volume à la louange de son père, le château se remplit de visiteurs, et la douleur sincère se dissimule sous l’apparence des divertissements.
 
bêa
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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 20:12
Qui a inventé le velcro?
Le Velcro est une invention suisse. Sa découverte remonte à 1948. Un ingénieur, Georges de Mestral, constatait souvent en rentrant de la chasse, que des bardanes restaient accrochées à ses vêtements. Il s'aperçut, en les observant au microscope, que les poils du fruit de la bardane ont la forme de crochets minuscules qui lui permettent de s'agripper aux tissus. Il eut alors l'idée de fixer des crochets analogues sur des bandes de tissu, qui s'accrocheraient entre elles et feraient office de fixation.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_de_Mestral
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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 20:05
 
Le Milieu du Monde…
 
Si vous passez par cet endroit, à la fin du printemps début de l’été, vous aurez la surprise de trouver là un lieu très agréable et beau ; avec une particularité, Le Milieu du Monde. La Sarraz et Pompaples lieux historique du Pays de Vaud mérite une visite pour le château et son musée, ses restaurants et ses paysages.
 
A la Réformation, l'Hospice de Bornu, appartenant au couvent du Grand-Saint-Bernard devient propriété des barons de La Sarraz. Ils en font un moulin, créent un bief au Nozon pour faire mouvoir ses rouages, conduisent ces eaux dans le vallon qui longe la ville à l'occident pour y alimenter d'autres forges ou moulins avant d'aboutir à la Venoge. C'est ainsi qu'en partageant le Nozon entre le bassin du Rhin et le bassin du Rhône, le nord et le sud, les barons de La Sarraz créèrent ce Milieu du Monde dont peut s'enorgueillir notre commune voisine de Pompaples.
Tiré d’un site parlant de La Sarraz, là aussi avec un château : http://www.lasarraz.ch/
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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 11:20
Actrices et acteurs d’origines suisses.
 
Ursula Andress
Marthe Keller
Renée Zellweger
 
Jean-luc Bideau
Bernard Haller
Pierre Dudan
Michel Simon
François Simon
Vincent Perez
Maurice Aufer
Jean-François Balmer
Jean-Philippe Ecoffey
Bruno Ganz
José Giovanni, français naturalisé suisse
 
Liste non complète, le côté alémanique et tessinois n’a pas été fouillé.
 
http://www.cinematheque.ch/
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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 11:09
 Alexandre Yersin
 
Bactériologiste français d’origine suisse, né à Morges 1863, mort à Nha Trang, Annam, (ViêtNam) 1943. Ce descendant d’une vieille famille huguenote est venu faire à Paris ses études de médecine. En 1886, il est interne à l’hôtel-dieu. Toute son admiration est pour Pasteur, qui, l’an précédent, a sauvé de la mort un enfant mordu par un chien enragé. Il rêve de se faire, lui aussi, spécialiste en microbiologie. Voici qu’un jour arrivent de Russie quelques moujiks et leur pope, portant d’affreuses blessures. Une bande de loups les a attaqués dans un village, dont la salive, examinée, s’est révélée infectée du virus rabique. Ils ont fait le voyage de Paris, n’attendant plus leur salut que de Pasteur. Cinq sont hospitalisés, les autres devront se présenter chaque jour au laboratoire de la rue d’Ulm. Pasteur viendra quotidiennement, pendant dix jours, injecter lui-même son vaccin aux grands blessés. Ainsi, Yersin voit apparaître l’homme sans doute le plus populaire de France, et qu’on nomme déjà « bienfaiteur de l’humanité ».
Lorsque Yersin se rendra au laboratoire de la rue d’Ulm, ce ne sera pas en tant que médecin, mais en tant que patient. En disséquant le cadavre d’un homme mort de la rage, il s’est blessé, et son patron lui a donné l’ordre de se faire immédiatement vacciner. Pasteur recevait les malades à 11 heures du matin. Il fallait se présenter dès 10 heures, donner son nom à un employé avec le motif de la visite. Pasteur appelait lui-même, par sa porte entrebâillée, les visiteurs inscrits. C’est ainsi que Yersin entendit son nom, prononcé par cette voix célèbre. Tandis que Pasteur lui injectait la culture atténuée, faite de moelle de lapin, il remarqua, se tenant un peu en retrait, un personnage en blouse blanche, à barbe pointue, au regard d’un bleu enfantin bizarrement enfoncé sous les arcades sourcilières excessives. C’était Emile Roux, son aîné de dix ans. Une très forte amitié naîtra entre Roux et Yersin, plus fidèle sans doute chez le premier que chez le second, auquel on a reproché, à l’égard de ses amis, une attitude parfois fuyante, conséquence peut-être de son extrême timidité et d’un goût inné pour la solitude.
 
