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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 16:05

[4]

 

f) Réserves : nécessaires à l’arrière des troupes fournissant l’effort principal :

a) pour l’exploitation rapide des succès du XVe Corps probablement (pour cela SS « T » de la 2e Armée) dans le secteur au sud de Besançon,

b) pour venir à bout d’une résistance particulièrement forte en montagne à l’ouest de Bâle (à cet effet 23e div. de la 12e Armée). Elle doit demeurer mobile dans la région de Belfort avec le rég. de transp. camions qui, auparavant, a amené la Ire div. mont.

ces réserves dépendent du Commandement en chef de la 12e Armée.

 

12) Aviation

a) Missions de l’aviation d’attaque :

Destruction de l’aviation ennemie. La destruction des voies ferrées et des ponts n’est initialement pas autorisée !

b) Utilisation de chasseurs-bombardiers en collaboration avec l’armée : durant toute l’attaque du XVe Corps d’Armée et lors de la percée à travers lignes fortifiées du XVIIIe et XIIe Corps d’Armée.

c) Troupes aéroportées :

Intervention de parachutistes voir sous « 4e formation d’attaque. »

d) DCA importante sur les rares routes profondément encaissées. Répartition dans la mesure où la situation face à la côte anglaise le permet actuellement. A demander pour chaque C.A. une unité de DCA.

e) Appareils de reconnaissance :

Pour le Commandement en chef de l’Armée, les Corps d’Armée, les div. mot. et blindées chacun une escadrille de reconnaissance.

 

13) Conduite tactique et composition :

Tenir compte des expériences de la Norvège : attribution de chars, pièces d’artillerie et de troupes mot. particulières aux éléments de pointe ; renforcement des groupes de marche par des comp. Mitr. (mot.) ; utilisation accrue de canons d’infanterie et de lance-mines ; constitution de puissants détachements avancés avec utilisation – ici peu nécessaire pour la lutte antichars – des véhicules des unités de chasseurs de chars.

 

14) Temps requis :

a) Pour le déploiement :

I) des unités mot. les plus éloignées de la zone de la 12e Armée : 2 jours,

II) des div. inf. : à pied : 2-3 jours, de la 260e div. jusqu’à 4 jours,

III) de la div. mont. : en camions et transports ferroviaires : 3 jours,

IV) pour la 262e par train : 3 jours.

Pour III et IV trois jours de préavis pour la préparation du matériel roulant : 3+3=6 jours. 7 jours avant l’attaque au moins un préavis doit être adressé aux chemins de fer.

 

b) Pour les opérations : la prise de Berne, Lucerne et Zurich doit être possible au plus tard dans le courant du 2e jour. L’atteinte de la ligne de démarcation dépend du succès des deux premiers jours et du résultat des combats autour du Saint-Gothard. En 3-4 jours la partie de la Suisse qui nous revient peut être occupée (avec tracé de la ligne séparant les sphères d’intérêt sur les Alpes bernoises et glaronnaises), sinon en 4-5 jours. Le temps requis par les Italiens dépend de la nature de leur engagement.

15) Saison

L’été est favorable. D’octobre à mars des chutes de neige en montagne gênent les déplacements et le brouillard empêche entre autres l’intervention de l’aviation. Le mois de septembre est particulièrement favorable pour l’aviation.

 

16) Exigences

a) Maintien du secret et leurre :

Bouclage discret et renforcé de la frontière suisse également dans le secteur frontalier italien et, si possible, français. Informations de presse idoines, faux messages radio et silence radio pour certains éléments.

 

b) Utilisation d’agents secrets pour la reconnaissance de certains détails des fortifications. Qu’existe-t-il dans les positions de l’arrière ? Des regroupements sont-ils en cours à la frontière française ?

 

c) Amélioration des cartes particulièrement mauvaises. Se procurer si possible des cartes dans le commerce en Suisse. Etablissement d’une courte description géo. Mil. Du pays.

 

d) Le chef du Service des transports doit donner son avis sur les voies de communication.

 

e) La Commission d’armistice a refusé un déplacement de la ligne de démarcation sur une ligne Champagnole-Saint-Claude-Collonges ouest-Martigny (localités comprises). Etant donné que les avantages d’une entreprise allemande et italienne à partir du sud du Léman sont grands, il convient d’exiger de la direction politique allemande qu’elle autorise le passage de troupes allemandes et italiennes à travers le territoire non-occupé et la zone des 50 km (sur la frontière italo-française) ou, respectivement, qu’elle crée les conditions nécessaires. Plus tôt le secteur frontalier franco-suisse Léman-point de jonction des 3 pays (au Grand Saint-Bernard) sera fermé, et mieux cela vaudra afin d’interrompre tout mouvement venant de France ou y allant.

 

f) Il faut accepter le plus rapidement possible la demande de la Suisse de pouvoir expulser de son territoire les Polonais et les spahis, afin de prévenir un éventuel renforcement de son armée.

 

17) Etant donné la situation politique actuelle en Suisse il est possible que l’occupation ait lieu de manière pacifique sur ultimatum, si bien qu’après une entrée en force, il faut rapidement passer à l’invasion pacifique.

von Menges

Capitaine à l’E.M.

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 17:29

[3]

 

10) Utilisation et missions en particulier


a) Commandement de l’ensemble : Commandement en chef de la 12e Armée.

