Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Rechercher Un Mot

Articles Récents

Liens

20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 17:10

 

[2]

5) Déploiement suisse et valeur combative


D’après les maigres informations dont nous disposons jusqu’à présent 5 divisions ½ ont été déployées face à la frontière germano-suisse au nord et seulement 2 divisions ½ à l’ouest. En comparaison avec le mois précédent, on ne discerne aucun renforcement sur la frontière occidentale mais les divisions sont plus éloignées de la frontière qu’auparavant. Le reste se trouve au sud et au sud-est.

Valeur combative : une armée rationnellement organisée, pouvant être rapidement utilisée. Le niveau d’instruction a dû augmenter en raison de la longue durée de la mobilisation. Chefs formés seulement théoriquement. Commandement méthodique. Lacunes dans l’armement (artillerie, chars et défense antichars, aviation, DCA). Individuellement, le soldat est un combattant tenace et bon tireur. Les troupes de montagne passent pour meilleures que leurs voisines du sud. La valeur combative des Suisses vivant à l’ouest (le type français) est médiocre alors que ceux vivant au sud de Constance (communistes) seront des adversaires acharnés. Conclusion : Armée seulement propre à la défensive, totalement inférieure à l’allemande.

 

6) Possibilités opérationnelles suisses


Il ne peut être question pour l’ennemi qui doit protéger une longue frontière d’agir offensivement. Il cherchera à défendre ses positions aménagées, proches de la frontière.

La faiblesse de son actuel dispositif apparaît à la frontière française. Un éventuel regroupement dans cette zone ne peut s’effectuer qu’au détriment de la couverture de la frontière allemande.

Après la perte de ses positions proches de la frontière, l’ennemi tentera de s’établir à nouveau sur la ligne lac Léman-lac de Neuchâtel-la de Bienne-Olten-Zurich-Sargans. De plus, la possibilité de se défendre en haute montagne subsiste.

 

7) Le pays voisin Liechtenstein


Le Liechtenstein est un pays indépendant, qui collabore politiquement et financièrement étroitement avec la Suisse (Union douanière). Le prince résiderait principalement à Vienne. Il n’existe pas d’armée.

Notre propre intervention :


8) Réflexions de principe à propos de l’utilisation des forces


a) il s’agit de

 

I) détruire le plus rapidement l’armée ennemie,

II) d’occuper rapidement et sans destructions la capitale et la région industrielle autour de Berne et Zurich,

III) De contrôler, sans destructions, les principales voies ferrées, tunnels et routes (voir également sous chiffre 1 a-c).

 

b) Déploiement en général :

Il doit s’effectuer aussi rapidement que possible afin que l’attaque surprenne effectivement la Suisse. Pour cette raison approche des unités motorisées en dernière minutes, les div. inf. ne se trouvant pas encore à la frontière, les div. prévues pour l’attaque au nord doivent être camouflées en div. effectuant une période d’instruction.

c) L’attaque principale doit être conduite depuis la France. C’est là que se trouvent les fortifications frontière les moins solides, faiblesse en cet endroit du dispositif ennemi, c’est par cette voie que les grandes villes les plus proches et les zones industrielles peuvent être atteintes, d’autant plus que les positions arrière des deux côtés du lac de Neuchâtel ne sont apparemment pas encore établies.

d) Des moyens réduits doivent être utilisés pour feindre un franchissement du Rhin. Il est difficile et exige de nombreuses unités de pontonniers. Un large front doit être constitué avec une div. pour tromper l’ennemi, des éléments de cette division doivent être déployés sur les points faibles ennemis près de Waldshut et Eglisau et vers Zurich.

e) Il faut renoncer à une attaque à partir de l’est en raison du terrain montagneux difficile, des puissantes fortifications ennemies et des conditions défavorables au déploiement.

f) Pour des raisons de terrain la pointe autour de Coire-Davos doit être laissée aux Italiens.

g) Possibilités d’attaque pour les Italiens voir sous feuille 4, partie II « L’attaque italienne ».

Le plus favorable pour nous serait que les Italiens utilisent exclusivement leurs forces dans la vallée du Rhône, de telle manière qu’une frontière nette soit tracée entre la sphère d’influence allemande et italienne sur la crête des Alpes bernoises et glaronnaises. Il faut s’efforcer de parvenir à cette solution en espérant que les Italiens procéderont rapidement et énergiquement dans la vallée du Rhône.

(Le plus défavorable pour nous serait que l’aile occidentale des Italiens n’interviennent que jusqu’au col du Simplon. Il faudrait alors que des forces allemandes pénètrent dans la très importante vallée du Rhône. Les Italiens n’auraient pas de liaison transversale entre leurs groupes d’attaque à l’intérieur de la Suisse qui ne pourraient pas non plus produire tout leur effet. Cette solution n’est donc qu’un expédient.)

 

h) Menace aérienne :

Nous possédons une très forte supériorité aérienne si bien qu’en dépit de routes étroites et profondément encaissées, l’utilisation de div. mot. Et de div. blindées s’avère parfaitement possible, avec une dotation en DCA convenable.

 

9) Forces à disposition


En comptant avec l’utilisation de quelques div. mot., blindées et de mont. prévues pour « Otarie ».

a) Le commandement général est confié au Commandement en chef de la 12e Armée qui demeure pour les préparatifs subordonné au Groupe d’Armées C.

