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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 17:58

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Au décès de G. Motta est organisée une élection le 22 février 1940, élu au Département des Postes et des Chemins de fer.

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Enrico Celio

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [13]

 1940 une année de bouleversements en Suisse.

24 juin 1940,

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Hitler planifiait d’encercler complètement la Suisse avec l’aide de l’armée italienne. Ce fut un échec, car un « trou fatal » s’ouvrait près de Genève. Relisez mes articles : « Il faut encore avaler la Suisse ! »

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Ce fut, semble-t-il, la seule fois qu’Hitler s’intéressa de si près à la Suisse sur le plan militaire. En fait, à l’époque, les autorités helvétiques ignoraient tout de ce projet d’action militaire.

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Par la suite, Hitler a déclaré avec un grand geste de la main que « soit durant la campagne à l’Ouest, soit après, l’occupation de la Suisse serait chose aisée ». Il ajouta, en présence du SS-Gruppenfüher Dietrich, qui commandait la Leibstandarte de la SS : « Dietrich va me régler ça avec sa Leibstandarte. »

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A cet égard il faut souligner que, jusqu’à l’offensive allemande de mai 1940, la Suisse n’a connu aucun problème d’approvisionnement.

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Après l’occupation des ports du nord (Anvers, Rotterdam, etc.), le ravitaillement alimentaire essentiel a transité par l’Italie (Gênes). Enfin, après la mainmise de l’Allemane sur l’Italie, le ravitaillement à destination de la Suisse a été acheminé par le Portugal (en particulier par Lisbonne), l’Espagne et la France en camions et en trains.

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Dès le 24 juin 1940, la ligne Annemasse – Saint-Gingolph, appelée la « ligne du Tonkin », a constitué une voie de ravitaillement très importante jusqu’à l’occupation de la zone sud française.

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Deux semaines après l’Armistice, signé le 22 juin 1940, les marchandises purent à nouveau arriver depuis les ports de Marseille et de Sète. La marchandise était transportée depuis ces ports jusqu’en Suisse par camions ou trains. La ligne directe était celle qui passait via Grenoble-Albertville-Annecy-Annemasse à Saint-Gingolph ou à Saint-Maurice ou par la gare de Genève Eaux-Vives. Suivant leur destination en Suisse, les marchandises arrivaient également depuis Gênes ou Port-Bou. Le trafic provenant de Gênes prit un essor important en 1941-1942.

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La ligne Genève-Bellegarde fut rouverte le 1er août 1941.

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Jusqu’au 11 novembre 1942, date de l’occupation de la zone libre, ces voies de circulation demeurent toutes ouvertes.

De fait, s’il est vrai que l’on pratiqua un rationnement durant la Seconde Guerre mondiale, il n’y a pas eu de problème d’importation, en particulier en ce qui concerne les produits alimentaires (café, thé, oléagineux, etc.).

6 juillet 1940,

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A l’inverse de ce qui se passait ailleurs, la Suisse démobilise 450'000 hommes, ne conservant que 150'000 hommes environ sous les drapeaux. (Il fallait des bras pour l’agriculture.)

12 juillet 1940,

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Le général Henri Guisan, autre Vaudois, était d’un avis différent de celui de Pilet-Golaz au sujet du déroulement des hostilités. Il n’y voyait pas le rétablissement de la paix. Dans une note secrète du 12 juillet 1940, il s’oppose à une nouvelle démobilisation et communique sa décision au chef du Département militaire fédéral.

La note secrète.

« Si d’une part, l’Allemagne et l’Italie n’ont pas intérêt à provoquer de nouveaux conflits aussi longtemps qu’elles ne sont pas venues à bout de la résistance anglaise, d’autre part, les voies de communication directes qui traversent nos Alpes présentent, pour la première de ces puissances en tout cas, un intérêt indiscutable. Celle-ci pourrait donc être amenée à exercer sur la Suisse une pression économique, politique et même militaire, pour obtenir libre usage de ces voies de communication.

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« Ainsi, les exigences allemandes pourraient tôt ou tard, devenir telles qu’elles seraient inconciliables avec notre indépendance et notre honneur national. La Suisse ne parviendra à échapper à la menace d’une attaque allemande directe que si le Haut commandement allemand, dans ses calculs, considère qu’une guerre contre nous serait longue et coûteuse, qu’elle ranimerait, inutilement ou dangereusement, un foyer de lutte au centre de l’Europe et gênerait l’exécution de ses plans.

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« Dès lors, l’objet et le principe de notre défense nationale sont de démontrer à nos voisins que cette guerre serait une entreprise longue et coûteuse. Si nous devons être entraînés dans la lutte, il s’agira de vendre notre peau aussi chère que possible. »

[Commentaire : Guisan voit clairement la réalité géopolitique de son environnement, mais après le discours de Pilet-Golaz, le peuple est dans le doute, des voix s’élèvent pour critiquer le Conseil fédéral. Comment le Général va gérer cette situation qui voit le CF plus à droite qu’il devrait et rester fort contre tous agresseurs potentiels sans aller dans le sens qu’entrevoit celui-ci. Probablement que l’idée du Réduit national le conforte dans cette résistance.]

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 16:13

Le Conseil fédéral en 1940

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [12]

Président, Marcel Pilet-Golaz, Département des postes et des chemins de fer

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [12]

Vice-président, Ernest Wetter, Département des Finances et des Douanes

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [12]

Philipp Etter, Département de l’intérieur

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [12]

Giuseppe Motta, Département politique (Affaires étrangères)

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [12]

Hermann Obrecht, Département de l’Economie Publique

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [12]

Rudolf Minger, Département militaire

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [12]

Johannes Baumann, Département Justice et Police

Voilà nos dirigeants en 1940. Mais à la mort de Giuseppe Motta en cours d’année, un remaniement intervint. Voyez dans les liens donnés.

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 17:38

Mobilisation

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5 septembre 1939,

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Arrêté du CF concernant l’entrée et la déclaration d’arrivée des étrangers, se fondant sur les articles 2, 3e alinéa, et 25, 1er alinéa, de la LSEE (Loi sur le Séjour et l’Etablissement des Etrangers) du 26 mars 1931, ainsi que sur l’article 3 de l’arrêté fédéral du 30 août 1939, obligation du visa pour tous les étrangers désirant entrer en Suisse ou traverser son territoire. Tous les étrangers étaient tenus, dans les 24 heures dès l’entrée en vigueur de l’arrêté, ou dès le moment où ils avaient franchi la frontière, de déclarer personnellement leur arrivée à la police locale, à moins qu’ils ne fussent déjà en possession d’une autorisation de séjour ou d’établissement ou d’une tolérance, ou que leur demande d’autorisation ne fût à l’examen.

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A cette occasion, le conseiller d’Etat zurichois, responsable du Département de police, qui était également le président de l’OSAR (Organisation Suisse d’Aide aux Réfugiés), Briner, protesta auprès de Rothmund au sujet du contenu d’une circulaire envoyée aux polices cantonales. Cette circulaire accompagnait l’arrêté du Conseil Fédéral (CF) du 5 septembre 1939. Elle enjoignait de se débarrasser au plus vite des émigrants, alors même que les départs légaux étaient impossibles.

27 septembre 1939,

 

Le DFJP informe les directeurs cantonales de police que les réfugiés entrés en Suisse avant le 5 septembre sans observer les prescriptions en la matière et qui s’étaient régulièrement annoncés à la police locale ne devaient plus être refoulés, à moins qu’on n’ait à leur reprocher quelque faute commise depuis leur arrivée en Suisse. Les cas des réfugiés qui ne s’étaient pas annoncés avant l’entrée en vigueur de l’arrêté du CF du 5 septembre devaient être examinés.

Juin 1940

 

Le conseiller fédéral vaudois Pilet-Golaz, alors président de la Confédération, prononce, le 25 juin 1940, son célèbre discours.

« Confédérés,

« Vous vous êtes demandés sans doute pourquoi pendant des semaines – sept bientôt – j’avais gardé le silence. Le Conseil fédéral n’avait-il rien à dire en présence des événements qui se déroulaient comme un film tragique sur l’écran du monde ?

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« Le Conseil fédéral devait penser, prévoir, décider, agir, non pas discourir – on n’a que trop tendance à parler chez nous, ce qui ne fait pas dévier d’une ligne le cours des choses.

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« Si, de nouveau, il s’adresse au peuple suisse, aujourd’hui, c’est qu’un événement considérable, gros de conséquences, en partie imprévisibles, s’est produit :

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« La France vient de conclure une suspension d’armes avec l’Allemagne et l’Italie.

