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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 15:50

1970 – 1971

Vaud

Les douze mois écoulés furent presque sans histoire dans le canton de Vaud : il n’y avait pas d’élections au programme ! Mais tout de même, après Zurich et Genève, la contestation a gagné Lausanne. Le mois de juillet 1970 vit ainsi la température monter un peu avec la fermeture d’un bar à café par l’autorité. Le « Barbare », c’est son nom, était le refuge d’une certaine jeunesse. Elle ne l’entendit pas de cette oreille et manifesta son mécontentement en envahissant d’autres établissements publics ou en formant des monômes* dans les rues.

* https://fr.wikipedia.org/wiki/Mon%C3%B4me_%C3%A9tudiant

Il en fut de même dix mois plus tard, en mai 1971, lorsque plusieurs centaines de jeunes gens descendirent dans la rue pour réclamer le « cinéma moins cher ». La police dut mettre en action des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants et les nombreux badauds venus assister au « spectacle »…

Le cinéma moins cher ! En voilà une belle cause pour la jeunesse ! Ne vaudrait-il pas mieux manifester pour la lutte contre la faim dans le monde ? Ce serait en tout cas plus démonstratif d’un état d’esprit généreux. [En voilà un commentaire anti-jeune de l’époque !]

Rappelons aussi la polémique suscitée par la mise en vente, autorisée par le gouvernement, du « Petit Livre rouge des Ecoliers » ; nous ne ferons pas de ce factum notre livre de chevet… [Bien sûr, les rédacteurs du Messager Boiteux sont trop vieux pour lire un livre destiné aux écoliers, dès que la polémique s’est élevée, je cherchais à l’acheter et je le possède toujours.]

Le petit livre Rouge

Le petit livre Rouge

Première bonne nouvelle de l’été 1970 : le Signal-de-Bougy, haut lieu de courses d’écoles, qu’une entreprise étrangère se proposait de racheter pour en faire une maison de repos privée, demeurera toutefois accessible au public, grâce à la générosité d’une grande société commerciale suisse. [Migros]

En automne 1970, le 51e Comptoir suisse recevait le Ghana, le Chili, le canton de Soleure, ainsi que l’UNICEF qui prit la place de l’Algérie, cette nation ayant renoncé in extremis à sa participation.

Entendu, le canton de Vaud possède un vaste réseau routier qu’il faut sans cesse améliorer, quand bien même il n’y aurait que les pneus à clous pour ravager le macadam ! En été 1970 s’est ouverte la nouvelle route Montpreveyres-Bressonnaz, ou si vous préférez : Lausanne-Moudon. Malheureusement, de nombreux accidents s’y sont produits. Quelques mois après son ouverture, l’État prenait la décision d’y limiter la vitesse des véhicules à 100 km/h., ce qui a fait couler beaucoup d’encre. Il s’agit d’un essai de limitation de vitesse dont on peut être sûr que les résultats seront passés au crible d’une sévère critique de la part des associations d’automobilistes. [Pendant longtemps j’étais dans l’erreur et l’ignorance de ces faits, j’ai toujours pensé que l’introduction de la limitation de vitesse, 120 km/h pour autoroute et 80 km/h pour les routes cantonales, avait été introduite en 1964 lors de l’inauguration de la première autoroute. Je me trompais donc !]

Sur les bords du Léman, le secteur d’autoroute Vevey-Rennaz a été ouvert au début de novembre 1970, soulageant ainsi les agglomérations de Vevey, La Tour-de-Peilz, Montreux et Villeneuve d’une partie de l’intense trafic qui les traversait.

Autoroute sur Léman

Autoroute sur Léman

Puisque nous en sommes au chapitre des liaisons, il convient de rappeler que Vallorbe a fêté avec éclat, en septembre 1970, le centenaire de l’ouverture du secteur Daillens-Vallorbe de la ligne ferroviaire qui allait devenir plus tard l’artère internationale Paris-Lausanne-Milan-Brindisi.

En août 1970, un de nos avions Mirage s’est abattu près de Combremont ; le pilote a pu manœuvrer son siège éjectable. C’est le deuxième Mirage perdu par notre aviation militaire.

Quelques jours plus tard, un petit avion de tourisme de l’Aéro-Club de Gruyères s’écrasait au-dessus de Blonay ; ses deux occupants ont péri. Rappelons aussi l’horrible accident survenu à un passage à niveau à Grandson ; trois automobilistes français y trouvèrent la mort.

Durant cette période, le canton a perdu plusieurs personnalités de premier plan, et notamment : M. André Bovon, pasteur, 69 ans, qu’on surnommait volontiers le « pape » des Vaudois ; il fut président du Synode de l’Eglise réformée évangélique ; M. Henry Vallotton, 80 ans, qui fut une figure politique et littéraire marquante de notre pays ; en 1939, il présida l’Assemblée fédérale lors de la mobilisation générale et de la nomination du général Guisan ; M. Milo Martin, sculpteur renommé, mort à 77 ans ; M. Marcel-Edouard Sandoz, sculpteur également, mort à la veille de son 90e anniversaire ; grâce à son mécénat, une belle partie d’Ouchy a pu être protégée ; on doit également à sa générosité la réserve naturelle de La Pierreuse, véritable parc national vaudois, au Pays-d’Enhaut ; M. Jacques Freymond, 50 ans, conseiller national dont le nom avait été avancé plusieurs fois dans l’éventualité d’une vacance au Conseil fédéral ; M. David Dénéréaz, 81 ans, qui était abbé-président de la Confrérie des vignerons depuis 1952 ; ce fut sous son magistère que se déroula la Fête des vignerons de 1955, la prochaine aura lieu en 1977 ; ainsi en ont décidé à l’unanimité les membres de la Confrérie, lors de l’assemblée biennale du printemps 1971, tenue sous la présidence de M. Alfred Loude qui a remplacé M. Dénéréaz.