Avec le début de l’attaque, le Commandement en chef de la 12e Armée est placé sous le commandement direct de l’OKH, afin de raccourcir la voie hiérarchique.

b) Les divisions mot. Et blindées sont utilisées pour obtenir le contrôle rapide de Berne, Lucerne et Zurich et pour atteindre les voies de retraite ennemies vers le sud. Elles doivent être prises à la 2e Armée. Marche d’approche à vol d’oiseau de 200 à 350 km.

c) SS « A.H » (Division SS « Adolf Hitler ») et R.I. (Régiment d’infanterie) « Grossdeutschland“ peuvent être utilisés pour renforcer rapidement des div. inf.

d) Il manque des div. mont. (1re et 6e div. mont. se trouvent sur la Manche). Au moins une div. mont. est nécessaire pour le franchissement de la chaîne du Jura ainsi que pour d’éventuelles interventions ultérieures en Suisse centrale et méridionale. Un remplacement par une div. inf. avec équipement de montagne est impossible car « Otarie » requiert déjà complètement un tel équipement. Il faut par conséquent demander l’envoi de la 1re div. mont.

e) Les divisions d’infanterie doivent être utilisées pour la rupture de la ligne des fortifications et pour les objectifs proches. Nous disposons de :

pour l’attaque depuis l’ouest et le nord-ouest : 5e, 73e, et derrière, en réserve, 23e div. (provenant de la 12e Armée dans son actuelle zone de stationnement favorable à l’entreprise), pour l’attaque depuis le nord : la 260e div. (provenant de la 12e Armée près de Belfort, à pied), la 262e div. (provenant de la 1re Armée au sud-ouest de Saarbruck, transport par trains).

(Il faut privilégier leur utilisation par rapport aux div. en congé demandant 10 jours pour être rappelées et devant être à nouveau instruites – 88e dans la région de Rothenbourg, 95e dans celle de Francfort/M. – Il est également difficile de dissimuler leur rappel).

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

Repost 0
19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 16:53

[1]

La troisième mouture de Menges est très complète et fouillée qui représente un grand nombre de pages, ce qui m’oblige à couper le document en plusieurs morceaux numérotés.  


Troisième version actualisée du projet d’attaque de la Section des opérations de l’Etat-Major de l’Armée :

OKH, sect. op., nouvelle version à la suite de nouvelles informations concernant la Suisse. 1re partie : L’attaque allemande contre la Suisse ; 2e partie : L’attaque italienne, 12.8.1940 signé v. Menges, Capitaine à l’E.M.

Sect. op

Commandement, secret. Seulement à l’échelon supérieur ! Par officier uniquement !

 

Partie I

Nouvelle version en raison de nouvelle informations sur la Suisse


L’ATTAQUE ALLEMANDE CONTRE LA SUISSE

 

Mandat assigné :


Il s’agit d’examiner la possibilité d’une occupation surprise de la Suisse par des troupes allemandes depuis la France et l’Allemagne en postulant que des troupes italiennes venant du sud attaquent la Suisse simultanément.

I)                    Exécution de la mission :

Grâce à une rapide attaque surprise à partir de plusieurs directions il s’agit d’obtenir :

a)      La destruction de l’armée ennemie pour empêcher l’unité du commandement, l’établissement de nouvelles lignes de résistance sur un front unique et une retraite en bon ordre dans les régions montagneuses impraticables (ce qui retarderait le succès militaire).

b)      Pour des raisons politiques et psychologiques l’occupation rapide, et sans destructions, de la capitale et de la région autour de Soleure et Zurich (Orlikon) avec son industrie d’armement.

c)       Le contrôle, en évitant les destructions, des plus importants nœuds ferroviaires et routiers ainsi que des nombreux ponts et tunnels pour utiliser le pays dans les plus brefs délais pour tous les transports vers le sud de la France.

 

2) La Suisse en tant que pays


La Suisse est une région très montagneuse. La Suisse centrale et méridionale est une zone de haute montagne avec des glaciers dans les Alpes valaisannes, bernoises et glaronnaises. Les vallées du Rhône et du Rhin sont étroites et encaissées et peuvent, par conséquent, être facilement obstruées par la destruction à l’explosif de rochers.

La partie septentrionale de la Suisse est plus plate. Elle est limitée par le Bodan, le Rhin (dans le secteur Bâle-Bodan large de 100 à 200 m) et la chaîne du Jura, difficile à franchir depuis le nord. L’industrie du pays se trouve au nord-ouest de Zurich ainsi que dans la région de Fribourg-Berne-Soleure.

 

3) L’armée suisse


a) Les effectifs totaux de l’armée suisse se montent à 220 000 hommes, selon la statistique de début août 1940. Il existe actuellement : 6 divisions d’infanterie, trois divisions de montagne, 3 brigades de montagne, 1 brigade frontière et des bataillons frontières. Il n’existe pas de troupe blindée. L’aviation est faible et seulement pour une petite partie moderne, la DCA est en voie d’organisation.

b) Ont été démobilisés : les trois brigades légères (troupes rattachées au Corps d’Armée) et les unités de cyclistes, l’ensemble des troupes territoriales, les brigades frontières à l’exception d’une seule sur la frontière méridionale et tous les services de l’arrière. Pour des raisons de politique interne et à cause de la question du chômage, il est difficile de poursuivre la démobilisation.

c) La mobilisation peut être précédée de mesures préventives (Utilisation des troupes frontière). La mobilisation elle-même n’exige que peu de temps.

Troupes prêtes à faire mouvement : parties de la couverture frontière en 5 heures, Etats-Majors de Corps, troupes de corps et divisions le 2e jour de mobilisation. Etats-Majors d’Armée, brigades légères et brigades frontières le 1er jour de la mob.