Mission du Commandement en chef de la 12e Armée : « Commandement en chef de la 12e Armée – pour les préparatifs subordonné au Groupe d’Armées C, dès le début de l’attaque directement subordonné à l’OKH – lance sur l’ordre de l’OKH le jour x, à l’heure y, une attaque concentrique contre la Suisse depuis l’ouest (effort principal), le nord et le nord-est afin d’occuper rapidement la Suisse au nord dans la sphère d’intérêt allemand. Elle percera les fortifications frontalières ennemies et s’emparera rapidement de la capitale et des régions industrielles autour de Berne et Zurich.

Il convient de battre rapidement et d’une manière décisive l’armée suisse, avant qu’elle parvienne à se retirer vers le sud, en haute montagne, en interrompant simultanément ses lignes de retraite depuis le sud-ouest et l’ouest et en faisant intervenir des parachutistes au nord des Alpes glaronnaises.

b) 1) Pour le cas où la ligne délimitant les sphères d’intérêt germano-italiennes s’étendrait au sud de la vallée du Rhône : (Ann. 4 : ligne b-b)

« 1re formation d’attaque »

Forces : 20e div. mot. Renforcée, 1 bat. Mitr. (de la 2e Armée). Placé directement sous les ordres Commandement en chef 12e Armée.

Voies d’approche : par Saint-Laurent, Saint-Claude, Gex.

Base de départ dans la zone autour de Ferney (au sud de Gex). La voie d’approche est située partiellement à l’ouest de la ligne de démarcation car la route Morez, direction Gex, est totalement utilisée par la division voisine de gauche (29e mot.) qui dans le secteur au nord-ouest de Gex se prépare à attaquer en direction de Nyon. La marche d’approche s’effectuera par le territoire non-occupé, à l’ouest de la ligne de démarcation, sans en informer préalablement les Français, dans la nuit précédant l’attaque jusque dans la région de Genève, de telle manière que la division n’atteindra la frontière suisse que peu avant l’attaque.

Mission : « La div. – directement subordonnée au Commandement en chef de la 12e Armée – s’emparera par surprise de Genève le jour x, heure y, afin d’entreprendre à partir de là une poussée avec deux groupes d’attaque avec effort principal par Martigny sur la vallée du Rhône direction Saint-Gothard pour ouvrir aux Italiens le col du Simplon depuis le nord et pour établir plus tard le contact direction Schwyz et Brienz avec les troupes attaquant depuis le nord. Le fort de Saint-Maurice doit être pris depuis le nord et le sud. »

 

2) Pour le cas où la ligne séparant les sphères d’intérêt germano-suisses serait fixée sur les Alpes bernoises et glaronnaises : (Ann. 4 ligne a-a)

Si cette ligne est établie sur les Alpes bernoises et glaronnaises, ce groupe d’attaque est supprimé. En échange des éléments de la division voisine, engagée seulement au nord du Léman (29e mot. – aile sud du 2e groupe d’attaque ; cf. en bas) se dirigent via Genève et Aigle, directement au sud du Léman, sur Thoune.

 

c) « 2e formation d’attaque » :

Forces : le XVe Corps d’Armée 5e div. (mot.) (de la 12e Armée), 29e div. mot. (de la 12e Armée), 4e div. blindée (de la 12e Armée), troupes de Corps : 1 groupe ob. Lourds.

Marche d’approche : 5e div. déjà sur place. Pas de difficultés pour div. mot. et blindées.

Mission : « Le XVe C.A. perce le jour x, heure y, les fortifications frontalières de l’ennemi situées entre Nyon et Vervières (localités comprises), s’empare rapidement de la capitale et coupe les voies de retraite de l’ennemi vers le sud dans le secteur du lac de Thoune.

Le C.A. se tient prêt à ouvrir éventuellement plus tard à son voisin de gauche l’accès à travers la chaîne du Jura depuis le sud en attaquant avec des éléments provenant du secteur de Berne, sur ordre du Commandement en chef de la 12e Armée. »

 

Conduite de l’attaque :

La 29e mot. attaque Nyon avec de puissants éléments depuis le secteur orient. et occ. de Gex car dans cette zone, avant la frontière, la crête montagneuse a déjà été franchie et apparemment l’ennemi n’a pas encore établi de fortifications. Utiliser ici une div. mot. afin de couper les voies de retraite dans le secteur de Thoune.

4e blindée comme groupe fournissant l’effort principal sur Berne. Intervention seulement après que des éléments de la 5e div. auront percé les fortifications frontalières. L’utilisation ultérieure de la 5e div. pour occuper Berne, la région industrielle environnante et le terrain conquis par le XVe Corps d’Armée apparaît nécessaire. L’intervention d’un petit groupe latéral via Neuchâtel sur Berne peut faciliter la percée de la div. voisine à travers la chaîne montagneuse près de la Chaux-de-Fonds. Il faut prévoir de la placer ultérieurement sous les ordres du XVIIIe Corps d’Armée.

 

d) « 3e formation d’attaque » :

Effectifs : XVIIIe Corps d’Armée (de la 12e Armée), Ire div. mont. (de la 16e Armée), 73e div. mont. (de la 12e Armée), R.I. « Gr. D. » (de la 12e Armée), SS « A.H. » (de la Ire Armée). Troupe de Corps : 1 groupe ob. Lourds, 1 groupe chasseurs chars, 4,7 cm (provenant des troupes d’Armée).

Marche d’approche : cdmt. Gén. XVIII et 73e div. sont déjà sur leurs positions.

Ire div. mont. arrive avec ses éléments de combat transportés par un rég. Transp. Camions (organisé par Qua.-Maît. Gén.) avec ses colonnes acheminées par train. Il faut camoufler la raison de ce transport. (Mission sur la ligne de démarcation.) Troupes de Corps : à pied.

