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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 17:56

En Allemagne,

7 avril 1933,

Promulgation de la Loi sur la restauration du service public. Cette loi avait pour but d’éliminer les « Blutsfremde », excluant les Juifs de l’ensemble du corps des fonctionnaires. Cette loi provoque un exil massif des intellectuels.

En parallèle, on observe une éviction des Juifs de la vie économique dès le début du régime hitlérien.

Une autre loi datée du même jour concerne l’exercice du barreau. Elle prévoit que les personnes qui ne sont pas d’origine aryenne pourront se voir interdire la pratique du barreau.

20 avril 1933,

Une circulaire du DFJP explique aux cantons que la sécurité du pays exigeait des restrictions au principe toujours respecté de l’asile : elle autorise le Ministère public à expulser et à accorder de brefs délais de départ.

En Allemagne,

21 avril 1933,

L’abattage rituel (cheritah) est interdit. Ceci fait dire à Daniel Jonah Goldhagen, (page 146 de son ouvrage « Les bourreaux volontaires d’Hitler », traduction française parue en janvier 1997, au Seuil) que la cheritah constituant un des rouages essentiels du Judaïsme religieux, son interdiction signifiait clairement que le judaïsme en lui-même constituait une violation des normes morales de la société civile. La cheritah est toujours interdit en Suisse pour cruauté envers les animaux.

22 avril 1933,

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Nouvelle circulaire du DFJP invitant les cantons à user de prudence dans l’admission d’étudiants étrangers, qui ne pourraient en aucun cas être naturalisés ni obtenir de permis de travail pendant ou après leurs études.

[Au début du régime nazi, l’autorité ne définit pas clairement qui était digne du refuge politique. Elle reste attachée à la définition héritée du XIXe siècle selon laquelle le réfugié est un révolutionnaire victime de la répression consécutive à  des soulèvements politiques ou sociaux, persécuté pour ses convictions ou menacé de poursuites. Après coup, l’un des adjoints de Rothmund définira plus pertinemment comme politiques « ceux seulement qui ont été expressément reconnus comme tels par une disposition interne du Ministère public de la Confédération sur la base de l’arrêté du 7 avril 1933 ». elle exprime la haine des communistes. En juillet 1933, Motta invitera Frölicher, alors chargé d’affaires à Berlin, à ne pas protéger ses concitoyens incarcérés par les Allemands s’ils étaient poursuivis pour des activités communistes avérées et confirmées par la police allemande. Documents diplomatiques suisses, tome 10, page 762.]

En Allemagne,

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22 avril 1933,

Une nouvelle loi donne la possibilité de radier jusqu’au 30 septembre 1933 les avocats-conseils en matière de brevet.

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Le même jour, une ordonnance sur les professions médicales dans les caisses-maladie déclare que les médecins non aryens ne pouvaient plus exercer leur activité dans les caisses ni être engagés au service de celle-ci.

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En outre, la littérature et les arts furent « épurés » de ce qui n’était pas aryen.

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Enfin, le pouvoir institua un « numerus clausus » pour contingenter les Juifs dans les universités.

18 mai 1933,

Discussion au CICR sur les violences politiques en Allemagne.

31 mai 1933,

Vaud : première rencontre entre Ordre et Tradition et l’Union nationale de Genève pour fonder un front commun romand.

Juillet 1933,

Création d’un groupe lausannois du Front national. Un début de section vaudoise se crée.

En Allemagne,

Juillet 1933, instauration du parti unique. Signature du Concordat avec le futur Pape Pie XII, alors Cardinal Pacelli.

14 juillet 1933,

Le Reich édicte la loi suivante, intitulée « Loi du 14 juillet 1933 concernant le retrait des naturalisations et de la déchéance de la nationalité allemande »

Extraits :

« Les ressortissants du Reich qui séjournent à l’étranger peuvent être déclarés déchus de la nationalité allemande si, par une attitude contraire aux devoirs de fidélité envers le Reich et le peuple, ils ont lésé les intérêts allemands. Il en est de même des ressortissants du Reich qui ne donneraient pas suite à un ordre de rentrer en Allemagne que le Ministre de l’Intérieur du Reich leur aurait fait parvenir en se référant à la présente prescription.

« Au moment de l’introduction de la procédure de retrait ou au moment de l’ordre donné de rentrer en Allemagne, leurs biens pourront être saisis, ils pourront être confisqués au profit du Reich. La saisie des biens prendra fin à l’échéance d’un délai de deux ans au plus tard, au cas où ils n’auront pas été confisqués entre temps au profit du Reich.

« Les mêmes mesures pourront être prises également contre des ressortissants allemands séjournant dans le territoire de la Sarre et qui s’y seront installé dans la période postérieure au 30 janvier 1933.

« La décision sera prise par le Ministre de l’Intérieur du Reich d’accord avec le Ministre des Affaires étrangères du Reich, et après consultation, dans la règle, des gouvernements des pays intéressés ; est à considérer comme intéressé le pays auquel appartient le ressortissant du Reich, ainsi que le pays où il aura été domicilié au cours des dernières années.

« Le Ministre de l’Intérieur du Reich, d’accord avec le Ministre des Affaires étrangères du Reich, décide dans chaque cas particulier dans quelle mesure la déchéance de la nationalité allemande devra s’étendre au conjoint, aux enfants légitimes ou adoptifs, et en ce qui concerne les femmes, aux enfants nés hors mariage.

