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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 18:21

Lorsqu'ils sont venus chercher les communistes,

Je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.

Lorsqu'ils ont enfermé les sociaux-démocrates,

Je n'ai rien dit, je n'étais pas social-démocrate,

Lorsqu'ils ont arrêté les syndicalistes,

Je n'ai pas protesté, je n'étais pas syndicaliste.

Lorsqu'ils sont venus me chercher,

Il ne restait plus personne pour protester.

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 17:35

L’Europe va se battre pour obtenir le gain magistral proposé par Euro Millions.

Plus de 100 millions

J’ai joué, comme presque toutes les personnes que je connais. Une telle somme fait plus que rêver, elle fait mentir ceux qui en parlent ; je ferais ceci, cela, etc., à les écouter, ils deviendront tous vertueux et généreux, s’ils gagnaient la somme et même si c’est la moitié. La réalité, comme on est fondamentalement égoïste, on ne partagera pas, on gardera les 162 millions et on se battra avec les impôts pour payer le moins possible.

162 millions d’Euros est-ce trop, ou juste assez pour continuer son chemin ?

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 17:59

Croix processionnel

Trésors d’église [9]

La croix fleurdelisée à compartiment central carré est revêtue de plaques d’argent en partie dorées, fixées sur une âme de bois. Elle est ornée de motifs floraux et cruciformes au repoussé, appliqués sur divers faces des montants de la croix, et peut être datée du XVe siècle.

Sur sa face principale, le Crucifix repose sur une croix de tiges de métal. Dans les quadrilobes sont placées des scènes dans la disposition d’origine ne semble pas respectée. En haut, une femme voilée sort du tombeau, mains jointes, sans nimbe. Cette iconographie est en général réservée à la Résurrection d’Eve. À droite, saint Jean tient ses mains croisées devant sa gorge. À gauche, la Vierge en prière est représentée de face. En bas prend place un ange, les mains jointes. Au revers, dans le médaillon central carré, figure l’agneau pascal. Les quadrilobes restants ont perdu leur ornement. La partie supérieure du nœud comporte un motif en forme de fleur.

Pour le Moyen Age tardif, signalons :

- Un ciboire-reliquaire en cuivre doré et argenté du début du XVe siècle avec un pied à six pans. Le large nœud orné de médaillons contient des têtes de personnages circonscrites dans des quadrilobes.

- une coupe polygonale avec un couvercle pyramidal (la croix manque)

- un calice portant sur le pied les armes de l’évêque Walter Supersaxo (1457-82), en vermeil, de la deuxième moitié du XVe siècle. Le nœud comporte des losanges saillants avec à l’intérieur un cercle entouré de rayons.

Calice Supersaxo

Calice Supersaxo

Commentaire :

Voilà la fin du sujet : Trésors d’église, en particulier celui du Musée de l’Évêché à Sion. Si vous allez sur le site du musée, vous y trouverez quelques photos et des textes de présentation. Comparé à ce que nous trouvons sur Internet concernant les Musées de France par exemple, avec visites virtuelles, les plus belles photos de leur trésor, etc., on peut dire que nos musées suisses sont bien le reflet du Pays, c’est-à-dire austère.

Je suis peut-être sévère avec nos musées, mais l’accès à ceux-ci par l’Internet est fermé, rien de plus qu’une carte de visite qui renseigne et ne surtout rien montrer, il faudra payer pour voir, comme au poker !

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 17:20

Baiser de paix

L’ivoire montre la Vierge et l’Enfant se tenant par la main, entourés de saint Paul avec le livre et l’épée, et de saint Jean Baptiste avec son vêtement de peau de bête, portant un objet surmonté d’une croix (l’agneau sur le livre ?). La Vierge dite de Saint Aignant, à la cathédrale Notre-Dame de Paris, pourrait bien en être le prototype, ce qui tendrait à prouver une origine parisienne pour l’atelier qui a exécuté cet ivoire. D’après le manteau en tablier terminé presque horizontalement en-dessous des genoux, on peut dater cette pièce après 1339, date donnée par la Vierge de Jeanne d’Evreux (Musée du Louvre, Paris, anciennement trésor de Saint-Denis).