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« Quelle que soit la tristesse qu’éprouve tout chrétien devant les ruines et les deuils accumulés, c’est pour nous , Suisses, un profond soulagement de savoir que nos trois grands voisins s’acheminent vers la paix ; ces voisins avec lesquels nous entretenons des relations intellectuelles et économiques si serrées, ces voisins qui se rejoignent en esprit au sommet de nos Alpes – près du ciel – et dont les civilisations nous ont séculairement enrichis, comme les fleuves descendus du Gothard ont fécondé leurs plaines.

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« Cet apaisement – n’est-ce pas le mot ? – est naturel, humain, surtout chez de modestes neutres épargnés jusqu’ici à tous égards. Il ne doit pas nous leurrer, toutefois. Nous laisser aller à des illusions d’insouciant bonheur serait dangereux ; le présent que nous venons de vivre est trop lourd d’avenir pour que nous retombions mollement dans le passé.

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« Qui dit armistice, ne dit pas encore paix et notre continent reste en état d’alerte.

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« Certes, puisque la guerre ne sévira plus à nos frontières, pourrons-nous envisager sans retard une démobilisation partielle et graduelle de notre armée. Mais cette démobilisation, elle-même, va poser des problèmes délicats à notre économie nationale profondément modifiée. La collaboration internationale, si nécessaire à la prospérité des peuples, est loin d’être rétablie. L’Empire britannique proclame sa résolution de poursuivre la lutte sur terre, sur mer et dans les airs. L’Europe doit trouver, avant de reprendre essor, son nouvel équilibre, très différent de l’ancien à n’en pas douter et qui se fondera sur d’autres bases que celles que, malgré ses vaines tentatives, la Ligue des nations ne réussit pas à jeter.

« Partout, dans tous les domaines – spirituel et matériel, économique et politique -, le redressement indispensable exigera de puissants efforts, qui s’exerceront, pour être efficaces, en dehors des formules périmées. Cela ne se fera pas sans douloureux renoncements et sans durs sacrifices.

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« Pensez à notre commerce, à notre industrie, à notre agriculture, pour prendre un exemple concret. Quelle adaptation difficile que la leur aux circonstances nouvelles ! Il en faudra surmonter des obstacles, qu’on aurait tenus pour infranchissables il y a moins d’un an, si l’on veut assurer à chacun – et c’est un devoir primordial – le pain qui nourrit le corps, le travail qui réconforte l’âme.

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« Afin d'obtenir ce résultat - maigre peut-être aux yeux des blasés, mais capital pour le salut du pays - il en faudra des décisions majeures. Et non pas des décisions longuement débattues, discutées, soupesées. A quoi serviraient-elles devant le flot puissant et rapide des faits à endiguer ? Des décisions, à la fois réfléchies et promptes, prises d'autorité.

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« Oui, je le dis bien, prises d'autorité. Oh ! Ne nous y trompons pas, les temps que nous vivons nous arracheront à nombre d'habitudes anciennes, confortables, indolentes - je n'ose employer l'expression pépères, qui répondrait exactement à ma pensée. Qu'importe ! N'allons pas confondre routine, ornière desséchée, avec tradition, sève vivifiante qui monte du tréfonds de l'histoire. La tradition, au contraire, exige des renouvellements parce qu'elle n'entend pas piétiner sur place mais marcher intelligemment du passé vers l'avenir. Le moment n'est pas de regarder mélancoliquement en arrière mais avec résolution en avant, pour contribuer de toutes nos forces, modestes et utiles à la fois, à la restauration du monde disloqué.

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« Le Conseil fédéral vous a promis la vérité. Il vous la dira, sans la farder et sans trembler.

« Le temps est venu de la renaissance intérieure. Chacun de nous doit dépouiller le vieil homme.

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« Cela signifie :

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Ne pas palabrer, concevoir;

ne pas disserter, œuvrer;

ne pas jouir, produire;

ne pas demander, donner.

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« Certes, cela n'ira pas sans déchirements, psychologiques autant que matériels.

« Ne nous le dissimulons pas : nous devrons nous restreindre. Il faudra, avant de penser à soi, à soi seulement, penser aux autres - au-dehors et au-dedans - aux déshérités, aux faibles, aux misérables. Il ne s'agira pas de faire l'aumône d'une parcelle de son superflu; nous serons appelés certainement à partager ce que nous avons cru jusqu'à maintenant être notre nécessaire. Ce ne sera plus l'obole du riche, mais la pite de la veuve. L'Evangile ressaisit toujours les res dans l'adversité.

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« Nous abandonnerons - nul doute - de multiples convenances ou commodités, auxquelles nous tenons parce qu'elles sont une manifestation inconsciente de notre égoïsme. Loin de nous appauvrir, cela nous enrichira.

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« Nous reprendrons l'habitude salutaire de peiner beaucoup pour un modeste résultat, alors que nous nous étions bercés de l'espoir d'obtenir un gros résultat sans grand-peine. Comme si l'effort seul n'était pas générateur de joie ! Demandez-le aux sportifs : il y a longtemps qu'ils le savent.

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« Plutôt que de penser à nous et à nos aises, nous penserons aux autres et à leurs besoins élémentaires. C'est ça la vraie solidarité, celle des actes, non des paroles et des cortèges, celle qui bétonne la communauté nationale dans la confiance et l'union, par le travail et par l'ordre, ces deux grandes forces créatrices.

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« Le travail, le Conseil fédéral en fournira au peuple suisse, coûte que coûte.

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« L'ordre, il est inné chez nous et je suis persuadé qu'il sera maintenu sans difficulté avec l'appui de tous les bons citoyens.

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« Ceux-ci comprendront que le gouvernement doit agir. Conscient de ses responsabilités, il les assumera pleinement; en dehors, au-dessus des partis, au service de tous les Suisses, fils de la même terre, épis du même champ. A vous, Confédérés, de le suivre, comme un guide sûr et dévoué, qui ne pourra pas toujours expliquer, commenter, justifier ses décisions. Les événements marchent vite : il faut adopter leur rythme. C'est ainsi, ainsi seulement que nous sauvegarderons l'avenir.

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« Les divergences particulières, régionales ou partisanes, vont se fondre dans le creuset de l'intérêt national, loi suprême.

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« Serrez les rangs derrière le Conseil fédéral. Restez calmes, comme il est calme. Demeurez fermes, comme il est ferme. Ayez confiance, comme il a confiance. Le Ciel nous maintiendra sa protection, si nous savons la mériter.

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« Courage et résolution, esprit de sacrifice, don de soi, voilà les vertus salvatrices. Par elles, notre Patrie libre, humaine, compréhensive, accueillante, poursuivra sa mission fraternelle, qu'inspirent les grandes civilisations européennes.

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« Suisses, mes frères, dignes du passé, en avant hardiment vers l'avenir.

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« Que Dieu veille sur vous. »

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 17:09

9 novembre 1938,

 

M. Guido Müller, conseiller national, de Bienne, déposa le 9 novembre 1938 une interpellation demandant au CF quels étaient les motifs qui l’avaient décidé à prendre son arrêté du 4 octobre 1938.

7 décembre 1938,

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Le CF répond aux interpellations Guido Müller et Trümpy. « M. Müller se référait à l’occasion de ce débat aux effroyables persécutions dont les Juifs avaient été récemment l’objet (pogroms de novembre). Il ajoutait que si tous les Juifs devaient être exterminés en Allemagne, comme ils en avaient été menacés, le problème de l’entrée en Suisse des non-aryens allemands se réglerait de lui-même, ce qui délivrerait le CF d’un gros souci. Il faut, disait-il, se garder d’augmenter par des mesures officielles l’antisémitisme qui règne déjà dans une partie de la population. Nous voulons nous souvenir que les races et les nations appartiennent à une humanité plus générale qui a ses droits inaliénables et qui fait, pour nous Suisses, la valeur de la vie. »

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M. Baumann, président de la Confédération et chef du DFJP, répondit aux deux interpellations. Il  énonça notamment que, dans un premier temps, les autorités ne s’étaient pas opposées aux entrées illégales, les organismes juifs d’assistance ayant déclaré qu’ils s’occuperaient des réfugiés.

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Cette politique avait changé parce que la Conférence des chefs des polices cantonales avait observé le 17 août 1938 un afflux d’entrées illégales. Partant, le DFJP décida de fermer les frontières et de refouler les personnes entrées illégalement sur le territoire suisse.

