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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 15:15

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Vous souvenez-vous de l’histoire, racontée ici, de Louis Bégos, soldat de la Grande Armée de Napoléon ?

J’ai trouvé un petit livre, intitulé : « Nos dernières pages d’histoire héroïque. Les Suisses à Polotzk et à la Bérésina », publié par Payot & Cie, Lausanne en 1912

Le petit livre

Le petit livre

Contient six portraits, dont celui de notre Louis Bégos , et une carte.

Je vais donc vous raconter les cinq histoires, de ceux qui ont retenus l’attention des historiens, aux côtés de Louis Bégos.

Remarqué l’orthographe de Bérésina, et celle d’aujourd’hui qui est Bérézina.

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 16:05

La solution pour publier une image trop grande pour mon scanner, comme dernièrement la carte du projet de ligne de chemin de fer du Wengernalp-Bahn, est trouvé un tutoriel qui explique comment faire. Un petit scanner + une grande image = utiliser Potoshop !

Tout un apprentissage pour arriver à un résultat convenable, ce n’est pas demain que vous aurez la carte en entier sous les yeux.

Demain je vais chercher de quoi faire un article ou deux chez le bouquiniste Emmaüs.

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 16:28

Comme d’habitude, en lisant 20 Minutes, le journal gratuit, je joue à trouver les sept erreurs qui au quotidien se trouve avec les « Comics ».

Aujourd’hui, le sujet du jeu, m’a beaucoup fait rire, comme souvent, le dessin est absurde et plein de drôleries.

J’ai trouvé les sept erreurs sans trop de difficulté, et par acquis de conscience j’ai lu les réponses imprimées à l’envers au-dessous. Et là, j’ai encore ri une fois de plus. Depuis que les journalistes écrivent sur des traitements de textes, plus aucun correcteur ne relit les fautes de ceux-ci.

Les sept erreurs
Les sept erreurs

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 16:46

C’était annoncé par les oiseaux de mauvais augures, que la droite politique allait gagner face à la gauche. Il est malheureux de faire le constat qu’ils avaient raison.

Virage à droite !

Ainsi, le pays, a rejoint ceux qui sont contre presque tout, avec des propos haineux, populistes, anti-européens, nationalistes.

Chappatte

Chappatte

Heureusement, nous sommes en Suisse ! En effet, nous sommes dans le pays le plus consensuel et donc cette droite doit composer avec les autres partis forts qui sont toujours là.

La démocratie n’est pas en danger, seul est en danger notre intelligence face aux propos primaires que l’on entend dans leur bouches. On risque de douter, de ne pas comprendre, de se sentir exclu du bon raisonnement, d’être un peu perdu sur le chemin qu’ils nous veulent voir parcourir.

La bagarre n’est pas finie, il y a la question des membres du Conseil fédéral qui devra être renouvelé en partie ou le statu quo actuel !

Qui doit être éjecté?

Qui doit être éjecté?

“Défiez-vous de ceux qui vous disent en vous parlant d'une personne qui vous est chère : - je crains que un tel, ou une telle, ne soit bien malade. On n'est pas oiseau de mauvais augure sans s'y plaire un peu.”

Victor Hugo

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 15:33

Acheté chez Emmaüs pour 1 franc, une carte avec pleins d’informations sur le projet de ligne de chemin de fer, le prolongement de la ligne déjà en service, du BOB, [Berner Oberland-Bahnen], de Interlaken Ost à Lauterbrunnen, pour Lauterbrunnen à Grindelwald.

La carte aux dimensions de 32 X 46 cm, est trop grande pour mon scanner. Vous en avez des morceaux.

