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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 18:00

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Il est étrange que la Suisse, pays considéré comme étant le château d’eau de l’Europe, soit ces jours à essayer des techniques de production que l’on connait depuis longtemps. Là, on parle de prototype, « nouvelle turbine à eau pour l’hydro-électricité ».

Je croyais depuis l’enfance que tout avait été inventé ou testé dans ce domaine. Et bien non à en croire l’actualité de ces jours à proximité de l’usine électrique souterraine de Lavey, on teste.

Production d’électricité

Le plus simple et le plus facile, est de vous mettre le lien de l’article qui en parle, celui du Nouvelliste du Valais.

Si cela est un progrès, il faut pousser au plus vite les essais, car les cours d’eaux attendent de produire de l’électricité « SWISS MADE » à bon marché.

GTell Internet

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 17:38

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Hier, aujourd’hui et certainement demain, le temps est propice aux promenades.

Aujourd’hui j’ai branché la batterie du scooter et mis en marche de celui-ci. Ça marche, mais au début juste au premier essai, ça été difficile, le ralenti ne tenait pas. Mettre des gazes dans ces conditions, le moteur s’éteint. Donc redémarrage, laisser le ralenti un bon moment pour que chauffe le moteur et puis enfin le plaisir de rouler, juste de quoi faire le tour du pâté de maisons et m’assurer qu’il roule bien.

Temps de printemps

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Demain, promenade en scooter pour le décrasser.

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Peut-être qu’en mars il faudra remettre la batterie au chaud si l’hiver revient.

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 17:52

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C’est dans l’actualité ces jours, un loup certainement égaré déambulait dans la ville de Bulle.

Après des siècles de chasse aux loups, jusqu’à sa disparition totale, les revoilà introduits, protégés, suivi par GPS, parfois endormi et transporté ailleurs, loin des hommes. Parfois aussi tué pour protéger quelques agneaux ou moutons bien gras aux yeux du loup.

Mais voici que l’autre jour, de nuit et dans les rues de la ville endormie sous un manteau de neige, un loup passait devant un quidam aux bons réflexes pour filmer la scène. Est-ce bien un loup ? L’expert confirme l’information, oui c’est bien un loup. Que faisait-il là ? À mon avis qui n’engage que moi, la neige tombée récemment a fait comme un tapi  sans discontinuité entre les recoins les plus sauvages de la Gruyère et la ville de Bulle. Même les routes étaient blanches de neige. Le loup en ayant sous ses pattes la continuité neigeuse a sans doute pensé qu’il était toujours en zone sauvage, là où d’autres loups pouvaient être. Il n’avait pas tort, les loups vivent bien dans les villes, mais c’est une autre histoire.

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31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 17:57

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Les 23 victoires en grand chelem Serena Williams sont éclipsées pas les 18 de Roger Federer, comme c’est bizarre.   

Normale me direz-vous, chez les hommes c’est plus difficile, etc. Vous avez certainement raison, mais n’empêche que la gloire recouvre Serena Williams et qu’elle est aujourd’hui au sommet, seule, avec un palmarès unique et ce n’est pas fini pour cette grande dame du tennis.

Serena Williams
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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 19:23

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Que dire de cette finale de l’Open d’Australie 2017 ?

Match fabuleux, combat mémorable, l’histoire de deux grands hommes, Roger Federer et Rafael Nadal. Roger ne peut être grand sans adversaires grandioses. La liste de ses victoires égrène une liste de grands joueurs et ce n’est pas négligeable, car devenir le meilleur est peut-être facile si les adversaires sont faibles, mais en gagnant contre les meilleurs du moment, où l’on attend peut-être la victoire de l’autre, cela a une plus grande valeur. Ces moments font l’histoire d’un homme et au final c’est l’histoire avec un grand « H » qui s’écrit.

Bravo !

Le match n’est pas historique en lui-même, sauf peut-être le fait qu’il soit le retour sur les courts de tennis de Roger, après six mois d’arrêt.