« La déchéance de la nationalité prend effet à dater de la publication de la décision dans le Reichsanzeiger. »

Cette traduction a été citée dans la « documentation internationale », brochure sur la persécution des Juifs en Allemagne, publiée à Genève en 1933.

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [4]

[Ministre de l’Intérieur du Reich 1933-1943, Wilhelm Frick]

Des racines profondes sur la peur de l’étranger [4]

[Ministre des Affaires étrangères du Reich 1932-1938, Konstantin Freiherr von Neurath]

Dans sa thèse éditée à Lausanne en 1935, intitulée « Le Heimatlosat », Pierre Ferid Nafilyan relève ce qui suit à propos de la loi et de la période précitée :

« (…) alors que toutes les législations, comme les assemblées internationales, cherchent à éviter et à supprimer autant que possible les causes de heimatlosat, le programme antisémite hitlérien a amené les législateurs allemands à édicter une loi qui ne peut qu’en accroître encore le nombre ; nous voulons parler de la loi du 14 juillet 1933. (…)

Ainsi que nul ne l’ignore, le programme du gouvernement hitlérien est essentiellement basé sur des principes du racisme, aussi la loi est-elle, surtout dirigée contre les ressortissants allemands de race juive. Sans parler des retraits de naturalisation sur lesquels nous reviendrons, il est stipulé dans la loi que les Allemands de naissance perdront leur nationalité au cas où ils se seraient livrés à une propagande antiallemande ou qu’ils auraient tenté de porter atteinte à la dignité ou aux mesures du gouvernement allemand. Leurs biens seront confisqués. (…)

A propos de la loi précitée, Pierre Ferid Nafilyan ajoute que « la disposition du 1er alinéa mentionnant comme cause de dénationalisation le refus de rentrer en Allemagne malgré un ordre exprès du gouvernement, se retrouve également dans d’autres législations ; elle est nette, précise. Elle est regrettable, en principe, car elle crée de très nombreux cas de heimatlosat, principalement parmi les israélites qui ne peuvent rentrer en Allemagne car l’accès de plusieurs professions leur est interdit. »

Il est intéressant de comparer le texte de la loi allemande du 14 juillet 1933 avec celui de l’arrêté du CF du 11 novembre 1941 modifiant les dispositions sur l’acquisition et la perte de la nationalité suisse, paru au ROLF 1941 (57), pp. 98 ss, qui précise notamment à son art. 2 que :

« Le département de justice et police peut, dans les dix ans qui suivent l’acquisition de la nationalité suisse, annuler la naturalisation ou la réintégration si l’étranger l’a obtenue en donnant des renseignements qu’il savait être faux ou s’il a une mentalité contraire à l’esprit suisse. Sauf décision contraire, l’annulation fait également perdre la nationalité suisse aux membres de la famille qui l’ont acquise en vertu de l’acte annulé. »

En Allemagne,

25 août 1933,

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Le Ministre de l’Intérieur du Reich publie une liste de personnes ayant par leur conduite, porté atteinte aux intérêts allemands et étant, de ce fait, dénationalisées.

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Novembre 1933,

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Accord entre le CICR et la Deutsches rotes Kreuz (DRK) sur l’acheminement des enquêtes individuelles à propos de personnes détenues dans des camps de concentration.

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De 1933 à 1938, le Reich va prendre de très nombreux décrets privatifs envers les Juifs. Il y en avait 520'000 en janvier 1933, près de la moitié d’entre eux ont émigré entre 1933 et 1938.

 

[Commentaire. Voilà déjà une grande quantité de faits troublants de cette marche commune, presque « main dans la main », entre la Suisse et l’Allemagne.]

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[Ceci met fin à la série de faits qui couvrent la période 1919 à la fin de la première année de pouvoir d’Hitler, en 1933]

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À suivre

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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 18:00

1er mars 1933,

Motta propose à son collègue Häberlin (chef du DFJP) d’interdire à tout prix l’asile à des adversaires du régime de leur patrie, même modérés. Il les accuse de semer le trouble avec leurs concepts politiques étrangers à ceux des Suisses. La situation en Allemagne lui semble suffisamment grave pour qu’il envisageât la réintroduction du visa avec d’autres moyens de prévention contre de nouveaux réfugiés.

Motta est clairement renseigné sur les troubles qui secouent l’Allemagne et anticipe une énorme vague de réfugiés ou a-t-il peur de la suite des événements qui commencent chez nos voisins du nord ? Mais pourquoi alors s’aligner avec anticipation sur ce que va faire l’Allemagne ?

Giuseppe Motta

Giuseppe Motta

En Allemagne,

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5 mars 1933, grand succès électoral du NSDAP qui remporte 44% des voix (288 députés).

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21 mars 1933, Journée du redressement national. Inauguration du nouveau Reichstag.

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23 mars 1933, le Reichstag donne à Hitler les pleins pouvoirs pour 4 ans.

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24 mars 1933, le Reichstag vote une loi de salut public supprimant différents droits constitutionnels et attribuant au gouvernement le pouvoir de légiférer sans respecter les limites tracées par la Constitution. Cette loi marque la fin du régime parlementaire en Allemagne.