Force totale de l’armée mobilisée 278 000 hommes avec 6 divisions d’infanterie, 3 divisions de montagne et 9 brigades frontières (env. 100 bataillons frontière) et comme troupes de Corps d’Armée 3 brigades légères ainsi que 75 bataillons de « troupes territoriales » (Sorte de défense locale).

d) Actuellement se trouvent dans les camps d’internement suisses (gardés par la 3e et des unités de la 7e division) les éléments suivants réfugiés durant la campagne à l’Ouest avec un effectif total de 5 000 hommes :

- la 67e div. française, 3e levée, esprit combatif peu élevé

- la 2e div. polonaise (12 000 homes)                                                      peu souffert, bonnes troupes

- éléments des brigades de fortifications                                            peu souffert, bonnes troupes

   D’Altkirch et Montbéliard

-1 brigade de spahis, 900 hommes                                                         peu souffert, bonnes troupes

- réserves d’Armée, art., et chars.                                                          peu souffert, bonnes troupes

 

La Suisse aimerait expulser rapidement les Polonais et les spahis pour pouvoir – sans tenir compte d’autres raisons – disposer à nouveau de 1 division ½ de surveillance. En cas de guerre on doit compter avec le ralliement aux Suisses des Polonais, des spahis et, peut-être, d’une part moindre des Français. Effectif global d’environ une division. Les Suisses apprécient l’armement et les chars saisis des troupes internées.

Si les éléments internés ne combattent pas et se trouverons encore dans le pays, leur surveillance implique un affaiblissement de la troupe combattante suisse.

 

4) Fortifications de la Suisse


a) Frontière avec l’Allemagne :

Effort principal de l’aménagement dans le secteur Bâle-Constance-Rheineck-Sargans. Ouvrages légers, seulement sur quelques points ouvrages moyens. Aménagement solide des piliers d’angle Rheineck et Sargans, entre eux pentes montagneuses escarpées. Rive méridionale du Bodan faiblement protégée.

13 ponts sur le Rhin dans le secteur Constance-Bâle.

Points plus faibles au sud-ouest de Bâle, à l’est de Waldshut et d’Eglisau.

Positions dans le secteur arrière : pour le moment apparemment seulement des barrages dans le resserrement de la vallée. Aménagement prévu sur la ligne Olten-Aarau-Zurich-Sargans.

b) Frontière avec la France : Aménagement seulement à partir du début de 1940, d’abord barrages sur quelques points et bunkers de campagne avec embrasure de tir.

Faiblesses de la position : autour et à l’ouest de Nyon, à l’est de Pontarlier, au nord de La Chaux-de-Fonds ; routes de cols au nord et au sud de Saint-Maurice non fortifiées, mais dans un terrain difficile.

c) Etat de l’aménagement : depuis juillet les travaux aux fortifications ont été arrêtés à l’exception de celles dépassant déjà le niveau du sol. Les travaux aux fortifications et barrages sur la frontière du nord-ouest sont poursuivis sans limitation.

d) Précisions : les bunkers 6-8 m au-dessus du sol constituent une bonne cible ; pas d’informations en ce qui concerne les barrages antichars. Il faut compter partout avec des barrages sur les routes (blocs en béton préparés, peuvent être détruits à l’explosif ou franchis à l’aide de passerelles préparées à l’avance). Postes de douane dépourvus de valeur défensive.

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

Repost 0
18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 18:13

 

Rejet du Gripen à 53,4% des voix

Repost 0
Published by G.Tell - dans gtell
commenter cet article
17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 16:15

 

 

La moindre chose contient un peu d’inconnu.

Trouvons-le

 

Guy de Maupassant, écrivain.

Repost 0
Published by G.Tell - dans gtell
commenter cet article
16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 15:48

 

A Savoir

 

Équivalent français des grades allemands des officiers supérieurs :

 

Reichsmarschall : Maréchal du Reich, créé spécialement pour Goering, porté uniquement par lui.

 

Generalfeldmarschall : Maréchal.

 

Generaloberst : Général de Groupe d’Armée.

 

General : Général d’Armée.

 

Generalleutnant : Général de Corps d’Armée.

 

Generalmajor : Général de division ou de brigade.

Repost 0
15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 16:58

 

Suite des notices (extraits) du Generaloberst Halder, Journal des Opération, 25-28 juin 1940

 

25.6.1940

01 h 35 les armes se taisent. Le travail des ministres commence.

 

Dans la matinée controverse avec le cdmt en chef de l’A. : la direction politique voulait que la liaison ferroviaire entre la Suisse et la France soit interrompue. Pour cette raison il a été demandé à List de détruire efficacement la ligne La Roche-Annecy. En raison du cours pris par les opérations militaires cette mission n’a pu être exécutée. Cdmt en chef de l’A. demande maintenant, après l’entrée en vigueur de l’armistice, que la destruction soit effectuée par une patrouille de l’armée. Je contredis. Si l’armistice est entré en vigueur cela signifie qu’une telle mission militaire est impossible. Elle ne peut tout au plus être exécutée que par Canaris (c’est-à-dire par l’organisation K). [K Organisation : organisation de guerre de l’Abwehr à l’étranger, dans ce cas à Vichy ; l’Organisation K-Suisse dépendit d’abord en 1940 du commandant Waag puis du lieutenant-colonel Erich Knabbe, qui faisait partie de la légation d’Allemagne à Berne.] Après en avoir discuté avec le Generaloberst Keitel, je charge Canaris de la mission…

