Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Rechercher Un Mot

Articles Récents

Liens

29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 16:19

Commentaires

Sur ce dernier point, au début du conflit, la résistance des Britanniques ont montré comment se comporter et qui écouter. Mais il était déjà difficile en cette époque où le fascisme séduisait des Romands sous les propos de Georges Oltramare, qui dans les rues de Genève marchait au pas de l’oie. https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Oltramare

Et revenir sur les dissensions entre les Romands et Alémaniques, c’est quand même un peu rude. Si pour un Alémanique, le fait que notre général d’alors soit si proche de l’empereur d’Allemagne est un honneur, pour nous Romands, cela démontrait que s’acoquiner ainsi avec les Prussiens était plus que suspect.

La propagande n’est dangereuse que pour ceux qui l’écoute, et Gobbels ne criait pas en Français, ce qui pouvait être un avantage pour les Romands.

Le blocus de la Suisse envisagé depuis le début de la montée des puissances fascistes, a obligé la Suisse à se doté d’une marine marchande. Et pour l’économie au niveau des banques, nous savons aujourd’hui ce qu’il en a été.

  LA DÉFENSE DE LA SUISSE en cas d’invasion [9]
Repost 0
Published by G.Tell
commenter cet article
28 août 2015 5 28 /08 /août /2015 16:52

La guerre « sèche »

Les armes économiques et la propagande, auxquelles aura recours la guerre totale, ne répandront pas de sang, mais ne seront pas moins efficaces.

Pour ce qui est des moyens de contrainte économiques, leur efficacité varie du tout au tout suivant que le sort nous jette du côté d’un des belligérants ou bien que nous puissions demeurer neutres. On sait que notre situation revêt un caractère grotesque du fait que nous voulons rester neutres, mais qu’un agresseur nous rangera très probablement du côté de ses adversaires. Le dernier cas peut être évité, notamment si nous pouvons repousser l’attaque par nos propres moyens et arriver à conclure aussitôt la paix. Il serait concevable qu’une armée encore en état de se battre soit refoulée sur notre territoire et, poursuivie par l’adversaire principal, soit obligée de se rendre à nous. Nous aurions ainsi défendu avec succès notre neutralité et nous pourrions aussi la conserver au cours des hostilités ultérieures.

Mais si une invasion nous jette dans le camp des puissances périphériques, c’est-à-dire des puissances qui, appuyées sur la mer, ont une navigation libre, nous pourrions espérer ne pas être dans une situation économique plus mauvaise que la leur. Si le sort nous place aux côté des puissances centrales, qui ne peuvent couvrir leurs besoins en matières premières et en produits agricoles, nous partagerions leur misère. Toutefois, on ne peut se contenter de dire l’Allemagne est au centre, la France à la périphérie. Cela dépendra beaucoup plus du groupement des puissances en cas de conflit. Si, par exemple, la Russie combattait aux côtés de l’Allemagne, ce serait un colosse périphérique. D’autre part, une combinaison Allemagne-Italie, nonobstant les mers qui baignent leurs côtes, deviendrait « centrale » contre un bloc Angleterre-France-Russie. Enfin, une combinaison des Etats de l’Axe Berlin-Rome avec l’Espagne et contre l’ancienne Entente devrait être considérée comme périphérique. Ces considérations montrent à quel point la situation politique internationale peut influencer notre position en cas de guerre et à quel point des événements comme ceux d’Espagne ou d’Abyssinie doivent être l’objet non seulement de nos sympathies, mais encore de notre raisonnement. Nos journaux en parlent souvent avec une maladresse qui laisserait souvent croire qu’ils n’ont que des sympathies.