Yersin est bientôt embrigadé dans l’équipe pastorienne. C’est une chance, car jusqu’alors Pasteur avait trouvé sans peine, à l’Ecole normale même, tout ce qu’il lui fallait en fait de jeunes collaborateurs. Mais Roux, qui l’a choisi, a tout de suite été séduit par le sérieux du nouveau venu, un sérieux calviniste. On le loge rue Vauquelin, où désormais les malades seront reçus et soignés.
 
Trois ans plus tard, le premier Institut Pasteur est inauguré, dans le quartier de Vaugirard. Emile Roux en est le chef. Pasteur, glorieux et vieilli, n’y paraîtra que rarement. Yersin, au titre de préparateur en microbiologie, sera le bras droit de Roux, comme celui-ci l’a été si longtemps de Pasteur, et ce sera ensemble que les deux savants découvriront la toxine de la diphtérie, ainsi que les propriétés, jusqu’alors mal connues, du microbe de cette maladie redoutable, bientôt jugulée.
 
1890… A la stupéfaction de tous, Yersin, dont on pouvait croire que la carrière se déroulerait entièrement à l’Institut Pasteur, annonce son prochain départ pour l’Indochine. Il passe au service des Messageries maritimes, comme médecin navigant. Il lui faut un remplaçant. Ce sera Haffkine, microbiologiste russe, natif d’Odessa.
 
Voici donc, deux mois plus tard, YERSIN à bord de L’Eridan, vapeur qui assure la ligne de Saigon à Manille, puis d’un courrier qui fait la navette de Saigon à Haiphong. L’aventure l’a emporté sur la recherche austère. Aventure d’ailleurs plus imaginaire que réelle, comme celle que Rimbaud a été chercher à Aden et en Ethiopie. Bientôt fatigué de ce métier de « toubib » à casquette de cuir bouilli, assoiffé d’aventure vraie, il demande un congé, se fait explorateur. L’Indochine est encore un pays plein de mystère. Les taches blanches énigmatiques n’ont pas été toutes effacées de la carte dressée, année après année, par la mission Pavie. Débarqué à Nha Trang, cette baie magnifique qui abritait alors une petite ville pareille à toutes celles que l’administration française a laissées là-bas (une combinaison de Castelnaudary et du village indigène), il s’est enfoncé vers l’intérieur des terres, à travers les montagnes de l’Annam, avec trois coolies. Bientôt, il a dû rebrousser chemin, sans poursuivre vers le but qu’il s’était fixé : Saigon. C’est par mer qu’il se rendra, après son échec, au grand port, pour s’y faire soigner par Calmette de son paludisme. Deux ans plus tard, ce sera une seconde exploration parfaitement réussie celle-là, dont le point de départ est encore Nha Trang, mais en direction du Mékong, dont il découvrira quelques affluents inconnus.
 
L’année 1894 est celle où Yersin retourne à la microbiologie. Une calamité le lui a ordonné : la peste, ce fléau séculaire, qui a éclaté en Chine, ravage surtout la Chine du Sud, fait d’innombrables victimes à Canton et à Hongkong. Nommé depuis quelque temps médecin colonial, Yersin reçoit la mission de se rendre à Hongkong pour rechercher sur place le virus, encore inconnu, de la peste comme son mode de propagation, dont l’Indochine est menacée.
 
La ville où débarque Yersin, dans l’accablante chaleur de l’été, paraît surgir de ces époques où le « mal noir » régnait sans partage sur ses nouvelles possessions. Les rues sont vides. La population chinoise survivante a fui. Sur quelques portes, c’est un grand cercle rouge, sinistre, annonçant que la peste habite cette maison. Partout des rats morts, sur les quais par centaines, et flottant autour des rares navires. Des murs ont été dressés pour enfermer certains quartiers dans leur infection. Sur les terrains vagues brûlent des meubles, des grabats contaminés.
 
Les autorités anglaises ont fait à Yersin un accueil plutôt froid. Ce n’est pas un Anglais qui lui servira de guide, mais un religieux italien, le P. Vigano, qui s’est battu à Solferino dans les rangs français. Grâce à l’entregent de l’ecclésiastique, Yersin pourra s’aménager un laboratoire dans un hôpital. Déjà quelques chercheurs japonais y travaillent, et, parmi eux, le célèbre Kitasato. Entre ces japonais et Yersin les contacts seront rares, distants. On se dispute les cadavres. Ceux-ci sont enlevés, très vite, par les matelots anglais, jetés dans des fosses qu’on recouvre de chaux. Apprenant qu’il existe, au sous-sol de l’hôpital, une sorte de morgue où les morts sont descendus et aussitôt recouverts de chaux dans leur cercueil, Yersin va corrompre les matelots anglais chargés de ce travail. pour quelques yens, on lui permettra de découper au rasoir quelques bubons gorgés de pus. C’est ce pus, selon lui, qu’il faut examiner, et non le sang, comme le font actuellement les japonais. « Je monte à mon laboratoire, a-t-il écrit dans son premier rapport, je fais rapidement une préparation et je la mets sous le microscope. Au premier regard, je reconnais une véritable purée de microbes, tous semblables. Ce sont de très petits bâtonnets trapus, aux extrémités arrondies, assez mal colorés par du bleu de Löffler. »
 
Bientôt, vingt et un tubes de verre, représentant vingt et un cas de peste, sont expédiés à Paris et font l’objet d’une communication à l’Académie de médecine.
 
