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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 17:48

  Pendant les négociations qui eut lieu à Rion-Bosson, Clavel avait prié Louis Reymond de lui indiquer quelles étaient ses intentions, celles des troupes qu’il commandait et ce qu’ils avaient à demander au gouvernement ou à ses représentants. Le chef des Bourla-Papey lui remit, en réponse, et par l’intermédiaire du citoyen Warnery, une note qui renferme à ce sujet les indications les plus précises. En voici l’essentiel :

  « Il [Reymond] demande, au nom de sa troupe, que l’on mette à sa disposition tous les titres quelconques, quel que puisse en être le nom, relatifs aux droitures féodales, quel que puisse être le dépôt de ces titres, qu’ils existent dans les archives de Lausanne ou dans d’autres archives publiques ou particulières, ou enfin dans tous les autres lieux où il pourraient en être découvert ; les représentants du gouvernement s’engagent de mettre de même à sa disposition tous les titres qui pourraient avoir été transportés hors du canton ou hors de l’Helvétie… ; que ceux déposés dans les archives quelconques de Lausanne lui soient remis dès demain matin et que tout le reste suive avant le licenciement de ses troupes, et qu’il espère obtenir une fois ces conditions remplies. – Il demande, en outre, qu’amnistie générale soit prononcée pour tous les citoyens quelconques qui ont pris part à cet armement. Il demande, enfin, que réponse leur soit donnée à minuit sur les objets pour lesquels il accorde un délai… »

  Le chef des Bourla-Papey fit encore plus et mieux. Lorsqu’il apprit, le 7 mai, que le gouvernement central avait envoyé, dans le Canton du Léman, un Commissaire, il se hâta de s’adresser à ce dernier pour lui soumettre les causes du soulèvement, les griefs des paysans, et les résolutions qu’ils avaient prises. Cette lettre de Louis Reymond au citoyen Kuhn fait penser aussitôt à la fameuse adresse aux autorités du Canton du Léman. Elle constitue, en quelque sorte, le manifeste de l’insurrection de 1802, mais un manifeste aussi habile que net et énergique. C’est le document politique principal de cette Jacquerie vaudoise. Il est daté de St-Saphorin-sur-Morges, le 7 mai. Le voici :

  « Le Commandant des troupes vaudoises des divers districts du Canton de Vaud, au citoyen ministre de la Justice et de la Police, actuellement Commissaire du gouvernement de la République Helvétique dans le Canton de Vaud,

  « Citoyen Ministre :

  « Organe des braves troupes sous mes ordres, je n’ai pu qu’être satisfait, ainsi que tous les braves citoyens que j’ai l’honneur de commander, du choix qu’a fait le Gouvernement de votre personne, pour vous rendre dans ce canton ; la pleine confiance que l’on a en vos lumières et en votre intégrité les invite à mettre sous vos yeux tous les griefs qu’ils ont à former.

  « Vous le savez, Citoyen Ministre, au moment de la révolution, il fut promis aux agriculteurs la libération de toutes redevances féodales, et comment n’y auraient-ils pas cru, lorsque des proclamations du premier magistrat du canton, émanées pour ce jour solennel où ils furent appelés à prêter serment en face de l’Etre suprême, leur assuraient qu’il n’existerait plus pour eux de seigneurs et, par conséquent, de redevances seigneuriales. Pendant deux ans ils jouissent des effets de ces promesses ; mais la troisième année arrivée, ils voient des arrêtés rigoureux et injustes dans leurs formes sortir d’une autorité provisoire, et qui empiraient leur sort. Fondés sur des arrêtés pareils, les propriétaires de ces redevances, tous ennemis du nouvel ordre des choses, s’en sont prévalus pour tyranniser leurs vassaux, auxquels tous moyens de se faire entendre étaient enlevés à raison des formalités que prescrivaient ces arrêtés. Il y a plus, c’est qu’outre le payement de ces redevances féodales arréragées, on exige d’eux des impôts continuels partant d’autorités auxquelles un tel pouvoir, ne peut et ne doit jamais être attribué, de manière que tous ces impôts, tant directs qu’indirects, réunis au payement des censes et des dîmes anéantissent toutes leurs ressources et les ont jetés dans le désespoir.

