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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 16:53

La Tour-Grise, quartier du Languedoc, rappelle (sentier sans issue) la lignée de ces « pavillons de vignes » dont Lausanne, à une certaine époque, n’était pas dépourvue. La « Casquette du Diable » avec sa toiture caractéristique, régnait sur les vignobles de l’avenue Dapples. Et l’armée des ceps qui couraient, jadis, de la région de l’Hôtel Mirabeau (avenue de la Gare) jusqu’aux abords du chemin de Longeraie encore veuf de son église grecque, de la Synagogue et de bien d’autres édifices, constituent le clos (avec pavillons) de la « Guinandière » du nom de leurs propriétaires les « Guinand », une fraction de cette estimable famille ayant fait souche, désormais, à Caracas (Venezuela).

 

Passons au quartier des Toises (nord-ouest de l’avenue de Rumine), un temps (bien lointain) riche en prairies et bosquets, puis modestement bâti avant de sacrifier, avec volupté, aux rites du gigantisme architectural. Il y avait là une bonne vieille demeure (disparue) doublée d’une Rosière elle-même condamnée. Mais le chemin des trois-Rois (qui court d’Etraz à Rumine) commémore l’exil (à la Rosière) de trois des frères de Napoléon Ier : Louis, ex-roi de Hollande, Joseph, ex-roi d’Espagne, Jérôme, ex-roi de Westphalie ; ils eurent, dans ce lieu bocager, l’amer loisir de méditer sur l’instabilité des choses humaines. Les Toises ? De « Teise », pré coupant une pente.

Les trois rois

Les trois rois

Au sud de l’avenue de Rumine, vers l’est, un chemin descend en pente rapide pour conduire (voûte sous la voie ferrée Lausanne-Berne) dans les parages limitrophes de « Pierre-à-Portay ». Ce raidillon, aujourd’hui carrossable, perpétue le souvenir de la ferme du Trabandan (munie d’un pressoir à Bandan ou Bender). Avec un peu de chance, vous pourriez rencontrer, en ce lieu complètement transformé, l’ombre de Chateaubriand. En effet, lors de son premier séjour à Lausanne (1826), l’écrivain-diplomate avait choisi la rive alors silencieuse de la Vuachère pour y venir philosopher…

 

Le ruisseau-frontière entre Lausanne et Pully ne porta pas, dans les vieux temps, le nom sous lequel put le connaître « le vicomte René ». Il se nommait Nant ou Nantou. La magnifique propriété que feu Edouard Sandoz céda, pour un prix très modeste, au service lausannois des parcs, le Denantou, doit son nom à cette mince rivière, au gré des orages, parfois, très gonflée.

 

Nous l’avons vu : une foule de ces prétendus chemins ne sont plus, de nos jours, que des garages à ciel ouvert, assez exigus souvent pour engager les automobilistes à placer leurs « chars » mi-partie sur le trottoir, mi-partie sur la chaussée. Les zones bleues ne tiennent pas encore, c’est le cas de l’écrire, le haut du pavé. Quant au piéton, quantité négligeable, qu’il se débrouille. Opération difficile dans un pays romand dont feu Marc Monnier [bis] assurait que le péché permanent consistait, justement, à ne se point débrouiller.

La place Saint-Laurent en 1859, avant l’ouverture de la rue Haldimand.

La place Saint-Laurent en 1859, avant l’ouverture de la rue Haldimand.

Si, dans leur majorité, ces chemins ne sont ainsi que des pistes à voitures, il s’en trouve d’assez romanesques – au moins par leur nom – pour éveiller l’espoir au cœur des naturistes : chemins des Pinsons, des Fleurettes, des Mésanges, des Retraites, de Belle-Source, D’Entre-bois.

 

Ceux-là – jusques à quand ? – ménagent au promeneur quelques surprises agréables. D’autres ne s’adressent qu’à l’historien en coquetterie avec le Lausanne bonhomme d’autrefois.

