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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 16:57
Versant sud de la ligne du Simplon

Versant sud de la ligne du Simplon

Il n’a pas été facile de trouver des documents sur le versant sud de la ligne du Simplon. En examinant cette photographie, on constate qu’elle a été prise peu de temps avant l’ouverture de la ligne. En effet les deux voies sont occupées : celle de droite par un train de travaux et celle de gauche, au fond, par des wagons de ballast. Quant au bâtiment de la gare il n’est pas terminé, les fenêtres et portes n’étant pas encore posées.

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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 16:09

Non seulement en Suisse, mais dans l’Europe entière, le percement du tunnel du Simplon était suivi pas à pas. Chaque semaine, pour les journaux, au fur et à mesure de sa construction, un bulletin des travaux était présenté, indiquant le nombre de mètres d’avancement côté sud et côté nord.

Le percement

Le percement

Cette carte, datant de 1902, vous présente les difficultés rencontrées par les ouvriers obligés de travailler à une température de 56 degrés.

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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 16:57

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Tiré d’un livre, « Les chemins de fer d’autrefois en Suisse romande de 1870 à 1920, par Gaston Maison. » toutes les illustrations du livre en question sont des cartes postales d’époque.

Sur cinquante ans, nous voyons les avancées techniques et réalisations qui fleurirent en Romandie, autour des chemins de fer. Chaque carte postale est commentée par l’auteur qui nous explique, aussi bien quel est le matériel roulant montré sur la carte postale, que le lieu ou la particularité de tel ou tel situation que l’on voit.

Je vais donc reprendre quelques-unes de ces cartes postales pour leurs curiosités ou pour l’intérêt que peut avoir l’illustration pour la petite histoire qu’elle raconte.

Je commencerai par les cartes postales qui nous parlent de la ligne du Simplon.

Le tunnel ferroviaire du Simplon était inauguré le 19 mai 1906

Tunnel du Simplon (1906)

Tunnel du Simplon (1906)

Ci-dessus l’entrée de la première galerie du Simplon, longue de 19,803 km. La deuxième, quelques mètres à droite, sera mise en service plus tard, soit le 16 octobre 1922. Sans risque de se tromper, on peut constater que ce train est venu poser pour la postérité, même le mécanicien s’est mis à la fenêtre. Dès l’ouverture, la traction à travers le tunnel a été assurée avec des locomotives électriques, mis à part le train de luxe l’Orient-Express.

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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 17:28

Le 10 septembre dernier, on a appris le décès d’Adrian Frutiger (à 87 ans), concepteur de polices de caractères. Typographe mondialement connu, mais inconnu du grand public.

Adrian Frutiger

Adrian Frutiger

La célébrité d’Adrian Frutiger commence en 1957, après avoir créé la police « Univers ».

Vous avez journellement son œuvre autour de vous et partout, nos panneaux autoroutiers sont un exemple d’une police créée et utilisée dans toute la Suisse.

Vous êtes curieux ? Voici la liste des plus célèbres police qu’il a créées et que l’on retrouve partout dans le monde.

Frutiger Celle-ci, vous la connaissez, sans savoir qui en était l’auteur, puisqu’il s’agit de la police utilisée sur nos panneaux autoroutiers.

Vous pouvez avoir la liste complète des polices de caractères sur Wikipédia.

Les hommages ont fleuris sur le Net, et je vous en montre deux pour faire au plus simple, mais il y en a de nombreux autres de la part de professionnels, d’artistes et des journaux de partout.

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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 16:34

Commentaires

Pour illustrer la pointe de ce que devrait être les avions de combat, notre major d’artillerie, met la photographie d’un avion Américain, sans donner son nom. La photo ci-dessous.

LA DÉFENSE DE LA SUISSE en cas d’invasion [20] et fin

J’ai mis le temps pour trouver son nom, il s’agit du Bell YFM-1 Airacuda. Notre Major dit : « …qui constitue l’arme volante la plus perfectionnée qu’ait créée la technique moderne. » Très bien, il s’agirait donc le l’arme la plus à la pointe de l’aviation américaine en 1938-39.

Voici le lien qui décrit cet avion et de ses performances, etc. ICI Vous vous ferez votre opinion sur la clairvoyance de notre Major et de la réalité advenue de cet avion.