  « D’où il résulte : I° que le mouvement auquel ils se sont portés n’a d’autre cause que la manière dure et tyrannique dont on les traite depuis quelque temps, l’exaction rigoureuse des dîmes et des impôts répétés, la menace de nouveaux impôts plus insupportables encore ; par la mise en exécution d’un système d’imposition aussi oppressif qu’absurde, la ruine, enfin, de plusieurs agriculteurs, qui ne peuvent plus suffire au payement de leurs intérêts. – 2° Que loin de mériter les qualifications odieuses dont ils savent qu’on les décors, loin d’être des rebelles, ils ne sont que des infortunés réduits au désespoir et qu’on cherche à flétrir, mais tout malheureux qu’ils sont, ils donnent au gouvernement actuel l’assurance positive de leur attachement inviolable, de leur disposition absolue de défendre le gouvernement et de l’appuyer si cela était nécessaire, contre les manœuvres de ceux qui voudraient le renverser pour ramener un ordre des choses qu’ils ne verraient qu’avec horreur. – 3° Qu’ils sont assez convaincus de la sagesse du gouvernement pour croire qu’il n’écoutera, dans le parti, qu’il a à prendre en ce moment, aucune des suggestions perfides des ennemis de toute liberté, des partisans des privilèges, de ces caméléons politiques toujours au service du pouvoir qui domine, toujours se pliant à tous les événements, toujours portés aux mesures violentes, tout en se répandant en paroles mielleuses.

  « Enfin, Citoyen Ministre, si séduit par les conseils perfides de ces hommes qu’on vient de vous dépeindre, vous ordonniez des moyens de rigueur et des voies de fait pour opposer au projet invariablement pris par mes troupes, elle vous déclarent qu’outre la résistance que vous trouverez en elles, elles émettront incontinent un vœu de réunion à la République française, sous la protection de laquelle elles se mettent dès cet instant et dont elles arborent déjà les couleurs-

  Agréez, etc.                                                                                                       (Signé) REYMOND.

 

GTell, Internet, Aigle.

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 16:10

En mars 1802, les Bourla-Papey se manifestent à Aigle ; ils brûlent toutes les archives sur la Place des Glariers. Les archives étaient contenues dans une grande armoire toujours visible au premier étage du château. Seul l’inventaire des archives échappa au foyer.

Qui étaient-ils donc ces Bourla-Papey ? Le dictionnaire historique de la Suisse nous dit :

« Les Bourla-Papey (du patois "brûle-papiers") sont les paysans vaudois qui cherchèrent à faire abolir les droits féodaux par la destruction physique des archives. De février à mai 1802, ils saisirent et détruisirent les titres féodaux de nombreux châteaux, surtout dans les régions de La Côte, du pied du Jura, du Gros-de-Vaud et du Nord vaudois. Ils défilèrent à Lausanne le 8 mai, mais se dispersèrent le 11 après que le commissaire Bernhard Friedrich Kuhn eut promis l'amnistie. Toutefois, nommé en juin 1802 par le gouvernement helvétique, un tribunal spécial condamna à mort par contumace les principaux chefs de l'insurrection (dite aussi guerre des Gamaches): Louis Reymond, Henri Marcel (1772-?), Henri Cart de Nyon, Henri Dautun (1772-1834) et Claude Mandrot (1756-1835). Henri Potterat, seul accusé présent au procès, fut condamné à six ans de réclusion. Sous l'influence d'Henri Monod, les autorités helvétiques prononcèrent une amnistie partielle (17 août) puis totale (15 octobre) des condamnés et décidèrent la liquidation des droits féodaux (29 septembre 1802). Les Bourla-Papey ont inspiré Ramuz (La guerre aux papiers, 1942). »

 

À la Révolution, on promit aux paysans qu’ils ne paieraient plus les redevances seigneuriales, autant du côté français que du côté vaudois le même discours qui ne pouvait qu’être bon. D’un trait de plume, plus de taxes, plus de dimes, rien, croyait-on. Il faut avoir en tête qu’avant la Révolution, il y avait peu d’impôts mais la dime et les taxes étaient une sorte de TVA. Le rêve pour bien des paysans, était de s’affranchir de ces taxes diverses et de pouvoir ainsi grossir leur bourses.