24 mars 1933, Hitler se fait attribuer les pleins pouvoirs. Dinichert, ministre de Suisse à Berlin, communique que les Juifs apatrides ou allemands affluent dans ses bureaux pour s’informer sur les conditions d’établissement en Suisse.

29 mars 1933, Häberlin reçoit une délégation d’un Comité socialiste d’aide aux réfugiés dirigé par le conseiller national Reinhard qui cherchait un modus vivendi avec le gouvernement et l’obtint. Häberlin demande à sélectionner les candidats. Le comité acquiesce en raison de ses faibles moyens d’accueil,  mais il demande que les refoulements ne se fassent pas à la frontière. Il accepte, selon Lasserre, les interdictions de travail et de toute activité politique.

En Allemagne,

29 mars 1933, Abolition des libertés fondamentales. Création des premiers camps de concentration.

31 mars 1933, le DFJP rappelle aux cantons et aux représentations suisses en Europe leurs obligations devant les demandes d’asile.

En Allemagne

1er avril 1933, Hitler ouvre la voie à la persécution raciale et à l’exode en décrétant une journée de boycott antisémite.

4 avril 1933,

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Ce 4 avril, onze jours après qu’Hitler a été doté des pleins pouvoirs, Rothmund tente de prévoir les événements dans un mémoire à son chef Häberlin. Il y écrit que « Les réfugiés politiques appartiendront aux milieux de l’administration, des partis de gauche, des écrivains. Certes, le Reich menace en plus les Juifs, mais au plan économique avant tout, au moins pour le moment ; s’ils fuient, ils n’entrent donc pas dans la catégorie des politiques. » Rothmund considérait que les Juifs avaient des « mœurs différentes des nôtres ».

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C’est ainsi qu’il va exclure les Juifs et les réfugiés économiques des réfugiés politiques pour plus de douze ans.

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[N’oublions jamais que Rothmund, en brave fonctionnaire, appliquait la politique du Conseil fédéral.]

Heinrich Häberlin

Heinrich Häberlin

Dans une disposition interne du DFJP, un des adjoints de Rothmund définira le réfugié politique comme il suit : « Ce sont ceux qui ont été expressément reconnus comme tels par une disposition interne de la politique d’asile : « (…) les Israélites ne doivent être considérés comme réfugiés politiques (…) que s’ils ont dû fuir pour des motifs d’ordre politique ; le boycottage n’est pas considéré comme un motif de ce genre ».

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Le mémoire de Rothmund apparaît aujourd’hui comme le programme d’action des douze années à venir. Il vise à réduire les trois obstacles d’une politique efficace : l’imprécision dans la définition des indésirables, la souveraineté cantonale, l’insuffisance de la loi de 1931.

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1) Limiter l’accueil aux seuls « réfugiés réellement menacés ». Il prévoit des consignes fédérales excluant les Juifs, les économiques et les communistes.

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2) Diminuer la marge de manœuvre des cantons : centraliser la réglementation de l’asile et amener les polices à transmettre les dossiers au Ministère public qui émettrait des prescriptions sévères. En collaboration étroite avec la Police fédérale, il aurait la compétence de traiter les dossiers des requérants.

7 avril 1933,

Le Conseil fédéral émet un arrêté sur le traitement des réfugiés politiques. Sans suivre entièrement Rothmund, le Conseil fédéral (CF) retient dans l’ensemble ses propositions. Plus autoritaire que lui, il s’appuie sur les articles 102, chiffres 8-10 de la Constitution (Cst) qui réservent au Conseil fédéral la sûreté intérieure et extérieure et les relations avec l’étranger. Ces références situent le plan sur lequel le CF plaçait le refuge. L’arrêté obligeait les candidats à s’annoncer dans les 48 heures à la police qui devait en avertir sans délai le Ministère public. Celui-ci interdirait toute activité politique, interviendrait dans l’octroi de permis de travail et surveillerait les réfugiés avec les polices cantonales. Concernant les étrangers reconnus comme réfugiés politiques par le Ministère public fédéral conformément à l’arrêté du Conseil fédéral du 7 avril 1933.

À suivre

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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 16:39

En Allemagne 1925

Hitler est libéré le 25 février 1925. Il reconstitue le parti nazi grâce à la complicité des autorités bavaroises. Fondation des SS (Schutzstaffeln, détachement de protection).

1925

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25 octobre 1925,

Inaugurée sous le régime des pleins pouvoirs, la législation suisse en matière de droit des étrangers reçoit un fondement constitutionnel. La Confédération obtient la compétence pour légiférer en matière d’entrée, de sortie et de séjour des étrangers, c’est-à-dire en matière de police des étrangers. Les cantons conservent le pouvoir (administratif) de prendre les décisions.

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L’article 69ter de la Constitution statue en dernier ressort, en particulier dans les cas de refus d’asile.

1926

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10 juin 1926, conférence de Léon Daudet à Lausanne.

En Allemagne : 1926

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Congrès national-socialiste à Weimar. Deuxième tome de « Mein Kampf ».

11-12 juin 1926, polémique sur la démocratie dans la « Gazette de Lausanne ».

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Octobre 1926, dans le canton de Vaud, le groupe de Marcel Regamey prend le nom d’ « Ordre et Tradition ».

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Novembre 1926,

Vaud : parution du premier « Cahier d’Ordre et Tradition. Entretiens politiques, philosophiques et littéraires ». Ce cahier contient un texte de M. Regamey intitulé « L’ordre dans l’Etat ».

