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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 18:02

1970-1971

Genève

Par 25 097 non contre 14 035 oui, le corps électoral cantonal a refusé l’adhésion du canton de Genève au concordat intercantonal portant création d’un corps de police mobile intercantonal. Le Grand Conseil avait été favorable à cette adhésion mais un référendum avait été lancé par la gauche et l’extrême-gauche contre cette décision.

Cent quarante-sept ans après sa mort – les républiques sont ingrates mais pas éternellement oublieuses – le Genevois Charles Pictet de Rochemont, à qui notre pays est redevable de la reconnaissance de sa neutralité perpétuelle, par le Congrès de Vienne, en 1815, a enfin son monument, qui a été érigé sur la promenade de la Treille, au pied de la Tour Baudet, siège du gouvernement cantonal, à la suite d’une souscription privée. Son auteur est le sculpteur Peter Hartmann.

La statue de Pictet de Rochemont sur la promenade de la Treille

La statue de Pictet de Rochemont sur la promenade de la Treille

Non loin, l’ancien arsenal cantonal, qui est un monument historique, a été la proie des flammes, lors d’un incendie nocturne dont l’origine n’a pu être décelée par les enquêteurs. Il était alors en pleine réfection. On s’emploie à le restaurer, les gros dommages qu’il a subis n’étant tout de même pas irréparables.

Un autre incendie a sérieusement mis à mal, au boulevard Carl-Vogt, des studios de la Radio et de la Télévision romandes ; grâce aux prouesses techniques du personnel, les programmes ne furent pas interrompus.

Plusieurs congrès importants se sont déroulés, notamment celui de la Fédération internationale pharmaceutique qui a réuni plus de deux mille participants, venus du monde entier, et que M. Hans-Peter Tschudi, alors président de la Confédération, est venu saluer.

La mort a enlevé plusieurs personnalités genevoises, et notamment M. Aymon de Senarclens, 65 ans, ancien président du Conseil d’Etat et ancien conseiller national ; M. Marcel Guinand, 94 ans, doyen du barreau, ancien député au Grand Conseil et président-fondateur de l’Académie rhodanienne des lettres ; M. Martin Bodmer, 72 ans, ancien vice-président du CICR, humaniste de renom, qui a constitué une bibliothèque de réputation mondiale contenant plus de 100 000 documents de grande valeur, dont la Bible de Gutenberg ; M. Henri Trub, 64 ans, député du Parti du Travail au Grand Conseil, où il siégeait depuis vingt-cinq ans, et rédacteur en chef de La Voix ouvrière.

M. Martin Bodmer

M. Martin Bodmer

L’Eglise nationale protestante a été également frappée par la perte des pasteurs Emmanuel Christen, 101 ans, et Frédéric Klein, 66 ans, anciens modérateurs de la Compagnie des pasteurs.

Une grosse affaire pénale a secoué l’opinion publique. Il s’agit d’une double affaire d’écoute téléphonique illégale et d’espionnage économique, dans laquelle des détectives privés et des fonctionnaires sont impliqués. Les enquêtes ouvertes furent conduites tant par le Ministère public fédéral que par la Justice genevoise.

Une décision importante est intervenue : les pays européens se sont mis d’accord pour construire à Cointrin et dans le pays de Gex le Super-CERN, accélérateur géant de particules, qui contribuera au progrès de la physique des hautes énergies en Europe ; les travaux coûteront 1150 millions de francs et dureront huit années.

À suivre : pour finir avec Genève.

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 18:20

1970-1971

Genève

La population du canton de Genève continue de s’accroître. Elle atteint 331 000 habitants. La ville de Genève en compte 173 000 à elle seule. Les cinq autres villes du canton continuent leur développement : Vernier a plus de 22 000 habitants, Lancy plus de 21 000, Meyrin plus de 15 000, Carouge et Onex près de 14 000 chacune. Les dix-sept communes rurales du canton ne possèdent plus ensemble que 10 000 habitants.

Les finances publiques se portent bien puisque les comptes de l’Etat de Genève pour 1970 ont bouclé par un boni de 19 millions de francs et ceux de la Ville de Genève par un boni de 23 millions de francs.

