Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Rechercher Un Mot

Articles Récents

Liens

18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 16:14

Bâle au moyen âge

A côté de sa situation exceptionnelle sur de grandes artères de transit, trois événements de grande importance ont contribué à la prospérité de la ville : l’érection d’une nouvelle enceinte de murailles (vers 1080) offrant plus de sécurité et plus d’espace, la fondation du couvent de St-Alban (1083), qui marqua le début d’une grande activité monastique, puis la construction, vers 1225, sous l’évêque Henri de Thoune, d’un pont de bois sur le Rhin, à la place de l’antique bac, et la fondation du Petit-Bâle avec enceinte fortifiée pour protéger la tête de pont sur la rive droite. Ce pont fut pendant des siècles le seul passage fixe entre le lac de Constance et la mer. Tous ces travaux donnèrent une puissante impulsion au commerce et aux corps de métiers et favorisèrent le développement de la ville. Les transports de personnes et de marchandises, dont le volume augmentait avec cet essor, s’effectuaient de préférence sur le Rhin, plus sûr que la voie de terre mal entretenue et pleine de périls. Les marchands, les changeurs, les artisans et les petits négociants réussirent non seulement à accroître leur richesse, mais encore à étendre leurs droits.

Cour de la Bourse du Commerce, avec vue sur la Freie Strasse (Aquarelle d’A. Benz, vers 1840)

Cour de la Bourse du Commerce, avec vue sur la Freie Strasse (Aquarelle d’A. Benz, vers 1840)

L’avènement des corporations

Comme détenteur des droits seigneuriaux sur la ville et le marché, l’évêque avait la haute main sur le commerce et l’artisanat. Il lui appartenait de prélever les redevances, de faire contrôler par ses officiers les poids et les mesures ainsi que la qualité et le prix des marchandises. Il avait intérêt à améliorer la renommée du marché en éliminant les marchandises de valeur médiocre et en encourageant la production d’articles de qualité. Les boutiques des artisans s’étendaient de l’embouchure du Birsig jusqu’au Marché aux grains. Là se trouvaient aussi les comptoirs des marchands, les bancs des changeurs et, sur l’emplacement actuel de la poste centrale, la grande halle au marché ouverte tant aux étrangers qu’aux gens du pays. Le rapprochement continuel des artisans devait finalement susciter entre eux un esprit de corps et éveiller le désir d’associer leurs intérêts professionnels. C’est ainsi que pendant le haut moyen âge se constituèrent, avec l’assentiment de l’évêque, différents corps de métiers ou corporations qui revêtirent au début un caractère social, militaire et professionnel. Cependant, à mesure qu’elles prirent conscience de leur importance, ces associations commencèrent à exercer aussi une influence politique et à écarter de plus en plus l’évêque et l’aristocratie du gouvernement de la ville.

Repost 0
17 juin 2016 5 17 /06 /juin /2016 16:18

Bâle sous la crosse épiscopale

Au temps des Carolingiens, Bâle était le centre administratif de l’évêché et l’une des rares villes importantes de l’Empire. La cour épiscopale et la cathédrale donnaient à la ville la suprématie sur toutes les autres localités du diocèse. Les largesses et les privilèges que l’empereur Henri II (1002-1024), plus tard le saint patron de la ville, et ses successeurs accordèrent à l’évêque, mirent celui-ci en mesure de remplir les nombreuses tâches qui lui incombaient en tant que prince de l’Église et gouverneur de la ville. Son chapitre, composé d’aristocrates de souche ancienne et nouvelle, le secondait dans ses obligations. Sa cour se trouvait sur la colline de la cathédrale et c’est là que descendaient les rois et empereurs allemands lors de leurs visites occasionnelles à Bâle, particulièrement au temps des rivalités entre empereur et pape. Au pied de la colline, dans le vallon du Birsig, s’étendait la ville, composée presque exclusivement de maisons de bois et habitée par des hommes libres, des censitaires et des corvéables, tous plus ou moins attachés au service de l’évêque.

