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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 17:11

Grande châsse de Sion

La grande châsse de Sion, de format trapézoïdal, renferme des reliques des soldats de la Légion thébaine et date, dans sa constitution originale, du dernier quart du XIe siècle. Les feuilles d’argent repoussé sont fixées sur une âme en bois de mélèze, datable de 1076 par la dendrochronologie. À la suite de la restauration, on a constaté que le coffre était creusé dans un tronc, et que le long côté arrière est constitué d’une planche ajoutée.

Trésors d’église [4]

L’ordonnance actuelle des reliefs n’est évidemment pas originale et de fortes déprédations sont à relever. Sous les plaques de revêtement de l’arrière et du petit côté gauche ont été découvertes récemment des peintures sur toile de la fin du XIIIe et du XIVe siècle de grand intérêt.

Le cycle incomplet narratif, se rattache à la Passion et à la Résurrection du Christ. Subsistent sur la base du coffre : les Saintes femmes au tombeau vide ; deux apôtres assis ; la Déposition de la croix ; la Sainte Cène. Les deux apôtres trônant conservés sont de la même lignée que le collège apostolique des deux châsses de Saint-Maurice d’Agaune, plus tardives. Aux extrémités arrondies de la châsse sont conservés deux types de moulures : la première, formée d’entrelacs, trace un réseau géométrique régulier, alors que la deuxième est constituée de rinceaux encadrés d’un grènetis.

Sur la face principale du toit en coupe se développe la scène de l’Ascension, dans une composition oblongue qui occupe toute la surface, regroupant cinq feuilles d’argent repoussé. De part et d’autre de l’action principale se trouvent deux groupes de cinq apôtres. Les apôtres de gauche sont d’un style différent des autres figures. Leurs pieds reposent sur un piédestal et le drapé de leur vêtement, plus dense, forme un réseau de plis plus sophistiqués, aux angles mieux marqués. Ils font partie, avec les deux figures des écoinçons, d’un groupe plus animé. Il est donc possible de distinguer deux styles différents pour cet ensemble. L’artiste qui a conçu la plupart des reliefs conservés est d’un esprit encore ottonien, alors que l’autre, dont on ne connaît plus que le petit ensemble de figures plus vigoureuses, est déjà dans la mouvance romane.

Les personnages ont tous une tête enfoncée dans d’étroites épaules, vocabulaire plastique que l’on retrouve aussi bien en Italie septentrionale qu’en Espagne du nord, de même qu’il évoque sans conteste les hauts reliefs de la porte en bronze de Saint-Michel de Hildesheim, commandée en 1015 par Bernward. Cependant, le faciès des personnages ainsi que la syntaxe des plis diffèrent sensiblement. Par ailleurs, à Sion, on ne trouve aucun élément végétal pour animer les surfaces d’où se dégagent les scènes, alors que ce procédé est utilisé à Hildesheim. Le style semble en relation avec l’art de l’Italie du Nord. L’iconographie est issue d’un foyer de la région alpine. Des emprunts ponctuels à la tradition byzantine peuvent être relevés.

Trésors d’église [4]

L’évêque de Sion Ermanfroid (1054 à 1082/87 ?) joua un rôle important sur l’échiquier politique européen au XIe siècle. Il est vraisemblablement le commanditaire de la châsse.

Le lieu de conservation ultérieur de la grande châsse de Sion, actuellement en restauration, n’est pas encore déterminé. (1997. J’en saurai plus quand la visite au musée aura eu lieu.)

Objets de comparaisons :

- La châsse de Saint Isidore de León, 1063 (Trésor de la cathédrale, León)

- l’Arca Santa d’Oviedo, 1075 (Trésor de la cathédrale, Oviedo)

- le plat d’évangéliaire provenant de Fulda, vers 1020 (Trésor de la cathédrale, Aix)

-le grand autel portatif en ivoire de Melk, milieu du XIe siècle (Trésor de l’abbaye, Melk)

- le plat de l’évangéliaire de Poussay produit à Reichenau, deuxième quart du XIe siècle (Paris)

- les plats de l’évangéliaire de Théophana, milieu du XIe siècle (Trésor, Essen) Art ottonien

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 17:44

Capsa-reliquaire d’Althée

La capsa-reliquaire carolingienne, commandée par Althée, abbé de Saint-Maurice et évêque de Sion (772-814), est particulièrement intéressante. À la base, se trouve une inscription datable des années 800 : En l’honneur de la sainte Vierge Marie, l’évêque Altheus a fait réaliser ce coffret.

Trésors d’église [3]

Le texte, disposé sur deux registres séparés par un rang perlé, est encadré sur les côtés par deux paires d’animaux marins fabuleux disposés en S.