Commentaires et conclusion

La DCA, canon lourd est un canon qui tire des obus à divers altitudes et qui explosent à proximité des avions et qui les détruit par le souffle dégagé lors de l’explosion. Chaque obus est « programmable » pour atteindre une certaine altitude, celle des avions, puis explosent. C’est une minuterie de précision que l’on règle afin de provoquer l’explosion et c’était donc primordial que l’industrie horlogère soit préservée. Les mouvements ainsi produit, ne servirent pas seulement à notre artillerie, mais aussi au reste du monde, de façon clandestine et efficace.

Le canon lourd est destiné à atteindre les formations, bombardiers et avions de chasse qui sont encore en altitude, qui ne font que passer ou qui s’apprêtent à l’attaque d’un objectif d’importance.

Le canon de 20 mm, dédié à la DCA, est un canon qui se positionne sur un ouvrage d’importance, usine, terrains d’aviation, barrages, ponts ou autres éléments d’importances stratégique, qui donne sa pleine efficacité face à un avion qui plonge sur son objectif, un face à face redoutable. L’efficacité du canon 20 mm., d’Oerlikon est démontrée et est dans de nombreux pays l’arme de défense contre avions la plus utilisée, encore longtemps après la Deuxième guerre mondiale.

À la lecture de l’ouvrage de notre major d’artillerie, Max Barthell, on sent que l’armée suisse n’est pas prête et que les lacunes dans la préparation du conflit à venir va péjorer son efficacité. Mais dans les faits, sa vision de l’ensemble n’a pas été pénalisant du fait que le pays n’a pas été l’objet d’une attaque frontale et envahissante, par une armée belliqueuse. Bien que nous sachions ici, que le souhait d’Hitler était bien l’invasion de la Suisse, les événements sur le terrain a contrarié cette idée, par l’Armistice signé par les Français, qui arrêtèrent l’armée Allemande aux portes de la Suisse.

Notre pays en mobilisant et relâchant la pression sur la frontière, a juste démontré sa volonté de résistance, volonté qu’il fallait aussi démontrer à chaque citoyen pour les convaincre que l’armée était là, prête et farouche. Ce gain de temps a permis de s’armer, d’améliorer ce qu’il fallait et de construire le Réduit national.

Si vous avez déjà lu mes articles précédents, en relation avec la guerre, vous aurez compris que le pays a eu de la chance et qu’il ne pouvait pas, dans la mesure de ses moyens, résister à une invasion d’où qu’elle vienne. Seuls les événements extérieurs ont préservé le pays et une sorte de « soumission » politique à l’Allemagne, a été bénéfique à la Suisse.

Max Barthell, major d'artillerie en collaboration avec le Dr E. Th. Rimli, LA DÉFENSE DE LA SUISSE en cas d'invasion. Payot & Cie, Lausanne, 1939

G.Tell et Internet

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12 septembre 2015 6 12 /09 /septembre /2015 16:07

Défensive et offensive

Les compagnies de gardes-frontières se cramponnent au sol. Mais qui nous défend dans les airs ? Plus que jamais se pose le problème d’une aviation permanente. Les nécessités du moment exigent que nous soyons prêts à pouvoir toujours mettre en ligne trois cents avions permanents, réplique aérienne de nos gardes-frontières terrestres. Une aviation de ce genre rendrait d’immenses services pour la protection de notre mobilisation. En arrosant de ses bombes l’adversaire qui franchit nos frontières, en détruisant les ponts et les routes, elle arrête l’avance ennemie pendant des heures et peut-être des jours. Pendant ce temps, nos forces principales ont pu continuer et peut-être achever leur mobilisation. Nous pourrions ainsi faire échouer le plan ennemi d’une marche rapide à travers notre sol, - et c’est vraisemblablement dans ce but que nous serions attaqués, - avant qu’il ait pu en entreprendre vraiment la réalisation.

Là, notre Major est réaliste dans sa vision de ce qui est probable à une future guerre, à peu près.

