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10 avril 2007 2 10 /04 /avril /2007 21:32
Madame De Staël
Au
Château de Coppet
 
La suite
 
Chapitre II
 
Jeune fille et jeune femme
 
 
   Monsieur Necker et sa famille avaient fait un premier séjour au bord du Léman en 1783. louis-François Guiguer, seigneur de Prangins, notait dans son journal :
 
   « Jeudi 25 septembre 1783, Prangins. – M. Necker (dont je laisse aux autres à vanter la juste célébrité, puisque je connais si bien ses vertus d’homme privé, et que c’est elles qui m’ont intéressé à sa gloire) dînera demain à Rolle. M. Reverdil, auquel je m’adresse pour savoir sa marche, m’apprend qu’il sera le soir à Nyon, mais que sont temps est pris, sans qu’il puisse me servir à rien de lui offrir Prangins pour le soir de demain.
 
 « Vendredi 26 septembre 1783. – Mme de Prangins, Mme Rentz, Charles et moi, nous faisons promenade en voiture ; eux rentrés, je vais à Nyon dans cette même voiture, à l’auberge où M. Necker n’est pas arrivé, mais on l’attend. – M. Reverdil (et Mme Favre, sa sœur, amie intime de Mme Necker dès son enfance) montent dans mon carrosse, et nous nous acheminons au petit pas sur la grande route, au devant d’eux.
   « Nous les rencontrons près de la Lignière. Nous changeons de voiture ; je laisse Mme Necker aux Reverdil, elle paraît émue par la joie et très sensible. M. et Mlle Necker restent dans la leur où ils m’attendent. J’en ai eu un plaisir très vrai, qui tient de la joie, ce qui m’est garant qu’il a conservé de l’Amitié pour moi. Il me semble qu’un homme qui a de la célébrité doit s’en reposer bien heureusement, quand il retrouve, chez les amis qui l’ont été de lui avant cette gloire, l’amitié qu’ils lui avaient vouée… L’Amitié est bien ferme et bien saine, quand la supériorité ne la blesse pas.
   « Je les ai laissé souper à leur auberge, parce que leur convenance les détermine à ne la pas quitter ce soir.
   « Si je loue M. Necker d’avoir parlé devant moi à Mlle sa fille des visites de devoir, de respect et d’amitié qu’elle avait à faire à ses tantes près de Nyon, le lendemain, c’est parce que je me crois bien sûr qu’il n’a pas eu besoin de penser que cela dût être loué.
 
« Samedi 27 septembre 1783. – M. Necker et Mlle sa fille qui sont beaucoup ensemble, viennent nous voir après dînée. Mlle est naturelle, vive et gaie. Elle aime son père, c’est ce qui se voit. Son père, si l’on cherchait un peu profond, trouve là sa plus douce jouissance de société.
   « Arrive ensuite Mme Necker qui cherche et qui aperçoit toujours comment elle peut dire à chacun ce qui l’oblige ; c’est là, me semble-t-il, ce qui sert le mieux à être la bien venue. Ce que j’ai dit là, tout le monde l’a dit chez nous. Pour moi, je suis resté persuadé qu’elle prend intérêt à moi et à ma famille. Nous les désirons pour nos voisins à Coppet. Sur quoi, on nous répond que Coppet n’est point à vendre ; et M. Necker ajoute que, s’il l’eût été, sans doute il l’eût acquis (ce qu’en vérité je regarderais comme un bonheur pour ses ressortissants). »
 
   Depuis longtemps, les Necker pensaient acheter une résidence en Suisse. En 1776, ils se renseignaient sur la terre de Prangins près de Nyon ; mais la famille Guiguer ne voulut point se défaire de cette seigneurie qu’elle possédait depuis un demi-siècle. Alors déjà M. Necker discuta « les prétentions de M. de Coppet ». Si Coppet n’était « point à vendre » en automne 1783, sept mois après il était vendu, et M. Necker en devenait le baron. Il ne tarda guère à rendre visite à ses sujets. – Du journal de M. de Prangins :
 