Althée reconstruisit l’ancienne basilique d’Agaune, rasée vers le milieu du VIIIe siècle. Des liens entre l’abbé et Charlemagne auraient facilité le financement de l’agrandissement de l’abbaye, rendu nécessaire du fait de l’affluence des pèlerins. Charlemagne aurait séjourné à Saint-Maurice, puis se serait rendu à Rome en compagnie de l’abbé, lequel reçut à cette occasion un privilège papal.

Le reliquaire a été élaboré pour une église mariale du diocèse, certainement pour la cathédrale elle-même. L’inscription peut également signifier que l’écrin a été conçu pour recevoir des reliques mariales. Althée a pu s’en procurer lors de son voyage à Rome.

La face principale du reliquaire comprend quatre compartiments encadrés d’un rang perlé. Les deux sections inférieures sont ornées d’un arbre de vie, alors que les sections supérieures renferment deux figures en relief avec l’inscription : + SCA MARIA, + SCS IOHANNES. Sur les petits côtés se trouvent, de part et d’autre, deux personnages représentés de manière analogue, en buste, bénissant à l’orientale d’une main et tenant une croix surmontés d’un anneau auquel était rattachée primitivement une sangle permettant le port du reliquaire en bandoulière. La boucle de suspension s’inscrit dans une étoile à cinq branches, surmontée d’un arbuste à trois étages qui rappelle de nombreuses représentations de ceps de vigne.

Sur la face postérieure, deux plaques émaillées – ainsi qu’un médaillon – représentent des ecclésiastiques en buste, avec tonsure et vêtements liturgiques.

L’inversion des deux émaux ci-dessus est visible.

L’inversion des deux émaux ci-dessus est visible.

Cette face a été restaurée en 1673 par l’orfèvre Jean Nicolas Ryss. Les émaux se trouvaient initialement sur le reliquaire. Leur nouvelle mise en place au XVIIe siècle ne respecte pas les angles respectifs d’inclinaison des côtés ; il y a eu inversion.

Les émaux représentent très certainement les quatre docteurs de l’Eglise. Ils ont été exécutés, tout comme le travail au repoussé, au cours de la dernière décennie du VIIIe siècle dans le diocèse de Salzbourg. Althée était présent au Concile de Tegernsee pour régler un différend entre cette ville et Freising avant 798. L’abbé a certainement eu l’occasion de voir l’art produit dans les monastères environnants et de confier à un atelier l’exécution de la bourse-reliquaire qu’il désirait pour sa cathédrale.

[Commentaire : Pas trace d’un Concile à Tegernsee dans la liste des Conciles d’églises. Au lieu de Concile, assemblée judiciaire serait peut-être plus plausible dans ce cas de trancher un différend entre deux villes. Au VIIIe siècle, les évêques étaient le relais indispensable entre le roi et ses administrés et ce sont eux les évêques qui administraient les conflits au sein même des diocèses. D’autant que l’on parle de deux « Grandes » villes, de deux couvents, probablement de deux grandes familles et ecclésiastiques, pour déplacer plusieurs évêques, dont celui de Sion.]

Des liens entre Rome et Salzbourg sont effectifs au VIIe siècle déjà. À l’époque carolingienne, les artistes salzbourgeois connaissaient la production romaine. Par exemple, les têtes d’apôtres en médaillon de la chapelle Saint-Zénon, à Sainte-Praxède, sont proches des celles des docteurs du coffret d’Althée.

La capsa-reliquaire d’Altheus du trésor de Sion est une pièce extrêmement significative pour la compréhension des échanges en milieu alpin à l’époque carolingienne, avant le développement de l’art de la cour impériale.

Objets de comparaison :

- La bourse et le coffret aux camées, IXe siècle (Museo Civico, Cividale)

- la bourse de la crèche, IXe siècle (Trésor de la cathédrale, Verceil)

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 17:47

Étude des pièces médiévales

Boîte médicinale

La boîte médicinale du musée est un fac-similé de l’original, en ivoire, conservé au Musée d’histoire et d’ethnographie de Valère. La pièce, qu’il est possible de dater des années 400, a été transformée à une époque indéterminée en reliquaire, lorsqu’on grava une croix entre les têtes des deux divinités. Sur le couvercle coulissant sont représentés Esculape et Hygie, vêtus à l’antique, au-devant d’une arcature. Le dieu grec de la médecine, barbu, tient dans sa main gauche le caducée – un bâton autour duquel s’enroule un serpent – ainsi qu’un élément végétal dans la droite, certainement un artichaut. Sa fille, déesse de la santé, tient un récipient sur l’avant-bras gauche, et un long serpent dans la main libre, étanchant la soif du reptile sacré. Le couvercle avec les reliefs est percé d’un trou ; il protège la cavité où étaient déposés les différents remèdes. La coupe transversale de la boîte dessine la forme d’un demi-cercle. L’intérieur est divisé en onze compartiments, celui disposé au centre étant oblong.