Du groupement des puissances, d’une part, et de l’efficacité des blocus qui en découleraient, d’autre part, dépendrait essentiellement le ravitaillement du front et de l’arrière. L’influence déprimante que le mauvais ravitaillement peut exercer sur l’opiniâtreté de la résistance et sur la force combattive, nous l’avons vue pendant la guerre (14-18), d’une façon qui a souvent éveillé la pitié de nous autres neutres. L’œuvre humanitaire de la Suisse, qui a accueilli plusieurs milliers d’enfants pour les remettre de leurs misères, nous a permis de connaitre cet épouvantable aspect de la guerre totale. L’appareil digestif de beaucoup de ces enfants devait être – parfois sous la surveillance d’un médecin – réhabilité à supporter la nourriture. Leur estomac faisait grève et ne pouvait conserver ni lait, ni compote de pommes, ni même une soupe à la semoule. L’état de santé de cette jeune génération de la guerre menaçait de devenir une catastrophe, tandis que les pères montaient la garde dans les tranchées – ou pourrissaient sous terre. Et ils n’ont pu supporter le fardeau moral que leur imposait la guerre totale. Le blocus économique sera une des armes terribles de la guerre future.

Il ressort donc de ces considérations que nous risquons d’éprouver les effets du blocus économique, en tout cas partiellement, même si nous pouvons, au cours d’un conflit, conserver notre neutralité. Espérons que l’ouverture des hostilités ne nous trouverait pas dans une situation analogue à celle où nous avait mis la dévaluation du franc. [Vous pouvez lire ici une histoire de notre monnaie forte.]

Mais, parallèlement, il se fait encore une campagne de propagande, qui utilise la presse à imprimer, la T.S.F., l’agent secret, et qui s’exerce aussi bien dans la tranchée qu’à l’intérieur du pays. Ses assertions pénètrent partout, promettant, persuadant la vérité ou l’erreur, séduisant ou menaçant. Cette campagne attaque le moral du peuple et de l’armée, la foi en la cause que l’on défend, la confiance qu’on a en ses concitoyens et en son pays. Elle joue de tous les sentiments et de toutes les dispositions. En un mot, elle tente d’infecter le peuple et l’armée, de les dégoûter de la guerre et de la défense nationale.

On pourrait supposer que cela n’arrivera pas chez nous, parce que nous aimons tous également notre pays. Cependant nous nous rappelons encore, le cœur serré, ce que nous avons vécu au temps du fameux « fossé » entre Romands et Alémaniques, lorsque le vieux conseiller national Bühlmann disait à la grande assemblée réunie le 20 février 1916 à l’Ecole de Cavalerie de Berne : « Les instigateurs doivent savoir que nous ne souffrions pas plus longtemps ces manigances. Nous devons leur montrer clairement que nous ne permettrons pas qu’on dépeigne notre Conseil fédéral comme de la canaille, notre général et notre chef d’état-major général comme des traîtres, comme des prétoriens à la solde de l’étranger, ainsi que les appelle une affiche apposée ces jours derniers sur les murs de Genève. Nos amis Romands ont le devoir d’empêcher des excitations aussi insensées… On ne doit plus entendre, non plus, les Suisses-Allemands être traités de « Boches » en Suisse romande… »

Telle était la disposition des esprits au moment où le général von Falkenhayn soupesait s’il devait attaquer Belfort ou Verdun, ce qui pouvait, dans le premier cas, placer la Suisse dans la sphère de vastes opérations. Quarante-huit heures après le discours précité, l’enfer de Verdun commençait. La lutte des belligérants autour de l’âme des neutres avait déchiré la nôtre. L’armée seule était restée le refuge du sentiment suisse. Elle restait debout, tandis que notre âme nationale était divisée.

Nous ne devons pas négliger le danger de la propagande, car rien n’est plus à craindre qu’un ennemi qu’on sous-estime. Mais comment lui tiendrons-nous tête ? A cette propagande qui, au travers d’un front solide, passe par ondes invisibles dans chaque maison, dans chaque tranchée ? Pourra-t-on brider les sentiments par des règlements de police ? Il n’y a qu’une ressource contre cet ennemi, non pas des interdictions, mais une grande et belle liberté que nous devons entretenir en temps de paix : un grand et profond amour de la patrie.