   « Lundi 31 mai 1784. – On demande à Coppet mes canons pour recevoir leurs Seigneurs, M. Necker qui vient d’acquérir le château de M. de Thélusson, mineur, dont on a prouvé au jugement des tribunaux de France qu’il est intéressant de vendre ses terres en Suisse, pour acquérir des terres en France.
   « Ce qu’il y a de très certain, c’est que j’applaudis à l’acquisition que notre pays fait d’un homme tel que M. Necker. Je m’attends qu’il justifiera la haute idée que j’ai de lui, et qu’il aura l’habileté de faire du bien, habileté sans laquelle la distribution des plus grosses sommes d’argent courrait grand risque de faire autant de mal que de bien. Le bruit était en Italie que le comte de Haga* retournerait à Paris pour assister aux noces du seigneur suédois, qu’il nomme ambassadeur en France, avec Mlle Necker. »
*Pseudonyme du roi de Suède, voyageant incognito.
 
   Première nouvelle du mariage de Germaine Necker avec le baron de Staël ; après de longues négociations, de puissance à puissance, entre le roi de Suède et M. Necker, ce mariage de convenance devait se conclure enfin, au début de 1786… Pour l’instant, le nouveau baron de Coppet fête son investiture. Du journal de M. de Prangins :
 
« Lundi 31 mai 1784. – Seconde demande de M. le châtelain de Coppet qui voudrait habiller trois hommes en cavaliers, et emprunter les habits des miens ; mais assurément, ni lui, ni moi, n’avons le droit de mettre sur pieds ne troupe de cavalerie. – Pendant, refusé. »
 
m. le châtelain de Coppet, qui ne faisait pas fi, on le voit, de l’appareil féodal, aimait le confort autant que la pompe. En attendant que son castel fût habitable, il alla s’établir, avec sa femme et sa fille Louise-Germaine qui avait dix-huit ans, au château de Beaulieu, tout près de Lausanne. On imprimait dans cette ville son fameux ouvrage De l’administration des finances de la France. Tout en corrigeant ses épreuves, le ministre en disponibilité recevait les hommages de ses voisins lausannois. Le corpulent Gibbon, le laid prince Henri de Prusse, d’autres étrangers plus séduisants, rencontraient sur la terrasse de Beaulieu l’élite de la société vaudoise. Le journal inédit de M. de Prangins nous engage à passer une journée dans cette maison de Beaulieu dont les fenêtres, sous les toits de tuiles brune, regardaient le lac, les montagnes, au-delà des vergers doucement inclinés.
 