Trésors d’église [8]

L’encadrement est fait de métal entouré de fils d’argent dorés enroulés et d’appliques en forme de feuilles dorées. Au revers se trouve une plaque dorée ainsi qu’une poignée pour tenir l’objet.

Objets de comparaison :

- Un baiser de paix (Trésor du Chapitre de Saint-Nicolas, Fribourg). Les éléments proviennent de France (ivoire) et du Haut-Rhin (monture).

- le feuillet d’un diptyque en ivoire, provenant de Paris, vers 1350 (walters Arts Gallery, Baltimore).

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 17:08

Plat de reliure d’un évangéliaire gothique

Cet évangéliaire revêtu de plaques d’argent partiellement dorées et décorées de pierreries date des années 1500. La tranche et le revers sont recouverts d’un velours rouge avec des motifs verts. Ce plat avait attiré l’attention de Jean-Daniel Blavignac, architecte genevois, lors de son passage en Valais dans la première partie du XIXe siècle. [Et alors, quoi ?]

La Vierge à l’Enfant est debout entre les deux saints patrons du Valais, Catherine d’Alexandrie et Théodule, sous une double arcature gothique. Tous deux tiennent une épée, symbole de son martyre pour Catherine, de ses droits régaliens pour Théodule, et sont dotés d’autres attributs, respectivement la roue et la crosse.

Plat de reliure d'un évangéliaire gothique

Plat de reliure d'un évangéliaire gothique

La partie sous les arcatures gothiques est recouverte d’émail translucide vert et bleu moucheté.

Seul le fermail supérieur nous est parvenu. Un personnage tient de sa main droite une licorne (illustration au dos de la couverture).

Objet de comparaison :

- Coffret-reliquaire de Saint-Pierre (église paroissiale, Lens Valais)

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 18:50

Coffret profane d’apparat du XIVe siècle

La première mention du coffret remonte à l’inventaire de Valère de 1642 : « Un petit coffret richement orné et exécuté avec art dans sa partie extérieure, au moyen de couleurs argentées et transparentes ». Il ne figure pas dans l’inventaire des deux églises de 1364. Les inventaires dénombrent 35 reliques à l’intérieur du coffret, aujourd’hui vidé de son contenu ; certains de leurs authentiques remontaient à 1200 environ.

Trésors d’église [6]

L’âme de bois provient d’un conifère. Les scènes qui y sont rapportées sont de caractère profane. Les faces extérieures et le couvercle sont exécutés à la manière d’un motif textile sur lequel sont ajoutées les représentations en relief d’un roi et d’une reine, rappelant les sceaux royaux. Entre ces médaillons, des éléments en losange et en triangle concaves sont parés de rinceaux ornés de feuilles ou d’un joueur de rebec. Sur les arêtes verticales du coffre, des bandes habillées de feuilles d’argent comportent des chiens, des lièvres, lions, ânes, chèvres, loups, agneaux. La même frise d’animaux est visible sur le rebord du couvercle. Le moraillon emprunte la forme d’un baldaquin abritant une femme aux côtés de laquelle sont assis des joueurs de rebec et de psalterium. Une scène d’amour courtois agrémente la ferrure qui protège le mécanisme de la serrure. La ferrure circulaire, gravée et émaillée, dans laquelle est enchâssée la serrure est d’une qualité remarquable. Deux dragons sont installés dans une fontaine hexagonale. Un couple de personnages assis de part et d’autre semble occupé à nourrir les monstres à l’aide de fruits cueillis sur les arbres qui les surplombent. Au-dessus, un pavillon à coupole abrite un couple d’amoureux enlacés. Sous la fontaine, deux lions sont sur le point de dépecer un chevreuil. Cette image demeure liée au thème du jardin d’amour ou de la fontaine de vie, mais sa signification demeure obscure.