Les hauts de Montreux – Orgevaux, Le Folly, Le Molard – ont retenu l’attention de l’opinion publique, étant donné le projet touristique que d’aucuns ont lancé pour développer cette région encore intacte. Restera-t-il bientôt quelques sites encore vierges de l’atteinte de l’homme ?

La Confrérie du Guillon a fondé le Musée vaudois de la vigne et du vin, qui sera installé dès 1972 dans le Château d’Aigle, ancienne prison du district. Il eût été bien dommage de ne pas « récupérer » ainsi ce château, étant donné sa beauté et son cadre magnifique.

À Vevey, quelque 1300 élèves du Centre professionnel ont pris possession de leur nouveau bâtiment, tandis qu’à Lausanne, la Société vaudoise des maîtres secondaires fêtait son centième anniversaire et, l’Ecole cantonale des Beaux-Arts son cent-cinquantième anniversaire. On a également fêté le centenaire de la naissance du professeur Jules Gonin, mort en 1935, qui est universellement connu pour avoir mis au point, en 1916, l’opération du recollement de la rétine, une des grosses découvertes médicales du siècle.

À Lausanne encore, au printemps 1971, on posait la première pierre du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), très imposante construction dont le coût s’élèvera à plusieurs centaines de millions de francs.

La maquette du CHUV

La maquette du CHUV

La première pierre, quelque part ici !

La première pierre, quelque part ici !

Côté politique cantonale, l’initiative fiscale lancée par le Parti ouvrier populaire a été repoussée par 28 666 non contre 13 519 oui, avec une participation misérable de 15% ! Cette initiative était combattue par tous les autres partis vaudois.

Terminons cette rétrospective en signalant que le canton de Vaud compte neuf villes de plus de 10 000 habitants, qui sont : Lausanne (139 300 Habitants), Yverdon (20 800), Montreux (20 422), Vevey (17 922), Renens (17 253), Pully (15 792), Prilly (13 222), Morges (11 700) et Nyon (11 600).

Quelle sera la dixième ville vaudoise de plus de 10 000 habitants ?

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 16:18

1970 – 1971

Valais

Le Valais a poursuivi son développement et, une fois de plus, le tourisme a enregistré des résultats record. C’est ainsi que, du 1er novembre 1969 au 31 octobre 1970, le nombre de nuitées des établissements « concessionnés » a passé à 3 197 353, soit 191 263 de plus que lors de l’exercice précédent. La station de Zermatt est toujours au premier rang, suivie, pour la première fois, par Loèche-les-Bains. Verbier, Montana, Crans et Saas Fee constituent le haut de cette liste comprenant près de nonante sociétés de développement.

Ces dernières auront très probablement bientôt leurs assises législatives puisque l’on étudie actuellement une nouvelle loi sur leur organisation et sur celle de l’Union valaisanne du tourisme. Cette institution a poursuivi ses efforts afin de faire connaître le pays loin à la ronde. Elle était aidée, à maintes reprises, par l’Office de propagande pour les produits de l’agriculture (Opav), et des séances d’information organisées à l’étranger ou en Suisse étaient complétées par des dégustations de produits valaisans.

L’agriculture a connu une bonne année 1970 avec ses 93 000 tonnes de production, ce qui constitue un record.

On axe de plus en plus les cultures vers les légumes de garde et on assainit les vergers pour éviter les méventes. Les abricots, les tomates et les fraises, points chauds habituels, n’ont pas posé de graves problèmes d’écoulement. Quant au vignoble, il s’est surpassé totalisant, chiffres jamais réalisés, 57 576 007 litres, dont 39 798 314 litres de blancs.

L’industrie poursuit son implantation et enregistre quelques ouvertures de succursales de grandes maisons suisses ; d’autres sont en voie d’achèvement.

La main-d’œuvre est toujours très recherchée, même si la période des grands barrages est terminée – le dernier inauguré étant celui de Gebidem au-dessus de Naters-Blatten. La pénurie se fait surtout ressentir dans le bâtiment et dans l’hôtellerie.

Une année en Suisse et en Romandie [13]

La « surchauffe » intervint également dans le domaine… politique et parlementaire avec l’organisation de plusieurs séances supplémentaires du Grand Conseil pour permettre de traiter tous les problèmes urgents : lutte contre la pollution des eaux, planification hospitalière, construction ou amélioration de routes, constructions d’écoles, sans oublier maintes lois à créer ou à moderniser. Les finances de l’Etat ne semblent pas souffrir de ce surcroît de travail et de participations financière puisque les comptes 1970 bouclent avec plus de huit millions de bénéfice, alors que les prévisions budgétaires atteignaient un total déficitaire de plus de 33 millions de francs. Les lignes directrices de la planification quadriennale y sont certainement pour quelque chose.

À Saint-Maurice, un nouvel abbé a été élu par le chapitre des chanoines de l’Abbaye en la personne de Mgr Henri Salina, qui succède à Mgr Haller, 75 ans, démissionnaire.

Le canton a été particulièrement touché par le décès de plusieurs personnalités de premier plan, notamment MM. Georges Rey-Bellet, de Saint-Maurice, président en fonction du Grand Conseil, âgé de 44 ans ; Cyrille Pitteloud, ancien conseiller d’Etat et ancien président du gouvernement, âgé de 82 ans ; Marc Morand, ancien député, ancien président de Martigny, âgé de 82 ans ; Maurice Salzmann, président en fonction de la ville de Sierre, âgé de 64 ans ; et Louis Rebord, directeur des chemins de fer de la région de Martigny, président du Conseil d’administration de la Caisse d’épargne du Valais, âgé de 70 ans.