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A qui était promise la victoire en ce début d’année ? Trois hommes se démarquaient de tous, il s’agissait : Andy Murray, Novak Djokovic, Rafael Nadal. Trois autres étaient possibles, jouant les troubles fêtes : Stan Wawrinka, Milos Raonic et Kei Nishikori.

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Le tournoi débute avec un Roger Federer qui s’interroge sur lui-même, cette reprise peut-elle l’amener loin ?

Son premier match est gagné contre l’Autrichien Jürgen Melzer en quatre sets. Au second tour, il affronte un autre qualifié, Noah Rubin, jeune Américain, qu’il bat en 3 sets. Le troisième tour peut être le match qui mettra fin au retour de Roger, puisqu’en face est le numéro 10 mondial Tomas Berdych qui par le passé l’a souvent dominé. Le match est un festival de réussite pour Roger qui l’emporte en trois sets en une heure et demi. La tête de série n° 5, le Japonais Kei Nishikori promettait la victoire de celui-ci avec cependant un doute avec le résultat du précédent match que Roger a gagné si facilement. Les cinq manches furent nécessaire et plus de trois heures  d’un combat acharné pour que Roger s’impose. Les quarts de finale arrivent avec le surprenant Allemand Mischa Zverev qui a sorti le numéro 1 mondial Andy Murray. Mais Federer n’est pas impressionné et la victoire lui revient en trois sets et en une heure 32.

La demi-finale arrive ! La Suisse est en ébullition. Cette excitation, parce qu’il y aura obligatoirement un Suisse en finale de l’Open d’Australie, en effet, Roger rencontre Stan en demi-finale. Lequel des deux sera le finaliste, la question fait les titres des journaux et les conversations des bistrots. Le combat peut commencer avec des avis divisés dans les chances de Roger.

Cinq sets sont nécessaires à Federer pour battre Stan le numéro 4 mondial, un combat insoutenable, intense, qui propulse Federer pour sa 6e finale à Melbourne. La question est posée, est-ce le meilleur pour battre Rafael Nadal qui a si souvent battu Roger ? Ne valait-il pas mieux un Stan plus solide ?

Les interrogations continuent à s’aligner dans les journaux.

La finale de rêve, les deux « frères ennemis », les « meilleurs ennemis », les propos sont tous pour nous dire que la finale sera très belle et grandiose, avec la promesse que les deux amis vont tout donner pour que la fête soit belle. Elle l’a été !

Cinq manches (6-4, 3-6, 6-1, 3-6, 6-3) et 3 h 37. Le public majoritairement favorable à Federer tressaille à chaque fois que Roger perd un point et éclate bruyamment à chaque point gagné. Federer plus offensif gagne de peu le match.

À 35 ans il gagne son 18e tournoi du Grand Chelem, à l’âge où les autres tennismans sont à la retraite au même âge. La performance est remarquable et louée par tous les anciens champions devenus consultants du tennis pour des télévisions. Tous glorifient le champion, tous n’ont plus de mots pour dire qui est Roger Federer. Mais n’oublions pas le grand champion qu’est lui aussi Rafael Nadal.

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Roger Federer surclasse tous les sportifs suisses, de toutes les disciplines, en termes de victoires et de renommée.

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La Suisse peut quand elle le veut lui dresser une statue, l’élever haut dans sa reconnaissance et gratitude, d’avoir porté haut les couleurs du pays et de ne pas s’être établi à Monaco. Mais voilà, la Suisse n’est pas de ce genre-là, elle attendra peut-être la disparition de Roger Federer pour une statue, la Suisse n’aime pas les têtes qui dépassent.

 

Le rayonnement mondial est total, Roger Federer est connu partout

GTell

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26 janvier 2017 4 26 /01 /janvier /2017 16:47

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Voilà, depuis quelques mois, j’ai remarqué que les people et autres sportifs, utilisent « voilà » à chaque réponse, en début de phrase, au milieu et à la fin, voilà.