En Allemagne

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Octobre 1926, Hitler nomme Goebbels Gauleiter de Berlin.

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1928

Heinrich Himmler prend la direction des SS.

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Pour le moment, ces nominations ne sont pas « officielles », c’est-à-dire qu’elles sont réelles au sein du parti mais non dans la République de Weimar. Le parti nazi n’est pas encore au pouvoir.

1929

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Rothmund est nommé à la tête de la Division de police où il succède à Ernest Delaquis, il restera encore de très nombreuses années chef de la Police des étrangers, secondé par son adjoint Baechtold.

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« La réduction du nombre des étrangers entre 1920 et 1930 doit beaucoup à son efficacité. Dans cette mission de salut public, ainsi que la définit son collaborateur Ruth, Rothmund acquit une technique puissante et marqua ses collaborateurs d’une empreinte évidente. »

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Parution du projet gouvernemental de la Loi fédérale sur le séjour et l’établissement des étrangers (LFSEE).

1930

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Les Juifs constituaient 0,44% de la population suisse, soit 17'993 personnes, dont 9803 Suisses et 8170 étrangers (23% de la population étrangère) : tel était le nombre dans lequel les frontistes prétendaient déceler la menace d’un « enjuivement ».

En Allemagne, 1930

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Alfred Hungenberg, fondateur de la Ligue pangermaniste et ancien président de la société Krupp rassemble 500'000 militants dans la puissante formation paramilitaire du Casque d’acier.

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Septembre 1930, le Nazionalsozialistische deutsche Arbeiter Partei (NSDAP) avec plus de 18% des suffrages et 107 sièges aux élections devient la deuxième formation politique du Reich. Il compte 200'000 adhérents.

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En ayant presque réussi, les Nazis deviennent plus audacieux, plus visibles et plus cruels.

1931

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Le 26 mars 1931, la LFSEE est adoptée. Elle entrera en vigueur en 1934. Diverses catégories d’étrangers traitées, ne l’oublions pas, par le même service fédéral sur la base de la même loi qui régira leur séjour à tous dès 1931.

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1932

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De 24'208 en 1931, le nombre des chômeurs passe à 54'366 en 1932

En Allemagne

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1932

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26 janvier 1932, Hitler obtient le soutien d’un important nombre d’industriels à la suite de la rencontre de Düsseldorf organisée par le banquier von Schröder, mécène du NSDAP.

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Avril 1932, Hindenburg remporte les présidentielles avec 19 millions de voix, contre 13,4 millions à Hitler.

1933

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4 janvier 1933, Hitler et von Papen décident de former un gouvernement de coalition d’extrème droite.

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30 janvier 1933, Hitler devient chancelier du Reich à la demande de Hindenburg.

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1er février 1933, dissolution du Reichstag.

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4 février 1933, restriction de la liberté d’expression.

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27 février 1933, incendie du Reichstag.

L'incendie du Reichstag

L'incendie du Reichstag

28 février 1933,

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1. Promulgation du décret « pour la protection du peuple et de l’Etat ». Cette ordonnance présidentielle lève la garantie constitutionnelle des libertés fondamentales. Interdiction du parti communiste.

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2. Ouverture du camp de concentration de Dachau.

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Ils sont au pouvoir, c’est le début…

1933

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Printemps 1933,

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Les Juifs suisses avaient donné l’assurance qu’ils financeraient eux-mêmes, sans recourir à l’aide de l’Etat, et avec l’aide des Juifs étrangers, notamment américains, l’œuvre de secours aux réfugiés. Ils réussirent à tenir parole pendant toute la période d’avant-guerre et même au-delà, durant trois ans, jusqu’au moment où se déclencha la grande poussée des réfugiés venant de l’Ouest. Dans son rapport, le professeur Ludwig précise en outre : « Il est certain que l’esprit de sacrifice des Juifs suisses a sauvé des milliers de ces réfugiés qui, sans cela, n’auraient guère pu trouver asile en Suisse. » Une partie de ce financement provint de l’American Joint Distribution Committee.

En 1939, les dépenses de l’Union suisse des comités d’assistance israélites se sont élevées à 3'688'185 francs suisses.

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L’Office central suisse d’aide aux réfugiés (créé le 17 juin 1936) alloua en automne 1938, lors d’une première collecte, quelque 240'000 francs suisses aux réfugiés juifs.

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Le « printemps des Fronts » commence, il durera jusqu’en 1936. Il comporte deux mouvements différents, à savoir :

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1. Ceux qui revendiquent des traditions nationalistes et qui s’apparentent au conservatisme radical, tels que la Ligue pour le peuple et la patrie (Bund für Volk und Heimat).

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2. Ceux qui sont proches des fascistes italiens ou allemands, tels que l’Union nationale de Genève et le National Front.

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Dans ce cadre, le 1er avril 1933, le Vaudois Alphonse Morel représente Ordre et Tradition à la séance constitutive du Front fédéral.

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11 octobre 2016 2 11 /10 /octobre /2016 17:44

A propos du débat sur l’histoire.

Des faits. Des noms. Des dates

Par : Anne Weill, Karl Grünberg

Association romande contre le racisme (ACOR) Manifeste du 21 janvier 1997. 21 mars 1997

C’est dans cette publication que je vais puiser des textes qui seront des éclairages sur la profonde « nature » de la pensée de nos politiques à l’époque la plus trouble de l’histoire de notre pays, de 1917 à 1954.