Demain des commentaires sur ce qui est dit ci-dessus.

Repost 0
Published by G.Tell
commenter cet article
27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 16:14

Commentaire

Pour le moment notre major d’artillerie n’innove rien dans ses commentaires et comparaisons entre la guerre du passé et celle du futur. Canon longue portée sur train, dépassé en 39-45, guerre de position, plus d’actualité dès l’ouverture des hostilités et aveuglement sur la guerre mobile, telle qu’elle a été effectivement réalisé par l’état-major Allemand dès le début. La mécanisation de l’armée est un atout essentiel pour obtenir les objectifs jetés sur le papier. On voit avec l’achat des avions Messerschmitt Me 109 D et E juste avant le début du conflit, par la Suisse, qu’il était urgent de moderniser et d’augmenter l’aviation militaire du pays.

La DCA était créée en 1936, la réorganisation de l’aviation est entreprise et montre la clairvoyance du politique en cette occasion.

Repost 0
Published by G.Tell
commenter cet article
26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 15:51

Les chances d’une agression militaire [suite]

Mais pourquoi ne détruire les armes et les munitions que lorsqu’elles sont en route pour le front ? Elles sont bien fabriquées quelque part et – pense le chef de l’armée ennemie – il suffira de détruire les usines avec des bombes d’avion pour que le front soit réellement affaibli : les hauts-fourneaux, les laminoirs, les presses, les tours servent à la production du matériel de guerre. On n’aura pas encore l’idée d’atteindre la population ou les industries qui ne servent pas à l’armement. L’attaque aura d’abord en vue des installations d’importance militaire considérable. Toutefois, ce coup porté à l’intérieur du pays ennemi sera le premier pas dans la voie de la lutte contre la population civile et contre l’économie générale de ce pays.

D’ailleurs, il est bien difficile de dire si les chaussettes de laine que produit une usine seront portées par un civil ou un soldat. De même, les rouages de l’armée ne marchent pas sans montres. Et même le trou d’une aiguille n’est percé que pour, finalement, servir à l’équipement personnel du troupier. La pacifique charrue ouvre le sol pour faire pousser le blé qui servira à nourrir l’armée. Plus vite tout cela sera mis hors service, et plus vite sera affaibli le front qu’on ne pouvait franchir. Ce n’est pas une fausse conclusion à laquelle aboutira le chef de l’armée attaquante, ce n’est que le terme logique du terrible raisonnement qu’impose la résistance du front ennemi et des moyens techniques dont il dispose.

Et, comme conclusion finale du raisonnement, une question se pose : comment réagira le front ennemi, comment réagira psychologiquement le peuple ennemi ? Si, comme à Barcelone, une bombe explose dans une école enfantine, le soldat du front n’en sera-t-il pas moralement ébranlé ? Ne pensera-t-il pas que, d’avance, le sacrifice qu’il fait de sa vie est vain, s’il n’est pas capable de protéger ses enfants, sa femme, sa mère ? Il y a eu, au cours de la guerre mondiale, des régiments qui, en quatre années d’hostilités, ont perdu quatre fois leur effectif entier, sans qu’ils aient pour cela livré passage à l’adversaire. Mais, à l’opposé de ces combattants aguerris, ne verra-t-on pas une population moins stoïque mendier la paix dès les premières pertes ?

Il existe deux moyens pour le défenseur d’annihiler ce raisonnement dans l’esprit de l’agresseur : soit de développer au maximum sa capacité défensive et d’entretenir, même parmi les civils, la ténacité propre aux militaires, soit, et nous revenons ainsi au début de ce chapitre, d’obtenir un accord international sur l’interdiction de bombarder des villes ouvertes à l’arrière du front.