De Lauterbrunnen à Grindelwald

La première photo montre le centre-droit, avec en titre : UEBERSICHTSKARTE DER WENGERNALP – BAHN, plus à droite : Haupt Berbtouren, (im Anschluss an die proj. Bahnen), ce que l’on peut traduire par : « Principales excursions en montagne, la suite du projet, chemins de fer. À l’extrême droite dans le coin, le prix payé pour la carte chez Emmaüs, 1.-

De Lauterbrunnen à Grindelwald

La photo N° 2 présente en rouge le trajet de la future ligne Lauterbrunnen – Grindelwald. Qui a pour nom, Wengernalpbahn, (WAB), mise en service le 20 juin 1893.

Cette carte est donc un des éléments de présentation au publique ou aux autorités, avant la réalisation du projet, aux alentours de 1892. Précédemment, de nombreux projets ont été présentés, concessions obtenues et pas réalisés. La liste, des projets et réalisations peut être consultée ici. Vous serez peut-être surpris d’y voir le nom du célèbre ingénieur de chez Eiffel, Maurice Koechlin.

Coin gauche

Coin gauche

Coin droit

Coin droit

Cette belle carte, un peu usée par le temps, reste le témoignage d’une époque où l’on bâtissait la Suisse, avec la vision de l’avenir, une Suisse touristique.

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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 17:35

Programme de la manifestation

Samedi 16 août

De 8 heures à la nuit, Stand de St-Georges,

TIR COMMÉMORATIF A PRIX

Dimanche 17 août

9 h. 30 – Rassemblement en uniforme sur la Plaine de Plainpalais. Chaque militaire rejoint l’unité à laquelle il appartenait pendant la mobilisation. Tête du cortège à la hauteur du Bâtiment électoral. – Salves d’artillerie.

9 h. 50 – Sonneries de cloches.

Lecture de la proclamation de la mobilisation. Cortège à Mont-Repos. Pose d’une couronne au monument des soldats morts pendant la mobilisation. Honneur rendu en marche. Retour en ville.

12 h. – Repas au Bâtiment Électoral. Concert par une musique militaire.

A l’occasion de la Commémoration du Xe anniversaire de la mobilisation, le Comité d’Organisation a fait exécuter une assiette souvenir qui sera distribuée aux militaires présents contre remise d’un coupon spécial de la carte de participant. Pour les soldats qui assistent en civil au dîner, la présentation du livret de service sera exigé pour la remise du souvenir.

Prix du coupon donnant droit au souvenir, Fr. 2.50 Prix du dîner, Fr. 3.50

Cartes de participants à retirer avant le 10 août dans les dépôts suivants : Véron-Grauer (Terraillet) : Association des Intérêts de Genève, pl. des Bergues ; E. Schoenau, rue de Carouge, 8, et par correspondance au Comité, Fusterie, 12, qui fera parvenir les cartes contre remboursement.

Tir Commémoratif

Stand de St-Georges, Samedi 16 Août 1924, de 1 heure à la nuit.

20 cibles à 300 mètres. - 5 à 50 mètres.

Prix, primes et répartition, environ Fr. 5000.-

300 mètres

Fusil

Cible « Mobilisation »

(1 mètre en 10 points)

Inscription unique de 10 balles : Fr. 3.-

PREMIER PRIX : Fr. 30.- DERNIER PRIX : Fr. 3.-

Distinction. – Médaille commémorative et mention à partir de 75 points.

Mention à partir de 70 points.

Cible « Militaire »

(1 mètre en 100 points)

Première inscription de 5 balles : Fr. 4.-

Une seule reprise de 5 balles : Fr. 3.-

PREMIER PRIX : Fr. 40.- DERNIER PRIX : Fr. 4.-

Distinction. – Médaille commémorative et mention à partir de 400 points.

Mention à partir de 375 points.

Cible « Petit Bonheur »

Classement au centre (1 mètre en 100 points)

Inscription de 3 balles : Fr. 3.-

Reprise, la balle : Fr. 0.50

PREMIER PRIX : Fr. 30.- DERNIER PRIX : Fr. 3.-

Libre

(1 mètre en 10 points ou 1 mètre en 100 points, au choix du tireur)

Inscription unique de 10 balles : Fr. 1.-. Sans répartition.