Je ne vais pas prendre tout le texte, ça serait trop long et volumineux, mais quelques-uns pour que l’on comprenne bien d’où vient le ressenti d’aujourd’hui face aux étrangers.

Comme le texte de l’Association romande contre le racisme met en parallèle les textes de lois et de l’activité du Conseil fédéral face aux mêmes démarches Allemandes, aux mêmes moments, on a ainsi une vision globale d’une situation qui demande la réflexion : Est-ce que la Suisse réagit à ce que fait l’Allemagne ou anticipe-t-elle par peur aux devenir du pays, face au grand voisin ?

Commençons depuis le début.

Suisse, de 1917 à 1954

1917

21 novembre, ordonnance établie sous le régime des pleins pouvoirs au sujet de la police à la frontière et du contrôle des étrangers. Elle institue le visa obligatoire pour certaines catégories d’étrangers. Elle crée un Office central de police des étrangers et admet, en pratique, que le séjour durable et l’établissement étaient subordonnés à une approbation des autorités fédérales.

1919

17 novembre 1919,

Nouvelle ordonnance établie sous le régime des pleins pouvoirs. Elle remplace la précédente. Elle institue le veto fédéral et le contrôle sur les décisions prises par les cantons en matière de Police des étrangers. Le séjour durable et l'établissement sont clairement attribués aux autorités fédérales.

Un Office central de police des étrangers est créé par ordonnance auprès du Département fédéral de justice et police (DFJP), afin de :

- coordonner les pratiques cantonales ;

- réunir et exploiter les informations sur les étrangers suspects et indésirables.

- Berne ne limitait plus seulement ses compétences à la surveillance des frontières, ou à la délivrance des visas, dont l’Office avait obtenu la compétence en novembre 1918, mais intervenait dans les cantons eux-mêmes. Sa politique visait à lutter contre la « surpopulation étrangère », notion imprécise de la capacité d’accueil. Rothmund entre à la tête de l’Office central de la police des étrangers.

L’instrument de cette politique sera la Police des étrangers.

Trois courants animaient alors le législateur :

- les optimistes, qui proposaient les naturalisations facilitées ;

- les pessimistes, qui voulaient freiner l’immigration (inaltérabilité des caractères ethniques, un certain racisme, préserver les concitoyens de contacts pernicieux) ;

- un courant mineur, qui voulait la réduction de l’émigration des Suisses.

24 mars 1919, dans le canton de Vaud, Marcel Regamey, Richard Paquier et quatre de leurs camarades fondent l’Association monarchique internationale.

1920

Motta défend la thèse modérément optimiste.

29 novembre 1921,

La troisième ordonnance restitue certaines attributions aux cantons mais conserve la même réglementation que celle de 1919. Le veto fédéral continue de constituer l’élément primordial de toute la législation concernant la police des étrangers. « L’on cherchait en premier lieu par ce moyen à parer à un afflux excessif d’étrangers. »

Pendant ce temps, en Allemagne aucune loi n’est sortie de l’administration. La préoccupation de l’Allemagne est de terminer la guerre et de subir la défaite.

Si la Suisse édite des lois sur l’immigration des étrangers, nous devons nous souvenir que de nombreux étrangers voulaient se réfugier dans le pays pour diverses raisons. L’une d’elle, était, pour les déserteurs, fuir la guerre en cours, pour d’autres c’était planquer son argent et bénéficier de la sécurité, d’autres encore cherchait un refuge suite aux persécutions en tous genres qu’ils subissaient ailleurs. La Suisse accueillait volontiers ceux qui avaient de l’argent, ceux qui avaient un statut élevé à contrario de ceux qui étaient miséreux, loqueteux d’une religion douteuse et d’une ethnie indéfinie.

Avant l’introduction de la Police des étrangers, les cantons avaient déjà ce même comportement face à l’immigré, était-il riche et honorable ou pauvre et suspect. Il y avait donc une population qui faisait peur aux autorités et qu’il fallait réguler à défaut de les refouler.

Suivez les liens hypertextes pour en savoir plus sur ces hommes.

1921

Rothmund met son chef, Häberlin, en garde contre l’immigration des Ostjuden (Juifs orientaux) qui, plus que les autres Juifs, auraient incarné l’incapacité de s’assimiler.

1922

En juin 1922, une initiative populaire visant à rendre plus difficiles les naturalisations est refusée à une forte majorité.

1923

Dans le canton de Vaud ont lieu, au cours de l’été 1923, les premières réunions sérieuses de ce qui deviendra le mouvement « Ordre et Tradition ».

1924

Dans la perspective des « pessimistes », la révision constitutionnelle du droit à l’établissement est entreprise.

Les adversaires de l’immigration ont alors notamment précisé : « Jamais les immigrés : Juifs galiciens, Allemands, Italiens, Slaves ne vaudront pour nous les paysans tenaces, économes et laborieux que nous laissons partir sans faire aucun effort pour les retenir. »

Pendant ce temps en Allemagne, la jeune république de Weimar, fragile et tourmentée par les putschs à répétition, lutte pour se maintenir au plan économique et structurel pour redevenir une puissance politique. Agitation politique et crise monétaire vont être les préoccupations de la République pour un moment encore.

