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8 février 2018 4 08 /02 /février /2018 18:05

 

Un chapitre tiré du livre de Frank Bridel, journaliste, auteur de Suisse mon amour, De A à Z, cinquante-deux coups de cœur. Paru aux Éditions Slatkine, 2011

Aux temps de son enfance, de son adolescence et des deux guerres mondiales, la Suisse officielle a cultivé le souvenir des victoires remportées jadis par les Confédérés. Elles ne le fait plus. Nombre d’historiens ont préféré l’histoire de la société, de l’économie, de la politique, des mœurs. Mais, dans les cantons, on célèbre encore l’histoire des batailles.

On l’associe, forcément, aux sites où elles ont fait rage. Or, ils sont presque tous beaux, parce que les armées qui se sont affrontées dans un pays montagneux ont lutté pour la maîtrise d’un château, d’une colline, d’un village sous une église, d’un bourg derrière ses remparts, d’un rivage, d’un défilé où roule un torrent. Le pittoresque rejoint la geste, dans une célébration des prouesses qui occulte l’horreur des combats.

Ainsi Grandson et son église romane. Petite, sobre, elle concilie la soif de l’essentiel avec le quotidien des hommes, tel celui qui, sur un chapiteau, se tire une épine du pied. Anecdote ou symbole ? Comme souvent face à l’art roman, on ne sait pas. On admire le château médiéval qui domine le lac de Neuchâtel. Or, à la fin du quinzième siècle, toute une garnison de Suisses y fut pendu par Charles le Téméraire, inconscient des défaites et de la mort dont il s’approchait.

Ce furent les guerres de Bourgogne. Le « Grand-Duc d’Occident », le plus puissant féodal qui jamais osât défier le roi de France, crut devoir mater les Confédérés. Il rassemble une des plus belles armées de l’histoire et une suite fastueuse où abondent or, argent, pierres précieuses, tapisseries, armes et armures damasquinées, couverts, vaisselle et autres objets finement ouvrés. Il passe le Jura et veut en longer les contreforts entre lac et coteau. Devant lui se dresse Grandson. Il l’assiège, s’en empare et n’y fait pas de quartier. Il veut poursuivre mais, entre-temps, les Confédérés ralliés par Berne se sont mis en route contre lui. Les deux armées s’affrontent en pleine marche. Un mouvement tournant des Suisses menace celle du duc, dont les ordres contradictoires sèment la panique. Charles s’enfuit avec ce qu’il peut sauver de ses troupes et repasse le Jura.

Morat, victoire suprême, et onze autres batailles.
La fuite

La fuite

Mais la soif de revanche ajoute à sa volonté de conquête. En trois mois il a reconstitué une armée aussi luxueuse que la première, la rassemble au-dessus de Lausanne et fait mouvement en direction de Berne. Cette fois, il évite Grandson mais se heurte plus loin à la place forte de Morat, sur le petit lac de ce nom. Il l’assiège et, selon les règles de l’époque, protège ses troupes du côté de l’ennemi par une fortification de bois et de branchages que les chroniqueurs appelleront la « haie verte ». Mais les Suisses accourent, se préparent à l’attaque sous le couvert d’une forêt et tâtent les avant-postes bourguignons, qui signalent le danger.

Insouciant, le duc déjeune. On l’avertit de la menace mais il la néglige. Quand les Suisses sont sur la haie verte il n’a que le temps de mettre son armure et de monter à cheval. Déjà les Bernois et leurs alliés confédérés déferlent sur le camp. De nouveau, le Téméraire s’enfuit avec les troupes qu’il peut encore dégager, abandonnant sur place un butin richissime. On imagine les rustiques vieux Suisses aux mains calleuses salivant devant ce trésor, les yeux écarquillés, comme les quarante voleurs dans la caverne d’Ali Baba. Avant de s’en emparer et de se le disputer âprement, les Confédérés poursuivent les retardataires et se vengent sur eux des victimes de Grandson. Les prisonniers sont pendus aux arbres du rivage ou noyés dans le lac. De nos jours, il arrive qu’une algue teigne ses eaux de rouge : c’est « le sang des Bourguignons », disent les riverains.

Telle est l’avant-dernière défaite du Hardi, qui périra l’année suivante après celle de Nancy. Sous son chapeau garni de médailles pieuses, Louis XI soupir de soulagement, lui dont on soupçonne que l’or a stimulé l’ardeur des cantons. Pour l’Europe, c’est un tournant. Pour les Suisses, la victoire sur un aussi grand prince est glorieuse, telle que décrite par un témoin étranger, l’ambassadeur de Milan, rescapé dont la plume tremble encore de terreur. L’infanterie helvétique est au sommet de sa puissance.

 

On ne peut pas ne pas s’en souvenir quand on s’attarde à Grandson face au long lac de Neuchâtel ou qu’on boit un café sur le port de Morat. Les peuples et leurs Etats sont tels qu’ils oublient les victimes des guerres médiévales – dans les deux camps – et ne veulent se rappeler que les hauts faits. De nos jours, quelques Vaudois refusent de s’associer à la célébration de l’exploit parce que, disent-ils, leurs ancêtres, encore bien loin de devenir suisses, combattirent aux côtés du duc. Malheur aux vaincus, puisque ce sont les vainqueurs qui écrivent des histoires destinées à devenir nationales ou même européennes, comme celle des guerres de Bourgogne !