Vous pensez bien que les nantis, même en adhérant à la Révolution, n’allaient pas se laisser dépouiller de telles sources de revenus. La Révolution allait instaurer l’impôt. De plus les détenteurs des droits féodaux demandèrent des compensations pour la perte de ceux-ci. Même modeste, l’impôt exigé aux paysans n’allait pas plaire. Les redevances pour LL.EE., ne seraient plus versées, les droits fonciers des seigneuries allaient être redistribués aux travailleurs de ces terres, etc.

Alors en 1801, lorsque le gouvernement usa des anciens droits de LL.EE., pour exiger les redevances seigneuriales le mécontentement se changea en colère.

Ces intrigues étaient peu connues dans le public, celui des villes notamment, et le Nouvelliste Vaudois insérait dans son numéro du 5 février 1802, les lignes suivantes : « La Pays de Vaud jouit de la plus grande tranquillité ; il n’en est aucun qui ne sente manifestement qu’une insurrection quelconque ne profiterait qu’aux ennemis du nom Suisse, et que, pour être dupe, il faut ne pas voir au-delà de son nez ou de l’heure présente ; on peut même dire que jamais les partis n’ont été plus près de se rallier pour la cause commune que dans ce moment ».

Il semble sans doute résulter de la lecture de ces lignes la conviction que le rédacteur connaissait un peu les intentions des meneurs, mais son étonnement fut cependant assez grand sans doute lorsque, le 23 du même mois, il dut annoncer à ses lecteurs que dans la nuit du 19 au 20, le « ci-devant château de La Sarraz et la chambre forte renfermant les archives de la baronnie » avaient été forcés et les titres des droits féodaux enlevés et anéantis pour la plupart.

La machine Bourla-Papey était en route.

L’événement de La Sarraz faisait encore l’objet des conversations du public lorsque le Préfet national  Polier reçut du sous-préfet d’Aubonne l’avis suivant : « Le citoyen Necker (seigneur de Bière) me remet un verbal qui constate qu’on est entré dans la maison du citoyen Neker à Bière ; la chambre des archives où déposaient les grosses, plans et cottets, relatifs au territoire de Bière et Bérolles a été forcée et vidée de tous titres. Il y a eu effraction de la serrure ».

Une insurrection était prévue le 1er avril et des villages, de partout les paysans s’en allèrent sur Lausanne, armé et murmurant, ils avancèrent de nuit. Une partie des insurgés arrivèrent au lieu de rendez-vous, à Montétan où ils ne trouvèrent pas ceux qui devaient arriver de Morges et des autres villages de la Côte. Le malentendu, pour les uns le 1er il faut être au lieu de rendez-vous, pour les autres le 1er il faut se mettre en route ; le résultat, l’insurrection échouait.

L’autorité locale et central à Paris, réagirent comme toujours en utilisant les soldats et menaçant les campagnards ou récompensant les délateurs. Le silence régnant, n’était qu’incompréhension à Paris. Comment pouvaient-ils comprendre ; le paysan de tel village connaissait tel autre du village voisin et tous connaissaient les « étrangers » venus de France, soldats, policier et espions. Le Canton du Léman restait dans le trouble.

Trois « partis » dessinaient les tendances de cette époque ; le parti de paysans qui croyant aux promesses de la Révolution exigeait l’abolition des droits féodaux comme promis par les révolutionnaires, le parti du nouvel ordre républicain pour une Suisse nouvelle avec la République Helvétique, « Une est Indivisible », et les anciens seigneurs qui ne voulaient que rien ne change ou être indemnisé des pertes de leurs privilèges.

Les Bourla-Papey étaient prêt à demander le rattachement du Pays-de-Vaud à la France, ce qui faisait peur au reste de la Suisse et surtout à l’est du Pays-de-Vaud, du côté d’Aigle où l’influence des Bourla-Papey fut moindre.

La suite nous la connaissons ; la République Helvétique échoua, l’Acte de Médiation de Napoléon instaura l’ancien régime déguisé en démocratie, etc.

 

GTell, Internet, Aigle

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 17:19

happy

 

 

 

 

carte-bonne-annee.jpg

 

GTell

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 20:54

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GTell, Le Matin

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 17:19

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Ursula-Andress-James-Bond.jpg

 

Cette année, en octobre, nous avons fêté les 50 ans de James Bond au cinéma. La première fois qu’il s’affichait sur de grandes affiches James Bond était Sean Connery, ou vice versa. Dans le film il y avait notre célèbre actrice bernoise, Ursula Andress, la plus sexy des James Bond Girls. Fais particulier, elle était doublée en anglais, elle devait avoir un terrible accent bernois en parlant anglais.