 

27.6.1940

… 12 h 30 – 21 h 00 Par avion à Lyon puis en voiture au XVIe Corps d’Armée et 3e div. blindée dans le secteur au nord-ouest de Grenoble (Voreppe). …

 

28.6.1940

… 09 h 45 Départ via Paris pour Versailles : conférence avec Ia et QMG du Groupe d’Armée et des Armées. [Ia (1a ou ia ?)=Premier officier d’Etat-Major de la section Conduite des Opération ; QMG = Quartier-Maître général.] Je commence par présenter la situation générale :

I.                    Remerciement à l’ensemble de l’Etat-Major et à mes collaborateurs.

II.                  Nouvelles tâches en raison d’une situation nouvelle.

III.                Redéploiement à l’Ouest. A l’est dislocation et réorganisation. Les chefs Opération, Organisation et Quartier-Maître général disent quelques mots à ce propos. Puis discussions séparées du chef de la Sect. Opération avec les Ia, du chef des Qu. Gen. Avec les Qua. Maît. Gén.

 

 

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

L’opération pourait être envisagée sous certaines conditions. Pas d’urgence actuellement : communication du colonel d’E.M. von Greiffenberg, chef de la Section Opération de l’E.M. de l’Armée à l’occasion d’une conférence à Versailles le 28.6.1940

 

Commandement, secret

 

CHEF SECT. OP. DÉCLARE :

 

Dans l’affaire en question, le Führer jusqu’à présent a seulement déclaré qu’une occupation serait envisageable sous certaines conditions. Le cas n’est pas urgent actuellement. Pour le moment, aucun déploiement et aucun préparatif ne sont nécessaires. Y réfléchir. Si le cas se présente, des forces venant du nord et du nord-est seront également utilisées. G.A. C et 12e Armée peuvent à l’occasion présenter leurs suggestions sur carte, mais sans engagement.

Proposition : A l’occasion consultation. Cdmt chef Groupe d’Armée C avec Cdmt chef 12e Armée. 12e Armée semble avoir tendance à en mettre un bon coup.

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

Repost 0
14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 17:26

 

250px-Bundesarchiv_Bild_183-E00780-_Walther_von_Brauchitsch.jpg

 

 

Walther von Brauchitsch Haut Commandement des Forces Armées (Oberkommando der Wehrmacht)

 

 

« Préparation pour mission spéciale, selon ordre ultérieur » :

Ordre préalable du 24.6.1940

 

Haut Commandement de l’Armée

E.M. de l’A. Sect. Op. (Ia)

N° 370/ 40 g Cdmt.

Pour le commandement, secret

Seulement à l’échelon supérieur.

Par officier uniquement !

 

A Messieurs les commandants en chef des Groupes d’Armées A, B et C.

Pour l’information provisoire de Messieurs les commandants en chef les éléments suivants, actuellement en voie d’élaboration par l’OKW, leur sont communiqués :

Après l’entrée en vigueur de l’armistice avec la France, les forces armées allemandes vont être redéployées pour poursuivre la guerre contre l’Angleterre. A cette fin des parties seulement de l’armée seront utilisées, ce qui rend possible simultanément son redéploiement. En gros on envisage ce qui suit :

 

1)      Au niveau de la conduite des troupes :

 

a)      A l’ouest :

Les Groupes d’Armées A et B seront utilisés sur la côte de la Manche et, respectivement, de l’Atlantique.

Mission : Surveillance de la côte,

Préparation pour la continuation de la guerre avec l’Angleterre,

Réorganisation et instruction des unités à disposition.

Le Groupe d’Armée C sera utilisé dans les autres parties de la France, qui doivent être occupées.

Mission : Réorganisation et instruction des unités à disposition, préparation pour une mission spéciale, selon ordre ultérieur.

Le croquis ci-joint, qui ne possède qu’une valeur indicative, fournit des détails pour le redéploiement prévu.

b)      A l’est :

A l’est de l’Allemagne (Prusse-Orientale, secteurs des VIIIe, XXe et XXIe Corps d’Armée, gouvernement général) seront répartis 4-5 cdmt gén. (avec cdmt sup.) et environ 15 divisions sous le cdmt sup. d’Armée 18.

Mission : Défense du territoire,

Restructuration et instruction des unités à disposition.

c)       Au nord :

5 div. inf. et 2 div. mont. demeurent en Norvège. Commandement et missions comme plus haut.

 

2)      Domaine du Quartier-Maître général :

 

a)      Administration militaire :

L’administration militaire France sera séparée du Commandement et dépendra directement de l’OKW avec un gouverneur militaire. Je me réserve l’exécutif. L’intégration du Commandement militaire Paris dans le service gouvernement militaire est prévu.

b)      Ravitaillement :

Rien n’est modifié en ce qui concerne le ravitaillement des troupes par le Commandement. Nouvelle réglementation par dispositions particulières sera communiquée à temps.

c)       En ce qui concerne le rassemblement du matériel saisi, le retour des réfugiés et l’utilisation des prisonniers de guerre nous renvoyons aux ordres déjà donnés. Des dispositions définitives sont en voie d’élaboration.

 

3)      Domaine de l’organisation :

 

a)      A la suite de la restructuration une série de modification en ce qui concerne l’organisation sont en voie de réalisation ayant pour objectif la prochaine réduction de l’armée d’environ ¼ et la mise en œuvre de mesures préparatoires pour la future organisation en temps de paix. En outre, les classes plus anciennes seront détachées de l’armée en tant que telle et démobilisées.