Le canton a pu, en cours d’année, se passionner pour des problèmes particuliers, l’actualité cantonale ne se signalant pas spécialement à l’attention de la population. C’est ainsi qu’une pétition pour sauver l’ermitage de Longeborgne, près de Sion, menacé en raison d’un projet de construction de route et de carrières, a groupé plus de 17 000 signatures.

Longeborgne

Longeborgne

D’autre part, l’implantation du nouvel hôpital de Sion, et celle du nouveau collège cantonal de Sion ont animé bien des conversations, sans compter la levée de boucliers provoquée par l’introduction d’agents de police en civil sur les routes, par l’afflux dans les boîtes aux lettres d’une « littérature » douteuse ou tout simplement pornographique, ou encore par le « Notre Père » très peu conformiste d’un ecclésiastique dans le vent… [Que disait-il ?]

Heureux pays toutefois qui peut consacrer son temps libre – il n’en reste pas beaucoup avec le développement de son économie – à la sauvegarde de ses traditions les plus belles, et qui voit ainsi, chaque dimanche de printemps, des milliers de personnes assister aux fameux combats de reines !

Une page sombre pourtant : en mars 1971, une avalanche a enseveli quatre jeunes gens du Val-d’Entremont, ainsi que le gardien de la cabane du Mont-Vélan.

Une inconnue – le vote des femmes – pèse sur le cycle d’élections qui débute en automne 1971 avec les élections fédérales, et qui se poursuivra par les communales à fin 1971, et les cantonales au début de 1972. Mais le canton a œuvré pour l’intégration politique de la femme en incluant celle-ci dans des comités et en organisant de nombreux forums d’information. [Alors Bobonne, tu vas voter comme moi !]

Lorsque nous aurons précisé que l’amnistie fiscale a « déniché » 335 millions de francs, que la Direction de l’arrondissement des téléphones de Sion vient de fêter son 40 000e abonné, que l’association du Chablais groupant des communes vaudoises et valaisannes vient de naître, que Morgins a fêté le 150e anniversaire de sa fondation, que Monthey a introduit la présidence permanente de la ville, que le « Confédéré », quotidien politique, s’est transformé en hebdomadaire, et que le Valais ne désespère pas d’organiser une fois les Jeux olympiques d’hiver, nous aurons terminé ce rapide survol des douze mois écoulés.

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 18:05

1970 - 1971

Neuchâtel

La période écoulée a été fertile en événements de toutes natures, mais nous en retiendrons deux qui, par leurs échos, ont suscité d’âpres controverses.

La première affaire est judiciaire. Le 8 octobre 1970, la Cour d’assises du canton acquittait, contre toute attente, un étudiant étranger qui, en 1967 à Neuchâtel, avait abattu un rival de quatre coups de revolver. L’absorption d’un médicament, avant ou après celle d’alcool, était-elle de nature à modifier le comportement du meurtrier ? La cour n’a pas acquis l’intime conviction de sa responsabilité lorsqu’il ouvrit le feu, d’où ce verdict qui a stupéfié.

En février 1971 cependant, la Cour de cassation pénale cassait le jugement rendu en première instance parce qu’insuffisamment motivé, de sorte que le coupable devra se présenter à nouveau aux assises.

Le deuxième événement a trait à la télévision : en octobre, une émission « 25 fois la Suisse, Neuchâtel » soulève une réprobation générale dans le canton. Le Grand Conseil la condamne unanimement. L’auteur de l’émission dira : « ce genre de réactions me paraît grave et de nature à compromettre des efforts pour une télévision vivante », et le chef du Département de l’information de la TV romande évoquera « la nécessité d’une promenade impressionniste et le besoin d’éviter de revenir sur ce qui est hebdomadairement montré à notre antenne ». L’image de la République en a-t-elle pris un « coup » au-dehors comme on l’a prétendu ? Il n’est pas dit, en tout cas, que censeurs et redresseurs de torts aient contribué à la mieux servir.

En septembre 1970, le corps électoral a été appelé aux urnes pour se prononcer sur une initiative popiste concernant les impôts ; cette initiative a été repoussée par 13 947 non contre 8046 oui.

De toutes les réalisations dont a pu, par ailleurs, se prévaloir le canton pendant la période écoulée, il en est quatre qui méritent qu’on s’y arrête. Il s’agit avant tout (le 8 décembre 1970) de cette première unité chirurgicale protégée de la Confédération, qui voit le jour à l’Hôpital Pourtales de Neuchâtel. C’est le conseiller d’Etat Rémy Schlaeppi, chargé de la protection civile, qui a coupé le ruban de ce merveilleux ensemble souterrain.

Les jeunes du « Vallon » ont désormais une nouvelle possibilité de préparer leur avenir : s’ils veulent se spécialiser dans un corps de métier ils pourront avantageusement fréquenter le Centre professionnel du Val-de-Travers à Fleurier. Le passage inférieur de Peseux, d’une part, le Grand-Pont de la Chaux-de-Fonds, d’autre part constituent deux gros et long travaux qui ont pu être menés à chef.

Côté célébration, une date n’est, de loin, pas passée inaperçue : il y a en effet cent ans – c’était le 1er février 1871 – l’armée française de l’Est dite des Bourbakis, pourchassée par les Allemands, pénétrait en Suisse pour y être internée. Il appartenait à la commune des Verrières de commémorer avec ses voisins cet épisode historique et dramatique de la guerre franco-prussienne.

S’agissant de la N5, une lourde injustice a été réparée en 1970 : le Conseil fédéral a reconsidéré le problème de l’artère nationale du pied du Jura et a décrété son reclassement de troisième classe en route de seconde classe, après intervention du gouvernement neuchâtelois à Berne par l’un de ses conseillers aux Etats. La conséquence financière pour le canton de Neuchâtel est d’importance, attendu que la subvention fédérale de 68% passe à 84%. La construction de la route avance très rapidement, plus rapidement même que prévu, dans la région de l’Entre-deux-Lacs. Le tronçon Areuse-Serrières progresse également de manière satisfaisante. Le passage de la N5 dans la Béroche devra être corrigé à Saint-Aubin. La route qui, primitivement, devait traverser le village dans une tranchée sera déplacée au nord de la localité qu’elle évitera.