« Mardi 6 juillet 1784. – Le même cabriolet que la veille est attelé de deux autres chevaux, pour nous conduire, mon frère et moi, son cocher, d’abord par Morges, à Lausanne. – Mon frère y prend de l’argent, et je me défais de ma poussière extérieure et intérieure. De là un fiacre tout semblable à ceux de Londres, nous conduit à Beaulieu par les très mauvais rues-précipices de Lausanne. Cette maison est une campagne très agréable appartenant à M. Mingard. – Elle est actuellement habitée par M. Necker, pour quelques mois. Une visite d’aussi loin pour un seul dîner est presque un hommage : je le rends de grand cœur, et je ne sais pourquoi l’Amitié refuserait de respecter un homme de bien qui a mis sa gloire et employé son génie aux plus grands objets : le gouvernement d’une Nation entière qui le bénit…
« Après avoir été reçus par M. Necker comme nous nous attendions à l’être, nous l’avons laissé libre avant le dîner. Le célèbre abbé Raynal (or, le nom célèbre n’emporte aucun jugement de nous, si ce n’est qu’il est très connu), demeure dans un autre corps de logis où l’on nous conduit ; je l’ai reçu à Prangins, ce journal en rend compte. Il dit honnêtement qu’il s’en souvient… Le reste de la conversation nous endoctrine beaucoup, et pourrait nous instruire sur un grand nombre d’objets, si nous avions le temps et l’art de tirer parti du vieux jaseur – vieux en effet de 74 ans ou quelque chose de plus.
« M. de Bonstetten que j’ai connu enfant à Genève, jeune homme à Aubonne pendant le baillage de M. Tscharner son beau-frère et que voici marié et père de famille : mais ma mémoire ne m’est pas fort utile, parce qu’elle réveille infiniment peu la sienne.
« Allons dîner ; Mlle Necker paraît. Elle est telle que l’année passée, vive et gaie, spirituelle, et n’ayant pas besoin pour être agréable de se tenir sur la réserve. Mme Necker paraît plus tard, parce qu’elle est malade et languissante. Elle n’en est pas moins animée et cette activité même doit la fatiguer beaucoup et l’affaiblir. Elle nous reçoit comme des gens qu’elle aime à voir. Monsieur Guibbon arrive, et nous allons dîner ; l’abbé Raynal assiste au dîner. M. Guibbon est un Anglais connu par ses ouvrages et son esprit, vivant à Lausanne pour quelques années encore, qu’il emploie à un écrit historique sur des temps que nous connaissons très mal. Personne n’a moins l’air d’annoncer sa célébrité, et de se presser d’être l’homme aimable… Je ne sais pourquoi, sans qu’il ait parlé plus qu’aucun autre, son avis a toujours dominé ; c’est peut-être qu’il n’a point dominé lui-même, et que chacun peut croire, s’il le veut, qu’il avait à part soi le même avis.
« M. Necker fait faire de loin des fenêtres, etc., à son château de Coppet, et comme elles sont toutes délabrées, l’argent ne suffit pas pour les fermer, il faut quelque temps. M. du Châtel fait travailler. Je n’espère point M. et Mme Necker de longtemps pour passer seulement une semaine à Coppet. Encore une soirée où paraît le vieux d’Hermenches, sur le même cheval que la veille*. Nous partons, après avoir fait de notre journée l’usage que nous nous en étions promis, ce qui n’arrive pas si souvent que l’on pense. Le cabriolet est venu de Lausanne où nous l’avions laissé et nous redescendons au lac vers le midi, par un chemin charmant, dans une contrée habitée et cultivée partout, meublée de maisons de campagne, ornée et couverte de beaux arbres et d’épaisse verdure. Et puis Morges, et puis la fraîcheur et la tranquillité d’une belle soirée après une journée brûlante et l’incommodité de la poussière. Le pas des chevaux se ralentit, et nous voilà, me semble-t-il, retournant des champs à nos femmes qui vont nous donner une bonne salade et de doux propos ; à quoi elles ont su pourvoir. »
*Constant d’Hermenches, oncle de Benjamin Constant ; né en 1722, il mourut en 1785. La veille, l’auteur du journal avait fait, au château de Saint-Saphorin, un « dîner très bon et doucement gai. » « Sur le soir, ajoute-t-il, un vieux beau, dont je ne veux dire que le nom, et que je n’avais jamais vu que de loin, M. d’Armanches (sic) est arrivé sur son cheval. Mais pour nous refaire est arrivé M. d’Arruffens (de Mestral). Il me semblait que je lui devais de la reconnaisance parce qu’il me délivrait. » Homme à bonnes fortunes, le hautain d’Hermenches devait bien finir en « vieux beau ».
 
Avec ses remarques minutieuses, sa pointe de défiance à l’endroit des beaux parleurs, et, pour finir, cette note de poésie bucolique, cette page est bien de notre vieux pays et de ce vieux temps. – Le 1er septembre 1784, M. de Prangins écrit qu’on lui emprunte ses canons « pour recevoir à Coppet M. Necker faisant son entrée ». Décidément, le nouveau baron se plaisait aux prises de possession solennelles. On imagine sa fille Germaine, descendant de carrosse dans la cour d’honneur avec ses parents ; on voit d’ici son sourire à demi-railleur à l’ouïe des rustiques compliments de bienvenue, et le regard d’admiration qu’elle pose sur le visage majestueux de son père, cependant que Mme Necker, grande, un peu gourmée, tire frileusement un voile sur son visage inquiet.
 
A Beaulieu, Germaine Necker avait donné des soirées musicales et littéraires, reçu des madrigaux, écrit des lettres laborieusement spirituelles aux beaux esprits de l’endroit. Gibbon la trouvait mal élevée, vaine, mais il appréciait son bon naturel et son esprit qui, déjà, l’emportait, et de beaucoup, sur sa beauté… A Coppet, la brillante héritière subit d’abord l’empressement des voisins, châtelains et bourgeois de Nyon, de Rolle, vieux amis de sa mère Suzanne Curchod. – Du journal de M. Prangins :
 