9 décembre 1938,

 

Un Message du Conseil fédéral inaugure la « défense spirituelle ». en 1931, la Suisse comporte 24'208 chômeurs, en 1932 54'366. « Cette situation économiquement angoissante renforçait naturellement la crise identitaire. C’est alors, en 1936, que Rothmund donnait sa définition de l’Überfremdung citée précédemment. Si l’on admet la pertinence de la priorité qu’il donne à la motivation psychologique, il était normal que l’étranger fût jaugé sur ses facultés d’adaptation et d’assimilation et que son origine ethnique devînt un critère de décision. Les Juifs passant pour particulièrement réfractaires formaient un groupe hautement suspect, qu’il s’agît de permis de travail ou, par extension, de droit d’asile. »

En Allemagne

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1939

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9 janvier 1939,

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La DRK (croix rouge allemande) refuse de renseigner le CICR sur la situation des Juifs.

17 janvier 1939,

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Message du CF à l’Assemblée fédérale concernant la création d’un Office central du tourisme.

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On y lit notamment ce qui suit :

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« Les efforts déployés pour créer un organisme chargé de la propagande méthodique en faveur des régions touristiques suisses, de leurs services de transports et de leurs hôtels remontent à la fin du siècle dernier. (…) Les accords de 1933 ont eu le mérite de centraliser, au profit du tourisme suisse, auprès de la « communauté de propagande » (ndlr : soit Office du tourisme, Chemins de fer fédéraux et Administration des postes et télégraphes en vertu d’un accord intervenu le 18.9.1933) ou de l’office du tourisme des ressources considérables, soit nouvelles, soit précédemment éparpillées dans des actions de détail. »

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Le budget de 1938 des services centraux de propagande touristique présenté à cette occasion affiche un montant de 4'060'000 francs, dont 500'000 francs de crédit extraordinaire.

En Allemagne

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24 janvier 1939,

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Goering ordonne la création d’un Centre d’émigration juive (Reichszentrale für die jüdische Auswanderung).

20 janvier 1939,

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Décision du Conseil fédéral de rétablir l’obligation de visa pour tous les émigrants étrangers.

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« Les émigrants étrangers ne sont autorisés à pénétrer en Suisse soit pour y séjourner ou s’y fixer, soit pour transiter par son territoire, que s’ils possèdent une pièce d’identité munie d’un visa suisse. Est considéré comme émigrant tout étranger qui, sous la pression des événements politiques ou économiques, a quitté ou doit quitter son domicile à l’étranger et ne peut ou ne veut pas y retourner. » La plus large publicité était donnée à cet arrêté. Les émigrants entrés en Suisse sans visa après la publication de la décision du CF devaient être refoulés dans le pays d’où ils étaient venus.

22 février 1939,

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Une conférence des directeurs cantonaux de justice et police du 22 février 1939 s’occupa de la question d’un contrôle à exercer aussitôt que possible sur tous les étrangers entrés en Suisse.

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Lors de cette conférence, le chef de la Division de police déclara que sur un total de 10'000 à 12'000 personnes réfugiées en Suisse, il y avait environ 3000 Juifs sans ressources. Il précisa que l’entretien de ces Juifs incombait totalement aux communautés israélites de Suisse, qui devaient verser près de 350'000 francs par mois.

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Au moment où la guerre éclata, le total des réfugiés en Suisse était d’environ 7000 à 8000 personnes, dont quelque 5000 Juifs (Rapport Ludwig, page 150).

Mars 1939,

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Rothmund explique aux délégués de la FSCI que l’antisémitisme allemand « vise ouvertement à l’anéantissement des Juifs » et les contraint à émigrer au moment où le chômage empêche de les accueillir ailleurs. Il reprendra ce thème en 1941.

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15 mars 1939,

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Etablissement de l’obligation de visa pour les détenteurs de passeports tchécoslovaques (création du protectorat allemand et début des persécutions contre les Juifs).

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8 mai 1939,

Séance de la Commission de gestion. M. Bringolf, conseiller national, rapporteur pour le DFJP.

1er septembre 1939, début de la Seconde Guerre mondiale.

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27 octobre 2016 4 27 /10 /octobre /2016 17:21

29 octobre 1938, Adoucissement des instructions données, circulaire du DFJP du 29 octobre 1938.

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[Remarque : ACOR, l’Association romande contre le racisme, ne donne pas le texte de cet adoucissement ! Pourquoi ?]

4 novembre 1938, E 2001 (D) 3/271 Le chef de la Police des étrangers du DFJP, P. Baechtold, au président de la Confédération, J. Baumann. Documents diplomatiques suisses.

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« Emigrants tchécoslovaques et hongrois

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« La Tchécoslovaquie comptait en 1930 356'000 Juifs, soit 2,4 % de sa population (en Allemagne, en 1933, la proportion était de 0,8 %). Combien résidaient dans les régions qui ont été rattachées à l’Allemagne, nous ne le savons pas, mais des dizaines de milliers assurément, dont beaucoup avant l’arrivée des Allemands ont fui dans les régions restées tchécoslovaques. Les journaux tchécoslovaques estiment à 50'000 environ le nombre des fugitifs des territoires sudètes. De Prague on a déjà signalé des mouvements antisémites ; il faut s’attendre que, sous l’influence ou la pression de l’Allemagne, ce mouvement se développe. De toute façon d’ailleurs les Juifs ne se sentiront désormais pas en sécurité en Tchécoslovaquie et ceux qui pourront le faire chercheront à se fixer ailleurs. Où iront-ils ? Presque tous les pays leur sont fermés et ce ne sont pas les quelques centaines que la Grande-Bretagne accueillera peut-être qui changeront quelque chose à la situation. Les émigrants juifs ne peuvent aller ni en Allemagne, ni en Italie ; ni en Pologne, ni en Hongrie qui elles-mêmes cherchent à se débarrasser de leurs propres Juifs. Les Etats balkaniques leur sont fermés également (la Roumanie a elle-même un problème Juifs). Les Etats du Nord, qui ont déjà pris des mesures pour empêcher l’entrée des émigrants d’Allemagne, ne voudront pas davantage ceux de Tchécoslovaquie. La France, on le sait, n’accepte pour ainsi dire plus de réfugiés ; elle a d’ailleurs tout récemment rétabli l’obligation du visa pour les porteurs de passeports tchécoslovaques. Les Pays-Bas, qui refoulent assez durement les Juifs d’Allemagne sur territoire allemand, n’accepteront pas non plus de réfugiés tchécoslovaques, et la Belgique se plaint de ne plus savoir comment se débarrasser des émigrants qui se trouvent déjà sur son territoire. Quant aux Etats d’outre-mer, ils ne les veulent pas non plus et n’accordent d’autorisations que dans des cas isolés. Il n’y a pas longtemps, le vice-président du Comité de Londres pour les réfugiés, Lord Bearsted, tout en l’assurant du désir du Comité de nous aider, déclarait à notre Ministre, M. Paravicini, au sujet de l’émigration des émigrants juifs qui se trouvent en Suisse qu’il y a peu de chance pour le moment d’arriver à un résultat appréciable.

« La Hongrie comptait en 1930 environ 440'000 Juifs, soit 5,1 % de sa population. Il y règne une tendance antisémite assez marquée. Récemment, selon les nouvelles qui nous sont parvenues de Budapest, la Légion de Yougoslavie dans cette ville a reçu l’ordre de ne plus délivrer de visa d’entrée aux Juifs hongrois. Le poste-frontière de Buchs vient, d’autre part, de nous signaler une recrudescence des arrivées de Juifs hongrois à la frontière.

 

« Nous avons, à plus d’une reprise, prié notre Légation à Prague de faire savoir dans les milieux juifs tchécoslovaques que la Suisse ne pouvait plus accueillir de réfugiés et que, s’ils venaient quand même, nous serions obligés de les refouler. D’autre part, nous avons donné l’ordre à notre frontière de s’efforcer de constater si les Tchécoslovaques et les Hongrois qui veulent entrer en Suisse sont ou non des émigrants et de les refouler s’ils le sont. Ce sont là naturellement des moyens très insuffisants. La frontière refoule un certain nombre de ces émigrants, mais d’autres pénètrent quand même chez nous. Certains nous sont signalés et nous pouvons les renvoyer, mais il est sûr que beaucoup nous échappent pour le moment. Quand on les découvrira, il sera sans doute trop tard pour les renvoyer chez eux ; ils ne voudront ou ne pourront pas y retourner. Il est certain qu’il continue à en arriver chaque jour et, même s’ils n’entrent pas en grand nombre à la fois, cela finit par chiffrer à la longue (Il nous en vient certainement aussi d’Italie).