Les Suisses, loin d’en être à leurs premiers succès militaires, s’étaient fait la main contre les Habsbourg, qui voulaient leur dérober la route du Saint-Gothard, trait d’union entre les Allemagnes et l’Italie. Au début du quatorzième siècle, peu après l’alliance confédérale de 1291, c’est d’abord la bataille de Morgarten. Les hommes des trois cantons primitifs y appliquent déjà la tactique dictée par le terrain : tenir les hauteurs, laisser l’ennemi s’engager dans le guet-apens d’un défilé, fondre sur lui à grand renfort de pierres et de troncs d’arbre, barrer la route à l’avant-garde adverse, couper la colonne de l’attaquant et y semer le désordre. Ainsi remportent-ils cette première victoire.

Quelques années plus tard, ils battent à nouveau la chevalerie autrichienne à Sempach. Les victoires contre les ducs et empereurs d’Autriche se succèdent, selon une liste que les enfants des écoles ont récitée pendant des siècles. Moins connue mais non moins typique, celle de Calven, ou Chalaveina en romanche, est toujours commémorée dans le canton des Grisons, même si les chroniqueurs modernes insistent plus que leurs prédécesseurs sur le malheur des vaincus. Là, au débouché d’un défilé, leurs ancêtres ont une fois de plus réussi un mouvement tournant. De nuit, à la force de leurs mollets, ils grimpent sur un massif et, non sans s’être un peu égarés en chemin, parviennent à se précipiter sur les arrières des Autrichiens.

C’est une des batailles menées aux confins orientaux de la Suisse, dans une zone fatalement promise aux conflits et aux symboles. Jadis, Confédérés et Autrichiens s’y sont disputé les rives de l’Adige naissant (en allemand Etsch), qui finira son cours dans l’Adriatique, et une vallée que désignent trois noms proches du français : Monastero en italien, Müstair en romanche, Münster en allemand. Un peu plus au nord, de l’autre côté du Reschenpass (Passo di Resia), l’Inn débouche de l’Engadine pour s’écouler jusqu’au Danube. Le partage des eaux est donc proche, mais en plein mélange des langues depuis que l’Italie, après ses combats de la Grande Guerre, a reçu ces terres en partage. Etrange région, devenue touristique et donc pacifique, où l’on doute que les hommes aient pu se combattre avec tant de violence.

L’italien, on le retrouve dans d’autres batailles, d’une autre vallée, la Leventina, où coule le Tessin. C’est que, non contents de vaincre les Autrichiens au nord du Saint-Gothard, les Confédérés ont voulu s’en assurer le versant sud. D’où une série d’expéditions, de succès et de revers qui les font descendre et remonter le long de la Leventina comme des ramoneurs dans une cheminée.

Ils se font battre par les Milanais à Arbedo mais les défont à Giornico, en plein hiver glacial. C’est encore le succès de la tactique traditionnelle, celui d’une poignée d’hommes appuyés par d’autres qui ont gagné les monts. D’en haut, une fois de plus, ils déversent des pierres, puis dévalent le coteau pour désorganiser les chevaliers du duc de Milan – alors ennemi, bientôt allié – dont les palefrois glissent sur un sol gorgé d’eau que le froid a gelé. Bataille des sassi grossi, selon les Tessinois, c’est-à-dire des gros cailloux.

Le site de Giornico, sur sa colline au fond de la vallée, dévoile au premier coup d’œil ce qu’a dû être la bataille mais propose au touriste amoureux d’art la plus pure église romane du Tessin. Des architectes et maçons dont les descendants ont peut-être travaillé à Rome et à Saint-Pétersbourg ont couvert ses murs de dalles tantôt carrées, tantôt rectangulaires, vertes, arrachées comme les lauzes du toit au granit qui est l’os de toute cette région. Comme il se doit au sud des Alpes, des lions approximatifs font semblant de soutenir les colonnes du portail. Dans la nef, sur une fresque, un Saint Christophe portant l’enfant Jésus s’offre à l’invocation des voyageurs, comme ses répliques que les chauffeurs de taxi italiens pendent à leurs tableaux de bord avec des photos de leur famille. Au fond se superposent deux chœurs. Le premier incite à la méditation. Le second, au-dessus, fait monter l’âme.