Trésors d’église [2]

On a parfois comparé les miracles de Jésus à ceux des guérisseurs antiques, tel Esculape. Au IIIe siècle avant notre ère, à la suite d’une peste, Rome en avait adopté le culte.

Pièces de comparaisons :

- une boîte de pharmacie (Trésor de Coire), IVe-Ve siècle, trouvée dans un autel de la cathédrale en 1943

- une pièce avec un philosophe assis (Museo Civico de Bologne), début du Ve siècle

Pyxide de la résurrection (Musée d’histoire et d’ethnographie, Valère)

La pyxide du VIe siècle avec une scène de la résurrection du Christ représente le plus ancien objet chrétien conservé dans le contexte sédunois. Sur ce segment de défense d’éléphant est sculptée la scène du tombeau vide, selon le texte de saint Marc : Marie et Marie-Madeleine au tombeau, un ange au sépulcre, six soldats terrassés, ainsi que Pierre et Paul. Cet objet liturgique, tout comme les derniers ivoires antiques, est certainement une production de l’Orient méditerranéen. Si le style paraît hellénistique, la composition se rattache à la tradition palestino-syrienne. Ces pyxides du haut Moyen Age renfermaient des hosties et servaient d’ornement d’autel, soit posées dessus, soit suspendues par une chaînette. Sur l’exemple sédunois, on peut encore voir des traces de point d’attache pour les chaînes. Le col et le fermoir en bronze sont une adjonction tardive.

Trésors d’église [2]

Pièces de comparaisons :

- une pyxide du VIe siècle (MMA, New York)

- Un diptyque du VIe siècle (Museo Nazionale, Ravenne)

- une pyxide du VIe siècle (Musée de Cluny, Paris)

- une plaque du VIe siècle (Musée des Beaux-Arts, Moscou)

Bourse d’Adalric

La petite bourse-reliquaire en ivoire au décor simple et géométrique est connue sous le nom de bourse d’Adalric. Gravé sur une plaque de plomb, le nom Adalricus correspond certainement à celui du propriétaire de l’objet. Les plaques d’os sont de différentes couleurs, quelques-unes étant teintées en rouge brique. Ce coffret en os sur âme de bois reste mal daté : la chronologie relative s’insère entre les VIe et VIIIe siècles. L’analyse paléographique propose le VIIIe siècle.

Trésors d’église [2]

Pièces de comparaisons pour le décor constitué de stries et de cercles concentriques :

- Un petit coffret en os, XIe siècle (Trésor de Coire)

- le reliquaire d’Essen-Werden, vers 750 : l’un des plus anciens autels portatifs de l’Occident, il offre la particularité de mêler aux motifs géométriques les plus courants des représentations figuratives du plus haut intérêt. La torsade ou le disque concentrique percé d’un œil se rencontrent sur de nombreux documents d’origine byzantine

- le reliquaire d’Albepierre, VIe-VIIe siècle (Trésor d’Albepierre, Cantal)

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 17:49

Les trésors d’église : constitution des trésors en Occident – le cas de Sion

Un trésor d’église est composé d’éléments variés : or, argent repoussé et ciselé, émaux, pierres précieuses, ivoire, étoffes rares se côtoient ainsi avec faste. Aux œuvres liturgiques s’ajoutaient parfois des objets profanes utilisés à des fins religieuses. Le processus d’élaboration d’un trésor ecclésiastique est relativement bien connu.

L’histoire des trésors d’église commence avec Constantin, lequel enrichit Rome de somptueux objets d’orfèvrerie. La constitution des trésors se poursuit pendant les invasions et à l’époque mérovingienne. L’importance de l’époque carolingienne est parfaitement mise en lumière par les œuvres conservées, tout comme par celles mentionnées dans les textes. Aux VIIIe et IXe siècles, le culte des religions – qui tenait au préalable un rôle déjà prépondérant – devient fondamental, exigeant toujours plus d’écrins précieux. Un nombre infime de ces joyaux est parvenu jusqu’à nous.