Détail de l’admirable bas-relief de Saint-Vincent à la Cathédrale (XIe siècle)

Détail de l’admirable bas-relief de Saint-Vincent à la Cathédrale (XIe siècle)

Cloitre de l’ancien couvent de St-Alban (Aquarelle de J.J. Neustück)

Cloitre de l’ancien couvent de St-Alban (Aquarelle de J.J. Neustück)

Repost 0
16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 16:42

La Société de Banque Suisse, SBS, quand elle était encore indépendante, publiait très souvent des brochures de présentation de la banques avec des tas de chiffres, comme le font toujours les banques. Parfois, dans les publications présentées, il y avait une autre sorte de brochure, plus sympathique qui parlait d’autre chose que des statistiques.

La grande banque, ayant son siège à Bâle, a donc en son temps publié une brochure sur la grande ville rhénane. A mon tour, je vous présente ce que la Banque a su bien présenté en 33 pages.

Bâle au cours des âges

Préface

Bâle, située au point d’intersection des voies de communications internationales, se transforma très tôt en un important centre européen du commerce, de l’industrie et des foires. La naissance et le développement de la ville au cours de son histoire plus que bimillénaire sont décrits de façon concise dans cette brochure. Puisse-t-elle familiariser le lecteur du pays et celui de l’étranger avec la grande tradition et le caractère particulier de Bâle et contribuer ainsi à susciter de l’intérêt pour son passé et son avenir.

SBS

SBS

L’écusson de Bâle a pour origine la crosse épiscopale qu’autrefois les princes-évêques portaient dans leurs armoiries.

L’écusson de Bâle a pour origine la crosse épiscopale qu’autrefois les princes-évêques portaient dans leurs armoiries.

Le Théâtre romain d’Augst

Le Théâtre romain d’Augst

Les origines de Bâle

Au temps des Celtes et plus tard des Romains, une colonie peuplée d’artisans, de pêcheurs et de bateliers existait déjà sur l’emplacement actuel de la ville de Bâle. Jusqu’à la fin du troisième siècle, elle fut surpassée en importance par la Colonia Raurica appelée plus tard Augusta Raurica, fondée en l’an 44 avant Jésus-Christ par Lucius Munatius Plancus. Ce n’est qu’après la destruction de celle-ci par les Alamans, au quatrième siècle, que l’importance de Bâle s’accentua. Sur la colline où se trouve maintenant la cathédrale, déjà peuplée et occupant une situation stratégique, une citadelle fut construite à cette époque pour repousser les invasions réitérées des Alamans. Sous sa protection et sous le patronage d’un évêque s’est formée la première communauté chrétienne. Son église paroissiale la plus ancienne, celle de Saint-Martin, remonte probablement au sixième siècle. La ville survécut à l’épreuve des migrations et à la terrible incursion des Magyares en 917. Elle se développa sous la double influence du siège épiscopal d’une part et de la colonie d’artisans d’autre part et c’est sur cette base que son histoire s’est déroulée pendant des siècles.

Repost 0
15 juin 2016 3 15 /06 /juin /2016 16:01

Dans tout Etat moderne, l’enseignement et la formation sont appelés à jouer un rôle tout particulier. La fondation de la première école normale de Suisse, en Argovie, remonte à l’année 1822. Non seulement Augustin Keller, mais aussi Lisette Ruepp acquirent de grands mérites en matière d’enseignement. Lisette Ruepp, ancienne élève de Pestalozzi, créa en 1838 une école pour jeunes filles, destinée à former les institutrices.

Birr-Pestalozzi

Birr-Pestalozzi

Pas un mot sur Habsbourg ou Muri ou encore Rodolphe Ier

Les restes de château des Habsbourg.

Les restes de château des Habsbourg.