Tout le décor extérieur est réalisé dans la technique du repoussé-estampé, qui permet de reproduire le même motif en de multiples exemplaires. Mis à part les médaillons dorés, une grande partie des plaques était émaillée à l’origine, en bleu et vert mat, avec du jaune, violet, brun clair.

La figure du roi sur son trône orné de lions rappelle l’empereur Henri VII tel qu’il est représenté sur un sceau de 1313 (Musée National Suisse, Zurich), produit italien. Le trône de la reine flanqué d’aigles est proche du sceau des empereurs Louis de Bavière et Charles IV et de celui de Jean le Bon, roi de France.

Le tissu en soie chinoise du XIVe siècle qui orne l’intérieur indique le haut rang social du premier propriétaire. Le motif se détache en vert clair sur fond violet foncé. Il orne les trois compartiments et les six tiroirs logés dans le coffret. Ces tissus apparaissent dès la deuxième moitié du XIIIe siècle sous le nom de « drap de Turquie ». Ils proviennent du royaume mongol et sont parmi les plus coûteux.

Trésors d’église [6]

En juin 1365, l’empereur Charles IV a visité l’abbaye de Saint-Maurice. Il prit alors le Chapitre de Sion sous sa protection et ratifia ses droits de chancellerie, raison pour laquelle la tradition rattache le coffret à ce souverain, lequel en aurait fait don au Chapitre. Selon Karel Otavsky, cette tradition serait infirmée par l’origine du coffret qu’il situe vers le milieu du XIVe siècle à la cour de Castille. Cependant, une provenance de l’Italie du Nord semble mieux convenir à ce coffret. Le travail de l’émail sur estampage est d’ailleurs une caractéristique des objets vénitiens.

Trésors d’église [6]

À l’angle droit du couvercle se trouve une plaque de cuivre, petite bande losangée, élément de restauration que l’on retrouve sur le pourtour du plat d’évangéliaire gothique.

Objet de comparaison :

- Ceinture de provenance italienne (Museum of Art, Cleveland)

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 18:10

Coffret en ivoire pyrogravé

Trésors d’église [5]

Cette petite boîte en ivoire barlongue avec un toit à quatre pans est décorée de médaillons pyrogravés représentant des scènes paradisiaques. Les cercles contiennent des oiseaux et quadrupèdes, accompagnés d’entrelacs. De l’ensemble se dégagent des caractères hispano-arabes, fréquents dans l’art siculo-arabe. Cette production en série peut être attribuée aux ateliers musulmans de l’Occident méditerranéen, peut-être ceux de Sicile, et datée du XIIe siècle.

Le trésor conserve une autre pièce en ivoire, sans décor, avec un fermoir et deux charnières datant probablement de la fin du XIe siècle.

Objets de comparaisons (pièces siculo-arabes)

- Un coffret identique, 90 X 170 mm (Trésor de Saint-Sernin de Toulouse)

- un coffret de la cathédrale d’Apt (Sisco, Corse)

- un coffret de la 2e moitié du XIIe siècle (Bayerisches Nationalmuseum, Munich)

- un coffret du XIIe siècle (Dommuseum, Salzburg)

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 17:11

Grande châsse de Sion

La grande châsse de Sion, de format trapézoïdal, renferme des reliques des soldats de la Légion thébaine et date, dans sa constitution originale, du dernier quart du XIe siècle. Les feuilles d’argent repoussé sont fixées sur une âme en bois de mélèze, datable de 1076 par la dendrochronologie. À la suite de la restauration, on a constaté que le coffre était creusé dans un tronc, et que le long côté arrière est constitué d’une planche ajoutée.

Trésors d’église [4]

L’ordonnance actuelle des reliefs n’est évidemment pas originale et de fortes déprédations sont à relever. Sous les plaques de revêtement de l’arrière et du petit côté gauche ont été découvertes récemment des peintures sur toile de la fin du XIIIe et du XIVe siècle de grand intérêt.