Quitté Giornico et sa merveille, on plonge sur Bellinzona, clé de la Leventina, et ses châteaux qui portèrent en pleine terre latine les noms alémaniques des trois cantons primitifs. On les a rebaptisés en italien et inscrit au patrimoine de l’UNESCO. Quand les Suisses font enfin la paix avec le duc de Milan ils touchent le faîte de leur puissance et la disputent au roi de France, qu’ils battent en une heure à Novare. Mais deux ans plus tard, divisés et trop aventurés, ils sont manœuvrés par François 1er, qui, secouru au bon moment par l’armée de Venise, leur inflige à Marignan leur plus cuisante défaite. [Le jeune roi, 21 ans, est souverain depuis janvier, la bataille a lieu en septembre.] C’est la victoire de l’artillerie et de la tactique françaises sur des fantassins redoutés pendant deux siècles. Les Suisses se retirent. Ils ne tenteront plus jamais de conquêtes en Lombardie, mais leurs mercenaires vaincront François 1er à Pavie, où d’ailleurs le Tessin se jette dans le Pô. C’est la défaite après laquelle ce roi de France écrira sa lettre fameuse : « Tout est perdu, fors l’honneur et la vie qui nous est sauve ».

Trois quarts de siècle plus tard, une autre bataille secoue la ville de Genève, échappée de peu à une tentative de coup de main ourdie de nuit, en catimini, par le duc de Savoie. C’est l’Escalade. Selon l’histoire teintée de légende, l’agresseur avait progressé sans bruit dans une partie de la ville jusqu’au moment où une sentinelle donna l’alarme tandis qu’une bonne femme, la Mère Royaume, faisait pleuvoir sur les agresseurs une soupe aux légumes qu’elle avait mise à mitonner dans une grosse marmite.

Les Genevois célèbrent chaque année l’Escalade par des rites immuables, dont un cortège en costume du dix-septième, des coups de canon et une tradition familière qui concilie la légende, l’humour et la gastronomie. Ils achètent chez leur confiseur préféré une marmite en chocolat pleine de légumes en massepain. Ils la posent sur une table, chez eux ou chez des amis. Le plus jeune d’entre eux se saisit d’une épée et en frappe la marmite pour la casser en clamant : « Qu’ainsi périssent les ennemis de la République » ! Après quoi, dans un frisson de patriotisme qui interrompt leur gouaille habituelle, ils entonnent le « C’est qu’è lainô », cantique dont les 68 couplets célèbrent en franco-provençal le Dieu des Genevois protestants qui les protégea des catholiques Savoyards.

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3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 18:14

Ce n’est pas la saison des tomates, mais vous en avez partout en vente dans nos supermarchés.

 

Elles n’ont pas de gout, beaucoup d’eau, autant cuire ces tomates insipides si vous désirer vraiment manger des tomates.

Tomates farcies.

Farcir les tomates n’est pas si facile qu’on le peut croire

 

Il faut d’abord les couper en deux dans le sens de la largeur, enlever à la cuiller les graines, et placer les coupes ainsi formées sur un feu doux, pour qu’elles rendent leur eau en abondance. Après quoi on les laisse s’égoutter sur un tamis.

 

N’hésitez pas à choisir un morceau d’ail de la grosseur d’une amande, une gousse d’échalote, quelques champignons. Ajoutez une tomate hachée, de la chair de volaille ou de mouton rôti, une tranche de jambon cuit. Voilà la farce. Vous la salerez et vous la poivrerez comme il sied.

 

Les tomates placées sur un plat qui servira pour les présenter, seront serrées les unes contre les autres, garnies chacune d’une couche de beurre, arrosées d’huile d’olive et mises au four, après qu’un peu de chaleur aura fait fondre le beurre et pénétrer l’huile dans la chair de ce légume-fruit.

 

Alors, couronnez-les d’un peu de chapelure et de fromage râpé. Et glissez le plat au four de nouveau, après avoir versé sur chaque tomate une cuillerée de jus de viande.

 

Elles sortiront du four, bouillantes. A ce moment-là, on ne court pas le risque de les refroidir en égouttant sur elles le jus d’un citron.

Recette de partout

Recette tirée du « Plats du Jour » par Paul Reboux, 1936

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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 18:53

Comment vous expliquer certaines particularités de notre pays, quand on n’est pas historien et que j’essaie par mes moyens de le faire quand-même. Je cherche pour cela de l’aide, principalement des livres, vieux ou récents, qui parlent de l’histoire suisse d’une façon ou d’une autre, mais toujours à intéresser mes suiveurs.

Les bouquinistes et brocanteurs sont ma principale source des ouvrages que j’utilise. Dernièrement, un petit livre intitulé : « L’histoire SUISSE en un clin d’œil » a attiré mon regard. Une fois lu, j’ai appris certaines choses que j’ignorai et pour le reste, c’était du déjà vu et déjà publié sur le blog.

Le livre en question est écrit par une journaliste (Joëlle Kuntz) et non par un historien, mais cela n’empêche pas Jean-François Bergier, historien, de préfacer ce petit livre. Voici ce qu’il en dit :

« Ce petit livre est écrit par une journaliste de talent, soucieuse de faire comprendre la Suisse, ce pays petit, mais si compliqué, à ceux qui viennent la visiter. De l’expliquer à travers les étapes de sa construction, c’est-à-dire son histoire. De montrer comment ce pays s’est forgé une âme, des cultures politiques, une prospérité qui doivent beaucoup à ses voisins mais qui lui confèrent son identité singulière. La journaliste a fait confiance aux historiens en s’entourant de leurs livres. Et l’historien que je suis est séduit par la lecture qu’elle en a faite, ingénieuse, libre et volontiers provocante. »

Je tire de ce livre le passage que l’auteur consacre à Berne.