L’enrichissement de ces trésors supposait parfois l’installation permanente d’artisans spécialisés. Les plus anciens objets conservés au trésor de Sion sont importés : en effet, le travail de l’ivoire n’est pas attesté en Suisse aux Ve et VIe siècles. Le trésor du Chapitre conserve également une belle collection de tissus, pour la plupart orientaux, dont un célèbre fragment de dalmatique aux griffons adossés, en soie de Syrie (XIe siècle) et de rares bourses-reliquaires. Pour en revenir à l’orfèvrerie, la grande châsse du XIe siècle n’est sans conteste pas une production locale. Au XVIIe siècle, la dynastie d’orfèvres Ryss s’installe à Sion : Nicolas Ryss, attesté dès 1611, puis Jean Nicolas à la fin du siècle et François-Joseph au XVIIIe siècle. Ces artisans restaurent les pièces du trésor et fournissent, avec d’autres, des pièces liturgiques pour les églises du Chapitre. Lorsqu’ils en ont les moyens, les chanoines et les divers donateurs commandent des pièces à l’étranger, dans des centres artistiques réputés.

Les inventaires

Le premier inventaire conservé remonte à 1364 et figure dans le Liber Il ministerialiae, fol. CXVIIII. Il se trouvait dans le maître-autel de Valère. Il faut presque attendre trois siècles pour le second inventaire connu, lequel date de 1638. On en compte encore quatre pour le XVIIe, autant pour le XVIIIe et trois pour le XIXe siècle.

Le trésor du Chapitre conserve des pièces d’origines variées, dont la provenance reste souvent méconnue. La vaisselle eucharistique était souvent commandée par des ecclésiastiques, comme le chanoine Mathias Molitor (†1668) par exemple. Lors de leur élection, les évêques offraient une chape et les ornements liturgiques qui l’accompagnent pour les services liturgiques. Confréries, nobles et bourgeois achetaient également du mobilier et des objets de culte attachés à leur autel. Plus rarement, d’importantes personnalités étrangères offrirent l’un ou l’autre objet précieux, tel le coffret d’apparat du XIVe siècle. [Qui ?]

Le trésor de l’Evêché se compose essentiellement d’objets commandés ou reçus après l’incendie de 1788, alors que celui du Chapitre, mieux protégé à Valère, conserve des objets du premier millénaire, ainsi que quelques pièces antérieures au XVIe siècle.

Ancienne présentation du Trésor du Chapitre

Ancienne présentation du Trésor du Chapitre

Trésors d’église [1]

Enrichissements du trésor, déprédations et restaurations

Le trésor du Chapitre a souffert des incendies (notamment aux XIVe et XVe siècles) et des pillages qui affectèrent la cathédrale. En 1798 encore, les troupes françaises et des contingents vaudois procèdent à une mise-à-sac de la ville. Dans ce contexte, de nombreuses pièces du trésor disparurent (dont la plupart des pièces d’orfèvrerie offertes par l’évêque François-Joseph Frédéric Ambuel, 1760-1780).

En 1798, le Chapitre a dû contribuer aux besoins des troupes françaises en livrant des pièces d’orfèvrerie. En 1848, les luttes politiques qui ébranlèrent la Suisse permirent l’avènement des Radicaux et la sécularisation des biens du clergé. Trois ans plus tard, un plat d’évangéliaire (Xe et XIIe siècles), aujourd’hui conservé au Victoria & Albert Museum, quittait le trésor du Chapitre sédunois, vendu à un antiquaire par l’Etat du Valais. Ce chef-d’œuvre d’orfèvrerie recouvre un manuscrit de l’époque carolingienne.

Une autre pièce provenant de Sion est le petit coffret roman aux armes de l’évêque Hldebrand de Riedmatten, portant la date de 1593, conservé au Musée National Suisse de Zurich. Cette pièce porte le poinçon de Sion et a été restaurée à la fin du XVIe siècle. D’autres objets mentionnés dans les archives disparaissent à des dates indéterminées, comme cette « image » en argent de Saint Maurice (un buste-reliquaire ?) citée dans le testament du chanoine de Sion Grirard Millet, en 1453.

À Sion, une vague de restaurations dans le courant du XVIIe siècle ressort de la lecture des inventaires. Le coffret d’Althée, par exemple, a été restauré en 1673 par J. N. Ryss. En 1672, on relève encore la présence de deux artistes de Milan pour nettoyer les œuvres en argent des deux églises.

L'évangéliaire de Lorsch : un chef d'œuvre carolingien, aussi intéressant que celui de Sion, peut être vu en ligne. Ce trésor est en Roumanie, pays qui a su le mettre en valeur.

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 17:12

Une Brochure de présentation du Trésor médiéval du Chapitre et de la Cathédrale de Sion, publié par Sedunum Nostrum, association pour la sauvegarde de la cité historique et artistique de Sion en 1997, montre dans un texte l’historique et la présentation des trésors d’église, hélas, les photos sont en noires et blancs. Je suis contraint de visiter le musée et de prendre les mêmes objets avec mon appareil pour les avoir en couleurs.

J’espère qu’on me laissera faire !

C’est quoi un trésor d’église ? Pour répondre à cette question, je vous laisse le lien ci-dessous qui dira ce que c’est.