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« Euh, voilà, en face de nous nous avions une équipe solide, voilà. Et je… voilà, ils ont gagné, voilà ! »

 

« Voilà, le film est une œuvre personnelle, voilà, on joue comme si, oui voilà, c’est juste, avec beaucoup de sentiments ! »

Voilà, voilà, acteurs, sportifs, animateurs et gens de la rue, tous utilisent ce « Voilà » qui n’a rien à y faire. Je préfère encore le « euh », court ou long, qui débute les phrases, qui lui a un plus long passé.

Le « euh » est plus sympa, il marque un temps de réflexion avant de donner une réponse intelligente ou pas. Mais ce « Voilà » n’est qu’une aberration, il n’a pas lieu d’être dans la conversation. D’où vient-il ? Pourquoi est-il ainsi employé à tout moment. Heureusement que les journalistes s’abstiennent de l’utiliser. Quoique le temps passant, il fort possible qu’un jour ou l’autre, un journaliste se croira obligé de parler comme le reste de son entourage.

D’autres que moi l’on remarqué : c’est ici !

GTell

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21 janvier 2017 6 21 /01 /janvier /2017 18:06

 

Les journaux s’affolent ces jours-ci en raison de la candidature de la Suisse (deux sites) pour l’organisation des Jeux Olympiques d’Hiver 2026.

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Soyons raisonnable et ne nous emballons pas comme l’avait été Sion pour sa candidature à l’organisation des Jeux de 2006.

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La question primordiale, la Suisse peut-elle obtenir les Jeux ?

Notre système économique libéral, fait que les entreprises privées se doivent de financer de telles manifestations, certes avec le soutien des villes, des cantons et de la Confédération pour une moindre participation. Si les montants sont trop élevés, ou simplement jugé comme tel, le peuple doit donner son accord, les risques étant élevés d’un refus, le financement n’est pas certain.

Puis en contrepartie du financement par les entreprises privées, celles-ci voudront un retour sur investissement non négligeable qui fera l’enrichissement des plus riches, comme toujours.

Les infrastructures et installations pour un tel raout sont-ils suffisants ?  A mes yeux, non !

Même en multipliant les sites sur plusieurs régions et canton, il faudra construire des hôtels, des patinoires et bien plus encore. En sommes-nous capable, probablement oui, mais une fois la manifestation finie, pourrons-nous rentabiliser tout cela ?

 Historiquement, la Suisse a organisé par deux fois les Jeux Olympiques d’hivers, les deux fois à Saint-Moritz. La première fois des Jeux Olympiques d’hiver ne seront pas organisés par le pays qui obtenait les Jeux d’été. En effet, Amsterdam organisait les Jeux d’été en 1928 et comme le pays n’a pas de montagne, il fallait trouver un autre pays pour les Jeux d’hiver. Le règlement de l’époque disait que le pays organisateur des Jeux d’été, organisait aussi ceux d’hiver, la même année.

JO 2026 en Suisse ???

La Suisse fut choisie avec comme ville hôte, Saint-Moritz. On retient que cette année-là, le thermomètre grimpa jusqu’à 25° en Engadine ce qui était un sacré problème pour les compétiteurs et les organisateurs.

La deuxième fois, Saint-Moritz se voyait ville organisatrice pour les premiers jeux d’après-guerre.

La Suisse, pays neutre, n’ayant que peu souffert du conflit avait toutes ses infrastructures debout pour un tel événement. C’était, pour le pays, presque une punition, comme l’avait été le séjour des GI’s aux sports d’hiver dans notre pays en 1945-1946, ceux-ci profitant de nos montagnes et d’une gratuité imposée.

JO 2026 en Suisse ???

L’organisation pouvait encore être dans les possibilités du pays d’accueillir les 28 nations participantes. L’Allemagne et le Japon étant exclus des Jeux.

Par la suite, les Jeux Olympiques d’hiver sont de plus en plus grands, de plus en plus coûteux, avec des scandales qui régulièrement arrivent aux oreilles des gens. Les budgets sont à chaque fois plus élevés, ce qui exclue une petite ville d’une petite région d’un petit pays à prétendre obtenir l’organisation de tels Jeux.