Berne

La tête politique de la Suisse

Un œil sur l’Histoire

Si Zurich est le poumon de la Suisse, Berne en est la tête. La tête politique tout au moins. Berne a « fait » la Suisse. Elle en est la puissance centrale, au sens géographique et historique. République aristocratique installée dans une boucle majestueuse de l’Aar que le dernier des ducs de Zähringen, Bertold V, a choisie en 1191 pour y fonder une ville, Berne manie dès l’origine l’art politique et militaire. D’abord pour accroître ses propres domaines et devenir le plus grand et le plus redouté des cantons dans l’ancienne Helvétie. Ensuite pour accroître l’influence des Confédérés auxquels elle s’est jointe en 1353. La politique est ce que Berne sait le mieux faire. Presque à l’exclusion du reste. Il était fatal qu’elle devînt la capitale de la Confédération en 1848, malgré le violent désir de Zurich de remplir ce rôle. Cinq cents ans de métier l’y avaient préparée.

On peut se rendre à cette évidence par le regard de l’Anglais William Coxe qui parcourt la Suisse en 1776 en relatant au fur et à mesure ses observations politiques à un correspondant à Londres. (Publiées ensuite sous forme de livre, puis traduites en français par Ramond de Carbonnières qui n’hésite pas à y mettre son grain de sel, ces observations perspicaces seront l’une des sources auxquelles puisera Napoléon pour connaître la Suisse.)

Coxe expose longuement la Constitution du canton de Berne telle qu’elle lui a été expliquée. On comprend à travers le rapport qu’il en fait que c’est une œuvre si complexe, nécessitant tant d’attention et de soins de la part des parties engagées qu’elle ne peut se pratiquer qu’avec une disponibilité totale, exclusive d’autres activités, et à plein-temps.

Passons sur le fait bien connu que cette Constitution ne concerne que les familles aristocratiques. Le système dans lequel elles s’intègrent comporte le Grand Conseil des Deux-Cents, 299 membres au maximum, la puissance souveraine, « la plus absolue et la moins limitée dont les aristocraties suisses fournissent l’exemple », dit Coxe. Contrairement à Fribourg ou à Soleure où les bourgeois sont parfois convoqués, à Berne, « les citoyens ne s’assemblent jamais pour quelque cause que ce puisse être ». L’exécutif est représenté par un Sénat de 27 membres, à la tête duquel sont deux avoyers, les chefs de la République, élus en son sein, de même que les principaux magistrats – deux trésoriers et quatre bannerets. Les deux sont élus à vie mais doivent être reconfirmés chaque année dans leur charge. L’un règne une année puis, à Pâques, cède son autorité à l’autre. L’avoyer régnant « ne donne jamais son avis qu’il n’en soit requis, et n’a de voix que lorsque les suffrages sont également partagés ».

Les quatre bannerets, l’avoyer non régnant, le plus ancien des deux trésoriers et deux membres du Sénat composent un Conseil secret dans lequel sont traitées les affaires de la plus haute importance. Le Conseil des Deux Cents garde la haute main. « On voit ce corps souverain dans un état d’activité constante, et exerçant, indépendamment du Sénat, son autorité suprême. »

L’accès au Sénat est sophistiqué. Lorsqu’une place devient vacante, les 26 membres restants procèdent à l’élection de son remplaçant par tirage au sort en autant d’étapes nécessaires pour que ne restent en lice que quatre candidats. « À ces quatre candidats, on fait tirer quatre balles, dont deux sont d’or, et deux d’argent. Ceux auxquels les boules d’or viennent à échoir sont de nouveau proposés au Conseil souverain, et la pluralité des voix prononce entre eux. Pour être éligible, il faut avoir été dix ans membre du Grand Conseil, et être marié. »

L’élection du Conseil des Deux-Cents n’est pas moins alambiquée. Sur les quelque 80 membres à remplacer tous les dix ans, une cinquantaine de nouveaux sont directement désignés par le privilège des avoyers, magistrats et autres officiers, selon une procédure précise. Les autres sont à élire parmi les candidats qui ont exercé une fonction de bailli dans les districts ou baillages, fonction très lucrative et par conséquent très recherchée.

L’édifiant exposé de William Coxe permet de capter au moins trois phénomènes propres au canton de Berne, qui ont partiellement déteint sur l’actuelle Confédération. La répartition des charges, dans un cercle aristocratique restreint qui refusait le pouvoir d’un seul, s’est opérée institutionnellement autour de l’idée d’égalité des ayants droit. Cette égalité a été par le rôle donné au sort, par l’importance du contrôle et par le respect de la tradition. Il en est résulté une mécanique complexe dont la bonne maîtrise conférait du prestige politique dans la petite société concernée par son exercice.