Ce serait en tout cas une erreur de dissimuler, à l’armée ou au peuple, l’étendue éventuelle de ce danger. La population, au contraire, doit savoir qu’une guerre totale réclamera, d’elle aussi, de grands sacrifices. Il ne suffit pas pour cela d’une simple explication, une éducation appropriée et des exercices pratiques doivent la familiariser avec ce qui peut se produire le cas échéant. Les hommes, qui se trouveront alors sur le front, doivent, dès aujourd’hui, en parler à leurs femmes et les préparer à agir courageusement et à savoir protéger leurs enfants contre des malheurs inutiles, aura su ainsi conseiller et réconforter ses vieux parents, sa femme ou ses enfants, celui-là partira au feu le cœur moins lourd. [Vraiment ?]

LA DÉFENSE DE LA SUISSE en cas d’invasion [6]

A ce propos, nous considérons comme de notre devoir de souligner la nécessité urgente de donner au recrutement de nos troupes un caractère moins exclusivement régional. Notre nouvelle organisation militaire n’a malheureusement pas osé s’attaquer à ce problème.

Nous autres Suisses, nous devons avant tout savoir aussi que, pour nous, une guerre totale ne serait pas terminée si nous nous soumettions au premier agresseur. Comme nous combattrions à ses côtés – en qualité de ses sujets – et que nous devrions peu vraisemblable que le nouvel adversaire nous traite mieux que le premier. Nous ne pouvons gagner la guerre que si les pertes subies par l’arrière ne nous font pas faiblir.

Repost 0
Published by G.Tell
commenter cet article
25 août 2015 2 25 /08 /août /2015 16:35

Les chances d’une agression militaire

Qu’il nous soit permis, pour une fois, de mettre au début du présent chapitre la conclusion des considérations qu’il exposera. L’importance de cette conclusion l’exige.

Nos autorités fédérales doivent absolument tout faire pour que la future guerre se fasse suivant des règles chevaleresques. Que ce soit par une initiative du genre de celle d’Henri Dunant, que ce soit pour appuyer des suggestions étrangères. Notre peuple entier signerait des deux mains une proposition tendant à demander aux belligérants de ne pas bombarder des villes ouvertes situées en arrière du front. Ce principe fait partie intégrante du droit des gens.

Nous n’admettons pas la théorie insensée de ces militaires à tout crin qui disent qu’un État, pour défendre son existence, devra employer et emploiera tous les moyens, même les plus inouïs, s’ils peuvent lui assurer le succès. Cela n’est pas vrai. Car l’on ne tue pas les prisonniers, bien qu’ils mangent votre pain ; bien plus, on soigne même les adversaires blessés. Tous les États se sont, par exemple, engagés à renoncer à l’emploi des balles explosives, bien que les terribles blessures qu’elles causent répondent au « succès », puisqu’elles retiennent longtemps loin du front celui qui les a reçues. Des conventions relatives à une conception chevaleresque de la guerre existent et sont observées ; mais, depuis que tout bourreau s’imagine penser comme un « vrai militaire », il laisse sa fantaisie sanglante épouvanter le monde. Ne serait-il pas plus conforme à l’évolution historique que de nouvelles armes permettent une meilleure application du droit des gens ?

Une attaque dirigée contre un adversaire préparé à la défense a aujourd’hui peu de chances de succès rapide. Cela parce que les armes automatiques modernes commandent les approches sur un vaste espace. Leurs projectiles balaient le terrain au loin ; la précision des machines qui, en une seconde, tirent autant de coups qu’autrefois une compagnie entière, est, sur une distance deux ou trois fois plus grande, égale à celle de nos meilleurs tireurs suisses. De plus, elles atteignent, de nuit ou par temps couvert, exactement le point ou le terrain sur lequel elles ont été, de jour, pointées et fixées. Elles fonctionnent dans un lieu bien caché et inaccessible au tir de l’ennemi. Comme la faux du moissonneur, elles abattent tout ce qui dépasse le sol, que ce soit de l’herbe ou des hommes. Le perfectionnement actuel de l’armement est certainement plus à l’avantage du défenseur que de l’agresseur. (sic)

Par conséquent, il faut naturellement craindre que l’assaillant emploie d’autres moyens, d’autres méthodes pour abattre le défenseur.