« Le seul moyen efficace de nous défendre est de réintroduire le visa pour les Tchécoslovaques et les Hongrois. Le contrôle qui est fait actuellement à la frontière est, comme il est dit plus haut, absolument insuffisant. C’est d’ailleurs une charge trop lourde pour les agents chargés du contrôle et qu’on ne peut leur imposer trop longtemps ; il est fatal qu’à la longue même ce contrôle insuffisant se relâche de plus en plus.

 

« Je crois donc qu’il faut envisager sérieusement la réintroduction aussi rapide que possible de l’obligation du visa. Nos accords avec la Tchécoslovaquie et la Hongrie ne contiennent pas de délai de dénonciation ; la mesure pourrait donc être mise en vigueur très rapidement. Je sais que le Département politique n’est pas favorable à la réintroduction du visa, mais je ne crois pas qu’il s’y opposerait absolument. Je ne crois pas non plus qu’une telle mesure puisse être préjudiciable au tourisme, si l’on donne pour instructions à nos consulats de délivrer le visa sans difficulté et très rapidement aux Tchécoslovaques et aux Hongrois qui ne sont pas des émigrants. Il faut naturellement admettre que la Tchécoslovaquie et la Hongrie réintroduiraient aussi le visa pour les Suisses ; mais le mal ne serait sans doute pas très grand. On ne peut naturellement pas songer pour la Tchécoslovaquie et la Hongrie à un régime semblable à celui que nous avons pour les Juifs d’Allemagne. Il est bien probable, en effet, que pour le moment ni la Tchécoslovaquie ni la Hongrie ne nous proposeraient de marquer d’un signe distinctif les passeports de ceux de leurs ressortissants qui sont juifs ; nous ne pourrions évidemment par leur demander de le faire.

« D’ailleurs je suis de plus en plus persuadé que le régime que nous avons introduit pour les Juifs allemands fait beaucoup plus de tort au tourisme et à notre économie que ne l’aurait fait la réintroduction du visa pour tous les porteurs de passeports allemands.

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P.S.

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« En ce qui concerne le refoulement des émigrants tchécoslovaques et hongrois à la frontière, j’ajoute que les erreurs, impossibles à éviter, sont fréquentes. Non seulement les agents chargés du contrôle laissent passer des émigrants qu’ils devraient refouler, mais il arrive souvent qu’ils croient avoir affaire à des émigrants juifs alors qu’il s’agit de touristes ou de gens qui viennent pour affaires simplement et qui se voient refoulés. Ces étrangers en sont naturellement très irrités ; ils racontent partout qu’ils ont été traités de façon indigne à la frontière suisse, ce qui ne nous fait pas précisément de la réclame. Aujourd’hui encore, le délégué suisse de police à Chiasso a déclaré, par téléphone, que ce contrôle des Tchécoslovaques et des Hongrois à la frontière devenait à la longue impossible. A titre d’exemple, je joins en annexe un rapport de M. Hohl sur un cas particulier. »

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(4/11/1938)

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[Commentaire : Il est étrange que la préoccupation des diplomates en cette veille de guerre mondiale, soit le tourisme et l’économie.]

En Allemagne

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28 au 29 octobre 1938,

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Au cours de la nuit du 28 au 29 octobre 1938, de 15'000 à 18'000 Juifs d’origine polonaise et vivant parfois depuis des décennies en Allemagne sont déportés par les autorités nazies vers un no man’s land à la frontière polonaise.

7 novembre 1938,

 

Pour attire l’attention sur cet événement, Herschel Grünspan (Grynzspan), de Hanovre, âgé de 17 ans, dont les parents étaient parmi les déportés, attaqua Vom Rath au matin du 7 novembre 1938. La mort de Vom Rath fut le prétexte de la Nuit des pogroms du 9 novembre 1938 (Nuit de cristal).

8 novembre 1938, « völkischer Beobachter »

 

« Il est clair que le peuple allemand tirera ses conclusions de ce nouveau crime. Il est inadmissible que des centaines de milliers de Juifs gouvernent encore sur notre territoire des rues commerçantes entières, peuplent les lieux de plaisir, que les propriétaires d’immeubles empochent l’argent de locataires allemands tandis que leurs compagnons de race, à l’extérieur, appellent à la guerre contre l’Allemagne et abattent des fonctionnaires allemands. »

9 novembre 1938,

 

Nuit des pogroms (Nuit de Cristal) : première attaque à grande échelle contre la personne des Juifs en tant que tels. De nombreux Juifs furent tués, 7500 magasins détruits, 1300 synagogues incendiées. Une amande collective d’un milliard de Reichsmark leur est imposée. Les Juifs sont mis complètement à l’écart de la vie économique. La guerre et la Shoah allaient suivre.

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 17:04

4 octobre 1938,

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Arrêté du Conseil fédéral : Document diplomatiques suisses, Vol. 12, pp 944-5. (E 1004.1 1/378, Conseil fédéral, PV de la séance du 4.10.1938. Justiz & Polizeidepartement. Antrag vom 3. Oktober 1938.9)

Une notice manuscrite de Motta à Bonna du 4 octobre 1938, dont l’original a disparu mais dont la citation apparaît dans un rapport de H. Rothmund au conseiller fédéral M. Feldmann du 24 mai 1954, donne les précisions suivantes sur cette décision : Le Conseil fédéral a approuvé à l’unanimité l’accord avec l’Allemagne. Il a également (toujours à l’unanimité) voté le communiqué. M. Rothmund peut donc tranquilliser les petits scrupules qu’il avait encore.

L’arrêté du CF du 4 octobre 1938 dispose ainsi que : « Pour permettre à la police des étrangers de contrôler, avant leur arrivée à la frontière, les émigrants allemands et autrichiens et d’assurer leur transit par la Suisse, le Conseil fédéral a décidé ce qui suit :

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« Les ressortissants allemands, titulaires de passeports allemands, qui, selon les lois allemandes, ne sont pas aryens, ne sont autorisés désormais à franchir la frontière suisse sur n’importe quel point que si leur passeport a été muni par le consulat de Suisse d’une autorisation de séjourner en Suisse ou d’une assurance d’une autorisation de traverser la Suisse. Les titulaires de passeports autrichiens restent soumis à l’obligation du visa.

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« Vu le grand nombre d’émigrants qui se trouvent en Suisse, il est rappelé que la Suisse ne peut être pour eux qu’un pays de transit et que toute activité lucrative leur est interdite durant leur séjour passager dans notre pays. Même l’acquisition d’immeubles ou la participation à des entreprises commerciales suisses ne leur confèrent aucun droit de séjourner en Suisse. Cette nouvelle décision du Conseil fédéral sera appliquée strictement ; elle ne concerne pas seulement les émigrants arrivant directement d’Allemagne, mais aussi ceux qui viennent par l’Italie ou la France. »

Une circulaire de la division de police aux postes frontières suisses énonce qu’étant donné qu’il faudrait encore un certain temps avant que les passeports valables de Juifs allemands ou autrichiens n’arrivent à échéance et soient remplacés par un passeport portant le tampon « J », « s’il n’est pas certain qu’un voyageur avec passeport allemand soit aryen ou non aryen, il doit être invité à présenter une attestation prouvant son origine aryenne. Si des doutes subsistent, le voyageur doit être renvoyé au consulat compétent pour le lieu de son domicile, qui devra procéder aux consultations nécessaires. »

Ces injonctions furent communiquées aux postes frontières suisses, ainsi qu’aux organes de police des étrangers cantonaux et aux consulats de Suisse à l’étranger. Elles furent atténuées au vu des protestations des Juifs de Suisse et de certains milieux humanitaires et économiques. Les atténuations concernaient les Juifs habitant dans des Etats autres que l’Allemagne, la Pologne, l’Italie, la Tchécoslovaquie, la Hongrie et les Etats balkaniques qui furent dispensés de l’obligation du tampon « J ».

5 octobre 1938, ordonnance concernant les passeports des Juifs.

11 octobre 1938,

 

Circulaire du Ministère des affaires étrangères qui porta à la connaissance des représentations diplomatiques et des consuls de carrière d’Allemagne cette ordonnance. La circulaire signalait à « titre d’information » qu’en vertu d’un arrangement conclu avec la Suisse en vue d’éviter l’introduction d’un signe général, un signe distinctif devait être apposé sur les passeports délivrés à des Juifs de nationalité allemande (in extenso dans les Actes relatifs à la politique étrangère de l’Allemagne de 1918-1945, Série D, Vol V, P. 75).

12 octobre 1938,

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La Suisse obtint l’introduction du « J ».

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Documents diplomatiques suisses, Vol. 12, pp. 964-5.