 

Saviez-vous que…

 

… le Papa – Sir Andrew Bond of Glencoe, (un écossais),

La Maman – Monique Delacroix, suissesse du canton de Vaud,

Et donc, le Fiston – James Bond (007 moitié suisse et moitié écossais), pur britannique et non pas anglais.

 

GTell, Internet

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 12:21

Oui, oublié de préciser que l’ami Jacques Martin était Suisse, né à Aubonne.

 

LE RENDEZ-VOUS AMÉRICAIN, Correspondance et journal inédits de Jacques Martin 1853-1868 rassemblés et présentés par le Docteur Paul MARTIN.

 

Un mot sur le Docteur Paul Martin (1901-1987), célèbre médecin, champion olympique médaillé d’argent du 800 m. aux jeux de Paris 1924 qui préconisât toute sa vie la pratique du sport.

 

Autant Jacques que Paul, sont issus d’une famille de renom. Voilà ce que dit Paul Martin en Avant-propos.

 

Extrait : « Les Martin de Montélimar sont une grande famille et une vaste tribu. Et notre tribu se transmet, de génération en génération, les chants et les armes, les lois et les rites, les pennons et les parchemins, les bibles et les mots de passe de la saga familiale.

Cette saga fut à ses premiers âges une geste suivie d’une diaspora si j’ose allier deux vocables si profondément séparés par l’espace et le temps.

Le combat désespéré des calvinistes contre les persécutions religieuses les contraignirent finalement à l’abandon de la terre natale et à l’éparpillement à travers l’Europe.

Notre migration fut d’abord transhumance. Nous changions de frontière, mais nous demeurions riverains du même fleuve et des mêmes monts : médecins, diplomates, notaires, ingénieurs, mercenaires, les enfants de l’exil gardaient intacts l’image et l’amour des dieux tutélaires : le Rhône et les Alpes, et revenaient finir leur jours au bord des crues saisonnières, au pied des neiges éternels.

Un seul allait déroger à l’antique loi du retour aux sources : Jacques Martin, un des quatre frères de mon grand-père. »

 

GTell, Internet et Le rendez-vous américain

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 18:55

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Le fameux bretzel américain que l’on voit très souvent dans les films et séries américaines a été introduit par un Suisse, précisément un Argovien du nom Gloor et l’un des membres fondateur de Tell City dans l’Indiana. Ville fondée par des alémaniques avec l’idée de faire de cette ville un point important pour l’industrie et le commerce, pour cela il fallait être près d’une voie de chemin de fer, d’une voie fluviale et avoir des terres fertiles. Une fois trouvé le point idéale ils aménagèrent le terrain avant de bâtir la ville (1858). De vrais pionniers aux idées modernes, ils firent des rues très larges en prévision d’un trafic important et donnèrent des noms de rues avec des personnages célèbres. Il y a une rue Tell, Mozart, Gutenberg, etc.

La plus vieille manifestation populaire de l’Indiana est la « Schweizer Fest » qui fût créée en 1958 lors du centième anniversaire de la fondation de Tell City. Regardez le logo de la manifestation ci-dessus, nous voyons Guillaume Tell et son fils, une représentation libre de la célèbre statue qui est à Altdorf. Le paysage typique du coin, vallonné et traversé par l’Ohio ou une autre rivière. À gauche du nom de la fête, une pomme stylisée formant un bretzel.

Jolie petite ville avec un passé qui a des racines profondément implantées en Suisse.  http://tellcityindiana.com/

 

Pourquoi je vous parle de Tell City ? Parce que je suis tombé sur un livre que je possède depuis fort longtemps et que je relis : Le Rendez-Vous Américain, Correspondance et Journal inédits de Jacques Martin 1853-1868, préface de F.G. Slaughter, Editions Plon, 1975.