D’après moi il n’est pas envisageable que l’on octroie les Jeux Olympiques à la Suisse, cela couterait trop cher au Peuple. Si la rentabilité et l’équilibre des comptes n’ont pas lieu, le peuple comme toujours en fera les frais.

Mais la dynamique qu’engendre cette envie d’obtenir les Jeux d’hiver, est pourtant très enthousiasment pour beaucoup de personnes, que les Jeux font encore rêver.

À suivre dans nos journaux ce qu’il adviendra de cette envie.

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19 janvier 2017 4 19 /01 /janvier /2017 17:21

Ce suisse fantasque est peu connu du public. Cependant, sa découverte ou la mise en lumière de ses affirmations sont connues de « presque » tous.

Du noir éclairé

En premier lieu il est connu comme étant l’astrophysicien qui a découvert le plus de supernovæ. Tantôt génial, tantôt bouffon, il est aussi célèbre pour ses mots, comme le fameux Spherical bastards « Cons sphériques ». Soit il se considérait comme supérieurement génial, soit sa folie l’était.

Du noir éclairé

Mais son postulat sur la matière noire, en 1933, n’a pas convaincu grand monde, cependant quarante ans plus tard, on mettait en lumière l’importance de cette matière et son nom revint en avant pour ne plus jamais être oublié, que le découvreur de la matière noire était Fritz Zwicky.

Pour en savoir plus, ici.

 

Ou celui-ci en anglais.

Du noir éclairé
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12 décembre 2016 1 12 /12 /décembre /2016 17:35

À mes suiveurs, à ceux qui par hasard passent sur mon blog ces jours, je vous souhaite tous mes vœux habituels que l’on s’applique à émettre presque automatiquement, sans la sincérité qui serait de mise, si l’on avait un peu de religion. De nos jours, ce sont les commerçants qui bénéficient de toutes nos faiblesses que l’on a envers nos proches, qui recevront cadeaux et formules depuis longtemps apprises et ressorties sans réfléchir : Joyeux Noël et Bonne Année !

Vœux de fin d’année 2016

Et cette pause de fin d’année est la bienvenue. Oui, j’ai dit « pause », qui signifie bien un arrêt temporaire qui annonce en même temps une reprise, qui une fois passé les fêtes, sera certainement tout aussi intéressante que précédemment.

GTell

P.S. J’ai pris rendez-vous pour une opération de l’œil gauche en janvier, j’espère que ma vision nouvelle sera plus aigüe en 2017 et mes articles plus clairs.

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7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 18:04

La fête d’Unspunnen

[Cet été (2016), au mois d’août, à Estavayer c’est tenu la Fête fédérale de lutte et jeux alpestres. Sport national, la lutte tient le haut du spectacle et aussi le lancer de la pierre d’Unspunnen. Aujourd’hui ces jeux sont codifiés, encadrés, cela avec une certaines grandiloquence, les officiels, les gens en costumes « historiques », avec un fond de musique folklorique craché par les haut-parleurs. Mais avant cette organisation très bien huilée, la Fête des jeux alpestres avait commencé plus simplement et probablement avec plus d’humilité dans l’esprit de tous. Mais quand même, le patriotisme était « obligatoire », la première fête a eu lieu en 1805, puis la deuxième en 1808. Le texte ci-dessous est tiré d’une brochure éditée par la Fédération nationale des Costumes suisses pour célébrer leurs 20 ans d’existence.]