Quant au raccordement de Neuchâtel à l’importante artère, rien n’a encore été décidé. Le peuple aura vraisemblablement à se prononcer sur deux tracés : au sud de la ville, en tranchées couvertes dans les remblayages en cours, ou au centre de la localité où la route ondulera entre deux niveaux avant de s’engouffrer dans un tunnel pour passer sous le quartier de l’église catholique et franchir le Nid-du-Crô sur un viaduc.

L’industrie horlogère a poursuivi sa mue. L’automatisation des moyens de production s’est accélérée, nécessitant d’importants investissements. De même la concentration des entreprises, conséquence de la lutte sur les marchés mondiaux, a vu le renforcement de plusieurs groupes.

L’ASUAG (Association suisse des fabricants d’ébauches) a pris le contrôle de sept producteurs de montres. Le géant prend ainsi pied, pour la première fois, dans des circuits de distribution. Pour sa part, la SSIH (Société suisse pour l’industrie horlogère) s’est assuré le contrôle d’un groupe de roskopfiers*, afin d’étendre la gamme de ses produits d’une part et de maîtriser des canaux de distribution du produit horloger bon marché d’autre part.

Dans ce groupe, un fabricant a présenté un nouveau calibre en matière synthétique qui bouleverse un certain nombre de données et dont les possibilités semblent immenses. Le nouveau calibre est remonté sur un pont mono-face, l’ajustage des pièces exclut le recours aux vis. [Ce n’est pas la Swatch inventée en 1980 par Ernst Thomke, Elmar Mock et Jacques Müller]

En juin 1971, un groupe américain a pris le contrôle d’une importante société d’horlogerie suisse, la quatrième en importance. Mais il fut précisé que la direction des usines sises au Locle et à La Chaux-de-Fonds, où travaillent près de 1200 personnes, resterait en mains helvétiques.

Enfin, la production mondiale de montres a atteint 147 millions de pièces, la Suisse en ayant assuré la moitié. C’est donc bien le lieu de rappeler ici que l’industrie horlogère a fêté, en été 1971, le 250e anniversaire de la naissance d’un de ses plus grands hommes : Pierre Jaquet-Droz, qui acquit une célébrité européenne au XVIIIe siècle, grâce notamment à ses fameux androïdes qu’on peut voir au Musée de Neuchâtel, et auxquels l’Almanach du Messager boiteux de 1967 a consacré un reportage aux pages 56 et 57.

Reste que le canton a adhéré à la coordination scolaire, que lors de la votation sur les droits civiques aux femmes sur le plan fédéral, les membres de l’Église réformée évangélique neuchâteloise (l’EREN) ont également accepté le pastorat féminin et, qu’enfin, le Grand Conseil a voté des mesures sociales en faveur des personnes âgées et instauré pour elles, l’assurance-maladie. De son côté, le corps électoral chaux-de-fonnier a repoussé par un non catégorique la demande de crédit qui devait permettre la réalisation d’un plan de circulation.

Cette rétrospective serait incomplète si l’on ne mentionnait pas la disparition du quotidien socialiste, « Le Peuple-La Sentinelle », fondé en 1890, et qui a cessé de paraître le 19 mai 1971.

À venir : Le Valais

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 16:45

1970 - 1971

Jura

Importante artère donnant accès au Jura, la nouvelle route des gorges du Taubenloch, avec le viaduc sur la Suze et le tunnel qui le précède, s’est ouverte au trafic au début de l’été 1970. À la même époque, la piscine chauffée de Tramelan était mise à la disposition du public.

Août et septembre 1970 nous ont gratifiés de leurs traditionnelles cortèges de réjouissances : le 67e Marché-concours de Saingnelégier (25 000 spectateurs) et la 13e Braderie de Porrentruy placée sous le signe du bleu, du blanc et du rouge (la Provence était en effet l’invitée d’honneur) ont laissé de lumineux souvenirs aux visiteurs accourus du dehors.

Il en fut de même d’ailleurs de la Fête du peuple jurassien, 23e du nom, qui fut marquée par la révélation d’un rapport qui fit du bruit, puisqu’il concernait en fait les personnes habilitées à prendre part à un éventuel plébiscite sur la libre disposition du Jura.

En septembre 1970 toujours, Moutier fêtait le centenaire de son Ecole secondaire tandis qu’en décembre Porrentruy marquait d’une petite cérémonie l’achèvement du gros œuvre de sa nouvelle Ecole normale d’instituteurs. Sonvilier, enfin, honorait à l’occasion de ses 80 ans le professeur et philosophe mondialement connu, Ferdinand Gonseth, son plus illustre bourgeois. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand_Gonseth

À quelques jours de la fin de l’an 1970 s’est éteint, à Courtelary, M. Camille Bloch, directeur fondateur et président du Conseil d’administration de la fabrique de chocolat du même nom. Autre disparition ressentie dans la région, celle survenue en février, de Jules Sandoz, horloger de haute lignée et ancien professeur du Technicum cantonal de Saint-Imier.