 

Le Closelet ? Une rue passante, avec deux garages en lieu et place du frais domaine de naguère. Par bonheur, un petit jardin public aménagé là fait oublier les rauquements des ateliers de réparation pour mécaniques. [Le jardin public existe toujours]

 

Il n’y a pas beaucoup d’années, l’avenue de Montchoisi était dans les limbes. Un indolent chemin serpentait entre des demeures simplettes sur leur butte. Il passait au nord d’un home russe, dissimulé dans un bouquet d’arbres bleuâtres. On longeait plus loin les villas à jardins de Passerose – pâté actuel d’immeubles – dont une seule au nord, Jurigoz, résiste aux appels des bulldozers. Au bas de l’avenue de Jerigoz, le chemin musard montant et descendant rejoignait l’ébauche de l’avenue Ramuz, s’arrêtant pile, pour sa part, devant l’éminence verte et la maison de maîtres de « Montchoisi ». Rasé, ce bien des de Cerjat porte les maisons locatives des Allinges et de Montolivet.

 

Entre les avenues de « Rumine » et de « Florimont », le chemin de Lucinge ravive le souvenir d’une famille noble (et éteinte), d’origine française. Cette voie a perdu la maison qui la baptisa mais la société d’art public (Heimatschutz) a contribué au maintien, entre les blocs habitables, d’une providentielle « zone verte ».

Fuyons, dans la mesure du possible, l’énumération. Mais qu’on nous permette encore de rappeler ici le nom de quelques chemins jadis destinés à conduire le promeneur vers des espaces d’air et d’arbres, aujourd’hui déchus – les sentes et les espaces – de leur splendeur : les Avelines, les Allières, la Coudrette, les Vignes-d’Argent.  Le chemin des Délices et Praz-Fleuri (dans le proche voisinage de la Croix-d’Ouchy). Ils nous permettent, à la rigueur, d’évoquer Voltaire mais point l’image de parterres de fleurs et de buissons où s’égosillent les oiseaux…

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 18:34

Chailly ? Ex-domaine d’un Carl ou d’un Carolus. Rovéréaz, nom de famille noble aujourd’hui éteinte, doit plaire aux forestiers : en effet Rouveires, c’est la chênaie. Et qui refusait jadis de muser sous les rosiers… de la Rosiaz ?

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Voici Pully, ravissant village passé au rang de ville et qu’un malveillant chercheur voulut doter de marécages (breton : poull). En réalité le suffixe de la forme ancienne Pulliacum implique un nom d’homme. Pully fut le fief, tout bonnement, d’un propriétaire romain nommé Pollius. Le Mont àgrène ses demeures sur des hauteurs agrestes et Prilly (Presliacum) était le domaine d’un Preslius des âges romains.

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Querelles d’augures autour de l’appellation du port de Lausanne : pour les uns Ouchy fut primitivement la propriété d’un Oscius ; pour d’autres, il était riche en osches (prairies plantées de saules).

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Le groupe des bateliers et pêcheurs réunis à l’ombre d’une tour plus modeste que sa réplique moderne, se nomma longtemps Rive (Riva) puis Riva de Oscis. Le Dictionnaire historique du canton de Vaud croit que l’actuel Ouchy porta les noms d’Oschie, d’Oschiaci et d’Ochiez. Un membre d’une « gens » romaine (celle à laquelle se ralliait l’empereur Trajan) aurait possédé un lopin sur les bords du lac. Il est piquant de rappeler que primitivement Ouchy baptisa une zone étroitement comprise entre Rongimel (dans la partie ouest de l’avenue de Montchoisi) et le carrefour dit de la Croix-d’Ouchy.

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On le voit : originaux en diable, avec leur « commune libre » et leurs Pirates, les gens d’en bas s’arrangèrent, donc, des insomnies aux linguistes scrupuleux.

L’ancien hôtel de ville du Pont, vu du côté Pépinet et dessiné par Charles Vuillermet avant sa démolition en 1870.

L’ancien hôtel de ville du Pont, vu du côté Pépinet et dessiné par Charles Vuillermet avant sa démolition en 1870.

Les chemins : Amérique et Provence

La magie des vieux noms exerce encore son empire. Les sentiers enfouis dans les arbres ont bien pu disparaître. Les bergers à lourds manteaux, à tricorne, les pieds chaussés de cuir noir à boucles d’argent, ne subsistent que sur les estampes ou les lavis des petits maîtres d’autrefois… Pourtant, nous osons rêver encore, même si de hautes façades géométriques enserrent d’humbles venelles, promues brutalement au rang d’autodromes. Ah ! le progrès : ce dieu en « trench-coat », qui n’a ni cœur, ni sens, même pas cet équilibre tranquille nommé « le bon sens ». cette sagesse dont nos pères, entre deux recettes de cuisine, gravaient les maximes sur les feuillets fanés des « livres de raison ».