R.I. « Grossdeutschland » et SS « A.H. » pas de difficultés. Ils doivent être amenés au dernier moment pour des raisons de dissimulation et en fonction de leur utilisation ultérieure.

 

Mission : « Le XVIIIe Corps d’Armée – après la percée à travers les fortifications frontière et le Jura dans le secteur Le Locle-Bâle (localités comprises) – s’empare de Lucerne en jetant en avant depuis le nord et l’ouest ses éléments rapides et empêche que l’ennemi se dérobe vers le sud au-delà d’une ligne Berne-Lucerne-Schwyz. »

Conduite de l’attaque : Bâle doit être tourné par l’ouest.

R.I. « Grossdeutschland » et SS « A.H. » doivent être poussés immédiatement en avant après la première percée. A envisager l’utilisation de parachutistes dans la région d’Olten pour ouvrir les débouchés alpestres vers le sud.

 

e) « 4e formation d’attaque » :

 

Effectifs : XIIe Corps d’Armée (de la Ire Armée), 260e div. (de la 12e Armée), 1 bat. Mitr. (mot.) (de la 2e Armée), 262e div. (de la Ire Armée). Troupes de Corps : 1 groupe ob. Lourds, bats. Du génie et unités de pontonniers, 1 groupe ob. Mortiers fumigènes, 1 groupe chass. Chars, 4,7 cm (provenant Groupe d’Armées).

Marche d’approche : cdmt. Gén. du XIIe Corps d’Armée : à pied, 260e div. : à pied sur 140 km de la région de Belfort à la région de Waldshut sur le Rhin. 262e div. : débarquement autour de Saarbruck. Transport train dans la région Constance et Friedrichshafen. Troupes de Corps : à pied.

 

Mission : « Le XIIe Corps d’Armée – intervenant le jour x, heure y – anéantit l’ennemi dans la région Zurich-Sargans-Bodan-Waldshut. A cette fin perce les fortifications frontière de l’ennemi et empêche, en collaboration avec les parachutistes intervenus sur le canal de la Linth, et près de Sargans, que l’ennemi ne se dérobe vers le sud par Schwyz-Sargans.

Entre Bâle et Constance (localités exclues), il convient de feindre une attaque de grande envergure sur le Rhin. »

Conduite de l’attaque : Une attaque via Rheineck (le chemin le plus court pour se porter sur le flanc ennemi) risque de ne pas être couronnée de succès en raison des puissantes fortifications ennemies. Pour la div. intervenant par Constance on envisage, pour percer les fortifications se trouvant sur ce point, l’utilisation du bac à voitures Friedrichshafen-Romanshorn pour le débarquement surprise d’éléments en utilisant également des canots d’assaut.

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 17:10

 

[2]

5) Déploiement suisse et valeur combative


D’après les maigres informations dont nous disposons jusqu’à présent 5 divisions ½ ont été déployées face à la frontière germano-suisse au nord et seulement 2 divisions ½ à l’ouest. En comparaison avec le mois précédent, on ne discerne aucun renforcement sur la frontière occidentale mais les divisions sont plus éloignées de la frontière qu’auparavant. Le reste se trouve au sud et au sud-est.

Valeur combative : une armée rationnellement organisée, pouvant être rapidement utilisée. Le niveau d’instruction a dû augmenter en raison de la longue durée de la mobilisation. Chefs formés seulement théoriquement. Commandement méthodique. Lacunes dans l’armement (artillerie, chars et défense antichars, aviation, DCA). Individuellement, le soldat est un combattant tenace et bon tireur. Les troupes de montagne passent pour meilleures que leurs voisines du sud. La valeur combative des Suisses vivant à l’ouest (le type français) est médiocre alors que ceux vivant au sud de Constance (communistes) seront des adversaires acharnés. Conclusion : Armée seulement propre à la défensive, totalement inférieure à l’allemande.

 

6) Possibilités opérationnelles suisses


Il ne peut être question pour l’ennemi qui doit protéger une longue frontière d’agir offensivement. Il cherchera à défendre ses positions aménagées, proches de la frontière.

La faiblesse de son actuel dispositif apparaît à la frontière française. Un éventuel regroupement dans cette zone ne peut s’effectuer qu’au détriment de la couverture de la frontière allemande.

Après la perte de ses positions proches de la frontière, l’ennemi tentera de s’établir à nouveau sur la ligne lac Léman-lac de Neuchâtel-la de Bienne-Olten-Zurich-Sargans. De plus, la possibilité de se défendre en haute montagne subsiste.

 

7) Le pays voisin Liechtenstein


Le Liechtenstein est un pays indépendant, qui collabore politiquement et financièrement étroitement avec la Suisse (Union douanière). Le prince résiderait principalement à Vienne. Il n’existe pas d’armée.

Notre propre intervention :


8) Réflexions de principe à propos de l’utilisation des forces


a) il s’agit de

 

I) détruire le plus rapidement l’armée ennemie,

II) d’occuper rapidement et sans destructions la capitale et la région industrielle autour de Berne et Zurich,

III) De contrôler, sans destructions, les principales voies ferrées, tunnels et routes (voir également sous chiffre 1 a-c).