Ces modifications organisationnelles seront en partie réalisées dans les territoires occupés, en partie en Allemagne et à l’Est.

b)      Des congés pourront être accordés dès que la situation ferroviaire le permettra. Toutefois on ne peut pour le moment procéder sur une grande échelle.

 

4)      Une conférence aura encore lieu cette semaine, afin de fournir une vue d’ensemble sur la totalité de l’entreprise, avec des représentants des sections du Commandement et du Quartier-Maître des Groupes d’Armées et Armées au Quartier du Groupe d’Armées B. Le Groupe d’Armée B est prié de mettre à disposition les locaux nécessaires.

 

Signé : von Brauchitsch

Pour copie conforme :

v. Greiffenberg

Colonel à l’E.M.

 

 

 

Hans von Greiffenberg, chef de la Section des opérations à l’Etat-Major général de l’Armée (BA-MA)hans von greiffenberg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

Repost 0
13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 17:11

 

OKH, EMG de l’A. Sect. Op. Ire notice concernant attaque de la Suisse, 25.6.1940, signé von Menges.

 

Sect. Op. (I) 25.6.1940

 

Commandement, secret. Seulement à l’échelon supérieur ! Par officiers uniquement !


1)      Nature du mandat


Il s’agit d’examiner rapidement les possibilités d’une occupation surprise de la Suisse par des troupes allemandes intervenant depuis la France et l’Allemagne en postulant que des troupes italiennes venues du sud attaquent la Suisse simultanément.

 

2)      Exécution :


Grâce à une rapide attaque surprise à partir de plusieurs directions, il s’agit d’obtenir :

1)      La destruction de l’armée ennemie pour empêcher l’unité de commandement, l’établissement de nouvelles lignes de résistances sur un front unique et une retraite en bon ordre dans les régions montagneuses impraticables (ce qui retarderait le succès militaire).

2)      Pour des raisons politiques et psychologiques l’occupation rapide, et sans destructions, de la capitale et de la région autour de Soleure où se trouve l’industrie d’armement.

3)      Le contrôle, sans destructions, des nœuds ferroviaires et routiers ainsi que des nombreux ponts pour pouvoir utiliser dans les plus brefs délais le pays pour tous les transports vers le sud de la France.

La Suisse possède, abstraction faite de 9 brigades frontières (environ 100 bat.), 6 div. Inf., 3 div. Mont., 3 brig. Mont. et, comme troupes de Corps d’Armée, 3 brig. Légères. A cela s’ajoutent 75 bat. De « troupes territoriales ». Il n’existe pas de troupe blindée. L’aviation est faible, une petite partie seulement moderne et la DCA se trouve dans le stade initial de son organisation.

   Selon les informations dont nous disposons, 6-7 div. ont pris position sur la frontière du nord et du nord-est. I ½ div. seulement se trouve sur la frontière française (si d’autres forces n’y sont pas transférées en ce moment), le reste au sud et au sud-est.

   L’ennemi, qui doit couvrir ses frontières étendues, ne peut songer à une attaque. Il défendra ses positions préparées proches de la frontière. Le point faible de son dispositif actuel se trouve à la frontière française. Un regroupement éventuel  dans cette région ne peut s’effectuer qu’au détriment de la protection de la frontière allemande.

   Après la perte de ses positions proches de la frontière, l’ennemi tentera de s’établir sur une ligne Léman-lac de Neuchâtel-lac de Bienne-Olten-Zurich-Sargans.

 

3)      Les fortifications de la Suisse.


a)      Effort principal de l’aménagement dans le secteur Bâle-Constance-Sargans. Ouvrages légers, seulement sur quelques points ouvrages moyens. Aménagement solide des piliers d’angle Rheineck et Sargans, entre eux pentes montagneuses escarpées. Rive méridionale du Bodan faiblement protégée.

13 ponts sur le Rhin dans le secteur Constance-Bâle. Points plus faibles au sud-ouest de Bâle, à l’est Waldshut et près d’Eglisau.

Positions dans le secteur arrière : pour le moment en apparence seulement des barrages dans le resserrement des vallées. Aménagement prévu sur la ligne Olten-Aarau-Zurich-Sargans.

b)      Frontière avec la France : Aménagement seulement à partir du début 1940, d’abord barrages sur quelques points et bunkers de campagne avec embrasures de tir.

Faiblesses de la position : autour et à l’ouest de Nyon, à l’est de Pontarlier, au nord de la Chaux-de-Fonds ; routes de col au nord et au sud de Saint-Maurice non-fortifiées.

Positions dans le secteur arrière entre les lacs, pas encore aménagées.

c)       Précisions : les bunkers 6-8 m au-dessus du sol, constituent donc une bonne cible ; pas d’informations en ce qui concerne les fossés antichars. Il faut compter partout avec des barrages routiers (blocs de bétons préparés, peuvent être détruits à l’explosif ou franchis à l’aide de passerelles préparées à l’avance). Postes de douane dépourvus de valeur défensive.

 

4)      Nos propres dispositions : voir carte


a) utilisation des forces

 

Il convient d’utiliser des divisions mot. et blindées afin d’atteindre rapidement Berne, Lucerne et Zurich et pour les diriger sur les lignes de retraite ennemies vers le sud, les rares div. mont. seulement si absolument nécessaire, div. inf. pour la percée de lignes défensives et pour atteinte d’objectifs proches.