Le statut social des Habsbourg se modifia en 1273 lorsque le comte Rodolphe IV de Habsbourg, allié des bourgeois des villes de Strasbourg et de Zurich, accéda au trône impérial sous le nom de Rodolphe Ier. En effet, les princes-électeurs préférèrent, comme souvent, confier la couronne de l'empire à un seigneur qui ne leur semblait alors ni trop puissant, ni trop menaçant pour leurs propres intérêts. Et depuis lors, ils prirent de l’importance jusqu’au début du XXe siècle.

Le canton d’Argovie est-il complexé d’être un territoire de transit ou d’être vu comme un producteur industriel sans réel site culturel ? Alors que tout cela existe pourtant bien et qu’il faudrait un petit effort supplémentaire pour que cela se sache par le reste de la Suisse.

Ainsi finit une présentation du canton d’Argovie qui reste pourtant traversé par l’Histoire en maints endroits.

Repost 0
Published by G.Tell - dans curiosités
commenter cet article
14 juin 2016 2 14 /06 /juin /2016 15:51
Rheinfelden avec brasserie

Rheinfelden avec brasserie

Grande halle de montage à Birr près de Brugg

Grande halle de montage à Birr près de Brugg

L’Argovie est aussi le canton des stations thermales, quatre d’entre elles étant d’importance nationale, à savoir :

Baden, dont la tradition remonte aux Aquae Helveticae romaines. Ce n’est pas seulement une ravissante petite ville avec une industrie très dynamique, mais également une ville d’eau réputée, dont les thermes ont 48°C.

L’eau contient 4,5 g/l de sels différents, ainsi que des gaz, de l’hydrogène sulfuré et de l’acide carbonique. C’est incontestablement l’eau de Suisse qui présente la plus grande teneur en minéraux.

Schinznach Bad, dans un cadre plus campagnard, présente des propriétés thermales similaires. Une source d’eau sulfureuse de 34°C – donc la plus forte d’Europe – jaillit tout près de l’Aare. Une clinique de rhumatologie moderne y a été ouverte en 1972.

Reinfelden, une station saline, est comparable à celle de Bex. Un nouveau centre de cures, doté d’un institut physico-balnéologique (aujourd’hui on parle plus souvent de thermalisme.), y a été construit et aménagé au cours des dernières années.

Toujours sur les bords du Rhin, à Zurzach, se trouve la quatrième station thermale. Zurzach, une ancienne ville de foires, est aussi un lieu de pèlerinage de Ste Verena. La source, ouverte en 1955, est un thermes de sulfate de sodium, dont l’eau quitte la terre à 40°C.

Les nuitées des quatre stations thermales se chiffrent en moyenne annuelle à 400 000.

Königsfelde, sermon tenu aux oiseaux par St. François, vitrail du 14e siècle

Königsfelde, sermon tenu aux oiseaux par St. François, vitrail du 14e siècle

Wettingen, Stalles, évangéliste saint Marc, 17e siècle

Wettingen, Stalles, évangéliste saint Marc, 17e siècle

Musée des beaux-arts Aarau, Arnold Böcklin, la muse d'Anacréon.

Musée des beaux-arts Aarau, Arnold Böcklin, la muse d'Anacréon.

Musée des beaux-arts Aarau, René Auberjonois, autoportait.

Musée des beaux-arts Aarau, René Auberjonois, autoportait.

Repost 0
Published by G.Tell - dans curiosités
commenter cet article
13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 16:01

L’industrie doit son essor mondial dans une très large mesure à l’exploitation de grandes quantités d’énergie. L’Argovie produisit en 1862 dans 761 entreprises artisanales 4518 CV, soit 3325 kW. Une grande partie de ces entreprises étaient des moulins aménagés le long de petits cours d’eau. Des filatures et des ateliers de tissage existaient déjà, mais ne fonctionnaient que s’ils étaient construits à proximité de l’eau. La transmission d’énergie sur des distances plus longues ne devint possible qu’à partir du moment où l’énergie put être convertie en électricité. La première usine fluviale de la « Elektrizitätsgesellschft Baden AG » fut mise en service sur la Limmat en 1892. Par la suite, la production énergétique augmenta rapidement en Argovie, pour atteindre en 1974 une capacité de rendement de l’ordre de 387 700 kW, soit 117 fois plus grande qu’en 1862.