« Samedi 4 septembre 1784. – Nous faisons visite à Coppet. Les Seigneurs pour cette fois-ci sont arrivés, et je l’affirme. Mes trois Dames et moi formons une carrossée, et M. Renz, en « wisquey » ramènera M. Reverdil, M. Saladin de Crans et Madame, son fils aîné et sa Dame s’y rencontreront avec nous.* »
* En janvier 1785, M. de Prangins reçoit de M. Necker, par l’intermédiaire de son homme de confiance, du Châtel, un exemplaire de l’Administration des fiances. Il lit cet ouvrage, avec avidité, en admire le style « très beau, très fort, très simple, quoique plein d’images… » et conclut : « Je l’aurais désiré pour témoin invisible de l’effet que sa lecture a produit sur nous. Elle est telle que je suis décidé à pressentir l’opinion de ceux qui parleront de cet écrit, avant que de prêter l’oreille, de peur de souffrir trop si la froideur dans leur jugement était en contradiction avec mon enthousiasme ».
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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 12:14

Romand2.gifle drapeau de la Romandie.

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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 12:08
Ammann, Jakob
 
Voilà un nom d’un citoyen suisse qui dérange. Pourquoi me direz-vous ?
Il est à l’origine de troubles dans l’emmenthal, il fut contraint de quitter le territoire et trouva refuge en Alsace et est à l’origine des « amish » d’Amérique.
12.2.1644 (?) à Erlenbach im Simmental, av. 1730 à Zellwiller (Alsace) (?), protestant, puis anabaptiste, d'Erlenbach. Fils de Michael, tailleur, et d'Anna Rupp. ∞ Verena Stüdler. A. s'installa vers 1655, avec ses parents, à Oberhofen am Thunersee. Devenu anabaptiste en 1680 (puis doyen d'une communauté), il dut bientôt s'enfuir, vraisemblablement en Alsace: on le trouve à Heidolsheim de 1693 à 1695, à Markirch (Sainte-Marie-aux-Mines) de 1695 à 1712, puis à Zellwiller, sans doute jusqu'à sa mort. Exigeant une discipline communautaire stricte, A. entra en conflit avec Hans Reist, plus libéral, et fonda en 1693 le groupe anabaptiste dissident amish.
 
 
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3 avril 2007 2 03 /04 /avril /2007 10:06

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F.Payot, éditeur à Lausanne, publié par Fréd. Th. Dubois

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2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 22:05

 

Chateau-couleur-w.jpg
 
Le Château de l’Iisle est un magnifique bâtiment… qui en « jette » !
La Suisse est un pays de châteaux, bien que peu mis en valeur. L’un des plus beau et des plus rare est bien celui-ci. Les plans sont de Jules Hardouin-Mansart, l’architecte de Louis XIV. Pour en savoir plus, suivez le lien ci-dessus.
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2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 10:22

Sans-titre-Num--risation-01.jpg

Voilà un beau billet de vingt francs suisse de 1974. Le monsieur en effigie est le général Guillaume-Henri Duffour, deux fois général, la première fois en 1847 pour la courte guerre civile nommée « guerre du Sonderbund » qui dura 25 jours, puis une deuxième fois en 1856 pour l’affaire de Neuchâtel.
Lors du Sonderbund, Dufour est opposé au général Jean-Ulrich de Salis Soglio entouré de Philippe de Maillardoz (Fribourg), de Guillaume de Kalbermatten (Valais). Les pertes officiellement s’élevèrent à 78 tués et 260 blessés, du côté des Confédérés et de 50 morts et 75 blessés du côté des insurgés. Le coût de cette guerre civile, s’éleva à 6'000 000 de francs à charge des cantons vaincus et pour les deux cantons neutres, Neuchâtel une amende de 300'000 francs et pour Appenzell Rhodes-Intérieures 15'000 francs ; sommes versé au fond fédéral pour les invalides.
Les événements de Neuchâtel sont ; un coup de main des royalistes ; victoire des républicains. Intervention de l’empereur Napoléon III. Ultimatum de la Prusse. Occupation des frontières sous les ordres du général Dufour. Avril 1857 : Conférence des grandes puissances à Paris. La Prusse reconnaît l’indépendance du canton de Neuchâtel.
Dufour, en 1819, il fait partie des fondateurs de l’Ecole militaire centrale fédérale de Thoune et fut le directeur de l’Ecole de 1831 à 1834. Il eut comme élève le futur Napoléon III.
Il a créé le Bureau topographique fédéral et réalisa la première « carte Dufour » qui fut terminée en 1864. On dit qu’en son honneur, le plus haut sommet de Suisse fut baptisé Pointe Dufour. Pour d’autre personne, ce serait son ego qui serait passé par-là.  
Il fut aussi le co-fondateur de la Croix-Rouge et fut le premier président. Sa formation d’ingénieur le vit urbaniste en faisant de grands travaux ; les nouveaux quais, ponts et passerelles, aménagements de l’île Rousseau. Le concepteur et constructeur du premier pont suspendu du monde avec un pilier central avec six câbles porteurs qui aboutissent à chaque extrémité à deux autres piliers.
En 1852, il fut un des fondateurs de la compagnie de chemin de fer Lyon – Genève.
 