Pour remplir la mission dont nous venons de parler, nos aviateurs permanents devraient posséder une connaissance parfaite du terrain à surveiller. En particulier, ils devraient connaître jusque dans leurs détails les passages du Jura et du Rhin, afin de pouvoir agir utilement dans ces régions. Il est bien évident que ce n’est pas avec un temps de service de six mois ou d’une année (comme c’est le cas pour les compagnies de gardes-frontières) qu’on pourra y arriver, mais qu’il faudra une période incomparablement plus longue d’instruction et d’exercices constants. Le peuple doit accepter courageusement le sacrifice financier nécessaire, fermement convaincu qu’il s’agit de nous assurer ainsi, dès la première heure des hostilités, une arme défensive importante, peut-être même la plus importante. Il serait vain de dépenser des centaines de millions pour notre armée si, en négligeant ce domaine essentiel, nous empêchions, ou simplement retardions, la mise en ligne de notre armée et de tous nos moyens de défense.

Aucun doute n’est permis : la meilleure défense aérienne est encore, aujourd’hui, celle qu’assurent les avions de combat. Partout où ceux-ci peuvent attaquer, ils remplissent généralement leur mission.

Commentaire

Ici, notre Major (Max Barthell) est plus clairvoyant sur l’usage des avions en temps de guerre, par leur nombre et l’efficacité demandée dans leur mission. Cependant, il sous-estime la capacité d’apprentissage d’un élève pilot, est la volonté quant à son désir de voler. Nous savons, que pendant la guerre 39-45, des pilots ont été formé en très peu de temps, quelques semaines et ils étaient au combat. Les Kamikaze japonais, apprenaient à décoller, mais pas à atterrir, ce qui était suffisant.

Toutefois, il ne serait pas sage de négliger les autres moyens de défense. Il s’agit naturellement en premier lieu de « descendre » l’ennemi volant. Mais ce n’est pas une solution décisive. Il est presque aussi avantageux de l’éloigner jusqu’à une altitude qui ne lui permette plus de viser. On emploie à cet effet des mitrailleuses, et surtout des canons contre avions. La rapidité du feu et l’efficacité du tir doivent garantir que les coups atteignent leur but et qu’ils promettent le complet succès. Une fabrique suisse construit des pièces de ce genre, qui sont demandées dans le monde entier, et l’on ne comprendrait pas que nous n’en n’ayons pas à notre service une quantité imposante.

Il est d’ailleurs tout à fait impossible que l’armée puisse fournir le matériel et les hommes nécessaires partout où cette défense doit être organisée. Il conviendrait bien plutôt de laisser aux communes, usines, centrales et entreprises importantes le soin de se procurer le matériel nécessaire. De façon toutefois que les pièces de rechange et les munitions puissent être fournies, en cas de guerre, dans le pays. Et que les calibres ne soient pas trop différents, en tout cas identiques à ceux qu’emploie l’armée. Les pièces peuvent être servies par d’anciens soldats ou par des réformés, mais le commandement doit avoir été instruit avec soin.

Commentaire

Quel drôle d’idée que de laisser aux privés une défense aérienne, avec des canons « à peu près semblables à ceux de l’armée ! »

LA DÉFENSE DE LA SUISSE en cas d’invasion [19]
LA DÉFENSE DE LA SUISSE en cas d’invasion [19]
LA DÉFENSE DE LA SUISSE en cas d’invasion [19]

…La défense contre avions comprend encore le service des postes d’écoute, déjà bien organisé chez nous, et qui peut détecter un aéroplane à deux cent kilomètres et le service des projecteurs mobiles, avec lesquels on peut aveugler l’adversaire ou le rendre accessible au tir.

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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 16:31

La guerre aérienne

Que vaut l’arme aérienne ?

Connaître insuffisamment les possibilités techniques d’une arme nouvelle, c’est s’exposer à se tromper sur les effets de son action. C’est ainsi qu’en 1914, les combattants français emportèrent sur leurs voitures leurs mitrailleuses comme un inutile ballast. Dix années écoulées depuis les succès remportés par cette arme, au cours de la guerre russo-japonaise, n’avaient pas suffi pour permettre à toutes les armées de s’en faire une idée exacte. La mitrailleuse se vengea de cette méconnaissance en obligeant plus tard les combattants à la guerre de position.

D’autre part, la peur est mauvaise conseillère. L’arme aérienne, combinée avec l’arme chimique, était nettement destinée à créer une particulière psychose de crainte.

En Abyssinie, l’Italie n’avait point d’ennemi dans l’air. Néanmoins, ce ne furent pas les aviateurs qui décidèrent du succès. Ils rendirent de grands services pour la reconnaissance, parce qu’on ne disposait pas de cartes détaillées du pays. Mais ce furent les ascaris, les troupes indigènes et la milice fasciste qui combattirent et remportèrent la victoire.