La fête d’Unspunnen

(1946) Les vingt ans de la Fédération nationale des Costumes suisses méritent d’être célébrés d’une manière mémorable. À la cérémonie, sans réserve ni exception, tous les fédérés sont conviés. Ce n’est pas au hasard qu’Unspunnen leur est assigné pour rendez-vous. Le lieu a été consacré par l’histoire ; on s’y réunissait jadis, tant la prairie se prêtait aux assises populaires. Toutefois celles qu’on y tint en 1805 et 1808 avaient une signification nouvelle. Quelques années auparavant, la Confédération avait sombré dans le désarroi ; l’invasion française était venue dicter des lois à ceux qui n’en avaient jamais reçu d’autrui. En dépit d’un héroïsme farouche, les cantons avaient subi le joug, après de sanglantes batailles. Certes, des fautes nombreuses s’étaient commises ; les Suisses, divisés de maintes manières, avaient perdu l’homogénéité d’antan. Mais la patrie souffrait. Quand la paix lui fut rendue, des gens de cœur lui apportèrent leurs forces morales en offrande, comme ils lui avaient voué naguère leur courage. Un patricien bernois qui avait lui-même combattu à Neuenegg en 1798 et devait devenir le premier président de la Société suisse d’histoire, l’avoyer Frédéric de Mulinen, réalisa l’idée généreuse d’une fête alpestre où le peuple des montagnes, des campagnes et de la ville communieraient dans le même amour du pays. Ainsi naquit la Fête des bergers d’Unspunnen.

Le 17 août 1805, accouraient les montagnards et les armaillis de l’Oberland, des Waldstätten et même d’Appenzell. Les sénateurs de Berne et de bien d’autres villes, accompagnés de la plus élégante société, arrivèrent en équipage ou en bateau à Interlaken, simple petit village, enfoui sous des noyers centenaires. À 7 heures ½ du matin, un cortège coloré partit du château pour monter à la prairie d’Unspunnen, au pied d’une tour en ruine. D’abord marchaient les tireurs, puis les joueurs de cor, les lutteurs, les chanteurs et chanteuses, les arbitres et les magistrats, enfin les organisateurs et les citadins en visite. Dans un amphithéâtre de verdure – et que nous devrons délaisser parce que les installations électriques l’ont défiguré -, la fête se déroula, ouverte au son des fanfares. Le jet du boulet n’était rien, il ne pesait que 36 livres ! [16,33 kg] La pierre que les bergers balançaient sur l’épaule et qu’ils lançaient à dix pas pesait 184 livres [83,46 kg]; c’était une autre affaire. Dans la lutte, un Oberlandais fit des prodiges ; il brandit son adversaire comme une plume et le soûla de pirouettes avant de le précipiter au sol. Après le pique-nique (des tentes avaient été dressées pour les hôtes de marque), les danses commencèrent ; un homme de l’Emmenthal se fit admirer pour son adresse extraordinaire : une bouteille de vin sur la tête, il dansa « l’Allemande » sans verser une goutte du flacon ! La distribution des prix fut confiée à la landammann de Watteville, secondée par Mesdames de Freudenreich et de Graffenried, tandis que l’avoyer en charge de Mulinen, l’ancien landammann de Watteville et le bailli Thormann, procédaient à la proclamation des lauréats, appelés à la tribune par deux hérauts d’armes.

L’enthousiasme avait été grand, la réussite complète. L’avoyer avait trouvé l’appui de ses pairs et la collaboration dévouée des peintres Wagner, ordonnateur de la fête, et König, qui en fut le quartier-maître. Une souscription avait permis de faire dignement les choses. Et l’on entendait ériger la fête en institution permanente. De sorte que l’an 1808, et à la même date (le « jour de Berthold », c’est-à-dire l’anniversaire de Berthold V, duc de Zaechringen, qui avait fondé Berne et qui passait à tort pour avoir bâti le château d’Unspunnen), vit affluer une foule plus nombreuse encore. Afin de dégager nettement les principes de ces Olympiques alpestres, le programme proclamait que le but était de « rapprocher entre elles les diverses classes sociales de tous les cantons, de stimuler l’entente entre les Suisses, de rétablir les jeux, us et coutumes nationaux, de remettre en honneur le chant populaire ». C’était afficher ce que le « Peuple des costumes » réalise aujourd’hui. L’avoyer de Mulinen et tous ses amis méritent de prendre rang parmi les ancêtres spirituels de la Fédération qui atteint ses vingt ans. Le bailli Thormann, l’ordonnateur Wagner, le quartier-maître König furent à la peine, mais ne le regrettèrent pas.