Cependant, les Japonais ont prétendu avoir trouvé, en même temps que Yersin, le microbe de la peste, auquel ils ont donné le nom de bacille de Kitasato-Yersin. Kitasato sera le premier à reconnaître son erreur. Ce qu’il avait pris pour le microbe de la peste n’était qu’une sorte de pneumocoque, agent de septicémie, compagnon inséparable du premier.
 
En 1897, c’est une nouvelle épidémie de peste, mais dont Bombay est le théâtre. Des savants de diverses nationalités s’y retrouvent : Kitasato pour le Japon, Georg Sticker pour l’Allemagne, Yersin pour la France. Il est venu de Nha Trang avec dans ses bagages le vaccin préparé par Calmette, Borel et lui-même. Les effets en seront décevants chez les Indiens, meilleurs pour les Chinois, meilleurs encore pour les Européens, qui ne seront victimes de la peste que par accident. Georg Sticker a été lui-même frappé : « J’ai compris le mécanisme de l’infection quand, à l’entrée d’une maison la porte était marquée du terrible signe d’avertissement, nous avons été assaillis, dès le vestibule, par des essaims de puces. J’ai ressenti une piqûre sur le dos du pouce droit et n’y ai d’abord attaché aucune importance. Vingt-quatre heures plus tard, il y avait à cette place une pustule brûlante. La nuit suivante, je grelottais de fièvre, et les ganglions des aisselles grossissaient… La pustule contenait des bacilles de la peste… »
 
Georg Sticker guérit, mais non deux médecins portugais et une infirmière allemande qui avaient été, en même temps que lui, piqués par des puces infectées.
 
Ces accidents avaient fait ressortir aux yeux de tous les savants présents à Bombay le mode de propagation des bacilles. Du rat ils passaient à la puce, et de la puce à l’homme. Les Indiens le savaient bien qui, dès les premiers assauts du mal, travaillaient à l’extermination des rats et, si leur lutte paraissait impuissante, s’éloignaient vers les montagnes, où il n’y a pas de rats, et demeuraient indemnes, alors que les musulmans, qu s’enfermaient dans leur maison, périssaient par milliers.
 
Yersin, jusqu’en 1943, est demeuré à Nha Trang, où il s’était installé un laboratoire. Il avait élu domicile dans un blockhaus désaffecté, qu’à peine une cinquantaine de mètres de dunes séparaient de la mer. Il voyait peu d’Européen, réservant son intérêt aux indigènes les moins fortunés, et spécialement aux pêcheurs des environs et aux enfants annamites. Il leur montrait des films, leur prêtait des livres d’images, dont il avait une pleine bibliothèque, les faisait monter à sa « coupole astronomique », comme il disait, pour fouiller, par l’œil du télescope, les astres, et contempler surtout la lune, cette lune chère à tous les Orientaux. En le voyant passer, seul, sur sa bicyclette, barbe au vent, casque colonial sur la tête, tout vêtu de toile kaki, appelé par un malade de la petite ville ou des faubourgs, on s’exclamait : « Ne dirait-on pas Hao Ti (le dieu de la médecine) en personne ? »
 
Il a voulu être inhumé dans la solitude de la plantation de Suôi Giao, par lui-même conquise sur la forêt d’Annam. De son tombeau, on découvre toute la baie de Nha Trang, c’est-à-dire l’un des plus beaux paysages du monde.


http://www.pasteur.fr/infosci/archives/yer0.html
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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 11:04
Jean-Paul Marat
 
Homme politique d’origine suisse par son lieu de naissance et sarde par son père (Boudry, Suisse, 1743 – Paris 1793). Il a étudié la médecine en France et en Angleterre. Établi à Paris, il fut quelque temps médecin des gardes du comte d’Artois et publia quelques mémoires où l’on trouve plus de passion que de rigueur scientifique.
Dès la Révolution, il délaissera la médecine pour l’action politique et deviendra l’un des grands pourvoyeurs de la guillotine, jusqu’au jour où il tombera lui-même sous le poignard de Charlotte Corday.
Marat, fort infatué, se jugeait un grand médecin. Cependant, ses remèdes nous paraissent inexistants. Ainsi croit-il guérir la phtisie avec une eau « antipulmonique » qui n’était que de l’eau de chaux ; il pratique l’électrothérapie à la façon de son temps, c’est-à-dire en pure perte. Toutefois, certains ont vu dans son ouvrage : De l’homme, ou Des principes et des lois de l’influence de l’âme sur le corps et du corps sur l’âme, l’un des premiers vagissements de la psychosomatique.