Jura plissé dans la région du col de la Staffelegg

Jura plissé dans la région du col de la Staffelegg

Bateaux à voile sur le lac de Hallwil

Bateaux à voile sur le lac de Hallwil

Notre canton occupe la sixième place derrière cinq cantons de montagne. Les centrales électriques alpines sont des usines d’accumulation, sollicitées principalement pendant les périodes de pointe et en hiver, alors que les usines hydro-électriques au fil de l’eau, aménagées sur les cours d’eau argoviens sont en service permanent. Ensemble avec les deux usines nucléaires, elles fournissent la charge principale de la production énergétique. La production annuelle moyenne se monte à 7700 moi kWh. Elle est assurée par les six centrales rhénanes (participation suisse 50%, Albbruck-Dogern 20%), les six centrales construites sur l’Aare, les deux de la Reuss, les trois de la Lmmat et les deux centrales nucléaires Beznau I et II, ainsi que par l’usine thermique de Beznau, à disposition pendant les périodes de pointe. Cette puissance correspond à 20% de la production nationale suisse. La consommation d’énergie en Argovie étant de l’ordre de quelque 2400 moi kWh, deux tiers de la production peuvent être transmis ailleurs. Après la mise en service des deux centrales nucléaires de Leibstadt et de Kaiseraugst, la production énergétique augmentera de 13 000 moi kWh à environ 20 700 moi kWh. Dès lors, la part argovienne à la production suisse passera à quelque 40%, si dans d’autres cantons aucune nouvelle centrale ne devait être construite. [N’oubliez pas que ceci est l’état de la situation en 1976.]

Actuellement, la Suisse est reliée à l’Allemagne, à la France et à l’Italie par un réseau de haute tension dont la capacité est de l’ordre de 6,4 moi kW et 380 kV, voire 2,95 moi kW et 220 kV. L’axe Aare-Reuss-Tessin, avec la station de transformation et de commande de Laufenburg, place l’Argovie une fois encore à un des points d’intersection les plus importants de ce réseau international.

Usine électrique de Zufikon sur la Reuss, en service depuis 1976

Usine électrique de Zufikon sur la Reuss, en service depuis 1976

Centrale nucléaire et ancienne usine fluviale Beznau sur l'Aare

Centrale nucléaire et ancienne usine fluviale Beznau sur l'Aare

[Aujourd’hui, Beznau est la centrale nucléaire la plus vieille du monde. Quel que soit la centrale nucléaire suisse qui subirait ce qui est arrivé à Tchernobyl ou à Fukushima, on devrait évacuer la Suisse. Nos voisins accepteraient-ils cette invasion de réfugiés suisses ?]

Repost 0
Published by G.Tell - dans curiosités
commenter cet article
12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 15:33

Avec ses 1405 km2, l’Argovie est, parmi les cantons suisses, le dixième en ordre de grandeur et se situe entre Lucerne et Uri. L’Argovie partage une frontière commune de 70 km avec l’Allemagne, le long du Rhin, sans jamais, toutefois, le franchir. La frontière qui sépare l’Argovie de Bâle-campagne à l’ouest mesure 34 km, celle entre notre canton et celui de Soleure 43 km, Berne 4 km, Lucerne au sud 78 km, Zoug à l’est 13 km et Zurich 59 km. Berne et Uri sont les seuls cantons qui sont séparés de leurs voisins par un nombre plus grand de frontières. D’après le recensement de 1970, l’Argovie figure en quatrième place avec 433 284 habitants, entre le canton de Vaud avec 511 851 habitants et St-Gall. Quant à la densité par km2, l’Argovie se trouve au cinquième rang avec 309 habitants/km2, chiffre dépassant largement la moyenne suisse de 152 habitants/km2. Le canton, avec 159 habitants/km2 est en 14e place.