 

Ne blâmons pas les vieux arpenteurs d’autrefois lancés, à vitesse modérée, sur la piste des appellations moins contrôlées, en apparence, que celle des vins, si souvent frelatés, de ce temps.

 

Prenons, en nous gardant des écraseurs, le chemin de Boston partant de la place Chauderon (percée de tunnels) pour aboutir à la rue de Genève. Que vient donc faire, sur la modeste galère lausannoise, cette voie de consonance américaine ? Eh bien ! c’est quelque chose comme un petit roman. « Il y avait une fois » un brave Lausannois piqué du démon de l’aventure lointaine. Il s’expatria pour s’aller fixer dans la cité, alors déjà importante, de Boston (Massachusetts). Son escarcelle bien garnie, il regagna sa petite cité natale pour y cultiver un domaine de la région du Galicien, baptisée naturellement en Boston. Reliées à la ville par une route dite « de Malley », les terres de « Boston » furent peu à peu morcelées. Mais en 1915, l’autorité municipale donna à certain passage en oblique le nom de chemin de Boston de préférence à celui de Malley.

 

Et voici, par contraste, au nord-est de l’agglomération lausannoise, une avenue quiète, le chemin de Clamadour, partant de l’avenue Ruffy pour aboutir en pleine région des Fauconnières. Clamadour ! Cela ne sonne guère « vaudois ». À nous Daudet, son moulin, ses cigales et le « tutu panpan » des tambourinaires armés de flûtiaux ! Avec raison : Clamadour fut le nom d’une maison de vacances du Midi français appartenant à un Lausannois, lequel fit essaimer cette désignation sonore jusqu’au clos qu’il posséda aux lieux mêmes où le nouveau passage public est foré.

 

S’il n’y avait que le prestige du vocabulaire étranger ! Mais non ! Le chemin des Egralets, très « pentu », relie l’avenue Davel à l’avenue Druey. Il est dérivé du patois Egra (l’escalier).

 

Plusieurs de ces routes secondaires, tracées récemment, sont sans issue. Le texte comminatoire qui informe le passant de cet état de fait, repose en général sur un panneau mural, à l’entrée de l’impasse. On préfère, d’ailleurs, cette sèche précision à l’avis un temps fréquent : « Attention, chien méchant ! » que des résidents ombrageux prenaient plaisir à placer sous le nez des intrus, même si ces suzerains ne possédaient qu’un chien en peluche (cela s’est vu).

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17 mars 2017 5 17 /03 /mars /2017 18:17

Que s’est-il passé ? Faut-il incriminer la fantaisie des géomètres arpenteurs communaux ? Ou s’en prendre à la coupable légèreté d’un cartographe pince-sans-rire ? Ne soyons pas si prompts à chercher des têtes de Turcs !

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En nombre de cas, les chemins aux noms bien faits pour perpétuer le souvenir de domaines campagnards, voire vignerons – en plein Lausanne ! – ont bel et bien relié la ville à des bois, à des champs… Submergés par la vague des constructions, ils ont conservé leurs appellations charmantes… mais trompeuses. À leur pourtour, les « lauriers » (et bien d’autres arbres) ont été coupés, comme dans la chanson…

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Nous allons, dans les pages qui vont suivre, essayer de faire revivre le passé. En démontrant, si faire se peut, que la toponymie, à Lausanne tout au moins, n’est point un exercice invariablement desséchant.

Vieux pont sur la Louve à Lausanne, dessiné entre 1840 et 1845.

Vieux pont sur la Louve à Lausanne, dessiné entre 1840 et 1845.

À la périphérie du chef-lieu

Dans un autre chapitre, nous avons rappelé l’étymologie du nom de Lausanne elle-même ; sujette à notre époque encore à certaines controverses entre spécialistes du vieux langage.

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En revanche, il est aisé d’établir que les Râpes qui désignent les « hauts » de la commune, aux lisières des bois du Jorat, font allusion à des espaces (à bâtir, à cultiver) conquis sur la forêt. Dans les mêmes régions, Montblesson emprunte son nom au « blesson », fruit du poirier sauvage (par dérivation : du poirier tout court), très abondant en ces parages. L’auberge du Chalet-à-Gobet rappelle la carrière, selon un avis généralement admis, du syndic de Lausanne : Jean Gobet (1448). La Bérallaz ? Un lieu fleuri de bruyères. Vers-chez-les-Blanc se passe de commentaires (c’est le village où se concentrent des membres de l’immense tribu des Blanc). En Marin (ou Marins) dénonce, à écouter certains linguistes, la présence d’un sable de mauvaise qualité. À en croire d’autres, il s’agit de la propriété d’un Marinus.