 

b) Déploiement en général :

Il doit s’effectuer aussi rapidement que possible afin que l’attaque surprenne effectivement la Suisse. Pour cette raison approche des unités motorisées en dernière minutes, les div. inf. ne se trouvant pas encore à la frontière, les div. prévues pour l’attaque au nord doivent être camouflées en div. effectuant une période d’instruction.

c) L’attaque principale doit être conduite depuis la France. C’est là que se trouvent les fortifications frontière les moins solides, faiblesse en cet endroit du dispositif ennemi, c’est par cette voie que les grandes villes les plus proches et les zones industrielles peuvent être atteintes, d’autant plus que les positions arrière des deux côtés du lac de Neuchâtel ne sont apparemment pas encore établies.

d) Des moyens réduits doivent être utilisés pour feindre un franchissement du Rhin. Il est difficile et exige de nombreuses unités de pontonniers. Un large front doit être constitué avec une div. pour tromper l’ennemi, des éléments de cette division doivent être déployés sur les points faibles ennemis près de Waldshut et Eglisau et vers Zurich.

e) Il faut renoncer à une attaque à partir de l’est en raison du terrain montagneux difficile, des puissantes fortifications ennemies et des conditions défavorables au déploiement.

f) Pour des raisons de terrain la pointe autour de Coire-Davos doit être laissée aux Italiens.

g) Possibilités d’attaque pour les Italiens voir sous feuille 4, partie II « L’attaque italienne ».

Le plus favorable pour nous serait que les Italiens utilisent exclusivement leurs forces dans la vallée du Rhône, de telle manière qu’une frontière nette soit tracée entre la sphère d’influence allemande et italienne sur la crête des Alpes bernoises et glaronnaises. Il faut s’efforcer de parvenir à cette solution en espérant que les Italiens procéderont rapidement et énergiquement dans la vallée du Rhône.

(Le plus défavorable pour nous serait que l’aile occidentale des Italiens n’interviennent que jusqu’au col du Simplon. Il faudrait alors que des forces allemandes pénètrent dans la très importante vallée du Rhône. Les Italiens n’auraient pas de liaison transversale entre leurs groupes d’attaque à l’intérieur de la Suisse qui ne pourraient pas non plus produire tout leur effet. Cette solution n’est donc qu’un expédient.)

 

h) Menace aérienne :

Nous possédons une très forte supériorité aérienne si bien qu’en dépit de routes étroites et profondément encaissées, l’utilisation de div. mot. Et de div. blindées s’avère parfaitement possible, avec une dotation en DCA convenable.

 

9) Forces à disposition


En comptant avec l’utilisation de quelques div. mot., blindées et de mont. prévues pour « Otarie ».

a) Le commandement général est confié au Commandement en chef de la 12e Armée qui demeure pour les préparatifs subordonné au Groupe d’Armées C.

Avec le début de l’attaque, le Commandement en chef de la 12e Armée est placé sous le commandement direct de l’OKH, afin de raccourcir la voie hiérarchique.

b) Les divisions mot. Et blindées sont utilisées pour obtenir le contrôle rapide de Berne, Lucerne et Zurich et pour atteindre les voies de retraite ennemies vers le sud. Elles doivent être prises à la 2e Armée. Marche d’approche à vol d’oiseau de 200 à 350 km.

c) SS « A.H » (Division SS « Adolf Hitler ») et R.I. (Régiment d’infanterie) « Grossdeutschland“ peuvent être utilisés pour renforcer rapidement des div. inf.

d) Il manque des div. mont. (1re et 6e div. mont. se trouvent sur la Manche). Au moins une div. mont. est nécessaire pour le franchissement de la chaîne du Jura ainsi que pour d’éventuelles interventions ultérieures en Suisse centrale et méridionale. Un remplacement par une div. inf. avec équipement de montagne est impossible car « Otarie » requiert déjà complètement un tel équipement. Il faut par conséquent demander l’envoi de la 1re div. mont.

e) Les divisions d’infanterie doivent être utilisées pour la rupture de la ligne des fortifications et pour les objectifs proches. Nous disposons de :

pour l’attaque depuis l’ouest et le nord-ouest : 5e, 73e, et derrière, en réserve, 23e div. (provenant de la 12e Armée dans son actuelle zone de stationnement favorable à l’entreprise), pour l’attaque depuis le nord : la 260e div. (provenant de la 12e Armée près de Belfort, à pied), la 262e div. (provenant de la 1re Armée au sud-ouest de Saarbruck, transport par trains).

(Il faut privilégier leur utilisation par rapport aux div. en congé demandant 10 jours pour être rappelées et devant être à nouveau instruites – 88e dans la région de Rothenbourg, 95e dans celle de Francfort/M. – Il est également difficile de dissimuler leur rappel).

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 16:53

[1]

La troisième mouture de Menges est très complète et fouillée qui représente un grand nombre de pages, ce qui m’oblige à couper le document en plusieurs morceaux numérotés.  


Troisième version actualisée du projet d’attaque de la Section des opérations de l’Etat-Major de l’Armée :

OKH, sect. op., nouvelle version à la suite de nouvelles informations concernant la Suisse. 1re partie : L’attaque allemande contre la Suisse ; 2e partie : L’attaque italienne, 12.8.1940 signé v. Menges, Capitaine à l’E.M.

Sect. op

Commandement, secret. Seulement à l’échelon supérieur ! Par officier uniquement !

 

Partie I

Nouvelle version en raison de nouvelle informations sur la Suisse


L’ATTAQUE ALLEMANDE CONTRE LA SUISSE

 

Mandat assigné :


Il s’agit d’examiner la possibilité d’une occupation surprise de la Suisse par des troupes allemandes depuis la France et l’Allemagne en postulant que des troupes italiennes venant du sud attaquent la Suisse simultanément.