 

Le manuscrit de Jacques Martin, retrouvé cent ans après sa mort dans un coffret de la maison des ancêtres, nous parvient aujourd’hui comme un très précieux patrimoine. Si précieux que le grand romancier américain, Frank Slaughter, qui parle de « fascination » peut écrire : « Il a su capter l’ambiance qui régnait en Amérique dans cette période tragique de son histoire avec infiniment plus de profondeur et de vérité que n’eût pu le faire un écrivain américain. »

Jacques Martin, après un drame passionnel, quitte l’Europe, ses troubles, ses menaces et ses révolutions, pour les Etats-Unis où il veut refaire sa vie et tenter sa fortune. L’homme qui s’embarque pour conquérir l’Amérique est bientôt subjugué par l’infini des espaces vierges, et l’héritage paysan le ramène à la vocation de ses ancêtres : Martin ingénieur devient Martin fermier. La guerre de Sécession le surprend dans son ranch de l’Indiana : Martin fermier devient Martin soldat. Et pendant quinze années il va tenir le journal de son aventure. Il se trouve que ce pionnier est un écrivain-né et qu’il sait restituer un climat, un voyage, une bataille avec un tel parfum de vérité, une telle justesse de ton, un tel pouvoir d’observation que l’agenda du combattant se hausse à la dimension de l’histoire.

L’histoire d’un homme, c’est celle de ses affrontements. Martin a tout affronté : le climat, les fièvres, les bêtes sauvages, les indiens et les Sudistes, avec une conscience de Samaritain et un enthousiasme de soldat de l’an II. Pour lui, la guerre de Sécession c’est la croisade pour le droit à la justice et la liberté. Pour nous, c’est l’histoire gorgée de sève, l’histoire vivante et vibrante, prise au jour le jour, l’Histoire écrite par ceux qui la font. C’est une grande page d’amour et un acte de foi. C’est surtout, selon le mot de Slaughter, « un témoignage irremplaçable ».

 

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 17:01

La leçon de 1985 quand la Romandie était paralysée de partout pour avoir été pris dans un couloir météorologique venant du Nord-Ouest qui précipita un mètre de neige partout en bloquant aiguillages et immobilisant trains et le réseau routier ; ça n’a pas suffi aux CFF de comprendre qu’en Suisse l’hiver peut être perturbant et que neige et glace sont à craindre et qu’il est nécessaire d’envisager que chaque hiver il peut y avoir neige et glace sur le réseau.

 

Il est inadmissible que cela soit à nouveau survenu, hier, en imaginant que c’était le bon moment pour un changement d’horaire et l’introduction d’une augmentation des tarifs. Pensait-il  (le patron) que personne n’allait s’apercevoir que les CFF ont perdu depuis longtemps la bonne image qu’elle avait ?

 

Retard dû à la glace selon le porte-parole des CFF, et son blablabla devant les caméras et devant la presse écrite, est de la langue de bois. À croire qu’elle ne connait pas le réseau, ni la météo hivernale en Suisse. Avec le nom qu’elle porte elle devrait savoir ce qu’il en est des retards des CFF pour le canton du Valais par exemple. Ici en Valais on a trente ans de retard en parlant du réseau et du matériel roulant, alors je comprends que l’on veuille rouler sur le réseau déjà saturé du reste de la Romandie et profiter des nouvelles voitures qui ne rouleront en Valais que lorsqu’elles seront dépassées et usagées, c’est-à-dire, dans vingt ans.

 

Et pas un merci, ni un remboursement, ni une excuse pour la pagaille ainsi créée par eux-mêmes. Il est loin le temps où les trains arrivaient à l’heure et où il y avait de la place pour tout le monde. Un jour où j’ai eu le malheur de demander à un contrôleur, dans un train bondé, pourquoi au prix du billet je devais voyager debout, la réponse est venue directe et très fonctionnaire : « Vous payez pour être transporté et non pour être assis ! ». C’est là une réalité des CFF, on est du bétail, rien de plus. Ah, quelle belle image que l’on donne à nos touristes.

 

Mais pourquoi ne bougeons-nous pas ?

Pourquoi n’interpellons-nous pas nos hommes politiques ?

Pourquoi sommes-nous tellement mouton ?