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Montpreveyres, c’est la version transformée de Mont-du-Prêtre. Les habitants de la commune d’Epalinges évoquent la mémoire de leur ancêtre le propriétaire foncier Spalo (nom germain). Vennes ? Cela s’applique à une localité entourée de haies. La Sallaz, fréquent en Suisse, convient bien à une esplanade (un replat) qui sépare deux rampes.

La Barre vers 1840, d’après une aquarelle de l’époque, reproduite par Charles Vuillermet. On voit nettement, adossé à la façade est du Château, la Porte Saint-Maire, démolie en 1890.

La Barre vers 1840, d’après une aquarelle de l’époque, reproduite par Charles Vuillermet. On voit nettement, adossé à la façade est du Château, la Porte Saint-Maire, démolie en 1890.

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16 mars 2017 4 16 /03 /mars /2017 17:28

Toponymie, lieux-dits et chemins lausannois

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Les méthodes d’investigation des policiers lancés sur les traces de délinquants madrés se sont perfectionnées. À bon droit, l’Université de Lausanne compte, au nombre de ses instituts, celui de « la police scientifique ».

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Parallèlement, l’historien étend son système d’exploration du passé. S’il cherche, bien entendu, à connaître les faits, à les grouper. S’il s’exerce, part d’eux, à d’efficaces recoupements, il apprécie, à présent, les indications de la « toponymie ». En d’autres termes : de la science des noms de lieux et de l’étymologie de leurs désignations.

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La toponymie de Lausanne et celle du canton se révèlent riches, mais compliquées. Nos peuples, en effet, ont vécu sous les dominations successives des Celtes et des Ligures, des Romains, des Burgondes, des Francs, des Savoyards, des Bernois enfin. Ils ont subi à l’occasion des influences bourguignonnes… On s’en doute : le terrain de chasse est épineux ; le patois, aujourd’hui remis en honneur, ne se tenant pas constamment à l’écart de ce concert verbal.

Vue sur l’ouest de Lausanne et la Côte au milieu du XVIIIe siècle, gravée d’après un dessin exécuté par C. de Saussure et dont l’original appartient au Musée du Vieux-Lausanne.

Vue sur l’ouest de Lausanne et la Côte au milieu du XVIIIe siècle, gravée d’après un dessin exécuté par C. de Saussure et dont l’original appartient au Musée du Vieux-Lausanne.

Dans nos contrées, la plus ancienne série – la plus profonde couche – de noms est celtique. Se superposent à ce sous-sol, les appellations gallo-romaines, de beaucoup les plus nombreuses. Au-dessus, c’est le vocabulaire dû aux Burgondes (invasion au début du Ve siècle ap. J.-C.), avec quelques éléments du parler des Alamans brochant sur le tout. On le voit : les défricheurs de cette brousse linguistique n’ont pas la tâche facile. C’est pourquoi, en plus d’un cas, ils progressent avec circonspection, émettent des hypothèses que le temps n’a point toujours ratifiées.

 

À Lausanne, les « chemins » ne font pas défaut. Les « rues » non plus, d’ailleurs. Encore cette discrimination n’est-elle nullement décisive. Les ingénieurs pourraient être amenés à ranger dans la première catégorie des voies courtes, bordées de verdure, ayant conservé, en somme, une part de caractère rustique. La rue, au contraire, paraît avoir, de prime abord, tous les motifs d’être étendue, large, enfoncée en plein quartier citadin.

La Porte-d’Ouchy à la Grotte (bordure sud de la place Saint-François), d’après un dessin de Charles de Seigneux exécuté en 1829, année de la démolition de cette portion des anciens remparts.

La Porte-d’Ouchy à la Grotte (bordure sud de la place Saint-François), d’après un dessin de Charles de Seigneux exécuté en 1829, année de la démolition de cette portion des anciens remparts.

Le château et le parc de Beaulieu au XVIIIe siècle, d’après une lithographie de Spengler.

Le château et le parc de Beaulieu au XVIIIe siècle, d’après une lithographie de Spengler.