En Chine, les aviateurs japonais bombardèrent Shanghai, Hankou, Canton, etc. Les destructions par obus furent aussi importantes. Le résultat en fut, non pas la soumission de la population et de l’armée chinoises, mais une haine formidable de l’agresseur, une volonté inouïe de se défendre.

En Espagne, les attaques par avions ont réduit en ruines des maisons, parfois des rues, jamais des villes entières. Les nouvelles parvenues de Madrid disaient que les tirs d’artillerie étaient beaucoup plus démoralisants que les bombardements d’avions. Et les militaires professionnels ne s’étaient, en tout cas, jamais imaginé qu’ils verraient quelques milices pauvrement armés et mal instruites tenir tête à l’ennemi pendant plus de deux années.

L’armée aérienne est, dans le cadre de la puissance militaire, un moyen de combat à l’égal de toute autre arme.

Mais malheur à la puissance militaire qui ne saurait achever par la victoire une guerre aérienne acharnée et destructrice. Le Traité de Versailles serait un jeu d’enfant en comparaison avec la « paix des ruines » qu’elle préparerait pour son peuple.

l'avion de combat (Suisse)

l'avion de combat (Suisse)

Rôle de l’avion dans le combat

Un traité de paix imposé est toujours précédé d’une guerre et ce serait la politique de l’autruche que de ne pas considérer l’arme aérienne comme un puissant moyen de guerre totale.

C’est là justement que réside le grand danger de l’emploi de cette arme. À côté des reconnaissances exécutées par l’aviateur, il remplit encore d’autres missions de combat qui dépassent son activité d’agent de liaison ou de protecteur du ravitaillement.

Les patrouilles de reconnaissance des aviateurs ennemis pourraient déjà nous causer des dommages sérieux si nous ne contrecarrions pas leur activité. Renseigné sur la direction suivie par nos transports et nos colonnes en marches, le Haut Commandement ennemi pourrait savoir assez exactement où nous projetons de nous établir pour notre résistance définitive ou pour une contre-offensive. Le mauvais temps et l’obscurité de la nuit sont nos premiers auxiliaires. Mais, si nous ne nous fiions qu’à eux, l’adversaire aurait trop beau jeu. Pour l’empêcher vraiment de remplir son but, nous devons le dégoûter du séjour dans notre ciel. La meilleure arme, à cet effet, ce sont les avions de combat.

Au cours de la guerre mondiale déjà, les aviateurs ont été les yeux de l’artillerie. Ils notaient les points de chute et rapportaient avec eux renseignements et photographies. Les artilleurs n’avaient pas de peine ensuite à diriger leurs pièces sur les points à toucher. Or, si nous n’avons pas d’avions, ou si ceux que nous avons remplissent d’autres missions, nous serons privés de ce service de renseignements. L’inconvénient, c’est que notre artillerie deviendra aveugle, ou tout au moins myope. Elle ne pourra pas exercer la fonction qu’on attend d’elle. Ou bien il lui faudra dix fois plus de munitions (lisez : d’argent) et de temps pour un succès sans doute moindre. Enfin, les avions de combats doivent aussi faire la chasse aux observateurs ennemis.

Les troupes en marche et les transports (voitures, autos, chemin de fer, bateaux) sont des buts tout trouvés pour l’aviateur. Il les bombarde à coups de mitrailleuse, de canon ou de bombes. Pour l’en empêcher, la colonne en marche adopte une formation particulière et place le long de sa route des pièces contre avions. Et, de nouveau, les avions de combat sont appelés à contribuer à la défense.

Les transports peuvent être aussi, sinon empêchés, toutefois retardés quand les bombes d’avion détruisent des ponts, des étranglements de route, des voies ferrées. Parallèlement à la défense générale confiée à nos avions de combat, il est nécessaire de protéger les parties les plus menacées de ces voies de communication par des batteries contre avions. Ce qu’il faut particulièrement assurer, c’est la protection des gares, des ponts de chemin de fer, mais aussi des ponts de route qu’on ne peut contourner ou dont la réfection demanderait un temps considérable.