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 17:43

Oui, un grand merci à l’anticyclone des Açores pour le temps qu’il nous procure en ce début de mois de novembre clément à souhait.

Même si l’on ne sait pas ce qu’est un anticyclone, même si l’on ne sait situer les Açores du premier coup sur la carte, même si vous n’êtes pas connecté sur la météo, vous aurez quand même bénéficié du soleil et de la douceur actuelle.

Dites merci

Il se peut que Noël soit au balcon cette année, on en reparlera l’an prochain. Mais souvenez-vous que Pâques cette année n’était pas très chaud et c’est en doudounes que nous cherchions les œufs dans le jardin. (05.04.2015)

Noël au balcon, Pâques au tison !

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 16:53

Le journal gratuit 20 Minutes, nous apprend :

Hôte d’honneur du Sveriges Järnvägsmuseum, le Musée suédois des chemins de fer, à Gävle, la locomotive Crocodile CE 6/8 III 14305 est en panne. Sur le chemin du retour, elle a subi un incident qui l’a contrainte à stopper en gare de Seddin, dans le nord de l’Allemagne. Malgré une vitesse maximale de 50 km/h, une roue motrice a chauffé, la bloquant net. Elle va être réparée et remorquée par une loco allemande jusqu’en Suisse.

Ici, celle du Musée des transports.

Ici, celle du Musée des transports.

Commentaire : elle ne va pas vite, mais à l’époque, c’était l’une des plus puissantes locomotives du monde, exclusivement réservée pour la rampe du Gothard.

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 16:51

Commentaire :

Voilà fini le récit du parcours des Suisses dans l’aventure de la Campagne de Russie au sein de la Grande Armée, du moins des batailles autours de Polotzk et de Borisov et sur la Bérézina, puis de la longue retraite désastreuse. À la lecture du récit, vous aurez quand même compris que « Bérézina » est une victoire française et aussi point de départ de la retraite. Le désastre a été des plus cruels pour ceux qui ne parvinrent pas à franchir les ponts de la Bérézina, quand Napoléon donna l’ordre de la retraite. Le tribut suisse n’a pas été plus conséquent que pour les autres contingents des divers pays qui engagèrent des hommes dans cette aventure.

Vous aurez aussi fait connaissance avec les chefs, si vous avez suivi les liens, qui estimèrent les Suisses ou qui avaient quelque chose à dire sur eux.

J’espère que vous aurez surtout un nouveau regard sur la Bérézina et sa signification.

Les vestiges de ceux qui trouvèrent la mort devant Vilnius, font aujourd’hui encore l’objet de recherches par les anthropologues judiciaires et archéologues.

Charnier, squelettes vrac, alentours de Vilnus

Charnier, squelettes vrac, alentours de Vilnus

Le CNRS, fait des recherches sur les sites de Vilnus (2001)

Le CNRS, fait des recherches sur les sites de Vilnus (2001)

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 16:42

Ce nom seul soutenait encore les survivants. Wilna était la base de l’armée. Vivres, vêtements, armes, munitions, ambulances, s’y trouvaient à profusion. Une quinzaine de mille hommes de troupes fraîches y stationnaient aussi. L’Empereur espérait donc que l’armée pourrait s’arrêter là, se rétablir en quelques mesure, se réorganiser en tout cas. Mais il ne laissa pas d’instructions suffisamment précises ; et comme il n’avait pas accoutumé ses lieutenants à prendre – en matière administrative surtout – les initiatives nécessaires, rien ne se fit avec ordre et suivant un plan. Au lieu d’être un refuge, Wilna fut un gouffre sinistre.

Un brin de petites histoires dans la grande Histoire. [12]

La masse confuse des fuyards y arriva le 8 décembre. Tous se ruaient vers la seule porte de Minsk, afin d’être les premiers sous l’abri des murailles. On s’entassa, on s’écrasa, on se battit furieusement, tout comme aux ponts de Stoudianka, dans les dernières heures du passage. Cette mêlée dura tout un jour.

Quand cette foule extraordinaire pénétra dans la ville, les habitants, saisis d’étonnement et de peur, fermèrent leurs maisons, leurs boutiques. C’étaient partout des cris et le pire désordre. Impossible d’endiguer ce torrent, de contenir cette horde famélique. La circulation est suspendue, les officiers absolument débordés. Tout le monde veut du pain, du vin, des chaussures, des vêtements, un gîte surtout, car l’hiver est au paroxysme ; et personne ne délivre de subsistances sans formalités régulières, personne ne peut préparer des quartiers. Les Russes sont d’ailleurs tout proches.