Utilisation d’une div. mot., au lieu d’une div. mont. dans les Alpes de Savoie (= la colonne la plus méridionale dans la vallée du Rhône) doit être envisagée malgré les mauvaises conditions routières dans la deuxième partie.

Il faut renoncer à une attaque depuis l’est en raison du terrain montagneux difficile et des puissantes fortifications ennemies.

Pour la div. inf. utilisée depuis Constance, on envisage pour forcer le dispositif fortifié du sud l’utilisation du bac à voitures Friedrichshafen-Romanshorn pour débarquement surprise d’éléments, avec utilisation simultanée de canots d’assaut.

Si les dispositions défensives de l’ennemi le permettent encore des débarquements aéroportés doivent être exécutés autour de Berne et pour ouvrir les passages alpestres vers le sud ainsi que parachutages autour d’Olten et Soleure, plus tard peut-être aussi pour verrouiller les voies de retraite en Suisse du sud-est.

La conquête de la pointe autour de Coire-Davos doit, pour des raisons de terrain, être laissée aux Italiens.

 

b) forces nécessaires


1 Commandement d’Armée, 4 Corps d’Armée (ce nombre élevé en raison du terrain), 3 div. inf. 3 div. mot. 1 div. blindée., 2 div. mont. = 9 div.

 

d)      c) Déploiement :


En Allemagne du sud, sous prétexte d’instruction ; en France en partie disloquées, la motorisation permettant une rapide concentration.

 

e)      d) Durée de l’opération : contrôle de Zurich, Lucerne et Berne doit être possible au plus tard dans le courant du second jour.

 

5)      5) Conduite tactique


Tenir compte des expériences norvégiennes : attribution de chars, canons et éléments d’unités mot. À la tête ; utilisation de l’équipement de montagne de la 7e Armée ; renforcement des groupes de marche par des comp. Mitr. (mot.) ; utilisation renforcée de canons d’infanterie et de lance-mines ; formation de puissantes avant-gardes en utilisant les véhicules des unités de chasseurs de chars, qui ne sont pas nécessaires ici pour la lutte contre les chars.

 

6)        6) Détails


a)      a) Maintien du secret et feinte :

Fermeture discrète et renforcée de la frontière suisse. Informations correspondantes à la presse. Communications radio destinées à tromper l’ennemi et silence radio pour certains secteurs.

b)     b)  Utilisation d’agents secrets pour reconnaître dans le détail les fortifications. Qu’est-ce qui a été édifié dans les secteurs de l’arrière ? Des regroupements ont-ils lieu à la frontière française ?

c)      c)  Amélioration des cartes particulièrement mauvaises. Etablissement de cartes au 1 :100 000. Acquisition de cartes routières, si possible dans le commerce en Suisse. Elaboration d’une description géo-militaire du pays.

d)      d) Prendre l’avis du chef des transports à propos de ses besoins pour le déploiement et en ce qui concerne les axes de communication particulièrement importants qui doivent donc être rapidement occupés.

e)     e)  Le déploiement des forces à l’ouest et au sud du Léman exige rapidement la déploiement de la ligne de démarcation, afin de ne pas attirer juste auparavant l’attention de la Suisse sur nos intentions.

f)       f) Etant donné la situation politique actuelle en Suisse, il est possible que celle-ci accepte pacifiquement un ultimatum, si bien qu’après une entrée en force, il faut s’attendre à passer rapidement à l’invasion pacifique.

von Menges

Capitaine à l’E.M.

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

Repost 0
12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 16:07

 

 

Notice privée d’Otto Wilhelm von Menges du 24 juin 1940, auteur des trois premiers projets d’attaque de la Section des opérations à l’Etat-Major de l’Armée du 24 juin 1940.

Archives privées Dietrich von Memges, Essen.

 

menges2a

 

 

24 juin 1940

Dans la matinée je reçois l’ordre d’établir une étude pour l’attaque contre un pays. Le premier grand travail autonome !...

 

20 h 40. Nous entendons au mess que les Français ont signé à 19 h 35 l’armistice avec les Italiens.

 

Depuis 1 h 35 armistice. Un grand moment. Nous ne pouvons être assez reconnaissants envers Dieu et les excellentes troupes. Les télétypes nécessaires exigent un grand labeur ; en plus mon étude. Malgré tout joie immense. Malheureusement pas de champagne pour fêter.

 

25 et 26 juin 1940

Travaille à mon étude, qui satisfait pleinement le chef de Section. L’activité s’est un peu calmée. Premiers ordres pour la nouvelle articulation de l’Armée de Terre contre l’Angleterre…

 

 

invasion-plan-26-6-1940.jpg

Plan d'invasion

 

GTell, Il faut encore avaler la Suisse.

Repost 0
11 mai 2014 7 11 /05 /mai /2014 17:18

 

Documents qui retracent l’ensemble des événements de juin 1940 à nos frontières. Les traductions sont tirées du livre « Il faut encore avaler la Suisse », je reprends l’essentiel.

 

Hitler s’occupe personnellement des incidents aériens.

 

Concerne : Violation de la neutralité en Suisse

 

Selon communication du capitaine Gregor de l’Etat-Major de la Conduite des Opérations de la Luftwaffe, le Führer a décidé de s’occuper désormais lui-même de cette affaire. Toutes les informations provenant de l’Etat-Major de la Conduite des opérations de la Luftwaffe concernant les combats aériens avec des pilotes suisses doivent être immédiatement transmises au Führer. Le Führer a convoqué au rapport le général commandant le 5e Corps aérien, principalement concerné.