En revanche, la pénurie de logements reste sérieuse, en dépit des efforts entrepris tant par les promoteurs privés que par les pouvoirs publics pour lui porter remède. La Ville de Genève a financé deux importantes opérations de restructuration urbaine, l’une dans le quartier des Minoteries, à Plainpalais, l’autre dans celui du Seujet, sous Saint-Jean, en bordure de la rive droite du Rhône, qui permettront d’offrir à la population plusieurs centaines de logements nouveaux. Mais comme le nombre des habitants ne cessent d’augmenter…

La circulation ne cesse de devenir de plus en plus dense. Il existe, dans le canton, 133 000 véhicules à moteur, dont plus de 110 000 sont des voitures, ce qui en fait un pour 2,47 habitants. Aussi les embarras de circulation sont-ils nombreux, et inextricables souvent, aux heures de pointe principalement.

Plusieurs scrutins importants ont eu lieu. D’extrême justesse, puisque la majorité n’a été que de 229 suffrages, alors que l’ensemble des votants avait atteint l’effectif de près de 70 000, ce qui représentait une participation de 41,53%, un crédit de 48 millions et demi de francs, voté par le Grand Conseil, et contre lequel il y avait eu référendum, a été finalement approuvé afin de permettre la réalisation de travaux d’infrastructure et d’aménagement concernant essentiellement la sécurité à l’aéroport de Cointrin. Un aéroport qui vient de fêter ses cinquante ans d’existence et qui voit accroître, année après année, la densité de son trafic et le nombre des passagers fréquentant son aérogare.

À la suite d’un recours, formé auprès de la Chambre de droit public du Tribunal fédéral, par le groupement d’action civique « Vigilance », l’élection, par le Grand Conseil, du nouveau Tribunal administratif, qui doit trancher des conflits pouvant surgir entre l’administration – soit l’Etat – et les citoyens, a été cassée parce que contraire à la Constitution genevoise. Le peuple a donc été appelé à se rendre aux urnes pour désigner lui-même ses nouveaux magistrats judiciaires de haut rang. Ont été élus MM. Pierre Pittard, président du Grand Conseil, Henri Werner, juge à la Cour de justice, Michel Lanfranchi, directeur adjoint de la Caisse cantonale de compensation, et Edgard Volpé, avocat. Le cinquième siège, demeuré en ballottage, a été repourvu lors d’un deuxième tour de scrutin, qui s’est révélé favorable à M. Rémy Riat.

L’élection de M. Pierre Pittard au Tribunal administratif a contraint le Grand Conseil à se donner un nouveau président, puisque incompatibilité constitutionnelle il y a entre les pouvoirs législatif et judiciaire. Le choix du parlement s’est porté sur M. Fernand Corbat, radical, parti auquel appartient également le président sortant.

À suivre, encore des nouvelles genevoises, politiques et autres.

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 15:57

1970-1971

L’année 1970 aura encore été l’année de la nature, à Fribourg aussi. Dans tous les districts on a fait la toilette du pays. On a surtout sensibilisé l’opinion publique qui n’a pas manqué de réagir avec vigueur chaque fois que des cas graves de pollution ont été signalés, comme à Montévraz ou à la Bibera, pour ne citer que deux exemples. On a protesté contre le projet bullois de créer une décharge publique à Villarbeney, dans la zone du lac de la Gruyère, et l’on est allé jusqu’au Tribunal fédéral pour que Fribourg et sa Société des transports en commun renoncent à leur décision de remplacer les trolleybus par des autobus.

Pollution des esprits aussi ! Le phénomène de la drogue n’a pas épargné Fribourg, contraignant éducateurs, médecins, police et juges à sévir, mais aussi et surtout à prévenir.

Si une lettre sévère d’un proviseur à un élève provoqua quelque effervescence au Collège Saint-Michel, si le licenciement d’un assistant suscita quelques remous et le boycott de cours à la section de philologie romane et de littérature française à l’Université, les troubles les plus graves éclatèrent dans l’historique salle du Grand Conseil, alors qu’un tribunal militaire jugeait un objecteur de conscience : un juge fut blessé et le mobilier endommagé.