http://www.histoire-en-ligne.com/spip.php?article237
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19 mai 2007 6 19 /05 /mai /2007 21:43
 
Au tir de Saint-Gall. « On les a eus ! »
 
La Suisse a reconquis la première place au match de tir international. Et pourtant ces excellents Américains, en d’impressionnantes interviews, nous accordaient généreusement la seconde place. Leurs mathématiques prévisions les autorisaient à s’octroyer trente points d’avance. Le résultat a prouvé qu’on peut-être citoyens américains, tireurs prééminents et se tromper dans ses pronostics comme un simple Européen.
Une équitable loi d’équilibre veut que chaque peuple ait une sorte de droit à revendiquer, avec supériorité indiscutable, dans tel ou tel domaine. L’Angleterre possède la royauté des mers, le flegme britannique ; l’Espagne garde jalousement le souvenir d’un passé glorieux, la morgue castillane, les toréadors et les corridas ; l’Italie a le fascisme, Machiavel, le Vésuve et les macaronis ; la Russie des boyards, des serfs, des moujiks et des popes ivrognes a sombré dans la pétaudière soviétique ; l’Autriche, c’est les valses viennoises, Strauss et les chansons d’opérettes, avec quelques sombres pages historiques par-dessus ; les Portugais sont toujours gais, c’est entendu, mais ils ont l’amour des complots, la manie des conspirations ; la France, c’est le pays des beaux-arts, de la fine cuisine, des grands vins et des catastrophes de chemins de fer ; l’Allemagne s’enorgueillit à juste titre de l’ermite scieur de bois à Doorn, de la poudre sèche et des plus colossales entreprises.
On pourrait multiplier les exemples : le nom de chaque nation évoque automatiquement dans l’esprit une particularité, une supériorité, un record, une chose enfin lui appartenant en propre et à laquelle ses voisins ne peuvent prétendre.
Parler de la Suisse, c’est dire : Plus vieille démocratie, Alpes immenses, Guillaume Tell, les rois du tir. Sous ce rapport notre priorité était acquise et admise : personne ne songeait à récriminer, et le championnat du tir faisait partie du patriotisme national au même titre que les montagnes, les lacs et le fédéralisme. Mais voilà, les Américains sont venus. En cinq sec, ils nous ont soufflé notre royauté démocratique. Sur le moment, on a été un peu « éberlué », puis on s’est ressaisi et l’éclipse n’a pas été longue. Les fils de Guillaume Tell ont prouvé, à Saint-Gall, qu’ils étaient toujours les premiers tireurs du monde.
Quelle idée bizarre aussi, de la part de la grande république d’outre-mer, de vouloir nous ravir notre modeste supériorité ! Les Américains, eux, ont des fleuves géants dans leur immense pays, des lacs grands comme des mers, des villes formidables. Ils ont tant de choses que nous n’avons pas, des nègres qu’ils méprisent et des jaunes insinuants dont ils voudraient bien se débarrasser. Messieurs les Américains, ce n’était pas gentil de nous avoir ravi notre royauté de tir et ce n’est pas parce que vous avez, grâce à la guerre, absorbé à peu près tout l’or de l’Europe, que vous étiez en droit d’enlever à la petite Suisse un titre que les traditions nous permettaient de considérer comme définitivement acquis.
Et c’est bien et juste que tout soit rentré dans l’ordre.
D’après J. de Cossonay. 1925
Le Jeune Citoyen, publication destinée aux jeunes gens de la Suisse romande.
 
Que voilà un texte très étrange dans la bouche d’un suisse, probablement amoureux de tir, qui d’un côté tient des propos limites sur les pays nommés et glorifie une Suisse militaire, championne au tir sur cibles. « Y en a point des comme nous ! » Bon c’était en 1925 et c’est possible qu’à cette époque l’on pensait et écrivait sans arrières pensés à faire mal et peut-être que personne ne pouvait lire ce texte, autres que des élèves, futurs citoyens. >Gtell

http://www.yrub.com/histoire/hf9.htm
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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 20:52
L’éclairage électrique
 
Inventé à la fin des années 1870 par Joseph Swan, en Angleterre, et par Thomas Edison, aux Etats-Unis.
 