En Allemagne : 1923

8 novembre, échec du « putsch de la brasserie » à Munich. Dissolution du parti nazi.

1924

2 juin 1924, un Message du Conseil fédéral écarte la politique libérale pratiquée par les cantons avant-guerre. Il propose une politique ferme destinée à bloquer une fois pour toutes l’accroissement du nombre des étrangers. Dans cette optique, le Conseil fédéral dénonce les immigrés les plus inquiétants, regroupés parmi ceux qui demandaient le séjour en visant l’établissement. Habiles ensuite à se créer des liens dans le pays, ils gagnent vite des appuis et se révèlent inexpugnables. Pour empêcher la formation de telles attaches, une réaction rapide s’impose qui doit être animée d’une ténacité égale.

Remplaçons « immigrés » par « réfugiés » et se dessine l’un des fondements de la politique de l’asile.

En Allemagne : 1924

Hitler est en détention à la forteresse de Landsberg de novembre 1923 au 24 décembre 1924. Il y rédige le premier tome de « Mein Kampf ».

Il est difficile à la lecture seule des textes proposé par ACOR, de sentir la véritable ambiance générale qui régnait en Europe et spécialement sur l’Allemagne qui joue une grande influence sur notre pays.

A suivre

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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 15:42

Une avancée technique

Vous roulez dans votre voiture, confortablement installée derrière le volant et vous profitez de la vitesse quand c’est possible.

Autrefois, juste une centaine d’années, la voiture poussive n’allait pas bien vite, limitée qu’elle était par la conception même du moteur. Pour aller très vite dans ces débuts, l’automobile devait avoir une cylindrée monstrueuse, envisageable seulement pour les voitures de courses. C’est en 1912 qu’une grande avancée technique et révolutionnaire imaginée par un Suisse, l’ingénieur Ernest Henry, qui travaillait pour Peugeot, dessine un moteur qui allait être LE MOTEUR qu’il fallait et qui est celui que vous avez, que vos voisins ont, que nous avons tous.

Photo Par Agence de presse Meurisse — Bibliothèque nationale de France, Domaine public.

Photo Par Agence de presse Meurisse — Bibliothèque nationale de France, Domaine public.

Une biographie sur Wikipédia vous en dit plus et suffisamment pour rendre honneur à notre personnage oublié, sans qui il aurait fallu plusieurs années encore pour qu’un autre arrive avec cette idée qui révolutionna l’industrie automobile dans le monde. Il est le premier à assembler 4 soupapes par cylindre avec le double arbre à cames en tête. Révolutionnaire !

Vous apprendrez aussi que Peugeot était pionnier et avant-gardiste et performant avec leurs voitures.

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 16:46
Mauvaise nouvelle

Oui, mauvaise nouvelle que l’annonce faite jeudi que la chaîne alémanique de restauration végétarienne « tibits » s’installera en 2018 à la place de l’ancien Buffet de la gare à Lausanne.

Il a fallu batailler pour conserver les fresques des murs du Buffet de la gare et voilà que le lieu sera « américanisé » pour être à la mode du moment avec le végétarisme. Je ne suis pas contre l’idée de rester en bonne santé en privilégiant la nourriture saine et diminuant la viande, un juste équilibre qui n’enlève rien au plaisir de manger.

Là, c’est un sacrilège que de voir arriver la chaîne tibits en plein cœur de la ville, où la tradition était la cuisine de brasserie, classique et goûteuse, qui avait sa renommée, bien que trop riche, mais qui cadrait bien avec le décor du lieu. Le végétalisme demande un autre cadre, une autre ambiance, plus moderne plus froid qui colle avec la fraîcheur des aliments qui seront proposés. L’anglais sera privilégié pour être à la page, pour que la nouvelle clientèle s’y retrouve. Le Buffet ne sera plus !

Souvenez-vous qu’en face de la gare de Lausanne un bon établissement portant le nom « Les deux gares » fut remplacé par un Mac Donald, alors pourquoi pas un tibits pour accentuer le désastre de la gare qui perd de son charme à chaque modification, à chaque implantation de commerces nouveaux.

Il ne faut pas être nostalgique d’un temps passé, mais le patrimoine que nous mettons tant bien que mal en valeur pour sauvegarder des pierres et des paysages, on disperse le patrimoine alimentaire traditionnel du Pays de Vaud dans leurs lieux de production, bien protégés qu’ils sont par des IGP et nous ne savons plus où les trouver réuni pour en profiter. Auparavant, le Buffet de la gare de Lausanne était le restaurant où l’on avait ce privilège de trouver les produits du lac et ceux de la terre, réuni dans la tradition et dans un cadre unique qui convenait au bien-être.

Avec le futur restaurant végétarien, nous gagnerons peut-être en santé, mais nous perdons de notre identité.

Annexe : article de Bilan

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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 16:31

Il y a des choses qui m’énervent, comme la publicité mensongère et les abus de langage chez les publicistes. Sur ce dernier point, les abus sont très souvent utilisés pour vanter les articles, peut-être médiocres, pour assurément les vendre. « Pure jus de fruit », élaboré à base de concentré et d’eau… « Extraordinaire fer à repasser tout électronique ! », quoi ! A-t-il besoin d’électronique pour repasser une chemise ?