Un examen, même rapide, de la carte nous engage à nuancer nos jugements. Il y a des rues beaucoup plus courtes que certains chemins (ainsi Chaucrau, Mathurin-Cordier, l’Ale, la Tour…) Par contraste, les chemins Eugène-Grasset, du Boisy, de Boston, du Levant (pour ne citer que ceux-là) dépassent par la longueur quantité de rues creusées en plein cœur urbain. Et ne les confondons pas avec certaines sentes privilégiées où l’on respire, encore, les parfums des feuilles et les odeurs des foins mûrs. Le chemin, de nos jours, dessert bien souvent des quartiers populeux tout hérissés de cages à habiter : de « clapiers » ainsi que les dénomme un insolent de mes amis.

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 19:18

- Cependant, et en dépit de ces événements considérables, la vie mondaine se développe à Lausanne. De nombreux visiteurs étrangers se pressent dans les murs de la petite ville, notamment Voltaire et Gibbon, et reçoivent des habitants, contre argent sonnant, une hospitalité appréciée de part et d’autre.

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- Dès 1789, la Révolution française poussa son vent brûlant jusqu’au Pays de Vaud. Certes, des réfugiés français arrivés à Lausanne mirent leurs hôtes en garde contre les excès révolutionnaires. Mais des proscrits vaudois habitant Paris (Frédéric-César de La Harpe) agiront en sens contraire. Certaines demandes des « Occupés » n’ayant pas eu l’approbation des Excellences de Berne, la France contribue à la libération vaudoise en envoyant, sur les bords du Léman, les troupes du général Ménard.

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- Le 24 janvier 1798, l’indépendance est proclamée au chef-lieu et dans les centres. Les baillis doivent quitter le pays. L’assemblée provisoire des députés vaudois se réunit à l’Hôtel de Ville de Lausanne. Un homme d’opinion assez avancées, Henri Monod, prend le pouvoir et remplace l’honnête mais timide Henri Polier.

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- Années difficiles pour la jeune république. Il lui faut faire face aux intrigues et, même, aux forces des partisans vaudois de Berne ; pallier d’autres divisions intestines : par exemple la guerre des « Bourla-Papey » (des brûle-papier), troupes paysannes acharnées à détruire les titres féodaux (1802).

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- La situation se compliqua lorsque vint s’installer à Lausanne (1802) le Directoire helvétique chassé de Berne.

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C’est alors que Bonaparte, hôte naguère de Lausanne et sagace observateur d’un peuple qu’il n’avait fait qu’entrevoir, promulgua (10 février 1803) l’Acte de médiation. Cet édit donnait à la Suisse un régime stable, faisait du pays une Confédération d’Etats souverains. Vaud est partie désormais de cette Ligue. Un gouvernement exécutif s’installe en l’ex-château des évêques. Un Grand Conseil législatif commence de légiférer le 14 avril 1803.

- Le très jeune Etat, dès lors, avait sa monnaie, ses péages, sa poste, ses milices. Ce régime subit, en cours de siècle, diverses modifications. La Suisse fédérative reprit les régales. En 1874, l’armée suisse remplaça définitivement les troupes levées dans le cadre étroit des cantons, ceux-ci conservant, sous l’angle militaire, des droits d’urgence (en cas de troubles, par exemple).

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- Aux modifications constitutionnelles s’ajoutent des luttes entre partis politiques vaudois : libéraux et radicaux. Cela ne ralentit pas le développement de Lausanne où les nouveaux édifices se succèdent, sacrés ou profanes. En particulier (1886), on inaugure le palais du Tribunal fédéral, sur Montbenon, transféré et reconstruit plus tard (inauguration en 1927) à Mon-Repos. L’Ancienne Académie est transformée en Université (1888-1891) logé partiellement dans le palais de style plus ou moins néo-florentin de la Riponne (legs de Gabriel de Rumine).

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- La population, plusieurs siècles durant limitée – en dépit d’un train de vie assez séduisant pour attirer les étrangers – à 8000 ou 9000 habitants, est passée à l’effectif de 13.000 en 1810 ; à 21.000 en 1865 ; à 33.000 en 1890 ; à 68.000 en 1920 ; à 79.000 en 1930 pour atteindre, de nos jours (1964), le chiffre grosso modo de 140.000.

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[Population au 31 décembre 2015, 135.629. l’agglomération lausannoise, compte aujourd’hui : 402.900 habitants.]