Au début de l’an, un médecin bullois fit une grève remarquée. La commune d’Avry-sur-Matran se défendit contre les intentions de la capitale d’installer une ligne de tir sur son territoire. Les paysans ont manifesté à diverses reprises leur mécontentement face à la politique agricole du Conseil fédéral. Les commerçants bullois n’ont pas encore accepté de devoir chômer le Vendredi-Saint. On a protesté dans la Broye contre l’extension de la place d’aviation de Payerne. On a fermé celle de Fillistorf et l’on s’inquiète de certains projets dans la région des Grands-Marais.

Au chapitre des faits divers, les « esprits » ont fait parler d’eux à Villaz-Saint-Pierre, les taupes ont envahi principalement le sud du canton, des orages dévastateurs sévirent à Charmey et dans la région de Bulle, le syndic de Gruyères eut à se défendre devant les tribunaux pour n’avoir pas prononcé de discours de 1er Août, un spécialiste de l’évasion, Roger Ruffieux, réussit une nouvelle escapade après avoir enfermé son geôlier et un artisan dans les locaux de la police de sûreté au château de Bulle, deux alpinistes neuchâtelois trouvèrent la mort dans le massif du Moléson, un cadre d’une entreprise moratoise réussit une escroquerie assez exceptionnelle en encaissant pendant plusieurs années des salaires pour du personnel inexistant, le sang a coulé dans le paisible hameau de Blumisberg en Singine lors d’un drame passionnel meurtrier, le Parti socialiste suisse – événement historique dans la capitale du conservatisme suisse – tint congrès à Fribourg ; enfin, à la frontière des langues, Courgevaux confirma, lors du recensement fédéral, son appartenance à la culture française.

À suivre : Genève

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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 16:11

1970-1971

Encore des faits divers et autres informations.

Des quelque 1,4 million d’habitants de la Suisse romande, nombreux furent ceux qui suivirent avec attention les divergences de vues entre les gouvernements vaudois et fribourgeois concernant les autoroutes. En effet, pour pouvoir relier plus rapidement la Suisse romande à la Suisse alémanique, on a émis l’idée de concentrer argent et efforts sur le secteur d’autoroute Berne-Fribourg-Vevey, ce qui aurait retardé les travaux sur le secteur Berne-Yverdon-Lausanne, nettement plus long. Si l’idée souriait aux automobilistes genevois, aux Vaudois du Léman, aux Valaisans et aux Fribourgeois, elle fit froncer les sourcils de ceux du Nord vaudois et de Neuchâtel. En définitive, le Conseil fédéral a tranché en maintenant le statu quo.

Etat du réseau d'autoroute au 1er juillet 1971

Etat du réseau d'autoroute au 1er juillet 1971

À noter qu’un Romand, M. Roger Desponds, qui était directeur du 1er arrondissement des CFF à Lausanne, a été nommé directeur général de nos chemins de fer, à Berne.

Après les 24 morts de la Fraidieu en été 1969, http://www.ledauphine.com/haute-savoie/2012/07/15/aout-1969-le-naufrage-de-la-fraidieu-fait-24-victimes la région lémanique a vécu un nouveau drame du lac en été 1970 : une barque, la Sainte-Odile a fait naufrage par un coup de tabac, au large du port d’Yvoire : il y eut 7 noyés. http://www.sisl.ch/archives/2006/bulletin28/yvoire.pdf

Depuis 1945 à la tête du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr François Charrière, âgé de 77 ans, a cédé la crosse et la mitre à Mgr Pierre Mamie.

Deux personnalités romandes ont disparu : l’industriel Charles Veillon, 71 ans, fondateur de prix littéraires internationaux, et le colonel divisionnaire Marcel Montfort, 79 ans, qui commanda la 2e division puis la 1re de 1947 à 1955, après avoir, comme colonel-brigadier, commandé les brigades frontière 1 et montagne 10.