I)                    Exécution de la mission :

Grâce à une rapide attaque surprise à partir de plusieurs directions il s’agit d’obtenir :

a)      La destruction de l’armée ennemie pour empêcher l’unité du commandement, l’établissement de nouvelles lignes de résistance sur un front unique et une retraite en bon ordre dans les régions montagneuses impraticables (ce qui retarderait le succès militaire).

b)      Pour des raisons politiques et psychologiques l’occupation rapide, et sans destructions, de la capitale et de la région autour de Soleure et Zurich (Orlikon) avec son industrie d’armement.

c)       Le contrôle, en évitant les destructions, des plus importants nœuds ferroviaires et routiers ainsi que des nombreux ponts et tunnels pour utiliser le pays dans les plus brefs délais pour tous les transports vers le sud de la France.

 

2) La Suisse en tant que pays


La Suisse est une région très montagneuse. La Suisse centrale et méridionale est une zone de haute montagne avec des glaciers dans les Alpes valaisannes, bernoises et glaronnaises. Les vallées du Rhône et du Rhin sont étroites et encaissées et peuvent, par conséquent, être facilement obstruées par la destruction à l’explosif de rochers.

La partie septentrionale de la Suisse est plus plate. Elle est limitée par le Bodan, le Rhin (dans le secteur Bâle-Bodan large de 100 à 200 m) et la chaîne du Jura, difficile à franchir depuis le nord. L’industrie du pays se trouve au nord-ouest de Zurich ainsi que dans la région de Fribourg-Berne-Soleure.

 

3) L’armée suisse


a) Les effectifs totaux de l’armée suisse se montent à 220 000 hommes, selon la statistique de début août 1940. Il existe actuellement : 6 divisions d’infanterie, trois divisions de montagne, 3 brigades de montagne, 1 brigade frontière et des bataillons frontières. Il n’existe pas de troupe blindée. L’aviation est faible et seulement pour une petite partie moderne, la DCA est en voie d’organisation.

b) Ont été démobilisés : les trois brigades légères (troupes rattachées au Corps d’Armée) et les unités de cyclistes, l’ensemble des troupes territoriales, les brigades frontières à l’exception d’une seule sur la frontière méridionale et tous les services de l’arrière. Pour des raisons de politique interne et à cause de la question du chômage, il est difficile de poursuivre la démobilisation.

c) La mobilisation peut être précédée de mesures préventives (Utilisation des troupes frontière). La mobilisation elle-même n’exige que peu de temps.

Troupes prêtes à faire mouvement : parties de la couverture frontière en 5 heures, Etats-Majors de Corps, troupes de corps et divisions le 2e jour de mobilisation. Etats-Majors d’Armée, brigades légères et brigades frontières le 1er jour de la mob.

Force totale de l’armée mobilisée 278 000 hommes avec 6 divisions d’infanterie, 3 divisions de montagne et 9 brigades frontières (env. 100 bataillons frontière) et comme troupes de Corps d’Armée 3 brigades légères ainsi que 75 bataillons de « troupes territoriales » (Sorte de défense locale).

d) Actuellement se trouvent dans les camps d’internement suisses (gardés par la 3e et des unités de la 7e division) les éléments suivants réfugiés durant la campagne à l’Ouest avec un effectif total de 5 000 hommes :

- la 67e div. française, 3e levée, esprit combatif peu élevé

- la 2e div. polonaise (12 000 homes)                                                      peu souffert, bonnes troupes

- éléments des brigades de fortifications                                            peu souffert, bonnes troupes

   D’Altkirch et Montbéliard

-1 brigade de spahis, 900 hommes                                                         peu souffert, bonnes troupes

- réserves d’Armée, art., et chars.                                                          peu souffert, bonnes troupes

 

La Suisse aimerait expulser rapidement les Polonais et les spahis pour pouvoir – sans tenir compte d’autres raisons – disposer à nouveau de 1 division ½ de surveillance. En cas de guerre on doit compter avec le ralliement aux Suisses des Polonais, des spahis et, peut-être, d’une part moindre des Français. Effectif global d’environ une division. Les Suisses apprécient l’armement et les chars saisis des troupes internées.

Si les éléments internés ne combattent pas et se trouverons encore dans le pays, leur surveillance implique un affaiblissement de la troupe combattante suisse.

 

4) Fortifications de la Suisse


a) Frontière avec l’Allemagne :

Effort principal de l’aménagement dans le secteur Bâle-Constance-Rheineck-Sargans. Ouvrages légers, seulement sur quelques points ouvrages moyens. Aménagement solide des piliers d’angle Rheineck et Sargans, entre eux pentes montagneuses escarpées. Rive méridionale du Bodan faiblement protégée.

13 ponts sur le Rhin dans le secteur Constance-Bâle.

Points plus faibles au sud-ouest de Bâle, à l’est de Waldshut et d’Eglisau.

Positions dans le secteur arrière : pour le moment apparemment seulement des barrages dans le resserrement de la vallée. Aménagement prévu sur la ligne Olten-Aarau-Zurich-Sargans.

b) Frontière avec la France : Aménagement seulement à partir du début de 1940, d’abord barrages sur quelques points et bunkers de campagne avec embrasure de tir.

Faiblesses de la position : autour et à l’ouest de Nyon, à l’est de Pontarlier, au nord de La Chaux-de-Fonds ; routes de cols au nord et au sud de Saint-Maurice non fortifiées, mais dans un terrain difficile.

c) Etat de l’aménagement : depuis juillet les travaux aux fortifications ont été arrêtés à l’exception de celles dépassant déjà le niveau du sol. Les travaux aux fortifications et barrages sur la frontière du nord-ouest sont poursuivis sans limitation.

d) Précisions : les bunkers 6-8 m au-dessus du sol constituent une bonne cible ; pas d’informations en ce qui concerne les barrages antichars. Il faut compter partout avec des barrages sur les routes (blocs en béton préparés, peuvent être détruits à l’explosif ou franchis à l’aide de passerelles préparées à l’avance). Postes de douane dépourvus de valeur défensive.