Cette période a vu le jugement de deux des auteurs du plus grand Krach financier que le Jura ait connu (35 millions de francs) ; mais ce ne sera pas l’unique affaire judiciaire dans la région. La plus sordide trouvera son épilogue en avril 1971. À cette époque comparaissent devant leurs juges un homme de 30 ans et son amie de 25 ans, qui, en septembre 1969, s’en étaient pris à un couple d’octogénaires habitant une ferme de la commune des Genevez : c’est le crime de Prédame. Le vieil homme subira des lésions corporelles graves ; son épouse décèdera des suites des violences exercées sur elle. Il y avait quarante ans que pareil crime n’avait été commis dans le Jura : les assassins écoperont de 20 et 16 ans de réclusion. Une rente alimentaire non payée est enfin à l’origine d’une autre tragédie : le 8 février 1971, à la ferme de Mont-Gremay située non loin des Malettes, sur la route des Rangiers, un agriculteur abat un gendarme, père de trois enfants en bas âge, tandis qu’un juge échappe de peu à la mort.

Mais il est temps d’évoquer les problèmes politiques et particulièrement la question jurassienne. Le procès tant attendu des Béliers s’ouvre devant le Tribunal fédéral le 22 février 1971. La Cour pénale a à connaître de deux affaires : l’occupation de la préfecture de Delémont le 29 juin 1968 et l’intrusion dans la salle du Conseil national le 11 décembre de la même année. Onze accusés doivent comparaître mais ne se présentent pas : ils ont gagné Strasbourg et le siège de la Commission européenne des droits de l’homme « pour faire connaître au monde entier la façon dont la Suisse traite les Jurassiens ». Le soir-même, les Béliers regagnent le pays et la ferme des « Vies », au-dessus de Develier, ferme dont le Rassemblement jurassien s’est assuré la jouissance depuis plusieurs années. L’attente du jugement commence.

En 1965

En 1965

À Lausanne, un des avocats d’office obtiendra la disjonction des cas de deux des accusés impliqués dans la seule affaire de Delémont. Les prévenus ne sont donc plus que neuf : alors que le procureur requiert des peines fermes pour deux d’entre eux, les neuf séparatistes obtiendront le sursis. Pour le RJ, « la lutte continue ».

Une année en Suisse et en Romandie [11]

Celle des Francs-Montagnards contre toute implantation militaire dans leur région aura duré jusqu’en 1970. L’an dernier, en effet, le Département militaire fédéral a offert aux communes de Montfaucon, Les Genevez et Lajoux la possibilité d’acquérir, dans un délai de trois ans, les biens-fonds situés sur leurs territoires respectifs. Les domaines couvrent une superficie de 289 hectares de terres qui pourront être cédés pour la somme de 3 858 000 francs, étant comprise la reconstruction de la ferme de Sous-la-Côte détruite par un incendie criminel en 1963.

Un problème chasse l’autre : Montfaucon, Les Genevez et Lajoux doivent à présent résoudre celui de l’affectation des terrains que la Confédération possède sur le haut-plateau et dont elle est disposée à se dessaisir, d’autant que l’échéance n’est pas lointaine. Deux Jurassiens sont sur les rangs : le premier projette l’utilisation de ces terres à des fins touristiques, le second propose de consacrer 30% de la surface au tourisme et de réaffecter les 200 autres hectares à l’agriculture. La question devra être tranchée entre ces deux formules : tourisme total, ou solution mixte : tourisme-agriculture. A fin juin 1971, une première option a été prise par les citoyens en faveur de la solution mixte.

Enfin, à cette même période a été inauguré le Centre protestant de Sornetan, situé au centre géographique du Jura.

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 17:49

1970-1971

En 1971, la métallurgie genevoise, et l’industrie du bâtiment dans une moindre mesure, ont vécu un « printemps chaud » avec une série de grèves qui se sont étendues à plusieurs usines et chantiers – notamment celui du nouveau siège du Bureau international du travail ; elles ont été suivies par près d’un millier d’ouvriers.

Une année en Suisse et en Romandie [10]

La vie citadine a été marquée par une manifestation populaire sympathique : « La vieille ville en fête », qui a rassemblé quelque 100 000 personnes. Il y eut aussi d’autres manifestations, bien différentes celles-là, à la suite de l’arrestation des membres d’une troupe de théâtre dite d’avant-garde, « Les Tréteaux libres », qu’un conseiller national communiste genevois a traité de « Tréteaux… libertins ». La Maison des jeunes a également fait couler beaucoup d’encre…

Voici fini, provisoirement, les infos sur la période été 1970 à l’été 1971, très synthétiques toute fois, trouvées dans l’almanach du Messager Boiteux, 265e année.

Les informations ainsi présentées sont bien plus un rappel des événements que tous ont déjà lues dans leurs journaux respectifs. Car bien souvent, ce que nous informe le Messager Boiteux n’a de sens que si l’on sait déjà de quoi on parle ; par exemple, l’information ci-dessus à propos des grève genevoises, on ne dit pas les raisons, ni le pourquoi, ni les revendications que cela impliquait de faire grève pour le millier d’ouvriers.

Quant aux membres de la troupe avant-gardiste « Les Tréteaux libre », qu’ont-ils fait pour se retrouvé embastillé, ont-ils dansé nu dans les rues de Genève… mais alors que la loi genevoise n’interdit pas aux citoyens de déambuler dans le plus simple appareil, auraient-ils dit des propos obscènes ?

Et que s’est-il passé à la maison des jeunes pour avoir fait couler beaucoup d’encre… on ne le saura peut-être jamais.

44 ans plus tard, on traite l’information différemment quand il s’agit de rappeler des faits divers de l’an passé ? Je devrais vérifier si l’Almanach du Messager Boiteux de cette année, nous parle de la même manière qu’en 1972.

PS. Si vous êtes neuchâtelois ou valaisans, je continuerais plus tard dans la rétrospective des informations de ces deux cantons pour l’été 1970 – été 1971.

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24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 18:02

1970-1971

Genève

Par 25 097 non contre 14 035 oui, le corps électoral cantonal a refusé l’adhésion du canton de Genève au concordat intercantonal portant création d’un corps de police mobile intercantonal. Le Grand Conseil avait été favorable à cette adhésion mais un référendum avait été lancé par la gauche et l’extrême-gauche contre cette décision.