La Romandie n’a pas voulu son grand festival « pop » : après Engollon, Colombier, Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds, Lausanne a dit non, imitée en Valais par Salquenen.

Fribourg

Il aura fallu près de cinq ans depuis le dépôt de la motion du député Gaston Michel tendant à l’introduction du suffrage féminin dans le canton, pour que la femme fribourgeoise devienne enfin l’égale de l’homme sur le plan de la vie civique. Cette innovation ne manquera pas d’avoir certaines incidences lors des prochaines élections fédérales et cantonales d’octobre et novembre 1971. Tous les partis politiques ont fait un effort accru pour intéresser la femme à la vie civique.

Mais ce ne fut point-là leur seule préoccupation. Vu l’absence d’élections, cette période s’annonçait calme. Mais plusieurs événements déjouèrent ces pronostics. En effet, aux trois initiatives radicales sont venus s’ajouter le référendum contre le projet d’agrandissement de l’Institut agricole de Grangeneuve (le peuple a finalement refusé le crédit de 22 millions demandé par 23 656 non contre 21 663 oui), puis deux initiatives, celle émanant du Parti socialiste et tendant à la révision de la loi fiscale, et celle du Parti démocrate-chrétien, pour la révision de la loi sur l’assurance-maladie.

Quant au Grand Conseil, présidé pour la première fois par un agrarien, M. Gabriel Kolly, d’Essert, s’il a continué à chercher querelle au gouvernement dans les affaires tortueuses dites du bureau des autoroutes, des ponts et chaussées et du service des contributions, il sut pourtant manifester son unanimité et son appui au Conseil d’Etat « face à Berne ».

A plus d’une reprise, en effet, Fribourg a eu le sentiment que l’autorité fédérale se jouait de lui. Rappelons simplement le combat entre la Nationale 1 et la Nationale 12, les démarches pour que soit attribué à Grangeneuve, et non à Moudon, le centre de recherche pour le fromage de gruyère, les protestations contre les conclusions du rapport de l’Institut ORL de Zurich concernant l’aménagement du territoire. Et l’on pourrait ajouter les mesures linéaires anti-surchauffes, ainsi que la problématique centrale de chèques postaux pour laquelle Fribourg s’était mis sur les rangs.

À suivre : Encore des infos romandes. été 1970, été 1971

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 16:41

1970-1971

Exportation illégales d’armes

À Lausanne, avec sa sérénité olympique, le Tribunal fédéral a jugé les six inculpés de l’affaire Bührle. Reconnus coupables, à divers degrés, d’exportation illégale de matériel de guerre, les six personnages ont été frappé de peines plus sévères que celles réclamées par le procureur de la Confédération ! Les journalistes étrangers présents au procès pensaient que l’affaire serait étouffée : ils ont dû reconnaître que la justice helvétique ne se laisse pas influencer par la personnalité des coupables. Si les amendes infligées ont pu paraître légères (on a appliqué le maximum prévu par la loi), l’aspect social des condamnations, pour ces coupables, est bien plus lourd de sens.

Le mouvement de concentration qui caractérise l’évolution de l’industrie s’est concrétisé par la fusion de deux « grands » de la chimie bâloise : Ciba et Geigy, et par celle de deux « grands » de l’alimentation : Nestlé et Ursina. [ Ursina = Thomy & Franck]

Quant à l’Union des centrales suisses d’électricité, dont les quelque 400 centrales hydro-électriques, et les 4 ou 5 centrales thermiques à mazout et nucléaires alimentent notre pays en énergie électrique, elle a fêté ses 75 ans. Il y a trois quarts de siècle, la « fée électricité » modifiait de façon prodigieuse le mode d’existence et les conditions de travail de nos grands-parents.

Le Touring-Club suisse a également fêté ses 75 ans d’existence, tandis que Lucerne accueillait en juin 1971 la Fête fédérale de musique, et Fribourg en juillet la Fête fédérale des yodleurs.

Liauba !