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 18:13

 

Rejet du Gripen à 53,4% des voix

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 16:15

 

 

La moindre chose contient un peu d’inconnu.

Trouvons-le

 

Guy de Maupassant, écrivain.

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Published by G.Tell - dans gtell
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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 15:48

 

A Savoir

 

Équivalent français des grades allemands des officiers supérieurs :

 

Reichsmarschall : Maréchal du Reich, créé spécialement pour Goering, porté uniquement par lui.

 

Generalfeldmarschall : Maréchal.

 

Generaloberst : Général de Groupe d’Armée.

 

General : Général d’Armée.

 

Generalleutnant : Général de Corps d’Armée.

 

Generalmajor : Général de division ou de brigade.

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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 16:58

 

Suite des notices (extraits) du Generaloberst Halder, Journal des Opération, 25-28 juin 1940

 

25.6.1940

01 h 35 les armes se taisent. Le travail des ministres commence.

 

Dans la matinée controverse avec le cdmt en chef de l’A. : la direction politique voulait que la liaison ferroviaire entre la Suisse et la France soit interrompue. Pour cette raison il a été demandé à List de détruire efficacement la ligne La Roche-Annecy. En raison du cours pris par les opérations militaires cette mission n’a pu être exécutée. Cdmt en chef de l’A. demande maintenant, après l’entrée en vigueur de l’armistice, que la destruction soit effectuée par une patrouille de l’armée. Je contredis. Si l’armistice est entré en vigueur cela signifie qu’une telle mission militaire est impossible. Elle ne peut tout au plus être exécutée que par Canaris (c’est-à-dire par l’organisation K). [K Organisation : organisation de guerre de l’Abwehr à l’étranger, dans ce cas à Vichy ; l’Organisation K-Suisse dépendit d’abord en 1940 du commandant Waag puis du lieutenant-colonel Erich Knabbe, qui faisait partie de la légation d’Allemagne à Berne.] Après en avoir discuté avec le Generaloberst Keitel, je charge Canaris de la mission…

 

27.6.1940

… 12 h 30 – 21 h 00 Par avion à Lyon puis en voiture au XVIe Corps d’Armée et 3e div. blindée dans le secteur au nord-ouest de Grenoble (Voreppe). …

 

28.6.1940

… 09 h 45 Départ via Paris pour Versailles : conférence avec Ia et QMG du Groupe d’Armée et des Armées. [Ia (1a ou ia ?)=Premier officier d’Etat-Major de la section Conduite des Opération ; QMG = Quartier-Maître général.] Je commence par présenter la situation générale :

I.                    Remerciement à l’ensemble de l’Etat-Major et à mes collaborateurs.

II.                  Nouvelles tâches en raison d’une situation nouvelle.

III.                Redéploiement à l’Ouest. A l’est dislocation et réorganisation. Les chefs Opération, Organisation et Quartier-Maître général disent quelques mots à ce propos. Puis discussions séparées du chef de la Sect. Opération avec les Ia, du chef des Qu. Gen. Avec les Qua. Maît. Gén.

 

 

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L’opération pourait être envisagée sous certaines conditions. Pas d’urgence actuellement : communication du colonel d’E.M. von Greiffenberg, chef de la Section Opération de l’E.M. de l’Armée à l’occasion d’une conférence à Versailles le 28.6.1940

 

Commandement, secret

 

CHEF SECT. OP. DÉCLARE :

 

Dans l’affaire en question, le Führer jusqu’à présent a seulement déclaré qu’une occupation serait envisageable sous certaines conditions. Le cas n’est pas urgent actuellement. Pour le moment, aucun déploiement et aucun préparatif ne sont nécessaires. Y réfléchir. Si le cas se présente, des forces venant du nord et du nord-est seront également utilisées. G.A. C et 12e Armée peuvent à l’occasion présenter leurs suggestions sur carte, mais sans engagement.

Proposition : A l’occasion consultation. Cdmt chef Groupe d’Armée C avec Cdmt chef 12e Armée. 12e Armée semble avoir tendance à en mettre un bon coup.

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 17:26

 

250px-Bundesarchiv_Bild_183-E00780-_Walther_von_Brauchitsch.jpg

 

 

Walther von Brauchitsch Haut Commandement des Forces Armées (Oberkommando der Wehrmacht)

 

 

« Préparation pour mission spéciale, selon ordre ultérieur » :

Ordre préalable du 24.6.1940

 

Haut Commandement de l’Armée

E.M. de l’A. Sect. Op. (Ia)

N° 370/ 40 g Cdmt.

Pour le commandement, secret

Seulement à l’échelon supérieur.

Par officier uniquement !

 

A Messieurs les commandants en chef des Groupes d’Armées A, B et C.

Pour l’information provisoire de Messieurs les commandants en chef les éléments suivants, actuellement en voie d’élaboration par l’OKW, leur sont communiqués :

Après l’entrée en vigueur de l’armistice avec la France, les forces armées allemandes vont être redéployées pour poursuivre la guerre contre l’Angleterre. A cette fin des parties seulement de l’armée seront utilisées, ce qui rend possible simultanément son redéploiement. En gros on envisage ce qui suit :

 

1)      Au niveau de la conduite des troupes :

 

a)      A l’ouest :

Les Groupes d’Armées A et B seront utilisés sur la côte de la Manche et, respectivement, de l’Atlantique.