Malgré les grands avantages qu’il présentait sur l’éclairage au gaz, l’éclairage électrique s’est répandu plus lentement qu’on aurait pu l’espérer. Il fallait en effet installer des fils électriques dans les maisons, et aussi construire des centrales électriques et des réseaux complexes de distribution.
En Angleterre, dès 1880, sir William Armstrong faisait installer l’électricité dans son manoir de Cragside. Quarante et un ans plus tard, en 1921, 12% seulement des maisons anglaises étaient éclairées à l’électricité.
 
En Suisse, l’avancée de l’éclairage électrique fut plus rapide que pour d’autre pays. L’énergie hydro-électrique ressource « presque » naturelle en Suisse.
 
Les forces motrices bernoises.
 
Lorsqu’une œuvre humaine est le fruit de la persévérance, de l’énergie, de l’esprit d’initiative et qu’en outre elle est d’utilité publique, qu’à ce titre elle rend service à une grande contrée, il vaut la peine de jeter un coup d’œil sur son développement et le rôle qu’elle est appelée à jouer.
Les Forces motrices bernoises n’existent que depuis un peu plus de 25 ans et offrent le spectacle d’un accroissement ininterrompu. Elles furent fondées à Bienne, avec le concours de quelques communes du Seeland, le 19 décembre 1898, sous le nom de Société anonyme de l’usine de Hagneck. En 1903 s’opéra la fusion avec l’usine de Spiez sous le nom de « Forces réunies de la Kander et de Hagneck ».
La demande d’énergie augmentant dans des proportions considérables et malgré plusieurs agrandissements des installations existantes, il fallut penser à trouver de nouvelles sources de courant. C’est alors que l’on songea à la construction d’autres usines et à l’extension du réseau sur la base des derniers perfectionnements techniques. Le capital nécessaire fut trouvé avec la collaboration de l’Etat et aujourd’hui ce dernier détient la grande majorité des actions. La société changea encore une fois son nom en celui qu’elle porte actuellement.
Aux usines de Hagneck et de Spiez vinrent s’ajouter successivement :
En 1911, Kandergrund, construite spécialement pour alimenter le chemin de fer du Loetschberg, première grande voie ferrée transalpine marchant à l’électricité.
En 1912, Bellefontaine, près de St-Ursanne, acquise des Forces motrices du Doubs.
En 1913, Kallnach, usine très moderne, utilisant par un tunnel de 2100 m. et un canal à ciel ouvert de 3 km la différence de niveau entre le confluent de la Sarine et la canal de Hagneck. Grâce au grand barrage de Niederried, elle dispose d’un bassin d’accumulation long de 4 km. et large de 100 à 400 m, avec un volume d’eau utilisable de 1 ½ million de mètres cubes.
En 1916, Wangen, dont le capital actions fut racheté d’une société allemande.
En 1918, les deux petites centrales de Dittingen et Zwingen, sur la Birse, près de Laufon, acquise également par voie de rachat.
En 1921, enfin, c’est la grande usine de Mühleberg, en aval de Berne, qui entre en service. Elle constitue un des plus beaux travaux du genre et témoigne éloquemment de l’esprit d’initiative hardie et de la largeur de vue de l’entreprise. Un mur de barrage de 245 m, haut de 35 m, retient les eaux de l’Aar, créant un lac charmant, aux rives poétique, à proximité de la capitale. Sa surface atteint presque 4 km2. La halle aux machines contient des génératrices capables de déployer une force de 48 600 HP*.
L’énergie produite est entièrement absorbée et, pour parer à une disette de courant prochaine, les Forces motrices bernoises viennent de commencer la réalisation d’un projet grandiose ; il s’agit de mettre en valeur le cours de l’Aar dans la vallée de l’Oberhasli. La chute utilisable, du Grimsel à Innertkirchen, est de 1210 m et doit être exploitée en trois paliers, sur une distance de 19 km environ. Tout en haut, un lac de 5 ½ km de longueur sera formé au moyen de deux barrages dont l’un n’aura pas moins de 100 m de hauteur. Ce lac transformera le paysage, mais heureusement sans le gâter, ce qui est assez rare quand l’homme se met à tourmenter la nature. Il adoucira les lignes d’un site un peu rude et ne recouvrira que des terrains arides, plains de galets et pâturages encombrés d’éboulis. Le lac engloutira, il est vrai, l’hospice du Grimsel et une partie de la route qui devront être reconstruits dans le voisinage.
A 5 km environ se trouvera un nouveau bassin d’accumulation, le lac de Gelmer, à 1852 m d’altitude. Les deux lacs seront réunis par un tunnel. L’on ne verra d’ailleurs aucun canal à ciel ouvert. Le transport de l’eau d’une usine à l’autre se fera par des galeries situées à 100 m au moins dans l’intérieur de la montagne.
La centrale de la Handeck, d’une puissance de 100 000 HP, sera construite en premier lieu. Du château d’eau taillé en plein granit jusqu’aux machines, la différence de niveau sera de 545 m. L’on se représente la pression considérable exercée sur les parois des conduites !
Puis viendront successivement les centrales de Boden (88 000 HP, 417 m de chute) et d’Innertkirchen (56 000 HP, 248 m de chute). On prévoit que les trois usines réunies pourront produire annuellement 540 millions de kWh d’énergie constante. Les travaux dureront 7 à 8 années.
Ces quelques indications très sommaires montrent toute l’envergure du projet dont la réalisation vient de commencer.
Comme une immense toile d’araignée, le réseau des Forces motrices bernoises s’étend sur le canton de Berne tout entier, une partie des cantons de Neuchâtel et de Soleure, envoie de l’énergie jusqu’à Bâle-Campagne et en Alsace, apportant dans les hameaux les plus reculés la lumière, la force motrice et la chaleur. Merveilleux instrument de confort, le courant électrique se trouve presque partout. Dans la famille, il sert à l’éclairage, à la cuisson es aliments, au chauffage ; à la fabrique, à l’atelier du simple artisan, à la ferme, là où il faut faire marcher une machine, le moteur électrique, commode et docile, apporte une aide précieuse au travailleur.
A la fin de 1923, le réseau alimentait 601 033 lampes à incandescence, 11 113 moteurs permanents et de fabrique, 2153 moteurs de jour, 33 758 fers à repasser, 17 039 appareils de chauffage et de cuisine et 2924 appareils divers. Le réseau de distribution primaire dont la longueur atteint 1 920 km dessert 660 localités. Des lignes à haute tension de 45 000 et 80 000 volts permettent le transport de l’énergie sans que la perte soit trop élevée. Les usines de l’Oberhasli disposeront d’une ligne de 150 000 volts.
Le développement si réjouissant des Forces motrices bernoises au cours de ce quart de siècle montre les progrès réalisés dans l’utilisation des forces naturelles et de l’électrification du pays. La « houille blanche », en nous permettant de nous passer de plus en plus de l’aide étrangère, est devenue un facteur d’indépendance très précieux. Toujours davantage l’intelligence humaine domine la matière et en tire des services plus grands. Puisse le progrès moral marcher de pair avec le progrès technique, pur qu’unis, ils ne servent qu’à des œuvres de paix et de fraternité.
Jeune Citoyen, Lausanne - 1925
 