Cent quarante-sept ans après sa mort – les républiques sont ingrates mais pas éternellement oublieuses – le Genevois Charles Pictet de Rochemont, à qui notre pays est redevable de la reconnaissance de sa neutralité perpétuelle, par le Congrès de Vienne, en 1815, a enfin son monument, qui a été érigé sur la promenade de la Treille, au pied de la Tour Baudet, siège du gouvernement cantonal, à la suite d’une souscription privée. Son auteur est le sculpteur Peter Hartmann.

La statue de Pictet de Rochemont sur la promenade de la Treille

La statue de Pictet de Rochemont sur la promenade de la Treille

Non loin, l’ancien arsenal cantonal, qui est un monument historique, a été la proie des flammes, lors d’un incendie nocturne dont l’origine n’a pu être décelée par les enquêteurs. Il était alors en pleine réfection. On s’emploie à le restaurer, les gros dommages qu’il a subis n’étant tout de même pas irréparables.

Un autre incendie a sérieusement mis à mal, au boulevard Carl-Vogt, des studios de la Radio et de la Télévision romandes ; grâce aux prouesses techniques du personnel, les programmes ne furent pas interrompus.

Plusieurs congrès importants se sont déroulés, notamment celui de la Fédération internationale pharmaceutique qui a réuni plus de deux mille participants, venus du monde entier, et que M. Hans-Peter Tschudi, alors président de la Confédération, est venu saluer.

La mort a enlevé plusieurs personnalités genevoises, et notamment M. Aymon de Senarclens, 65 ans, ancien président du Conseil d’Etat et ancien conseiller national ; M. Marcel Guinand, 94 ans, doyen du barreau, ancien député au Grand Conseil et président-fondateur de l’Académie rhodanienne des lettres ; M. Martin Bodmer, 72 ans, ancien vice-président du CICR, humaniste de renom, qui a constitué une bibliothèque de réputation mondiale contenant plus de 100 000 documents de grande valeur, dont la Bible de Gutenberg ; M. Henri Trub, 64 ans, député du Parti du Travail au Grand Conseil, où il siégeait depuis vingt-cinq ans, et rédacteur en chef de La Voix ouvrière.

M. Martin Bodmer

M. Martin Bodmer

L’Eglise nationale protestante a été également frappée par la perte des pasteurs Emmanuel Christen, 101 ans, et Frédéric Klein, 66 ans, anciens modérateurs de la Compagnie des pasteurs.

Une grosse affaire pénale a secoué l’opinion publique. Il s’agit d’une double affaire d’écoute téléphonique illégale et d’espionnage économique, dans laquelle des détectives privés et des fonctionnaires sont impliqués. Les enquêtes ouvertes furent conduites tant par le Ministère public fédéral que par la Justice genevoise.

Une décision importante est intervenue : les pays européens se sont mis d’accord pour construire à Cointrin et dans le pays de Gex le Super-CERN, accélérateur géant de particules, qui contribuera au progrès de la physique des hautes énergies en Europe ; les travaux coûteront 1150 millions de francs et dureront huit années.

À suivre : pour finir avec Genève.

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23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 18:20

1970-1971

Genève

La population du canton de Genève continue de s’accroître. Elle atteint 331 000 habitants. La ville de Genève en compte 173 000 à elle seule. Les cinq autres villes du canton continuent leur développement : Vernier a plus de 22 000 habitants, Lancy plus de 21 000, Meyrin plus de 15 000, Carouge et Onex près de 14 000 chacune. Les dix-sept communes rurales du canton ne possèdent plus ensemble que 10 000 habitants.

Les finances publiques se portent bien puisque les comptes de l’Etat de Genève pour 1970 ont bouclé par un boni de 19 millions de francs et ceux de la Ville de Genève par un boni de 23 millions de francs.

En revanche, la pénurie de logements reste sérieuse, en dépit des efforts entrepris tant par les promoteurs privés que par les pouvoirs publics pour lui porter remède. La Ville de Genève a financé deux importantes opérations de restructuration urbaine, l’une dans le quartier des Minoteries, à Plainpalais, l’autre dans celui du Seujet, sous Saint-Jean, en bordure de la rive droite du Rhône, qui permettront d’offrir à la population plusieurs centaines de logements nouveaux. Mais comme le nombre des habitants ne cessent d’augmenter…

La circulation ne cesse de devenir de plus en plus dense. Il existe, dans le canton, 133 000 véhicules à moteur, dont plus de 110 000 sont des voitures, ce qui en fait un pour 2,47 habitants. Aussi les embarras de circulation sont-ils nombreux, et inextricables souvent, aux heures de pointe principalement.

Plusieurs scrutins importants ont eu lieu. D’extrême justesse, puisque la majorité n’a été que de 229 suffrages, alors que l’ensemble des votants avait atteint l’effectif de près de 70 000, ce qui représentait une participation de 41,53%, un crédit de 48 millions et demi de francs, voté par le Grand Conseil, et contre lequel il y avait eu référendum, a été finalement approuvé afin de permettre la réalisation de travaux d’infrastructure et d’aménagement concernant essentiellement la sécurité à l’aéroport de Cointrin. Un aéroport qui vient de fêter ses cinquante ans d’existence et qui voit accroître, année après année, la densité de son trafic et le nombre des passagers fréquentant son aérogare.