Le cycle incomplet narratif, se rattache à la Passion et à la Résurrection du Christ. Subsistent sur la base du coffre : les Saintes femmes au tombeau vide ; deux apôtres assis ; la Déposition de la croix ; la Sainte Cène. Les deux apôtres trônant conservés sont de la même lignée que le collège apostolique des deux châsses de Saint-Maurice d’Agaune, plus tardives. Aux extrémités arrondies de la châsse sont conservés deux types de moulures : la première, formée d’entrelacs, trace un réseau géométrique régulier, alors que la deuxième est constituée de rinceaux encadrés d’un grènetis.

Sur la face principale du toit en coupe se développe la scène de l’Ascension, dans une composition oblongue qui occupe toute la surface, regroupant cinq feuilles d’argent repoussé. De part et d’autre de l’action principale se trouvent deux groupes de cinq apôtres. Les apôtres de gauche sont d’un style différent des autres figures. Leurs pieds reposent sur un piédestal et le drapé de leur vêtement, plus dense, forme un réseau de plis plus sophistiqués, aux angles mieux marqués. Ils font partie, avec les deux figures des écoinçons, d’un groupe plus animé. Il est donc possible de distinguer deux styles différents pour cet ensemble. L’artiste qui a conçu la plupart des reliefs conservés est d’un esprit encore ottonien, alors que l’autre, dont on ne connaît plus que le petit ensemble de figures plus vigoureuses, est déjà dans la mouvance romane.

Les personnages ont tous une tête enfoncée dans d’étroites épaules, vocabulaire plastique que l’on retrouve aussi bien en Italie septentrionale qu’en Espagne du nord, de même qu’il évoque sans conteste les hauts reliefs de la porte en bronze de Saint-Michel de Hildesheim, commandée en 1015 par Bernward. Cependant, le faciès des personnages ainsi que la syntaxe des plis diffèrent sensiblement. Par ailleurs, à Sion, on ne trouve aucun élément végétal pour animer les surfaces d’où se dégagent les scènes, alors que ce procédé est utilisé à Hildesheim. Le style semble en relation avec l’art de l’Italie du Nord. L’iconographie est issue d’un foyer de la région alpine. Des emprunts ponctuels à la tradition byzantine peuvent être relevés.

Trésors d’église [4]

L’évêque de Sion Ermanfroid (1054 à 1082/87 ?) joua un rôle important sur l’échiquier politique européen au XIe siècle. Il est vraisemblablement le commanditaire de la châsse.

Le lieu de conservation ultérieur de la grande châsse de Sion, actuellement en restauration, n’est pas encore déterminé. (1997. J’en saurai plus quand la visite au musée aura eu lieu.)

Objets de comparaisons :

- La châsse de Saint Isidore de León, 1063 (Trésor de la cathédrale, León)

- l’Arca Santa d’Oviedo, 1075 (Trésor de la cathédrale, Oviedo)

- le plat d’évangéliaire provenant de Fulda, vers 1020 (Trésor de la cathédrale, Aix)

-le grand autel portatif en ivoire de Melk, milieu du XIe siècle (Trésor de l’abbaye, Melk)

- le plat de l’évangéliaire de Poussay produit à Reichenau, deuxième quart du XIe siècle (Paris)

- les plats de l’évangéliaire de Théophana, milieu du XIe siècle (Trésor, Essen) Art ottonien

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 17:44

Capsa-reliquaire d’Althée

La capsa-reliquaire carolingienne, commandée par Althée, abbé de Saint-Maurice et évêque de Sion (772-814), est particulièrement intéressante. À la base, se trouve une inscription datable des années 800 : En l’honneur de la sainte Vierge Marie, l’évêque Altheus a fait réaliser ce coffret.

Trésors d’église [3]

Le texte, disposé sur deux registres séparés par un rang perlé, est encadré sur les côtés par deux paires d’animaux marins fabuleux disposés en S.