*Il y a deux unités différentes dans l’utilisation du horse power (HP). La première unité (HP = 745,7 watt) utilisée au USA/UK est basée sur l’énergie équivalente pour soulever un poids de 550 livres (pound) au travers 1 pied (foot) en une seconde.
La seconde unité (HP = 736 watt) utilisée en Europe continentale est basée sur l’énergie équivalente en énergie à soulever un poids de 75 kilogrammes sur 1 mètre en une seconde.
1 cv, HP = 735,499 W – cheval-vapeur (horse-power)
1 HP = 746 W – horse-power (électrique)
1 HP = 735, 499 W – horse-power (metric)
1 HP = 746,043 W – horse-power (eau)

http://www.bkw-fmb.ch/fr/unternehmen/unternehmen/facts_figures/Geschichte.html
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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 20:46
Theodor Emil kocher
 
Chirurgien suisse né à Berne 1841 – 1917. Professeur de clinique chirurgicale à l’université de Berne, il fut un précurseur dans l’étude de la physiologie et des fonctions de la glande thyroïde. Il montra le rôle qu’y joue l’iode, dont le manque, dans certaines régions de la Suisse, particulièrement dans le Valais, provoque cette hypertrophie nommée goitre, et dont il a pratiqué – non sans dommages pour l’état général – l’ablation totale. Cette méthode a fait place aux ablations subtotales de la glande thyroïde.
On lui doit les pinces hémostatiques à griffes, dites « pinces de Kocher », et une méthode de réduction des luxations de l’épaule. Il a reçu en 1909 le prix Nobel de médecine.


http://www.switzerland.com/fr.cfm/science/innovation/offer-Science-Innovation-201346.html

suivez ce lien... très utile de connaître quelques prix nobel suisse
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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 20:07