Et la progression va s’accentuant.

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Ainsi la modeste capitale noyée dans la verdure, peinte et dépeinte par les imagiers et par les cartographes, mais restée à peu près immuable de 1337 à 1798, devint une « petite grande ville » en pleine extension. Le temps n’est plus où dans les lieux déserts quelques silex, des outils de la pierre polie, des objets votifs reposant dans des tombes attestaient seuls la présence sporadique de la vie. Le peuple vaudois va s’appliquer, contre les vents et les marées de l’Histoire, à durer.

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Tiré de : Quand Lausanne nous est conté… par Jean Nicollier, Editions SPES Lausanne, 1964

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 19:07

- En 1536, c’est l’occupation, par les Bernois du général Naegeli, sans effusion de sang, de Lausanne et du Pays de Vaud. [Administration Bernoise du Pays de Vaud]. Prétexte de cette intrusion : a) les affaires de Genève ; b) la déclaration de guerre au duc de Savoie. L’évêque replié à Ripaille (rive de Savoie), les Bernois sans coup férir occupent le palais Saint-Maire.

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Le régime bernois se prolongera jusqu’en 1798. Leurs Excellences se mirent en devoir d’installer un bailli (au Château) ; elles procédèrent à de multiples réformes et firent de la Cathédrale un lieu de culte réformé. Deux églises sont ainsi seules maintenues : Notre-Dame et Saint-François.

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- Dans tout le pays, des baillis résident. Des transformations sont apportées à la vie agricole. Les bourgeois n’occupent plus que des charges secondaires. Ce qui explique l’enrôlement volontaire dans les armées du roi de France et sous les drapeaux de Hollande, de quantité de Vaudois d’extrace diverse, bientôt qualifiés, à Paris, d’ »alliés », et non de simples « mercenaires ».

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- En lieu et place des anciennes écoles, les Bernois créèrent l’Académie (1537), pour commencer dotée essentiellement d’auditoires de théologie. Un Collège fut aussitôt accaparé par des centaines d’élèves.

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- Les autorités civiles sont également sujettes pour leur part à de nombreuses transformations : désignation d’un bourgmestre unique, flanqué d’un boursier et d’un « maisonneur », soit un directeur des travaux publics. Au Conseil des Vingt-quatre (Municipalité) puis à celui des Soixante (Conseil communal), adjonction d’un Conseil des Deux Cents. Nouvelle Cour de justice.

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Désignation d’un « contrôleur général » (à l’occasion lieutenant baillival) choisi dans les rangs des aristocrates indigènes. Ce personnage disposait du droit de veto.

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- Le régime bernois ne compta pas des partisans résignés seulement. En 1564, après restitution du Chablais au duc de Savoie, ce dernier renonça désormais à toute domination du Pays de Vaud. Pourtant… la Savoie sut conserver des intelligences dans la place. En 1588, le bourgmestre Isbrand Daux et son adjoint, le juge Michel de Saint-Cierges, se déclarèrent prêts à favoriser un débarquement des forces savoyardes en vue d’une nouvelle conquête du Pays de Vaud. Mais le propre neveu du bourgmestre avertit du complot le bailli. Les principaux conjurés s’enfuirent en Savoie ; leurs comparses moins prévoyants furent exécutés.

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- Nouvelles alertes lors de la première guerre des paysans de Villmergen (Argovie) en 1656. Les Lausannois furent mal récompensés de l’appoint prêté aux troupes bernoises engagées dans cette campagne. Les occupants prirent prétexte des prétendues menées pro-savoyardes du bourgmestre J.-B. Seigneux pour restreindre les libertés civiques, déjà minces, des Lausannois.

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- Un ancien officier au service de Hollande, Jean-Abram Davel, notaire à Cully et major du bataillon de Lavaux, se mit en tête de libérer les Vaudois ses frères. Le 31 mars 1723, sous le prétexte d’une inspection, il emmène ses six cents hommes à Lausanne. Ayant avec franchise exposé son plan au Conseil de Ville – qui lui réserva un accueil courtois – il fut trahi, arrêté et condamné à avoir la tête tranchée (exécution à Vidy : le 24 avril 1723). Approuvé en silence par plusieurs, Davel paya de sa vie la faute qui consiste à avoir raison « trop tôt ». Les Bernois ne tinrent à cette occasion aucun compte des services rendus par le loyal combattant de la seconde guerre de Villmergen.