 La présente information a été communiquée par téléphone à M. Sonnleithner, train spécial.

 

Berlin, le 9 juin 1940

      Kramarz

Copie à :

S.E. (Secrétaire d’Etat)

Bureau MAER. (Ministère des Affaires étrangères du Reich)

S.S.E. Pol. (Sous-secrétaire d’Etat, section politique)

Dir. Pol. (Direction Politique)

Sect. Pol. II. (Section politique)

 

 

Rencontre Hitler/Mussolini à Munich, 18 juin 1940 : Extrait des souvenirs du Generalfeldmarschall Wilhelm Keitel (1946)

« …Le jour suivant déjà, le Führer, Ribbentrop et moi-même nous rencontrâmes Mussolini, le comte Ciano et le chef de l’Etat-Major italien, le général Roatta, en Allemagne du sud, probablement à Munich. A côté d’informations communiquées aux Italiens à propos de notre armistice et des raisons déterminantes pour la ligne de démarcation et pour les territoires français (zones) devant être évacués militairement, le Führer voulait décider Mussolini, en raison des exigences italiennes à propos des territoires devant être occupés par l’Italie, de couper, en liaison avec nous, la Suisse de toute communication avec la France. Mais dans les faits, en dépit de la parole donnée par Mussolini, cet objectif n’a jamais été atteint ; les Italiens ne sont jamais parvenus à concrétiser ces exigences et ils en auraient été bien incapables après leurs échecs militaires. Un armistice entra bientôt en vigueur, mais les conditions étaient modestes et culminèrent dans l’occupation d’une étroite zone sur le front des Alpes, ce qui, il est vrai, permit aux Italiens de s’emparer des fortifications de frontière des Français ; mais ils n’étaient pas parvenus à les vaincre. »

 

[La rencontre avait eu lieu le 18 juin 1940 à Munich. Par erreur Keitel la situe le jour après la conclusion des négociations d’armistice germano-françaises, par conséquent le 23 juin 1940]

 

Remarque – c’est compréhensible qu’il se trompe parfois dans ses souvenirs, il ne faut pas oublier qu’il avait la corde au cou lorsqu’il écrits.

 

 

Extrait des notices du chef de l’Etat-Major de l’Armée 19/24 juin 1940, Generaloberst Halder.

 

19.6.40 [Mercredi]

… Malgré ces succès qui se poursuivent à un rythme inhabituel, il semble que le commandant en chef de l’Armée [Generaloberst Walther von Brauchitsch] ait été mal reçu par le Haut Seigneur [Hitler] de retour de la conférence de Munich car il y a toujours quelques Français qui résistent dans la zone NE… [L’Armée Française des Alpes résiste jusqu’au 3 juillet 1940]

   Dans la soirée une « instruction OKW » arrive désignant une frontière qui, par rapport aux Français, ne doit pas être dépassée (en général le Cher) et une ligne à l’est de la Côte de l’Atlantique et demande que, d’une part, nous utilisions des éléments de Kleist [Général Ewald von Kleist, commandant en chef du groupe blindé I] auprès du Groupe d’Armée B au-delà de la Loire pour le contrôle de la côte de l’Atlantique et, d’autre part, que nous poussions sur Lyon des éléments de Kleist pour partir de là, nous diriger sur les arrières [du front Français] devant le front italien…

   Nous apprenons que les Italiens veulent attaquer dans 2-3 jours sur le front des Alpes. Jusque-là nous devrions nous trouver sur les arrières français dans la vallée du Rhône. Ce qui ne va guère être réalisable au point de vue temps. La rédaction des ordres découlant de ces « instructions » sera achevée vers minuit…

 

20.6.40

… Les évènements importants que nous apportent les informations du matin concernent l’occupation de Nantes à l’embouchure de la Loire (avec ponts intacts) et de Lyon. Je ne comprends pas ce qu’exige encore de nous la haute direction politique, et quels sont ceux de ses vœux qui n’ont pas été réalisés, mais en tant que subordonné il faut subir les nerfs de ses supérieurs.

 

   Après la conférence du matin au cdmt en chef de l’A, [Commandant en chef de l’Armée] les ordres sont donnés pour la constitution d’un groupe Lyon sous le C.C. 12 [Commandant en chef de la 12e Armée, Generaloberst Wilhelm List] pour mission spéciale dans la région Chambéry et Grenoble. A côté du XVIe Corps d’Armée toutes les unités motorisées doivent être provisoirement regroupées dans des groupes de combat et pris sur le Groupe d’Armée A, avec en plus provenant du Groupe d’Armée B des éléments aussi puissants que possible des Div. Mont. Sur camions.

   Selon mes calculs, on pourra intervenir à partir de la zone Lyon avec des détachements avancés le 21.6. dans la soirée mais pas avant le 25. 6. avec l’infanterie. Le corps Hoepner [Général Erich Hoepner, cdmt. Du XVIe Corps d’Armée.] peut évidemment partir aussitôt, si cela paraît souhaitable…

 

[Après 17.00 h.] … Le colonel von Greiffenberg [Colonel à l’E.M. Hans von Greiffenberg, chef de la Section des opérations de l’Etat-Major de l’Armée.] et la planification détaillée pour la répartition des forces destinées à la défense des côtes et des régions de l’intérieur…

 

21.6.1940

… Les Italiens prétendaient commencer aujourd’hui leur attaque sur le petit Saint-Bernard et plus au sud. Le temps est si mauvais que l’aviation ne peut collaborer. On peut donc admettre que cette attaque va se limiter à quelques patrouilles. Pour nous, il ne sera question de quitter la zone de Lyon que si les Italiens ont sérieusement attaqué, donc pas avant le 22.6. On ne pourra décider si l’on intervient qu’après la fixation des conditions d’armistice. Pratiquement, seul le 23.6. entre en question.