En 1925


Dans notre pays, tout le monde connaît le téléphone; chacun est à même de l'utiliser "peu ou prou", et d'en apprécier les réels services.
Est-ce à dire que chacun soit content de son fonctionnement?
Ecoutez plutôt ce qu'en disent les commerçants et les industriels qui doivent l'utiliser à tout instant pour leurs affaires. de combien de reproches n'accablent-ils pas, - souvent à tort, - les employées de la station centrale. Ces demoiselles, disent-ils, ne connaissent pas leur métier; elles ne sont jamais à leur affaire; elles sont indiscrètes, elles coupent le courant au milieu d'une conversation; elles vous mettent en relation avec le bottier alors que vous appelez le médecin! Quel désordre doit régner dans les centrales téléphoniques! De grâce, supprimez donc les services des demoisellesdu téléphone!
Ah! si ces mécontents se donnaient la peine de visiter, même à l'improviste, la centrale téléphonique de leur ville, ils reconnaîtraient bien vite, s'ils sont droits et sincères, qu'ils ont jugé sans connaître. en effet, ils seraient frappés, en entrant à la centrale, de l'ordre et du silence qui y règnent. ils trouveraient les employées attentives, installées devant une table des multiples qui contient 4000, 5000 ou 6000 jacks selon l'importance de la ville; ces jacks sont le point d'arrivée de trois fils correspondant à chacun des abonnés. Sur la table, devant l'opératrice, 100, 200 ou 300 lampes électriques minuscules s'allument tour à tour, au hasard des appels. Enfoncer la fiche du cordon de communication dans le jack de l'abonné qui demande un numéro; enfoncer une seconde fiche dans le jack portant le numéro demandé, faire fonctionner le signal d'appel du correspondant désiré et actionner le compteur de conversations, telles sont les manipulations nécessaires à la mise en communication de deux personnes seulement.
Que 10 à 12 appels lumineux brillent à la fois, qu'un correspondant tarde à répondre au signal souvent plusieurs fois répété, et les réclamations de pleuvoir à nouveau: "Supprimez! mais supprimez donc! et donnez-nous le téléphone automatique."

On pourrait peut-être calmer assez facilement ces grincheux; il suffirait de leur offrir les services du téléphone sans fil dont on dit tant de bien!
"Le téléphone sans fil! allons-donc, répondent-ils, mais, vous n'y pensez pas; c'est un bavard! il crie les secrets sur tous les toits, il trahit à journée faite, il met vos concurrents au courant de vos affaires et de vos prix! Ah! merci, le remède est pire que le mal. Le téléphone automatique, voilà ce qu'il nous faut, et pas autre chose!"

La question n'est pas nouvelle; il y a longtemps qu'on cherche à la résoudre et qu'on y travaille activement; le téléphone automatique existe en Suisse, à l'heure actuelle, pour le service intérieur de certaines grandes villes: Genève, par exemple, le possède depuis le 20 avril 1924, bientôt, l'expérience aidant, tous les bureaux principaux seront pourvus de cette merveille de mécanique de précision.
Dans cette courte notice, il ne nous sera pas possible de décrire les nombreuses combinaisons qu'il a fallu trouver pour que l'abonné appelant puisse, sans le secours d'employés, se mettre en relation avec tel ou tel correspondant.
Nous nous bornerons à exposer le principe, laissant à ceux que la question intéresse le soin de lire les publications spéciales - peu nombreuses, il est vrai - qui traitent cette question.

L'organe essentiel de l'automatisme est l'électro-aimant qui est chargé d'exécuter les fonctions les plus diverses et les mouvements les plus inattendus.
Dans une sonnette électrique, l'électro-aimant, muni d'un interrupteur automatique très simple, fait fonctionner le marteau trembleur dont le bruit est familier à nos oreilles.
Si nous supprimons l'interrupteur, nous aurons une sonnette qui ne frappera qu'un seul coup à chaque pression du bouton commutateur.
Demandons à un tel électro-aimant ce simple service, à savoir: attirer à lui et maintenir en place une armature, pendant un temps déterminé; par ce moyen, nous fermerons un relais à la centrale téléphonique; ce travail exécuté, nous obligerons, au moyen d'un deuxième électro-aimant, l'axe d'un appareil appelé sélecteur à s'élever verticalement à une hauteur convenable et enfin, au moyen d'un troisième électro-aimant, nous obligerons l'axe à tourner ensuite sur lui-même pour s'arrêter sur un contact cherché.
Tout cela semble presque impossible et pourtant un tel appareil existe. Nous allons chercher à en faire comprendre le fonctionnement au moyen du cliché ci-dessous.

sch--mat-t--l--phone-01.jpgLa fig. 3 représente le poste téléphonique automatique installé chez l'abonné, que nous appellerons "maître Jacques" pour plus de clarté. La fig. 4 fait pénétrer le lecteur dans le local mystérieux de la centrale.