Relevons aussi quelques faits divers de cette période, en vrac : la gare CFF de Lucerne a brûlé http://www.letemps.ch/Page/Uuid/a6c6b5e0-b947-11e0-9a8c-5da0590a8df0/Une_peinture_murale_sauv%C3%A9e_des_flammes : un avion bulgare s’est écrasé à Kloten, 45 morts [pas trouvé cet avion dans la liste des crashs d’avions sur Wikipédia ???] https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_catastrophes_a%C3%A9riennes ; dans une clinique zurichoise, un incendie a fait une trentaine de victimes âgées ; un organisme d’entraide, Caritas, a connu quelques démêlés à la suite d’une gestion incertaine ; un déséquilibré, à Zurich, a menacé de tuer un otage et de faire sauter un immeuble ; la Régie fédérale des alcools a annoncé qu’elle allait faire abattre 3 ou 4 millions d’arbres fruitiers dans les vergers du pays ! On ne pratique pas le détail dans les bureaux de Berne…

La gare de Lucerne en flammes

La gare de Lucerne en flammes

L'avion bulgare qui s'est écrasé à Kloten

L'avion bulgare qui s'est écrasé à Kloten

L’inflation intérieure a passé du trot au galop ; l’indice des prix à la consommation s’était fixé, fin juin 1970, à 112,3 points ; douze mois plus tard, à fin juin 1971, le « baromètre » indiquait 119,7 points.

À suivre : encore des faits divers et autres informations.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 17:05

1970-1971

Logements : toujours la pénurie

Au début de l’été 1971, pour atténuer la crise du logement, le Conseil fédéral a interdit toute démolition de maisons d’habitations dans les régions et agglomérations particulièrement touchées par la pénurie d’appartements. Quelques jours plus tard, il complétait cette mesure par une interdiction de construire, dans ces mêmes régions et agglomérations, des bâtiments de luxe ou non destinés en priorité au logement.

Enfin durant cet été, les partis politiques commençaient à fourbir leurs armes en vue du renouvellement quadriennal du Conseil national. Notons-le : le Parti Chrétien-social a changé de nom et s’appelle désormais « Parti démocrate-chrétien » (PDC). De son côté, M. James Schwarzenbach s’est distancé de « l’Action nationale contre la pénétration étrangère » en fondant un nouveau parti : « le Mouvement d’action républicaine et sociale » qui, dans plusieurs cantons, doit entrer en lice lors de ces élections nationales fixées à la fin octobre 1971.

Plus de « garde-à-vous » !

Parmi les autres événements qui ont marqué l’actualité nationale, il faut se souvenir du fameux rapport Oswald tendant à une modernisation de l’instruction dans l’armée. Le « garde-à-vous » est supprimé, les cheveux longs (mais propres !) sont tolérés, on ne dit plus « mon colonel » ou « mon capitaine » en s’adressant à un supérieur, mais tout simplement « colonel » ou « capitaine ». ces modifications sont les plus voyantes, mais certainement pas les plus importantes de cette refonte de l’instruction militaire, qui vise à restreindre l’aspect formel et le côté « apparat » de l’armée, au profit d’une efficacité plus grande. La discipline n’est plus l’unique force des armées…

Une année en Suisse et en Romandie [4]

À suivre : exportation illégales d’armes

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 17:26

1970-1971

Sur le plan intérieur, l’activité politique fut grande.

En septembre 1970, le peuple a accepté par 524 123 oui contre 178 355 non l’article constitutionnel nouveau visant à l’encouragement de la gymnastique et des sports par la Confédération. Lors du même scrutin, il a rejeté par 359 476 non contre 344 613 oui l’initiative dite « pour le droit au logement ». le lancement de cette initiative avait entraîné l’élaboration par le Conseil fédéral d’un train de mesures plus souples, destinées à activer, dans une perspective libérale, la solution du problème du logement. La participation à cette votation fut de 43%.