Ainsi la foule remplissait la ville de clameurs et de tumulte. Les uns furieux, les autres suppliants tentaient d’obtenir quelque chose et partout ils étaient repoussés. Alors ils se jetèrent sur les magasins de l’intendance et les saccagèrent. Puis ce fut le tour de la ville. Beaucoup, réprouvant ce désordre ou disposant de quelque avoir, achetaient des Juifs, à des prix de famine, des vivres et de l’eau-de-vie. Buvant jusqu’à la plus complète ivresse, un grand nombre jonchaient les rues et périssaient misérablement, souvent dépouillés, tués même, par les Juifs inhumains, qui n’épargnaient pas les blessés. Des centaines finirent ainsi.

D’autres, blessés ou prisonniers, ne recevaient aucun soin, à peine un peu de pain, heureux encore de n’être pas à la merci des cruels Cosaques. Ce fut douze jours plus tard, après l’arrivée du tsar Alexandre, qu’on s’occupa d’eux enfin. Mais dans l’intervalle, les hôpitaux étaient devenus d’épouvantables charniers. Dans le couvent de Saint-Basile, raconte Chambray, on avait entassé un grand nombre de prisonniers. Ils furent sans feu, sans eau, sans paille et sans secours d’aucune espèce. Chaque matin des soldats de corvée jetaient les cadavres par les fenêtres. Puis de nouveaux venus remplaçaient les morts. Six mille cadavres étaient en tas dans les cours et les escaliers. Jamais vainqueurs ne poussèrent aussi loin que les Russes l’oubli de toute humanité.

Chez les Lithuaniens, au contraire, on rencontra des traits de bonté et de dévouement, comme il y en eut dans l’armée. Ce sont là quelques lumières sur ce sombre tableau. Bégos raconte comment il fut aidé et secouru à plusieurs reprises, entre autres par un pâtissier grison de Wilna ; et Schaller fut sauvé de la mort par de braves Lithaniens. Plusieurs autres Suisses, échappés par miracle au désastre, rapportent des faits analogues.

Quand les Russes furent sous Wilna, Ney, une fois de plus, livra bataille avec trois mille Bavarois de Wrede, qui furent des plus héroïques. D’abord contenu, l’ennemi força l’entrée de la ville, qu’il fallut abandonner en hâte, le 10 décembre.

En ce moment les plus rapides des fugitifs touchaient déjà Kovno. Le reste, de plus en plus pitoyable, s’échelonnait sur les jours suivants. Pendant cette étape, beaucoup furent pris ou périrent ; car les Russes s’acharnaient toujours plus âprement à leur proie. Ce qui restait encore de la Grande Armée n’étaient que des débris, - un homme sur douze ou quinze, peut-être, de ceux qui avaient franchi le Niémen en triomphe, moins de six mois auparavant. Depuis quarante jours ils résistaient au plus terrible hiver ; depuis cinquante-cinq ils marchaient tout le jour et bivouaquaient la nuit. En tout il restait peut-être vingt-cinq mille hommes, dont à peine un millier de combattants, et pas même dix canons. « Mais l’héroïsme, dit Thiers, de quelque nature qu’il soit, est la consolation des grands désastres. » Or jamais peut-être, dans l’histoire, sur un tel désastre n’avait rayonné tant d’héroïsme.

Quatre cents Suisses à peu près, isolés, ou par petits groupes, ou par pelotons infimes escortant leurs aigles dont aucune ne fut perdue, parvinrent aussi à Kovno. Plus de cinq cents autres avaient disparu, dans la dernière décade, si l’on comprend dans le total le bataillon Bleuler, mentionné plus haut, ainsi que les hommes partis avec lui, du dépôt de Wilna, à la rencontre de l’armée. À Kovno, les scènes de pillage, d’ivrognerie et de mort se renouvelèrent. « L’horreur fut à son comble, » dit Rösselet, de Douanne. Mais le salut était proche pour la plupart des survivants.

Passé Kovno, on rentrait en Prusse. En traversant ce pays, à l’aller, nos régiments s’y étaient comportés avec une discipline exemplaire. Ils avaient laissé partout un bon souvenir, et pour eux la population fut admirable de haute humanité. Un maître de poste, tué par des soldats, au cours d’une altercation, sans doute, gît étendu sur son lit. Dans la même chambre sa femme et sa fille ne gémissent point : elles soignent des blessés. « C’est la volonté de Dieu, » disent-elles ; et pour se résigner à leur malheur, elles soulagent ceux d’autrui.

À Marienbourg, en particulier, où se réunissaient les débris du 2e corps, les Suisses furent accueillis avec dévouement et eurent une semaine de répit. Mais plusieurs de ceux qui avaient passé Kovno ne parvinrent pas jusque-là. Les Cosaques avaient trop tôt franchi derrière eux la frontière prussienne. Les plus favorisés avaient équipé des traîneaux et s’étaient ainsi soustraits à la poursuite par une marche plus rapide. D’autres, que le danger ne galvanisait plus, las de lutter, échouèrent dans les hôpitaux des villes prochaines et furent pris, ou périrent encore en chemin.