Nous avons, à dessein, réduit à sa plus simple expression l'ensemble des organes principaux: le poste n'est prévu que pour six abonnés, et le compteur de conversations, qui n'intéresse que l'administration, a été supprimé.
Dès que maître Jacques décrochera son cornet téléphonique, le relai de la fig. 4 désigné par la lettre a, fermera le contact b et mettra à disposition l'électro-aimant c ; ce dernier est l'âme de tout le système; il est chargé d'exécuter une besogne très importante et très intéressante: c'est le sélecteur.
Nous supposons que maître Jacques désire correspondre avec un client dont le numéro d'appel est 3. Devant son appareil se trouve un disque numéroté; il introduira l'index dans l'ouverture numéro 3 de ce disque et le fera tourner sur lui-même dans le sens des aiguilles d'une montre, jusqu'à un arrêt très visible sur la fig. 3. Le disque, quand on le laissera libre, reviendra en arrière, lentement, à son point de départ, et, tout en tournant, fermera trois fois le circuit qui relie l'abonné à la centrale.
L'électro-aimant c (fig. 4) dont nous avons parlé, commencera alors son travail: à chaque fermeture du courant, il attirera à lui l'armature d et fera monter d'un degré l'axe du sélecteur. Pour empêcher cet axe de redescendre, le cliquet e s'introduira de lui-même dans l'encoche et maintiendra l'axe à la hauteur voulue; quand les trois contacts auront eu lieu, chez maître Jacques, l'arbre du sélecteur f sera monté de trois dents et les deux lamelles l et m, qu'on voit au bas de la fig. 4, seront en face des deux plots numéro 3, auxquels viennent aboutir les deux fils du client désiré. Il s'agit maintem$nant d'obliger les lamelles à toucher ces deux plots pour assurer le contact. Au moment où le disque de maître Jacques sera rentré à sa position de repos, un courant différent du premier - par son intensité - actionnera le relai g sans déranger les autres relais; il fermera le contact h et mettra à disposition l'électro-aimant i ; ce dernier est chargé de faire tourner l'axe f du sélecteur sur lui-même; alors les lamelles l et m, solidaires de l'axe viendront toucher les plots et établiront la communication.
Immédiatement, chez le correspondant N° 3, un signal retentira jusqu'à ce que le cornet téléphonique soit décroché. Ce signal est assez semblable à la sirène, - peu agréable et très connue - employé sur la rue par les automobiles pour avertir les piétons.
Si l'abonné N° 3 est, à ce moment-là, en conversation avec un autre correspondant, l'appareil de maître Jacques fera entendre à son tour, une sirène spéciale, d'un son différent, qui signifie: "ligne occupée".
Voilà le principe du téléphone automatique; c'est simple, à la vérité, mais il en est de ceci comme de l'oeuf de Christophe Colomb, il fallait y penser!
Quant à la réalité, elle est, cela va de soi, bien différente. Dans les stations où le téléphone automatique doit permettre la mise en communication de 5 ou 6000 abonnés, le "décrochage" du cornet fait fonctionner d'abord un présélecteur qui choisit une ligne donnant accès aux appareils des abonnés dont le premier chiffre du numéro de téléphone est 1000, 2000, 3000, etc. A l'extrémité de cette ligne auxiliaire un autre sélecteur met en circuit les lignes des centaines, puis un autre, celles des dizaines, et enfin, un dernier, celles des unités. A chaque ordre d'unités, le disque de l'appareil de maître Jacques doit êtretourné jusqu'à l'arrêt puis abandonné à lui-même.
Dans un tel système, lorsque maître Jacques voudra correspondre avec le client dont le numéro est 2675, par exemple, il devra introduire son index dans l'ouverture N° 2 et tourner jusqu'à l'arrêt, puis abandonner le disque qui reviendra en arrière; cela fait, il introduira de nouveau son doigt dans l'ouverture N° 6 et tournera jusqu'à l'arrêt, et ainsi de suite pour 7 et pour 5. Quand enfin ce dernier chiffre sera donné, tous les chercheurs de lignes, présélecteurs, sélecteurs, etc., seront en place à la station centrale et l'appelé N° 2675 entendra retentir la sirène de son téléphone.
Mais, comment donc maître Jacques procédera-t-il si, faisant partie des 5 ou 6000 abonnés d'une centrale, il veut correspondre avec le client N° 3 ? - C'est très simple: il existe une ligne spéciale pour les abonnés dont le numéro est compris entre 1 et 999;c'est la ligne que nous nommerons la ligne 0 mille; il y a également une ligne 0 centaine, et une 0 dizaine. Maître Jacques voulant appeler le N° 3, introduira l'index dans le 0 de son disque tournant et l'amènera au crochet d'arrêt; ce mouvement le mettra en relation avec la ligne spéciale 0 mille; il répétera ce mouvement pour les centaines, 0 centaine et pour les dizaines, 0 dizaine, et enfin, en tirant au cran d'arrêtle N° 3 des unités, son client sera averti par la sirène.
Lorsque la conversation sera terminée et que les deux cornets seront recrochés, tous les appareils, présélecteurs, sélecteurs et relais rentreront immédiatement à la position de repos et seront prêts à recommencer leur besogne.
Théoriquement, il faut un sélecteur pour chaque abonné, et en face de ce sélecteur, les plots des 4, 5 ou 6000 autres abonnés. 

http://www.audiorama.ch/fr/fr_histoire_radio.htm
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