Coxe note avec admiration l’existence d’une institution appelée « État extérieur », copie miniature du Grand Conseil où les jeunes gens se forment aux disciplines de la politique. « Cet établissement remarquable peut être considéré comme un collège politique pour la jeunesse de Berne. » Elle y acquiert la connaissance parfaite de la Constitution, et les discussions politiques qui s’y tiennent la mettent « en état de rendre de véritables services à sa patrie ».

L’aristocratie bernoise est ainsi tout entière une « classe politique », fermée aux non-inscrits de naissance – l’accès à la bourgeoisie est clos en 1651 – ainsi qu’aux étrangers, ce que regrette le géographe de Louis XVI, François Robert, qui visite la Suisse peu après Coxe : « L’intervalle immense qui ne sont que le peuple jette de la tristesse sur la ville et empêche d’en rechercher le séjour. Les étrangers viennent la voir, et ils s’en retournent. »

Le spectacle physique de la ville aristocratique n’est cependant pas décevant. L’esthétique urbaine découle de l’histoire politique : égalitarisme affiché des constructions résidentielles serrées les unes contre les autres le long des rues ; évidence de l’aisance, teintée de modestie ; rien de haut, rien de grand, mais du mobilier urbain agréable à voir et pratique – fontaines, horloges – ajouté à une parfaite salubrité générale qui dit le soin pour l’espace public. Berne est bien nourrie, grâce à des greniers bien organisés, elle est bien logée, mais contrôlée, surveillée, limitée.

Un œil sur l’Histoire

À Berne, il est honteux de faire du commerce, de l’artisanat ou de l’industrie. « On y trouve, il est vrai, quelques manufactures de toiles et de soieries, note Coxe, mais elles ne sont la ressource que de ceux qui n’ont point la possibilité d’être admis dans le Conseil des Deux-Cents car les familles qui peuvent avoir part aux affaires publiques croiraient déroger si elles s’occupaient de quelque branche de commerce. » Elles mettent donc leurs capitaux dans la terre, tout en s’étonnant, comme le fait la Chambre de commerce créée en 1687, du retard que les industries lucratives mettent à s’installer dans la ville.

Un œil sur l’Histoire

Avec l’esprit politique, l’esprit militaire. Le Conseil secret est l’un des organes les plus au fait de la situation internationale et des rapports de force entre les cours européennes. Il s’agit non seulement de gérer le prêt des troupes mercenaires mais de parer aux menaces sur la Cité. L’avoyer et le Grand Conseil s’occupent de préparer l’armée, à laquelle il est honorable d’appartenir comme officier. En 1721, l’infanterie bernoise compte 6 régiments d’artillerie, soit 13 200 hommes, 8 de fusiliers (9600 hommes), le régiment vaudois dit « de secours de Genève » (1014 hommes) et 118 compagnies de troupes territoriales (21 000 hommes). À la fin du XVIIIe siècle encore, elle compte près de 80 000 hommes astreints au service, armés et régulièrement convoqués pour des exercices. C’est près d’un cinquième de la population.

Mais quand les armées du Directoire révolutionnaire français arrivent devant Berne, le 5 mars 1798, sous la direction des généraux Schauenburg et Brune, cette armée ne peut rien, ne fait rien. La Confédération s’écroule dans sa partie la plus solide et la plus amie de la France. Le peuple n’accueille pas volontiers l’envahisseur, mais il ne regrette pas l’aristocratie.

L’Ancien Régime a vécu, même s’il reviendra pour un tour de piste après le Congrès de Vienne. Il n’empêche : il suffit de regarder aujourd’hui les mœurs politiques de la Confédération, les modes d’élection de ses « conseillers fédéraux », répliques des avoyers d’antan, la répartition des pouvoirs entre les cantons, l’organisation de l’administration, pour se persuader qu’un gros morceau de la culture politique ancienne de Berne s’est transmis dans la culture politique de notre temps. Cette cité-État n’a pas seulement fait la Suisse territorialement, elle l’a faite culturellement. C’est à Berne qu’on a le sens de l’État, c’est à Zurich qu’on a le sens du marché.

Lors de la construction des chemins de fer, autour des années 1860, l’industriel zurichois Escher, premier président du Parlement helvétique, les voulait privés. Le tribun bernois Stämpfli les voulait d’État. Escher l’a emporté, ils ont été privés. Puis ils ont fait faillite et l’État les a nationalisés. Le Bernois Stämpfli a gagné au second tour. Les discussions sont très semblables de nos jours. Zurich n’a pas besoin de la Suisse. Mais Berne ne se pense qu’avec la Suisse.

Voilà un éclairage qui fait du bien, avec des mots précis et non noyés dans des dates et des noms en nombres, un écrit journalistique compréhensible. Ce qui est éclairant, c’est que la démocratie suisse, renommée et ancienne, dit-on, ne l’était pas du tout à Berne. Ni dans les cantons où régnait l’aristocratie des grandes familles. L’illusion des trois suisses mains levées démocratiquement, a fait illusion un moment. Comprenez-vous que même à la suite de 1848, à la création de la Suisse moderne, il n’était toujours pas question que le peuple puisse participer à la vie politique, seul était autorisé les hommes riches et établis.