Le tir à longue portée et l’aviation constituent, avant tout, les moyens qui permettent d’agir, au-delà d’un front stable, sur l’arrière-pays de l’adversaire. De plus, les avions vont à une distance que n’atteignent pas les pièces d’artillerie les plus modernes.

LA DÉFENSE DE LA SUISSE en cas d’invasion [5]

Le chef qui dispose de pareils moyens – la technique les lui a offerts, qu’il les ait demandés ou non – réfléchira au meilleur emploi qu’il en pourra faire. Si l’on ne peut percer le front, il faut l’affaiblir avant de l’attaquer à nouveau. Le front ennemi est affaibli lorsqu’on gêne ou détruit les troupes de relève, le ravitaillement en munitions, en matériel, en vivres. C’est ce que peut faire l’artillerie à longue portée. Mais atteint-elle les colonnes de troupes ? Si non elles, tout au moins les routes, les ponts, les voies ferrées qu’elles empruntent. Les pièces modernes sur rails, par exemple celles des Français, peuvent prendre sous leur feu la voie ferrée Eglisau-Wintherthur-Rapperswill-Lucerne-Brunig, et plus loin la ligne Grimsel-Brigue, sans être obligés d’entrer sur le territoire suisse.

Repost 0
Published by G.Tell
commenter cet article
24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 15:54

La guerre totale

Pour comprendre comment se fera la guerre future, celle que les militaires de carrière nomment la « guerre totale », il faut d’abord se demander quel en sera le but. Il ne s’agit plus certes, comme dans le bon temps, de prendre une ville ou un bout de pays. Il ne s’agit même plus de s’assurer la prédominance en Europe. Et s’il s’agissait « seulement » de devenir une puissance mondiale, nous pourrions compter sur une paix durable ; les peuples intéressés en effet possèdent déjà cette puissance, en sorte que la responsabilité d’une telle guerre serait lourde pour le gouvernement qui l’aurait imposée à son peuple.

Aussi bien la guerre future doit-elle dissimuler un but plus étendu encore : celui d’assurer au vainqueur sa domination unique et incontestée sur le monde entier. Même su une guerre devait éclater en vue d’obtenir de moindres avantages, le but dont nous venons de parler se ferait jour au cours de la lutte. C’est pourquoi la guerre future sera une « guerre totale ».

Dans la Grande Guerre de 1914-1918, la Grande-Bretagne seule, habituée qu’elle est à penser « en continents », comprit toute l’étendue du but poursuivi, parce que ce but la touchait de près et qu’elle avait à le défendre. La Russie pensait aux Détroits, la France à l’Alsace-Lorraine, l’Autriche à une expédition punitive, l’Allemagne à une paix dans le genre de celle de Brest-Litovsk. https://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Brest-Litovsk Mais la Grande-Bretagne songeait à des continents. Les stratèges allemands croyaient en la défaite des armées ennemies, Clemenceau en la revanche. Le comte Berchtold disait : « La Monarchie est saturée de territoires et n’a pas besoin de terres serbes. » https://fr.wikipedia.org/wiki/Leopold_Berchtold Mais les hommes d’État anglais songeaient à la défaite des peuples qu’ils combattaient.

La théorie britannique a été enseignée au monde par l’issue de la guerre – et il l’a retenue. Très rapidement. Clemenceau, à sa manière, la résuma ainsi : « Il y a vingt millions d’Allemands de trop. » Entre temps, le monde a appris à jongler avec les milliards, il n’a plus peur de quelques zéros en plus ou en moins, il jette chaque année des milliards de francs pour les armements et ricane en parlant de l’esprit chevaleresque qui inspire l’ardeur des armées et le zèle des stratèges.