À la suite d’un recours, formé auprès de la Chambre de droit public du Tribunal fédéral, par le groupement d’action civique « Vigilance », l’élection, par le Grand Conseil, du nouveau Tribunal administratif, qui doit trancher des conflits pouvant surgir entre l’administration – soit l’Etat – et les citoyens, a été cassée parce que contraire à la Constitution genevoise. Le peuple a donc été appelé à se rendre aux urnes pour désigner lui-même ses nouveaux magistrats judiciaires de haut rang. Ont été élus MM. Pierre Pittard, président du Grand Conseil, Henri Werner, juge à la Cour de justice, Michel Lanfranchi, directeur adjoint de la Caisse cantonale de compensation, et Edgard Volpé, avocat. Le cinquième siège, demeuré en ballottage, a été repourvu lors d’un deuxième tour de scrutin, qui s’est révélé favorable à M. Rémy Riat.

L’élection de M. Pierre Pittard au Tribunal administratif a contraint le Grand Conseil à se donner un nouveau président, puisque incompatibilité constitutionnelle il y a entre les pouvoirs législatif et judiciaire. Le choix du parlement s’est porté sur M. Fernand Corbat, radical, parti auquel appartient également le président sortant.

À suivre, encore des nouvelles genevoises, politiques et autres.

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 15:57

1970-1971

L’année 1970 aura encore été l’année de la nature, à Fribourg aussi. Dans tous les districts on a fait la toilette du pays. On a surtout sensibilisé l’opinion publique qui n’a pas manqué de réagir avec vigueur chaque fois que des cas graves de pollution ont été signalés, comme à Montévraz ou à la Bibera, pour ne citer que deux exemples. On a protesté contre le projet bullois de créer une décharge publique à Villarbeney, dans la zone du lac de la Gruyère, et l’on est allé jusqu’au Tribunal fédéral pour que Fribourg et sa Société des transports en commun renoncent à leur décision de remplacer les trolleybus par des autobus.

Pollution des esprits aussi ! Le phénomène de la drogue n’a pas épargné Fribourg, contraignant éducateurs, médecins, police et juges à sévir, mais aussi et surtout à prévenir.

Si une lettre sévère d’un proviseur à un élève provoqua quelque effervescence au Collège Saint-Michel, si le licenciement d’un assistant suscita quelques remous et le boycott de cours à la section de philologie romane et de littérature française à l’Université, les troubles les plus graves éclatèrent dans l’historique salle du Grand Conseil, alors qu’un tribunal militaire jugeait un objecteur de conscience : un juge fut blessé et le mobilier endommagé.

Au début de l’an, un médecin bullois fit une grève remarquée. La commune d’Avry-sur-Matran se défendit contre les intentions de la capitale d’installer une ligne de tir sur son territoire. Les paysans ont manifesté à diverses reprises leur mécontentement face à la politique agricole du Conseil fédéral. Les commerçants bullois n’ont pas encore accepté de devoir chômer le Vendredi-Saint. On a protesté dans la Broye contre l’extension de la place d’aviation de Payerne. On a fermé celle de Fillistorf et l’on s’inquiète de certains projets dans la région des Grands-Marais.

Au chapitre des faits divers, les « esprits » ont fait parler d’eux à Villaz-Saint-Pierre, les taupes ont envahi principalement le sud du canton, des orages dévastateurs sévirent à Charmey et dans la région de Bulle, le syndic de Gruyères eut à se défendre devant les tribunaux pour n’avoir pas prononcé de discours de 1er Août, un spécialiste de l’évasion, Roger Ruffieux, réussit une nouvelle escapade après avoir enfermé son geôlier et un artisan dans les locaux de la police de sûreté au château de Bulle, deux alpinistes neuchâtelois trouvèrent la mort dans le massif du Moléson, un cadre d’une entreprise moratoise réussit une escroquerie assez exceptionnelle en encaissant pendant plusieurs années des salaires pour du personnel inexistant, le sang a coulé dans le paisible hameau de Blumisberg en Singine lors d’un drame passionnel meurtrier, le Parti socialiste suisse – événement historique dans la capitale du conservatisme suisse – tint congrès à Fribourg ; enfin, à la frontière des langues, Courgevaux confirma, lors du recensement fédéral, son appartenance à la culture française.

À suivre : Genève

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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 16:11

1970-1971

Encore des faits divers et autres informations.

Des quelque 1,4 million d’habitants de la Suisse romande, nombreux furent ceux qui suivirent avec attention les divergences de vues entre les gouvernements vaudois et fribourgeois concernant les autoroutes. En effet, pour pouvoir relier plus rapidement la Suisse romande à la Suisse alémanique, on a émis l’idée de concentrer argent et efforts sur le secteur d’autoroute Berne-Fribourg-Vevey, ce qui aurait retardé les travaux sur le secteur Berne-Yverdon-Lausanne, nettement plus long. Si l’idée souriait aux automobilistes genevois, aux Vaudois du Léman, aux Valaisans et aux Fribourgeois, elle fit froncer les sourcils de ceux du Nord vaudois et de Neuchâtel. En définitive, le Conseil fédéral a tranché en maintenant le statu quo.

Etat du réseau d'autoroute au 1er juillet 1971

Etat du réseau d'autoroute au 1er juillet 1971

À noter qu’un Romand, M. Roger Desponds, qui était directeur du 1er arrondissement des CFF à Lausanne, a été nommé directeur général de nos chemins de fer, à Berne.

Après les 24 morts de la Fraidieu en été 1969, http://www.ledauphine.com/haute-savoie/2012/07/15/aout-1969-le-naufrage-de-la-fraidieu-fait-24-victimes la région lémanique a vécu un nouveau drame du lac en été 1970 : une barque, la Sainte-Odile a fait naufrage par un coup de tabac, au large du port d’Yvoire : il y eut 7 noyés. http://www.sisl.ch/archives/2006/bulletin28/yvoire.pdf

Depuis 1945 à la tête du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, Mgr François Charrière, âgé de 77 ans, a cédé la crosse et la mitre à Mgr Pierre Mamie.