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 17:15

- La réputation de Lausanne s’est répandue au loin. Entre deux époques troublées, de grands personnages y passent : de Charlemagne à des papes, puis à Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, qui établit son camp aux Plaines-du-Loup et devait se faire battre, par les Suisses confédérés, à Grandson comme à Morat, avant de périr dans les marais gelés de Nancy (1477).

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- Il est erroné de se représenter Lausanne en croissance sous l’aspect d’une ville unie que dominait l’évêque. Au contraire, de graves dissentiments mirent aux prises, en diverses circonstances, les bourgeois et le prince de l’Eglise, les premiers étant plus ou moins ouvertement soutenus dans leurs revendications par la Maison de Savoie, maîtresse, alors, d’une large part du Pays de Vaud.

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- C’est pour mieux résister aux habitants si fréquemment soulevés et qui, à plus d’une reprise, chassèrent l’évêque et livrèrent à ses gens de véritables luttes armées, que Guillaume de Menthonay (1397) entreprit la construction, sur les dépendances du prieuré de Saint-Maire (nord de la Cité), d’un château fortifié, achevé en 1406 par son successeur l’évêque Guillaume de Challant. Après Guillaume, Benoît de Montferrand (1470-1491) et Aymon de Montfalcon (1491-1517) agrandirent l’édifice et pourvurent à sa décoration intérieure.

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Tel qu’il était, le Château Saint-Maire fut avant tout maison forte. Il le prouva victorieusement lorsque les conflits entre le prélat et le peuple lausannois confinèrent à l’aigre (sous Sébastien de Montfalcon, par exemple).

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La tension devint même si alarmante qu’en 1517, le Conseil de Lausanne remet les clefs de la ville aux Savoyards. Se ravisant bientôt, il conclut avec les villes de Berne et de Fribourg (1525) un avantageux traité de combourgeoisie.

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- Il est juste de rappeler, à cette occasion, qu’auparavant (1368) l’évêque Aymon de Cossonay, au terme de multiples incidents, codifia à l’usage des Lausannois un « Plaide général », sanctionnant, sous l’angle judiciaire, diverses coutumes de la ville. Ce « Plaide » eut force de loi jusqu’en 1798.

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- Mais Lausanne, plus d’une fois ravagée par le feu, en proie, par surcroît, aux épidémies, n’était pas arrivé au dernier stade de ses tribulations. En 1476, au lendemain du combat de Morat néfaste aux Bourguignons du duc Charles, les Confédérés pillèrent la ville, histoire de la punir d’avoir donné asile au Téméraire, qu’à la duchesse Yolande de Savoie.

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 17:12
Quand l’Art freine les jeunes.
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Published by G.Tell - dans Actualité
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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 16:57

- Des Ligures arrivés du Sud transalpin (mélanges de races) sont subjugués par des Celtes originaires du Jutland, suivis au IIIe-IIe siècle par les Helvètes riverains du Rhin et du Main.

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- En 58 av. J.-C., exode de ces Helvètes vers la Gaule, après destruction de leurs douze villes et de leurs quatre cents villages (dont Lousonna de nom ligure [?] établie sur l’ultime tronçon du Flon).

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- Prompt retour des Helvètes battus par Jules-César. Leur influence, qui ne sera guère prolongée au-delà d’un ou deux siècles, s’efface sous l’impérieuse pression romaine ; les soldats des empereurs sont les instaurateurs d’un âge brillant.

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- Double vague d’invasion barbare : Alamans et Burgondes, la seconde assez décisive et destructrice pour entraîner l’exode des survivants lousoniens vers le promontoire de la Cité (seconde moitié du IVe siècle ap. J.-C.). [A croire que l’on était très romanisé pour employer le terme de barbare.]

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- S’établit aussi sur cette position… stratégique l’évêque Marius (ex-prélat d’Avanches) qui va construire au nord et au sud de la butte deux monastères avec églises adjacentes.

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- Sur la même colline, succession de cathédrales, assez sommaires tout d’abord. À l’époque des Mérovingiens et des Carolingiens, les pouvoirs religieux de l’évêque se renforcent de droits temporels.

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- On voit se succéder parallèlement une suite de prélats bâtisseurs, le plus grand étant Landri de Durnes. Cette extension de la puissance épiscopale coïncide avec la fondation (888) de l’éphémère royaume de Bourgogne transjurane (qui prit fin en 1033 à la mort du roi Rodolphe III, et fut réuni à l’Empire germanique).