Celui qui veut soumettre un monde, celui qui a un monde à défendre, celui-là emploie des moyens qui soient à cette mesure. Aussi est-il à craindre qu’une guerre future devienne une guerre totale. « Le meilleur moyen pour éviter une guerre générale, c’est d’empêcher une guerre locale », disait le ministre Bienvenu-Martin à M. de Schoen, ambassadeur d’Allemagne, le 28 juillet 1914. Le mot a plus de valeur encore aujourd’hui, demain, à l’avenir.

La guerre totale emploie les moyens suivant :

1° Une force armée de terre, de mer et de l’air, luttant contre la force armée de l’ennemi, contre sa population, contre son économie nationale ;

2° Des moyens économiques, barrières, boycottages, blocus, contre l’économie nationale de l’ennemi et contre celle des neutres qui l’avoisinent ;

3° Une propagande écrite ou parlée par radio contre la résistance morale du peuple ennemi et contre son armée, cela auprès des amis, des neutres et des ennemis ;

4° La destruction des alliances de l’adversaire, ou de ses relations et conventions politiques ou économiques avec des neutres, par pression ou par corruption.

Tout cela sert un grand but : assurer au vainqueur l’hégémonie absolue dans le monde entier.

Commentaire

On peut se demander si toutes ces hypothèses, ces scénarios, sont bien d’utilité et si cela avait un effet positif ou réconfortant de penser que la prochaine guerre serait comme la précédente, même si celle-ci devait être totale ? Au moment d’écrire son livre, il y avait un autre livre qui était paru en 1926, qui depuis l’avènement d’Hitler à la Chancellerie en 1933 et surtout depuis 1936 distribué comme cadeaux de mariage à chaque couple, le célèbre Mein Kampf, se répandait partout. Ne devait-il pas être lu par les militaires et politiques européens, sachant qu’Hitler avait écrit son programme de ce que devait être son combat. Ces considérations sur ce qu’avait été 14-18 et ce que devrait être la prochaine, ne me semble pas pertinent, mais l’on devait se réarmer aussi vite que possible pour rattraper le retard qui devait se voire quand même.

G.Tell

Repost 0
Published by G.Tell
commenter cet article
23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 16:37

Pas de guerre sans prétexte

La constatation des difficultés militaires et politiques que soulève une attaque brusquée, « comme un éclair dans un ciel serein », à savoir qu’il ne serait guère possible, malgré toutes les mesures de précaution, de conserver le secret, nous permet – mieux qu’une thèse quelconque – de prévoir la façon dont éclaterait une guerre future. Pour commencer les hostilités, l’homme politique a besoin, sinon d’un motif, tout au moins d’un prétexte de guerre. Il lui faut, à lui et non au militaire, une tension. Il soupèsera si le prétexte suffit pour élever l’opinion publique au point d’ébullition. Si oui, le chef militaire fera alors pleuvoir les coups.

La guerre de l’Italie contre l’Ethiopie a été entreprise sans déclaration, mais non sans tension, non sans prétexte et non sans une préparation visible et qui a duré des mois. La guerre d’Espagne est une révolution, une guerre civile, et l’on ne saurait la comparer à des hostilités entre deux Etats différents. L’ « attaque » japonaise contre la Chine a eu une longue préhistoire et eût été, bien longtemps avant, prévue par tout peuple qui n’a pas la mentalité orientale.

LA DÉFENSE DE LA SUISSE en cas d’invasion [3]

Aussi peut-on répondre par l’affirmative à la question de savoir si l’on pourra connaître à quel jour, à quelle heure commencera le danger pour notre pays. Nous ne voulons pas admettre en effet qu’une expérience séculaire de la politique n’ait pas laissé de traces chez nos chefs militaires. Ils nous ont en effet prouvé le contraire en proposant la création de garde-frontières, dont la mise en alerte signifiera protection et non mobilisation, création dont la dépense sera justifiée du fait qu’elle rendra perceptible le moindre indice suspect de l’autre côté de la frontière. La création de cours de répétition avec des unités prêtes à l’action constitue une mesure de précaution du même genre. Ce sera aussi l’heure de réunir notre Parlement et de choisir la personnalité d’un général éventuel, sans que la chose soit prédéterminée sous forme de la nomination d’un « général de paix ».