http://www.geneve.ch/fao/2003/20030903.asp
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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 17:39
Voilà vraiment une curiosité, la « signature » du général H. Guisan, en arabe.
Guisan-01.jpg
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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 11:20
Corpus Christi
 
Série d’émissions télévisées, de Jérôme Prieur et Gérard Mordillat, sur la chaîne ARTE, s’appuyait sur le plus vieux manuscrit d’Evangile propriété de la Fondation Bodmer. www.fondationbodmer.org/
Découvert en Egypte datant de 170 ans après les événements, il est écrit en grec et est presque complet, ce qui représentent 75 feuillets de l’Evangile selon Jean. http://archives.arte-tv.com/special/corpus/ftext/cprog.htm
 
L’un des intervenants, spécialiste de la Bible était Daniel Marguerat qui fait autorité dans ce domaine. http://www.unil.ch/theol/page14561.html  et aussi http://www.ict-toulouse.asso.fr/ble/site/204.html
 
Voilà quatre adresses qui méritent votre visite. Oui vraiment, si vous vous intéressez à l’Homme.
 
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28 mars 2007 3 28 /03 /mars /2007 17:58
Au XVIIIe siècle, Fribourg veut s’approprier les richesses de deux couvents, La Part-Dieu et La Valsainte. L’âpreté que déployèrent les autorités seigneuriales de Fribourg pour annihiler le pouvoir des deux institutions religieuses et s’approprier les richesses supposées, nous apparaît aujourd’hui incompréhensible. Pourtant il y eu acharnement, puisqu’en 1778, La Valsainte n’était plus et les Pères devaient se réfugier à La Part-Dieu qui fut sauvé malgré les efforts de Fribourg pour la dissolution des deux chartreuses. 
 
Un livre que l’on peut encore trouver chez les bouquinistes, retrace l’histoire de La Valsainte et l’épisode cruel de la fermeture et la spoliation de La Valsaint : D. A. Courtray « HISTOIRE DE LA VALSAINTE », Fribourg, imprimerie et librairie de l’œuvre de Saint-Paul, 1914
 
Voici l’introduction.
 