   [Soir] … Les Italiens exigent que nous intervenions le 22.6., afin d’aider la progression de leur attaque sur le petit Saint-Bernard. Nous ne le faisons pas. Le groupe List ne pourra se mettre en marche qu’à partir du 23.6. En outre il faut attendre pour voir si cette soi-disant attaque des Italiens est autre chose qu’un simple combat de patrouilles. » …

 

22.6.1940

… 18.50 h. la Convention est signée à Compiègne. Toute la journée échange de télégrammes avec l’Etat-Major italien qui nous presse de nous diriger depuis Lyon sur Chambéry, pour ouvrir aux Italiens la route des Alpes. Etant donné que notre groupe List ne sera prêt que le 23.6., nous fournissons des réponses dilatoires. En outre, le Führer s’est réservé le droit de donner la permission d’intervenir. Nous rédigeons les ordres nécessaires pour List…

… Dans la soirée la décision est prise que List doit attaquer le 23.6., mais ne doit pas dépasser Grenoble – Chambéry…

 

23.6.1940 [Dimanche]

Les actions militaires de la journée se limitent à la continuation de l’avance de l’aile droite (4e et 18e Armée) et à l’action du groupe List. Ce dernier est intervenu comme prévu et a atteint vers midi la région au nord-est de Valence, au nord-ouest de Grenoble et Chambéry et au nord-est d’Aix-les-Bains. Il a devant lui des barrages avec canons antichars et chasseurs alpins. Sur la demande, dans la soirée, du Groupe d’Armée A je réponds qu’une pression plus forte, qui entraînerait côté allemand des pertes accrues, n’est pas dans les intentions du commandement…

… Lors de la conférence ayant eu lieu l’après-midi on a traité…

… d) Réfléchir aux missions de la 12e Armée. List : personnel Kuebler, Bergmann, Fahrmbacher, Schörner.

[A l’exception de la 27e division d’infanterie sous le général Friedrich Bergmann (1883-1941) toutes les troupes avec leurs commandants avaient été déployées début juillet 1940 comme éléments de la 12e Armée sur le glacis suisse. Le Generalmajor Ludwig Kübler (fusillé en Yougoslavie en 1947) commandait la Ire division de montagne qui fut déplacée dans le secteur Salins-Morez ; le Generalleutnant Wilhelm Fahrmbacher (né en 1888, après la guerre conseiller militaire en Egypte) prit position à l’est de Dijon avec sa 5e division, tandis que la 6e division de montagne sous les ordres du colonel Ferdinand Schörner (encore promu le 5 avril 1945 Generalfeldmarschall) fut attribuée par la suite spécialement à la 12e Armée afin d’être déployée dans le secteur de Pontarlier, à proximité de la frontière suisse.]

 

24.6.1940

Le matin nous apporte une nuance intéressante. Les Italiens sont restés accrochés aux fortifications françaises et ne progressent pas. Mais les négociations d’armistice ils veulent faire valoir un territoire français aussi étendu que possible occupé par eux et ont par conséquent proposé d’acheminer des bataillons italiens par voie aérienne, en partie via Munich, en partie directement à Lyon et de les mener derrière le front List sur les points jusqu’où l’Italie entend étendre ses revendications territoriales. Le tout se révèle être une proposition de Roatta que le maréchal Badoglio refuse d’accepter. C’est l’affaire de l’OKW s’il se laisse avoir par les propositions d’un organisme subalterne que le maréchal italien responsable, apparemment le seul soldat correct parmi ces négociateurs, repousse comme indigne.

Le commandant en chef de l’Armée se rend en avion à la 7e Armée. Son inquiétude le pousse à prendre des mesures préventives pour le cas où les négociations d’armistice avec l’Italie échoueraient, nous obligeant d’exécuter une attaque sérieuse sur les arrières des fortifications françaises des Alpes et en même temps une poussée vers les côtes de la Méditerranée.

 

   Une telle action ne peut être montée que systématiquement avec l’utilisation de troupes de montagne. Là, on ne peut improviser avec des bataillons alpins motorisés rapidement rameutés.

 

   C’est de nouveau le même jeu harcelant que lors de la prise de contact avec les Russes durant la campagne de Pologne. Le politicien [Par le terme « politicien », ou « direction politique », Halder entend toujours Hitler, prenant ainsi ses distances avec les ambitions de chef militaire de ce dernier.] aimerait que la Suisse perde sa communication directe avec la France. Cette exigence politique doit être enveloppée dans un manteau militaire. Il en résultera encore nombre de conséquences déplaisantes.

 

10 h 20 conversation avec Tresckow Groupe d’Armée A : [Lieutenant-colonel à l’E.M. Nenning von Tresckow, premier officier d’Etat-Major de la Section des opérations du Groupe D’Armée A.] Introduction dans le paysage politique et dans les oscillations résultant des exigences militaires. Groupe d’Armée A doit réfléchir au temps nécessaire pour la préparation de mesures de combat plus sérieuses comme le front savoyard et pour la continuation des opérations contre l’armée française avec une forte aile gauche.

 

À suivre : la suite des documents relatifs à notre affaire.

 

GTell.

 

 

Repost 0