Althée reconstruisit l’ancienne basilique d’Agaune, rasée vers le milieu du VIIIe siècle. Des liens entre l’abbé et Charlemagne auraient facilité le financement de l’agrandissement de l’abbaye, rendu nécessaire du fait de l’affluence des pèlerins. Charlemagne aurait séjourné à Saint-Maurice, puis se serait rendu à Rome en compagnie de l’abbé, lequel reçut à cette occasion un privilège papal.

Le reliquaire a été élaboré pour une église mariale du diocèse, certainement pour la cathédrale elle-même. L’inscription peut également signifier que l’écrin a été conçu pour recevoir des reliques mariales. Althée a pu s’en procurer lors de son voyage à Rome.

La face principale du reliquaire comprend quatre compartiments encadrés d’un rang perlé. Les deux sections inférieures sont ornées d’un arbre de vie, alors que les sections supérieures renferment deux figures en relief avec l’inscription : + SCA MARIA, + SCS IOHANNES. Sur les petits côtés se trouvent, de part et d’autre, deux personnages représentés de manière analogue, en buste, bénissant à l’orientale d’une main et tenant une croix surmontés d’un anneau auquel était rattachée primitivement une sangle permettant le port du reliquaire en bandoulière. La boucle de suspension s’inscrit dans une étoile à cinq branches, surmontée d’un arbuste à trois étages qui rappelle de nombreuses représentations de ceps de vigne.

Sur la face postérieure, deux plaques émaillées – ainsi qu’un médaillon – représentent des ecclésiastiques en buste, avec tonsure et vêtements liturgiques.

L’inversion des deux émaux ci-dessus est visible.

L’inversion des deux émaux ci-dessus est visible.

Cette face a été restaurée en 1673 par l’orfèvre Jean Nicolas Ryss. Les émaux se trouvaient initialement sur le reliquaire. Leur nouvelle mise en place au XVIIe siècle ne respecte pas les angles respectifs d’inclinaison des côtés ; il y a eu inversion.

Les émaux représentent très certainement les quatre docteurs de l’Eglise. Ils ont été exécutés, tout comme le travail au repoussé, au cours de la dernière décennie du VIIIe siècle dans le diocèse de Salzbourg. Althée était présent au Concile de Tegernsee pour régler un différend entre cette ville et Freising avant 798. L’abbé a certainement eu l’occasion de voir l’art produit dans les monastères environnants et de confier à un atelier l’exécution de la bourse-reliquaire qu’il désirait pour sa cathédrale.

[Commentaire : Pas trace d’un Concile à Tegernsee dans la liste des Conciles d’églises. Au lieu de Concile, assemblée judiciaire serait peut-être plus plausible dans ce cas de trancher un différend entre deux villes. Au VIIIe siècle, les évêques étaient le relais indispensable entre le roi et ses administrés et ce sont eux les évêques qui administraient les conflits au sein même des diocèses. D’autant que l’on parle de deux « Grandes » villes, de deux couvents, probablement de deux grandes familles et ecclésiastiques, pour déplacer plusieurs évêques, dont celui de Sion.]

Des liens entre Rome et Salzbourg sont effectifs au VIIe siècle déjà. À l’époque carolingienne, les artistes salzbourgeois connaissaient la production romaine. Par exemple, les têtes d’apôtres en médaillon de la chapelle Saint-Zénon, à Sainte-Praxède, sont proches des celles des docteurs du coffret d’Althée.

La capsa-reliquaire d’Altheus du trésor de Sion est une pièce extrêmement significative pour la compréhension des échanges en milieu alpin à l’époque carolingienne, avant le développement de l’art de la cour impériale.