Il n’existait sur La Valsainte que des notices ou des renseignements épars concernant telle ou telle période, manuscrits ou imprimés. La pensée d’en écrire une histoire plus générale remonte aux environs de l’année 1884. Vers cette époque, Dom Zoël-Joseph Giraudier, vicaire (sous-prieur) de la maison, commença à rassembler les matériaux nécessaires à sa rédaction. Outre les éléments qu’il avait sous la main, il en a cherché au dehors.
m. l’abbé Théophile Bovet, chancelier de l’évêché, à Fribourg, lui communiqua gracieusement tous les papiers qui pouvaient lui être utiles. Les directeurs de l’Instruction publique du canton de Fribourg, particulièrement M. le Conseiller d’État Georges Python, pleins de bienveillance, accordèrent toute facilité pour consulter les anciens titres de La Valsainte conservés aux archives de l’Etat, et M. l’archiviste Joseph Schneuwly, qui ne le cédait à personne en complaisance, rechercha dans les autres sections du dépôt confié à sa garde les documents relatifs au monastère.
Dom Giraudier, aidé de scribes, copia au analysa presque tous ces documents.
De plus, le R. P. Gaudé, rédemptoriste, illustré par ses remarquables travaux sur le théologie morale de saint Alphonse de Liguori, eut la bonté de lui transcrire aux archives du Vatican toutes les pièces qu’il découvrit sur La Valsainte.
Sur ces entre faits, Dom Giraudier contracta une maladie dont il ne se remit jamais complètement. Il ne put poursuivre son travail que par intervalles, lorsque sa santé ou ses autres occupations lui en laissaient le loisir, et il mourait en décembre 1901, n’ayant composé que la moitié de l’ouvrage qu’il méditait. La rédaction de son histoire comprend, en effet, trois siècles sur six de l’existence de La Valsainte.
Après un long espace de temps, j’ai repris l’œuvre inachevée de mon confrère. La tâche m’était rendue facile, puisqu’il m’avait épargné la peine de réunir les documents, sauf une autre partie de ceux du Vatican que je fis copier, et où peut-être tout n’a pas encore été exploré.
Mais il est bien rare que deux têtes aient de tout point le même sentiment : tot capita, tot sensus. Le plan adopté par mon devancier ne m’a point paru devoir être maintenu. Il n’omettait, pour ainsi dire, l’analyse ou la recension d’aucun document, et basant la trame de son récit sur la nomenclature très développée des prieurs qui ont gouverné la maison, il en était réduit, afin de parler de chacun d’eux, à signaler les actes les plus insignifiants où se rencontrent leurs noms et qui sont tout ce que l’on connaît de leur priorat.
Il entre parfois dans d’interminables discussions sur l’authenticité de certains faits, et il m’a semblé que tant pour quelques-uns de ceux-là que pour d’autres, il n’était pas dans le vrai. J’ai relevé plusieurs de nos divergences d’appréciation dans les deux articles intitulés De qui dépendit la chartreuse de La Valsainte dès l’instant de sa fondation ? et dans le Catalogue des prieurs et recteurs des chartreuses de La Valsainte et de La Part-Dieu y compris son Supplément, publiés par la Revue d’histoire ecclésiastique suisse (1911, 1913 et 1914). Au sujet de moindres divergences, il suffisait de lire les documents ou de les juxtaposer pour découvrir en quoi il était dans l’erreur à mon avis. Enfin, il avait donné une telle étendue à son ouvrage que, terminé, il aurait comporté deux volumes comme celui-ci. L’intérêt en était fort amoindri, et il n’aurait plu qu’à de très rares amateurs.
Mon but, au contraire, est d’atteindre tout lecteur, sans nuire naturellement à la précision des événements : d’écrire en conséquence non pas une histoire documentaire, mais une histoire documentée, en ce sens que tout ce qui y sera consigné, sera prouvé, et que tout ce qui ne présente aucun intérêt sera éliminé.
Pour tous ces motifs, j’ai donc été obligé de refondre de fond en comble la partie déjà écrite par Dom Giraudier, avant de rédiger la seconde. L’ensemble ne comporte plus qu’un récit sans discussions qui le coupent, établi sur les faits les plus saillants et non sur une liste de noms, autour desquels on ne saurait rien coordonner. On trouvera le catalogue des prieurs en appendice, sans preuves ; celles-ci pourront être lues dans la Revue d’histoire ecclésiastique suisse (1913-1914). Il m’a paru superflu de reproduire leurs 60 pages, d’ailleurs un peu sèches.
Ce n’est pas que je ne me sois servi de l’œuvre de mon prédécesseur. Je l’ai suivie autant que j’ai pu, tout en l’abrégeant avec de si nombreuses modifications, apportées pour une raison ou pour une autre, qu’il suffira d’indiquer ici de cette façon les emprunts faits à son manuscrit.