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Bruxelles, E 2001 (D) 3/266 Le ministre de Suisse à Bruxelles, M. de Stoutz, au chef de la Division de Police du DFJP, H. Rothmund.

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« J’ai l’honneur de confirmer ma communication téléphonique d’hier soir à M. Baechtold : » Dans la journée d’hier, le Directeur de l’Agence à Bruxelles des Chemins de fer fédéraux nous avait signalé une très forte demande de billets pour la Suisse de la part de réfugiés allemands. Comme à ce mouvement ne correspondait pas une augmentation des demandes de visas à la Légation, nous en avons conclu que tout ce monde allait sans doute tenter d’entrer en Suisse subrepticement. J’ai cru devoir vous en prévenir aussitôt.

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« Recherchant les raisons de cette subite fuite vers la Suisse, je suis allé aux Affaires étrangères demander à M. Costermans si quelque nouvelle mesure de rigueur devait être prise à l’égard des Juifs allemands en Belgique. M. Costermans, qui n’avait pas connaissance d’une telle mesure, a aussitôt téléphoné au Ministère de la Justice, d’où il a appris qu’il venait d’être procédé, depuis deux jours, dans certains quartiers de Bruxelles à des rafles, qui avaient amené l’arrestation d’un assez grand nombre de Juifs en vue de la vérification des conditions dans lesquelles ils étaient entrés en Belgique. 2500 environ de ces réfugiés sont entrés en Belgique subrepticement en un peu plus d’un mois avec la connivence des autorités allemandes. Une invasion de ce genre, par fournées nocturnes parties d’Aix-la-Chapelle, avait déjà été constatée au cours de l’été dernier. C’est maintenant de Montjoie que se déverse sur le territoire belge ce flot d’émigrants. Il en arrive pas mal aussi de Luxembourg. C’est cet état de choses qui a décidé le Ministère de la Justice à procéder aux rafles signalées plus haut.

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« Et ceci m’amène à parler des expériences faites dans l’application de la circulaire du DFJP du 4 octobre concernant le contrôle de l’entrée en Suisse des émigrés allemands. Beaucoup de porteurs de passeports allemands neufs se sont présentés ces derniers temps à la Légation. Aucun de ces passeports n’était muni du signe distinctif convenu avec l’Allemagne pour les passeports destinés aux Juifs. Renseignements pris au Consulat et à la Légation d’Allemagne, ceux-ci sont encore sans instructions de Berlin à ce sujet. Au surplus, quand il est demandé au porteur d’un passeport allemand s’il est non aryen et que, sur sa réponse affirmative, il est invité à passer au Consulat d’Allemagne pour faire munir son passeport du signe distinctif, il se rebiffe invariablement et conteste qu’il puisse appartenir à une Légation de Suisse de lui prescrire d’aller solliciter une intervention du Consulat d’Allemagne. Quand on lui explique que c’est en vertu d’un arrangement conclu entre la Suisse et l’Allemagne que cette mesure est nécessaire, il s’indigne de voir la Suisse de connivence avec l’Allemagne dans les mesures de persécution dirigées contre les Israélites. Beaucoup – et peut-être se trouve-t-il parmi eux des aryens ? – estiment infamant qu’on leur pose la question : « aryen ou non-aryen ? ». Nous avons pris le parti de leur dire à tous que le passeport qu’ils présentent n’est pas passible du visa suisse et qu’ils peuvent le présenter tel quel pour l’entrée en Suisse, mais qu’ils s’exposent à être refoulés s’ils sont non-aryens ; qu’ils peuvent parer à ce risque en obtenant du Consulat d’Allemagne l’apposition du signe distinctif « J », au vu duquel la Légation de Suisse pourra examiner la possibilité de munir leur passeport de l’ »assurance de l’autorisation de séjourner en Suisse 8 jours au maximum ».

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« Toutes ces explications sont fort mal accueillies, notamment de certains Juifs établis depuis très longtemps en Belgique, qui y sont à la tête d’affaires en Suisse avec des séjours dans nos stations alpestres. Ces Juifs-là déclarent tous que, si tel est le traitement auquel ils doivent être soumis de la part de la Suisse, le tourisme suisse peut les considérer comme à jamais perdus pour lui. Questionné sur l’importance qu’il attribue à cette perte, le Chef de l’Agence de tourisme suisse à Bruxelles nous dit qu’elle n’est certainement pas négligeable. La clientèle de ces Israélites-là représente pour notre tourisme un appoint qui est à considérer. La question se pose, dès lors, de savoir si vos dernières prescriptions sont susceptibles de quelque atténuation en faveur de ces Juifs depuis longtemps et solidement établis en Belgique. Nous ne nous dissimulons pas, d’ailleurs, la difficulté d’introduire un traitement différentiel en faveur d’une certaine catégorie d’Israélites. Je n’en estime pas moins devoir poser la question.

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« Il s’avère que, ces tout dernier jours, le Consulat d’Allemagne a pris sur lui d’apposer sur demande, le signe distinctif, sans attendre d’avoir reçu des instructions dans ce sens ».

[Commentaire : Le fait d’être un Juif riche, génère un autre regard sur celui-ci, et on sent dans le contenu de cette lettre le négatif que va engendrer ces mesures sur les amis de la Suisse. L’Administration suisse s’interroge si l’on ne pourrait pas privilégier certains.]

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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 17:20

9 septembre 1938,

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Dans un rapport adressé par la légation de Suisse à Berlin à la division des Affaires étrangères, une lettre dont il ressort notamment :

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« (…) L’introduction du visa allemand pour les Juifs suisses ne serait, semble-t-il, pas difficile à justifier devant l’opinion publique suisse, puisque l’introduction du visa suisse pour les Juifs allemands, bien qu’ayant provoqué la réciprocité de la part de l’Allemagne, était commandée par l’intérêt majeur du pays (…) »

15 septembre 1938,

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Rothmund précise dans un rapport détaillé à l’intention du chargé d’affaires de Suisse à Berlin :

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« Conclure avec un Etat étranger un arrangement selon lequel les Juifs suisses seraient traités autrement que les autres ressortissants suisses me paraît chose inadmissible. Je ne crois pas non plus qu’on puisse recourir à une construction juridique selon laquelle la Suisse instituerait à titre autonome l’obligation du visa pour les Juifs suisses. Ces mesures seraient, quoi qu’il en soit, le résultat de négociations entre deux Etats. De plus, il faudrait modifier l’arrangement germano-suisse concernant la suppression de l’obligation du visa. Je pense aussi que, partout où nous le pouvons, nous devrions nous opposer à ce qu’on traite les Juifs suisses autrement que nos autres ressortissants. C’est bien assez de devoir accepter que les Juifs suisses en Allemagne soient l’objet d’un traitement spécial. Aussi la proposition allemande doit-elle, à mon avis, être rejetée dans la mesure où elle prévoit la réciprocité. »

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[Commentaire : A bien lire cette lettre on comprend que Rothmund est plutôt pour considérer les Juifs suisses comme tous autres citoyens, alors qu’il s’oppose aux réfugiés Juifs allemands.]

15 septembre 1938,

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En page 224 de son Rapport, le professeur Ludwig cite Rothmund :

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« Mentionnons ici, en passant, un passage du rapport de M. Rothmund qui éclaire d’une façon particulièrement nette l’attitude du chef de la division de la police dans la question juive. M. Rothmund écrit qu’un repas pris avec les Allemands lui avait donné l’occasion de parler librement de la question juive. « J’essayai de faire comprendre à mes interlocuteurs qu’en Suisse le peuple et les autorités avaient depuis longtemps conscience du danger juif et – à l’inverse de l’Allemagne – n’avaient pas voulu admettre que les inconvénients dus à la présence d’une population juive étaient compensées par des avantages. Le danger ne peut être conjuré que si le peuple combat et empêche dès l’abord toute ségrégation quelconque. Les Juif est en effet un membre utile de la communauté nationale et peut s’adapter avec le temps. J’ajoutai que j’avais rencontré des hommes remarquables parmi les Juifs qui avaient fui l’Allemagne et trouvé abri en Suisse. La race juive a été trempée par les vicissitudes de son histoire, elle est tenace et forte dans les persécutions ; elle a résisté jusqu’ici à toutes les mesures d’oppression et en est toujours sortie raffermie. Pour ces raisons – c’est ainsi que je concluais – je crois que la méthode allemande est mauvaise et dangereuse pour nous tous, car elle nous met les Juifs sur les bras. Si mes paroles ne rencontrèrent pas l’approbation de mes auditeurs, elles les firent cependant fortement réfléchir. Mon seul propos était de faire savoir aux personnes qui s’occupaient de la question juive dans le domaine policier que la Suisse savait se défendre – et se défendrait – contre les Juifs, mais qu’elle entendait le faire sans l’aide ni l’immixtion d’un pays étranger dont elle répudiait les méthodes. »

21 septembre 1938,

Interpellation de M. Trümpy, conseiller national à Glaris. Il demande au CF de donner des renseignements sur les mesures prises à l’égard des fugitifs à nos frontières et sur la façon dont il envisageait de résoudre la question des réfugiés pour l’avenir.