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- Sous Landri de Durnes et Roger de Toscane : progrès des travaux de construction de la Cathédrale définitive (gothique bourguignon), ralentis, il est vrai, par le feu. Le pape Grégoire X consacre l’édifice virtuellement achevé, en présence de l’empereur Rodolphe de Habsbourg et de sa cour (1275)

Saint-François vers 1660, dessin de Charles Vuillermet d’après les plans du XVIIe siècle.

Saint-François vers 1660, dessin de Charles Vuillermet d’après les plans du XVIIe siècle.

- La Cité est le berceau – la génératrice comme on dit aujourd’hui – de quartiers nouveaux ou « bannières » : la Palud, la Mercerie, Bourg, Marterey, l’Ale, le Pont… les bourgeois, en vertu des franchises successives qui leur sont octroyées, assument une part grandissante des charges administratives.

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- Développement du commerce favorisé par la sécurité, de moins en moins précaire, des routes d’Italie et de France. Pour tenter de lutter contre les troubles politiques du temps, l’évêque Hugues, fils du roi Rodolphe III, proclama, néanmoins, la Trêve de Dieu (cérémonie déroulée sur le Crêt-de-Montriond en 1037). L’assassinat de l’évêque Henri de Bourgogne, chassé de Lausanne par un parti adverse (1019), expliquerait, à lui seul, cette tentative courageuse d’obtenir un apaisement général.

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En dépit de ses pouvoirs étendus, l’évêque ne manque ni de contradicteurs ni de voisins turbulents. À un moment donné, il dut prendre un avoué (plaideur temporel).

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- Au fur et à mesure que la ville grandit, le remaniement des remparts apparaît nécessaire. Au mur de la Cité se joignent ceux des quartiers de Bourg et de Saint-Laurent (vers 1220). De nouvelles extensions de ce système fortifié permettent d’y englober le couvent dominicain de la Madeleine (1234) et celui des cordeliers de Saint-François (1258).

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11 mars 2017 6 11 /03 /mars /2017 17:07

- Présence en Suisse (préhistoire : époque moustérienne) de l’homme des cavernes. Lors du recul de la glaciation (fin du paléolithique) instauration de l’âge magdalénien.

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- Environ 3000 ans avant notre ère (période de la pierre polie), et, probablement, plus tôt, existence à la Cité (tombes et vestiges) d’occupants sans doute détachés des tribus à la recherche, à travers l’Europe primitive, d’un lieu de séjour habitable (races à visage ovale au crâne allongé, dolichocéphales, le menton enfin accusé au sortir d’une période de « l’ébauche faciale ».)

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- La faune comprend le renne, en voie de disparition, le lièvre, l’ours, le loup, le chat sauvage, le bouquetin, le cheval (éventuellement le chien). Dans les premiers âges, les avaient précédés des monstres allant du dinosaure au ptérodactyle, au mammouth, voire au rhinocéros.

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- A la pleine période du néolithique (4000-3000 av. J.-C.), les traces humaines commencent à se multiplier au bord du Léman. Découverte d’étroites tombes cubiques, en particulier dans la région de Chamblandes. Elles renferment des squelettes repliés sur eux-mêmes ; auprès d’eux, objets divers (quelques-uns d’origine maritime).

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A ces races terriennes s’ajoute une peuplade brachycéphale (tête larges) qui construit des huttes sur le lac (baies de Morges et de la Promenthouse).

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- Vers l’an 2000 av. J.-C. une nouvelle race (dolichocéphale) connaissant l’usage du bronze supplante les premiers occupants des « palafittes » (pilotis supportant des habitations).

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On a le droit de lui attribuer les stations lacustres de Cour et de Vidy (la seconde, celle de l’embouchure du Flon, ayant disparu dans les sables).

 

- Les cabanes terriennes ont aussi leurs amateurs. Le temps du bronze prend fin vers l’an 900. Avec lui, la préhistoire se termine, l’Histoire commence.

1 Icare, applique de bronze retrouvée sur l’emplacement de la Lousonne romaine au cours de la campagne de fouilles de 1963. Musée romain de Vidy

1 Icare, applique de bronze retrouvée sur l’emplacement de la Lousonne romaine au cours de la campagne de fouilles de 1963. Musée romain de Vidy

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