On vante chaque objet et produit de mille façons et l’une de ces stratégie et de dire que le prix, avant de celui qui est sous vos yeux, était plus élevé. On nous fait croire que l’on fait une bonne affaire. J’en doute beaucoup. (Actuellement, les magasins Oschsner Sport sont dans le collimateur de la justice pour la pratique illégale d’étiqueter un prix barré libellé « ancien prix » et dessous le prix nouveau, alors que celui-ci est le prix réel.) Ci-dessous

Coup de gueule
En haut l'étiquette recouvrant le véritable prix.

En haut l'étiquette recouvrant le véritable prix.

Il faut être très attentif en Suisse sur les remises, prix cassés et soldes, pratique très libérale dans le pays des banques qui permet tous les abus possibles, la preuve avec Oschsner Sport.

Dans ma boîte aux lettres, un catalogue d’une maison de vente par correspondance offre toutes ces stratégies de vente pour ses articles. A l’exemple de ce fauteuil illustré avec cette photo ci-dessous.

Coup de gueule

Regardez le prix, nouveau et ancien, 403 francs de remise. Fauteuil Orleans, fabriqué en Allemagne par l’usine Max Winzer, qui m’est totalement inconnue et qui ne me dit rien des qualités de fabrication. En cuir véritable, et bien j’espère bien que pour le prix c’est du cuir véritable et non du plastique qui imite le cuir. Avec des clous au look antique, sont-ce les clous qui ont un look antique ou le fauteuil ? Si les clous ont un look antique, j’ai des difficultés à m’imaginer comment sont ces clous, si la publicité nous parle du fauteuil au look antique, j’ai beaucoup de peine à imaginer Jule César ou Archimède dans un tel fauteuil. Je n’arrive même pas à imaginer un lord anglais buvant son cherry brandy assit dans un tel fauteuil qui ne ressemble à rien, tellement il n’est pas beau.

Alors, peut-on acheter les yeux fermé un tel objet, puisqu’on fait une grosse économie de 403 francs ?

Bien sûr, chacun fait selon son goût, ses moyens, ses envies, etc. Mais pourquoi veulent-ils que l’on achète un fauteuil aussi cher et aussi moche ?

Comparons avec celui-ci (Photo ci-dessous), pour un prix plus bas, affiché à 839,90 CHF. Le fauteuil a quand même plus d’allure et irait bien dans un club anglais. Certes, c’est une copie d’une édition ancienne et le fabriquant le dit dans sa publicité, il n’y a pas tromperie et il est beau.

Fauteuil Chesterfield capitonné en cuir marron vintage.

Fauteuil Chesterfield capitonné en cuir marron vintage.

Avec cet exemple, je veux vous sensibiliser aux faux prix, fausse bonne affaire, faux rabais, vrai mauvaise affaire, vrai arnaque, vrai mauvais goût vendu au prix fort.

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 15:46
Il y a 66 ans [11]
Château-d'Oex

Château-d'Oex

Il y a 66 ans [11]

Le Chalet Balthus à Rossinière, son histoire.

Les Mosses

Les Mosses

Les élèves apprenaient…

Un village des Alpes vaudoises

Chère marraine,

Depuis huit jours, je suis à Rougemont, chez mon oncle Paul. Mes parents m’y ont envoyée en convalescence, après ma rougeole de ce printemps ; ils espèrent que l’air de la montagne me rétablira tout à fait.

Rougemont est un beau village tout en bois. La plupart des maisons sont très vieilles ; elles ont deux ou trois cents ans. Leurs façades sont devenues avec le temps tellement brunes qu’à distance elles paraissent noires. Les toitures sont faites de milliers et de milliers de petites planches étroites et minces qu’on appelle des Tavillons ; pour mieux protéger les maisons de la pluie et de la neige, on met jusqu’à sept ou huit couches de ces planchettes l’une sur l’autre.

Le chalet de mon oncle a des paroles gravées sur la façade. Les voici :

.

Par la Providence de Dieu, Joseph et Antoine Loup frères et Catherine leur sœur ont fait bâtir cette demeure passagère en attendant un éternel domicile au ciel. A Dieu soient rendues louanges et actions de grâces à jamais. Amen.

.

C’est une belle inscription, n’est-ce pas ? Presque toutes les maisons de Rougemont en ont une de ce genre.

Ce qui m’a le plus surprise la première fois que je suis entrée chez mon oncle, c’est la faible hauteur des plafonds. Je peux les toucher de la main. Mon cousin Jacques les touches de la tête rien qu’en se haussant sur la pointe des pieds, et, quand il entre dans une chambre ou dans la cuisine, il doit courber la nuque pour ne pas se cogner au chambranle. Je crois que les gens d’autrefois étaient plus petits que ceux d’aujourd’hui, pour avoir fait des portes aussi basses. Des chambres peu élevées sont d’ailleurs plus faciles à chauffer, ce qui est bien agréable dans un pays où les hivers sont si longs.

Je joue souvent avec une petite fille qui habite dans le chalet voisin. Mais hier soir elle m’a dit :

.

- Je ne pourrai bientôt plus m’amuser avec toi. La semaine prochaine, on remue.

.

Je l’ai regardée avec étonnement, et lui ai demandé :

.

- Qu’est-ce que vous faites ?

.

- On remue.