50 mètres

Pistolet

Cible « Mobilisation »

(0,50 m. en 10 points)

Inscription unique de 10 balles : Fr. 3.-

PREMIER PRIX : Fr. 25.- DERNIER PRIX : Fr. 3.-

Distinction. – Médaille commémorative et mention à partir de 72 points.

Mention à partir de 68 points.

Cible « Militaire »

Première inscription de 5 balles : Fr. 4.-

Une seule reprise de 5 balles : Fr. 3.-

PREMIER PRIX : Fr. 30.- DERNIER PRIX : Fr. 4.-

Distinction. – Médaille commémorative et mention à partir de 175 points.

Mention à partir de 170 points.

Cible « Parfait Bonheur »

Classement au centre (0,50 cm. En 50 points)

Inscription de 3 balles : Fr. 3.-

Reprise, la balle : Fr. 0.50

PREMIER PRIX : Fr. 25.- DERNIER PRIX : Fr. 3.-

Libre

(0,50 m. en 10 p. ou 0,50 m. en 50 p.) au choix du tireur

Inscription unique de 10 balles : Fr. 1.-. Sans répartition.

Concours de groupes

FUSIL

Inscription (5 tireurs) : Fr. 10.-

Résultat de la cible « Mob » à l’add. Des points.

Le 50% des groupes au minimum recevra un prix.

PREMIER PRIX : Fr. 40.-

PISTOLET

Inscription (5 tireurs) : Fr. 8.-

Résultat de la cible « Mob » à l’add. Des points.

Le 50% des groupes au minimum recevra un prix.

PREMIER PRIX : Fr. 30.-

POUR DÉTAILS COMPLETS, DEMANDEZ LE PLAN DE TIR

Commentaire : Celui qui aura payé son repas, ses participations aux différents concours de tir et payé pour son souvenir, celui-ci aura dépensé son argent, sans être sûr d’être le champion et ainsi gagner une belle sommes.

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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 15:20
Ils ont fêté la Mobilisation de 14

Colonel Alfred Audéoud

Celui qui faisait contrepoids au Général Wille, jugé trop proche du Kaiser, trop germanophile, fort discuté partout en Suisse, ne pouvait avoir qu’un homme totalement différent pour l’équilibre nécessaire au pays. Le colonel Alfred Audéoud était cet homme-là, juste, sévère mais aussi paternaliste, et sûrement francophile.

Je reprends ce qu’en dit la République et Canton de Genève sur leur site : le colonel Alfred Audéoud. Né en 1857, il fit ses études de droit avant d'entrer dans l'armée.

Lieutenant en 1876, il était chef d'état-major de la deuxième division et instructeur en chef de la première en 1896. En 1899, il succédait au colonel de la Rive comme directeur des écoles centrales à Thoune.

En 1908, il devint commandant de la première division, puis commandant de la quatrième en 1912. La même année, il était placé à la tête du premier corps d'armée. Dans la guerre russo-japonaise de 1904-1905, il fut délégué pour suivre les opérations de l'armée russe en Mandchourie.

Le colonel Audéoud fut professeur à la section des sciences militaires de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich. Il mourut en 1917, à l'âge de 64 ans.

Pour rappel, le grade de Colonel Divisionnaire est équivalent à celui de Général. Notre pays n’a pas de général en temps de paix, exception notoire du colonel en charge du poste sur la ligne de démarcation entre les deux Corées qui sont toujours en guerre, ceci pour parler d’égal à égal avec les autres généraux.

Ils ont fêté la Mobilisation de 14

J’ai trouvé cette photo du Colonel Audéoud en compagnie du Général français Lecomte, comandant le 33e C.A. [qu’il commanda du 17 décembre 1916 - 8 novembre 1920], sur un forum français « militarisé » où celui qui met cette photo, s’interroge de la présence d’un colonel suisse en France, pendant le conflit. La photo est datée du 6 mai 1917 (6.5.17), et les hommes sont à la Côte 160, (N.E. d’Audignicourt.), située dans le département de l'Aisne en région Picardie.