[Un canton qui n’a pas de frontière avec « l’étranger » ! La peur est partout.]

29-30 septembre 1938,

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La Conférence de Munich admet les exigences allemandes, les territoires où la population germanique est majoritaire sont annexés au Reich. La Slovaquie accède à l’autonomie. La satisfaction des revendications hongroise achève la dislocation de l’Etat tchécoslovaque (proclamée le 28 octobre 1918 à Prague).

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Un protocole relatif aux résultats des négociations entre les autorités allemandes et suisses est établi le 29 septembre 1938. Ce protocole est signé par tous les participants, à savoir : du côté allemand, le Dr. Best (haut fonctionnaire de la Gestapo), M. Krause (spécialiste du Ministère des affaires étrangères en matière de passeports), M. Kröniger et le Geheimrat Roediger, du côté suisse figurait notamment H. Rothmund.

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« Le gouvernement allemand se réserve le droit d’obliger les Juifs de nationalité suisse, lorsqu’il le jugera nécessaire et qu’il aura pris contact avec le gouvernement suisse, à produire une garantie d’autorisation de séjour sur le territoire du Reich, ou de transit à travers ce territoire. »

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Notons encore que cette discrimination entre Suisses juifs et non juifs apparut à une autre occasion encore : lors du pillage des biens des Juifs français et suisses en France, sous Vichy (1941), le Conseil fédéral n’intervint pas, en prétextant que les Juifs suisses ne pouvaient prétendre à être traités différemment des autres ressortissants juifs du pays où ils résidaient, les mesures de Vichy ayant un caractère d’ordre public !

1er octobre 1938,

Le chef de la Division de police et Kappeler rédigèrent un rapport très détaillé à l’intention du chef du DFJP. Dans celui-ci, le premier cité, expose la nécessité de pouvoir contrôler rigoureusement les Allemands non aryens avant leur entrée en Suisse. Il rappelle en outre la lutte que la Police fédérale des étrangers menait depuis bientôt vingt ans contre l’infiltration étrangère (Uberfremdung) sous la forme d’un afflux de nouveau-venus, juifs surtout, difficilement assimilables ou même non assimilables (Rapport Ludwig, page 112).

À suivre

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20 octobre 2016 4 20 /10 /octobre /2016 17:21

10 août 1938,

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S’agissant de l’expulsion des illégaux, Rothmund avait noté dans son Rapport ce qui suit : « Nous ne pouvons pas nous y hasarder, parce que nous partagerions alors le scandale qui frappe le peuple allemand tout entier. » Dans un communiqué annexe, la Conférence des chefs de police précisait que les organisations juives prendraient la subsistance des Juifs étrangers vivant provisoirement en Suisse totalement en charge et que les cantons ne toléreraient la présence de ces étrangers que temporairement.

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L’autorité précisait que, si l’afflux de réfugiés venait à augmenter, il conviendrait de prendre d’autres mesures, à savoir de refouler ces personnes. Le Conseil fédéral entérina cette décision.

En Allemagne

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10 août 1938,

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Notice du chef de la Division politique du Ministère des affaires étrangères du IIIe Reich, Woerman :

« Document N° 642, Notice du chef de la Division politique

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Berlin, le 10 août 1938

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Ad R 170034

Le ministre de Suisse m’a dit aujourd’hui qu’il désirait m’informer, à titre provisoire seulement, qu’il était sérieusement question en Suisse d’enrayer le flot des Juifs venant d’Allemagne. Le gouvernement suisse, dit-il, est résolument opposé à un « enjuivement » du pays, ce que nous devrions comprendre. Il se pourrait que le Conseil fédéral fit appel à la collaboration de l’Allemagne pour l’application des mesures à prendre. On envisage notamment en Suisse la nécessité d’établir l’obligation de visa pour les Allemands du Reich. Actuellement, cette obligation n’existe que pour le territoire de l’ancienne Autriche. (…). Signé Woerman, Berlin, le 10 août 1938. »

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(La suite de la lettre fait état de l’entrée illégale de 47 Juifs en Suisse par Bâle, conclut la notice allemande.)

16 août 1938,

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Rothmund reçoit Saly Mayer, président de la FSCI, et Sylvain Guggenheim, président du VISA. Il obtient l’accord des deux pour que leur organisations prennent en charge financièrement les réfugiés juifs susceptibles d’entrer en Suisse et que, faute de fond, les frontières seraient fermées. Le procès-verbal de la séance ultérieure de la FSCI précise que : +L’instruction comporte de communiquer expressément (au comité) que la conséquence ultime d’un refus éventuel des Juifs suisses serait de faire reconduire à la frontière la totalité des réfugiés présents illégalement. »

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17 et 18 août 1938,

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La Conférence des directeurs cantonaux de police exprime l’avis qu’il faille enrayer un nouvel afflux après avoir appris l’entrée illégale de nombreux étrangers pendant la nuit du 17 au 18 août 1938. Le DFJP décida dès lors d’intervenir contre les entrées illégales.

17 et 18 août 1938,

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Un arrêté du CF ainsi que deux circulaires du DFJP précisent qu’il faut être drastique et refouler tous les clandestins. L’afflux de réfugiés, juifs pour la plupart, motive ces dispositions.

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Cet arrêté précisait notamment que le contrôle de la frontière devait être drastique, en particulier près de Diepoldsau car : « Nous espérons que ces mesures, que nous n’avons pas prises d’un cœur léger, auront pour effet de mettre un terme à la pression que ces réfugiés exercent sur la Suisse. » Il faut rappeler ici que le camp de Diepoldsau était dans la juridiction du commandant de police Paul Grüninger de Saint-Gall.

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19 août 1938,

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Une lettre datée du DFJP soulignait à l’intention des légations de Suisse à l’étranger que les représentants des Juifs habitant la Suisse « n’avaient pu que reconnaître la nécessité des mesures adoptées ».

En Allemagne

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26 août 1938,

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Le Reichskommissar Bürckel, responsable de la « réunification de l’Autriche avec le Reich », crée l’Office central d’émigration des Juifs (Zentralstelle für die jüdische Auswanderung).

Josef Bürckel

Josef Bürckel

19 août 1938,

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G. Favre visite Dachau pour le compte du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

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29 août 1938,

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Note allemande du 29 août 1938 : (…) A la demande du gouvernement suisse, le gouvernement allemand avait ordonné à un certain nombre d’offices des passeports que la Suisse avait elle-même désignés – en particulier celui de Vienne – de ne plus délivrer, jusqu’à nouvel avis, des passeports allemands à des Juifs, toutes les fois qu’on n’avait pas la preuve irréfutable que le passeport ne servirait pas à entrer en Suisse. »

2 septembre 1938,

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Télégramme du ministre d’Allemagne à Berne :

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« N° 60 du 2 septembre. Me référant à la pièce du 29 août 1938 R 18068 ainsi qu’au télégramme du 1er septembre n° 87 R 18590 : M. Rothmund déclare introduction de l’obligation du visa pour les Juifs seulement est techniquement praticable si tous les passeports sont établis de telle manière que les fonctionnaires du service frontière peuvent constater du premier coup d’œil que ce détenteur est juif. Si nous ne pouvons donner assurances à cet égard, le Conseil fédéral, qui ne s’est pas encore occupé de ce problème, devra être amené avec le concours du département politique à prendre une décision. Institution du visa pour Juifs d’autre nationalité n’est pas envisagée. Affirmation d’après laquelle gouvernement allemand considérerait rétablissement obligation visa comme inamical énergiquement repoussée car mesures proposées ne garantissent pas à la Suisse suspension entrée Juifs.