L’aviateur ennemi, toutefois, attaquera aussi nos troupes au cambât ou au repos. Il faut organiser et rendre efficace la défense contre avions tant dans l’air qu’à partie du sol.

Il ne faut pas négliger, en la matière, un cas particulier qui peut, au premier abord, paraître, bien à tort, de peu d’importance. Dans l’émulation qui met aux prises deux partis ennemis aux fins d’occupation de terrains stratégiques intéressants, le moteur qui tourne en l’air peut jouer son rôle aussi bien que celui qui tourne dans une voiture. C’est lui qui, le premier, peut porter aide aux combattants. Tandis que les troupes motorisées ne s’élèvent qu’avec peine le long des méandres des routes de montagne, l’avion atteint, d’au-dessus des cols qui commandent le passage, l’ennemi qui y est déjà arrivé et qui se croyait en sûreté, il l’arrose à coups de mitrailleuse, tantôt par devant, tantôt par derrière, il lui lance des bombes – s’il n’est pas lui-même dérangé. L’aviateur devra, en tout cas, faire le sacrifice de sa vie pour retarder l’approche du gros de l’armée. Il faut absolument couper de celui-ci la petite poignée d’hommes qui est là-haut, au sommet du col, et qu’il pourra peut-être détruire ensuite. Seule une défense terrestre très mobile pourrait maintenir cet aviateur à une distance et à une hauteur respectables.

Enfin, l’avion peut être chargé de détruire, dans l’arrière-pays ennemi, des objectifs d’importance économique : fabriques, centrales électriques, bâtiments officiels, mais aussi des camps d’aviation et même, conformément à la théorie de Douhet, de détruire, dans la population, la volonté de défense et de guerre.

La défense sort ici de son cadre purement militaire. Cependant, nous devons être prêts, militairement, à utiliser notre aviation non seulement pour assurer notre défense, mais encore pour exercer des représailles.

Commentaire : Nous savons depuis la fin de la première guerre mondiale, l’importance de l’avion, et il est ainsi développé et acquit, toutes les tactiques de combats depuis ce moment-là, jusqu’à nos jours. Rien n’a changé, sauf les machines qui ont évoluées.

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 15:59

Troupes légères et tanks

Cependant, nous pouvons également avoir besoin de combattants motorisés là où les cavaliers ou les cyclistes ne peuvent, par la force musculaire des hommes ou des bêtes, assurer une rapidité suffisante. Bien que le cheval soit, en montagne, un fidèle compagnon du combattant, l’auto lui est, même ici, bien supérieure en rapidité. S’il s’agit de retarder, bien en avant des lignes, l’avance ennemie, de dissimuler sa propre marche, d’établir d’avance sur des points importants une force suffisante, alors l’auto peut rendre les meilleurs services. [Ici, un renvoi en bas de page avec un commentaire hallucinant. Voyez plutôt.]

Qu’on songe aussi aux combattants russes descendant en parachute et qui peuvent, étant donné l’immensité du pays, occuper des points menacés plusieurs jours avant les forces motorisées. Cela peut se concevoir. Mais croire qu’ils pourront descendre derrière le front ennemi, c’est de la fantaisie.

Plus loin dans ses vues d’une guerre d’invasion de notre pays, le tank utilisé pour la prise d’un pont…

… Là, et comme en cas de reconnaissance offensive, le tank peut rendre de grands services. Son invulnérabilité aux coups de feu des patrouilles ennemies lui permet de percer le premier rideau léger de l’adversaire et de prendre possession des débouchés du pont, mais arrive pour commencer le combat autour du pont.

Si l’adversaire dispose d’armes antitanks, il est alors assez indifférent qu’il soit attaqué par deux ou par dix chars. Ceux-ci seront simplement mis hors combat. Le pont est ainsi perdu et sa possession définitive dépendra de l’issue de la bataille entreprise au loin dans la campagne.

La leçon à tirer de cet exemple vaut naturellement pour tout adversaire éventuel comme pour nous. Aussi la possession d’armes antitanks est-elle beaucoup plus importante pour nous que celle de chars de combat. Leur nombre doit être assez grand pour permettre d’en munir tout détachement envoyé en avant, sans toutefois affaiblir l’unité. Dans l’état actuel des choses, une mission de ce genre enlèverait au bataillon la moitié de sa puissance combattive. Cela est inadmissible.