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12 janvier 2018 5 12 /01 /janvier /2018 18:22

Vous avez entendu l’information qui a été reprise dans toute l’Europe et même bien plus loin ?

Les homards de Suisse

Dorénavant il faut tuer le homard avant de le plonger dans l’eau chaude. Tuer le homard de deux façons, l’une est l’électrocution, l’autre destruction du cerveau mécaniquement. Et son voyage depuis les ports jusqu’en Suisse, ne devra plus être sur un lit de glace…

La presse, mais surtout les commentaires des gens se gaussent ou sourient de cette loi. Comment les restaurateurs, les privés, vont-ils être contrôlés lors de l’acte final ? Un fonctionnaire derrière chacun pour regarder s’ils font bien l’exécution du homard ?

Je m’interroge de la direction que prend nos sociétés. Notre espace de liberté diminue d’année en année, manger de la viande devient criminel, certains s’inquiètent des souffrances des végétaux… le Monde va mal !

Les homards de Suisse

La souffrance du homard est-elle ressentie lors de l’électrocution ou des coups manqués sur sa carapace, avant que le cerveau soit détruit ? Et où est-il se cerveau ?

GTell

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10 janvier 2018 3 10 /01 /janvier /2018 16:52

Connaissez-vous le fonctionnement de notre Conseil fédéral ?

Hop Suisse !

Pas facile de l’expliquer à un étranger, ni même à un compatriote. C’est pourquoi sur la page www.admin.ch l’on trouve « Le Conseil fédéral en bref », 20 vidéos, mais en fait, quatre vidéos dans les quatre langues nationales et l’anglais.

 

Aucune des vidéos ne dépassent 2 minutes.

Rafraichissez-vous la mémoire ou apprenez comment fonctionne nos plus hautes autorités du pays.

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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 17:55

« Mieux vaut voir un voleur dans son grenier qu’un homme en chemise en janvier »

Tel était le dicton du jour dans un journal matinal. Comme on a tendance, en Suisse, de modifier ou changer quelque peu les mots ou les phrases de tels dictons, j’ai vérifié le dicton en question sur un site français.

« Il vaut mieux voir un voleur dans son grenier qu'un laboureur en chemise en janvier »

 

Ou…

 

« Au mois de janvier, mieux vaut voir le loup dans les champs, qu'un homme en chemise. »

Voilà donc deux dictons français, proche du nôtre, qui disent la même chose, mieux vaut un froid de janvier qu’à un autre moment de l’année.

 

Une autre variante française, qui comme tous ces dictons sont d’origine populaire et paysanne.

 

« Garde-toi du mois de janvier comme un voleur au grenier. S'il fait vent, nous aurons la guerre, et si l'on voit épais brouillards, mortalité de toute part. »

Que pourrait-on inventer comme dicton en ce début de XXIe siècle ?

 

« Janvier sans soldes, garde ton argent en poche. »

GTell

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24 décembre 2017 7 24 /12 /décembre /2017 16:58

L’article précédent et celui d’aujourd’hui, sont mes petits cadeaux de Noël. Relaxant, avec un peu d’humour, rien de profond, si l’on excepte la question très sérieuse sur la plaque de chocolat, qui demande une réponse, si vous en connaissez la réponse, laissez un commentaire. Merci.

Pour ma part de recherches, j’ai tapé dans le moteur de recherche, sous images : plaque, toutes sortes d’images de plaques, minéralogiques, de cuisinières, d’enseignes de médecins, etc. une seule image de « plaques de chocolat » est apparue. J’ai ouvert le site et vite vu qu’il s’agissait d’un site consacré à la cuisine. Et « Plaque en chocolat » est donc écrit en toutes lettres. Cela signifie qu’en France aussi, on peut se faire comprendre en disant : SVP, donnez-moi une plaque de chocolat !

Regardez, c’est ici.

Dans le même genre que le site donné hier pour illustrer mes propos, voici un autre site fait par un Suisse qui vit en France. L’humour est la principale raison de passer sur de tel site. Osons se moquer de nous et parfois des Français. Y’a pas le feu au lac !

Joyeux Noël 2017 à tous.  

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23 décembre 2017 6 23 /12 /décembre /2017 19:57

Oui, en cherchant les différences on les trouve, je veux parler des différences de langage ou de sens d’un mot, entre la Romandie et la France.

Nous avons notre parler et ce n’est  pas toujours très académique, car nous avons été sous influences. D’abord, sous l’influence du monde germanique, l’Empire, avant d’être sous l’influence de la Savoie et de la France pour finir. La Romandie a encore les particularités cantonales, profondes dues aux patois locaux. Sans remonter à l’antiquité, aux racines de nos langues, je me suis dit que, puisque nous parlons le français ici, cherchons les mots et expressions qui nous différencient de nos voisins les Français.

Qui cherche trouve !

Il y a des mots typiquement « Suisse » qui ont été adoptés par la France et même par le reste du monde, par exemple : Putsch, d’origine suisse allemande, comme le bivouac, qui a été propagé par les mercenaires suisses lors des guerres napoléoniennes.