Mission : Surveillance de la côte,

Préparation pour la continuation de la guerre avec l’Angleterre,

Réorganisation et instruction des unités à disposition.

Le Groupe d’Armée C sera utilisé dans les autres parties de la France, qui doivent être occupées.

Mission : Réorganisation et instruction des unités à disposition, préparation pour une mission spéciale, selon ordre ultérieur.

Le croquis ci-joint, qui ne possède qu’une valeur indicative, fournit des détails pour le redéploiement prévu.

b)      A l’est :

A l’est de l’Allemagne (Prusse-Orientale, secteurs des VIIIe, XXe et XXIe Corps d’Armée, gouvernement général) seront répartis 4-5 cdmt gén. (avec cdmt sup.) et environ 15 divisions sous le cdmt sup. d’Armée 18.

Mission : Défense du territoire,

Restructuration et instruction des unités à disposition.

c)       Au nord :

5 div. inf. et 2 div. mont. demeurent en Norvège. Commandement et missions comme plus haut.

 

2)      Domaine du Quartier-Maître général :

 

a)      Administration militaire :

L’administration militaire France sera séparée du Commandement et dépendra directement de l’OKW avec un gouverneur militaire. Je me réserve l’exécutif. L’intégration du Commandement militaire Paris dans le service gouvernement militaire est prévu.

b)      Ravitaillement :

Rien n’est modifié en ce qui concerne le ravitaillement des troupes par le Commandement. Nouvelle réglementation par dispositions particulières sera communiquée à temps.

c)       En ce qui concerne le rassemblement du matériel saisi, le retour des réfugiés et l’utilisation des prisonniers de guerre nous renvoyons aux ordres déjà donnés. Des dispositions définitives sont en voie d’élaboration.

 

3)      Domaine de l’organisation :

 

a)      A la suite de la restructuration une série de modification en ce qui concerne l’organisation sont en voie de réalisation ayant pour objectif la prochaine réduction de l’armée d’environ ¼ et la mise en œuvre de mesures préparatoires pour la future organisation en temps de paix. En outre, les classes plus anciennes seront détachées de l’armée en tant que telle et démobilisées.

Ces modifications organisationnelles seront en partie réalisées dans les territoires occupés, en partie en Allemagne et à l’Est.

b)      Des congés pourront être accordés dès que la situation ferroviaire le permettra. Toutefois on ne peut pour le moment procéder sur une grande échelle.

 

4)      Une conférence aura encore lieu cette semaine, afin de fournir une vue d’ensemble sur la totalité de l’entreprise, avec des représentants des sections du Commandement et du Quartier-Maître des Groupes d’Armées et Armées au Quartier du Groupe d’Armées B. Le Groupe d’Armée B est prié de mettre à disposition les locaux nécessaires.

 

Signé : von Brauchitsch

Pour copie conforme :

v. Greiffenberg

Colonel à l’E.M.

 

 

 

Hans von Greiffenberg, chef de la Section des opérations à l’Etat-Major général de l’Armée (BA-MA)hans von greiffenberg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 17:11

 

OKH, EMG de l’A. Sect. Op. Ire notice concernant attaque de la Suisse, 25.6.1940, signé von Menges.

 

Sect. Op. (I) 25.6.1940

 

Commandement, secret. Seulement à l’échelon supérieur ! Par officiers uniquement !


1)      Nature du mandat


Il s’agit d’examiner rapidement les possibilités d’une occupation surprise de la Suisse par des troupes allemandes intervenant depuis la France et l’Allemagne en postulant que des troupes italiennes venues du sud attaquent la Suisse simultanément.

 

2)      Exécution :


Grâce à une rapide attaque surprise à partir de plusieurs directions, il s’agit d’obtenir :

1)      La destruction de l’armée ennemie pour empêcher l’unité de commandement, l’établissement de nouvelles lignes de résistances sur un front unique et une retraite en bon ordre dans les régions montagneuses impraticables (ce qui retarderait le succès militaire).

2)      Pour des raisons politiques et psychologiques l’occupation rapide, et sans destructions, de la capitale et de la région autour de Soleure où se trouve l’industrie d’armement.

3)      Le contrôle, sans destructions, des nœuds ferroviaires et routiers ainsi que des nombreux ponts pour pouvoir utiliser dans les plus brefs délais le pays pour tous les transports vers le sud de la France.

La Suisse possède, abstraction faite de 9 brigades frontières (environ 100 bat.), 6 div. Inf., 3 div. Mont., 3 brig. Mont. et, comme troupes de Corps d’Armée, 3 brig. Légères. A cela s’ajoutent 75 bat. De « troupes territoriales ». Il n’existe pas de troupe blindée. L’aviation est faible, une petite partie seulement moderne et la DCA se trouve dans le stade initial de son organisation.

   Selon les informations dont nous disposons, 6-7 div. ont pris position sur la frontière du nord et du nord-est. I ½ div. seulement se trouve sur la frontière française (si d’autres forces n’y sont pas transférées en ce moment), le reste au sud et au sud-est.

   L’ennemi, qui doit couvrir ses frontières étendues, ne peut songer à une attaque. Il défendra ses positions préparées proches de la frontière. Le point faible de son dispositif actuel se trouve à la frontière française. Un regroupement éventuel  dans cette région ne peut s’effectuer qu’au détriment de la protection de la frontière allemande.