Attaque par tanks ou défense contre tanks ?

Somme toute, c’est notre capacité défensive qui décide de la façon dont nous devons faire la guerre. Mais « devons » ne correspond pas à « pouvons ». Il nous faut donc rester les deux pieds fermement posés sur le terrain de la réalité. Il nous sera plus facile alors de décider si nous devons concentrer notre attention sur la défense contre tanks ou si nous pouvons aussi songer à l’attaque par tanks.

Un tank en 1914

Un tank en 1914

On n’a besoin de chars d’assaut en grandes masses que pour s’attaquer à une défense solidement organisée. Toutefois, la défense antitanks est aujourd’hui si supérieure à l’action des chars que je ne vois nullement la nécessité pour nous d’utiliser et, par conséquent, de posséder des escadres de ces engins.

[Pauvre Major, qui verra l’attaque de Guderian en 1940 sur la France et en 1941 sur la Russie. Il aura alors changé d’opinion sur l’usage des chars.]

Riposte, contre-attaque rapide, intelligente, mordante et héroïque : oui, en toute occasion ! Mais offensive méthodique contre un adversaire vraiment accroché au terrain ? En se fiant à la seule puissance de l’outillage ? Et d’un outillage que ne peut servir qu’un soldat professionnel ? Peut-on répondre un « oui » sérieux et ferme à toutes ces questions ?

Cependant nous pouvons nous défendre contre les chars, si nous concentrons notre attention sur cette défense. Et c’est ce que nous devons faire.

Mais si, malgré notre défense, les chars peuvent effectuer une percée ? Ne devrions-nous pas, en ce cas, pouvoir aussi jeter à leur rencontre une escadre de tanks ? Il y a là une faute de raisonnement. Ce n’est pas le tank qui arrête le tank, c’est l’arme antitanks. Ce qu’il nous faut, c’est une défense en profondeur. Et une défense antichars en profondeur, donc plus d’armes antichars qu’actuellement. D’abord en avant, ensuite aussi en arrière. Et quelques cartouches de dynamite dans le sac, comme nous l’enseigne l’expérience de la guerre d’Espagne.

Commentaire

La Blitzkrieg n’est pas dans l’esprit de notre Major qui continue à sous-estimer ce que De Gaulle avait, lui, prévu et écrit dans son livre en 1934 : Vers l'armée de métier. Livre qui a inspiré (Il l’a exprimé après la guerre) un autre militaire, celui-ci, plus malin, l’inventeur de la Blitzkrieg, Heinz Guderian.

C’est assez extraordinaire de penser que tous les éléments qui constituent l’élémentaire nécessité d’une guerre réussie et d’une défense réussie, étaient connus, publié dans des livres et des rapports, et dans la pensée de bien des observateurs de ce qu’il en adviendra après le Traité de Versailles.

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9 septembre 2015 3 09 /09 /septembre /2015 16:38

Le moteur assure-t-il notre supériorité ?

Au début de septembre 1914, lorsque les armées allemandes obliquaient à l’est de Paris, le défenseur de la grande capitale, le général Gallieni, comprit que le moment était venu d’une riposte décisive. Vite, vite, faire sortir les troupes pour attaquer les ailes allemandes. Et il improvise le plus grand des transports automobiles qu’ait jamais connu une armée. Il réquisitionna tous les taxis et toutes les voitures particulières. Il y mit son armée et la mena sur le champ de bataille. La rapidité de ce mouvement, due uniquement au moteur, fit tourner le sort de la guerre.

Et aujourd’hui ? Le moteur nous assure-t-il la supériorité sur l’ennemi ? Non. Il ne fait qu’empêcher une infériorité certaine. Car, depuis longtemps, toutes les armées ont su utiliser le moteur. Mais personne ne compte voir le transport rapide des combattants rendre impossible l’établissement d’un front fixe. Sans cela, toutes les armées ne recourraient pas au moteur des tanks. Des tanks destinés à percer un front stable.

[Ce paragraphe me semble fortement ancré dans un passé mort avec la fin de la guerre 14-18. Notre Major n’imagine pas les armées de mouvements, les charges rapides de tanks, les coups de boutoirs que les Allemands de 39, vont utiliser. Le Major voit des fronts statiques, des tranchées, comme il en était l’usage en 14-18.]