Pareille densité n’est possible que si l’industrialisation et l’urbanisation poursuivent leur cours.

Etant donné que les statistiques fédérales n’enregistrent comme villes que les localités avec au moins 10 000 habitants, l’Argovie n’a que les quatre villes de Wettingen, Aarau, Baden et Wohlen.

[Dans l’ordre, population aujourd’hui : 20 265, 20 043, 18 523 et 14 200]

Les 13 petites villes moyenâgeuses, parmi lesquelles la bourgade de Zurzach, ne sont donc, en partie tout au moins, que des villes historiques.

Zurzach, Choeur gotique de la collégiale, en dessus du tombeau de la st. Verena, 13e siècle

Zurzach, Choeur gotique de la collégiale, en dessus du tombeau de la st. Verena, 13e siècle

Wettingen est la plus grande commune, avec 19 243 habitants (chiffres de 1975). Or, au 19e siècle, cette localité était encore un village de paysans et de vignerons. Par ordre de grandeur suivent Aarau avec 16 124 habitants, Baden avec 13 765 et Wohlen avec 11 837 habitants. Dans les agglomérations, il n’est presque plus possible de tirer une ligne de démarcation entre villes et villages. Baden-Wettingen, avec 66 900 habitants, est la plus grande de ces agglomérations, suivie d’Aarau avec 52 200 habitants. Toutes deux dépassent les dimensions d’une ville de taille moyenne sans être pour autant des grandes villes. Même si les agglomérations Aarau-Olten-Zofingen étaient réunies en une seule super agglomération « Arolfingen », cette ville des rêves, inventée par des urbanistes hardis, ne compterait que quelque 150 000 habitants et serait dépassée par Lucerne avec 69 879 habitants et son agglomération de 155 700 habitants. Une grande ville, telle que Lausanne avec ses 137 383 habitants et son agglomération de 226 700 habitants, fait même entièrement défaut en Argovie.

Muri, Grille du choeur baroque de l'église conventuelle, 17e siècle

Muri, Grille du choeur baroque de l'église conventuelle, 17e siècle

Cité de Rheinfelden

Cité de Rheinfelden

A l’exception de Kaiserstuhl, qui est restée une toute petite ville-musée moyenâgeuse avec 413 habitants, toutes les autres petites villes datant du Moyen Age ont gardé leur caractère de noyau autour duquel s’est implantée la banlieue, ce qui est une preuve de leur emplacement favorable du point de vue du trafic.

Zofingue, Hôtel de ville et fontaine Niklaus Thut

Zofingue, Hôtel de ville et fontaine Niklaus Thut

Les agglomérations qui se sont formées autour de Reinach-Menziken, de Wohlen et de Frick sont moins anciennes.

Toutes ces agglomérations se sont implantées dans des fonds de vallées, notamment de celles de la Limmat et de l’Aare où ne cesse de grandir, d’ailleurs, la ville ruban Zurich-Baden-Brugg-Aarau-Olten-Zofingen, ville ruban tant appréhendée.

Les hauts coteaux du Jura et du Plateau ne sont que faiblement peuplés, en partie à raison de seulement 100 ou même 50 habitants/km2. L’exode rural n’a pas encore cessé dans toutes les communes.

[Vient normalement à la suite de cette présentation, les trois secteurs économiques qui sont décrits en détail, le primaire, le secondaire et le tertiaire, cependant d’un intérêt mineur ici, vu la quantité de chiffres explicatifs. Par contre, il me parait important de parler du secteur électrique, que le canton d’Argovie n’a pas négligé, vu l’importance des cours d’eau d’importance qui traversent son territoire.]

.