A la date écrite sur le côté droit de la photo, ils devaient être en plein dans l’offensive de la Bataille du Chemin des Dames. [Pour la petite histoire, à cette date est abattu un avion allemand par le premier pilot américain de couleur, le lieutenant Eugen J. Bulliard.]

Où était le 33e corps d'armée (France)

En 1917

17 mars - 20 mai : poursuite des troupes allemandes, à la suite de leur repli. Prise de Nampcel ; franchissement de l'Ailette, progression dans la forêt de Coucy. Stabilisation sur la ligne Quincy-Basse, Coucy-la-Ville, Barisis-aux-Bois, étendue le 30 mars jusqu'à l'Oise.

16 - 30 avril : engagé dans la bataille du Chemin des Dames, combats violents.

20 mai - 5 juin : retrait du front ; repos vers Oulchy-le-Château.

5 juin - 3 août : occupation d'un secteur vers Courtecon et l'Épine de Chevregny.

Ils ont fêté la Mobilisation de 14

Cette autre photo où le colonel Audéoud est sur un funiculaire. Cette photo éditée sur un site par le petit-neveu du colonel, lui aussi s’interroge ; mais où donc est ce lieu, où a été prise cette photo ?

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 15:57
Ils ont fêté la Mobilisation de 14

La frontière, remarquez qu’il n’y a pas de barbelés apparents, que le côté suisse est à droite, et qu’il semble qu’à gauche, le soldat isolé est un Allemand ( ?).

Ils ont fêté la Mobilisation de 14

In Memoriam

En novembre 1918, l’épidémie de grippe ravageait notre pays. Pour éviter sa propagation, les gouvernements avaient interdit les rassemblements, quels qu’ils soient ; les écoles étaient fermées. – C’est à ce moment que le trop fameux Soviet d’Olten déclencha une grève générale qui, selon ses plans devait aboutir à une révolution néfaste…

En ce 11 novembre, où le monde entier accueillait avec enthousiasme l’armistice, la Patrie, une fois encore, cria « Aux armes »… et tous, une fois encore, accoururent à cet appel. Tous partirent, tous ne revinrent pas. La maladie sournoise avait cloué sur un lit d’hôpital bien des petits soldats qui moururent, héros obscurs.

L’orage se dissipa ; nous revîmes, le cœur gros et les yeux pleins de larmes… Et dans bien des familles une place demeura vide, désormais…

A peine rentrés, les membres d’une jeune société patriotique [Pro Helvetia], associant dans une même pensée tous les soldats morts au service de la Patrie depuis 1914, prirent l’initiative d’ériger un monument à leurs camarades disparus. Un Comité accepta cette tâche, pas toujours facilitée, et le 9 janvier 1921, le cénotaphe fut inauguré au Parc Mon-Repos.

Là-bas, où deux sentinelles de pierre veillent sur le Souvenir de Ceux de Genève, de tous grades et de toutes armes, nous irons en pèlerinage, car

Ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie

Ont droit qu’à leur tombeau la foule vienne et prie,

a dit le poète.

A l’endroit même où, dix ans auparavant, le peuple en liesse frémissait de joie patriotique, dans le théâtre de la Fête de Juin, se recueilleront ceux qui restent en songeant à ceux qui ne sont plus.

A.-E. R. 1924

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 15:56
Ils ont fêté la Mobilisation de 14

Soldats en pause, rien a changé entre 1914 et aujourd’hui !

Ils ont fêté la Mobilisation de 14

Le cheval était alors le moteur d’une armée « traditionnelle », c’est au cours de la guerre que la motorisation commence en force dans les armées belligérantes.

Ils ont fêté la Mobilisation de 14

Toujours de l’intérêt pour la fanfare et celle-ci donne un peu de couleur dans la grisaille de la guerre.