 

GTell

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 16:45

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Arthur Rimbaud 1854-1891

 

En premier, qu’il écrit très bien. Et le fait d’écrire à sa famille ne le freine pas dans la beauté du texte. Ensuite qu’il se lance dans le Gothard tardivement dans la saison avec déjà de la neige partout et que la diligence ne fait plus le service et « la tourmente annoncée ». Au passage il voit le percement du tunnel, 1872-1881, exploit d’époque mais il ne s’attarde pas, juste qu’il louange l’industrieux pays.  A cette altitude, 1151 m. commence la « vraie » montée selon lui vers « l’hospital » au lieu d’hospice, confusion de l’homme des Ardennes. Sur une route de moins de six mètres de large, la neige est partout avec deux mètres sur l’un des côtés. C’est donc péniblement qu’il brasse la neige en compagnie du groupe d’individus qu’il ne décrit pas. À un moment sur la montée, une cantonnière où l’eau chaude salée coûte 1,50, preuve encore une fois que le suisse a toujours profité d’une façon ou d’une autre des voyageurs. Puis c’est l’hospice avec son accueil semblant frustre mais généreux aux voyageurs.  

La descente est plus rapide et joyeuse et vite décrites les étapes tessinoises pour dire après le lac de Côme : « Ensuite, trajet connu. »

 

Le saviez-vous ?

L’enfant Rimbaud à l’école, avec le français apprit le latin, plus tard le grec, lors de ses pérégrinations pour « affaires » il apprit l’allemand, puis l’anglais et l’italien, une fois en Afrique, l’arabe et divers dialectes… on disait qu’il parlait toutes les langues. Non seulement il les parlait mais écrivait dans ces langues.

 

Véritable homme du XIXe siècle.

 

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 18:28

Voilà un jeune homme de 24 ans qui a laissé derrière lui son œuvre, sa gloire, et qui va par le monde à la recherche de la Liberté. Ce que ne savent pas encore ses plus proches supporters, c’est qu’il ne fera jamais marche arrière. Là, il écrit à ses proches après avoir passé le Gothard en novembre 1878.

 

Gênes, le dimanche 17 novembre 78

Chers amis,

J'arrive ce matin à Gênes, et reçois vos lettres. Un passage pour l'Egypte se paie en or, de sorte qu'il n'y a aucun bénéfice. Je pars lundi 19 à neuf heures du soir. On arrive à la fin du mois.

Quant à la façon dont je suis arrivé ici, elle a été accidentée et rafraîchie de temps en temps par la saison. Sur la ligne droite des Ardennes en Suisse, voulant rejoindre, de Remiremont, la corresp. Allemande à Wesserling, il m'a fallu passer les Vosges ; d'abord en diligence, puis à pied, aucune diligence ne pouvant plus circuler, dans cinquante centimètres de neige en moyenne et par une tourmente signalée. Mais l'exploit prévu était le passage du Gothard, qu'on ne monte plus en voiture à cette saison, et que je ne pouvais passer en voiture.

A Altdorf, à la pointe méridionale du lac des Quatre Cantons qu'on a côtoyé en vapeur, commence la route du Gothard. A Amsteg, à une quinzaine de kilomètres d'Altdorf, la route commence à grimper et à tourner selon le caractère alpestre. Plus de vallées, on ne fait plus que dominer des précipices, par dessus les bornes décamétriques de la route. Avant d'arriver à Andermatt, on passe un endroit d'une horreur remarquable, dit le pont du Diable, - moins beau pourtant que la Via Mala du Splügen, que vous avez en gravure. A Göschenen, un village devenant bourg par l'affluence des ouvriers, [on voit au fond de la gorge l'ouverture du fameux tunnel, les ateliers et les cantines de l'entreprise. D'ailleurs, tout ce pays d'aspect si féroce est fort travaillé et travaillant. Si l'on ne voit pas de batteuses à vapeur dans la gorge, on entend un peu partout la scie et la pioche sur la hauteur invisible. Il va sans dire que l'industrie du pays se montre surtout en morceaux de bois. Il y a beaucoup de fouilles minières. Les aubergistes vous offrent des spécimens minéraux plus ou moins curieux, que le diable, dit-on, vient acheter au sommet des collines et va revendre en ville.