Deux personnalités romandes ont disparu : l’industriel Charles Veillon, 71 ans, fondateur de prix littéraires internationaux, et le colonel divisionnaire Marcel Montfort, 79 ans, qui commanda la 2e division puis la 1re de 1947 à 1955, après avoir, comme colonel-brigadier, commandé les brigades frontière 1 et montagne 10.

La Romandie n’a pas voulu son grand festival « pop » : après Engollon, Colombier, Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds, Lausanne a dit non, imitée en Valais par Salquenen.

Fribourg

Il aura fallu près de cinq ans depuis le dépôt de la motion du député Gaston Michel tendant à l’introduction du suffrage féminin dans le canton, pour que la femme fribourgeoise devienne enfin l’égale de l’homme sur le plan de la vie civique. Cette innovation ne manquera pas d’avoir certaines incidences lors des prochaines élections fédérales et cantonales d’octobre et novembre 1971. Tous les partis politiques ont fait un effort accru pour intéresser la femme à la vie civique.

Mais ce ne fut point-là leur seule préoccupation. Vu l’absence d’élections, cette période s’annonçait calme. Mais plusieurs événements déjouèrent ces pronostics. En effet, aux trois initiatives radicales sont venus s’ajouter le référendum contre le projet d’agrandissement de l’Institut agricole de Grangeneuve (le peuple a finalement refusé le crédit de 22 millions demandé par 23 656 non contre 21 663 oui), puis deux initiatives, celle émanant du Parti socialiste et tendant à la révision de la loi fiscale, et celle du Parti démocrate-chrétien, pour la révision de la loi sur l’assurance-maladie.

Quant au Grand Conseil, présidé pour la première fois par un agrarien, M. Gabriel Kolly, d’Essert, s’il a continué à chercher querelle au gouvernement dans les affaires tortueuses dites du bureau des autoroutes, des ponts et chaussées et du service des contributions, il sut pourtant manifester son unanimité et son appui au Conseil d’Etat « face à Berne ».

A plus d’une reprise, en effet, Fribourg a eu le sentiment que l’autorité fédérale se jouait de lui. Rappelons simplement le combat entre la Nationale 1 et la Nationale 12, les démarches pour que soit attribué à Grangeneuve, et non à Moudon, le centre de recherche pour le fromage de gruyère, les protestations contre les conclusions du rapport de l’Institut ORL de Zurich concernant l’aménagement du territoire. Et l’on pourrait ajouter les mesures linéaires anti-surchauffes, ainsi que la problématique centrale de chèques postaux pour laquelle Fribourg s’était mis sur les rangs.

À suivre : Encore des infos romandes. été 1970, été 1971

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17 juillet 2015 5 17 /07 /juillet /2015 16:41

1970-1971

Exportation illégales d’armes

À Lausanne, avec sa sérénité olympique, le Tribunal fédéral a jugé les six inculpés de l’affaire Bührle. Reconnus coupables, à divers degrés, d’exportation illégale de matériel de guerre, les six personnages ont été frappé de peines plus sévères que celles réclamées par le procureur de la Confédération ! Les journalistes étrangers présents au procès pensaient que l’affaire serait étouffée : ils ont dû reconnaître que la justice helvétique ne se laisse pas influencer par la personnalité des coupables. Si les amendes infligées ont pu paraître légères (on a appliqué le maximum prévu par la loi), l’aspect social des condamnations, pour ces coupables, est bien plus lourd de sens.

Le mouvement de concentration qui caractérise l’évolution de l’industrie s’est concrétisé par la fusion de deux « grands » de la chimie bâloise : Ciba et Geigy, et par celle de deux « grands » de l’alimentation : Nestlé et Ursina. [ Ursina = Thomy & Franck]

Quant à l’Union des centrales suisses d’électricité, dont les quelque 400 centrales hydro-électriques, et les 4 ou 5 centrales thermiques à mazout et nucléaires alimentent notre pays en énergie électrique, elle a fêté ses 75 ans. Il y a trois quarts de siècle, la « fée électricité » modifiait de façon prodigieuse le mode d’existence et les conditions de travail de nos grands-parents.

Le Touring-Club suisse a également fêté ses 75 ans d’existence, tandis que Lucerne accueillait en juin 1971 la Fête fédérale de musique, et Fribourg en juillet la Fête fédérale des yodleurs.

Liauba !

Relevons aussi quelques faits divers de cette période, en vrac : la gare CFF de Lucerne a brûlé http://www.letemps.ch/Page/Uuid/a6c6b5e0-b947-11e0-9a8c-5da0590a8df0/Une_peinture_murale_sauv%C3%A9e_des_flammes : un avion bulgare s’est écrasé à Kloten, 45 morts [pas trouvé cet avion dans la liste des crashs d’avions sur Wikipédia ???] https://fr.wikipedia.org/wiki/Chronologie_de_catastrophes_a%C3%A9riennes ; dans une clinique zurichoise, un incendie a fait une trentaine de victimes âgées ; un organisme d’entraide, Caritas, a connu quelques démêlés à la suite d’une gestion incertaine ; un déséquilibré, à Zurich, a menacé de tuer un otage et de faire sauter un immeuble ; la Régie fédérale des alcools a annoncé qu’elle allait faire abattre 3 ou 4 millions d’arbres fruitiers dans les vergers du pays ! On ne pratique pas le détail dans les bureaux de Berne…

La gare de Lucerne en flammes

La gare de Lucerne en flammes

L'avion bulgare qui s'est écrasé à Kloten

L'avion bulgare qui s'est écrasé à Kloten

L’inflation intérieure a passé du trot au galop ; l’indice des prix à la consommation s’était fixé, fin juin 1970, à 112,3 points ; douze mois plus tard, à fin juin 1971, le « baromètre » indiquait 119,7 points.

À suivre : encore des faits divers et autres informations.

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