Mais pourquoi en Romandie nous achetons des plaques de chocolats au lieu de tablettes de chocolats ?

Qui cherche trouve !

La réponse est difficile à trouver. Ce qui m’a amené dans les labyrinthes de l’Internet et par un heureux hasard, j’ai trouvé un site particulièrement intéressant sur nos différences. Je n’oublie pas de faire remarquer, que parfois nous sommes avec le reste du monde à nous interroger sur le pourquoi en France l’on compte et énonce les chiffres à leurs façons. Sauf qu’il y a un lieu en France ou l’on dit, septante, huitante et nonante, comme chez nous, dans les communications militaires et ceci depuis l’introduction de la TSF pour qu’il n’y ait pas de confusions possibles.

Je vous recommande de visité le travail personnel d’un internaute, justement sur les différences entre Romands et Français. ICI

GTell

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14 décembre 2017 4 14 /12 /décembre /2017 17:51

Filets mignons de porc aux morilles

Parer et découper les filets en tranches d’un bon centimètre d’épaisseur.

Saler et poivrer, fariner et enlever l’excédent de farine.

Dorer gentiment les filets dans ce qui convient de beurre fondu (sans excès). Lorsqu’ils sont à point, ajouter les morilles qui ont été trempées au préalable dans l’eau tiède, les plus grosses seront coupées en morceaux, les moyennes en deux et les petites les laisser entières. Ajouter une poignée d’oignons hachés très finement. Remuer le tout puis arroser d’un bon vin blanc.

Porter à ébullition. Réduire le feu, ajouter de la crème fraîche. Touiller doucement une petite minute avant de servir, puis à la dernière minute, un peu de persil haché.

Pour accompagner ces filets mignons de porc, le plus judicieux, c’est un plat de nouilles pas trop large et une salade verte d’hiver.

Oui, oui, je sais, ce ne sont pas des nouilles sur la photo, mais je n’ai pas trouvé ce que je cherchais sur Internet.

Oui, oui, je sais, ce ne sont pas des nouilles sur la photo, mais je n’ai pas trouvé ce que je cherchais sur Internet.

Bon appétit

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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 16:33

 Noverraz, valet de l’Empereur, né à Granges/Riex, Lavaux, le 20 octobre 1790 et qui, comme garçonnet, assista émerveillé aux défilés des troupes en marche vers le Grand-Saint-Bernard.

Par-delà la mort de l’Empereur, Jean-Abram Noverraz, lui, est resté fidèle. A son retour de Sainte-Hélène, au Cercle de l’Espérance, au fond de la Palud, on l’écoute religieusement. Il reçoit, dans sa villa d’Ouchy, des bonapartistes, des personnalités suisses, et même quelques personnages assez mystérieux !

En 1833, il est capitaine d’escadron de cavalerie ; il est élu au Grand Conseil. A plusieurs reprises, il va tenter d’exécuter le testament de Napoléon daté du 15 avril 1821 : « Mes trois selles et brides, mes éperons qui m’ont servi à Sainte-Hélène, mes fusils de chasse. Je charge mon chasseur Noverraz de les remettre à mon fils quand il aura 16 ans. »

Une note pittoresque de la main de Noverraz fait remarquer que les fusils de chasse de l’Empereur avaient toujours été parfaitement entretenus, qu’ils ne présentaient aucune trace de rouille grâce à un secret qu’il tenait d’un certain O’Shea : pour préserver une arme à feu de la rouille, il fallait les enduire d’une huile tirée d’une anguille de moyenne grosseur, frite dans une poêle de fer. Ensuite, il fallait mettre cette huile dans une fiole et l’exposer au soleil. O’Shea usait de la sorte en Irlande et il avait obtenu le même résultat avec l’huile de maquereau qu’on pêchait en abondance à Sainte-Hélène.

Henri Meyer de Stadelhofen en 1952

Henri Meyer de Stadelhofen en 1952

Henri Meyer de Stadelhofen, journaliste et romancier, nous parle : « Et tout commença… »

Alors que je dirigeais les Informations internationales de Télé-Monte-Carlo, dans une émission consacrée à Napoléon, j’avais lancé un appel pour recevoir informations, documents ou gravures. J’ai reçu beaucoup d’éléments, j’en reçois encore. Un correspondant britannique m’avait signalé la présence en Irlande et en Angleterre de documents précieux. Il s’agissait notamment des mémoires de Sir Hudson Lowe, le gouverneur de Sainte-Hélène et un petit livre rarissime : « Histoire de la Révolution française » de Justin Mac Carthy. Écrivain et journaliste, Mac Carthy, pour écrire la suite sur l’Empire, avait réuni des documents parmi lesquels des notes du Vaudois Jean-Abram Noverraz, valet de chambre et courrier de l’Empereur. Je me mis à leur recherche au British Museum, à la Fondation Wellington, dans des études de notaires et à Dublin, au Trinity College. Au British Library Manuscript Departement, 88 volumes sont consacrés à la détention de Napoléon à Sainte-Hélène : lettres officielles ou privées, copies de conversations, rapports, inventaires, etc.