Puis commence la vraie montée, à Hospital, je crois : d'abord presque une escalade, par les traverses, puis des plateaux ou simplement la route des voitures. Car il faut bien se figurer que l'on ne peut suivre tout le temps celle-ci, qui ne monte qu'en zig-zags ou terrasses fort douces, ce qui mettrait un temps infini, quand il n'y a à pic que 4900 d'élévation, pour chaque face, et même moins de 4900, vu l'élévation du voisinage. On ne monte non plus à pic, on suit des montées habituelles, sinon frayées. Les gens non habitués au spectacle des montagnes apprennent aussi qu'une montagne peut avoir des pics, mais qu'un pic n'est pas la montagne. Le sommet du Gothard a donc plusieurs kilomètres de superficie.

La route, qui n'a guère que six mètres de largeur, est comblée tout le long à droite par une chute de neige de près de deux mètres de hauteur, qui, à chaque instant, allonge sur la route une barre d'un mètre de haut qu'il faut fendre sous une atroce tourmente de grésil. Voici ! plus une ombre dessus, dessous ni autour, quoique nous soyons entourés d'objets énormes ; plus de route, de précipices, de gorge ni de ciel : rien que du blanc à songer, à toucher, à voir, ou ne pas voir, car impossible de lever les yeux de l'embêtement blanc qu'on croit être le milieu du sentier. Impossible de lever le nez à une bise aussi carabinante, les cils et la moustache en stalactites, l'oreille déchirée, le cou gonflé. Sans l'ombre qu'on est soi-même, et sans les poteaux du télégraphe, qui suivent la route supposée, on serait aussi embarrassé qu'un pierrot dans un four.

Voici à fendre plus d'un mètre de haut, sur un kilomètre de long. On ne voit plus ses genoux de longtemps. C'est échauffant. Haletants, car en une demi heure la tourmente peut nous ensevelir sans trop d'efforts, on s'encourage par des cris, (on ne monte jamais tout seul, mais par bandes). Enfin voici une cantonnière : on y paie le bol d'eau salée 1,50. En route. Mais le vent s'enrage, la route se comble visiblement. Voici un convoi de traîneaux, un cheval tombé moitié enseveli. Mais la route se perd. De quel côté des poteaux est-ce ? (II n'y a de poteaux que d'un côté.) On dévie, on plonge jusqu'aux côtes, jusque sous les bras... Une ombre pâle derrière une tranchée : c'est l'hospice du Gothard, établissement civil et hospitalier, vilaine bâtisse de sapin et pierres ; un clocheton. A la sonnette un jeune homme louche vous reçoit ; on monte dans une salle basse et malpropre où on vous régale de droit de pain et fromage, soupe et goutte. On voit les beaux gros chiens jaunes à l'histoire connue. Bientôt arrivent à moitié morts les retardataires de la montagne. Le soir on est une trentaine, qu'on distribue, après la soupe, sur des paillasses dures et sous des couvertures insuffisantes. La nuit, on entend les hôtes exhaler en cantiques sacrés leur plaisir de voler un jour de plus les gouvernements qui subventionnent leur cahute.

Au matin, après le pain-fromage-goutte, raffermis par cette hospitalité gratuite qu'on peut prolonger aussi longtemps que la tempête le permet, on sort : ce matin, au soleil, la montagne est merveilleuse : plus de vent, toute descente, par les traverses, avec des sauts, des dégringolades kilométriques, qui vous font arriver à Airolo, l'autre côté du tunnel, où la route reprend le caractère alpestre, circulaire et engorgé, mais descendant. C'est le Tessin.

La route est en neige jusqu'à plus de trente kilomètres du Gothard. A trente K seulement, à Giornico, la vallée s'élargit un peu. Quelques berceaux de vignes et quelques bouts de prés, qu'on fume soigneusement avec des feuilles et autres détritus de sapin qui ont dû servir de litière. Sur la route défilent chèvres, bœufs et vaches gris, cochons noirs. A Bellinzona, il y a un fort marché de ces bestiaux. A Lugano, à vingt lieues du Gothard, on prend le train, et on va de l'agréable lac de Lugano à l'agréable lac de Como. Ensuite, trajet connu.

Je suis tout à vous, je vous remercie et dans une vingtaine de jours vous aurez une lettre.

Votre ami.

 

Ce jeune homme était Arthur Rimbaud.

Lettre tirée du livre « Vie d’Arthur Rimbaud » par Henri Matarasso et Pierre Petitfils, préface de Jean Cocteau. Editions Hachette, Le Cercle du Livre de France, Paris 1963

 

GTell

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