A suivre

Repost 0
Published by G.Tell - dans curiosités
commenter cet article
11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 16:57

L’Argovie se compose de quatre parties historiques :

1. L’Argovie bernoise, un pays sujet protestant, soumis à un régime principalement centraliste.

2. Le Freiamt catholique, région qui n’est plus identique aux « Freie Ämter », un bailliage commun des huit anciens cantons souverains où les baillis alternaient régulièrement.

3. Le comté de Baden, catholique, un bailliage commun. Après 1712, seulement Zurich, Berne et Glaris y déléguèrent leurs baillis. La foi protestante parvint à y gagner du terrain.

4. Le Fricktal, partie de l’Autriche occidentale, région catholique où Maria Thérésia et son fils Joseph réussirent à introduire leurs réformes.

Concevoir un canton aux fondements solides à partir de ces quatre régions si différentes l’une de l’autre du point de vue de l’histoire et des traditions, fut et reste la première tâche politique d’Argovie.

Le canton d’Argovie [6]

Un des devoirs fondamentaux fut d’instaurer la scolarité obligatoire. Stapfer avait reconnu les mérites de Pestalozzi et chercha à l’encourager. Pestalozzi enseignait au Neuhof, à Birr ; c’est ici qu’il rédigea son livre révolutionnaire, intitulé « Lienhard et Gertrud ». Il se fit un nom dans toute l’Europe par son activité à Yverdon, ville vaudoise, et retourna, tourmenté, au Neuhof. Il est enterré à Birr, dans le même cimetière où repose depuis 1961 un savant et admirateur japonais.

Birr-Pestalozzi

Birr-Pestalozzi

C’est là une preuve du renom mondial dont la personnalité de Pestalozzi jouit toujours.

[Remarque : Reconnu comme pédagogue révolutionnaire, certes, mais aussi par l’échec de ses entreprises, Institut d’Yverdon ou au Neuhof.]

Non seulement Augustin Keller, ressortissant radical du Freiamt, mais également Friedrich Frey-Herosé, d’Aarau, jouèrent tous deux un rôle important pendant le « Kulturkampf », au milieu du 19e siècle.

[Kulturkampf fut la lutte des forces protestantes, laïques et radicales contre le catholicisme politique et les couvents. (C’est un combat qui touchait surtout l’Allemagne et c’était dans l’air du temps et qui aboutira à la laïcité à la Française, introduite en 1905.)]

Friedrich Frey-Herosé fit, pour sa formation, un séjour de 18 mois à Lausanne, avant de vivre deux ans à Paris. Pendant la guerre du « Sonderbund », il fut nommé chef d’état-major, sous les ordres du général Henri Dufour, à qui il était lié d’amitié. Lors de la fondation de l’Etat fédératif, il fut élu premier conseiller fédéral argovien.

Ces mêmes rapports entre un général de Suisse romande et un chef d’état-major de Suisse allemande firent une deuxième fois leur preuve pendant la Deuxième Guerre mondiale. Les Argoviens gardent un excellent souvenir du général vaudois, Henri Guisan, qui ne parlait pas seulement un allemand cultivé, mais aussi le suisse allemand, tinté d’un charmant accent romand. Son chef d’état-major, Jakob Huber, était Argovien de Jonen, au Freiamt. Les deux étaient d’origine paysanne.

Nous devons constater que le canton indépendant d’Argovie a subi des changements profonds au cours de ses 150 ans d’existence.

Au début, le canton était de caractère rural, n’offrant que de modeste possibilités de gain, vu l’insignifiance de l’industrie et le surpeuplement pour une économie principalement rurale. La pauvreté y dominait, notamment après le despotisme napoléonien. Mais même plus tard, la population souffrit à plusieurs reprises de famine, et les émigrations étaient fréquentes. Ce ne fut qu’au fur et à mesure que le canton subit un processus d’industrialisation. Surtout au cours du vingtième siècle, cette évolution a été très prononcée.