Car, si les nécessités purement militaires n’impliquent pas catégoriquement la désignation d’un chef de l’armée en temps de paix, les conditions politiques qui existent dans notre pays s’y opposent certainement.

LA DÉFENSE DE LA SUISSE en cas d’invasion

Repost 0
Published by G.Tell
commenter cet article
22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 16:12

L’auteur fait souvent référence à la Guerre mondiale, celle de 14-18 pour expliquer ce qui devrait se passer, les moyens à utiliser ou les difficultés que les Allemands à l’époque rencontrèrent dans leur avancée, en pensant que cette fois encore avec la volonté, on fera la même chose. 14 mois plus tard, Max Barthell aura la surprise de constater son erreur et que son optimisme d’alors était bien loin de la réalité des événements.

Il nous parle aussi de notre neutralité que personne ne défendra et que nos diplomates devraient s’atteler à chercher des alliés qui nous défendraient réellement en cas d’invasion. Il faudrait aussi, que les pays neutres puissent utiliser d’autres règles de la guerre, allant plus loin que ce qui est autorisé pour se défendre, là encore, les diplomates doivent y travailler. (Il pense à utiliser le potentiel énorme de la chimie bâloise.)

Le pauvre Max Barthell n’avait aucune idée de ce que les Nazis préparaient dans leur invasion de l’Europe. A plusieurs reprise l’auteur nous parle d’armée chevaleresque, comme si lors du précédent conflit mondial, les combats étaient dans cet esprit « chevaleresque », à ma connaissance seul les pilotes d’avion ont montré un peu de cet esprit et encore, pas toujours.

La Suisse devrait être prête en cas d’agression surprise, et si ce n’était pas le cas, selon M. Barthell, la force de nos politiques et le peuple relèverait le défi.

Voici ce que dit Max Barthell sur l’éventuel attaque par surprise.

« L’attaque par surprise »

« Le cas extrême où l’Assemblée fédérale pourrait être empêchée de se réunir par l’ouverture des hostilités découle de la thèse d’une guerre débutant « comme un coup de tonnerre dans un ciel serein ». Ce n’est pas comparable à l’invasion des Huns, dont on savait l’approche et devant lesquels tout fuyait. Toutefois, ils tombaient sur un pays pacifique sans déclaration de guerre. Mais ils n’existent plus aujourd’hui. Bien que j’aie l’esprit assez réaliste et que je doute par exemple, si la guerre mondiale avait eu une autre issue, que la Belgique ou la Serbie aient pu exister dans leur forme actuelle, j’estime cependant que le monde entier réserverait le même sort qu’aux Huns à un peuple qui, en pleine paix, attaquerait en assassin un peuple voisin. C’est sans doute une théorie, mais l’état-major général qui prépare une attaque de ce genre doit cependant compter avec cette théorie. Des esprits inquiets tireront peut-être un parallèle des événements qui se sont passés chez notre voisin de l’est (Autriche), dont l’existence a pris fin par l’entrée des troupes allemandes. Mais la comparaison est boiteuse. La désunion morale du peuple y était arrivée à un point que le gouvernement ne trouvait plus en ce peuple le soutien qui lui aurait été nécessaire. Chez nous, au contraire, un gouvernement de ce genre serait vite parterre. Et l’opération militaire ne pourrait se faire « à sec », elle ferait couler beaucoup, beaucoup de liquide, de liquide fumant et écarlate.

Admettons le cas où une semblable attaque serait projetée. À la mobilisation de 1914, les troupes frontières d’une garnison allemande devaient, six heures après réception du télégramme annonçant le « danger de guerre menaçant », être prêtes à marcher. Or, un quart d’heure avant que le porteur de la dépêche arrivât à la caserne, tout le village était informé. Il serait donc bien étrange que nous ne sachions pas nous aussi, une demi-heure après, ce qui nous menace. Si, malgré tout, la nouvelle nous échappait, et si nous ne remarquions même pas que les relations téléphoniques et télégraphiques sont interrompues depuis des heures au travers de la frontière intéressée, c’est que nous n’aurions pas eu la main heureuse en choisissant notre chef d’état-major général ; et ce n’est pas un chef suprême de l’instruction militaire qui y changerait quelque chose.