Ma narration est appuyée sur les documents. Toutefois le texte ne comportera pas de preuves propres à l’alourdir, ni au bas des pages de notes, dont on fait abus aujourd’hui au détriment de la lecture. Elles la rendent pénible et difficile. Tout ce qui méritera d’être dit sera dans le texte, et les références, qui ne manqueront pas, - il y en a plus d’un millier, - seront reportées à la fin du volume. Elles comprendront fort peu d’explications ; ce ne sont que des renvois à des sources ne pouvant intéresser qu’un très petit nombre d’érudits. De la sorte, j’espère contenter plus de monde : ceux qui aimeront lire tout ce que le volume contient de lisible sont avertis qu’ils l’auront sous les yeux avec le texte lui-même sans être interrompus à chaque instant par une annotation gênante ; les quelques amateurs, qui voudront se rendre compte de la documentation, auront aussi toute satisfaction, en recourant aux notes.
Mon unique souci n’a été que de faire à la fois un livre de lecture et d’érudition. A un autre point de vue, il est destiné à trois catégories de personnes : les chartreux, les Suisses et les touristes des pays étrangers. Mes confrères me pardonneront d’avoir écrit un chapitre sur la vie cartusienne. Il ne leur est évidemment pas adressé, mais l intéressera peut-être d’autres lecteurs. Je donne plusieurs détails d’histoire suisse qu’un indigène doit certainement connaître mieux que moi. Ils ne sont pas inutiles aux étrangers tant chartreux que touriste afin de mieux comprendre les autres faits ; et si chartreux et Suisses connaissent déjà quelque partie de ce qui est rapporté, tout sera sans doute nouveau pour les touristes.
Parmi les Suisses, je n’ai pas la prétention d’apprendre beaucoup aux Fribourgeois : tout ce que je raconte, du moins l’essentiel, a déjà été écrit par leurs historiens. Quelques traits peut-être inconnus jusqu’ici, d’autres plus circonstanciés qu’ailleurs, et tous joints ensemble formeront un aspect, dégageront un enseignement dont on ne se doutait guère. L’ancien gouvernement aristocratique de fribourg, par exemple, au point de vue de ses rapports avec les monastères, n’en sort pas indemne. La chose a bien été constatée déjà, et c’est ce qui faisait dire à Bourquenoud, Conseiller d’État, dans ses Matériaux pour l’histoire du Pays et Val de Charmey, et dans la préface de son Précis historique du Vénérable monastère de La Valsainte : « A Dieu ne plaise que je prétende déprécier le gouvernement de Fribourg, mais je ne ménagerai personne et je dirai la vérité sans fard. Je tâcherai de suivre le précepte de Fleury tiré de son quatrième discours sur l’histoire ecclésiastique, où cet auteur dit que le fondement de l’histoire est la vérité et que ce n’est pas la rapporter fidèlement que d’en supprimer une partie. C’est une espèce de mensonge de ne dire la vérité qu’à demi. Personne n’est obligé d’écrire l’histoire, mais quiconque l’entreprend s’engage d’avance à dire la vérité tout entière. »
Et M. Hyrvoix termine par ces mots son article intitulé : Comment fut obtenue la suppression de la chartreuse de La Valsainte, publié par la Revue de la Suisse Catholique (1895) : « Ceux qui me connaissent savent assez que je n’ai pas écrit ces pages par animosité contre l’ancien régime : je serais prêt à le défendre, en principe, même contre les honorables descendants des familles de l’État ; car j’estime que les défauts des anciens gouvernements se retrouvent sous des formes plus disgracieuses chez les modernes, en général, qui du reste, n’offrent pas sous bien des rapports, les mêmes garanties. Mais je suis de ceux qui pensent que les fidèles enfants de l’Église se doivent appliquer à écrire l’histoire vraie, d’où nous pouvons toujours tirer d’excellentes leçons. »
Tel est aussi mon sentiment. Qui pourrait s’en formaliser ? En écrivant l’histoire de leur pays, les Fribourgeois n’omettent pas de flétrir les procédés indignes des rois de France dans la question de la dette helvétique, ni l’ignoble attitude de leur propre souverain, le duc Albert d’Autriche, en 1450. Ils ne croient pas cependant déshonorer la maison de ces personnages et ils n’en sont pas moins restés fidèles aux descendants des monarques qui les ont spoliés, de même que les chartreux sont toujours attachés aux Fribourgeois, et que les Français ou les Autrichiens ne conservent pas rancune à ceux-ci pour avoir raconté les faits que je viens de rappeler et bien d’autres.
Un gouvernement d’ailleurs n’est pas un pays ni ses habitants. Les Fribourgeois eux-mêmes n’ont-ils pas eu à souffrir plus d’une fois sous le pouvoir aristocratique ? C’est le sort réservé aux faibles. Et si l’on ne veut pas être mis un jour au pilori de l’histoire par la pure et simple relation des événements, il ne faut pas s’y exposer par une conduite répréhensible. Que cette considération, avec d’autres d’ordre plus élevé, instruise les princes : Et nunc, reges, intelligite ; erudimini, qui judicatis terram.
 
http://www.lagruyere.ch/archives/2006/06.11.14/magazine.htm

http://www.unifr.ch/webnews/fr/detail.php?nid=136
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27 mars 2007 2 27 /03 /mars /2007 20:56


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Published by G.Tell - dans gtell
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