Repost 0
Published by G.Tell - dans curiosités
commenter cet article
10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 14:53

L’Argovie fut conquise par les Bernois en 1415. A cette même époque, les « Freie Ämter » (bailliages libres) et le comté de Baden passèrent en possession de la Confédération et furent gouvernés comme bailliages communs. Hormis au Fricktal, la domination des Habsbourg prit alors fin.

En 1528, les Bernois procèdent à la réformation, et provoquent le schisme sur ce qui est actuellement le territoire argovien. En 1536, ils font la conquête du pays de Vaud. Le pays de Vaud et l’Argovie sont désormais le grenier de Berne. Le pays de Vaud fournit en plus un vin de bonne qualité. Par conséquent, le vin léger et alors de mauvaise qualité, que produit l’Argovie, ne s’écoule plus que grâce à la protection de Berne. Même à la fin du 18e siècle, les représentants d’Aarau se voient refuser leur demande de pouvoir débiter les vins vaudois qui, bien entendu, étaient autorisé à Berne.

L’assujettissement dura jusqu’à la révolution française. L’Helvétique ne connut qu’un Etat unitaire, sans Argovie indépendante. Philipp Albert Stapfer, de Brugg, fut un des ministres décisifs de l’Helvétique. Sa mère, Sophie Louise Burnand, étant originaire de Moudon, il était à moitié vaudois et parfaitement bilingue.

L'Argovie et les quatre parties qui composent le canton

L'Argovie et les quatre parties qui composent le canton

Affaiblie par des querelles, l’Helvétique connut une fin peu glorieuse. Issue de l’Acte de médiation napoléonien, la nouvelle confédération d’Etats fut instaurée en 1803. En plus des 13 cantons souverains, elle comprit, à titre de membres à part égale, les nouveaux cantons de St-Gall, des Grisons, d’Argovie, de Thurgovie, du Tessin et de Vaud. C’est à Stapfer que l’Argovie doit dans une très large mesure ses dimensions actuelles. Parmi les six cantons issus de l’Acte de médiation, l’Argovie présentait incontestablement la structure étatique la plus compliquée.

Repost 0
Published by G.Tell - dans curiosités
commenter cet article
9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 15:30

Période primitive du territoire argovien

Il va de soi qu’une région pareillement ouverte au trafic ait, très tôt déjà, été colonisée. Le Gothard n’obtint toutefois son importance qu’au treizième siècle. Mais le trafic le long des fleuves et sur les cours d’eau devait nécessairement mener à leur source, longtemps avant que n’existe l’Etat argovien. Déjà pendant le néolithique, un système de paysannerie prit son essor sur le Plateau. Ces premiers témoins de l’histoire furent suivis des Helvétiens celtiques qui peuplèrent tout le Plateau. Les relations entre le pays de Vaud et l’Argovie furent intensifiées à l’époque des Romains. La Colonia Julia Equestris (Nyon), Aventicum (Avanches), Vindonissa (Windisch) et Augusta Raurica (Augst) figurent parmi les plus importantes colonies romaines de Suisse.

[Remarque. Les Celtes avaient une unité par la langue, sur une unité de temps assez longue, plus de mille ans d’histoire commune. Nos nobles chefs Celtes écrasés en fin de compte par les Romains, communiquaient entre eux par des écrits en grecs. Preuve qu’ils étaient cultivés.]

L’invasion par les Alamans et la destruction de la culture romaine firent disparaître entièrement la langue romaine sur le territoire argovien. La frontière linguistique passa désormais entre l’Argovie et le pays de Vaud. Mais le double évêché Aventicum-Vindonissa exista encore jusqu’au milieu du sixième siècle. L’Argovie et le pays de Vaud connaissent tous deux leurs personnages féminins légendaires : en Argovie la sainte Verena romaine, du quatrième siècle, enterrée à Zurzach ; au pays de Vaud la reine Berthe de Bourgogne, enterrée à Payerne. Les deux sont entrées dans l’histoire comme bienfaitrices des pauvres.

Repost 0
Published by G.Tell - dans curiosités
commenter cet article