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Signé Koecher »

7 septembre 1938,

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De la délégation de Suisse à Berlin à la division des Affaires étrangères :

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« Parlant de cette conversation, le Geheimrat Roediger du Ministère des affaires étrangères m’a dit que les autorités allemandes avaient à nouveau examiné comment il serait possible d’éviter le rétablissement général de l’obligation du visa. Pour tenir compte autant que possible des vœux de la Suisse, elles sont en principe disposées à apposer un signe sur les passeports délivrés à des Juifs dans l’ancien Reich, en Autriche ou encore à l’étranger. Le gouvernement allemand accepterait en même temps que la Suisse rétablisse l’obligation du visa pour les passeports munis du signe distinctif. Il ne pourrait cependant pas renoncer à une certaine réciprocité. A cet égard, j’ai réussi à convaincre le représentant du Ministère des affaires étrangères qu’il ne serait pas possible, pour des raisons pratiques et constitutionnelles, de munir du signe distinctif les passeports des Juifs suisses. En revanche, les autorités allemandes voudraient que fût au moins prescrite l’obligation du visa pour les Juifs suisses, sans que les autorités suisses soient appelées à collaborer à l’exécution.

 »Pour la mention de l’origine juive dans les passeports, on m’a fait deux propositions, dont la seconde paraît seule réalisable, de l’avis même du Ministère des affaires étrangères. La première tend à ce que les prénoms habituellement soulignés à l’encre noire le soient à l’encre rouge pour les Juifs. Mais il faut craindre que le porteur du passeport ne couvre le trait rouge à l’encre noire. La seconde proposition tend à ce qu’un sceau soit apposé sur la première page du passeport à gauche en haut ; le sceau constituerait en une lettre entourée d’un cercle de quelque 2 cm de diamètre ou en un autre signe au sujet duquel nous pourrions encore émettre des vœux.

« J’ai l’impression que l’apposition de ce signe suffirait entièrement à vos besoins. Le signe serait apposé immédiatement sur les passeports nouvellement délivrés et le serait sur les anciens dès que l’autorité les aurait de nouveau entre les mains. Pour ce qui est des formes à observer, il conviendrait, semble-t-il, de conclure, au moyen d’un échange de notes, un arrangement modifiant et complétant celui de 1926 sur la suppression du visa obligatoire. On s’entendrait sur sa teneur dès qu’on aurait constaté l’accord de principe des deux gouvernements. Je suis d’avis que la proposition allemande tient largement compte de nos désirs et que nous pouvons l’accepter. La solution proposée permet de contrôler sans lacune à la frontière où l’on pourra se borner à constater l’existence du sceau à la première page et, le cas échéant, du visa.

« La réciprocité partielle que le gouvernement allemand désire, pour des raisons compréhensibles, paraît aussi chose acceptable. Les Juifs suisses qui éprouvent, dans les circonstances présentes, le besoin de se rendre en Allemagne sont probablement très peu nombreux. On m’a affirmé que le rétablissement du visa ne tendait aucunement à les empêcher de pénétrer en Allemagne et que les autorités allemandes se borneraient à considérer comme indésirable l’établissement durable de nouveaux Juifs étrangers. Or ces autorités ont la possibilité de s’y opposer par d’autres moyens.

« Au cours de la conversation, j’ai fait valoir une objection, à savoir que des organes allemands par trop zélés pourraient, faute de visa, être tentés de faire des difficultés à des ressortissants suisses en raison de leur aspect extérieur. Le Ministère des affaires étrangères est cependant tout à fait disposé à donner des instructions pour éviter des faits de ce genre, hautement contraires aux intérêts des deux pays. On m’a dit que les choses se passeraient pratiquement de cette façon : si une autorité allemande a l’impression que celui qui tente d’entrer en Allemagne sans visa est un Juif suisse, elle prendra des informations sur sa personne auprès d’une représentation allemande en Suisse et prononcera une interdiction d’entrée dans le cas où il serait établi que l’intéressé n’est pas d’origine aryenne. »

A suivre

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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 17:21

1937

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Septembre 1937,

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Une circulaire du DFJP informe les cantons qu’il faut refouler toutes personnes dépourvues du visa provenant d’Allemagne, mais originaires de Pologne ou des pays de l’Est.

29 septembre 1937,

Entrée en vigueur pour la Suisse de l’arrangement provisoire de la SDN du 4 juillet 1936, par lequel était reconnue comme réfugiée d’Allemagne « toute personne ayant été établie dans ce pays qui ne possède pas une autre nationalité que la nationalité allemande et à l’égard de laquelle il est établi qu’en droit ou en fait elle ne jouit pas de la protection du Gouvernement du Reich ».

En Allemagne

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1937

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La SS est chargée de la gestion et de l’organisation de l’univers concentrationnaire. Les SS s’occupent dans un premier temps de « rééduquer » les opposants qui se trouvent dans les camps de Dachau, Buchenwald et Sachsenhausen.

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5 novembre 1937, Hitler dévoile ses plans d’invasion et d’annexion à ses principaux collaborateurs.

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[Commentaire. Hitler est presque prêt, il attend que l’industrie soit elle aussi prête, que l’armée soit également dans le même esprit et que l’ensemble avec la population lui donne le feu vert. L’année suivante sera l’Anschluss et si cela se passe sans anicroche, il pourra aller plus loin.]

1938

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12 mars 1938,

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Une circulaire de la Division de police est adressée aux postes frontières pour les informer qu’il convient de refouler tous les étrangers soumis à visa, si leur passeport en était démuni. La circulaire ajoutait qu’un visa de transit pouvait leur être octroyé s’ils étaient titulaires d’un billet de train et des titres les autorisant à entrer dans un autre pays.

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[Commentaire : Autant dire que le Juif d’Allemagne ou d’éventuels pays de l’Est, en majorité, se trouvait prisonnier de l’Allemagne.]

En Allemagne

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1938

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12 mars 1938,

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L’annexion de l’Autriche (Anschluss) provoque un afflux massif de réfugiés juifs. Goering avait notamment déclaré que la communauté des Juifs viennois serait décimée en cinq ans.

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Les lois raciales édictées en 1935 à Nuremberg entraient ipso facto ipso jure en vigueur.

26 mars 1938,

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Proposition présentée au Conseil fédéral par le DFJP.

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Les autorités ajoutaient que l’état du marché du travail et le degré d’infiltration étrangère commandaient déjà à la Suisse de ne se considérer que comme un pays de transit, tout comme pour les réfugiés allemands.

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Le propos du CF fut le suivant :

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« Si nous ne voulons pas créer des conditions favorables à un mouvement antisémitique qui serait indigne de notre pays, nous devons nous défendre de toutes nos forces et, s’il le faut, sans pitié contre l’immigration des Juifs étrangers, tout particulièrement des Juifs de l’Est. »

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[Commentaire : Au vue de la situation de l’Europe et de ce que la guerre va engendrer comme difficultés en déplacements, on peut se demander pourquoi les réfugiés de l’Est, veulent se déplacer du nord-est au sud-ouest, alors que l’Espagne est déjà fermé aux réfugiés et pour aller en Suisse ou au Portugal, il faut déjà franchir l’obstacle de l’Allemagne ?]

28 et 29 mars 1938,

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Le CF se range à l’avis du DFJP. Il décide de rétablir le visa d’entrée en Suisse pour les détenteurs de passeports autrichiens.

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Durant cette phase, la Suisse se montra le moins disposé des pays occidentaux à accueillir les réfugiés juifs. En mars 1938, déjà, les autorités suisses avaient engagé celles du Reich à marquer d’un tampon bien visible les passeports des Juifs allemands afin de pouvoir distinguer les voyageurs juifs et non juifs d’un seul coup d’œil lors du passage à la frontière. La peur de voir un trop grand nombre d’étrangers entrer dans le pays et l’antisémitisme étaient à l’origine de cette politique de rejet.

Passeport allemand

Passeport allemand

En France, carte d'identité frappé "Juif" en toutes lettres.

En France, carte d'identité frappé "Juif" en toutes lettres.

1er avril 1938,

Entrée en vigueur de l’obligation pour les détenteurs d’un passeport autrichien d’obtenir un visa d’entrée en Suisse auprès d’une représentation consulaire suisse. Dès ce moment, les fonctionnaires commencèrent à ramener les Juifs allemands et autrichiens directement à la frontière allemande. Entre l’Anschluss et le 1er avril, 3000 à 4000 fugitifs autrichiens ont voulu entrer en Suisse. Depuis lors les demandes d’entrée faites par des émigrants sont soumises à la Police fédérale des étrangers, qui statue d’entente avec le canton prévu pour le séjour. La Police des étrangers ne s’était tout d’abord pas opposée aux entrées illégales.

23 avril 1938,

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Le ministre Dinichert précise que l’idéal eût été de « limiter l’obligation du visa aux ressortissants allemands non aryens » (Bourgeois, 1988, page 198).

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24 juin 1938,

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H. Rothmund proteste auprès de la légation allemande à Berne contre ce qu’il appelle l’inondation (Ueberflutung) de son pays par les Juifs viennois suite à l’Anschluss. Il précise que la Suisse n’en a pas plus besoin que l’Allemagne.