Un camion en 1914

Un camion en 1914

Un camion Allemand de 1939

Un camion Allemand de 1939

Les progrès en matière de véhicules ne semblent pas avoir été perçus par notre Major, comme étant très important et avec la modernité que cela a impliquée dans les vingt années de l’entre-deux guerre.

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 16:53

MOTORISATION

Un besoin urgent

Pour motoriser notre armée, il faut deux choses : du carburant et des véhicules. Nous ne parlerons pas encore de l’avion.

Du carburant à nous, nous en avons suffisamment.

Naturellement pas de l’essence : chaque goutte doit en être importée. Mais assez de bois pour faire marcher toutes les autos.

À proprement parler, il semble qu’il suffirait de ce sérieux avertissement pour adapter toutes nos voitures au carburant national. Le gaz de bois coûte, par kilomètre-véhicule, trois fois moins que l’essence. La transformation serait donc utile au pays et, en même temps, aurait pour particuliers l’avantage de l’économie.

La lutte contre le chômage, sous tout autre forme, exige des subventions de la Confédération (lisez : des suppléments d’impôts). [infos sur IDF, ici.] Il est évident qu’une diminution des importations pétrolières entraînera une réduction des recettes douanières. Mais le pays s’en trouvera mieux, car tous les millions qui s’en vont aujourd’hui à l’étranger pour payer l’essence ne seraient pas perdus pour notre économie nationale…

Commentaire

Si le point de vue de notre Major sur l’économie possible en utilisant le bois en lieu et place du pétrole, c’est une vision militaire et non civil, qui pénaliserait toute l’économie civile qui utilise le pétrole pour son fonctionnement.

… Les distributeurs d’essence ne chômeraient pas, vu qu’ils pourraient se mettre au service du carburant indigène. Et, surtout, 20 millions de francs reviendraient à notre industrie forestière et les usines pour la fabrication des générateurs à gaz donneraient un travail durable à de nombreux chômeurs. Sur ces questions, le major d’état-major Henri Tanner a, dans son ouvrage Les forêts suisses et leur importance militaire, donné des renseignements qui demandent à être utilisés d’urgence.

Mais les automobiles elles-mêmes ?

Les voitures particulières nous offrent un plus grand nombre de places que les chemins de fer fédéraux dans leur ensemble. C’est-à-dire plus que notre armée ne compte d’hommes.

Il y a environ 20'000 camions circulant en Suisse, dont 5'000 à peine de fabrication nationale. Tous les autres proviennent de l’étranger. Qu’il soit indiqué, à titre de comparaison, que, chez nos voisins, le pourcentage des camions indigène dépasse 90% (en Italie : 99,9% !).

Notre parc automobile ne compte donc pas assez de camions de fabrication suisse pour couvrir les besoins de l’armée sur le front et notamment dans les services de l’arrière.

La défense nationale exige que celui qui a besoin d’un camion en achète un de fabrication suisse avec un générateur à gaz de bois, éventuellement avec un moteur Diesel. Car une chose est bien claire : en cas de guerre, nous ne pourrons plus nous procurer de pièces de rechange à l’étranger et l’importation d’essence sera menacée. Quant à nos réserves d’essence, nous en aurons besoin pour nos avions.

Nous sommes contre l’autarcie ; mais, là où notre économie nationale peut utiliser nos propres ressources, nos propres forces, une démocratie intelligente doit le reconnaître – et le rendre possible.

Il y a deux moyens de pousser la chose. Le moyen favori, c’est la subvention, mais je le déconseille. Le meilleur me semble être l’impôt. Les voitures suisses doivent faire leur service militaire. Et pourquoi les produits de fabrication étrangère ne paieraient-ils pas un impôt militaire ? Ce qui est juste et permis pour les hommes ne serait pas injuste pour les véhicules.

Commentaire

Comment se fait-il que notre Major, ne voit pas que le pays dépend entièrement de ses importations ? Où sont nos ressources de fer et charbon, d’acier et autres matières premières nécessaire à toutes nos industries ? Vivre en autarcie est impossible et ne l’a jamais été, même au pire moment de la Deuxième Guerre mondiale. Les camions suisses, pour être fabriqué, on besoin d’acier et de caoutchouc et de cuivre et de tant de choses, qu’il est inimaginable d’avoir une production 100% Suisse qui couvrirait l’entier des besoins militaires.

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