Puis elle m’a expliqué que son papa possède trois chalets : celui qui est à côté du nôtre, et deux autres dans la montagne. Toute la famille passe l’hiver au village ; elle élève quatre vaches et deux ou trois chèvres. Et puis, au mois de mai, elle « remue » ; c’est-à-dire que les parents, les enfants et le bétail vont s’installer dans un chalet de la montagne, où se trouve du foin de l’été précédent, qu’on n’a pas pu descendre à Rougemont, mais qu’il faut bien utiliser tout de même. Au mois de juillet ou d’août, ils déménageront encore une fois pour s’installer dans le troisième chalet. Ce doit être amusant, ces changements continuels !

Je t’embrasse bien fort, ma chère marraine.

.

Ta filleule Nelly.

Nous voilà à la fin d’une présentation du canton de Vaud, de façon scolaire. La géographie et le tissu économique expliqué très superficiellement pour que la compréhension des élèves colle aux propos que pouvaient avoir les adultes à cette époque qui expliqueraient le canton de Vaud.

Les images montrent à chaque fois ce qu’était la réalité du moment, sans nostalgie, simplement un instantané des années cinquante.

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 16:12
Il y a 66 ans [10]
Aigle

Aigle

Leysin

Leysin

Lac Retaud

Lac Retaud

Villars en hiver

Villars en hiver

Les élèves apprenaient…

La Plaine du Rhône

Le Léman était autrefois bien plus long qu’aujourd’hui ; il s’étendait jusqu’à Saint-Maurice. Les alluvions que charrie le Rhône l’ont comblé en partie. Ainsi s’est formée la plaine du Rhône.

Cette plaine fut longtemps marécageuse, car le fleuve débordait fréquemment et l’inondait. On ne pouvait ni l’habiter ni la cultiver. Mais au XIXe siècle de fortes digues furent construites pour empêcher le Rhône de sortir de son lit, et la plaine est devenue une région de riches cultures. Des rideaux de grands arbres y brisent la violence du vent.

Les vallées des Alpes

A l’est de la plaine du Rhône se dressent de hautes montagnes qui font partie des Alpes. Les Tours-d’Aï et de Mayen, le Pic-Chaussy, le Chamossaire, la Dent-de-Morcles, le Muveran, les Diablerets sont les sommets les plus élevés des Alpes vaudoises. Le massif des Diablerets porte des glaciers.

La fonte de ces glaciers alimente la Grande-Eau, qui coule dans la vallée des Ormonts. La Gryonne et l’Avançon arrosent des vallées plus petites.

Une ligne de chemin de fer monte d’Aigle dans la vallée des Ormonts, jusqu’au village des Diablerets ; de-là, le col du Pillon permet de passer dans l’Oberland bernois. Une autre voie ferrée relie Bex aux vallées de l’Avançon et de la Gryonne.

Les habitants de ces trois vallées vivent dans des villages de bois et dans de nombreux chalets disséminés sur le flanc des montagnes. Ils exploitent des forêts da sapins et de mélèzes et élèvent du bétail.

À suivre demain : Le Pays-d’Enhaut

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16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 17:03
Il y a 66 ans [9]
Il y a 66 ans [9]
Midi et demi à l’horloge

Midi et demi à l’horloge

Montreux à son aise

Montreux à son aise

Vigneron de Lavaux

Vigneron de Lavaux

Les élèves apprenaient…

Village paysan et village vigneron

Quel contraste entre un village du pied du Jura, du Gros de Vaud ou de la Broye et un village de Lavaux ! Le village paysan s’étale à son aise parmi la verdure. Ses vastes fermes sont entourés de jardins et de vergers ; ses rues sont spacieuses ; un préau s’étend devant l’école ; une place ou une terrasse ombragée environne l’église. Tout autre est le village vigneron. Ses maisons pressées, serrées, ont l’air de s’agripper les unes aux autres pour ne pas glisser d’un trait dans le lac, au bas de la pente. Ses rues sont étroites, avec des étranglements dangereux pour la circulation. Les places sont rares et exiguës… Voyez Rivaz, Saint-Saphorin, Riex, Epesses ou Grandvaux. Chacune de ces localités est trois ou quatre fois moins étendue qu’un village du Gros de Vaud de population équivalente.

D’où cela vient-il ? Il n’est pas difficile de le comprendre.

Le paysan doit loger un bétail varié et des récoltes encombrantes. Pour ses diverses cultures, il utilise une quantité d’outils et de machines, qu’il doit mettre à l’abri des intempéries. Sa ferme est donc un gros bâtiment. En outre il lui faut de la place autour de la maison pour les allées et venues des vaches entre l’étable et la fontaine, pour le stationnement de ses chars pendant les travaux.

Le vigneron, lui, n’a pas de bétail et ne connaît qu’une seule culture, qui exige tous ses soins. Une cave pour ses tonneaux, un pressoir où il peut remiser son fossoir, son « raclet », sa hotte et ses brantes, c’est tout ce qu’il lui faut.

Et puis le terrain est rare et précieux dans le vignoble ; le vigneron veut en perdre le moins possible. Il construit sa maison tout en hauteur, entassant deux ou trois étages d’étroits logements sur sa cave et son pressoir. Il l’accote à celle du voisin. Il la pousse tout au bord de la chaussée.

Voilà pourquoi son village est si petit, comparé à celui du paysan.

À suivre, demain : La région d’Aigle

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