Puis vint une marche interminable sur Kustrin, Berlin, Magdebourg, Mayence, pour rejoindre en France les dépôts régimentaires. Bien peu en furent capables jusqu’au bout. Un an après leur départ joyeux et confiant, au nombre de huit mille (sans les renforts successifs), ils rentraient quelques douzaines, - mutilés, hâves, usés de fatigues surhumaines. Mais le nom suisse était couvert de gloire, et nos soldats, comme ils y étaient résolus, avaient donné la preuve qu’ils n’avaient pas dégénéré de leurs ancêtres.

Pour nous, qui suivons en pensée ces hauts faits d’armes et ce courage, gardons fièrement l’exemple et la gloire de ceux qui écrivirent de leur sang les dernières pages de notre histoire héroïque, ces pages dignes de Sempach et de Marignan. Et sachant que la valeur militaire, le sentiment de l’honneur et de la fidélité ne peuvent découler que de sources profondes, gardons toujours confiance en notre brave peuple.

10 août 1912

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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 16:04

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Dans le désastre.

Depuis ce jour le Suisses furent progressivement entraînés par la déroute générale. Ils prirent place, tout d’abord, parmi les vestiges du 2e corps, à l’arrière-garde, sous les ordres du maréchal Ney et du général Maison ; et l’on rapporte que ce dernier, voyant ce qui restait, autour des quatre aigles, des superbes régiments de naguère, ne put contenir son émotion et pleura.

Uniforme français.

Uniforme français.

L’armée en décomposition s’écoulait donc par la seule route qu’elle eût pu prendre, celle de Kamen-Molodetchno. Au premier moment, tous se crurent sauvés. Les ponts de Zembin, sur la Gaïna, avaient été détruits comme ceux de Stoudianka par l’arrière-garde, et la poursuite en fut retardée. Pourtant les Russes reparurent bientôt, et l’arrière-garde dut combattre, à plusieurs reprises, de toute la vigueur qui lui restait, d’abord à Pleschtchénitzi, plus tard à Molodetchno. Elle couvrait ainsi cinquante ou soixante mille fuyards, qui roulaient sur vingt-cinq lieues [120 km.] de pays dans un désordre indescriptible. Seuls quelques milliers de braves gardaient leurs rangs ; mais sans cesse battus par les flots de l’universelle détresse, ces blocs se laissaient entamer, se dissolvaient à leur tour. Ainsi en fut-il du petit noyau des Suisses. Et quand lui parvint le renfort du bataillon Bleuler, qui avait conduit des prisonniers russes de Polotzk à Wilna, accompagné de trois cents recrues, il était trop tard pour enrayer la désagrégation fatale.

Déjà les premiers jours plusieurs officiers blessés avaient dû rester en arrière, dans l’absolue incapacité de continuer. Entourés de quelques compagnons d’infortune, souvent de soldats dévoués qui refusaient de les quitter, ils attendaient leur triste sort. Le commandant Weltner, qui venait d’être amputé d’une jambe, périt la nuit suivante dans les flammes d’une chaumière incendiée. Son camarade Vonderweid, idole de ses hommes, succomba dans une grange, et Bégos l’ensevlit pieusement. Beaucoup d’autres moururent ainsi de leurs blessures ou d’inanition, sur la route même ou après être tombés aux mains des ennemis. Ainsi les colonels Raguettly et de Graffenried. Plusieurs survécurent aussi à la captivité. Il en était de même chez les sous-officiers et les soldats. En écrasant tous ces hommes, l’excès des souffrances nivelait les rangs, abolissait les grades, et chacun n’écoutait que le cri de son instinct ou le glas de son désespoir.

Pendant les jours interminables de cette marche de 80 lieues sur Kovno[386 km.], pendant la nuit souvent, les Cosaques, comme des chacals effrontés et lâches, tournoyaient partout autour de cette armée mourante. Toujours à distance des groupes en armes et qui faisaient bonne contenance, ils fondaient sur les traînards – éclopés, épuisés ou blessés – qu’ils maltraitaient sauvagement. La terreur qu’ils inspiraient fut pour beaucoup un aiguillon salutaire. D’autres, se voyant pris, en finissaient d’eux-mêmes avec une vie si abominable.