Objets de comparaison :

- La bourse et le coffret aux camées, IXe siècle (Museo Civico, Cividale)

- la bourse de la crèche, IXe siècle (Trésor de la cathédrale, Verceil)

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 17:47

Étude des pièces médiévales

Boîte médicinale

La boîte médicinale du musée est un fac-similé de l’original, en ivoire, conservé au Musée d’histoire et d’ethnographie de Valère. La pièce, qu’il est possible de dater des années 400, a été transformée à une époque indéterminée en reliquaire, lorsqu’on grava une croix entre les têtes des deux divinités. Sur le couvercle coulissant sont représentés Esculape et Hygie, vêtus à l’antique, au-devant d’une arcature. Le dieu grec de la médecine, barbu, tient dans sa main gauche le caducée – un bâton autour duquel s’enroule un serpent – ainsi qu’un élément végétal dans la droite, certainement un artichaut. Sa fille, déesse de la santé, tient un récipient sur l’avant-bras gauche, et un long serpent dans la main libre, étanchant la soif du reptile sacré. Le couvercle avec les reliefs est percé d’un trou ; il protège la cavité où étaient déposés les différents remèdes. La coupe transversale de la boîte dessine la forme d’un demi-cercle. L’intérieur est divisé en onze compartiments, celui disposé au centre étant oblong.

Trésors d’église [2]

On a parfois comparé les miracles de Jésus à ceux des guérisseurs antiques, tel Esculape. Au IIIe siècle avant notre ère, à la suite d’une peste, Rome en avait adopté le culte.

Pièces de comparaisons :

- une boîte de pharmacie (Trésor de Coire), IVe-Ve siècle, trouvée dans un autel de la cathédrale en 1943

- une pièce avec un philosophe assis (Museo Civico de Bologne), début du Ve siècle

Pyxide de la résurrection (Musée d’histoire et d’ethnographie, Valère)

La pyxide du VIe siècle avec une scène de la résurrection du Christ représente le plus ancien objet chrétien conservé dans le contexte sédunois. Sur ce segment de défense d’éléphant est sculptée la scène du tombeau vide, selon le texte de saint Marc : Marie et Marie-Madeleine au tombeau, un ange au sépulcre, six soldats terrassés, ainsi que Pierre et Paul. Cet objet liturgique, tout comme les derniers ivoires antiques, est certainement une production de l’Orient méditerranéen. Si le style paraît hellénistique, la composition se rattache à la tradition palestino-syrienne. Ces pyxides du haut Moyen Age renfermaient des hosties et servaient d’ornement d’autel, soit posées dessus, soit suspendues par une chaînette. Sur l’exemple sédunois, on peut encore voir des traces de point d’attache pour les chaînes. Le col et le fermoir en bronze sont une adjonction tardive.

Trésors d’église [2]

Pièces de comparaisons :

- une pyxide du VIe siècle (MMA, New York)

- Un diptyque du VIe siècle (Museo Nazionale, Ravenne)

- une pyxide du VIe siècle (Musée de Cluny, Paris)

- une plaque du VIe siècle (Musée des Beaux-Arts, Moscou)

Bourse d’Adalric

La petite bourse-reliquaire en ivoire au décor simple et géométrique est connue sous le nom de bourse d’Adalric. Gravé sur une plaque de plomb, le nom Adalricus correspond certainement à celui du propriétaire de l’objet. Les plaques d’os sont de différentes couleurs, quelques-unes étant teintées en rouge brique. Ce coffret en os sur âme de bois reste mal daté : la chronologie relative s’insère entre les VIe et VIIIe siècles. L’analyse paléographique propose le VIIIe siècle.

Trésors d’église [2]

Pièces de comparaisons pour le décor constitué de stries et de cercles concentriques :

- Un petit coffret en os, XIe siècle (Trésor de Coire)

- le reliquaire d’Essen-Werden, vers 750 : l’un des plus anciens autels portatifs de l’Occident, il offre la particularité de mêler aux motifs géométriques les plus courants des représentations figuratives du plus haut intérêt. La torsade ou le disque concentrique percé d’un œil se rencontrent sur de nombreux documents d’origine byzantine

- le reliquaire d’Albepierre, VIe-VIIe siècle (Trésor d’Albepierre, Cantal)

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