Ils ont fêté la Mobilisation de 14

Le service intérieur ! Ici, à l’abreuvoir, probablement pour être « propre en ordre » avant d’aller au bistro.

Ils ont fêté la Mobilisation de 14

Vigilance, vigilance…

Ils ont fêté la Mobilisation de 14

Une casemate d’époque.

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 16:48

Impressions

… La frontière est fort loin ; plus exposés, plus heureux peut-être, en surveillent les abords, tandis que notre consigne, plus modeste, est de garder un coin caché au cœur même du pays. Au plus loin qu’il puisse atteindre, le regard n’embrasse que des montagnes et des champs bien à nous. Pour un peu, l’on se croirait en manœuvres, n’étaient les soins plus grands apportés au détail, la discipline plus exacte, le courrier rare et l’arme chargée de la moindre sentinelle.

Mais quand le soir arrive, et que retentissent les deux notes mélancoliques de l’extinction des feux, on peut se demander combien à cette heure, de l’autre côté du Jura, voient pour la dernière fois le soleil s’enfoncer sous l’horizon.

La garde

Mot magique, qui, dans l’épopée napoléonienne et sous la plume d’un Hugo ou d’un Rostand, avait des reflets d’étoile : bonnets à poils, grognards, Wagram, Moskowa, Austerlitz, Cambronne, Flambeau, tant de gloire, historique ou légendaire, tant de poésie…

Aujourd’hui, la prose… Nul ne sait, qui ne les a pas vécues, la longueur des heures passées devant une grange solitaire, sur un carrefour désert, derrière un tas de planches ou un monceau de charbon, dans le silence de minuit, cependant que l’eau s’écrase en tombant sur le sol, fait des rigoles sur les cartouchières, dégouline du képi et pénètre sous le col de la capote.

Attentive au moindre bruit, l’arme collée au bras, cependant que les camarades reposent sur la paille, la sentinelle va et vient, pour ne pas s’endormir, elle aussi.

A quoi songe-t-elle ? A peu de chose, car elle a le cerveau brouillé par les fatigues de la journée et peut-être aussi de la veille. Possible aussi qu’elle se rende compte, plus ou moins confusément, qu’en ayant l’air de ne rien faire, elle accomplit pourtant une grande tâche : elle veille.

La Conférence

Autour de l’orateur (M. Gonzague de Reynold, à Cressier, août 1914) nous faisions cercle ; à nos pieds, c’est comme une grande carte : des bois, des prés, des villages, la grande tache du lac, les remparts de Morat ; par-delà, la croupe du Vully, derrière quoi l’on devine les terres de Neuchâtel. Au fond, l’énorme mur du Jura.

Et lui, alors, de nous raconter, avec fierté grave, la bataille fameuse. Il dit, je dirais volontiers : il chante la petite place forte, ville d’Empire, comme l’avait été Genève ; il célèbre la journée de Morat…

Cependant, une flamme étrange s’allume dans le regard des soldats qui l’écoutent, assis à la lisière des sapins vénérables ; plusieurs sont tout pâles. Au loin, lentement, le ciel se couvre de nuées ; le Jura se voile ; des éclairs sabrent l’horizon ; le lac perd son azur et prend une teinte affreuse. Au moment où la voix se tait, l'orage éclate ; la pluie fait, sur nos têtes, le bruit d’une violente mitraille. Mais nul n’y songe : d’un seul élan, tête nue, l’arme frémissante entre les mains, la compagnie se dresse, secouée par ce souffle mystérieux qu’a éveillé au-dedans de nous le barde fribourgeois ; dans la tempête, le Cantique suisse spontanément s’élève, d’une incomparable majesté, au milieu des forces de la nature déchaînées, brutales, autour de nous…

Ceux qui ont vécu cette minute-là ne l’oublieront jamais…

Le tir

Feu !... Bing !... bing… bing ! Brèves et sèches, les détonations éclatent, les balles s’envolent en miaulant… puis un appel de trompette : c’est l’arrêt… Alors, commencent les observations aux maladroits, aux nerveux et la phrase inévitable de celui qui aligne les « pendules » : « Je ne sais pas ce qu’il y a, mon capitaine ; c’est évidemment mon flingot qui ne va pas ! »

Et l’exercice continue.