On savait, dans les milieux d’historiens, que Noverraz avait écrit un cahier dont les archives vaudoises ne gardaient qu’un court extrait. Il était à craindre que ce précieux cahier ait subi, depuis l’époque, « des ans l’irréparable outrage » : la terrible humidité de l’île, les fameux rats de Sainte-Hélène, les inévitables manipulations rendaient les recherches problématiques. La chance a voulu que l’essentiel du cahier parvienne, dans les années 1850, à Justin Mac Carthy qui a dû déchiffrer, sauver et compléter des pages endommagées. Restait à savoir comment ces notes de Noverraz avaient pu aboutir en Irlande. Voici mon hypothèse : parmi les troupes d’occupation et de surveillance britanniques autour de Napoléon à Sainte-Hélène, on retrouve le nom d’un lieutenant O’Shea, un compatriote d’O’Meara, le médecin de l’Empereur. Or, quelques années auparavant, ce même O’Shea avait accompagné Theobald Wolfe Tone, envoyé par les patriotes irlandais pour demander au Directoire l’intervention de troupes françaises en Irlande. La chose avait été prise très au sérieux à Paris et le général Hoche fut chargé de lever une armée de 30'000 hommes pour aider l’Irlande dans sa lutte contre la Grande Bretagne. O’Shea parle français, il est donc naturel qu’il lie conversation à Sainte-Hélène avec l’entourage de l’Empereur.

À la mort de Napoléon, pour échapper aux mesures draconiennes du gouverneur, ou bien Noverraz a jugé prudent de confier son cahier à O’Shea, ou bien celui-ci, dont on connaît les amitiés pour la France, a conservé les documents à la barbe de Sir Hudson Lowe. Les meubles, les objets, les écrits demeurés à Sainte-Hélène après la mort de l’Empereur, vont connaître de curieux destins : c’est ainsi que j’ai retrouvé en Amérique, des notes du Docteur Arnott et dans les archives d’une galerie d’art de Melbourne, en Australie, des fragments du journal, enfantin, mais combien précieux que la petite Betsy Balcombe tenait aux « Briars ». (Je remercie ici Mme Mabel Brooks, arrière-petite-fille des Balcombe qui vit en Australie et qui, héritière des « Briars », en a fait don à la France.)

Aidé par M. Darling, Lowe avait procédé à une évaluation de tous les biens de Napoléon et proposé au gouvernement britannique de les acheter pour la somme de 352 livres et 15 shillings. Pour des raisons demeurées obscures, cette vente fut différée et lorsque Lowe quitta Sainte-Hélène en juillet 1821, il laissait derrière lui onze malles bourrées d’inestimables souvenirs. Le général Walker qui lui succéda comme gouverneur, décida une vente aux enchères pour le 6 mai 1822. Entre-temps, il avait ouvert les malles qui dormaient à Plantation House et s’était rendu compte qu’il détenait un véritable trésor. Il s’arrangea donc pour surenchérir et envoya toute la collection par le prochain navire à destination de sa demeure en Ecosse.

L’Histoire, avec un grand H, répondra peut-être, un jour, d’autres questions. Thèse souvent évoquée à la suite des analyses des cheveux de l’Empereur (conservés par Noverraz) : l’empoisonnement de Napoléon. Certes, la présence d’arsenic est troublante ; une autre mèche de cheveux en possession de Ben Weider, le célèbre collectionneur canadien, a été soumise au Département de Toxicologie du F.B.I à Washington, d’où les hypothèses de deux grands journaux nord-américains :

  1. L’Angleterre, lassée du coût exorbitant de l’entretien des forces britanniques à Sainte-Hélène, aurait choisi le poison.
  2. C’est le même choix qu’aurait fait, par jalousie, Montholon, un des proches de l’Empereur lequel le trompait avec sa femme.
Photocopie FBI

Photocopie FBI

L’analyse des cheveux de Napoléon n’a pas été chose difficile, il ne fallut pas chercher dans les recoins de son cabinet de toilette pour trouver un cheveux, non, les cheveux étaient coupés et recueilli comme la plus précieuse des « reliques » appartenant à l’Empereur. Lisez le testament, Napoléon dit ce que l’on devait faire de ses cheveux coupés et recueilli depuis fort longtemps. Tous les objets qui devaient être fabriqué avec ses cheveux, montre combien il devait y en avoir une belle quantité. Ainsi, avec les cheveux que l’on pourra rassembler, d’une année à l’autre, si les propriétaires de ceux-ci les ont annotés, avoir une chronologie de l’empoisonnement ou non de l’Empereur.

La théorie de l’empoisonnement n’est toujours pas prouvée, celle du cancer est toujours privilégiée.  

Le testament de Napoléon: http://napoleonland.over-blog.net/tag/napoleon%20ier/

 

Ceci conclue les articles sur une page trouble de l’Histoire, que vous aurez aperçu par le regard d’un Vaudois, sur une partie de la vie de Napoléon. GTell

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