22 juillet 1938,

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Adoption d’une ordonnance allemande qui incita les autorités à prendre des mesures protectionnistes. En été 1938, quelque 2500 réfugiés juifs sans ressources furent admis à venir en Suisse, à la charge de la Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) et des organes d’assistance juifs suisses. Selon le Rapport Ludwig (pp. 138-139), environ 700 personnes furent placées dans des camps ou des homes, 137 d’entre elles se trouvaient à Diepoldsau, 179 à Bâle, d’autres dans le canton d’Appenzell, de Schaffhouse, de Zurich et d’Argovie. Les autres furent logées chez des particuliers. L’Alliance israélite a dû financer le camp de Diepoldsau, créé en août 1938 par les autorités saint-galloises, dont s’occupa la Croix-Rouge suisse.

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D’une manière générale l’assistance financière des Juifs admis à venir en Suisse fut exclusivement financée par leurs coreligionnaires. Rothmund en fit une condition sine qua non de 1933 à 1943,

En Allemagne

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Juillet 1938,

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La Conférence d’Evian sur les réfugiés juifs d’Allemagne se terminait sur un complet échec ; les 32 Etats qu’elle réunissait ont refusé d’accueillir les Juifs.

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22 juillet 1938,

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Une ordonnance allemande prescrit le remplacement des passeports autrichiens par des passeports allemands. Les passeports autrichiens déjà délivrés perdaient leur validité au 1er janvier 1939.

A suivre

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 16:48

1934

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1er janvier 1934, entrée en vigueur de la Loi fédérale sur le séjour et l’établissement des étrangers (LSEE).

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Dès janvier 1934 (jusqu’en décembre 1936)

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Activisme de la Ligue des patries romandes, dont la naissance officielle sera fêtée à l’occasion d’une grande manifestation publique le 10 juin 1934.

En Allemagne

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1934

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Février 1934, dissolution du Reichsrat, qui représentait les Länder allemand.

21 mars 1934

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Les membres d’Ordre et Tradition sont invités à Zurich pour le lancement de l’initiative intitulée « Pour la protection de l’armée et contre les espions étrangers ou agents provocateurs ». La Ligue des parties romandes se veut le promoteur romand de cette initiative.

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1er mai 1934,

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Ordre et Tradition prend un nouveau nom : l’Ordre national vaudois (future Ligue vaudoise).

En Allemagne

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29-30 juin, Nuit des Longs Couteaux.

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2 août 1934, Hindenburg meurt. Hitler devient président du Reich. Les membres de la Reichswehr prêtent serment d’allégeance personnelle au Führer.

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19 août 1934, coup d’Etat. L’établissement de la dictature est plébiscité par 90 % de oui.

25 août 1934,

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Les radicaux vaudois prennent position en faveur de l’initiative visant à la révision de la Constitution fédérale lancée en Suisse alémanique, notamment par le Front national.

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9 octobre 1934,

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Le colonel Fonjallaz (professeur à l’Ecole polytechnique de Zurich), fervent admirateur du Duce Benito Mussolini, crée le Mouvement fasciste suisse.

Décembre 1934, le Congrès international de Montreux réunit les têtes du fascisme européen.

[Commentaire]

[L’ambiance était vraiment à l’autoritarisme en Europe, entre les monarchies et les Républiques, tous gouvernent d’une poigne de fer. La Suisse n’échappe pas à cette vague et promulgue les lois qu’elle pense être juste, puisque les autres le font ainsi. Seule peut-être la France qui semble naviguer sur un nuage en vainqueur de 18 en se berçant d’illusions. Tous oublient à qui ils avaient à faire lors de la Première guerre mondiale et comme la France la Suisse ne modernise pas son armée, probablement en tant que Neutre, ils estiment ne craindre aucun danger, sauf les émigrés.]

1935

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En Allemagne

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Janvier 1935

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Wolfgang Langhoff, alors à Zurich, publie en français et en allemand « Les soldats du marais. Sous la schlague des nazis » (Librairie Plon, Paris), « die Moorsoldaten » (Spiegel Verlag).

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Déclaration autographe de l’auteur placée en tête de l’édition allemande : « Je suis né le 6 octobre 1901 à Berlin. Mon père est Mecklembourgeois, ma mère est originaire de Thuringe. Je suis aryen. A dix-huit j’embrassai la carrière d’acteur. J’ai joué les rôles de jeune premier à Königsberg, Hambourg, Berlin, Wiesbaden et Düsseldorf. Je joue actuellement au théâtre de Zurich. Entre Düsseldorf et Zurich se placent treize mois que j’ai passés en prison puis dans deux camps de concentration (Börgermoor et Lichtenburg, ndlr). C’est le récit de ces treize mois que je fais ici. Je jure de ne dire que la vérité. »

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Ce livre est un exemple de ces témoignages dénonçant la barbarie nazie qui mobilisaient à l’époque de larges secteurs de l’opinion publique.

15 septembre 1935,

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Adoption des Lois racistes par le Reichstag siégeant à Nuremberg. Ces lois ont constitué l’élément juridique central et principal de la législation antijuive. Ces dispositions ont lourdement aggravé la situation des Juifs en Allemagne. Il s’agit de la loi sur « la nationalité allemande » et de – la loi sur « la protection du sang et de l’honneur allemand ».

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En vertu de la première, seules les personnes de sang allemand était donc raciale et non uniquement religieuse. En conséquence, un Juif, même converti, demeurait un Juif si son ascendance l’était. En vertu de cette loi, les mariages et les rapports sexuels extraconjugaux entre aryens et non aryens étaient prohibés et les femmes aryennes ne pouvaient travailler dans des ménages juifs que si elles étaient âgées de 45 ans au moins. Il était aussi interdit aux Juifs d’arborer le drapeau allemand.

19 au 27 octobre 1935,

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Le CICR, représenté par Carl J. Burckhardt, visite les camps de Lichtenburg, Esterwegen et Dachau.

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Dès septembre 1935,

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Après l’adoption des Lois de Nuremberg, la légation de Suisse à Berlin informe la division des Affaires étrangères de traiter les demandes de réfugiés qui veulent s’établir ou même séjourner en Suisse avec la plus grande prudence à cause du fort chômage qui règne alors dans notre pays.

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S’adressant aux magistrats cantonaux responsables de la police, Rothmund explique que ceux qu’il définit comme des non-politiques venaient en Suisse « parce qu’ils trouvaient insupportable la vie dans leur pays de séjour, sans être cependant directement menacés ». À cette époque, les tristement célèbres Lois de Nuremberg, qui interdisaient aux Juifs bon nombre d’activités et imposaient de nombreux actes de ségrégation, étaient déjà en vigueur. À ce propos, Rothmund avait signalé au conseiller fédéral Baumann qu’il trouvait que la dénaturalisation qui faisait partie du paquet législatif de Nuremberg était « une honte pour un Etat civilisé ».

15 octobre 1935,

La Ligue vaudoise adresse au CF un message par lequel elle s’inscrit en faux contre les sanctions prises à l’encontre de l’Italie, à la suite de l’invasion de l’Ethiopie par cette dernière.

1936

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9 au 15 mai 1936, visite officielle de Carl J. Burckhardt en Allemagne.

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4 juillet 1936,

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Conclusion à Genève de l’ »Arrangement provisoire concernant le statut des réfugiés provenant d’Allemagne ». Cet arrangement provisoire de la Société des Nations (SDN) est entré en vigueur pour la Suisse le 29 septembre 1937.

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Il détermine qui est considéré comme un réfugié d’Allemagne, à savoir « toute personne ayant été établie dans ce pays, qui ne possède pas une autre nationalité que la nationalité allemande et à l’égard de laquelle il est établi qu’en droit ou en fait elle ne jouit pas de la protection du Gouvernement du Reich ».

En Allemagne

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1936

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Juin 1936, le Reichsführer SS Himmler devient chef de la police. L’Etat SS se met en place.

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Juillet 1936, Jeux olympiques à Berlin. Problème des athlètes noirs. Mise en avant du nationalisme allemand.

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Septembre 1936, Hitler proclame son « Plan en 4 ans » au Congrès de Nuremberg.

16 juillet 1936, La Ligue vaudoise tente de mettre sur pied un Comité pour le rétablissement de la neutralité et la défense du territoire.

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Octobre 1936,

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Rupture définitive de la Ligue vaudoise d’avec le mouvement genevois de Georges Oltramare au moment de la création de l’Union nationale du Pays de Vaud.

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