Son Altesse royale le prince héritier de Bavière arriva incognito, le duc de Montmorency, le comte de Grammont* accompagnaient Mmes de Staël et Vigée-Le Brun.

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[*Sans le prénom il est difficile de dire qui est ce comte !]

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Dans des pages célèbres, la baronne a relevé le souvenir de la journée :

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« On a beaucoup parlé d’un air joué par le cor des Alpes, et dont les Suisses recevaient une impression si vive qu’ils quittaient leurs régiments, quand ils l’entendaient, pour retourner dans leur patrie. On conçoit l’effet que peut produire cet air quand l’écho des montagnes le répète. Le soir qui précéda la fête, on alluma des feux sur les montagnes ; c’est ainsi que jadis les libérateurs de la Suisse se donnèrent le signal de leur sainte conspiration. Et les montagnes qui, pendant la nuit, ressemblent à de grands fantômes, apparaissaient comme l’ombre gigantesque des morts qu’on voulait célébrer. »

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« Lorsque la foule des spectateurs fut réunie », et que Madame Vigée-Le Brun, qui était peintre, comparaît à un champ de marguerites, « on entendit venir de loin la procession de la fête, procession solennelle en effet, puisqu’elle était consacrée au culte du passé. Les magistrats paraissaient à la tête des paysans ; les hallebardes et les bannières de chaque vallée étaient portées par des hommes à cheveux blancs. »

Quand ils parurent, les deux illustres amies étaient si émues qu’elles se serrèrent la main « sans pouvoir dire un seul mot ». Les jeux commencèrent, les récompenses suivirent, les hymnes s’élevèrent, le ranz des vaches se fit entendre. Puis la joie se répandit de groupe en groupe et l’on dansa. « Cette fête m’a donné l’idée de la vie », conclut Mme Vigée-Le Brun qui pendant que Mme de Staël se promenait avec le duc de Montmorency, se mit à faire des esquisses, tandis que M. de Grammont tenait sa boîte au pastel.*

 

[* On sait que de ces esquisses a surgi un tableau que le prince de Talleyrand se fit un plaisir d’acquérir et qui est aujourd’hui parmi les collections du Louvre.]

En dépit des intentions premières, cette apothéose patriotique n’eut pas de lendemain. En 1895 et en 1905 cependant, la tradition fut reprise. Mais l’esprit avait changé, l’on pensait davantage à distraire les villégiateurs d’Interlaken, devenu station d’étrangers, qu’à cultiver les principes de l’avoyer d’autrefois. Le cortège montrait des déesses et des elfes, des papillons et des lacustres, des druides,… des vélos et des automobiles ! Epoque bizarre dont nous sommes plus loin que de 1805.

C’est à l’inspiration première que nous voulons revenir. Elle était belle, elle était bonne. Elle est actuelle. Certes, nous aurons moins d’altesses et d’excellences, ou du moins elles seront avec nous, dans nos rangs, non point séparées du peuple, mais unies à lui, en sorte que l’idée des premiers inspirateurs vivra comme ils eussent désiré qu’elle grandît. Nous aurons nos lutteurs, nos joueurs de cor, nos arbalétriers, nos bannerets. Sur la même prairie, la race des bergers déploiera ses traditions autochtones, ses chants et ses danses. Et les plus hauts magistrats, ceux que nous nous sommes donnés librement, par notre constitution démocratique, seront au milieu de nous.

Car nous allons ensemble la main dans la main. L’union que nous avons retrouvée nous ne la laisserons pas dissoudre. Petit peuple d’un petit pays, nous avons aussi une civilisation nouvelle, notre siècle verra le printemps succéder à l’hiver. Le vieux tronc n’est pas mort ; les branches pourries s’émondent et les jeunes pousses reverdissent. Il faut respecter les racines. On ne doit pas dire que l’âge d’or ne reviendra plus. Il nous appartient, il est devant nous. À nous de le saisir ! Nous irons à Unspunnen.

 

Le Comité central.

La Fédération nationale des costumes suisses 1926-1946

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