   Après la perte de ses positions proches de la frontière, l’ennemi tentera de s’établir sur une ligne Léman-lac de Neuchâtel-lac de Bienne-Olten-Zurich-Sargans.

 

3)      Les fortifications de la Suisse.


a)      Effort principal de l’aménagement dans le secteur Bâle-Constance-Sargans. Ouvrages légers, seulement sur quelques points ouvrages moyens. Aménagement solide des piliers d’angle Rheineck et Sargans, entre eux pentes montagneuses escarpées. Rive méridionale du Bodan faiblement protégée.

13 ponts sur le Rhin dans le secteur Constance-Bâle. Points plus faibles au sud-ouest de Bâle, à l’est Waldshut et près d’Eglisau.

Positions dans le secteur arrière : pour le moment en apparence seulement des barrages dans le resserrement des vallées. Aménagement prévu sur la ligne Olten-Aarau-Zurich-Sargans.

b)      Frontière avec la France : Aménagement seulement à partir du début 1940, d’abord barrages sur quelques points et bunkers de campagne avec embrasures de tir.

Faiblesses de la position : autour et à l’ouest de Nyon, à l’est de Pontarlier, au nord de la Chaux-de-Fonds ; routes de col au nord et au sud de Saint-Maurice non-fortifiées.

Positions dans le secteur arrière entre les lacs, pas encore aménagées.

c)       Précisions : les bunkers 6-8 m au-dessus du sol, constituent donc une bonne cible ; pas d’informations en ce qui concerne les fossés antichars. Il faut compter partout avec des barrages routiers (blocs de bétons préparés, peuvent être détruits à l’explosif ou franchis à l’aide de passerelles préparées à l’avance). Postes de douane dépourvus de valeur défensive.

 

4)      Nos propres dispositions : voir carte


a) utilisation des forces

 

Il convient d’utiliser des divisions mot. et blindées afin d’atteindre rapidement Berne, Lucerne et Zurich et pour les diriger sur les lignes de retraite ennemies vers le sud, les rares div. mont. seulement si absolument nécessaire, div. inf. pour la percée de lignes défensives et pour atteinte d’objectifs proches.

Utilisation d’une div. mot., au lieu d’une div. mont. dans les Alpes de Savoie (= la colonne la plus méridionale dans la vallée du Rhône) doit être envisagée malgré les mauvaises conditions routières dans la deuxième partie.

Il faut renoncer à une attaque depuis l’est en raison du terrain montagneux difficile et des puissantes fortifications ennemies.

Pour la div. inf. utilisée depuis Constance, on envisage pour forcer le dispositif fortifié du sud l’utilisation du bac à voitures Friedrichshafen-Romanshorn pour débarquement surprise d’éléments, avec utilisation simultanée de canots d’assaut.

Si les dispositions défensives de l’ennemi le permettent encore des débarquements aéroportés doivent être exécutés autour de Berne et pour ouvrir les passages alpestres vers le sud ainsi que parachutages autour d’Olten et Soleure, plus tard peut-être aussi pour verrouiller les voies de retraite en Suisse du sud-est.

La conquête de la pointe autour de Coire-Davos doit, pour des raisons de terrain, être laissée aux Italiens.

 

b) forces nécessaires


1 Commandement d’Armée, 4 Corps d’Armée (ce nombre élevé en raison du terrain), 3 div. inf. 3 div. mot. 1 div. blindée., 2 div. mont. = 9 div.

 

d)      c) Déploiement :


En Allemagne du sud, sous prétexte d’instruction ; en France en partie disloquées, la motorisation permettant une rapide concentration.

 

e)      d) Durée de l’opération : contrôle de Zurich, Lucerne et Berne doit être possible au plus tard dans le courant du second jour.

 

5)      5) Conduite tactique


Tenir compte des expériences norvégiennes : attribution de chars, canons et éléments d’unités mot. À la tête ; utilisation de l’équipement de montagne de la 7e Armée ; renforcement des groupes de marche par des comp. Mitr. (mot.) ; utilisation renforcée de canons d’infanterie et de lance-mines ; formation de puissantes avant-gardes en utilisant les véhicules des unités de chasseurs de chars, qui ne sont pas nécessaires ici pour la lutte contre les chars.

 

6)        6) Détails


a)      a) Maintien du secret et feinte :

Fermeture discrète et renforcée de la frontière suisse. Informations correspondantes à la presse. Communications radio destinées à tromper l’ennemi et silence radio pour certains secteurs.

b)     b)  Utilisation d’agents secrets pour reconnaître dans le détail les fortifications. Qu’est-ce qui a été édifié dans les secteurs de l’arrière ? Des regroupements ont-ils lieu à la frontière française ?

c)      c)  Amélioration des cartes particulièrement mauvaises. Etablissement de cartes au 1 :100 000. Acquisition de cartes routières, si possible dans le commerce en Suisse. Elaboration d’une description géo-militaire du pays.

d)      d) Prendre l’avis du chef des transports à propos de ses besoins pour le déploiement et en ce qui concerne les axes de communication particulièrement importants qui doivent donc être rapidement occupés.

e)     e)  Le déploiement des forces à l’ouest et au sud du Léman exige rapidement la déploiement de la ligne de démarcation, afin de ne pas attirer juste auparavant l’attention de la Suisse sur nos intentions.

f)       f) Etant donné la situation politique actuelle en Suisse, il est possible que celle-ci accepte pacifiquement un ultimatum, si bien qu’après une entrée en force, il faut s’attendre à passer rapidement à l’invasion pacifique.

von Menges

Capitaine à l’E.M.

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

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