Car l’hiver, qui s’était un peu radouci après la Bérésina, devint soudain atroce. Le froid atteignit 20° C., puis 25, puis 30 et 35 en quelques jours. C’était là une température mortelle dans l’état où se trouvaient ces misérables restes de l’armée. Hommes et chevaux tombaient comme foudroyés. Les corbeaux même succombaient. On marchait couvert de givre, les sens obtus, les yeux sanglant, les mains gelées, enveloppée tout entier de haillons sordides, la chaussure en lambeaux, sur une route jalonnée de cadavres et de mourants. La division Loison, venu de Wilna pour soutenir la retraite, fut presque exterminée en trois jours par ce froid terrible, et il ne resta pas un homme de deux régiments de cavalerie napolitaine qui prirent le même chemin. Du petit détachement qui représentait le 3e suisse, quinze hommes périrent en une seule nuit.

Insensibles et sans pensée, les gens marchaient comme des automates. La seule lueur de l’instinct survivait en eux. L’horizon bas et proche, où la colonne sans fin paraissait s’abîmer, les fascinait. Quelques-uns marchaient sans arrêt ; sans camarades, la plupart. « Le sentiment de l’humanité était éteint chez tous les hommes, écrit le capitaine Coignet ; on n’aurait pas tendu la main à son père, et cela se conçoit »… Ceux qui tombaient, sur la route glissante, pour la plupart ne se relevaient point. Et les survivants n’enjambaient bientôt qu’un cadavre de plus.

La nuit, c’était pis encore autour des bivouacs. On s’établissait ordinairement par groupes, et quiconque n’y appartenait pas était farouchement repoussé. À moins qu’on ne fît payer les places à prix d’argent ; car chez ces êtres moralement anéantis, la puissance de l’argent semblait avoir pris encore plus d’empire. Souvent une nouvelle bande survenait autour d’un feu ou dans quelque masure et en chassait les premiers occupants, au prix d’une rixe sanglante. Comme des bêtes fauves on se dépouillait réciproquement, et des misérables dégradés et affolés n’attendaient pas que les mourants fussent trépassés pour s’emparer de leur avoir ou se couvrir de leurs guenilles vermineuses.

À maintes reprises, des gens repoussés de quelque abri – chaumière ou grange – par les occupants trop nombreux déjà, y mettaient le feu par vengeance diabolique. Legler raconte l’aventure qu’il eut ainsi dans une maison qui regorgeait d’officiers et de soldats, à son arrivée avec des compagnons blessés. Sur l’injonction de leurs officiers, quelques soldats firent place aux nouveaux venus. Mais pendant la nuit la maison flamba et faillit être, pour plusieurs occupants, la dernière étape en ce monde. Legler assure que les évincés avaient mis le feu.

À ceux qui brûlaient dans leur refuge, nul d’ailleurs ne portait secours. « Qu’on les laisse brûler, leurs souffrances seront plus tôt finies ! » disait-on tout autour. Et de Ségur l’affirme aussi, on voyait parfois des hommes hébétés par la souffrance, ou devenus subitement fous, se jeter dans la flamme des incendies qui, chaque nuit, ponctuaient cet affreux calvaire.

Et la faim complétait cette torture, la faim plus poignante que le froid. On mangeait les chevaux vivants ou morts, la nuit en grillades, le jour en tranches saignantes, prises parfois sur l’animal en marche et que le froid insensibilisait. Les plus fortunés découvraient parfois du pain, qu’ils dévoraient en se cachant, ou de la farine de seigle, dont ils pétrissaient des galettes assaisonnées avec la poudre des cartouches. Selon de Ségur, il y eut des actes de cannibalisme, qu’on a, il est vrai, contestés. Sous ces cieux qu’ils ont tant maudits, nos pères ont connu toutes ces souffrances.

Ainsi se traînait la Grande Armée, dans un silence de mort, - monstrueux convoi funèbre d’une puissance grandiose vaincue par la fatalité, le malheur et le désespoir.

Itinéraire de la retraite.

Itinéraire de la retraite.

Ce spectacle écrasant pour son orgueil impuissant, sinon pour sa conscience, Napoléon ne le supportait plus. Des raisons impérieuses le rappelaient d’ailleurs en France. À mi-chemin de Wilna, il quitta donc l’armée, le 5 décembre, après une entrevue avec ses maréchaux. Il allait, disait-il, leur ramener trois cent mille hommes, tandis qu’eux gagneraient le Niémen et la Vistule. Tenu secret pourtant, ce départ fut bientôt connu de l’armée. Il en brisa le dernier ressort, qui était dans le sentiment de la présence de l’Empereur. La garde même finit par se débander, et le maréchal Ney parvenait à peine à réunir quelques cents baïonnettes pour protéger la retraite, comme il le fit, en vrai « Lion rouge. » Dès ce moment, ce ne fut plus, dans toute la colonne, qu’une immense poussée vers Wilna.

À suivre…

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