Dire qu’à cette même heure, il y en a qui font devant eux autre chose que du papier collé sur de la toile d’emballage ! qui savent que leur retraite, qui sentent, derrière eux, tout un pays menacé et frémissant : leurs idées, leur famille, leurs biens confiés à cette petite chose luisante et grasse que, d’un coup de pouce, on introduit dans l’ouverture de charge… Le tir !... Quel singulier apprentissage nous faisons-là, tout de même. La portée véritable nous en échappait peut-être, à l’époque lointaine de l’école de recrues ou sous les confortables stands de l’Arquebuse, à Saint-Georges !...

Aujourd’hui, tout prend décidément un sens redoutable.

La veille de départ

La journée, splendide, s’achève en apothéose et le soleil s’enfonce derrière la montagne, dans une gloire incomparable ; ses derniers rayons font luire, comme de petites flammes, les baïonnettes des sentinelles qui vont et viennent là-haut, munies d’une consigne sévère.

Bientôt, la nuit déroule ses ombres merveilleuses et jette, dans le ciel, une poussière d’astres ; puis la lune se lève. Quelle fête des yeux ! et que l’âme serait heureuse si elle pouvait se laisser aller à la magie des choses, à l’appel de cette nature si majestueuse, si paisible ; mais l’enfer règne sur terre ; la sérénité du firmament et des montagnes, à cette heure, a vraiment quelque chose de cruel et d’ironique.

Dans la demeure du vieux paysan, patriarche glabre et austère, comme on en voit dans les tableaux d’Anker, devant qui tout se tait et tout obéit, les soldats font leur dernière veillée des armes ; toute la maisonnée s’est jointe à eux ; ils ont invité le lieutenant à s’asseoir à leur table. Les langues se délient ; les propos s’échangent ; une bouteille circule… Et voici, sous la lampe, des clartés d’un autre ordre ont brillé ; on s’aperçoit qu’en dépit des pêcheurs en eau trouble, des journaux et des « ronchonneurs », il y a encore des Suisses sachant se comprendre et s’estimer. Welsches, Alémanes ? Bon ! Mais Suisses avec !

« Allons, braves gens ! A la vôtre ! Et dites-nous ce que nous vous devons… »

« Soldats de Genève, vous ne nous devez rien. Ce que nous avons fait pour vous, nous l’avons fait de bon cœur, car c’est nous qui vous sommes redevables ! »

Hourrah pour la vieille Suisse ! Quelqu’un porte un toast. Les ténors font merveille ; Bertha, l’écolière, tire de la Zither de naïves mélodies.

L’heure passe ; c’est le moment de la ronde ; le sergent part avec ses hommes ; sur la colline tout est calme… La nuit s’écoule… A l’aube (c’est dimanche), les cloches catholiques s’éveillent ; un peu plus tard, celles de Morat appellent au prêche… Sur les routes, les gens s’empressent ; des chars roulent. C’est la vie qui continue, comme si de rien n’était ; mais, au fond, que d’inquiétudes cachées ! Toute cette terre remuée, autour de nous, dit assez qu’il y a, de par le monde, quelque chose de dérangé…

Enfin, après cette première période de service joyeusement accepté et consciencieusement accompli, le bataillon s’éloigne et regagne ses foyers.

P. Jörimann, Sergent.

Voilà un texte d’impressions, de ressenti, de patriotisme et d’envolées lyrique. Le Sergent Jörimann avait la plume poétique.

Dans son texte, il dit : « Bertha, l’écolière, tire de la Zither de naïves mélodies », la Zither, mot allemand pour la Cithare. Probable que notre sergent n’en connaissait pas le nom en français, car moins utilisé en pays latin.

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