En novembre 1970, le contribuable fut appelé à décider à quelle sauce il serait mangé. Il s’agissait du nouveau régime des finances fédérales ; le projet prévoyait notamment une hausse de l’impôt sur le chiffre d’affaires, ainsi qu’une correction de la fameuse progression à froid grâce à des déductions sociales plus élevées. Pour différentes raisons, ce projet fut combattu par les ailes gauche et droite de l’éventail politique. Lors de la votation, il fut accepté par 366 090 oui contre 294 923 non, mais dans 11 cantons et 4 demi-cantons, la majorité fut « rejetante ». Si bien que le projet fut renvoyé au conseiller fédéral Celio, grand argentier, pour modification en vue d’une nouvelle votation populaire.

Dans nos rues...

Dans nos rues...

En février 1971, lors de la 224e votation fédérale depuis la création de l’Etat fédératif de 1848, les Suisses tournaient une page de leur histoire en plaçant leurs compagnes sur un pied d’égalité. Dans un mouvement d’autant plus généreux qu’il était tardif, ils acceptaient le suffrage féminin sur le plan fédéral par 621 403 oui contre 323 596 non, et avec une majorité de 15 cantons et 1 demi-canton : la minorité était formée des cantons ou demi-cantons d’Uri, de Schwyz, d’Obwald, de Glaris, des deux Appenzell, de Saint-Gall et de Thurgovie.

2011 est un jubilé pour les femmes suisses qui ont obtenu- les dernières en Europe ! - le droit de vote et d'éligibilité, le 7 février 1971. [Photo anonyme, 1928. Fondation Gosteli, Worblaufen - RTS]

2011 est un jubilé pour les femmes suisses qui ont obtenu- les dernières en Europe ! - le droit de vote et d'éligibilité, le 7 février 1971. [Photo anonyme, 1928. Fondation Gosteli, Worblaufen - RTS]

Ce fut une grande victoire pour les associations féminines qui avaient soutenu le bon combat durant des décennies. Mais coriaces sont tout de même ces 323 596 Helvètes qui ont déposé un « non » dans l’urne !

Enfin, en juin 1971, le projet du nouveau régime des finances fédérales, revu et corrigé par M. Celio, trouvait grâce devant le peuple et les cantons par 931 129 oui contre 348 451 non.

Quant à l’arrêté fédéral, soumis à la même consultation du corps électoral, concernant la protection de l’homme et de son milieu naturel contre les atteintes nuisibles et incommodantes, il était approuvé à la majorité convaincante de 1 222 493 oui contre 96 380 non.

A suivre : Logements : toujours la pénurie

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 17:27

1970-1971

Notre diplomatie mise à rude épreuve

Un second événement dramatique prit place au début de décembre 1970 : l’enlèvement de l’ambassadeur de Suisse au Brésil, M. Giovanni Bucher, par des opposants au régime militaire. Après un suspense qui dura jusqu’à fin janvier, M. Bucher fut libéré après que le gouvernement brésilien eut relâché 70 prisonniers politiques, dont le Suisse Jean-Marc von der Weid.

Vous parlez brésilien: https://vimeo.com/90376516

Que disions-nous dans nos journaux : http://doc.rero.ch/record/105139/files/1970-12-08.pdf

Sur un plan plus pacifique heureusement, notre pays a également dû faire jouer sa diplomatie et se lancer à l’eau ! En octobre 1970, les conseillers fédéraux Graber et Brugger se rendirent à Bruxelles pour présenter à la Communauté économique européenne une déclaration relative aux rapports que notre économie souhaite entretenir avec les six pays du Marché commun, tout en préservant notre neutralité politique.

Il ne fait pas de doute que les arrangements qui interviendront ne se feront pas sans concessions de notre part. L’opinion publique suisse devra s’ouvrir à ces problèmes, nouveaux pour elle. C’est pourquoi le conseiller fédéral Graber, chef du Département politique, a désiré renseigner plus largement la population en faisant appel à des spécialistes de l’information.

Enfin, un quatrième événement s’est produit, dont il faut rechercher les causes à l’étranger : il s’agit de la réévaluation de 7% du franc suisse, le 10 mai 1971. La parité de notre monnaie était restée identique pendant 34 ans, soit depuis septembre 1936, date à laquelle le franc suisse avait été dévalué de 30%. La réévaluation de mai 1971 s’est inscrite dans la crise monétaire provoquée en Europe par un afflux de dollars des Etats-Unis. Elle a pour conséquence principale une hausse du prix de nos produits d’exportation sur les marchés étrangers, ainsi qu’un renchérissement de notre tourisme.