L’éventualité demeure d’un projet de mobilisation et de mise en alerte « secrètes » de troupes rapidement réunies. Cela ne serait pas possible chez nous, car comment tenir secret le fait que les fermes seraient abandonnées par leurs garçons, les usines et les bureaux par leurs ouvriers et leurs employés ?

D’autres Etats peuvent peut-être le faire. Mais même là, cette mesure implique l’existence de troupes permanentes. Et, là aussi, la mobilisation diffère essentiellement d’un exercice du temps de paix. Ce qui frappe surtout les regards, c’est le transport de munitions lourdes et le rappel des permissionnaires. Comment tenir la chose secrète ? Même si cette impossibilité se réalisait, la question se pose de savoir s’il peut exister un Etat quelconque qui oserait arracher à leur famille, sans leur permettre un adieu, les soldats de son armée permanente. Malheur à lui, dès les premières listes de pertes ; trois fois malheur à lui, en cas de défaite. Mais si un état-major était capable de résoudre les difficultés techniques d’une mobilisation secrète, l’homme politique n’en trouverait pas le moyen. Avec un « nous en avons assez », on peut peut-être, sans verser le sang, faire un chiffon de papier d’un traité gênant. Avec un « nous en avons assez », on peut même, sans verser le sang, envahir un pays qui ne tire pas un seul coup de fusil. Mais, faire d’abord couler le sang, et le lendemain expliquer qu’on « en a assez », c’est ce qu’aucun régime ne peut se permettre. Et cela d’autant moins que sera plus serein le ciel qui sillonnera l’éclair.

Tous les indices visibles nous autorisent à supposer qu’aucun des gouvernements des Etats qui nous entourent ne songe à se suicider. Bien au contraire. »

Repost 0
Published by G.Tell
commenter cet article
21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 15:50

Je suis en train de lire un livre paru en mars 1939, donc écrit en 1938, sur des considérations sur LA DÉFENSE DE LA SUISSE en cas d’invasion, et donc sur son avenir, quant à la guerre qui s’apprêtait à commencer bientôt.

Prochainement

Je vais en tirer quelques extraits pour donner le climat ainsi perçu par l’auteur, Max BARTHELL, Major d’artillerie. Ses impressions et ses conseils, à une époque où la question n’était pas de savoir si la guerre allait éclater, mais quand ?

Pour le peu que j’ai lu, il semble que l’auteur avait imaginé l’invasion de deux manières, sans une fois imaginer le verrou qui se réalisa lorsque les Allemands ont envahi la Zone libre en France.

Il parle d’une invasion militaire possible de trois groupes armés, les Allemands, les Italiens et les Français, ceux-ci pour contre-attaquer les Allemands en passant par la Suisse. Il nous parle de la ligne Maginot qui est infranchissable et solide.

Je lis la suite pour vous conter ce qui était prévu et ce qu’il faut pour éviter le désastre possible pour notre pays.

Repost 0
Published by G.Tell
commenter cet article
20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 16:10

Saut

Après le bond prodigieux du Chinois Ni Chih Chin à 2 m. 29 en 1970, l’Américain Pat Matzdorf a également franchi 2 m. 29 en 1971. L’ancien record (2 m. 28) détenu depuis 1963 par le Soviétique Valeriy Nikolayevich Brumel est ainsi battu.

Pat Matzdorf

Pat Matzdorf

Ni Chih Chin

Ni Chih Chin

Valeriy Nikolayevich Brumel en 1966

Valeriy Nikolayevich Brumel en 1966

Repost 0
Published by G.Tell
commenter cet article