Les quatre événements rappelés ci-dessus, si différents les uns des autres, démontrent une fois de plus que l’image conventionnelle de la Suisse (îlot de sécurité, de confort et de stabilité au centre du monde) est largement contredite par la réalité. Il faut en prendre notre parti : nous ne sommes plus seuls au monde !

À suivre : Votations fédérales

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 18:06

1970-1971

Une nouvelle fois, durant cette période, notre pays a été mêlé de très près à de graves événements internationaux. Après le tragique attentat contre le Coronado de Swissair en février 1970, dont on n’a pas pu identifier les auteurs, la Suisse a été entraînée bien malgré elle, par le biais des détournements d’avions, dans l’imbroglio politique du Moyen-Orient.

C’est ainsi que le soir du dimanche 6 septembre 1970, on apprenait avec stupeur que trois avions de ligne venaient d’être détournés au-dessus de l’Europe par des commandos du FPLP (Front populaire pour la libération de la Palestine). Il s’agissait d’un DC 8 de Swissair et de deux appareils appartenant à des compagnies américaines, un Boeing 707 et un tout nouveau Jumbo-Jet. Ce dernier fut dynamité à peine posé sur l’aérodrome du Caire, tandis que ses quelque 175 passagers et membres d’équipage étaient laissés libres.

Les trois Avions de ligne

Les trois Avions de ligne

Quant aux deux autres avions, ils se posèrent en plein désert jordanien, sur une piste de fortune, à Zarka. Deux ou trois jours plus tard, un appareil britannique également détourné en plein vol venait se poser à Zarka. Au total, les Palestiniens détenaient plus de 300 voyageurs, dans des conditions sanitaires tout à fait précaires.

Au lendemain de ces péripéties dangereuses, les ravisseurs palestiniens faisaient savoir qu’ils considéraient ces voyageurs comme des otages, et ils lançaient aux pays européens concernés un ultimatum de 72 heures pour qu’ils libèrent les Palestiniens incarcérés en Europe à la suite d’actes de piraterie antérieurs. En attendant, les trois appareils retenus sur la piste de Zarka étaient dynamités ! (Ces évènements sont connus sous le nom de Dawson Field)

Face à un ultimatum de cette nature, et compte tenu du fait qu’il s’agissait de fanatiques dont on pouvait craindre le pire, les pays européens n’avaient plus qu’à céder au chantage. On reprocha à la Suisse d’avoir cédé un peu rapidement, au bout de quelques heures seulement, ce qui aurait eu pour effet de renforcer les prétentions des ravisseurs.

Tout de même, à mi-septembre, ceux-ci libérèrent environ 250 personnes, femmes et enfants surtout : à fin septembre, les 50 ou 60 derniers otages pouvaient à leur tour regagner leurs pays, après leur mémorable séjour forcé dans le désert.

Après quoi, la Suisse libéra comme promis les trois Palestiniens qui avaient été condamnés à douze ans de prison pour l’attaque à la mitraillette d’un Boeing israélien stationné à Kloten.

Conséquence de cette série de détournements d’avions : les autorités firent appel à l’armée pour assurer la sécurité des aéroports. De nombreux soldats ont donc passé Noël 1970 sous l’uniforme, tant à Kloten qu’à Cointrin.

Pour un complément d’information sur les événements au Moyen-Orient à cette époque, une émission de radio La Première, d’une durée de 57 minutes est proposé aux curieux qui veulent se plonger dans l’ambiance. http://www.rts.ch/docs/histoire-vivante/4651182-une-mosaique-eclatee-1-5-25-02-2013.html

A suivre, Notre diplomatie mise à rude épreuve

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12 juillet 2015 7 12 /07 /juillet /2015 16:59

Il fait toujours chaud...

Vacances
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